Prix de Rome

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Prix de Rome
Image associée à la récompense
Palais Mancini, Rome, par Giovanni Battista Piranesi, 1752.

Prix remis Bourse d'étude
Description Récompense artistique
Organisateur Institut de France
Pays Drapeau de la France France
Date de création 1663

Le prix de Rome, expression qui date du XIXe siècle, désigne couramment le concours des Académies royales de l'Ancien Régime et la pension à Rome puis, à partir de la Révolution française et de l'Empire, le concours et la bourse d'étude de l'Académie des beaux-arts permettant aux jeunes artistes de se former en Italie.

L'expression, parfois déclinée en « grand prix de Rome », est en réalité impropre pour l'Ancien Régime, où réussite aux concours des Académies et attribution de la pension pour Rome ne sont pas automatiquement liées, la pension et le séjour à Rome n'étant déterminés que par la seule faveur royale et non par une quelconque réussite aux concours. Il faut alors parler, s'agissant des concours, de « grand prix d'architecture », « de peinture », « de sculpture » et, s'agissant du séjour à Rome, de « pension royale », les artistes se désignant alors comme « pensionnaires ».

L'expression n'est correcte qu'à compter du moment où la réussite aux concours d'architecture, peinture et sculpture – ainsi qu'aux autres prix créés au XIXe siècle, comme le prix de musique – entraîne l'attribution automatique de la pension et le bénéfice du séjour romain, c'est-à-dire à compter de la création de l'Institut de France et de l'Académie des beaux-arts, sous la Révolution et l'Empire.

Créé en 1663, le concours d'attribution des prix de Rome a été supprimé à la suite des évènements de « mai 68 ».

Historique[modifier | modifier le code]

La villa Médicis, aujourd'hui.

Les grand prix de peinture et grand prix de sculpture sont créés en 1663 en France sous le règne de Louis XIV. Ce concours est organisé chaque année par l’Académie royale de peinture et de sculpture et est ouvert à ses élèves, patronnés par les académiciens. Le grand prix d'architecture est organisé à partir de 1720 par l'Académie royale d'architecture sur le même modèle. Le lauréat est généralement - mais pas automatiquement - choisi par l'administration royale pour être envoyé à l’Académie de France à Rome en y bénéficiant d'une pension, l'Académie de France ayant été fondée à cette intention par Colbert, en 1666. L'artiste y réside pour une durée variant de deux à quatre ans, afin de se former au contact des modèles de l'Antiquité et de l'Italie moderne. Le séjour pouvait être prolongé si le directeur de l’institution le jugeait utile.

L'Académie de France a eu plusieurs sièges successifs à Rome dont, au XVIIIe siècle, le palais Mancini, avant de se fixer définitivement à la villa Médicis, en 1803.

Après la suppression des Académies royales, la mise à sac du palais Mancini par les Romains en 1793, et l'interruption des concours entre 1794-1796 (en raison de la guerre et de l'impossibilité de se rendre en Italie), les concours reprennent en 1797 sous la houlette du nouvel Institut de France, qui remplace les anciennes académies. Les concours de peinture, sculpture et architecture sont recréés et, sont ajoutées la composition musicale en 1803 et la gravure en taille douce en 1804. Le « logiste » lauréat du « premier grand prix » est envoyé pour trois ans à l'Académie de France à Rome. Des seconds premiers grands prix et des seconds grands prix sont aussi accordés, mais ils ne permettaient normalement pas de partir à Rome, sauf de manière exceptionnelle et pour une durée moindre. Les femmes ont pu concourir au Prix de Rome à partir de 1903, grâce à l'action militante intense de la sculptrice Hélène Bertaux. Le concours a été momentanément interrompu pendant la Première Guerre mondiale (1915-1918) ainsi que pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le concours est supprimé en 1968 par André Malraux. Cette compétition est, depuis, remplacée par une sélection sur dossier et les Académies, réunies au sein de l’Institut de France, ont été supplantées par l’État et le ministère de la Culture. Dès lors, les pensionnaires n’appartiennent plus seulement aux disciplines traditionnelles (peinture, sculpture, architecture, gravure sur médailles ou sur pierres fines, composition musicale), mais aussi à des champs artistiques jusque-là négligés ou nouveaux (histoire de l’art, archéologie, littérature, scénographie, photographie, cinéma, vidéo et même cuisine). Les pensionnaires sélectionnés[Comment ?] se voient accorder la possibilité de se perfectionner pendant un séjour de six à dix-huit mois (exceptionnellement deux ans) à l’Académie de France à Rome (actuellement hébergée par la Villa Médicis ou même extra muros[1]).

