Béarn

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Béarn
Bearn - Biarn (oc)
Localisation du Béarn en Europe
Localisation du Béarn en Europe
Blason de Béarn
Blason
Drapeau
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Vicomté (IXe siècle-1347)
État souverain (1347-1620)
Province française (1620-1790)
Pôle métropolitain en projet
Capitale Beneharnum (jusqu'en 840)
Morlaàs (840-1242)
Orthez (1242-1464)
Pau (1464-)
Démographie
Gentilé Béarnais(e)
Population 365 393 hab. (2013)
Densité 78 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 18′ 00″ nord, 0° 22′ 00″ ouest
Superficie 4 672 km2
Divers
Devise (de facto) « Gratia Dei sum id quod sum »
(Grâce à Dieu je suis ce que je suis)
Hymne (de facto) Si canti
Beth Ceu De Pau
Langues français, béarnais
Monnaies Euro (EUR), Tinda

Le Béarn (en béarnais : Bearn [beˈar] ou Biarn ['bjar]), situé au nord-ouest des Pyrénées, est un ancien État souverain puis une ancienne province française à la suite de son rattachement au royaume de France en 1620. Depuis 1790, le Béarn fait partie du département des Pyrénées-Atlantiques et depuis 2016 de la région Nouvelle-Aquitaine. La ville de Pau est sa capitale depuis 1464, le béarnais a été remplacé par le français comme langue institutionnelle à la Révolution. La devise du Béarn, en latin, est « Gratia Dei sum id quod sum » (« Grâce à Dieu je suis ce que je suis »). Son drapeau est constitué de deux vaches béarnaises rouges, aux cornes bleues et sur fond d'or. L'hymne de facto est Si canti.

L'histoire béarnaise est millénaire. Le peuple des Venarni occupe la région de Beneharnum (sa première capitale) à l’époque romaine. Son organisation politique débute au IXe siècle avec l'éclatement féodal du duché de Gascogne et la création de la vicomté de Béarn. Les régions d'Oloron en 1050, Montaner en 1085 et Orthez en 1194 permettent progressivement au Béarn primitif de s'agrandir pour former le Béarn historique. Dès le XIe siècle, le Béarn dispose d'une autonomie importante et construit une souveraineté totale avec la figure de Gaston Fébus. Celui-ci affirme, en 1347, la neutralité du Béarn dans la guerre de Cent Ans qui oppose les royaumes d’Angleterre et de France. Ce petit État parvient à garder sa souveraineté pendant plusieurs siècles aux côtés de ses puissants voisins français, espagnols et anglais. Le Béarn est alors organisé autour de ses ancestraux fors, de ses États de Béarn, de sa langue béarnaise ou encore de sa monnaie marquée des deux vaquetas.

En 1479, François Fébus permet au Béarn de récupérer la couronne de Navarre. La plupart de ce territoire est néanmoins occupée par le royaume d'Espagne dès 1512, le Béarn gardant alors uniquement le contrôle de la Basse-Navarre. À la suite d'un improbable hasard dynastique, le souverain béarnais Henri de Navarre accède au trône de France en 1589 sous le titre d'Henri IV. Il devient alors le premier roi de France et de Navarre. Attachés à leurs fors et coutumes, les Béarnais restent malgré tout indépendants du royaume de France après cet épisode. Il faut attendre le pour voir Louis XIII mener une expédition militaire en Béarn pour son annexion officielle. À partir de cette date, le Béarn perd sa souveraineté mais conserve une large autonomie en tant que province française avec la constitution d'un Parlement, le maintien de ses fors ainsi que du béarnais comme langue institutionnelle.

Avec la Révolution française, le Béarn perd ces deux derniers symboles d'autonomie. La création du département des Basses-Pyrénées en 1790 permet au Béarn historique de s'agrandir au nord par l'ajout d'une vingtaine de communes d'origine gasconne : cet ensemble forme depuis le Béarn moderne. Il constitue désormais la partie orientale du département (renommé Pyrénées-Atlantiques), qu'il partage avec ses voisins souletins, bas-navarrais et labourdins. Il est traversé en diagonale par les gaves de Pau et d'Oloron, dont les vallées parallèles constituent la partie la plus peuplée du pays.

Depuis toujours particulièrement marquée par l'activité agricole, l'économie béarnaise s'est également tournée vers l'industrie aéronautique et les géosciences avec la découverte majeure du gisement de gaz de Lacq en 1951. Sa capitale, Pau, représente un pôle central pour le secteur tertiaire et les services administratifs, judiciaires ou encore universitaires du Béarn mais aussi de l'ensemble du bassin de l'Adour. Les vallées béarnaises d'Ossau, d'Aspe et de Barétous sont elles marquées par l'impact du pyrénéisme, du tourisme vert ainsi que de la pratique du ski. En 2013, le Béarn comptait 365 393 habitants répartis sur 4 672 km2.

Sommaire

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Béarn dérive du nom du peuple protohistorique des Venarni (ou Benearni[1]), dont la capitale antique suivait l'ethnique Beneharnum (aujourd'hui Lescar). La véracité du nom de cette capitale est solide, mais encore discutée[2], il est possible que le nom de Beneharnum n'ait jamais été utilisé par les Béarnais. Une confusion se serait opérée entre le nom du peuple et le nom de sa capitale. Ainsi, lorsque la localité de Lescar est passée au rang de cité, et donc de capitale, à la fin du IVe siècle, il aurait fallu parler de Lascurris Venarnorum soit Lescar des Venarni. Lorsque la cité est reconstruite vers le IXe siècle ou Xe siècle après les invasions normandes, Lescar n'aurait fait que retrouver son nom initial[2].

L'origine du nom des Béarnais a plusieurs hypothèses. Tout d'abord, il pourrait avoir un rapport avec le mot basque behera qui signifie « terres d'en-bas »[3]. L'historien Pierre de Marca fait également écho à une histoire développée au XVe siècle, qu'il qualifie de fable[4], et qui expliquerait l'origine du nom Béarn par la ville suisse de Berne. Charles Martel aurait ainsi récompensé des Bernois, venus combattre les Sarrasins à ses côtés, en leur donnant une portion de territoire aux pieds des Pyrénées en 715[2]. Pierre de Marca souligne que la ville de Berne a été fondée en 1191, donc bien après Charles Martel[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des communes du Béarn.
Détail d'une carte indiquant en rouge le Béarn, en vignette en bas une carte de France.
Le Béarn au sein des Pyrénées-Atlantiques, entouré au sud par l'Espagne, à l'ouest par la Soule et la Basse-Navarre, au nord par les Landes, au nord-est par le Gers et à l'est par les Hautes-Pyrénées.

Le Béarn est situé en Europe de l'Ouest, sur le versant nord de la chaîne montagneuse des Pyrénées. Le Béarn est limité à l'ouest par la Soule et la Basse-Navarre, au nord par la Chalosse et le Tursan, au nord-est par l'Armagnac, à l'est par la Bigorre et au sud par l'Aragon (Espagne). Au Béarn primitif (vallée du gave de Pau, Soubestre et Vic-Bilh) se sont rajoutés successivement la vicomté d'Oloron vers 1050, puis la vicomté de Montaner vers 1085 et le pays d'Orthez en 1194, enlevé à la vicomté de Dax. Ces quatre territoires forment le Béarn historique qui garde ses frontières, parfois complexes[5], jusqu'à la Révolution. Les frontières béarnaises évoluent en 1790 avec la création du département des Pyrénées-Atlantiques (dénommé Basses-Pyrénées jusqu'en 1969[6]). Une vingtaine de communes gasconnes sont ainsi intégrées au département nouvellement créé en plus des trois provinces de langue basque (Labourd, Basse-Navarre et Soule) et du Béarn. L'ensemble de ces communes sont aujourd'hui liées à des cantons et à des intercommunalités béarnaises, elles sont donc intégrées au Béarn moderne.

Détail d'une carte indiquant les principales villes, principaux axes de circulation ou encore le relief du Béarn.
Carte topographique du Béarn.

Le Béarn compte en son sein deux enclaves bigourdanes, fruits de l'histoire particulière entre les deux territoires. Ces enclaves sont composées des cinq communes de Gardères et Luquet pour l'une et d'Escaunets, Séron et Villenave-près-Béarn pour l'autre. Cette particularité date de 1085[7] lorsque Gaston IV de Béarn épouse Talèse d'Aragon, vicomtesse de Montaner. En dot, celle-ci donne au souverain de Béarn le pays de Montaner à l'exception de ces cinq paroisses. Ce choix politique féodal a traversé les siècles puisque ces cinq communes font aujourd'hui partie du département des Hautes-Pyrénées.

L'intégration de plusieurs communes au sein du Béarn moderne peut faire l'objet d'un débat pour des raisons historiques et géographiques. Les communes d'Esquiule et de Gestas sont ainsi situées sur le territoire béarnais mais sont parfois intégrées à la Soule voisine. Esquiule est une commune de culture basque[8], tandis que Gestas est une commune de culture gasconne[9]. Autre élément du débat, ces deux communes font toutes les deux parties d'une intercommunalité et d'un canton béarnais. Au-delà d'un ensemble uniquement culturel (ou linguistique), le Béarn peut désigner un territoire géographique et politique, intégrant alors ces deux communes au territoire du Béarn moderne. À l'inverse, la commune de Lichos est parfois considérée de culture béarnaise[10] mais celle-ci faisant partie d'une intercommunalité et d'un canton basque, elle n'est généralement pas incluse dans les frontières du Béarn moderne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Béarn associe deux zones au relief contrasté : la chaîne montagneuse des Pyrénées et son piémont. La zone montagneuse est marquée par de profondes vallées orientées nord-sud et parcourues par les gaves. Le Béarn compte ainsi trois vallées supérieures qui composent le Haut-Béarn. La vallée d'Ossau débouche au sud par le col du Pourtalet (1 794 m), la vallée d'Aspe par le col du Somport (1 650 m), et la vallée de Barétous s'ouvre sur la vallée navarraise de Roncal par le col de la Pierre Saint-Martin (1 760 m). On doit ajouter une partie de la vallée de l'Ouzom à ce Haut-Béarn, celle-ci débouche sur la Bigorre via Ferrières, Arbéost et le col du Soulor (1 474 m). Cet ensemble montagneux est notamment dominé par la figure symbolique du pic du Midi d'Ossau avec ses 2 884 m, qui se détache fortement au milieu de la chaîne. Le pic Palas est le sommet des Pyrénées béarnaises avec 2 974 m.

