Bastia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bastia
Bastìa (co)
Vieux-Port et église Saint-Jean-Baptiste.
Vieux-Port et église Saint-Jean-Baptiste.
Blason de BastiaBastìa (co)
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse (préfecture)
Arrondissement Bastia (chef-lieu)
Canton la commune est divisée en 6 cantons
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Bastia
Maire
Mandat
Gilles Simeoni (Nationaliste autonomiste)
2014-2020
Code postal 20200
Code commune 2B033
Démographie
Gentilé Bastiais
Bastiacci, Bastiesi (co)
Population
municipale
43 479 hab. (2012)
Densité 2 243 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 42′ 03″ N 9° 27′ 01″ E / 42.70083, 9.4502842° 42′ 03″ Nord 9° 27′ 01″ Est / 42.70083, 9.45028  
Altitude Min. 0 m – Max. 963 m
Superficie 19,38 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte administrative de Corse
City locator 14.svg
Bastia
Bastìa (co)

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte topographique de Corse
City locator 14.svg
Bastia
Bastìa (co)

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Bastia
Bastìa (co)

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Bastia
Bastìa (co)
Liens
Site web www.bastia.fr

Bastia (en corse Bastìa, prononcé [bas.ˈti.a ]) est une commune française, préfecture du département de la Haute-Corse, dans la région Corse. Avec 43 479 habitants (recensement de 2012), Bastia est la deuxième commune la plus peuplée de Corse après Ajaccio. Elle est la capitale de la Bagnaja, région du nord-est de l'île, s'étendant entre le cours du Golo et le Cap Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de la rade de Bastia.

Situation[modifier | modifier le code]

Bastia vu du Pigno
La commune de Bastia vu du Pigno : on peut remarquer dans le premier plan l'absence de constructions et dans l'arrière-plan la ville le long de la côte.

Située dans le nord-est de la Corse, à la base du Cap Corse, entre mer et montagne, Bastia est le principal port de l'île et sa principale ville commerciale. La ville se situe, à vol d'oiseau, à environ 35 km de la pointe Nord du Cap Corse, 50 km à l'ouest de l'île d'Elbe, île italienne, et 90 km de l'Italie continentale qu'il est possible d'apercevoir quelques jours par an, quand la visibilité est excellente.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Bastia
Patrimonio Ville-di-Pietrabugno -
Barbaggio Bastia -
Furiani Furiani -

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Sur le plan géographique, Bastia se caractérise par sa position entre la mer et la montagne. La commune se situe sur le flanc est de la « Serra di Pignu », une montagne qui culmine à 960 m d’altitude (voir photo ci-contre). Cette montagne pentue forme avec d’autres collines bastiaises un relief typique du Cap Corse. Ce relief prononcé a pour conséquences que la ville s’est développée en grande partie sur une bande côtière d’environ 1,5 km de largeur, soit une partie très limitée des 19,38 km2 que compte la commune.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Bastia possède un climat méditerranéen. La température moyenne annuelle s'élève à 15,5 °C et on y compte environ cinq jours de gel par an. Les vents y sont relativement fréquents et violents, la pluviométrie abondante (799,3 mm), mais on compte toutefois une moyenne de 240 jours de soleil par an.

Relevé météorologique de Bastia
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5,1 4,9 6,7 8,8 12,4 16 19 19,4 16,5 13,3 9,2 6,3 11,5
Température moyenne (°C) 9,1 9,4 10,8 12,9 16,3 20 23,2 23,3 20,6 17,1 12,9 10,1 15,5
Température maximale moyenne (°C) 13,6 13,8 15,6 17,8 22 25,8 29,1 29,3 25,8 21,9 17,4 14,5 20,6
Ensoleillement (h) 134 158 192 214 268 296 345 304 232 176 133 128 2 579
Précipitations (mm) 67 57 60 76 50 41 13 21 81 127 114 93 799,3
Source : Météo-France, données sur la période 1981-2010


Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

Carte de Bastia: On remarque la grande jetée du Port de Commerce. Crédits: Contributeurs OpenStreetMap, CC BY-SA

Il existe trois routes principales donnant accès à Bastia :

  • par le Sud, avec la RN 193, dont une portion d'environ 23 km est à 2 × 2 voies jusqu'à Arena-Vescovato depuis l’inauguration en janvier 2013 de la "voie expresse Borgo-Vescovato". C'est pourquoi les Bastiais appellent cette route "la quatre-voies." C'est l'axe routier majeur de la région bastiaise car elle relie directement ou indirectement la ville de Bastia aux autres villes corses (Ajaccio, Corte, Porto-Vecchio, Calvi…) tout en passant par les principales villes périphériques de la région bastiaise telles que Furiani, Biguglia, Borgo et Lucciana où se situe l'aéroport de Bastia Poretta. Cette route est aussi appelée la "Route du front de mer" à partir du quartier de Montesoro car elle longe le bord de mer, jusqu'à au tunnel du Vieux-Port qui passe sous la citadelle et le Vieux-Port. Cette route s'achève à Ajaccio.
  • par l'ouest, avec la D 81, la route qui mène à Saint-Florent par le col de Teghime.
  • par le nord, avec la D 80, qui effectue la boucle du Cap Corse (la route reliant Bastia à Pietranera a été ouverte en 1829).