Voir la catégorie : Pensionnaire de la Villa Médicis.

Liste des lauréats[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : prix de Rome en architecture.

Le prix de Rome en architecture est créé en 1720.

Peinture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des prix de Rome en peinture.
Voir la catégorie : Prix de Rome en peinture.

Eugène Delacroix, Édouard Manet, et Edgar Degas font partie des artistes qui tentèrent le prix de Rome et n’obtinrent jamais la moindre récompense. Jacques-Louis David tenta de se suicider après son deuxième échec et Thomas Couture s’y est repris à sept fois avant de réussir en 1837.

Sous-catégorie du concours de peinture, le concours de paysage historique ne se déroulait que tous les quatre ans. Inauguré en 1816, il fut supprimé en 1863.

Sculpture[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Prix de Rome en sculpture.

Gravure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des prix de Rome en gravure.
Voir la catégorie : Prix de Rome en gravure.

Le prix de gravure en taille-douce a été créé en 1804 : en principe, le concours de gravure en taille douce a lieu tous les deux ans et, pour le prix de gravure en médaille et pierre fine ouvert l'année suivante (mais qui dépendait sous l'Ancien régime du prix de sculpture), tous les quatre ans. Ils sont supprimés en 1968 par décision d’André Malraux, ministre de la Culture.

Toutefois, on trouve mention d'un prix en 1668 pour Première conquête de la Franche-Comté par Leclère, graveur sur un dessin, « troisième prix, [qui] dessinera gratuitement pendant un an et [sera] envoyé à Rome car Jean Jouvenet avait exécuté l'un de ses dessins en tableau »[2].

Composition musicale[modifier | modifier le code]

Le prix de Rome en musique date de 1803. Trois récompenses étaient attribuées, dans l’ordre suivant : premier grand prix, second premier grand prix, mention.

Prix de Rome décernés par d'autres pays[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. A. Duvivier, Liste des élèves de l’ancienne école académique et de l’école des Beaux-Arts, qui ont remporté les grands prix, Archives de l’art français 1857-1858 p. 273 et suiv. [lire en ligne]
  • Jules Guiffrey, Liste des pensionnaires de l’Académie de France à Rome : donnant les noms de tous les artistes récompensés dans les concours du prix de Rome de 1663 à 1907, Paris, Firmin-Didot, 1908
  • Jean Guillemain, "La section de gravure en médailles à la Villa Médicis (1805-1970)", dans L’Académie de France à Rome aux XIXe et XXe siècles : entre tradition, modernité et création [actes du colloque de Rome, 25-27 septembre 1997], Rome, Paris, 2002, p. 15-46. lire en ligne
  • Julia Lu et Alexandre Dratwicki, Le Concours du prix de Rome de musique (1803-1968), Lyon, Symétrie, 2011, 912 p. (ISBN 978-2-914373-51-7)
  • Chantal Lecas, Jean-Pierre Martinon, Gérard Ollivier, Éducations et carrières d'architectes Grands prix de Rome et primés à ce concours (emprises, empreintes, empires). Paris, EA Paris-Conflans, Groupe d'études architecturales et archéologiques XIXe siècle. 6 volumes : tome 2. Listes d'excellence (liste exhaustive de tous les logistes avec leurs ateliers et leurs envois) ; tome 3. Denfler en son atelier, 119 p. ; tome 4. Nos architectes 34 p. ; tome 5. Éléments lacunaires de bibliographie, 90 p. ; tome 6. Index.
  • David de Pénanrun, Roux et Delaire, Les architectes élèves de l'école des beaux-arts (1793-1907), Librairie de la construction moderne, 2e éd., 1907 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]