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Le piémont béarnais est caractérisé par l'alternance d'amples vallées, de coteaux disséqués et de landes très plates[TC 1]. Ainsi, en entrant en Béarn par le nord (Vic-Bilh à l'est et Soubestre à l'ouest), on trouve une rangée de collines tournées vers la Gascogne avec plusieurs affluents directs ou indirects de l'Adour (l'Ayguelongue, le Luy de Béarn, le Luy de France, le Gabas, etc.). La vallée du gave de Pau arrive ensuite avec les agglomérations d'Orthez, d'Artix, de Pau ou encore de Nay. Il s'agit de la zone la plus peuplée du Béarn. Cette vallée est encadrée par de puissantes collines sur environ 75 km de Montaut à l'est, jusqu'à Orthez à l'ouest. À l'approche de Pau par l'est, la vallée du gave se resserre progressivement entre le Pont-Long et les coteaux de Jurançon[Note 1]. Entre le gave de Pau et le gave d'Oloron plus au sud, les collines qui forment l'entre deux gaves n'excèdent pas 400 mètres d'altitude[11]. Cette zone est donc notamment composée des coteaux du Jurançon et de son vignoble. L'orientation nord-sud est ici imposée par les vallées étroites et profondes des différents affluents du gave de Pau (le Souste, le Neez, les Hiès, la Juscle, etc.). Enfin, avant d'arriver aux vallées du Haut-Béarn, la vallée du gave d'Oloron se présente avec plusieurs agglomérations dont celles d'Oloron-Sainte-Marie, de Navarrenx et de Sauveterre-de-Béarn.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Photo montrant un cours d'eau au printemps.

Le Béarn est traversé par deux principaux cours d'eau, les gaves de Pau[12] et d'Oloron[13] — gave est le nom donné à un torrent dans les Pyrénées — qui se rejoignent avant Peyrehorade dans les Landes pour former les Gaves réunis et devenir le principal affluent de l'Adour 10 km plus loin. Le gave de Pau prend sa source au cirque de Gavarnie dans les Hautes-Pyrénées, il prend son nom à partir de Luz-Saint-Sauveur, recueillant alors les eaux du gave de Gavarnie et du Bastan. Le cours d'eau est alimenté par de nombreux affluents comme le Soust, l'Ousse ou encore le Néez. Le gave d'Oloron naît lui à partir d'Oloron-Sainte-Marie, lieu de confluence du gave d'Aspe et du gave d'Ossau. Plus en aval, le principal affluent du gave nouvellement formé est le Saison (ou gave de Mauléon). Les gaves sont des torrents montagneux, les crues peuvent donc y être très importantes, notamment en période de fonte des neiges. Outre ces deux cours d'eau principaux, d'autres cours d'eau béarnais se jettent eux directement dans l'Adour sans passer par les gaves. Il s'agit par exemple du Luy[14], formé par le Luy de Béarn[15] et le Luy de France, ou encore du Gabas situés au nord du territoire béarnais.

Climat[modifier | modifier le code]

Le Béarn connaît une variation d'altitude de près de 3 000 m entre le point le plus bas et le plus élevé. Il n'y a donc pas un seul climat. La température moyenne s'abaisse depuis les plaines jusqu'aux sommets les plus élevés, où il peut neiger au milieu de l'été. Les précipitations sont plus importantes à mesure que l'on s'approche du relief. Le Haut-Béarn est ainsi marqué par un climat pyrénéen à tendance subocéanique.

Dans la vallée du gave de Pau, le climat est de type océanique chaud. La moyenne annuelle des précipitations est élevée, de l'ordre de 1 050 mm, sur un nombre de jours moyens (125). La température y est exceptionnellement douce. Le climat du piémont béarnais a plusieurs caractéristiques : faible amplitude des températures (températures moyennes maximales comprises entre 11 °C et 26 °C à Pau), douceur, abondance des pluies et rareté des vents forts. De plus, il est fréquent que le vent de sud (effet de Foehn sur les Pyrénées) fasse monter les températures hivernales entre 15 °C et 25 °C[16]. La beauté du ciel surtout en automne, est renommée : c'est le bèth cèu de Pau illustré dans une célèbre chanson[17].

Relevé météorologique de Pau et sa région pour la période 1981-2010.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,1 2,5 4,8 6,9 10,7 13,8 15,6 15,5 12,6 9,6 5,3 2,8 8,6
Température moyenne (°C) 6,6 7,4 10 11,9 15,7 18,8 20,7 20,7 18,2 14,8 9,8 7,2 13,5
Température maximale moyenne (°C) 11 12,2 15,2 16,9 20,6 23,6 25,8 26 23,8 19,9 14,3 11,6 18,4
Record de froid (°C) −15 −17,5 −8,9 −6 −1,3 3,6 1,5 1,7 −1 −2,4 −9,6 −12,6 −17,5
Record de chaleur (°C) 24,5 27,8 31 30,8 34,1 38,1 39,2 41,2 36,3 34 27,1 27,2 41,2
Précipitations (mm) 94,4 83,3 85,4 112,1 98,7 77 56,7 67,5 78,9 99,7 116,9 98,2 1 068,9
Source : Le climat à Pau (en °C et mm, moyennes mensuelles 1981/2010 et records depuis 1956)[18].


Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies de communication routières[modifier | modifier le code]

Le Béarn est traversé par deux autoroutes. Depuis 1977, l'autoroute A64 - E80 (sous son appellation européenne) dite la Pyrénéenne, rejoint Pau à Toulouse à l'est en 2 heures[19] et Bayonne à l'ouest en un peu plus d'une heure (h 12[19]). Les échangeurs béarnais sont situés à Salies-de-Béarn, Orthez, Artix, Lescar, Pau et Soumoulou. L'autoroute A65 - E7 (sous son appellation européenne) dite A'Liénor - autoroute de Gascogne, relie Pau à Bordeaux en plus de deux heures (h 7[19]) via l'autoroute A62 entre Bordeaux et Langon, point de raccordement des deux autoroutes. Inaugurée le , il s'agit de la première autoroute réalisée après le Grenelle de l'environnement[20] et également de la voie la plus chère de France à cette date[21]. Les échangeurs béarnais sont situés à Lescar, Thèze et Garlin.

Le Béarn était traversé par plusieurs routes nationales déclassées par la suite : la route nationale 117 (Bayonne-Toulouse) devenue RD 817, la route nationale 637 (Pau-Montgaillard) devenue RD 937, la route nationale 643 (Pau-Auch) devenue RD 943 et la route nationale 645 (Pau-Sault-de-Navailles) devenue RD 945. La route nationale 134 existe toujours pour relier le sud de Pau au col du Somport en vallée d'Aspe. Outre cette liaison, l'accès à l'Espagne par les Pyrénées est réalisable par le col du Pourtalet en vallée d'Ossau et le col de la Pierre Saint-Martin en vallée de Barétous. Le Béarn était déjà le lieu de rencontre de deux axes majeurs depuis la période antique, le Cami Salié orienté est-ouest[22] et la route du Somport orientée nord-sud[23].

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Vue sur des rails  d'une ligne de chemin de fer, au fond des montagnes.
Le chantier de rénovation de la ligne Pau-Canfranc en 2015.

Le Béarn est traversé par trois lignes de chemin de fer. La ligne de Toulouse à Bayonne traverse d'est en ouest la région. Elle a été mise progressivement en service de 1861 à 1867. Cette ligne dessert actuellement les gares béarnaises de Coarraze-Nay, d'Assat, de Pau, d'Artix, d'Orthez et de Puyoô. La ligne de Puyoô à Dax complète le dispositif pour relier Bordeaux au nord. Des TGV, des Intercités et des TER circulent sur ces deux lignes.

La ligne Pau-Canfranc permet d'accéder au sud du Béarn, vers la vallée d'Aspe. Elle a été mise en service de 1883 à 1928[24]. L'inauguration de la gare de Canfranc en 1928 permet d'accéder à l'Espagne, mais dès 1936 le déclenchement de la guerre civile espagnole freine fortement l'essor de cette ligne[25]. En 1970, un accident se produit au pont de l'Estanguet dans la montée vers Etsaut. L'exploitation de la ligne est alors réduite à la section Pau-Bedous puis jusqu'à Oloron-Sainte-Marie depuis 1985[26]. La réouverture de la ligne internationale est en discussion depuis de nombreuses années maintenant[27]. Une première étape est franchie avec la réouverture de la section Oloron-Sainte-Marie à Bedous le [28], une poursuite vers Canfranc est toujours envisagée[29]. La ligne de Puyoô à Mauléon permettait elle de relier Salies-de-Béarn et Sauveterre-de-Béarn au réseau ferré, la ligne est mise en service en 1884 puis déclassée en 1991[30].

Transport aérien[modifier | modifier le code]

L'aéroport international de Pau-Pyrénées, situé sur la commune d'Uzein, est relié directement aux aéroports Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly (9 allers-retours par jour), à Lyon (3 allers-retours par jour), Marseille (9 liaisons par semaine), ainsi qu'à Bastia, Ajaccio, Naples et Bari pendant l'été. En 2015, il a enregistré 634 035 passagers, soit une hausse de 2 % par rapport à 2014, ce qui le place à la troisième place en Aquitaine après les aéroports de Bordeaux et Biarritz[31].

Le Béarn dispose d'une ancienne tradition dans l'aviation. Il s'agit du berceau de cette pratique en Aquitaine, puisque dès le un premier vol a lieu en terre béarnaise. Il est l'œuvre des frères américains Wright qui, après une tentative infructueuse au Mans, portent leur dévolu sur le Béarn[32]. Effectivement, les conditions météorologiques (notamment concernant l'absence de vent) sont particulièrement favorables pour la pratique de l'aviation. Un terrain est donc accordé pour réaliser des tests près de Pau, sur la lande du Pont-Long. Après des vols concluant en Béarn, les frères Wright y installent la première école d'aviation organisée du monde[32].

La forte industrie aéronautique présente actuellement en Béarn est le fruit de cette présence historique en Béarn des pionniers de l'aviation. Tandis que l'école des troupes aéroportées y est également présente depuis 1946, elle est chargée de former l'ensemble des parachutistes militaires des quatre corps de l'armée française[33].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Béarn.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Photo d'un dolmen au centre d'une pelouse.
Le dolmen de Buzy.

La plus ancienne présence d'un membre de la lignée humaine (genre Homo) est attestée dans la région dès −800 000 ans (Paléolithique inférieur) avec Homo antecessor à Atapuerca[34] (nord de l'Espagne), puis avec l'homme de Tautavel vers −450 000 ans[35],[36] (commune de Tautavel dans le département des Pyrénées-Orientales). À partir de −30 000 ans, l'apparition des premiers Hommes de Cro-Magnon permet d'observer des reliquats d'armes, d'outils et d'objets artistiques dans la région[37]. La Dame de Brassempouy, −21 000 ans, a ainsi été découverte à proximité immédiate du nord du Béarn.