La ville est distante, par route, de :

Transports[modifier | modifier le code]

Transports en commun

La communauté d'agglomération de Bastia est desservie par un réseau d'autobus de 14 lignes géré par la Société des Autobus Bastiais[1].

Ferroviaires
Article détaillé : Gare de Bastia.

La gare de Bastia, appartenant aux Chemins de fer de Corse, se situe en centre-ville, et permet des liaisons vers Ajaccio et Calvi. Il existe aussi sur Bastia 7 autres haltes ferroviaires pour les liaisons suburbaines vers Casamozza :

Maritimes
Port de Bastia
La jetée du dragon et la citadelle

Malgré ses dimensions restreintes, avec 2 291 944 passagers en 2011[2], le port de Bastia est le plus fréquenté des ports français de la mer Méditerranée.

Cela en fait le deuxième port français derrière Calais (environ 15 millions de passagers).

- Dessertes

Les principaux ports desservis sont:

Port Quantité de passagers transportés en 2011 Pourcentage
Livourne (Italie) 587 596 25,6 %
Toulon 470 835 20,5 %
Marseille 366 745 16,0 %
Nice 358 726 15,7 %
Savone (Italie) 307 083 13,4 %
Gênes (Italie) 186 509 8,1 %
Autres lignes 8 878 0,4 %
Portoferraio (Italie) 5 572 0,2 %
Total 2 291 944 100 %

Source: CCI Haute Corse - Statistiques Portuaires 2011[2]

Le trafic national s'élève à 52 % contre 48 % pour l'international (avec l'Italie).

Nombre de passagers par mois transitant par le port de Bastia en 2011[2]
- Évolution mensuelle

Comme le montre le diagramme ci-contre, le trafic de navires et de passagers est caractérisé par une « saisonnalité » très marquée. Cela est explicable par l'importance du tourisme estival pour l'économie de la Corse. Ainsi, le trafic est multiplié par onze entre les mois les plus creux de la hors-saison (novembre-mars) et les mois les plus importants de la haute-saison (juillet-août). Cette saisonnalité a un impact très fort sur la ville de Bastia, comme sur toute la Corse. En effet, la ville se doit d'être dotée d'infrastructures nécessaires capables d'accueillir un tels nombres de passagers bien que cela soit pour une courte durée chaque année.

Partage du marché par les compagnies maritimes

On remarque une nette domination du marché par la Corsica Ferries.

Compagnie maritime Quantité de passagers transportés en 2011[2] Part de marché
Corsica Ferries 1 570 479 68,52 %
SNCM 311 082 13,57 %
Moby Lines 309 412 13,50 %
La Méridionale 91 467 3,99 %
Autres compagnies 9 504 0,41 %
Total 2 291 944 100 %
Aériens
Article détaillé : Aéroport de Bastia Poretta.

L'aéroport est situé à 16 km au sud de la ville, sur la commune de Lucciana. Il dessert plusieurs aéroports français tels que Paris-Orly, Paris-Charles-de-Gaulle, Marseille-Provence, Nice-Côte d’Azur, Lyon-Saint-Exupéry, etc. Il existe aussi quelques lignes européennes telles que Londres, Genève, Cologne. Les compagnies aériennes principales sont Air Corsica, Air France, Easy Jet, Germanwings, Luxair, British Airways, Danube Wings, Volotea. Il est le deuxième aéroport de Corse en nombre de passagers après Ajaccio Napoléon Bonaparte.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Bastia est avant tout un port, et la mer a donc bien sûr une place prédominante dans l’organisation spatiale de la ville. Bastia compte de nos jours trois ports différents. Le Vieux-Port, situé dans une remarquable anse étroite, offre une bonne protection naturelle contre les aléas météorologiques de la Méditerranée. Il a donc été au cœur du développement initial de la ville. De nos jours, il héberge toujours de nombreux navires de plaisance et de pêche, mais il n’est plus aussi économiquement indispensable à la ville que les autres ports plus modernes, bien que son attrait touristique et esthétique en fait un emblème presque officiel de la ville de Bastia. De fait, de nombreux bar-cafés et restaurants se sont installés sur ses quais dont la mairie restreint l’accès aux piétons en période estivale.

Un peu plus au nord se trouve le port de commerce de Bastia. Atout économique majeur de la ville, le port de commerce de Bastia est le pouls de la ville. Ceci est d’autant plus vrai en période estival durant laquelle les arrivées et départs de milliers de passagers et véhicules peuvent parfois causer de longs embouteillages tout le long de l’axe routier Nord-Sud, la route nationale 193, malgré l'existence du tunnel sous le Vieux-Port. Face au port de commerce, la grande place Saint-Nicolas représente le cœur de la ville. Juxtaposé au nord du port de commerce, le port de plaisance de Toga « à cheval » sur Ville-di-Pietrabugno et Bastia, héberge de nombreux bateaux, tels que voiliers et yachts. Il existe aussi quelques bars, restaurants et discothèques sur ses quais.

