Fabien Lefèvre (kayak)

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Fabien Lefèvre
Image illustrative de l’article Fabien Lefèvre (kayak)
Contexte général
Sport Kayak monoplace (K1) slalom
Canoë monoplace (C1) et biplace (C2) slalom
Période active 2000-?
Biographie
Nationalité sportive Drapeau de la France France jusqu'en 2012, Drapeau des États-Unis États-Unis à partir de 2013.
Naissance (36 ans)
Lieu de naissance Orléans
Palmarès
Compétition Or Arg. Bro.
Jeux olympiques 0 1 1
Championnats du monde 7 5 1
Championnats d'Europe 0 0 2
Championnats de France 4 1 0

Fabien Lefèvre, né le à Orléans, est un kayakiste français pratiquant le slalom, double champion du monde de Kayak monoplace (K-1) en 2002 et 2003, médaillé de bronze aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004 et d'argent à ceux de Pékin en 2008 dans cette discipline. En 2013, il décide de poursuivre sa carrière en concourant pour les États-Unis où il part s'installer[1], et pour lesquels il remporte un troisième titre de champion du monde, cette fois en canoë monoplace (C1) le 20 septembre 2014 à Deep Creek dans son pays d'adoption[2]

Biographie[modifier | modifier le code]

Une ascension irrésistible[modifier | modifier le code]

Fabien Lefèvre commence le kayak dès l'âge de cinq ans. Précoce, il devient l'un des très rares kayakistes masculins à accéder à l'élite française (la Nationale 1) alors qu'il n'est que cadet (15-16 ans). Dans la même veine, il réalise quelques exploits chez les jeunes, remportant successivement deux titres de champion de France cadet (15-16 ans), deux autres titres en junior (17-18) et enfin deux titres seniors (19-34 ans), entre 1997 et 2002. À son palmarès de jeune, on peut également ajouter une participation aux championnats du monde junior alors qu'il n'est que cadet (en 1998), et un titre de champion du monde junior en 2000.

Dans la foulée de ce brillant début de carrière, il intègre très tôt le circuit international senior. Il s'entraîne sous l'égide de Sylvain Curinier, entraîneur national au pôle France de CK Toulouse. Dès l'âge de 20 ans, il remporte le titre en K1 (Kayak monoplace) slalom lors des championnats du monde 2002 qui se déroulent en France à Bourg-Saint-Maurice. Alors que son compatriote Benoît Peschier avait la faveur des pronostics grâce à deux victoires sur des manches de Coupe du Monde en 2001, Lefèvre domine la concurrence d'une main de maître sur le bassin de slalom international, réputé mondialement pour sa grande difficulté. Il confirme ce résultat en remportant la Coupe du Monde 2002 alors même que ce n'était pas un objectif de l'équipe de France.

Ces victoires, son assurance et une grande ambition, font de lui le grand favori des Jeux olympiques de 2004. Il confirme ce statut en remportant un nouveau titre mondial individuel en 2003 à Augsbourg. Conquis avec une facilité déconcertante, ce second titre consécutif impressionne le monde du kayak slalom comme peu d'athlètes ont su le faire, et ce d'autant plus que deux étapes de la Coupe du Monde 2003[3], tombent également dans son escarcelle. Lefèvre est alors au sommet de son art, sa technique et son matériel sont copiés et imités bien au-delà des frontières françaises.

Toutefois, aux Jeux, ayant commis une touche à chacune des manches (1 touche = deux secondes de pénalité) il revient seulement avec la médaille de bronze, alors qu'il était le plus rapide sans les pénalités. C'est son compatriote Benoît Peschier qui décroche le titre tant convoité, ayant su parfaitement s'approprier le « style Lefèvre » (on remarquera d'ailleurs que les trois médaillés d'Athènes en K1 naviguaient dans un kayak dessiné par Lefèvre pour la marque française Zig-Zag). Lefèvre se montrera extrêmement déçu par cette troisième place.