Vers −4 000 ans, les hommes commencent à travailler les métaux, à domestiquer les animaux, à pratiquer l'élevage et l'agriculture. Ils ont également le culte des morts[38], comme le prouvent des dolmens et tumuli toujours existants en Béarn. Le menhir de Ger[39] ou encore le dolmen de Buzy[40] sont de bons exemples de cette période du Néolithique. Des villages fortifiés apparaissent, dont on retrouvera des restes à Asson, Bougarber, ou encore Lacq[41]. Des cromlechs de l'âge du bronze sont également visibles en Béarn, en particulier au plateau du Benou[42].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Au début du Ier millénaire av. J.-C. le territoire béarnais semble être occupé par le peuple des Ligures[38]. Ces derniers sont repoussés par les Ibères vers 500 av. J.-C. ; ils franchissent ainsi les Pyrénées pour s'y installer. Certains vocables toponymiques terminés en « os » pourraient être d'origine ibère (comme Gelos, Arros, Urdos)[38]. Le peuple des Venarni pourrait provenir de cette arrivée des Ibères au nord des Pyrénées, certains attribuent leur origine au peuple des Vaccéens, originaire du nord de l'Espagne et qui aurait migré vers la Navarre, le nord de l'Aragon, le Béarn et la Bigorre pour fuir la pression des Wisigoths. Cette origine expliquerait le choix des deux vaches comme emblème du Béarn[43], les Vaccéens vouant un culte à cet animal (dont ils tirent leur nom). Les Phocéens pourraient également être venus s'installer sur ce territoire[44], de nombreux vocables toponymiques se terminant en « acq » (comme Lacq, Claracq, Sévignacq).

Carte indiquant en vert les limites de la Novempopulanie, la Gironde, Toulouse, les Pyrénées.
Les peuples constituant la Novempopulanie.

À partir du Ier siècle av. J.-C., la conquête romaine de la Gaule aquitaine vient bouleverser les équilibres en place. La domination de l'Empire romain se prolonge jusqu'au Ve siècle. Le peuple des Venarni est alors intégré à la cité des Tarbelles (actuelle Dax). Au IIIe siècle, la province de l'Aquitaine est séparée en trois entités distinctes par les romains. Ainsi est créée la Novempopulanie, ou « Pays des neuf peuples », qui correspond sensiblement à la zone d'influence du dialecte gascon. Les Venarni ne sont toujours pas distingués lors de la première liste de Vérone, ou Laterculus Veronensis, qui décrit les neuf peuples initiaux de la province. Les Venarni sont finalement détachés en tant que peuple à part entière dans la « Notice des provinces et cités des Gaules » au Ve siècle[45]. Les Illuronenses (actuelle Oloron-Sainte-Marie) et les Vasates (région de Bazas) sont également ajoutés, la province compte désormais douze peuples[45].

La cité des Venarni, Beneharnum, est la première capitale de ce peuple désormais reconnu par le pouvoir romain. Durant le Haut-Empire romain, la cité atteint une étendue maximale de 10 à 12 ha[46]. Des indices d'occupation sont décelés à partir du Ier siècle, avec des habitations de 300 à 600 m2 en rive droite du gave de Pau. Cette cité naissante est encore fragile car une bonne partie de ses habitats est abandonnée dès la fin du siècle[46]. Ce n'est qu'à partir de la deuxième moitié du IVe siècle que l'agglomération semble de nouveau prospérer avec l'aménagement d'un petit hameau dans le quartier actuel du Bialé[46]. La ville haute est, quant à elle, remparée pour la première fois à partir du Ve siècle. Les fouilles montrent que Beneharnum était équipée de très larges artères urbaines, signe du caractère semi-urbain de l'agglomération, ces axes devant accueillir la circulation de la ville mais aussi des activités rurales gourmandes en espace (circulation et parcage des troupeaux, marchés etc.)[46]. L'habitat de la cité est fortement hiérarchisé avec de simples campements pastoraux en périphérie, des masures, des maisons de ville d'environ 300 m2, des demeures de haut standard de plus de 600 m2 et des villas suburbaines comme la villa du quartier Saint-Michel (Sent Miquèu) de 3 000 m2 de surface au sol.

À partir du Ve siècle, la région subit l'effondrement de l'Empire romain et les multiples invasions barbares. Les Vandales, les Wisigoths, les Mérovingiens ou encore les Carolingiens se succèdent en tant que maîtres nominaux d'un territoire béarnais malgré tout insoumis[TC 2]. C'est sûrement dans le courant de ce Ve siècle[38] que le christianisme apparaît dans le Béarn. L'arrivée tardive de la religion chrétienne en Béarn est le résultat du caractère rural de cette région, le christianisme ayant d'abord été adopté dans les centres urbains[38]. Avant cela, les béarnais rendaient surtout culte aux astres, aux montagnes, aux arbres et aux sources[38].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Carte montrant en vert les limites de la Vasconie, au nord le duché aquitain, au sud la Cantabrie et le royaume Wisigoth
Le duché de Vasconie au VIIe siècle.

Les Vascons s'installent sur les terres situées entre Garonne et Pyrénées, que les Francs avaient conquises aux Wisigoths, et à partir du VIe siècle contrôlent ce territoire ; un duché de Vasconie (puis de Gascogne) se constitue. Au VIIe siècle Odon dispose d'un grand royaume allant des Pyrénées à la Loire avec Toulouse pour capitale[47]. Il a à affronter pour cela les Francs ainsi que les Omeyades. Après un retournement d'alliance il combat ces derniers aux côtés de Charles Martel. La langue communément parlée par las Vascons est apparentée au basque actuel, néanmoins son aire d'influence ne cesse de reculer avec la romanisation croissante de la région à partir du Ier siècle av. J.-C..

Le duché de Gascogne se morcelle à partir du IXe siècle, permettant la création de la vicomté de Béarn. Les Béarnais s'organisent ainsi pour la première fois dans une entité qui leur est propre. La première dynastie régnante est la famille des Centulle[TC 3]. C'est également à cette même époque, vers le VIIIe siècle ou IXe siècle[48], que Beneharnum est dévastée par les Normands. Morlaàs devient la nouvelle capitale d'un État naissant. Les Centulle permettent au Béarn primitif de s'étendre progressivement au sud et à l'est, plusieurs mariages[TC 3] provoquent l'intégration de la vicomté d'Oloron[Note 2] vers 1050 puis celle de Montaner en 1085. Le pays d'Orthez est lui annexé en 1194 sous la dynastie des Moncade, à la suite d'une série de guerres avec les vicomtes de Dax[TC 3], l'ensemble de ces territoires forment alors le Béarn historique qui garde ses frontières intactes jusqu'à la Révolution française.

Le Béarn est inclus dans les frontières originelles données au royaume franc par le traité de Verdun en 843, néanmoins la création d'une entité politique propre aux Béarnais a entraîné une évolution de ce lien de vassalité. Ainsi, l'accession progressive du Béarn à un statut de souveraineté de facto est le thème majeur de cette époque médiévale[TC 4]. Du XIe siècle au XIVe siècle, le Béarn est ballotté entre les zones d'influence des ducs de Gascogne, des rois d'Aragon, des rois d'Angleterre et des rois de France. Le Béarn reste sous la tutelle des ducs de Gascogne après son morcellement du IXe siècle, ce lien est déjà très léger sous Centulle IV et Centulle V dans la deuxième moitié du XIe siècle[TC 4]. La vassalité n'est plus que théorique sous Gaston IV le Croisé, celui-ci participe à la première croisade ainsi qu'à la Reconquista. Il joue un rôle décisif[TC 4] aux côtés d'Alphonse Ier d'Aragon pour la conquête de Saragosse en 1118 et de Cutanda en 1120. Le Béarn devient l'alliée de l'Aragon, rompant les derniers liens avec la Gascogne. Cette alliance est initialement équilibrée, mais l'union de l'Aragon avec la Catalogne en 1137 rompt cette dernière au profit de l'Aragon. Le Béarn devient alors un pays vassal[Note 3] de la couronne aragonaise, qui tente de créer un vaste ensemble sur les deux versants des Pyrénées[TC 5].

En 1213, la défaite aragonaise lors de la bataille de Muret sonne le glas des interventions aragonaises dans la région. Les rois d'Aragon se concentrant désormais sur leurs ambitions méditerranéennes. Les liens de vassalité entre le Béarn et l'Aragon s'amenuisent progressivement puis se rompent, sans heurts[TC 6], durant la première moitié du XIIIe siècle. Cette rupture est l'occasion pour les rois d'Angleterre d'exiger le retour du Béarn dans le giron gascon[Note 4]. Malgré son désir d'indépendance[TC 7], Gaston VII prête hommage au roi d'Angleterre en 1240. Le retour du Béarn dans la mouvance gasconne se traduit également par un changement de capitale, Orthez (plus proche de la Gascogne) remplace Morlaàs en 1242. Gaston VII n'aura, malgré tout, de cesse de se révolter contre cette intrusion dans les affaires d'un pays qui disposait auparavant d'une très large autonomie. Il doit s'avouer vaincu[TC 7] après avoir été fait prisonnier à Winchester par Édouard Ier d'Angleterre en 1276.

Le choix de Gaston VII de léguer le Béarn à sa seconde fille, Marguerite de Béarn, marque de manière décisive le destin du pays. Celle-ci était alors mariée avec Roger-Bernard III, comte de Foix. Ce mariage provoque l'indissoluble union entre les maisons de Foix et de Béarn[TC 7]. Les désormais Foix-Béarn se placent dans une situation délicate, avec d'un côté le Béarn vassal des rois d'Angleterre et Foix vassal des rois de France. Les prémices de la future guerre de Cent Ans entre les deux royaumes arrivent déjà, compliquant d'autant plus l'équilibre fragile au sein de cette nouvelle famille. Jusqu'à Gaston II de Foix-Béarn, la position des souverains de Béarn oscille entre neutralité et suivi des positions françaises (sans rendre hommage malgré tout). Le peuple béarnais est lui réticent à suivre une politique favorable aux rois de France, ce dernier ressent une appartenance à la communauté gasconne et voit le royaume de France comme une terre étrangère[TC 8]. Il faut attendre Gaston III, dit Gaston Fébus, pour voir apparaître peu à peu une nouvelle politique : faire du Béarn un pays souverain et neutre.