Ainsi, Bastia est logiquement organisée sur un axe Nord-Sud relativement étroit, ce qui peut rendre l’accès à Bastia difficile en cas de circonstances particulières.

Aujourd'hui, le centre-ville regroupe principalement la citadelle (aussi appelée Terra-Nova) avec le palais des Gouverneurs, le Vieux-Port avec son quartier avoisinant et la place du marché, et enfin l'ensemble d'immeubles le long du Boulevard Paoli, principale rue commerciale de la ville, qui s'étend du Palais de Justice jusqu'à l'Avenue Maréchal Sebastiani.

Ces dernières décennies Bastia et sa région se sont développées au travers d'une forte croissance démographique, qui pousse désormais hors des limites communales, en raison du site trop enserré de la ville centre.

Bastia comprend plusieurs hameaux et quartiers qui sont, du nord au sud :

Cardo[modifier | modifier le code]

Village au nord-est de la commune, l'un des premiers lieux habités de la commune.

Le Fango[modifier | modifier le code]

Quartier de Bastia qui s'est développé récemment côté montagne. Il comporte notamment la préfecture de Haute-Corse, la gare de Bastia et le lycée Giocante de Casabianca.

Gradiccia[modifier | modifier le code]

Saint-Antoine[modifier | modifier le code]

Fort Lacroix[modifier | modifier le code]

La Citadelle[modifier | modifier le code]

Saint-Joseph[modifier | modifier le code]

Monserato[modifier | modifier le code]

Lupino[modifier | modifier le code]

Quartier au sud de la ville, le premier à se développer avec ses logements sociaux notamment.

Paese Novo[modifier | modifier le code]

Quartier résidentiel dominant Montesoro, sur l'ancienne « route Impériale » qui contourne la ville par ses hauteurs. S'y trouve le Centre hospitalier de Bastia.

Montesoro[modifier | modifier le code]

Quartier résidentiel au sud de Bastia. Il se présente par de grands ensembles d'immeubles récents avec de nombreux commerces. S'y trouvent de grands établissements scolaires : lycées technique et professionnel, collège d'enseignement secondaire.

Erbajolo[modifier | modifier le code]

Quartier à l'extrémité méridionale de la commune. Elle marque le début de zone industrielle au sud de l'agglomération bastiaise. S'y trouve la plus grande surface commerciale de la villa (Hyper U), un stade de football.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Bastie est le « nom étranger et barbare » donné sur le continent à une forteresse. Suivant l'opinion de quelques-uns, c'est à cette forteresse que la ville doit son nom[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village de Cardo
La citadelle vue du sud
Depuis la citadelle
Façades colorées sur le Vieux-Port

Antiquité[modifier | modifier le code]

Du temps des Romains, le site de Cardo et le quart nord de l'actuelle commune de Bastia, avec Pietrabugno formaient une pieve, la division administrative la plus ancienne connue. Ce territoire était occupé par la peuplade des Vanacimi[4]. Bastia n'existait pas. Ni Ptolémée, ni Strabon, ni Pline, dans la description qu'ils ont faite de l'île, n'ont parlé de Bastia[5].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À la fin du IXe siècle, ce territoire ou pieve de Mantino dépendait des seigneurs Loretesi [Note 1]. Ceux-ci en sont chassés en 1072 par les Da Furiani, Aschesi ou Laschesi, aidés en cela par les marquis de Massa.

« Entre la seconde moitié du XIIe siècle et le milieu du XIIIe siècle, le système féodal se met en place à tous les niveaux de la société et de nouveaux liens se créent entre l'élite de l'aristocratie et les Républiques maritimes, entre les représentants de la noblesse insulaire ainsi qu'entre ces derniers et les plus pauvres. De même, les châteaux se multiplient. Ils sont alors regroupés entre les mains d'une quinzaine de familles nobles d'origine locale ou péninsulaire, parfois fragmentées en seigneuries indépendantes, voire même rivales : Bagnaia, Amondaschi, Cortinchi, Pinaschi, de Coasini, Loreto de Nebbio, Loreto de Casinca, Orezza, Avogari, Camilla, Turca, Pevere, de Mari (à partir du milieu XIIIe siècle seulement) et les marquis de Massa et de Corse. »

— Daniel Istria - Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse XIeXIVe siècle p. 145

Selon Giovanni della Grossa, la "seigneurialisation" des Loreto se serait faite, comme pour les familles génoises du Cap, par usurpation du titre comtal acquis lors du "gouvernement populaire". Les petites seigneuries qui ont émergé autour de la curtis de l'évêque de Nebbio, probablement dans le courant de la seconde moitié du XIIe siècle ou du tout début du XIIIe siècle, sont en partie absorbées par les seigneurs de Bagnaia avant 1247. Puis, avant 1289, elles sont récupérées et englobées, comme beaucoup d'autres, dans la nouvelle seigneurie de Giovanninello de Loreto. Profitant des rivalités pisano-génoises, celui-ci étend ses possessions vers l'est et vers l'ouest.