Les premiers échecs[modifier | modifier le code]

En 2005, il remporte la médaille d'argent aux championnats du monde de Penrith (Australie), seulement battu par l'allemand Fabian Dörfler. Le titre par équipe lui revient cependant, acquis avec ses partenaires Benoît Peschier et Julien Billaut. Il récidive en 2006, cette fois épaulé par Julien Billaut et Boris Neveu, butant cependant une fois de plus dans l'épreuve individuelle, qu'il termine à la 5e place d'une course co-remportée par Julien Billaut et l'Italien Stefano Cipressi.

Ces années sont donc marquées par un certain déclin. On peut remarquer que depuis 2004, une modification de la règlementation a diminué la longueur minimale des kayaks (de 4m à 3,50m), ce qui semble finalement lui poser quelques problèmes : alors qu'il était parvenu à tirer la quintessence de l'ancien règlement, les bouleversements induits par le changement de longueur perturbent le champion, qui peine à trouver la bonne formule de navigation. L'année 2007 ponctue tristement ce cycle négatif par une grave blessure au poignet, qui finit par l'exclure de l'Équipe de France, pour les championnats du monde de Foz do Iguaçu, remportés par son compatriote Sébastien Combot.

Deux hommes, trois médailles[modifier | modifier le code]

Revanchard, il arrive aux Jeux olympiques d'été de 2008 dans le costume de favori. Ayant regagné sa place en équipe de France, il écrase la concurrence française sur le circuit national et aux sélections (même si Benoît Peschier lui oppose une belle résistance) et réussit quelques performance de premier ordre au niveau international. Comme il le dira dans L'Équipe au lendemain de la dernière course de sélection, il part « pour l'or ».

Troisième à la suite de la première manche en demi-finale, il décroche finalement la médaille d'argent dans une course historique puisque Benjamin Boukpeti, troisième et ami de Fabien Lefèvre, offre la première médaille olympique à son pays, le Togo. L'Allemand Alexander Grimm remportant le titre olympique grâce à une manche de finale somptueuse.

En fin d'année 2008, inspiré dit-il par Michael Phelps, il se lance dans une nouvelle carrière en choisissant de développer un équipage de canoë biplace (C2) avec Denis Gargaud Chanut, tout en continuant à œuvrer en kayak monoplace (K1). L'ambition étant de figurer le mieux possible dans les deux catégories aux Jeux olympiques d'été de 2012.

Encore en phase de rodage dans cette nouvelle ambition de « doubler » sur les courses internationales, l'année 2009 ne le voit pas monter sur les podiums des championnats internationaux. À La Seu d'Urgell, sur le site des championnats du monde, il confiera même à L'Équipe, après son double échec en K1 et en C2, que la fatigue extrême qu'il a ressenti à l'issue des courses lui fait douter de son projet.

Il persiste cependant en 2010 et se qualifie en équipe de France dans les deux embarcations. Après une saison nationale et internationale relativement morne (ponctuée de rares coups d'éclats comme en finale des championnats de France K1), Fabien Lefèvre termine l'année avec une médaille d'argent individuelle aux championnats du monde à Tacen en canoë biplace, et deux médailles par équipes (or en canoë biplace, argent en kayak monoplace).

En 2011, c'est l'apothéose de son projet commun avec Denis Gargaud-Chanut : aux championnats du monde de Bratislava, trois médailles individuelles viennent récompenser le duo : l'or pour Gargaud en C1, l'argent pour le canoë biplace et le bronze pour Lefèvre en C2. L'ambition « deux hommes, trois médailles » aux Jeux olympiques d'été de 2012 apparaît alors clairement comme une vraie possibilité.

Mais début avril 2012, Fabien Lefèvre échoue dans sa quête de qualification pour les Jeux olympiques. Lors des sélections nationales à Pau, il est devancé en K1 par Étienne Daille, et ne réussit pas non plus à décrocher son ticket olympique en C2 avec Denis Gargaud Chanut. La déception est immense, et le duo prend des routes séparées à la suite de cet échec.

Un nouveau départ outre-Atlantique[modifier | modifier le code]

À l'issue de la saison 2012, Fabien Lefèvre décide de partir s'installer aux États-Unis avec sa famille afin de poursuivre une carrière qu'il souhaite la plus longue possible (le niveau très relevé des sélections françaises oblige en effet à une remise en question permanente parfois difficilement compatible avec les projets à long terme), et de courir désormais sous les couleurs de la bannière étoilée.