Photo de la statue d'un homme debout appuyé sur un bâton, un chien à ses côtés, à l'arrière-plan un château.
La statue de Fébus devant le château de Pau.

Le projet de Gaston Fébus se veut être l'aboutissement des longues périodes d'autonomie connues par le Béarn aux époques précédentes[TC 9]. Désormais en pleine guerre de Cent Ans, Gaston Fébus profite de la défaite française de Crécy en 1346 pour prendre ses distances avec le royaume de France. Le , il déclare à un envoyé de Philippe VI « Je ne tiens mon pays de Béarn que de Dieu et de mon épée. ». Par la suite, il évite des représailles françaises avec le désastre que constitue la bataille de Poitiers en 1356. Gaston Fébus parvient, également, à éloigner les intentions anglaises sur le Béarn. Il doit pour cela faire face au Prince Noir, qui revendique le Béarn en tant que prince d'Aquitaine. Gaston Fébus gagne du temps par tous les moyens[TC 10], ce qui empêche le Prince Noir d'intervenir avant son retour d'une expédition en Castille particulièrement coûteuse en hommes et en argent en 1365[TC 10]. Après les échecs français et anglais à obtenir un hommage, la vicomté devient alors de facto une souveraineté[réf. nécessaire]. Les vicomtes abandonnent ce titre pour se présenter désormais comme seigneurs du pays souverain de Béarn. En 1464, Gaston IV, après avoir épousé l'infante Éléonore de Navarre et ainsi récupéré le titre de prince héritier du royaume de Navarre, transfère sa cour d'Orthez à Pau[49].

Tout au long de cette époque médiévale, le Béarn se dote progressivement d'institutions avec pour caractéristiques un certain conservatisme et une influence des institutions ibériques[TC 11]. Les fors de Béarn sont directement inspirés des fueros espagnols[TC 12]. Dès 1080, le premier for d'Oloron est créé et passe pour être la plus ancienne législation écrite des actuels territoires français[50]. Ce premier texte est suivi par le for de Morlaàs vers 1117, ces textes servent de base au for général en 1188[TC 13] qui s'applique à l'ensemble des Béarnais[Note 5]. Ces fors réglent les rapports entre le vicomte et l'ensemble de ses sujets, précisant les droits et les obligations réciproques[TC 13]. Ce caractère réciproque est jugé comme particulièrement anachronique pour le Moyen Âge, formant une combinaison entre aristocratie et démocratie[50]. L'assemblée des États du Béarn[Note 6] ou encore les ateliers monétaires de Morlaàs organisent également la vie du petit État. Ces institutions civiles permettent d'exclure les abus liés à la féodalité, garantissant la protection pour les faibles et la justice pour tous[50].

Renaissance et époque moderne[modifier | modifier le code]

Le petit-fils de Gaston IV et d'Éléonore de Navarre, François Phébus, est couronné roi de Navarre en 1479 à Pampelune. Les seigneurs de Béarn récupèrent dès lors la couronne du royaume de Navarre créant de fait un État Béarn-Navarre à cheval sur les deux versants de la chaîne pyrénéenne[TC 14]. Cette position se révèle particulièrement inconfortable pour les seigneurs béarnais avec la conquête de tout le sud-ouest par les rois de France et l'unification de la péninsule ibérique par les rois catholiques[TC 14]. Afin de garder la neutralité du pays de Béarn, l'éclatement de ce nouvel État pyrénéen devient inévitable. Le mariage de la sœur, et héritière, de François Fébus scelle définitivement l'avenir du Béarn. Ainsi, les États de Béarn réunis à Pau en 1483 se prononcent pour que Catherine de Foix épouse Jean d'Albret sous les conseils du roi de France, au lieu du fils des rois catholiques ibériques[TC 15]. Les seigneurs béarnais deviennent ainsi alliés du roi de France, sans perdre l'indépendance de leur pays. Ce choix provoque, en partie[Note 7], en 1512 la prise de Pampelune par les troupes des rois catholiques, qui ne pouvaient laisser les troupes françaises s'installer durablement au sud des Pyrénées. Pau devient donc à partir cette date la capitale des rois de Navarre. Bien que les seigneurs du Béarn perdent de fait une grande partie du territoire de la Navarre, ne conservant que la Basse-Navarre au prix d'une contre-attaque franco-béarnaise menée en 1513[TC 16].

Image d'un manuscrit écrit en langue d'oc.
Les fors de Béarn, modernisés en 1551.

Après avoir combattu et être fait prisonnier aux côtés du roi de France François Ier à la bataille de Pavie, Henri d'Albret épouse Marguerite d'Angoulême, la sœur de son compagnon d'armes. Ensemble ils réorganisent de manière sensible la vie du pays. Au niveau institutionnel, Henri d'Albret rénove les vieillissants fors en publiant Los fors et costumas de Béarn en 1551[Note 8],[51]. Le souverain est également à l'origine de la création du conseil souverain de Béarn en 1519[TC 17], nouvelle instance judiciaire en matière civile[Note 9], et d'une chambre des comptes progressivement entre 1520 et 1535. Henri d'Albret s'occupe également de la défense du pays, avec la construction d'une place forte particulièrement novatrice et solide à Navarrenx[Note 10] entre 1542 et 1549[TC 18]. Afin de satisfaire la « Marguerite des Marguerite », Henri d'Albret fait transformer l'austère château de Pau en un palais de style Renaissance. Marguerite d'Angoulême est également à l'origine de l'introduction de la Réforme protestante en Béarn, un élément déterminant pour les prochaines décennies du pays.

La deuxième moitié du XVIe siècle est ainsi une période trouble pour le Béarn. Jeanne d'Albret suit l'exemple de sa mère Marguerite en se consacrant à l'introduction de la Réforme protestante au sein de la cour de Navarre et de ses possessions. Jeanne d'Albret montre une rigueur morale et une intransigeance religieuse particulièrement forte face au catholicisme, la mort de son mari Antoine de Bourbon en 1562 constituant la bascule qui pousse Jeanne vers plus d’extrémités avec sa volonté d'imposer à son peuple sa foi personnelle[AS 1]. En 1569, la région est secouée par une année de terribles guerres religieuses, que le Béarn avait pourtant su éviter jusque là. Profitant d'un départ de Jeanne à La Rochelle, Charles IX en profite pour envoyer ses troupes et occuper le Béarn. La résistance notable[TC 19] de la place forte de Navarrenx permet à Jeanne d'Albret d'organiser une contre-attaque victorieuse mais sanglante[Note 11]. Le catholicisme est à cette occasion écrasé, la liberté religieuse est pour longtemps abolie avec, en point d'orgue, l'ordonnance de 1571 qui édicte les peines des plus sévères contre ceux qui s'efforcent d'« enseigner quelque fausse doctrine au peuple[AS 2] ». En 1564, Jeanne d'Albret installe à Orthez une académie sur le modèle genevois. Ce remarquable centre intellectuel[TC 20] permet de former une élite qui contribue fortement à faire progresser le calvinisme auprès des Béarnais.

Tableau représentant un homme habillé à la romaine portant une couronne de laurier.
Henri IV représenté en Mars.

Une aristocratie protestante se créé peu à peu en Béarn, cette dernière contrôle alors largement les États de Béarn[TC 21] et donc l'orientation du pays. Une résistance nationaliste se fait de plus en plus ressentir au sein de l'assemblée, à l'encontre des velléités françaises sur le Béarn. En effet, une éventuelle annexion signifierait le rétablissement du culte catholique ainsi que l'introduction d'un gouvernement absolutiste. La volonté des États de maintenir la souveraineté du Béarn repose donc à la fois sur des considérations politiques et religieuses. En 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy éclate et manque de tuer Henri III de Navarre, le fils de Jeanne d'Albret (qui vient de décéder) et d'Antoine de Bourbon. Natif du château de Pau[Note 12], celui-ci hérite en 1589 de la couronne de France par le jeu de la loi salique[Note 13]. Occupé par la conquête de ce royaume qui ne veut pas d'un protestant comme roi, il confie la régence du Béarn à sa sœur Catherine de Bourbon. Désormais nommé Henri IV, le roi tente de réconcilier les Français par l'édit de Nantes en 1598. Il est suivi en 1599 par son équivalent pour le Béarn, Henri IV proclame ainsi l'édit de Fontainebleau le pour les catholiques du Béarn en leur accordant la liberté de conscience[Note 14],[52]. Les États de Béarn s'alarment de cette décision, mais Henri IV les rassure sur un autre point en maintenant la souveraineté du Béarn malgré la coutume[Note 15]. Après trente ans d'interdiction officielle, ce n'est qu'en 1605 que le catholicisme est de nouveau autorisé en Béarn par Henri IV[52].

Après l’assassinat d'Henri IV en 1610, l'agitation religieuse reprend entre les protestants, appuyés par les États, et les catholiques, menés par les évêques de Lescar et Oloron. En 1617, le jeune roi Louis XIII promulgue l'arrêt de Fontainebleau qui rétablit dans tout le Béarn la religion catholique et impose la restitution des biens aux catholiques[AS 3]. Les États dénoncent cet arrêt à partir de 1618 et refusent son application, la révolte gronde peu à peu vis-à-vis du roi de France. Après avoir épuisé tous les essais de conciliation, le roi Louis XIII prend finalement la décision de marcher sur le Béarn à la tête d'une importante armée[AS 4]. Il fait son entrée à Pau le devant une population froide et hostile face à cette démonstration guerrière. Après s'être assuré de la soumission de la place forte béarnaise de Navarrenx, le souverain retourne dans la capitale béarnaise dans une ambiance bien plus amicale cette fois-ci. Face à un Louis XIII conciliant, dont toutes les actions démontrent sa volonté d'apaisement et d'oubli du passé, les Palois reçoivent le roi de France sous les acclamations le [Note 16]. Le lendemain, le , le culte catholique est officiellement rétabli[Note 17]. À la question religieuse, se succède immédiatement la question politique puisque ce même jour Louis XIII publie un édit pour porter union et incorporation du Béarn et de la Navarre à la couronne de France. L'intransigeance[TC 22] du combat des États face au roi ne pouvait laisser d'autre réponse. Cette annexion soulève des réactions[Note 18] mais globalement sans trop d’excès, le roi Louis XIII ayant pris une sage précaution en assurant les Béarnais de conserver « leurs fors et privilèges[AS 6] », promettant ainsi une très large autonomie à la nouvelle province française. De plus, il transforme le conseil souverain de Béarn en Parlement de Navarre, regroupant les cours de Pau (Béarn) et de Saint-Palais (Basse-Navarre).