La documentation écrite illustre l'entreprise de conquête territoriale menée par Giovanninello vers les années 1260-80. Après avoir fait main basse sur les châteaux du Nebbio et sur celui de Pureto, dans l'Ostriconi, il entreprend la conquête de la piève d'Orto, alors sous le contrôle des Bagnaia, et construit deux nouvelles fortifications : Montebello et Petra di Bugno. Celles-ci sont destinées non seulement à conquérir et contrôler la partie nord du domaine des Bagnaia, dont l'étang de Cerlino d'un intérêt économique certain, mais probablement aussi le mouillage de Porto Cardo qui occupe une position stratégique aussi bien commerciale que militaire ; c'est d'ailleurs ici que sera érigée la forteresse de Bastia, résidence des gouverneurs génois à partir du XVe siècle. Les conventions passées entre Giovanninello et la commune de Gênes en 1289 témoignent de l'importance de ce contrôle seigneurial des routes terrestres et des mouillages, source de revenus importants, et garant de la sécurité du territoire[6].

À l'origine, Cardo[modifier | modifier le code]

Avant l'occupation de la Corse par les Génois, Cardo était un village immense. À ses pieds, il y avait un petit hameau où habitaient les pêcheurs de Cardo. Ce petit port s'appelait Porto Cardo qui veut dire « le port de Cardo ».

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Au début du XVIe siècle, Mgr Agostino Giustiniani, évêque de Nebbio, décrivait dans son Dialogo nominato Corsica  :

« [...] la piève d'Orto qui est presque ruinée ; elle renferme trois cent quarante feux. Dans cette piève se trouve Biguglia avec un couvent de Frères Mineurs [...]. Avec Biguglia, il y avait encore dans cette piève Furiani, Belgodere, Soverta, la Vetrice et la Corbaia ; de nos jours, tous ces villages ont à peu près disparu. »

— Agostino Giustiniani in Description de la Corse, traduction de Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, Bulletin de la Société des sciences historiques & naturelles de la Corse – Tome I - 1888. p. 50

Poursuivant, il écrit : C'est dans cette piève encore que se trouve Bastia, où résident l'évêque et le gouverneur de la Corse. Cette ville, avant la dernière guerre, comptait sept cents feux répartis en deux quartiers, Terravecchia et Terranova. Il y avait anciennement en cet endroit un château ou tour, ou plutôt une forteresse, dans le genre de celles qu'on appelle sur le continent Bastie [...]. Terravecchia était un quartier ouvert, qui aujourd'hui est brûlé et ruiné en grande partie, par suite de la guerre. Le terrain s'y abaisse en pente très raide et la marche y est très pénible ; au contraire, le quartier Terranova est généralement plat, avec des rues assez larges et beaucoup de maisons bâties à la moderne. Il est entouré non seulement d'une solide muraille, qui forme une enceinte continue, mais encore d'un fossé large et profond et de bastions magnifiques. La muraille fut commencée au temps de Tomasino de Campofregoso, alors seigneur de l'île, et achevée plus tard par les soins de l'Office. Les bastions et le fossé ont été faits par ce même Office et par le gouvernement génois pendant la dernière guerre. L'Office y a ajouté une citadelle fort belle, mais dont les avantages ne répondent pas aux dépenses qu'a exigées sa construction ; elle a coûté, en effet, vingt-cinq mille ducats. Bastia a deux couvents de Frères Mineurs, l'un de Récollets, l'autre de Capucins. Cette ville, étant la résidence du gouverneur, avait beaucoup prospéré ; mais elle a eu aussi beaucoup à souffrir pendant les dernières guerres. Bien qu'elle soit la place principale de l'île, beaucoup de gens ont émis l'opinion que son importance ne s'accroîtrait plus guère. La première raison qu'ils donnent, c'est que la population de la ville est composée de Génois et de Corses ; les Génois, venus des Rivières, appartenaient à la classe inférieure. C'était à cette classe également qu'appartenaient la plupart des Corses. Aussi règne-t-il entre les habitants de Bastia une jalousie, une rivalité si grande que bien peu, pour ne pas dire personne, s'occupent de l'intérêt de la ville ; ils s'appliquent uniquement à se tromper et à se supplanter, et c'est de là que vient tout le mal. La seconde raison, c'est que la ville n'a pas de port ; elle n'a en effet qu'une petite baie où ne peuvent relâcher que des embarcations légères. D'un autre côté, les maisons, jusqu'à présent, ont été très mal distribuées. Il n'y en a pas une qui ait non seulement une écurie, mais même un puits ou une citerne, de sorte qu'on est obligé d'aller chercher de l'eau dehors à la fontaine. Aussi dans l'été boit-on très chaud, parce que l'eau vient de très loin, amenée par un aqueduc.

Les caves sont, loin d'être bonnes. Bastia est bâti sur un sol rocheux, où l'on ne peut creuser qu'avec bien de la peine des conduits et des égouts. La ville n'a aucune promenade agréable ; elle est, de plus très exposée au vent d'ouest qui dure parfois huit ou dix jours, si bien qu'on ne peut sortir de chez soi ; car cc vent est si fort qu'il fait trembler les maisons. Ce qu'il y a de plus avantageux pour Bastia, c'est de se trouver à proximité de pays fertiles qui produisent, les uns du vin, comme le Cap-Corse, les autres du blé, comme les pièves dont nous avons parlé plus haut ; d'avoir un étang à ses portes et de n'être qu'à une faible distance de Piombino et d'autres lieux de terre ferme. C'est pour ces raisons, et non pour d'autres, que l'Office a choisi Bastia pour en faire la résidence de ses gouverneurs ; car il y a dans l'île bien des endroits où le gouverneur serait mieux qu'à Bastia.

