Pic du Midi d'Ossau

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Pic du Midi d'Ossau
Vue du pic du Midi d'Ossau.
Vue du pic du Midi d'Ossau.
Géographie
Altitude 2 884 m
Massif Pyrénées
Coordonnées 42° 50′ 35″ nord, 0° 26′ 17″ ouest[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Ascension
Première 19 août 1790 (?) par un berger aspois

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Atlantiques

(Voir situation sur carte : Pyrénées-Atlantiques)
Pic du Midi d'Ossau

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Pic du Midi d'Ossau

Le pic du Midi d'Ossau est un sommet des Pyrénées françaises (Pyrénées-Atlantiques) dont la forme caractéristique rappelle celle d'une dent ou d'une moufle. Son altitude est de 2 884 mètres.

Sa forme caractéristique et son isolement — il est parfaitement aligné dans l'axe de la vallée d'Ossau et entouré de sommets nettement plus bas — le rendent particulièrement visible et reconnaissable depuis les plaines d'Aquitaine. Dans des conditions exceptionnelles de visibilité, il peut être vu depuis la dune du Pilat, à près de 200 km à vol d'oiseau[2].

Cette notoriété fait de ce sommet un emblème géographique (vallée d'Ossau, villes de Pau, de Laruns...) mais aussi pour de nombreuses organisations et marques qui reprennent sa silhouette sur leur logo (club de rugby à XV Section paloise) ou sur l'emballage de différents produits (bouteilles d'eau d'Ogeu...).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Parfois nommée simplement pic d'Ossau[a], ou jusqu'au XIXe siècle pic du Midi de Pau[b], le pic du Midi d'Ossau tient son nom de la vallée d'Ossau, dont il constitue le sommet le plus emblématique. L'origine du terme Ossau renvoie à la racine pré-indo-européenne *oss/*ors — ou *uss/*urs[3] — qui fait référence aux cours d'eau. Cette racine se retrouve dans d'autres toponymes pyrénéens et béarnais, comme les villages d'Osse-en-Aspe ou d'Aussevielle, et les cours d'eau de l'Ousse ou de l'Ouzom. Le gave d'Ossau[c], qui serpente autour du pic, lui donne donc son nom. L'ajout du qualificatif Midi indique que le pic d'Ossau permet à l'observateur, positionné au nord des Pyrénées, de situer le point cardinal sud. La vallée d'Ossau puis la vallée du Neez sont orientées nord-sud, cette dernière aboutit sur l'aggomération de Pau, puis au-delà sur la plaine du Pont-Long. Depuis cette zone, le pic d'Ossau se distingue nettement dans le direction sud, lui valant ce qualificatif de pic du Midi, à l'image du pic du Midi de Bigorre depuis la plaine tarbaise.

L'étymologie du terme Ossau est historiquement rapproché de la figure de l'ours (oso en espagnol). Ce parallèle s'explique par la ressemblance de la racine pré-indo-européenne *urs avec le mot latin ursus, qui désigne le plantigrade[3]. D'autres significations au nom de l'Ossau sont plus rarement données, le brochet par exemple est parfois connu en basque sous le nom d'uhartz, qui signifie « ours d'eau ». Toujours en basque, hortz signifie « dent » tandis que ortz veut dire « ciel, firmament », alors que hartz est traduit par « ours »[4].

Il est nommé pic d'Aussàu en béarnais[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte géographique en couleur.
Le pic du Midi d'Ossau se situe en bordure occidentale des Pyrénées centrales.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le pic du Midi d'Ossau se situe à l'ouest de la chaîne des Pyrénées, il forme la transition entre les hauts sommets des massifs centraux — zone aussi nommée Pyrénées centrales — et les basses chaînes atlantiques de l'ouest[B 1] qui débutent après le pic d'Anie. Le pic se situe entièrement sur la commune de Laruns, localisée à l'extême sud du département des Pyrénées-Atlantiques, elle-même partie de la région Nouvelle-Aquitaine en France. Il marque le début du gave d'Ossau, et donc de la vallée d'Ossau, région historique de l'ancienne principauté souveraine du Béarn. Parfois nommé pic du Midi de Pau aux XVIIIe siècle et XIXe siècle, le pic se trouve à 50 km de la capitale béarnaise, respectivement 115 km et 282 km de l'océan Atlantique et de la mer Méditerranée, et moins de 5 km de la frontière franco-espagnole du Pourtalet. Ce col représente le premier passage important à l'ouest des Pyrénées centrales[B 2].