L'annexion du Béarn aurait donc dû déboucher sur une autonomie de la province au sein du royaume de France. Néanmoins, le particularisme béarnais[TC 23] ne cesse de reculer face à une autorité royale centralisatrice. La défense de ce particularisme est néanmoins défendue de manière constante par les États ainsi que le Parlement de Navarre. Les États perdent l'essentiel de leurs prérogatives financières[Note 19], mais leur combat permet de maintenir le béarnais comme langue administrative[TC 24]. Bien que créé par le roi, le Parlement de Navarre représente le principal bastion[TC 25] du particularisme béarnais durant cette période. Il multiplie les remontrances à l'égard de la politique royale et se pose en dernier rempart de l'aristocratie béarnaise face aux intendants, deux crises majeures se déroulent notamment en 1765 et 1788[Note 20]. Parallèlement à ces évolutions institutionnelles, le sort des protestants est également central à la suite du rétablissement du culte catholique en Béarn. Louis XIII décide de doter Pau d'un collège royal confié aux Jésuites (actuel lycée Louis-Barthou), les Cordeliers, les Orphelines ou encore les Ursulines accentuent cet effort. Les protestants bénéficient de la protection du roi pour conserver une soixantaine de lieux de cultes[TC 26]. Alors que les protestants comptent encore pour le quart ou le tiers des habitants du Béarn[TC 26], la révocation de l'édit de Nantes en 1685 bouleverse l'existence de cette forte minorité. L'intendant Foucault mène une campagne de persécution à l'encontre des protestants béarnais, fait démolir la plupart de leurs temples et laisse cours aux dragonnades[52].

Tableau d'une scène de bataille, des cavaliers au premier plan sabrent des fantassins.
La bataille d'Orthez en 1814.

Malgré l'intégration au royaume de France en 1620, le Béarn voit toujours dans la France un pays étranger à la fin du XVIIIe siècle[TC 27]. Il faut attendre la Révolution française pour que les Béarnais acceptent finalement de devenir pleinement Français. Cette évolution ne se fait pas sans remous, notamment au sein des États. Ces derniers ne voulant céder en rien aux libertés fondamentales du pays ainsi qu'à sa souveraineté, pourtant largement édulcorée. Les États sont surtout inquiets de la fin de leur rôle politique, dans un royaume qui serait désormais unifié et centralisé[TC 28]. Finalement, le camp des « patriotes » l'emporte[Note 21] sur les États par une assemblée extraordinaire des députés de la région paloise le . Les derniers éléments de la souveraineté béarnaise sont ainsi balayés : les fors, les États ou encore l'usage du béarnais comme langue administrative. Le Béarn est désormais inclut dans les frontières du nouveau département des Basses-Pyrénées par une décision du . Conformément au caractère consensuel des Béarnais, les excès de la Révolution n'atteignent que très peu leur territoire[Note 22]. Quelques troubles apparaissent tout de même, provenant essentiellement de l'extérieur, avec notamment le représentant en mission Monestier de la Lozère[TC 29]. Les Béarnais doivent par contre subir une grave crise économique[Note 23]. Le Béarn traverse le Consulat et le Premier Empire sans événements particuliers. Finalement, l'Empire fini de s'écrouler avec une bataille majeure sur le sol béarnais, la bataille d'Orthez qui voit les troupes de Wellington l'emporter sur celles de Soult. Le Béarn est alors temporairement occupé par les coalisés, les Béarnais eux ne regrettent pas cette période impériale[TC 31].

La question de l’existence d'une souveraineté béarnaise[modifier | modifier le code]

Du coup de force de Louis XIII en 1620 au XIXe siècle, un débat s'est instauré entre historiens sur la réalité de la souveraineté du Béarn. Ce pays avait-il été de tout temps pleinement souverain ? Le Béarn avait-il cessé d'être vassal de la Gascogne ? Pierre Tucoo-Chala tente d'apporter une réponse à cette problématique dans un ouvrage paru en 1961[53]. À l'aide de nombreux documents, dont les premiers datent du Xe siècle, l'historien conclu qu'il est inexact de dire que le Béarn a connu de tout temps une souveraineté totale ainsi qu'une souveraineté « de jure »[54]. Il estime, néanmoins, que le Béarn a connu une indépendance, une souveraineté « de facto » totale[54] pendant près de quatre siècles du XIVe siècle au XVIIe siècle. Entre le IXe siècle et le XIVe siècle, le Béarn est placé successivement sous le contrôle des ducs de Gascogne, des rois d'Aragon et des rois d'Angleterre, tout en conservant une très large autonomie. Si bien que durant une dizaine de siècles, le Béarn n'a été administré par des personnes étrangères que durant quelques années uniquement[54]. Un nationalisme béarnais se manifeste avec force à partir du XVe siècle[55], incarné notamment par les États de Béarn. Il est raisonnable de penser que sans l'accident dynastique, qui a vu le souverain de Béarn devenir roi de France au XVIe siècle, le pays (protestant de surcroît) aurait pu conserver plus longtemps sa souveraineté[56], à l'image du destin de la principauté d'Andorre notamment.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Tableau montrant une foule près d'un bâtiment blanc, à l'arrière une colline avec un kiosque, au fond des montagnes
Les thermes des Eaux-Bonnes vers 1830.

Ne disposant plus d'une entité politique commune, le Béarn se contente désormais de suivre (avec retard et modération[TC 32]) les impulsions venues de Paris. Pour la première fois, les Pyrénées deviennent une véritable muraille entre Béarnais et Aragonais. Le renforcement progressif des frontières entre les États-nations ainsi que l'absence de transpyrénéen lors de l'arrivée des chemins de fer en Béarn[Note 24] en font un véritable cul-de-sac[TC 33]. Dans cette première moitié du XIXe siècle, le Béarn désormais pleinement français voit ses principaux atouts économiques s'effondrer. Il faut néanmoins noter la réussite de la région de Nay, qui devient un centre industriel important pour la confection de bérets[Note 25]. Le Béarn se tourne alors vers une nouvelle source de revenus avec le tourisme. Pau devient progressivement une des stations les plus élégantes d'Europe[TC 34]. Elle bénéficie de l'arrivée de nombreux touristes fortunés (notamment britanniques) voulant profiter des bienfaits du climat hivernal de la région, notamment à la suite de la parution d'un ouvrage du médecin écossais Alexander Taylor en 1842[57]. Le thermalisme se développe également aux Eaux-Bonnes et aux Eaux-Chaudes dès 1836[TC 35]. Ces réussites apparaissent néanmoins comme une exception dans un tableau assez sombre pour le Béarn[TC 36]. De toujours une terre d'émigration, ce phénomène s'amplifie très nettement au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. Une place de domestique à Bordeaux ou Paris devient alors un sort enviable, notamment pour les cadets des familles[TC 37]. Un net mouvement s'opère également pour des départs vers l'Amérique, en particulier vers l'Argentine. Uniquement en se basant sur les passeports délivrés entre 1846 et 1900, près de 30 000 Béarnais sont concernés par cet exode[TC 36].

Photographie en noir et blanc d'un homme en uniforme portant un béret et fumant une cigarette.
Le résistant André Pommiès.

Sous l'influence de ses riches hivernants, Pau se transforme profondément durant la Belle Époque. De nombreux palaces et villas sont construits pour satisfaire cette aristocratie internationale. Les équipements publics se multiplient également, tandis que les théories de l'hygiénisme urbaine sont appliquées, apportant à la capitale béarnaise le surnom de Hygiopolis[TC 34]. L'influence de Pau sur le Béarn se renforce également de manière sensible, la population de la ville faisant plus que doubler entre 1848 et 1912. Ce prestige international dont jouit la ville permet d'attirer l'attention des frères Wright, à la recherche d'un lieu pour mener à bien leurs expérimentations concernant l'aviation naissante. Ils trouvent dans le Béarn les conditions météorologiques optimales pour cela, avec l'absence de vent et la rareté des brouillards[TC 38]. Les rois Alphonse XIII et Édouard VII assistent en 1909 au premier vol de Wilbur Wright au-dessus de la plaine du Pont-Long.

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale marque un coup fatal pour le tourisme de luxe à Pau[TC 39]. Les Béarnais connaissent des pertes lourdes durant ce conflit, notamment au sein du 18e RI. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ligne de démarcation traverse le Béarn avec la présence de zones occupées à son extrémité occidentale[Note 26]. Peuplée de 40 000 habitants à la veille du conflit, Pau en accueille environ 100 000 au cours de l'année 1940, un flot de réfugiés (notamment Belges) s'y concentre pour fuir les combats. Le gouvernement de Vichy est alors accueilli de manière diverse[TC 40] par les Béarnais. Le thème du retour à la terre, dans une région encore très paysanne, est porteur. Le maréchal Pétain tient un discours adressé aux paysans de France le en Béarn. La Résistance est très active, notamment pour assurer le passage en Espagne de tous ceux qui fuient la police nazie[TC 41]. Regroupés au sein du Corps franc Pommiès, les Béarnais jouent un rôle notable[TC 42] dans la lutte contre l'occupant dans le sud-ouest de la France, puis vers l'Allemagne après la débâcle nazie. Le camp d'internement de Gurs ainsi que le charnier du Pont-Long[58] sont des éléments marquants de cette sombre période en Béarn.

Photo d'un appareil de forage pétrolier de couleur bleue.
Le gisement de gaz de Lacq a bouleversé l'économie béarnaise.

