Galeries Lafayette

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Les Galeries Lafayette sont une enseigne de grands magasins appartenant au groupe Galeries Lafayette.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le magasin historique[modifier | modifier le code]

Théophile Bader et son cousin Alphonse Kahn s'associent en 1893 pour reprendre un magasin de nouveautés et ouvrent leur premier magasin en 1894 au 1, rue La Fayette[1] dans un local de 70 m2 qu'ils appellent « les Galeries »[2]. Tous deux sont des commerçants juifs alsaciens venant de l'univers de la confection, alors que leurs concurrents Boucicaut, créateur du Bon Marché, ou Jaluzot, fondateur du Printemps, ont été précédemment vendeurs dans des magasins. Leur magasin (aujourd'hui les « Galeries Lafayette Haussmann ») fait au départ 70 m² et s'agrandit au fur et à mesure avec l'achat de l'immeuble entier trois ans après son ouverture. Le magasin est alors rebaptisé Galeries Lafayette[2]. En 1905, les immeubles des 38, 40 et 42 boulevard Haussmann, ainsi que le 15 rue de la Chaussée d’Antin, sont également acquis[2]. Une immense coupole est construite en 1912.

Le principe de bazar de luxe imaginé par ses fondateurs Théophile Bader et Alphonse Kahn est un succès à Paris. Les deux cousins décident d’exporter le principe dans d’autres pays, notamment le Maroc[Quand ?], alors sous protectorat français. Leurs gendres, propriétaires de la société de droit français « Paris-Maroc », disposent déjà d’un immeuble nouvellement construit plein centre-ville de Casablanca, place de France, à deux pas du défunt cinéma Vox. Ils y installent au rez-de-chaussée les « magasins modernes », avec l’annotation en bas : « succursales des Galeries Lafayette Paris ». L’histoire des Galeries de Casablanca sera, depuis, très liée à celle de l’immeuble. Œuvre des « pères du béton », les célèbres frères Perret, concepteurs entre autres du théâtre des Champs-Élysées, ce joyau architectural est alors « l’un des premiers bâtiments du Casa moderne ». Son chantier a été d’ailleurs ouvert en même temps que celui du grand théâtre des Champs-Élysées à Paris. De nombreux magasins ont ouvert, que ce soit ailleurs dans Paris, en France et même à l'étranger (liste plus bas).

Après la débâcle de 1940, les Galeries Lafayette subissent un traitement d’« aryanisation » : Théophile Bader, Raoul Meyer, Max Heilbronn, les administrateurs du magasin ainsi que 129 employés juifs sont contraints de démissionner. Les familles Bader, Meyer et Heilbronn sont dépossédées de leurs biens. Protégés par les Allemands, le Suisse Aubert et l’industriel français Harlachol dirigent tout le groupe Les Galeries Lafayette. Heilbronn et Meyer s’engagent alors dans la résistance. Arrêté par la Gestapo, puis déporté à Buchenwald, Max Heilbronn revient en France en avril 1945. Après maintes activités clandestines, Raoul Meyer prend une part importante à la libération de Paris en 1944. En conséquence, un conseil d’administration particulier des Galeries Lafayette se réunit le Le 20 septembre 1944, Aubert et Harlachol sont renvoyés et Les Galeries Lafayette remises aux mains de Raoul Meyer, en espérant le retour de Max Heilbronn. Entre temps, Théophile Bader s’était éteint à Paris en 1942, paralysé et spolié de ses biens. Aujourd’hui, Les Galeries Lafayette sont le dernier grand magasin français dirigé par les descendants directs de son fondateur.

Principe[modifier | modifier le code]

Le principe des Galeries Lafayette est de proposer sur un seul et même espace des dizaines de grandes marques de vêtements (glissement des Galeries Lafayette vers la mode avec la révolution du prêt-à-porter dans les années 1950), de maroquinerie, de bijoux, de décoration et linge de lit, et bien d'autres. Toutes les marques, qui diffèrent selon le magasin, sont présentes sur la surface sous forme de petits stands qui offrent une sélection d'articles réalisée par les acheteurs des Galeries[3].

Innovations et évolutions[modifier | modifier le code]

En 1951, Édith Piaf donne un concert devant les Galeries du boulevard Haussmann où est inauguré le plus haut escalator d’Europe. En août 1974, le « remodeling » du rez-de-chaussée entraîne la dépose de l’escalier d'honneur[4] conçu par Théophile Bader en 1912[5]. En 1952, les Galeries Lafayette créent un bureau de style et recrutent Ghislaine de Polignac.