Topographie[modifier | modifier le code]

Le point culminant du pic du Midi d'Ossau se trouve à 2 884 m d'altitude. En 2016, une équipe de géomètres-experts modélise le pic en trois dimensions, estimant sa mesure exacte à 2 883,84 m[6]. Les grands pierriers qui jonchent les alentours du pic indiquent qu'il présentait une altitude certainement bien supérieure au moment de sa formation[B 3]. Du côté nord, le pic présente la forme simple d'un pic fendu[B 4] ; sa structure devient plus complexe lorsqu'il est observé en détail, notamment depuis sa face sud. Le Grand Pic représente son point culminant, en réalité constitué de plusieurs sommets, dont le sommet Central — ou pointe d'Espagne — à 2 884 m, le sommet Nord — ou pointe de France — à 2 878 m et le sommet Sud — ou pic de la Fourche — à 2 870 m[B 5]. Le Grand Pic est séparé du Petit Pic (2 812 m) par la Fourche, une brèche plus basse de 180 m par rapport au Grand Pic. Depuis le côté sud, ce sont trois pointes qui se distinguent nettement. Si les Français surnomment le pic « les jumelles » au XVIe siècle, les Espagnols le surnomment « las tres sorores », soit « les trois sœurs »[B 4]. Au Grand Pic et Petit Pic s'ajoute donc la pointe d'Aragon (2 717 m), séparée du Grand Pic par la brèche d'Aragon (2 675 m). Une quatrième pointe se distingue également du pic, la pointe Jean-Santé (2 573 m), séparée de la pointe d'Aragon par la brèche Jean-Santé (2 535 m)[B 5].

Autour du pic, la topographie est marquée par différentes parois et arêtes. À l'est et au nord-est, les escarpements n'offrent aucun caractère particulier[d]. De l'autre côté de l'arête nord-est, formée par la crête de Moundelhs, se dressent les murailles du versant nord. Ce contrefort secondaire vient buter sur les parois du pic, séparant le cirque Nord-Est et le cirque Nord (ou cirques de Moundelhs)[B 6]. Au point de rencontre entre ce contrefort nord et le pic, s'ouvre la brèche des Autrichiens, surplombée par une muraille haute de 700 m[B 6]. Le cirque Nord se termine par une arête, qui le sépare du cirque de l'Embarradère sur la façade nord-ouest du pic. Le passage vers la façade ouest s'effectue au-dessus de l'arête formé par le Petit Pic, se trouve alors de vastes plate-formes d'éboulis nommées « l'Épaule »[B 7]. Le cirque Sud se trouve après l'arête de Peyreget, son pierrier s'unit à celui du couloir de la Fouche pour former la Grande Raillère[B 8]. En tournant vers l'est, la Grande Raillère longe la base d'une muraille — constituée par la façade sud de la pointe Jean Santé — d'environ 524 m au-dessus du refuge de Pombie. Le col de Suzon se rejoint ensuite, flanquée d'un gendarme connu comme le Doigt de Pombie[B 9].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le pic d'Ossau est entouré à l'ouest par le gave de Bious, et à l'est par le gave de Brousset. Ces deux gaves s'écartent l'un de l'autre sur un maximum de 7 km, trouvant ensuite leur confluent à 1 000 m d'altitude au nord du massif — à Gabas — pour devenir le gave d'Ossau[B 1]. Le gave de Bious ainsi que le gave de Brousset prennent leur source au col d'Anéou (ou de Bious), l'un sur son flanc ouest et l'autre sur son flanc est, à 2 200 m d'altitude. La vallée du gave de Bious se caractérise par la succession d'une série de biefs, où des pentes plus faibles — comme sur le plateau de Bious-Dessus — sont séparées par des ruptures de pente très fortes[B 10]. La vallée du gave de Brousset possède, quant à elle, un profil plus régulier. Le pic du Midi d'Ossau est entouré par plusieurs lacs naturels de montagne, dont le lac de Pombie, celui de Peyreget et les lacs Gentau, Roumassot, ou Bersau — formant une partie des lacs d'Ayous — qui alimentent le gave de Bious[e]. Le cours des deux gaves est marqué par deux lacs de barrage avant leur confluence à Gabas, le lac de Bious-Artigues pour le gave de Bious, et le lac de Fabrèges pour le gave de Brousset.