Au lendemain du deuxième conflit mondial, le Béarn se transforme de manière profonde que ce soit sur le plan économique ou social. La découverte du gisement de gaz de Lacq en accélère nettement cette évolution. Lors de sa mise en exploitation en 1957, il s'agit de la plus grande usine de gaz d'Europe[59], elle permet à la France de s'autoalimenter en gaz à hauteur de 30 %[59]. En une génération, le Béarn connait une expansion sans précédent et change beaucoup plus qu'en plusieurs siècles[TC 43]. Cette mutation se traduit par une urbanisation croissante, avec un dépeuplement des campagnes vers les villes ainsi qu'un phénomène d'immigration. L'agglomération de Pau se développe sensiblement, tout comme la région autour de Lacq avec le symbole de la ville nouvelle de Mourenx[60]. Dans le même temps, l'essor de la culture du maïs hybride est une autre révolution pour l'économie béarnaise avec la fin de la traditionnelle polyculture[TC 44]. La deuxième moitié du XXe siècle permet à Pau de renforcer sa position de locomotive pour le Béarn mais aussi pour les pays du bassin de l'Adour. Elle devient un pôle administratif et universitaire central pour toute cette région. En 2013, le gisement de gaz de Lacq cesse pour sa partie commerciale[Note 27]. Le bassin de Lacq se spécialise désormais vers les industries de la chimie fine et des bioénergies[61]. Avec l'héritage des frères Wright, une forte industrie aéronautique s'est développée en Béarn autour de la plateforme de l'aéroport de Pau-Pyrénées, de l'usine Turboméca à Bordes ou encore de l'usine Messier à Bidos. Dépourvu d'entité politique depuis la Révolution française, le Béarn souhaite se doter de nouveau d'un instrument de coopération afin d'accompagner les transformations du XXIe siècle. La création du pôle métropolitain Pays de Béarn est validée le [62].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Collectivités territoriales[modifier | modifier le code]

Le Béarn fait partie depuis 1790 du département des Pyrénées-Atlantiques (anciennement Basses-Pyrénées), Pau en est la préfecture depuis 1796[Note 28]. Un total de 389 communes composent le Béarn, ces communes sont elles-mêmes regroupées électoralement dans quinze cantons depuis le redécoupage réalisé en 2014[63]. Le Béarn est le siège de deux arrondissements, celui de Pau et celui d'Oloron-Sainte-Marie (qui inclut également la Soule). Depuis plusieurs années sont venues se superposer à ces entités électorales et administratives, les intercommunalités. Ces dernières sont, en Béarn, au nombre de dix-neuf communautés de communes (CC) et d'une communauté d'agglomération. La CC Vic-Montaner a la particularité d'être située à cheval entre Béarn et Bigorre. À partir du , le Béarn devrait compter neuf intercommunalités avec l'application de la loi NOTRe[64].

Pays de Béarn[modifier | modifier le code]

Le [65], le maire de Pau François Bayrou lance une réflexion autour de la création d'un Pays de Béarn. Initialement voulu sous la forme d'une association rassemblant collectivités locales, chambres consulaires, entreprises et personnes physiques volontaires[66], le Pays de Béarn prendra finalement la forme d'un pôle métropolitain. Le , les représentants des intercommunalités béarnaises votent à l'unanimité[67] la constitution de ce pôle métropolitain. Cette entité aura pour but de développer l’identité du Béarn et d'initier des actions en faveur de son attractivité économique, de la promotion touristique ou encore du développement de l'université[67]. Le cadre de cette entité se veut souple puisqu'il reposera sur la base du volontariat et ne constituera pas un échelon administratif supplémentaire[67].

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Portrait en noir et blanc d'un homme en costume portant barbe et moustache et portant des lunettes rondes.
Louis Barthou, figure du goût béarnais pour la modération politique.

Que ce soit pendant les guerres de religion, l'annexion du Béarn au royaume de France, la Révolution française ou encore les conflits mondiaux du XXe siècle, les Béarnais démontrent une tendance à la modération et au refus des extrêmes. Avec un certain goût pour le conservatisme, cette propension à la modération se retrouve également dans les choix politiques réalisés dans cette région. À l'arrivée de la IIe République en 1848, les Béarnais élisent des monarchistes timidement ralliés à la République[TC 45], l'idéal républicain leur est alors complètement étranger[TC 45]. Durant la IIIe République, les députés béarnais sont presque toujours des notables dont l'influence rend difficile le clivage entre une gauche et une droite également modérées[TC 46]. Louis Barthou et Léon Bérard sont des figures marquantes de cette période. Petit à petit, la tendance conservatrice modérée l'emporte sur la tendance républicaine modérée[TC 39]. Lors des élections de 1936, le Front populaire doit compter sur les radicaux modérés pour compenser la faible audience[TC 47] des socialistes et des communistes en Béarn. En 1945, la gauche bénéficie d'une nette poussée[TC 48] à cause de l'appui de certains chefs locaux de la droite pour le gouvernement de Vichy. Cette poussée n'est alors qu'éphémère en Béarn et les parties de droite confirment leur suprématie pour la suite de la IVe République.

L'avènement de la Ve République en 1958 apporte de larges majorités au gaullisme. À partir des années 1960, les voix des socialistes et des communistes commencent à augmenter en Béarn[TC 49]. La poussée, encore relative, de la gauche en Béarn traduit la transformation économique et sociale profonde qui se déroule alors au lendemain de la Libération, accélérée par la découverte du gisement de gaz de Lacq[TC 43]. Au cours de cette seconde moitié de XXe siècle, la gauche modérée tend à supplanter la droite modérée[TC 50]. La conquête de la mairie de Pau en 1971 par le socialiste André Labarrère marque un point de départ important de cette prise d'influence.

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

Avec sa capitale, Pau, le Béarn est le siège de nombreuses structures administratives et judiciaires. La ville est le siège de la cour d'appel de Pau, qui a pour ressort les départements des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. Pau est également le siège d'une cour d'assises, d'un tribunal de grande instance, d'un tribunal d'instance, d'un tribunal administratif, d’un tribunal pour enfants, d'un tribunal des affaires de sécurité sociale, d'un conseil de prud'hommes et d'un tribunal de commerce[68]. Le Béarn dépend de la cour administrative d'appel de Bordeaux.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution du nombre d'habitants[modifier | modifier le code]

Durant le Moyen Âge, le Béarn dispose d'une population excessivement faible[TC 51] jusqu'au milieu du XIIIe siècle. C'est Gaston Fébus en 1385 qui fait établir le premier dénombrement complet des maisons habitées en Béarn[TC 52]. Le Béarn compte alors entre 50 000 et 60 000 habitants répartis dans 12 700 feux. Cet état des lieux connaît de faibles fluctuations jusqu'au XVIe siècle[TC 52]. La faible densité béarnaise de cette période s'explique notamment par la présence de sols peu fertiles et des techniques agricoles primitives, engendrant des rendements faibles[TC 52]. Une importante poussée démographique s'opère à partir du XVIe siècle, le Béarn cesse d'être un pays sous-peuplé[TC 53]. Certaines zones (en particulier les vallées montagnardes) sont marquées par une densité de 60 à 80 hab./km2, l'émigration devient une nécessité absolue[TC 53]. Une émigration paysanne, temporaire, se développe vers l'Aragon puis parfois vers les colonies espagnoles d'Amérique. Avec l'avènement d'Henri IV, les Béarnais découvrent le chemin de Paris[TC 53] et fournissent bon nombre des cadets de Gascogne, dont notamment les célèbres mousquetaires.

L'époque moderne est marquée par trois phases bien distinctes concernant l'évolution démographique du Béarn. Jusqu'en 1846, la population augmente régulièrement (en moyenne +0,5 % par an), entre autres avec l'essor du tourisme et le renouveau de l'industrie textile[TC 45]. La succession de mauvaises récoltes ainsi que le krach de 1847 coupent cet équilibre fragile. À partir de 1846, et durant un siècle, la population béarnaise connaît une phase de décroissance continue (-0,2 % par an). Une situation de sous-emploi s'est alors développée, le Béarn est coupé de ses débouchés extérieurs traditionnels (Espagne, Amérique) sous le second Empire[TC 33]. Le mouvement d'émigration prend une vigueur considérable[TC 33], que ce soit vers d'autres régions françaises (Bordeaux, Paris) mais aussi vers le continent américain (Argentine, Uruguay, Californie, Louisiane, Mexique, Canada). L'arrondissement d'Oloron-Sainte-Marie est alors particulièrement touché par ce phénomène. La Première Guerre mondiale entraîne de très nombreuses pertes béarnaises, c'est dans cette période d'entre-deux-guerres que le Béarn devient une terre d'immigration, notamment espagnole[TC 54]. Après 1946 et jusqu'à nos jours, la démographie béarnaise connaît un fort dynamisme (+1,0 % par an). Après la Libération, le Béarn voit arriver de nombreux Espagnols et Portugais fuyant les dictatures du régime franquiste et de l'Estado Novo. L'exploitation du gaz de Lacq en 1957 permet également d'absorber le rapatriement d'un contingent d'Afrique du Nord. Le développement des fonctions administratives et universitaires de Pau au cours de la fin du XXe siècle attire de nouvelles populations au sein de son agglomération, de quoi maintenir la dynamique positive en cours.

Évolution démographique du Béarn depuis 1793
1793 1800 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
220 419 215 203 246 968 264 020 272 660 280 320 282 295 276 487 276 240
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
270 941 269 934 262 958 264 086 263 831 261 123 255 853 252 240 250 392
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
248 651 246 816 224 840 225 278 224 084 221 072 220 929 224 058 259 709
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2013 - -
288 615 306 846 319 092 328 727 337 648 357 264 365 393 - -
Comptage commune par commune réalisé d'après la liste des communes du Béarn
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999 puis Insee à partir de 2004.)
Sources : voir dans le tableau ci-dessus.

Répartition par sexe et âge[modifier | modifier le code]

La population béarnaise est en moyenne légèrement plus âgée par rapport au reste de la France métropolitaine. Les personnes âgées de plus de 45 ans sont proportionnellement plus nombreuses en Béarn avec 48,1 % contre 43,8 % en France métropolitaine. Le rapport homme/femme est globalement le même entre les deux zones avec 51,7 % de femmes et 48,3 % d'hommes en Béarn contre 51,6 % et 48,4 % en France métropolitaine[69].

Pyramide des âges en Béarn en 2012 en pourcentage[Note 29].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,6 
90 ans ou +
1,6 
8,2 
75 à 89 ans
11,6 
15,6 
60 à 74 ans
16,3 
21,4 
45 à 59 ans
20,8 
19,2 
30 à 44 ans
18,1 
17,2 
15 à 29 ans
15,7 
17,8 
0 à 14 ans
15,9 
Pyramide des âges en France métropolitaine en 2012 en pourcentage[69].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90 ans ou +
1,3 
6,6 
75 à 89 ans
9,8 
14,4 
60 à 74 ans
15,0 
20,2 
45 à 59 ans
19,8 
20,1 
30 à 44 ans
19,2 
18,8 
15 à 29 ans
17,5 
19,4 
0 à 14 ans
17,4 

Dynamiques territoriales[modifier | modifier le code]

Durant son époque moderne, les différents territoires béarnais sont marqués par des dynamiques démographiques particulièrement variées. L'unité urbaine de Pau bénéficie d'une croissance très importante, une évolution guidée par le renforcement de la fonction administrative de sa ville centre. Entre 1793 et aujourd'hui, la population de l'agglomération paloise est multipliée par un facteur de 4,7[Note 30]. Outre cette évolution du nombre de ses habitants, l'agglomération paloise prend un poids croissant pour le Béarn. En 1793, cette zone représente environ 19 % de la population béarnaise contre 39 % en 1946 et 54 % aujourd'hui. Les deux autres pôles urbains du Béarn définis par l'Insee, Oloron-Sainte-Marie[70] et Orthez[71], bénéficient également d'une croissance de leur population durant la période mais dans des proportions bien moindres. L'agglomération oloronaise bénéficie d'une dynamique positive entre 1876 et 1962[Note 31] ; depuis sa population a tendance à stagner. L'agglomération orthézienne tire profit de l'exploitation du gisement de Lacq à partir de la fin des années 1950 pour bénéficier d'une croissance significative[Note 32] ; la tendance s'est essoufflée depuis les années 1980.