Les Galeries Lafayette ont également leurs créations personnelles avec les marques Cadet Rousselle (nouveau-nés et enfants jusqu'à cinq ans), Kid's Graffiti (fille-garçon, allant de 3 à 14 ans), Avant Première et Miss Avant Première (8-16 ans), Jodphur, Jodphur Weekend et Jodphur enfant (avec des articles pour nouveau-nés depuis juillet 2010 et enfants jusqu'à 14 ans), et Briefing.

Une nouvelle marque propre, Version Originale, destinée à concurrencer des enseignes de prêt-à-porter, a fait son apparition en août 2008.

Début 2014, Nicolas Houzé, petit-fils de la propriétaire des Galeries Lafayette, remanie le conseil exécutif de l'entreprise en renouvelant cinq des sept membres de ce conseil[6].

En 2014 est projetée la création du siège de la fondation des Galeries Lafayette dans le Marais, en 2016. Il s'agira d'une tour translucide de dix-huit mètres de haut conçue par l'architecte néerlandais Rem Koolhaas ; située dans une cour, contre les anciennes réserves du BHV (qui ont par la suite été une école de jeunes filles), l'édifice sera invisible depuis la rue et présentera une collection d'art contemporain, avec l'objectif de sélectionner des artistes invités. 100 000 visiteurs sont attendus par an[7].

Évènements marquants[modifier | modifier le code]

  • Dans la nuit du 4 au 5 avril 2016, un incendie a ravagé les Galeries Lafayette de Pau. Une centaine de personnes se sont alors retrouvées au chômage technique.

Points de vente[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Le groupe compte 59 magasins en France, dont :


Anciens magasins[modifier | modifier le code]

En 2004, le groupe Galeries Lafayette / Nouvelles Galeries a décidé de fermer les enseignes des six villes suivantes : Châteauroux (Indre), Nouvelles Galeries de Saint-Étienne (Loire), Épernay (Marne), Montargis (Loiret) et Thionville (Moselle). Plus tôt, il avait décidé de fermer l'enseigne de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Les Nouvelles Galeries de Mont-de-Marsan ont également fermé en 2008 et celles de Lille en décembre 2015.

Futur magasin[modifier | modifier le code]

Le 52-60, avenue des Champs-Élysées, qui abrite un Monoprix et jusqu'en 2013 un Virgin Megastore, est racheté en 2012 par le Qatar à Groupama[8]. Il est rénové à partir de 2016 en vue d'accueillir en 2018 un magasin des Galeries Lafayette à la place du Virgin[9].

A Marseille, le magasin historique des Galeries Lafayette de la rue Saint-Ferréol (1er arrondissement) s'éloignera des Galeries Lafayette (ex-Nouvelles Galeries) du Centre Bourse (1er) pour s'installer début 2018 dans le nouveau centre commercial du Rond-Point du Prado (8e).

Hors de France[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurence Benaïm, « Les Galeries à l'instant du centenaire », Le Monde,‎
  2. a, b et c Marzel Shoshana-Rose, « Théophile Bader, co-fondateur des Galeries Lafayette. (Dambach-la-Ville (Bas-Rhin), 24 avril 1864 – Paris, 16 mars 1942) », Archives Juives, vol. 37,‎ , p. 135-138 (lire en ligne)
  3. Philippe Verheyde, Les grands magasins parisiens, Balland, , 239 p.
  4. Amateur d'opéra, Bader s'inspire de cette architecture pour ses magasins
  5. Dates clés des Galeries Lafayette
  6. Changement à la tête des galeries http://www.lefigaro.fr/societes/2014/01/14/20005-20140114ARTFIG00574-galeries-lafayette-nicolas-houze-remanie-le-comite-executif.php
  7. Béatrice de Rochebouet, « La maison de verre de la fondation des Galeries Lafayette », Le Figaro, encart « Culture », mardi 8 juillet 2014, page 25.
  8. Le Qatar s'offre l'immeuble hébergeant le Virgin Megastore des Champs-Élysées, pour 500 millions d'euros, Huffigton Post.fr, 5 juin 2012.
  9. Galeries Lafayette: le chantier des Champs Elysées avance, challanges.fr, 25 mars 2016.