Jumelage

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Panneau indiquant les villes jumelées avec la ville allemande de Neckarsulm

Le jumelage est l'action d'associer deux choses identiques ou complémentaires ; le terme est aujourd'hui largement attaché à l'association de deux villes (la plupart du temps de pays différents) ou d'établissements scolaires.

Mais le terme « jumelage » peut désigner d'autres types d'association : le doublement des roues de chaque côté d'un essieu de camion pour accroître la charge possible, l'association de deux ou plusieurs armes sur un même affût pour permettre le tir simultané, l'association de deux autorails, le fait d'associer deux grandes infrastructures de transport sur un même axe (une autoroute ou une voie ferrée par exemple[1]), etc.

Jumelage entre villes[modifier | modifier le code]

Sculpture murale des villes jumelées avec Munich (Allemagne).
Les villes jumelées avec Aubergenville (France).
Les villes jumelées avec Zaventem (Belgique).
Le jardin des villes jumelées avec Holon (Israël).

Aujourd'hui, dans le cadre de la coopération décentralisée, un jumelage est une relation établie entre deux villes (majoritairement de pays différents, mais parfois à l'intérieur d'un même pays : voir par exemple le jumelage entre les communes de Plouhinec et Arbent, toutes deux en France, ou encore Créteil et les Abymes). Cette relation se concrétise par des échanges socio-culturels. La plupart des villes importantes de la planète sont jumelées avec plusieurs autres villes.

En 836 est conclu le premier jumelage Le Mans-Paderborn. C'est la plus vieille relation connue entre deux communes étrangères.
Le mouvement fédéraliste français « La Fédération » fondé en 1944, lance dans les années 1950, après la Seconde Guerre mondiale qui venait de déchirer le monde et l'Europe, l'idée du jumelage de communes en Europe. C'est Lucien Tharradin, maire de Montbéliard, ancien résistant et rescapé de Buchenwald qui pose les premières bases d'un jumelage avec Ludwigsbourg dans le Bade-Wurtemberg[2].Ce premier jumelage franco-allemand, officialisé en 1962, soit cinq ans après le décès de Lucien Tharradin, garde une valeur de symbole. Charles de Gaulle, président de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier de la République fédérale d'Allemagne, signeront en 1963 le traité de l'Élysée pour sceller la réconciliation franco-allemande.

Il apparait alors que le seul moyen de progresser sur le plan des relations internationales et d'apaiser les haines et les rancœurs, est de tisser des liens au niveau le plus élémentaire, la commune, et ainsi, d'établir des relations d'échanges étroits avec ses voisins. L'objectif initial consiste à échanger des connaissances, des expériences, du savoir-faire dans tous les domaines de la vie locale. Engager les populations traumatisées de cette Europe ruinée de l'après-guerre à fraterniser, relève du défi. Les cinquante maires européens qui, en , fondent le Conseil des communes d'Europe devenu par la suite le Conseil des communes et régions d'Europe (CCRE) font partie des pionniers d'une Europe unie et donc plus forte. Le premier jumelage entre deux villes européennes, Troyes et Tournai a lieu le [3] ; entre deux capitales, Rome et Paris en 1956[4]

En 1957, Jean-Marie Bressand, connu pour avoir créé l’association internationale Le Monde Bilingue en 1951, crée La Fédération mondiale des villes jumelées à Aix-les-Bains[5]. La Fédération mondiale des villes jumelées est une association de collectivités locales, réparties dans plus de 80 pays, particulièrement en Europe, Afrique et Amérique latine, aujourd'hui intégrée dans l'organisation internationale Cités et Gouvernements locaux unis.

Le traité de l'Élysée en 1963 a accéléré les jumelages franco-allemands et plus généralement entre les villes françaises et européennes. Après la mort de Franco en 1975 et la chute de la dictature en Espagne le mouvement des premiers jumelages franco-espagnols s’accélère même s'il ne connaîtra pas un engouement aussi important que celui des jumelages franco-allemands.

Parmi les échanges culturels, en parallèle des diverses associations communales, les collèges et lycées des communes jumelées sont parties prenantes et aident à promouvoir ainsi l'apprentissage de langues étrangères.

Fin 2008, le CCRE a lancé un nouveau site sur les jumelages[6], pour les collectivités locales européennes qui cherchent des partenaires. Le site constitue un lieu de rencontre virtuel en plus de vingt langues pour les collectivités locales.

Jumelages entre rues[modifier | modifier le code]

Depuis 1964, la rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris est jumelée avec la Cinquième Avenue de New York.

Les jumelages scolaires[modifier | modifier le code]

Jumelage entre loges maçonniques[modifier | modifier le code]

Procédure qui lie deux loges de pays ou d'obédiences différentes pour renforcer l'idée de franc-maçonnerie universelle[7].

Le format reste à libre appréciation des loges maçonniques et des obédiences dans la mesure où cette procédure relève plus de la tradition que de règlements formels.

Le jumelage maçonnique est également appelé « Charte d'Amitié » ou « Pacte d'Amitié »[8]". Il est particulièrement développé dans la franc-maçonnerie continentale (exemples en France[9], en Suisse[10] et en Belgique[11])

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans le cadre du programme de recherche ITTECOP, le Centre d’étude et de Recherche sur les Paysages (CERPA, Université de Lorraine), le laboratoire TRIANGLE (Université Lyon 2), le Laboratoire Agronomie et Environnement (LAE, Université de Lorraine) et le CEREMA (Directions territoriales Centre-Est, Est et Méditerranée) ont mis en place un projet dénommé JUMELAGE ("Évaluation des effets du jumelage des infrastructures de transport terrestre sur le fonctionnement et la perception du territoire" dont sur la biodiversité, le paysage et l'utilisation de l'espace (aspects sociétaux). Les premiers résultats (Jumelages "LGV Est / A4", "LGV Paris Sud Est / A432", "ligne ferroviaire Paris Lyon Méditerranée / RN 113 et RN113/A4") en seront présentés le 11 juin 2015 à l'IEP de Lyon
  2. Les jumelages franco-allemands, France Culture, émission du 6 janvier 2003
  3. Jumelage Troyes-Tournai : c'était il y a soixante ans, 28 avril 2011 sur le site de L'Est-Éclair (consulté le 12 avril 2014)
  4. Axelle Bergeret-Cassagne, Pour une Europe fédérale des collectivités locales. Un demi-siècle de militantisme du Conseil des Communes et des Régions d'Europe - 1950-1999, L'Harmattan,‎ (lire en ligne), p. 90
  5. Journaliste Honoraire
  6. Site du CCRE sur le jumelage
  7. http://www.franc-maconnerie.org/menu-gauche/symbolisme/glossaire-fm.htm Glossaire de termes maçonniques - le jumelage maçonnique
  8. http://www.francmaconcollection.fr/images/DIP-FR/DIP-FR_AMIT/DIP-FR_AMIT-XXL.php
  9. http://www.lesdemophiles.com/spip.php?page=francmacon
  10. http://latolerance.blogspot.com/2007/10/jumelage-avec-la-ruche.html
  11. http://www.masonic.ch/editos/edito07.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Corine Defrance, « Les Jumelages franco-allemands : Aspect d'une coopération transnationale », in Vingtième Siècle, 99 (2008), p. 189-201.
  • Ulrich Pfeil, « Ostdeutsch-französische Städtepartnerschaften zwischen Westabschottung und Westorientierung 1958–1973 », in Lendemains (2004), p. 146–165.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]