L'hydromorphologie entourant le pic est principalement due à l'intense érosion ayant suivi la surrection principale, ainsi qu'aux glaciations quaternaires[B 10]. Le grand glacier pléistocène de la vallée d'Ossau — dont la moraine frontale est visible à Arudy — occupait toute la vallée actuelle, il enserrait alors complètement le pic. Après cette période glaciaire, le pic d'Ossau a été marqué par une très violente érosion[B 11], qui explique la présence des grands pierriers qui le ceinture. Cette érosion a eu pour conséquence le dépôt d'alluvions plus fines qui ont tendance à combler les fonds des vallées et des lacs glaciaires, expliquant la présence de plateaux presque horizontaux (Bious-Dessus ou Brousset) et les méandres que font ici les gaves[B 12]. Robert Ollivier — dans son guide — estime probable que la Grande Raillère occupe la place d'un ancien glacier[B 13], celui-ci accueillant encore aujourd'hui des névés persistants.

Géologie[modifier | modifier le code]

La chaîne actuelle des Pyrénées — formée il y a environ 40 millions d'années — succède à un modeste chaînon primitif apparu dans le courant du Carbonifère, il y a environ 290 millions d'années. Vers la fin de l'ère primaire, se déroule la tectogénèse hercynienne, accompagnée par de multiples fracturations[7]. Une de ces fractures provoque la remontée du magma profond vers le manteau supérieur, formant ainsi une chambre magmatique qui s'épanche en surface et constitue le volcan d'Ossau. Formé d'andésite, le volcan voit les émissions prolongées de laves volcaniques progressivement vider sa chambre magmatique. Au cours d'une éruption — sûrement très violente[7] — le toit du volcan s'effondre dans la chambre magmatique, constituant la caldeira. L'activité volcanique reprend alors par des fissures marginales au niveau de cette caldeira, qui forment le mur annulaire constitué de dacite et de rhyolite. Le corps du pic du Midi d'Ossau se forme alors au niveau de cet anneau. L'activité volcanique de l'Ossau cesse au Permo-Trias, il y a environ 250 millions d'années. Au Paléogène — durant le cycle alpin — la microplaque ibérique est poussée par la plaque africaine et entre en collision avec l'Aquitaine[8]. La formation des Pyrénées il y a environ 40 millions d'années provoque la déformation de la structure annulaire de la caldeira du volcan stéphanien d'Ossau. Elle entraîne également le soulèvement de l'ensemble, ainsi que son mouvement de chevauchement vers le sud[8].

L'histoire géologique — et volcanique — du site se retrouve encore aujourd'hui sous différents aspects. La structure annulaire de la caldeira peut être retrouvée par une analyse en trois dimensions de la zone[8]. La formation des Pyrénées il y a 40 millions d'années entraîne la dislocation de l'anneau originel, mais plusieurs arcs intrusifs peuvent encore être identifiés, l'arc de Moundelhs, celui de Peyreget, et l'arc d'Ayous. Le pic du Midi d'Ossau fait partie de l'arc intrusif de Moundelhs, le pic forme une laccolite[8], c'est à dire un épaississement très important du filon annulaire. Lors de la formation des Pyrénées, cette laccolite est basculée puis soulevée à une hauteur bien supérieure au reste de l'ancienne caldeira. L'arc de Moundelhs chevauche celui de Peyreget au niveau du col de Peyreget, une zone centrale d'environ 200 ha se dessine entre ces deux arcs, au niveau du cirque de l'Embaradère et de Moundelhs. Cet espace représente le cœur de la caldeira, le cratère du volcan d'Ossau[7].

Climat[modifier | modifier le code]