Il terminera sa description ainsi :

« Il y avait encore dans la piève d'Orto deux petits villages avec l'église titulaire de la piève, dédiée à Sainte Marie. Ces deux villages, ainsi que l'église, ont été ruinés à la suite de la dernière peste et aussi à cause de la négligence des piévans. Après la Porraggia vient Punta d'Arco, l'étang de Chiurlino, long d'environ dix milles, où ne peuvent entrer que des embarcations très petites. Dans cet, étang se trouve une île, où l'on fait souvent de belles chasses de sangliers ; cet endroit s'appelle l'île. Il y a encore deux petites îles, où se retirent les pêcheurs ; l'une s'appelle Ischia nova ; elle est devenue fameuse dans les dernières guerres, et nous en parlerons en son lieu ; l'autre est appelé Ischia vecchia. On pêche dans cet étang des céphales (cefalu ou mazzardi), des muges (muggini), et d'autres poissons qui font d'excellentes boutargues. Ces poissons, ainsi que les anguilles que l'on prend en grande quantité, servent l'alimentation ordinaire des habitants de Bastia, sans parler des poissons qui viennent des pièves d'Orto, de Mariana et de Casinca. Vient ensuite l'escale de Lo Pino, puis le golfe de Bastia, appelé par les marins Portocardo. On rencontre ensuite le ruisseau de S. Nicolas, puis successivement l'escale de Toga, Grigione, l'escale et le ruisseau de Pietranera, où il y a une tour »

— Agostino Giustiniani in Description de la Corse.

L'époque génoise[modifier | modifier le code]

Les Génois ont vite senti le besoin de se mettre à l'abri des invasions qui venaient de la mer et ont commencé à construire, du temps du gouverneur Léonello Lomellini, une bastiglia (une bastille), c’est-à-dire une place forte, une citadelle.

Avec le temps, la Bastiglia (Bastia) s'est développée, est devenue prospère et est devenue plus importante que Cardo.

Toute son histoire est comprise dans sa « bastiglia », la citadelle des origines qui constitue la ville close. Ce sont ici la mer et la montagne qui décident de l’implantation des lieux habités, comme l’exige le relief de l’île. Aussi, Bastia fut capitale au temps de la domination génoise. Elle s’est accrochée aux pentes pour s’étaler plus tard, en gagnant sur l’eau sa place Saint-Nicolas.

De la modeste marine qu’elle était au port de commerce qu’elle est devenue, son histoire a été jalonnée des gloires et des vicissitudes que connaissait toute ville fortifiée.

Élue par le patricien génois Léonello Lomellini, en 1353, pour assurer la liaison avec Gênes, elle naquit pour ainsi dire de son rocher sur lequel fut élevé un donjon (bastiglia, d’où son nom) et que, quelque cent ans plus tard, on ceintura de remparts.

Le préside constitue le quartier noble, tandis que Terravecchia vit de son travail. Au début du XVIIIe siècle, de nombreux aménagements sont effectués dans le secteur de la Punta, qui voit émerger un grand nombre de magasins. Bastia et toute l'île passent sous domination militaire française le 8 mai 1769.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Article connexe : Libération de la Corse.

Bastia a subi de nombreux dommages durant la Seconde Guerre mondiale. L'Occupation italienne meurtrit la cité. Néanmoins la Corse fut le 1er département totalement libéré le 4 octobre 1943 grâce à la résistance corse, à la mission secrète Pearl Harbour (envoyée par les services secrets de la Défense militaire établis à Alger), et au glorieux sous-marin Casabianca.

Le commando de la mission secrète Pearl Harbour (Roger de Saule, Laurent Preziosi et les cousins Toussaint et Pierre Griffi) a été déposée dans la nuit du 13 au 14 décembre 1942 par le sous-marin Casabianca dans la baie de Topiti. Après avoir organisé un réseau dans cette région (Piana), elle est ensuite parvenue à Corte pour organiser un 2e réseau dirigé localement par Pascal Valentini, puis a rejoint Bastia pour le 3e réseau de la région de Bastia et du Cap Corse. C'est autour de Hyacinthe de Montera, au 35 du Bouvelard Paoli, que s'est organisé le mouvement. Laurent Preziosi participait déjà aux premières réunions en 1941 avant de retourner à Alger et être recruté pour la mission. Le mouvement s'est ensuite organisé dans le cadre du Front National. Le radio Pierre Griffi fut malheureusement arrêté à Ajaccio, atrocement torturé et fusillé à Bastia, sans avoir parlé, le 18 août 1943.

La tourelle du sous-marin Casabianca est exposée au coin de la place Saint-Nicolas, côté mer. Une stèle commémorative de cette 1re réunion est apposée au 35 boulevard Paoli (au-dessus de la porte d'entrée).