Depuis la fin du XIXe siècle, un processus de dépeuplement s'est opéré dans les zones montagneuses. Les trois vallées des Pyrénées béarnaises ont subi un mouvement d'émigration vers les pôles urbaines béarnais, Oloron-Sainte-Marie et Pau en particulier, ainsi que vers d'autres régions françaises et vers le continent américain. En 1846, ces trois vallées atteignent un point haut de 35 000 habitants contre environ 16 000 habitants en 2013[Note 33]. Le recul est particulièrement sensible en vallée d'Aspe avec -77 % sur la période contre -56 % pour la vallée de Barétous et -37 % pour la vallée d'Ossau. Depuis le début des années 1980, la tendance est à la stabilité avec le maintien d'une population équivalente.

Diaspora béarnaise[modifier | modifier le code]

Photographie en couleur d'un footballeur habillé en blanc marchant à l'intérieur d'une cage de football, à l'arrière-plan des tribunes pleines de spectateurs.
Alfredo Di Stéfano Laulhé, représentant de la diaspora béarnaise en Argentine.

Le Béarn est depuis longtemps une terre d'émigration, que ce soit vers la France, d'autres pays européens ou outremer. Plusieurs vagues se sont succédé, au gré des difficultés économiques et des événements politiques. Une diaspora béarnaise s'est peu à peu constituée à travers ces migrants et leur descendance, diaspora qui a permis de tisser des liens particuliers (économiques, commerciaux, culturels, politiques) entre leur terre natale et leur pays d'adoption. Du temps où les Béarnais voyaient encore dans la France un pays étranger, nombre de jeunes nobles choisissent alors le service des armes[TC 53]. Le maréchal de Gramont, le maréchal de Gassion, ou encore les Béarnais[Note 34] ayant servi de modèle à Alexandre Dumas pour la rédaction de son œuvre Les Trois Mousquetaires sont des exemples marquants de cette émigration.

Dans la foulée de l'épopée napoléonienne, le palois Jean-Baptiste Bernadotte devient lui aussi maréchal de France au début du XIXe siècle et est choisi pour devenir roi de Suède et de Norvège, trône qu'occupe toujours la dynastie qu'il a fondée.

Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, de nombreux Béarnais émigrent vers des pays plus lointains et franchissent la mer[TC 55] et connaissent une vie d'aventure, comme le baron Jean-Vincent d'Abbadie de Saint-Castin (1652 - 1701) — qui s'embarque pour la Nouvelle-France, épouse une Abénaquis et devient lui-même chef au sein de cette nation avant de revenir en Béarn assurer la succession de ses enfants métis —, José de la Borda (né Joseph Laborde) qui découvre des mines d'argent au Mexique[72] et fait construire l'église de Taxco, ou encore Isaac de l'Ostal de Saint-Martin, gouverneur de Batavia. Les Antilles, et surtout Saint-Domingue[TC 55], sont la destination privilégiée des Béarnais exilés au XVIIIe siècle. Jean-Joseph de Laborde y fait fortune, tandis que Jean-Baptiste Ducasse y est gouverneur. L'Amérique du Nord attire également avec les exemples du baron de Lahontan au Canada, Pierre Laclède qui fonde la ville de Saint-Louis dans le Missouri. Originaire d'Aydius, Pierre Loustaunau, simple berger, s'embarque pour les Indes où il commande les troupes marathes contre les Anglais[73].

Plus récemment, Raymond Orteig est le commanditaire du célèbre vol[74] de Charles Lindbergh au-dessus de l'Atlantique, son avion prend le nom de Spirit of St. Louis en référence à la même ville fondée par Pierre Laclède.

La diaspora béarnaise est particulièrement présente en Argentine. Outre l'émigration des XVIIe et XVIIIe siècles, un mouvement beaucoup plus important s'opère vers ce pays de la fin du XIXe siècle jusqu'au début du XXe siècle. Juan Martín de Pueyrredón, fils d'un commerçant béarnais émigré devient le premier chef d'État de l'Argentine officiellement indépendante en 1816[Note 35],[75]. Il est l'un des éléments marquants de cette présence béarnaise en Argentine. Autre fait, la ville de Lanús tient son nom d'Anacarsis Lanús[76], fils du Béarnais Jean Lanusse Casenave. Des figures du sport argentin ont également des origines béarnaises, comme les footballeurs Félix Loustau et Alfredo Di Stéfano Laulhé, par son grand-père maternel[77], ainsi que le rugbyman Daniel Hourcade par son grand-père paternel[78]. Plusieurs associations perpétuent ce lien entre le Béarn et sa diaspora[Note 36].

Le phénomène des cagots[modifier | modifier le code]

Vue d'une fenêtre au contrevents en bois.
La porte des cagots de l'église de Sauveterre-de-Béarn.

Le terme cagot est commun a une grande partie de la Gascogne, ainsi qu'à la Navarre et au Pays basque espagnol (sous la forme agot). Celui-ci apparaît autour des années 1540 dans la région d'Oloron, avant de se répandre à tout le Béarn[82]. Il désigne une catégorie de la population méprisée, des marginaux vivant dans de petites communautés, à l'écart des agglomérations[82]. Auparavant désignée sous le terme de crestian, cette population apparaît dans les écrits dès le Xe siècle dans un cartulaire de Lucq-de-Béarn[83]. Hormis une exclusion géographique, les cagots sont soumis à de nombreuses discriminations, ils ne se marient qu'entre eux, ils exercent uniquement la profession de charpentier en Béarn et ne peuvent pas accéder à l'église du village par le même accès que le reste de la population[82]. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette mystérieuse discrimination qui dure plusieurs siècles. L'explication traditionnelle est qu'il s'agissait de familles lépreuses, cela expliquerait leur spécialisation dans le travail du bois et du fer[Note 37]. D'autres hypothèses expliquent leur mise à l'écart par l'origine de leurs ancêtres, qu'ils soit Goths, Sarrasins, Vikings ou Cathares. L'intégration des cagots est le fruit d'un long processus qui ne s'achève complètement qu'à partir de la Révolution française. En 1625, le palois Jean de Tran est le premier cagot réhabilité[84]. Plusieurs charpentes de monuments béarnais sont issues du travail des cagots, les plus célèbres étant celles des châteaux Pau et de Montaner[85].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Au cours de l'année scolaire 2015-2016, le Béarn compte 220 écoles maternelles[86] (dont trois calandreta), 293 écoles élémentaires[87] (dont cinq calandreta), 48 collèges[88] (dont une structure calendreta) et 34 lycées[89]. Le Béarn possède une longue tradition universitaire, puisque l'Académie protestante du Béarn (ou Académie d'Orthez) est fondée dès 1562 avant d'être élevée au rang d'université en 1583. Aujourd'hui Pau est la deuxième ville étudiante d'Aquitaine. L'université de Pau et des pays de l'Adour (UPPA) compte (année universitaire 2015-2016) 12 525 étudiants[90] répartis sur cinq sites : Pau (66 % des effectifs) , Anglet (8 %), Bayonne (17 %), Mont-de-Marsan (3 %) et Tarbes (6 %). Son implantation dépasse ainsi le strict cadre de l'académie de Bordeaux et empiète quelque peu sur celui de l'académie de Toulouse. L'UPPA compte 23 laboratoires de recherche et 764 enseignants (dont 539 à Pau).

Outre son université, Pau compte plusieurs grandes écoles qui complètent l'offre en matière d'enseignement supérieur. Le groupe ESC Pau est notamment une école de management créée en 1962 ; il compte en 2016 1 300 étudiants et 7 000 diplomés[91]. Plusieurs écoles d'ingénieurs sont présentes : l'école nationale supérieure en génie des technologies industrielles (ENSGTI) propose une formation d'ingénieur en génie des procédés et en génie chimique, l'école internationale des sciences du traitement de l'information (EISTI) spécialisée en informatique et en mathématiques ou encore l'école d'ingénieurs informatique (EXIA-CESI). L'enseignement artistique est notamment représenté par deux écoles. La principale est le conservatoire à rayonnement départemental (CRD) Pau-Pyrénées ; il compte 1 200 élèves[92]. L'école supérieure d'art des Pyrénées (ESA des Pyrénées), école d'art et de design graphique, compte environ 300 élèves chaque année[93].

Santé[modifier | modifier le code]

L'offre hospitalière du Béarn se concentre notamment à Pau[94] avec des services de médecine, d’obstétrique, de chirurgie ou encore de soins psychiatriques. Le dispositif du centre hospitalier de Pau est composé de l’hôpital François-Mitterrand, du centre Hauterive (rééducation fonctionnelle, unité de SSR et médecine nucléaire) et du centre Jean-Vignalou pour la gérontologie. Au total, le centre hospitalier comptait 794 lits et places au [95]. L'offre sanitaire paloise se complète de plusieurs cliniques, dont notamment la polyclinique de Navarre[Note 38], la clinique Princess et la clinique des Jeunes Chênes.

Le Béarn compte deux autres centres hospitaliers de plus petite envergure. À Orthez, la capacité hospitalière se compose de 107 lits[96] (médecine et SSR) tandis qu'à Oloron-Sainte-Marie la capacité est de 137 lits[97] (médecine, chirurgie et SSR). Deux cliniques sont également présentes à Orthez, l'une consacrée à la psychiatrie et l'autre à la chirurgie[Note 39], tandis qu'une clinique médicale et cardiologique est présente à Aressy.

Sports et équipements[modifier | modifier le code]

Rugby[modifier | modifier le code]

Photo en couleur montrant un joueur de rugby habillé en blanc et vert marchant sur une pelouse, au fond des spectateurs.
Conrad Smith avec le maillot de la Section paloise.