Culminant à 2 884 m, avec un pied qui se situe à plus de 1 400 m[f], le pic du Midi d'Ossau est marqué par l'influence d'un climat de type montagnard. La station météorologique la plus proche se situe au bas de la station de sports d'hiver d'Artouste, au niveau de l'usine du barrage de Fabrèges. Cette station montre — sur la période 1981-2010 — une forte pluviométrie, avec des précipitations supérieures à 1 600 mm par an, et des températures douces de 8,7 °C en moyenne. Ces deux éléments — pluviométrie importante et températures douces — montrent l'influence du climat tempéré océanique, caractéristique des plaines et vallées béarnaises. Dans son ouvrage de 1955, Jean-Marie Turmel utilise les données d'une station météorologique située au lac d'Artouste (1 997 m) pour la période 1940-1953[B 12]. Il expose une baisse logique des températures avec l'altitude[g], ainsi qu'une pluviométrie tendant à diminuer à partir d'une altitude de 1 000 m. La moyenne annuelle se situe à 1 225 mm au lac d'Artouste, contre 1 464 mm pour l'usine du barrage de Fabrèges, et 1 697 mm pour Laruns[B 14]. Deux causes à la faible pluviosité de la haute vallée d'Ossau sont avancées[B 15] : la grande proximité de cette zone avec le versant sud des Pyrénées[h] et sa position abritée contre les vents du sud-ouest[i].

Relevé météorologique de la station Laruns-Artouste (1 132 m) entre 1981 et 2010[9]
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1,6 −1,6 0,4 1,8 5,6 8,7 10,9 11,1 8,8 6 1,9 −0,4 4,3
Température moyenne (°C) 1,7 2 4,7 6,4 10,6 14,1 16,5 16,4 13,6 9,8 5 2,6 8,7
Température maximale moyenne (°C) 4,9 5,6 9 11 15,6 19,4 22,1 21,8 18,3 13,6 8,1 5,6 13
Record de froid (°C)
date du record
−22,5
1954
−22
1956
−16
2005
−9
1973
−6
1945
−1
1946
3
1981
1
1986
0
2010
−5
1970
−10,5
1988
−14
1946
−22,5
1954
Record de chaleur (°C)
date du record
17,5
2002
20
1997
22
1990
28
1947
32
1945
38
1945
40
1959
38
1947
33
1946
27
2004
21
2000
19
2012
40
1959
Précipitations (mm) 159,6 123,8 127,2 165,4 141,1 95,1 85,2 83,1 116,7 156,9 197,5 183,8 1 635,4
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
75,9
1981
95,2
2015
72,1
2006
76
2001
89,4
1979
86
2000
61
1942
68
1972
125,5
1993
175
2012
130
2011
85,4
1981
175
2012
Nombre de jours avec précipitations 13 12 13 15 15 10 8 9 10 13 13 14 145
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 5 mm 9 7 7 10 9 6 4 5 6 9 8 9 89
Source : Météo France
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
4,9
−1,6
159,6
 
 
 
5,6
−1,6
123,8
 
 
 
9
0,4
127,2
 
 
 
11
1,8
165,4
 
 
 
15,6
5,6
141,1
 
 
 
19,4
8,7
95,1
 
 
 
22,1
10,9
85,2
 
 
 
21,8
11,1
83,1
 
 
 
18,3
8,8
116,7
 
 
 
13,6
6
156,9
 
 
 
8,1
1,9
197,5
 
 
 
5,6
−0,4
183,8
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Faune et flore[modifier | modifier le code]

L'Inventaire national du patrimoine naturel met régulièrement à jour une liste des espèces animales et végétales présentes sur le massif du pic du Midi d'Ossau, en vertu de l'inscription de ce site comme ZNIEFF. Le massif du pic du Midi d'Ossau se limite au sud par la frontière franco-espagnole, à l'ouest par le gave de Bious, à l'est par le gave de Brousset et au nord par la confluence entre ces deux gaves (au niveau de Gabas). Le pic du Midi d'Ossau ne représente donc qu'une partie de cette zone, mais cet inventaire donne une indication sur la faune et la flore présente sur place. L'inventaire de l'INPN dresse notamment une liste d'espèces déterminantes, particulièrement représentatives du massif. Un total de 25 espèces d'oiseaux sont mises en avant, dont l'aigle royal, le grand-duc d'Europe, le gypaète barbu, le vautour fauve ou encore le grand tétras[10]. Toujours en matière de faune, le calotriton des Pyrénées et le lézard des Pyrénées sont deux espèces endémiques pyrénéennes présentes, tout comme l'æschne des joncs et le lézard vivipare qui ont une présence européenne.