Après guerre, Bastia s'est ensuite progressivement imposée comme un poumon économique essentiel de la Corse. L'agglomération bastiaise est aussi la plus étendue de l'île.

Au cours des cinquante dernières années, Cardo était la résidence secondaire de Bastiais aisés. Actuellement, Cardo est un quartier de Bastia, sur les hauteurs du Pigno. Il attire toujours de nombreuses personnes qui souhaitent s'y installer car il possède tous les avantages d'un village à la campagne tout en étant tout près de la ville.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1791 1794 Jean-Baptiste Galeazzini   Dénonciateur public
(Réélu en 1793, 1797, 1830)
    ...    
1814 1815 Charles Vannucci    
    ...    
1919 1937 Émile Sari   Sénateur (1921-1937)
1937 1941 Hyacinthe de Montera    
1941 1943 Joseph Gherardi    
1943 1945 Jacques Faggianelli Radical  
1945 1947 Hyacinthe de Montera    
1947 1967 Jacques Faggianelli Radical  
1968 1989 Jean Zuccarelli MRG Député de la Corse puis de la Haute-Corse
1989 2014[7] Émile Zuccarelli PRG Député de la Haute-Corse de 1986 à 2008
Ancien ministre
2014 en cours Gilles Simeoni Nationaliste autonomiste Conseiller à l'Assemblée de Corse
Les données manquantes sont à compléter.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La Communauté d'agglomération de Bastia regroupe 5 communes, dont Bastia, pour une population totale estimée à 57 276 habitants en 2010.

Cantons[modifier | modifier le code]

Bastia est divisée en 6 cantons : Bastia-1, Bastia-2, Bastia-3, Bastia-4, Bastia-5 et Bastia-6.

Sécurité[modifier | modifier le code]

Bastia possède un hôtel de police situé dans la rue du Commandant Luce de Casabianca.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 43 479 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
11 336 7 922 9 316 9 531 13 610 14 568 15 004 15 985 16 002
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
19 304 21 535 17 850 17 572 20 100 20 765 23 397 22 552 25 425
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
27 338 29 412 33 094 36 376 44 628 52 208 49 327 42 729 31 375
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2012 -
38 746 42 810 44 020 37 845 37 884 43 577 42 912 43 479 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Le recensement de 2009 donne le chiffre de 43 545 habitants, dont 9,8 % d'étrangers[10].

Ses habitants sont appelés les Bastiais (en corse Bastiacci ou archaïquement Bastiesi).

Enseignement[modifier | modifier le code]

Secondaire[modifier | modifier le code]

Bastia possède cinq collèges :

  • quatre publics :
  • un privé : Collège Jeanne d'Arc

Bastia possède cinq lycées :

  • quatre lycées généraux ou technologiques :
    • trois publics :
      • Lycée Giocante de Casabianca
      • Lycée Paul Vincensini
      • Lycée Scamaroni
    • un privé : Lycée Jeanne d'Arc
  • un lycée professionnel : Lycée Jean Nicoli

Supérieur[modifier | modifier le code]

Bastia accueille un des institut de recherche de l'école d'ingénieurs Arts et Métiers ParisTech (ENSAM). Cet institut, ouvert en 2000, offre des programmes d'études doctorales et des mastères spécialisés dans le domaine des énergies renouvelables.

Bastia abrite également un des 5 Instituts régionaux d'administration (IRA) de France pour la formation des futurs cadres administratifs.

Santé[modifier | modifier le code]

Bastia possède un hôpital dans le quartier de Paese Novu (hôpital de Falconaja), ainsi qu'une clinique (clinique Maymard) en centre-ville et une autre clinique spécialisée en ophtalmologie (clinique Filippi) quartier Saint-Antoine.

Aux alentours de la ville se trouve aussi la clinique Zuccarelli (quartier de Toga) ainsi que la polyclinique à 2 km du centre-ville (sur la commune de Furiani).

Sports[modifier | modifier le code]

Bastia s'est distingué au travers de son club de football le Sporting Club de Bastia. Le stade Armand-Cesari se situe sur la commune voisine de Furiani. Le club a été finaliste de la Coupe UEFA en 1978 et vainqueur de la Coupe de France de football en 1981. Il a également été finaliste de cette dernière coupe en 1972 et 2002 ainsi que Champion de France de National en 2011 et Champion de France de Ligue 2 en 2012. Il évolue actuellement en Ligue 1.

Bastia est une importante ville de football. Outre le SCB, on y trouve deux autres clubs amateurs : le Cercle athlétique bastiais (CAB) évoluant actuellement en Ligue 2 et l'Étoile filante bastiaise (EFB). Un quatrième club, le Football Corsica Club Bastiais (FCCB) a disparu après s'être offert six championnats amateurs de Corse dans les années 1950. Historiquement, chacun de ces quatre clubs était soutenu par une partie différente de la ville : les alentours de la place Saint-Nicolas étaient bleus (SCB), le Vieux-Port était noir (CAB), la citadelle et le quartier Saint-Joseph étaient blancs (EFB) et le quartier du marché était rouge (FCCB). La domination du Sporting a éclipsé les autres clubs bastiais au fil du temps. À l'issue de la saison 2012/2013, il y a pour la première fois deux clubs professionnels à Bastia, le SCB en Ligue 1 ainsi que le CAB promu de National, pour un total de quatre clubs professionnels corses (avec l'AC Ajaccio en Ligue 1 et le GFC Ajaccio, relégué en National mais ayant conservé son statut professionnel).

