Bataille de Pavie (1525)

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Bataille de Pavie
Description de cette image, également commentée ci-après

La bataille de Pavie par Ruprecht Heller.

Informations générales
Date
Lieu Pavie, Lombardie
Issue Victoire impériale et espagnole
Belligérants
Blason France moderne.svg Royaume de France Armoiries modernes Saint-Empire bicéphale.svg Saint-Empire
Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Commandants
François Ier Charles de Lannoy
Antonio de Leiva
Forces en présence
20 000 fantassins
10 000 cavaliers
53 canons
19 000 fantassins
4 000 cavaliers
17 canons
Pertes
12 000 morts, blessés ou prisonniers 500 morts ou blessés

Sixième guerre d'Italie

Coordonnées 45° 11′ nord, 9° 09′ est

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Pavie (1525).

La bataille de Pavie () est un événement décisif de la sixième guerre d'Italie (1521-1526). Elle marque la défaite des rois de France dans leur tentative de domination du nord de l'Italie.

Situation[modifier | modifier le code]

La péninsule avant le début des guerres d'Italie.

À la suite de l'échec des troupes impériales de Charles Quint en Provence en 1523, le roi de France, François Ier, veut pousser l'avantage pour reprendre Milan perdu en 1521, et ce contre l'avis de ses vieux conseillers, dont La Trémoille et le maréchal de La Palice.

Fin octobre 1524, Milan tombe aux mains des Français qui décident alors de poursuivre sur Pavie, l'ancienne capitale de Lombardie, dont le siège commence le . Fin janvier 1525, des renforts impériaux commandés par un noble de Bruxelles, Charles de Lannoy, premier conseiller de Charles Quint, se présentent devant Pavie et chaque camp se retranche pendant près de trois semaines.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

À l'image du chef de l'armée impériale, le français Charles III de Bourbon, ancien connétable de France passé au service de Charles Quint, les armées n'ont pas d'unités nationales, on parle français, espagnol, allemand et italien dans les deux camps. Il n'y a pas d'uniformes et l'historien Jean-Marie Le Gall parle d'« armées composites » et de « mosaïques ethniques »[1]. François Ier peut compter sur sa cavalerie lourde, des chevaliers français accompagnés chacun de plusieurs archers montés. Son infanterie est majoritairement composée de mercenaires : principalement des piquiers suisses, mais aussi des lansquenets allemands et flamands des « bandes noires ».

L'armée impériale s'appuie essentiellement sur son infanterie composée d'Espagnols et de lansquenets allemands.

Les opposants ont recruté parmi les Italiens : des chevau-légers et des fantassins de toutes sortes, les arquebusiers étant réputés.

Les effectifs des deux armées sont difficiles à chiffrer, surtout car les sources contemporaines divergent[2]. Au début de la campagne, le rapport de forces est favorable aux Français, c'est plus confus cinq mois plus tard.

Selon l'ambassadeur de Charles Quint à Gênes, Lope de Soria, les troupes royales ont été affaiblies par l'occupation de l'Italie : les escarmouches ont décimé ses rangs et bon nombre de soldats ont été dispersés pour tenir les villes et les points stratégiques. L'hiver a encouragé les désertions. Comme leur engagement de trois mois est arrivé à son terme, plusieurs milliers de Suisses et de Grisons sont rentrés chez eux le 20 février[3].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 23 au 24 février, les Impériaux ouvrent une brèche dans l'enceinte française et surprennent les assiégeants. Ils sont dirigés par l'ancien connétable Charles de Bourbon qui s'était illustré aux côtés de François Ier lors de la bataille de Marignan en 1515, et que sa disgrâce, arrangée par Guillaume Gouffier de Bonnivet, a fait changer de camp. Devant le danger, le même Bonnivet s'indigne de l'idée d'une retraite, proposée par les généraux les plus expérimentés, et veut épargner au roi la honte d'une fuite. Il fait dans le conseil une harangue que Brantôme nous a conservée[4] et emporte la décision du roi. Voyant ensuite les déplorables effets du conseil qu'il a donné, et l'inutilité de ses efforts pour arracher son maître aux périls qui l'environnent, il court se précipiter au milieu des bataillons ennemis. Charles de Bourbon, voyant les restes sanglants de son ennemi, se serait écrié, en détournant les yeux : « Ah ! Malheureux ! Tu es cause de la perte de la France et de moi-même ! »[4].

Conséquences de la défaite française[modifier | modifier le code]

Charles Quint visitant François Ier, par Richard Parkes Bonington.

La déroute est totale. Les Français perdent environ 10 000 hommes[5]. Une grande partie des cadres de l'armée, dont Bonnivet, La Palice et le grand écuyer de France Galeazzo Sanseverino sont tués dans la bataille. Clément Marot y est blessé au bras.

François Ier est fait prisonnier par un chevalier italien, César Hercolani, de la ville de Forlì, qui sera surnommé le vainqueur de Pavie. François Ier est le troisième souverain français à être capturé sur un champ de bataille[6].

Le prisonnier royal est embarqué à Villefranche, près de Nice, pour l'Espagne, où il sera détenu par Charles Quint pendant un an en attendant le versement d'une rançon par la France et la signature d'un traité (traité de Madrid, ) l'engageant à céder ou restituer le duché de Bourgogne et le comté de Charolais, à abandonner la revendication de l'Artois et de la Flandre, enfin à renoncer à ses prétentions sur la péninsule italienne. Libéré, il laisse son épée à Charles Quint et ses deux fils en Espagne qui seront relâchés plus tard à la suite du versement de la rançon.

François Ier reste « obnubilé par le Milanais » pour lequel il entrera encore deux fois en guerre[7].


Le mot de la fin[modifier | modifier le code]

  • Tout est perdu, fors l'honneur

Le billet du roi transmis, au lendemain de la terrible défaite, à sa mère, la duchesse d'Angoulême, devenue régente du royaume, a été réduit pour la postérité à quelques mots bien frappés mais ne correspondant pas à la réalité. Pourtant ce billet a bel et bien été écrit. En voici le texte exact[8] :

« Madame, pour vous faire savoir comment se porte le reste de mon infortune, de toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brantôme, Vie des hommes illustres et grands capitaines français, J. Sambix le jeune, (réimpr. 1699 en 6 vol., 1722 en 4 vol.).
  • Jean Giono, Le désastre de Pavie, Paris, 1963.
  • Franck Ferrand, François Ier, roi de chimères, Flammarion, .
  • René Guerdan, La bataille de Pavie, Paris, 1976.
  • Jean Jacquart, François Ier, Fayard, 1981.
  • Jean-Paul Mayer, Pavie, éd. Cénomane, Le Mans, 1998.
  • Jean-Marie Le Gall, L'Honneur perdu de François Ier. Pavie, 1515, Payot, coll. « Bibliothèque historique Payot », 2015, 296 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Gall 2015, p. 98.
  2. Le Gall 2015, p. 103-106.
  3. Le Gall 2015, p. 104.
  4. a et b D'après Pierre de Brantôme, Vie des hommes illustres et grands capitaines français, « livre III ».
  5. Certaines sources donnent même des nombres très supérieurs.
  6. Le premier est Saint Louis à la bataille de Mansourah ; et le deuxième, Jean le Bon à la bataille de Poitiers (1356). Le quatrième sera Napoléon III à la bataille de Sedan.
  7. Ferrand 2014, p. 86.
  8. donné dans l'Encyclopédie des mots historiques, 2 volumes édités par Historama (Paris, 1970).

Sources[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]