Aussi, 35 espèces de plantes phanérogames font parties de la liste de ces espèces déterminantes, dont l'anémone fausse renoncule, la nigritelle noire ou le lis des Pyrénées[10], tandis que 6 espèces de plantes ptéridophytes sont dénombrées. Dans la catégorie des autres espèces présentes sur le massif, plusieurs espèces animales emblématiques des Pyrénées sont identifiées, dont le desman des Pyrénées, l'isard, la marmotte et l'ours brun[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

La conquête du sommet[modifier | modifier le code]

Le première tentative connue pour l'ascension du Pic d'Ossau se déroule dans la deuxième moitié du XVIe siècle, par François de Foix-Candale. Les détails de cette tentative sont relatés par Jacques-Auguste de Thou dans son Histoire universelle[11]. Proche parent d'Henri d'Albret — roi de Navarre — le seigneur de Candale prend les « eaux de Béarn » à la suite du roi et décide de « monter au sommet de la plus haute montagne (...) qu'on nomme les Jumelles ». Dans son récit Cent ans aux Pyrénées, Henri Beraldi situe la scène en 1581[12], mais Louis Le Bondidier dans Les premières ascensions du pic du Midi d'Ossau estime que la scène ne peut se dérouler qu'en mai 1552[j][13]. Le seigneur de Foix-Candale est suivi par plusieurs « gentilshommes », il s'est équipé d'une « robe fourrée » et de « crochets spéciaux et d'échelles »[11]. Le récit fait par Jacque-Auguste de Thou précise que François de Foix-Candale n'atteint pas le sommet[k], il ne semble pas avoir dépassé la limite des pâturages[B 16]. Malgré cet échec, Louis Le Bondidier qualifie la tentative de François de Foix-Candale de « très belle performance » dans le contexte du XVIe siècle[13]. Plus tard à la fin du XVIe siècle, Pierre Victor Palma Cayet fait le récit de son ascension sur « Lou Piec de Mieydy » en 1591. Ce récit est qualifié d'« obscur » par Louis Le Bondidier[13] et « baroque » par Robert Ollivier[B 16], il ne paraît pas être inspiré d'une vision directe des lieux. Raymond Ritter estime que l'incohérence du récit tient à une erreur d'impression[l]. Au mieux, Pierre Victor Palma Cayet aurait donc atteint la plaine de Bious-Artigues, voire peut-être plus haut à un niveau équivalent de la tentative de François de Foix-Candale, mais son ascension complète du pic est improbable[13].

C'est sans doute un berger aspois qui réalise la première ascension du pic, vraisemblablement à la demande des géographes Reboul et Vidal, pour y construire une tourelle de triangulation : le , Junker note ainsi qu'il a pu réaliser une visée sur le « signal du Pic du Midy »[14].

La première véritable ascension connue, car relatée par écrit, est celle effectuée par un touriste, Guillaume Delfau, et son guide Mathieu, le 2 octobre 1797. Le guide, un berger aspois, raconta à M. Delfau l'ascension effectuée par un autre berger quelques années auparavant.

Vint ensuite le comte Armand d'Angosse, qui le , en compagnie de Jacques Clabères de Laruns, d'un berger et de trois jeunes gens âgés de 14 à 16 ans, bergers également, réalisa sa propre ascension – qu'il trouva très rude – deux années après avoir lu le récit de Guillaume Delfau.

Il fut suivi le 14 du même mois par Henri d'Augerot, de Nay : fils de Jean-Joseph d'Augerot, manufacturier et maître de forges, en conflit avec Armand Mathieu d'Angosse au sujet de la forge de Béon et de la mine de Baburet, il semble qu'il ne tenta l'ascension – qu'il jugea facile – que pour pouvoir dénigrer le rival de son père.

L'exploration de la montagne[modifier | modifier le code]

La face sud-ouest a été gravie pour la première fois par Jean et Pierre Ravier en 1955.

Activités[modifier | modifier le code]

Randonnée et alpinisme[modifier | modifier le code]

Voie Fouquier.

Voie normale[modifier | modifier le code]

Depuis Laruns, se garer au parking du caillou de Soques (route du Pourtalet), puis rejoindre le lac et le refuge de Pombie (2 h). D'ici, se diriger vers le nord et le col de Suzon. Du col, prendre à l'ouest en direction du pic où trois cheminées s'élèvent. La première relativement raide pas de III (cotation escalade). La seconde n'est pas plus dure, mais plus exposée. La dernière étant la moins pentue. Le sommet est atteint après quelques minutes. La vue est remarquable, par temps clair, sur les lacs d'Ayous et alentours.