Bastia est aussi une ville-étape du Tour de France 2013, arrivée de la première étape depuis Porto-Vecchio et départ de la seconde vers Ajaccio.

Économie[modifier | modifier le code]

Entrée du vieux port

L'agglomération bastiaise concentre la majeure partie des rares industries que compte la Corse. Bastia est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Bastia et Haute-Corse.

Le siège de la CCI régionale (résultant de la fusion des CCI des deux départements corses) sera implanté à Bastia, officialisant d'une certaine manière son statut de capitale économique de l'île.

Sur la région bastiaise, la Chambre de commerce et d'industrie gère les infrastructures suivantes :

Port de commerce de Bastia[modifier | modifier le code]

Le port de commerce ou port Saint-Nicolas, sur le territoire de la commune, peut accueillir huit navires de gros tonnage (6 navires à passagers et 2 autres), en plus des remorqueurs et des pilotines. Il est le deuxième plus important de France en matière de trafic passagers après Calais ;

Aéroport de Bastia Poretta[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aéroport de Bastia Poretta.

L'aéroport de Bastia Poretta se situe au sud de l'agglomération bastiaise, « à cheval » sur les communes de Borgo et de Lucciana.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Histoire : Le Maire de Bastia et l'Escadre de la Méditerranée, en 1892[modifier | modifier le code]

L'Escadre en Corse (de notre correspondant particulier) Presse Nationale[réf. nécessaire] :

  • « Bastia, le 12 juin 1892. Partie lundi soir du Golfe-Juan, l'escadre de la Méditerranée, sous les ordres du vice-amiral Henri Rieunier, mouillait le lendemain matin vers 8 heures devant Bastia. Les avisos-torpilleurs sont entrés dans le nouveau port, les torpilleurs de haute mer dans le Vieux-Port. Les cuirassés et les croiseurs sont allés s'embosser contre le mât sémaphorique du nouveau port et l'embouchure de l'étang de Biguglia. L'escadre était au grand complet.. Dans la matinée, M. le général Couston, gouverneur de la Corse, accompagné de son chef d'état-major et de ses officiers d'ordonnance, s'est rendu sur le vaisseau-amiral. Quelques moments après, M. le vice-amiral Henri Rieunier recevait la visite de MM. Gaudin maire ; Moussard, sous-préfet ; Magnon-Pujo, commandant de la marine en Corse ; Candelié-Bayle, premier président, etc. Dans l'après-midi, M. l'amiral Henri Rieunier a rendu les visites réglementaires aux autorités de Bastia. Durant toute la soirée une foule compacte a envahi les quais et la place Saint-Nicolas où se faisait entendre l'excellente musique du 61e. Les navires de l'escadre faisaient pendant ce temps des essais de lumière électrique. Mercredi soir a eu lieu dans la salle des fêtes du théâtre municipal la réception offerte par la ville de Bastia à l'amiral Henri Rieunier ainsi qu'aux officiers de l'escadre. À 9 heures, l'amiral en chef accompagné de MM. les contre-amiraux Dordollot des Essarts et Buge, suivis de leur état-major ainsi que de la plupart des officiers de l'escadre faisaient leur entrée au théâtre. À cette brillante réception assistaient de nombreux invités, parmi lesquels M. Couston gouverneur de la Corse et tous les officiers de la garnison. Après le punch, M. Gaudin, maire de Bastia, a souhaité la bienvenue à l'amiral et aux marins de l'escadre. S'adressant à l'amiral Rieunier, en ces termes : Nous savions déjà en quelles mains expérimentées et sûres, a dit M. Gaudin, la haute confiance du Chef de l'État Sadi Carnot avait placé la plus imposante des forces navales que la France ait jamais possédée - notre orgueil et notre espoir à la fois. Vos brillants états de service, vos remarquables qualités de marin vous désignaient pour la commander, et pour recevoir la garde des couleurs nationales dans les eaux de la Méditerranée et du Levant. - Veuillez me permettre, a répondu M. l'amiral Rieunier, d'être l'interprète des sentiments de toute l'escadre pour la gracieuse réception que vous nous faites. Après le punch qui a pris fin vers 10 heures, a commencé le bal qui a duré jusqu'au matin. L'escadre a appareillé jeudi matin pour Saint-Florent, île-Rousse et Calvi. Elle arrivera vendredi matin à Ajaccio et effectuera en route diverses manœuvres. »

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Point de vue depuis le Vieux-Port de Bastia.
Le Palais des Gouverneurs.

Bastia est classée Ville d'Art et d'Histoire.

