André Courrèges

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André Courrèges
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Biographie
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André Courrèges, né le à Pau (Basses-Pyrénées), et mort le à Neuilly-sur-Seine[1],[2], est un couturier français, fondateur de la maison Courrèges. Promoteur de la minijupe et du pantalon pour les femmes, dès le début des années 1960 il crée une mode fonctionnelle, architecturée, symbole de son époque, et qui inspirera à la suite de nombreux stylistes par ses formes géométriques et l'omniprésence du blanc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Robe Courrèges jaune en laine (1967).
Go-go boots d'André Courrèges (1965).
Habitacle de la « version Courrèges » de la Bagheera.
Scooter Honda Tact dessiné par Courrèges (1983).

À quinze ans, André Courrèges veut faire une école d'art. « Tu seras ingénieur[3] » lui dit son père, majordome, qui l’envoie effectuer des études de génie civil. André Courrèges effectue ses études à Pau et découvre dessin et architecture. Il s'installe à Paris juste après la Seconde Guerre mondiale[4] et suit des cours à l'École de la chambre syndicale de la couture parisienne.

À partir de 1950, il travaille brièvement chez Jeanne Lafaurie, puis pendant dix ans chez Balenciaga, y apprenant le métier et ses techniques[4]. Les cinq premières années, André Courrèges apprend une chose nouvelle chaque jour dit-il, les cinq années suivantes, il s'ennuie[3]. Il y travaille avec sa future femme, de douze ans sa cadette, Coqueline Barrière[5]. Ils quittent tous deux la maison de haute couture, et André Courrèges est remplacé chez Balenciaga par Emmanuel Ungaro[4]. Coqueline Courrèges précisera plus tard : « André et moi avions besoin de nous éloigner de l'influence de notre mentor, Balenciaga. L'objectif était de garder sa philosophie et son raisonnement mais de l'adapter dans quelque chose qui pouvait être accessible à la nouvelle et jeune génération[6]. » À son départ de Balenciaga, il se donne cinq ans pour réussir, il y arrivera en deux[3].

Article détaillé : Courrèges (entreprise).

Il fonde son entreprise en 1961, et rencontre très rapidement le succès. Les vêtements sont construits, bâtis et témoignent de sa passion pour l'architecture. Il veut habiller la jeunesse et libérer la femme : pour cela, il supprime toutes les entraves qui composaient précédemment les toilettes féminines, guêpière, soutien-gorge[N 1], talons hauts… à la place il crée des combi-shorts, des tailleurs à larges poches, des pantalons et des pantacourts, des bottes plates, etc.

André Courrèges et son ancienne assistante Coqueline se marient et s'installent rue François Ier[8] en mars 1967 ; il créé la même année son département de prêt-à-porter sous le nom de « Couture Fourrure ». Les magazines féminins disent alors d'André Courrèges qu'il a « retiré dix ans aux femmes[9] ». Mais milieu des années 1990, André Courrèges, malade[10], prend sa retraite ; sa femme reprend la direction artistique de l'entreprise. En 2002, après le dernier défilé haute couture, André Courrèges décide de se consacrer à d'autres projets, comme la peinture, la sculpture ou les véhicules non polluants[4] avec sa filiale Courrèges Énergie. Son épouse vend la maison à Jacques Bungert et Frédéric Tortloting en 2011[11].

Le travail d'André Courrèges est celui d'un visionnaire : il installe un univers radical, personnel et polymorphe et adapte ses vêtements à l'évolution des mœurs, en regardant vers l'avenir, tout en restant en phase avec son époque. Architecte[12] du vêtement autant que couturier[13], il sera surnommé « Le Corbusier de la haute couture[8] », refusant l'esthétisme pur du stylisme au profit de créations faciles à porter[4]. Durant toute sa carrière, il dira s'adresser avant tout aux femmes modernes, actives, désirant plus acheter « un mode de vie » que des vêtements. Il influencera plusieurs stylistes par la suite, et on retrouvera l'esprit épuré de Courrèges dans les collections de Thierry Mugler, Jil Sander, Chalayan, Stephen Sprouse (en), ou Nicolas Ghesquière[4],[14],[15],[16]. La « petite robe blanche » de Courrèges deviendra emblématique, telle la petite robe noire de Coco Chanel. En parlant des premières réalisations de Courrèges, Yves Saint Laurent dira que « sa collection est apparue comme une bombe, après, plus rien n'était comme avant[8]. »