Autres voies[modifier | modifier le code]

Le pic du Midi d'Ossau compte une quarantaine de voies d'escalade, cotées de AD à ED, compte tenu de la très bonne qualité du rocher : pilier de l'Embarradère - Ilusiones, pilier de l'Embarradère - voie Ravier, pilier S, voie Fouquier, etc.

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Surnoms[modifier | modifier le code]

Le surnom de Jean-Pierre (Joan-Per) donné au pic à deux dents peut être rapproché des prénoms donnés aux aînés et aux cadets dans les familles béarnaises, ce qui permettait de garder l'équilibre dans les familles entre les deux religions dominantes : l'Église de Rome (celle de saint Pierre), et celle de saint Jean (le Baptiste, qui abrite les « loges de Saint-Jean »). Ce surnom pourrait être lié à une ressemblance avec l'expression de « géant de pierre »[réf. nécessaire].

Légendes[modifier | modifier le code]

D'après d'anciennes légendes, le pic d'Ossau représentait dans la mythologie, la tête coupée de Jean de l'Ours[15]. Claude Dendaletche explique dans son livre Animaux sauvages des Pyrénées qu'en juillet 1344, Kamar Al Din envoyé par le sultan de Grenade, passe les Pyrénées, entre dans le pays d'Al Berniya (le Béarn) et y découvre la légende de Jean de l'Ours. Ce récit arabe précise que Jean de l'Ours aurait eu la tête tranchée et que celle-ci aurait été jetée, la gueule ouverte vers le ciel. La tête devenue pierre et montagne, barrerait depuis la route. Al Din nommait ce pic : Al Shaqûqa (la montagne fendue).

Une autre légende parle de deux frères bergers, Jean et Pierre, transformés en pierre par des sorcières et qui seraient les deux pointes du sommet[16].

Art[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme par Robert Ollivier dans son guide « Le pic d'Ossau : monographie, impressions et récits ».
  2. À l'image de Guillaume Delfau, dans son ouvrage « Voyage au Pic du Midi de Pau, le 3 octobre 1797 ».
  3. Le gave d'Ossau se forme à la confluence de deux cours d'eau venus de part et d'autre du pic.
  4. C'est une succession de barres rocheuses séparées par des banquettes d'herbe.
  5. Le lac Roumassot possède, par exemple, un déversoir souterrain qui permet à ses eaux de réapparaître 200 m après le lac, à l'ouest du plateau de Bious-Dessus.
  6. Le lac de Bious-Artigues se trouve à 1 416 m d'altitude.
  7. La température moyenne sur la période 1940-1953 est de 8,2 °C. à l'usine du lac de Fabrèges (1 132 m), contre 6,2 °C au lac d'Artouste (1 997 m).
  8. Le versant sud des Pyrénées est marqué par une pluviosité basse, sous l'influence du climat sec de la haute vallée de l'Èbre.
  9. Les ventes du sud-ouest apportent la majorité des précipitations sur le piémont ouest-pyrénéen.
  10. François de Foix-Candale avait 69 ans en 1581, donc peu compatible avec une telle tentative, tandis qu'Henri d'Albret décède en 1555. Donc la scène doit se dérouler avant 1555, et probablement en 1552 car Henri d'Albret passe cette année-là en Béarn. Pierre Victor Palma Cayet — un contemporain François de Foix-Candale — situe lui aussi la tentative en 1552.
  11. François de Foix-Candale estime que le sommet se situe à environ « onze cents toises » du point le plus haut atteint.
  12. Le texte de Pierre Victor Palma Cayet dit « Au bas on y meurt de chaud, en la montant, au milieu on y meurt de froid, au haut on y trouve une grand plaine fort délectable, un air fort tempéré, de belles fontaines (...) », alors que Raymond Ritter propose la version « Au bas on y meurt de chaud, en la montant, au milieu on y trouve une grand plaine fort délectable, un air fort tempéré, de belles fontaines; on y meurt de froid au haut »[13].

Références[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a et b JM. Turmel 1955, p. 14.
  2. JM. Turmel 1955, p. 13.
  3. R. Ollivier 1980, p. 28.
  4. a et b R. Ollivier 1980, p. 30.
  5. a et b R. Ollivier 1980, p. 31.
  6. a et b R. Ollivier 1980, p. 32.
  7. R. Ollivier 1980, p. 33.
  8. R. Ollivier 1980, p. 34.
  9. R. Ollivier 1980, p. 35.
  10. a et b JM. Turmel 1955, p. 20.
  11. JM. Turmel 1955, p. 23.
  12. a et b JM. Turmel 1955, p. 24.
  13. R. Ollivier 1980, p. 29.
  14. JM. Turmel 1955, p. 25.
  15. JM. Turmel 1955, p. 27.
  16. a et b R. Ollivier 1980, p. 37.