  • L’ancien palais des gouverneurs génois héberge le musée municipal ancien musée d'ethnologie Corse[12]. Ancienne forteresse appuyée au donjon et agrémentée d’un campanile du XVIe siècle, le palais des gouverneurs monte une garde séculaire sur Terra-Nova et par delà les remparts, sur le Vieux-Port. La ville a engagé un ambitieux programme de rénovation de ce palais classé monument historique sous la direction des architectes Daniel Cléris et Jean-Michel Daubourg. Outre la rénovation du palais les travaux ont permis de rebâtir un quart du monument qui avait été détruit en 1943 lors des combats pour la libération de la Corse. Le parti de reconstruction adopté par les architectes respecte les tracés régulateurs et les volumes d'origine mais s'affirme comme une architecture du XXIe siècle rejetant tout pastiche. Le nouveau musée a été inauguré en juin 2010. Les collections du musée s'articulent autour de quatre thèmes, naissance et croissance urbaine, centre des pouvoirs, foyer culturel et le palais des Gouverneurs. De plus la conservation présente des expositions temporaires dans des espaces spécialement affectés. Le jardin des gouverneurs, dont l'accès se fait par le musée, offre une vue remarquable. Dans la cour était conservée jusqu'aux travaux de rénovation la tourelle du sous-marin Casabianca.
  • L’église Sainte-Marie, ancienne cathédrale édifiée à partir de 1495, fortement remaniée au début du XVIIe siècle, se trouve en plein cœur de la citadelle. Derrière cette église, la chapelle Sainte-Croix connaît une ornementation intérieure exubérante. La chapelle a son trésor : le Christ des Miracles, que vénèrent par tradition les Bastiais les plus fervents, trouvé en 1428, flottant sur les eaux, par deux pêcheurs.
  • L'église Saint-Jean-Baptiste est un des monuments les plus emblématiques de la ville de Bastia. Dominant le Vieux-Port, elle fut construite à partir de 1583 mais a connu de nombreux travaux supplémentaires à travers les âges. Dédiée à Saint Jean-Baptiste, elle arbore une haute et noble façade classique, en grande partie cachée par les immeubles voisins, et un intérieur baroque du XVIIIe siècle. Cette église possède en outre un mobilier remarquable, tels qu'orgue, chaire et tableaux de la collection du cardinal Fesch.
    Église Saint-Jean-Baptiste de Bastia
  • La chapelle de l’Immaculée Conception 1611 à la voûte peinte au XIXe siècle et aux murs tendus de velours, elle réunit, dans sa sacristie musée, de nombreuses pièces d’art religieux du XVe siècle et XIXe siècle provenant de sanctuaires de la ville.
  • L'église Saint-Étienne de Cardo.
    Église Saint-Étienne de Cardo
  • Le kiosque du sous-marin Casabianca sur la place Saint-Nicolas, symbole de la Résistance corse. Échappé de la rade de Toulon en novembre 1942, il effectua ensuite la liaison entre l'île et l'Algérie dans le cadre de la mission secrète Pearl Harbour et connut de nombreux succès militaires. La tourelle est dorénavant placée sur un socle au bas de la place Saint-Nicolas face au port de commerce et de la mairie.
  • On trouve de nombreux cafés et commerces sur la place Saint-Nicolas, sur le Vieux-Port et sur le Quai des Martyrs reliant ces deux endroits.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Quelques spécialités :

  • Sardines au brocciu : sardines fraîches farcies de Brocciu, fromage constitué de lait caillé de brebis ;
  • Le baccalà : c'est simplement de la morue. Ce plat a été longtemps considéré comme le plat du pauvre en Corse parce que son prix était abordable et que, fortement salé, il se conservait facilement.

Films tournés à Bastia[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur à une forteresse d'argent maçonnée de sable terrassée de sinople.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Massiani, La Corse … et ses chapelles romanes, Imprimé sur les presses de l’imprimerie A. Robert, 13011 Marseille,‎ mai 1991
    Bastia : Chapelle San Sarorio, p. 45
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et fortifications de la France au Moyen Âge, Strasbourg, éditions Publitotal,‎ 1978, reprint 1991, 1 287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Une vision d’ensemble de l’architecture castrale. p. 109 : Bastia : Enceinte de la « Terra Nova »
  • Daniel Istria, Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse XIeXIVe siècle, Ajaccio, éditions Alain Piazzola,‎ mai 2005 (ISBN 2-915410-14-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alberto de Loreto était l'un des compagnons d'Oberto, un descendant de Boniface marquis toscan, dans l'expédition militaire pour reconquérir le nord-est de la Corse
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel de la Société des Autobus Bastiais
  2. a, b, c et d Port de Bastia Statistiques Portuaires 2011.
  3. Mgr Agostino Giustiniani - Description de la Corse, traduction de Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, Bulletin de la Société des sciences historiques & naturelles de la Corse – Tome I - 1888. p. 51
  4. Carte Italia antica Cl. Tolomeo
  5. Agostino Giustiniani in Description de la Corse
  6. Daniel Istria - Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse XIeXIVe siècle p. 222
  7. Démissionnaire après son entrée au gouvernement Jospin
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011, 2012.
  10. « Population par sexe, âge et nationalité - Niveau agrégé », sur Insee,‎ 2009 (consulté le 5 juillet 2012)
  11. article de wikipédia
  12. http://www.musee-bastia.com/