Atteint de la maladie de Parkinson depuis la fin des années 1980, il meurt le [17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Gazette de Lausanne soulignera en 1967 :
    « Les mannequins sont de belles filles bien plantées. Elles ont cependant le signe particulier du dogme Courrèges. Pas de poitrine, le couturier condamnant le soutien-gorge[7]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/01/08/97001-20160108FILWWW00237-mort-du-couturier-andre-courreges.php
  2. « Le couturier André Courrèges est mort à 92 ans », sur RTL.fr (consulté le 8 janvier 2016)
  3. a, b et c (en) Nadine Liber, « The Lord of the Space Ladies », Life, vol. 58, no 20,‎ , p. 47 à 57
  4. a, b, c, d, e et f Noël Palomo-Lovinski (trad. Lise-Éliane Pomier), Les plus grands créateurs de mode : de Coco Chanel à Jean Paul Gaultier, Paris, Eyrolles, , 192 p. (ISBN 978-2-212-55178-5), « André Courrèges », p. 128 à 129
    « André Courrèges a conduit la haute couture vers l'âge de l'espace […] Alternativement admiré ou controversé dans les années 1960, Courrèges continue d'inspirer de nombreux stylistes contemporains. »
  5. Catherine Örmen, Un siècle de mode, Larousse, 2012, p. 75.
  6. (en) Lisa Eisner, Roman Alonso, « The White House », Magazine, sur nytimes.com, The New York Times Magazine,‎ (consulté le 10 février 2013)
  7. C.S., « Des nouveautés dont on parle », La Gazette de Lausanne,‎ , p. 13
  8. a, b et c Marine De La Horie, « Courrèges, retour vers le futur », sur lepoint.fr, Le Point,‎ (consulté le 9 février 2013)
  9. Florence Müller et Eric Reinhardt (Conception éditoriale), Élégances aériennes : une histoire des uniformes d'Air France, Paris, Air France, , 136 p., chap. 6 (« les uniformes « futuristes » de Cardin, Courrèges, Esterel et Carven »)
  10. Nicole Vulser, « La renaissance de Courrèges passe par Internet et par la parfumerie », Économie, sur lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 9 février 2013)
  11. Jérôme Hanover, « André Courrèges, couturier de l'ère moderne », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 9 / dimanche 10 janvier 2016, page 38.
  12. « Signé Courrèges », L'Officiel de la mode, Éditions Jalou, no 517-518,‎ , p. 42 (ISSN 0030-0403) « Courrèges ce jeune et déjà très grand couturier fait beaucoup parler de lui car son style si singulier attire et intrigue tout à la fois. Sa conception de la femme est particulière ; il la voit tel un architecte et la traite en masse et en volume. »
  13. Michèle leloup, « Il faut rendre à Courrèges… », sur lexpress.fr, L'Express,‎ (consulté le 9 février 2013)
  14. (en) Constance C. R. White, « Courreges, Once Again », Style, sur nytimes.com, The New York Times,‎ (consulté le 10 février 2013) : « This season, looks inspired by Andre Courreges, […] were all over Milan's runways […] This is not the first revival of the Courreges style. The late 1980's also saw a resurgence of interest, as designers plundered the 1960's for inspiration. »
  15. Hélène Guillaume, « Un printemps sous le signe des sixties », Style, sur lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ (consulté le 9 février 2013) : « Revival Courrèges, silhouette trapèze et longueur mini, les créateurs puisent dans l’esthétique des années yé-yé. […] chez Balenciaga ou Hussein Chalayan, dont les collections évoquent le mouvement futuriste d’André Courrèges, Pierre Cardin et Paco Rabanne. Comme Mugler et ­Montana dans les années 1980, cette référence est en fait une projection dans le futur […] fuselée et androgyne chez Nicolas Ghesquière pour Balenciaga ; expérimentale chez Hussein ­Chalayan »
  16. Héloïse Gray, « Retour vers le futur », Styles, sur lexpress.fr, L'Express,‎ (consulté le 9 février 2013)
  17. Laurène Saby, « Mort d'André Courrèges: ce qu'il faut retenir du créateur de mode », Styles, sur lexpress.fr,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Erik Orsenna, Courrèges : édition limitée à 3000 exemplaires numérotés, Xavier Barral, , 224 p. (ISBN 9782915173277)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]