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées relevées sur carte IGN (échelle au 1:20000) et Géoportail
  2. « Arrêt sur image : les Pyrénées visibles depuis la Dune du Pilat ? », sur SudOuest.fr (consulté le 18 juillet 2019)
  3. a et b Jean-Paul Valois, L'Ossau au fil de l'histoire.
  4. Bernard Elissèche, Les Basques d'après leur langue, l'Eskuara.
  5. Simin Palay, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes (Bassin Aquitain) : embrassant les dialectes du Béarn, de la Bigorre, du Gers, des Landes et de la Gascogne maritime et garonnaise, Éd. du Centre national de la recherche scientifique, (ISBN 2-222-01608-8, notice BnF no FRBNF37386897).
  6. Laurence Fleury, « Le pic du Midi d’Ossau modélisé en 3D », sur La République des Pyrénées, (consulté le 5 septembre 2019).
  7. a b et c André Imbert, Volcanisme en Ossau, Centres Régionaux de Documentation Pédagogique de Bordeaux et Toulouse, , 23 p., p. 18.
  8. a b c et d Dominique Rossier, « Naissance, vie et mort d’un volcan : le paléovolcan du pic du Midi d’Ossau » [PDF] (consulté le 8 septembre 2019).
  9. Météo France, « Fiche climatique Laruns-Artouste » [PDF] (consulté le 8 septembre 2019).
  10. a b et c Inventaire national du patrimoine naturel, « Fiche ZNIEFF Massif du pic du Midi d'Ossau » [PDF] (consulté le 9 septembre 2019).
  11. a et b Jacques-Auguste de Thou, Histoire universelle de Jacque-Auguste de Thou depuis 1543 jusqu'en 1607 : traduite sur l'édition latine de Londres, Londres, , 881 p., p. 62.
  12. Henri Beraldi, Cent ans aux Pyrénées, Paris, Impr. de L. Danel, 1898-1904, 234 p., p. 73.
  13. a b c d et e Louis Le Bondidier, Bulletin pyrénéen numéro 219 : Les premières ascensions du pic du Midi d'Ossau, Pau, .
  14. Robert Ollivier, Le Pic d'Ossau, monographie, impressions et récits, 1948, Pau, p. 37-38. D'autres auteurs, notamment Léon Maury et Jacques Blanchet, estiment que c'est Junker qui fit construire la tourelle.
  15. Xan de l'Ours, la légende de l'homme sauvage de Marc Large, préface de Renaud, Cairn Editions, 2008. p. 121
  16. Légendes pyrénéennes: le pic du Midi d'Ossau

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Robert Ollivier, Le Pic d'Ossau, monographie, impressions et récits, Éditions Slatkine, , 188 p. (ISBN 2-05-100079-4).
  • Jean-Marie Turmel, Le Pic du Midi d'Ossau : Écologie et Végétation, Éditions du Muséum, , 207 p..
  • Louis le Bondidier, « Les premières ascensions au Pic du Midi d'Ossau », Bulletin pyrénéen, no 219, 220, 223, 227, 228, 229, 230, 231 et 232, 1936 à 1939.
  • Guillaume Delfau, Voyage au Pic du Midi de Pau, le 3 octobre 1797 par M. Delfau, 27 pages. - Autre publication : Éd. Cairn à Pau, 1997, avec une présentation de Claude Dendaletche.
  • Armand d'Angosse, Voyage au Pic du Midi de Pau, exécuté le 14 Thermidor de l'An 10. À Paris, de l'imprimerie d'Antoine Bailleul, rue Helvétius, no 71, 16 pages.
    Autre publication par Louis le Bondidier, « Les premières ascensions au Pic du Midi d'Ossau », Bulletin pyrénéen, no 223, 1937.
  • Comte Roger de Bouillé, Pic de Bigorre et Pic d'Ossau, in Bulletin pyrénéen no 17, mars 1900.
  • Marc Large, Xan de l'Ours, la légende de l'homme sauvage, Ed. Cairn à Pau, 2008, préface de Renaud : voir Xan de l'Ours

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]