En effet, s'il n'obtient pas la nationalité américaine, la fédération de canoë-kayak américaine l'autorise à participer aux courses de sélections de canoë-kayak slalom sous son égide.

En 2013, à la suite de ce changement de nationalité sportive, Lefèvre participe aux championnats du monde à la fois en canoë monoplace et en kayak monoplace qui ont à Prague en septembre 2013 [1], sans avoir de résultats notables (finale en K1, demi-finale en C1).

Le 20 septembre 2014 à Deep Creek (États-Unis), il devient champion du monde de canoë monoplace slalom (C1) à domicile sous ses nouvelles couleurs[2], remportant un troisième titre planétaire onze ans après le dernier obtenu en kayak monoplace (K1). Il devient le premier athlète de l'histoire à être au moins une fois champion du monde en C1 et en K1 en canoë-kayak slalom[4], douze ans après son premier titre français en K1 de Bourg-Saint-Maurice, en 2002. C'est également le premier titre mondial pour les Américains depuis 2002 et le titre en K1 dames de Rebecca Giddens.

Le personnage[modifier | modifier le code]

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Tout au long de sa carrière, Fabien Lefèvre s'est montré très intéressé par la mise au point et le développement de son sport sous tous ses aspects.

Technicien hors pair, il a su, au début des années 2000, modifier en profondeur la façon de naviguer des kayakistes de slalom, inventant des figures de passage des portes et banalisant les franchissements les plus audacieux grâce à une minutie extrême dans son entraînement. De la même façon, bien décidé à révolutionner un sport confidentiel et à l'ambiance feutrée, il profita de cette période pour développer ses modes de communication et ses actions, peu orthodoxes et très médiatiques, et qui lui valurent une image contrastée[5],[6].

Dans la seconde partie de sa carrière, marqué par ses échecs successifs qui suivirent les Jeux d'Athènes, il adoptera un profil légèrement plus effacé et plus consensuel. Moins détonant hors de l'eau, cette période correspondant à la XXXe Olympiade sera aussi pour lui moins flamboyante pagaie à la main : malgré une volonté intacte, et sans devenir un pagayeur lambda, Lefèvre aura eu nettement moins d'influence sur l'amélioration des techniques que par le passé.

Par la suite, en réussissant à devenir un champion de canoë biplace (une médaille d'argent aux championnats du monde 2011), puis de canoë monoplace (une médaille d'or aux championnats du monde 2014) dans un sport où l'habitude était de se cantonner à une embarcation (à très haut niveau), Lefèvre continuera de faire bouger les lignes de son sport en devenant, selon ses propres termes, "le meilleur pagayeur toutes catégories"[7]. Il publie à cette occasion un livre : The King Of Slalomia.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques[modifier | modifier le code]

Championnats du monde de canoë-kayak slalom[modifier | modifier le code]

Championnats d'Europe de canoë-kayak slalom[modifier | modifier le code]

Coupe du monde de canoë-kayak slalom[modifier | modifier le code]

  • Vainqueur en 2002 en K1

Distinctions[modifier | modifier le code]

Officier de l'ordre national du Mérite[8]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sud Ouest.fr Alain Goujon, "Fabien Lefèvre, l'Américain", mis en ligne le 7 avril 2013, consulté le 11 avril 2013
  2. a et b FINAL RESULTS LIST CANOE SINGLE (C1) MEN deepcreek2014.com, consulté le 21/09/2014
  3. [1] Archives FFCK, "Palmarès Fabien Lefèvre", mis en ligne en 2004, consulté 23 septembre 2014
  4. [2] AFP, "Mondiaux de slalom : Lefèvre, un phénomène (re)made in USA", mis en ligne le 21 septembre 2014, consulté le 23 septembre 2014
  5. mis en ligne le 28 mai 2008, consulté le 23 septembre 2014 (en anglais)
  6. mis en ligne en février 2006, consulté le 23 septembre 2014
  7. mis en ligne le 21 septembre 2014, consulté le 23 septembre 2014
  8. Décret du 14 novembre 2008 portant promotion et nomination

Liens externes[modifier | modifier le code]