Depuis plus d'un siècle, le rugby à XV est particulièrement bien implanté auprès des Béarnais[99]. Cette pratique est organisée par le comité du Béarn, celui-ci revendique en 2015 un total de 6 286 joueurs et 1 298 dirigeants répartis au sein de 40 clubs[100]. Le rugby apparaît notamment à Pau dès 1899 avec le Stade palois[101], celui-ci est par la suite incorporé à la Section paloise qui est le grand club omnisports de la ville. La Section paloise débute cette pratique en 1905 à la place de la barrette. La Section paloise a remporté trois titres de champion de France (1928, 1946 et 1964), trois coupes de France (1939, 1952, 1997), un challenge européen (2000) et un titre de champion de France de deuxième division (2015)[102]. Le club évolue dans l'élite du rugby français, Top 14, depuis 2015. L'équipe professionnelle évolue depuis 1990 au stade du Hameau, tandis que les équipes de jeunes jouent toujours dans l'emblématique stade de la Croix du Prince[103]. Le FC Oloron (surnommé Fécéo) est l'autre grand club du rugby béarnais. Il évolue au plus haut niveau du rugby français jusque dans les années 1980[99]. Avec l'arrivée du professionnalisme dans le rugby en 1995[104], le club se contente désormais de disputer l'élite du niveau amateur avec la Fédérale 1 dans son stade de Saint-Pée[105].

Basket-ball[modifier | modifier le code]

Vue d'un bâtiment vitré avec une grande porte en pierre.
Le marché de la Moutète où a évolué l'Élan béarnais jusqu'en 1991.

L'Élan béarnais possède l'un des palmarès les plus fournis parmi les clubs français de basket-ball. Il compte neuf titres de champion de France (1986, 1987, 1992, 1996, 1998, 1999, 2001, 2003 et 2004), trois coupes de France (2002, 2003, 2007), trois tournois des As (1991, 1992, 1993), une semaine des As (2003), un titre de vainqueur de la coupe Korać (1984) et un titre de champion de France de deuxième division (2010)[106]. Il forme avec le CSP Limoges le duo incontournable de l'élite française[107]. L'origine du club remonte à 1908[108], il s'agit alors d'un club omnisports présent à Orthez, la section basket-ball est fondée en 1931[108]. Le club est pris en main par Pierre Seillant en 1967 qui fait évoluer le club pour lui faire atteindre l'élite du basket-ball français et européen. L'Élan béarnais évolue alors au sein de sa célèbre salle de la Moutète[109] (qui sert également de marché couvert). En 1991, le club prend la direction du palais des sports de Pau pour assurer son développement, il s'agit toujours en 2016 de la plus grande salle de basket-ball en France avec 7 856 places assises.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Photo en couleur d'un peloton cycliste sur une route de montagne.
L'ascension du col de l'Aubisque par le Tour de France 2010.

Avec ses multiples cols pyrénéens, le Béarn est un terrain privilégié pour la pratique du cyclisme et le passage du Tour de France. Pau est ainsi derrière Bordeaux la ville de province ayant été le plus de fois ville-étape dans l'histoire du Tour de France. La ville a reçu le Tour pour la 67e fois[110] en 2015. Le Tour passe dans les Pyrénées béarnaises dès 1910. Le futur vainqueur de l'édition, Octave Lapize, déclare lors de l'ascension de l'Aubisque et à l'attention des organisateurs : « Vous êtes des criminels. On ne demande pas à des hommes de faire un effort pareil »[111]. Outre l'Aubisque, le Tour de France parcours régulièrement les cols de Marie-Blanque, du Soulor, du Soudet, de la Pierre Saint-Martin et du Pourtalet. Le Tour d'Espagne emprunte également ces routes, son étape-reine[112] passe en Béarn en 2016.

Hippisme[modifier | modifier le code]

Le Béarn jouit d'une tradition hippique très ancienne, puisqu'un hippodrome est réalisé à Morlaàs au moins à partir du XIe siècle[113]. Il passe pour être le plus ancien de France, voir d'Europe moderne[113]. Aujourd'hui, l'hippodrome du Pont-Long à Pau est l'un des principaux centres d'entrainement hippique de France, avec Chantilly et Maisons-Laffite[114]. Le centre d'entraînement de Sers abrite ainsi en 2016 six cents chevaux. L'hippodrome accueille un total de vingt-sept réunions d'obstacles et de plat lors de la période hivernale[115]. Le parcours de steeple-chase est l'un des plus redoutables d'Europe. De plus, le Concours complet international de Pau, nommé les Étoiles de Pau, se déroule chaque année au domaine de Sers. Il s'agit de la seule épreuve de ce niveau (CCI****) en France.

Jeux béarnais[modifier | modifier le code]

À l'image de la force basque ou des jeux traditionnels bretons, le Béarn compte différents jeux ayant pour but de prouver la force, l'agilité et l'adresse des participants. Chaque jeu représente un défi que les agriculteurs béarnais se lançaient autrefois lors des récoltes du blé, de la paille, des pommes de terre, du bois ou encore lors des vendanges[116]. Depuis 1974 les jeux béarnais réunissent plusieurs cantons du Béarn qui s'affrontent autour de 10 épreuves. La 46e édition a ainsi eu lieu en 2015 dans les arènes d'Arzacq-Arraziguet[117].

Pelote basque[modifier | modifier le code]

Vue de l'intérieur d'une salle de sport, à gauche un terrain de pelote basuqe, à droite des tribunes.
Le Jaï-alaï de Pau.

Le Béarn est une place forte de la pelote basque avec la ligue du Béarn qui existe depuis 1945 et regroupe en 2016 42 clubs, près de 2 600 licenciés et 5 000 joueurs loisir[118]. La ligue du Béarn organise chaque saison 110 championnats du Béarn dans les différentes spécialités qui débouchent ensuite sur les championnats de France organisés par la FFPB. Le complexe de pelote de Pau a été inauguré en 2006, l'équipement est constitué d'un jaï-alaï, d'un mur à gauche et d'un trinquet et d'un fronton place libre. C'est en 2016 la plus grande installation de pelote basque en Europe (plus de 2 000 places)[119].

Quilles de neuf[modifier | modifier le code]

Le Béarn est également réputé pour son jeu de quille typique : les quilles de neuf. Il s'agit d'un jeu ancien qui se jouait déjà du temps d'Henri IV. Le but est d'envoyer une boule de 6 kg sur les quilles pour effectuer l'une des 12 figures prédéfinies par les règles du jeu[120]. Il reste en 2016 environ 25 plantiers en Béarn (plantiers municipaux ou privés).

Cultes[modifier | modifier le code]

Culte catholique[modifier | modifier le code]

Photo du détail d'un bâtiment religieux, au premier plan le haut d'une crois, à l'arrière une tour avec des gargouilles.
Le diocèse de Lescar est l'un des deux diocèses béarnais qui s'organise dès le VIe siècle.

Le Béarn dépend du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron, suffragant depuis 2002 de l’archidiocèse de Bordeaux[121]. Mgr Marc Aillet est l’évêque de ce diocèse depuis le 15 octobre 2008. Le diocèse est découpé en plusieurs zones, trois d'entre elles concernent le Béarn : « agglomération paloise », « Béarn nord et est » et « Béarn sud et ouest ». Le Béarn est parsemé d'un total de 43 paroisses[122].

La religion chrétienne apparaît en Béarn au cours du Ve siècle[38], suivant la tendance de l'expansion du christianisme au Moyen Âge en Europe occidentale. Un sarcophage en marbre blanc[123], daté du Ve siècle, et présent dans l'église Saint-Vincent de Lucq-de-Béarn passe pour être le monument le plus ancien de l'art chrétien en Béarn. Le christianisme béarnais s'organise dès le VIe siècle et jusqu'au concordat de 1801 autour de deux diocèses, à Lescar et Oloron. Ces derniers dépendant alors de l'archidiocèse d'Auch. L'histoire du christianisme en Béarn est marquée au XVIe siècle par des troubles liées aux guerres de religion. En 1571, Jeanne d'Albret édicte une ordonnance qui sécularise les biens de l'Église et impose le protestantisme[TC 20]. Ce n'est qu'à partir de 1620, que le culte catholique est totalement[Note 40] rétabli par Louis XIII. Le catholicisme connaît une autre période de troubles durant la Révolution française, avec la Constitution civile du clergé de 1790 à 1801.

Le Béarn est traversé par deux des quatre voies principales menant au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. La via Lemovicensis passe par le nord-ouest du territoire, de Sault-de-Navailles à Sauveterre-de-Béarn. Également nommée voie limousine (ou voie de Vézelay), elle rejoint deux autres voies au « Carrefour de Gibraltar » avant le passage en Espagne. La via Tolosana (ou chemin d'Arles) traverse le Béarn du nord-est vers le sud, et le col du Somport. Elle relie plusieurs des principales places du christianisme béarnais avec Morlaàs, Lescar, Lacommande puis Oloron-Sainte-Marie. Le chemin du piémont pyrénéen est un itinéraire secondaire qui passe par Saint-Bertrand-de-Comminges pour rejoindre ensuite la via Tolosana.

Culte protestant[modifier | modifier le code]

Le protestantisme dispose d'une implantation très ancienne en Béarn, la Réforme s'y organise à partir du XVIe siècle avec Marguerite de Navarre et surtout sa fille Jeanne d'Albret. Celle-ci se convertit en 1560 à Pau[124], puis fonde l'Académie protestante du Béarn à Orthez en 1566. Jeanne d'Albret souhaite convertir les Béarnais à la religion réformée, en 1571 elle fait du Béarn une souveraineté protestante[TC 20]. Dès 1620, et l'annexion du Béarn à la France par Louis XIII, la religion réformée perd en influence. Malgré tout Louis XIII protège cette pratique, ce qui permet de maintenir une soixantaine de lieux de cultes[TC 26] dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Les protestants sont devenus minoritaires en Béarn, mais sont toujours entre 20 000 et 30 000 . La révocation de l'édit de Nantes en 1685 par Louis XIV renforce nettement le déclin du protestantisme avec des persécutions (comme les dragonnades) et la fuite de nombreux huguenots vers des pays refuge[124]. La plupart des protestants béarnais continuent dès lors leurs pratiques religieuses dans l'intimité du cadre familial ou dans les assemblées du désert. L'édit de tolérance de Louis XVI en 1787 permet aux non catholiques de bénéficier d'un état civil, avant que la liberté de conscience ne leur soit accordée en 1789 avec la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC)[124]. Le concordat de 1801 donne au protestantisme français une existence officielle[124].

Le Béarn dispose en 2016 de plusieurs temples liés à l'Église protestante unie de France. Une dizaine de temples sont présents à Bellocq, Boeil-Bezing, Mourenx, Oloron-Sainte-Marie, Orthez, Osse-en-Aspe, Pau, Salies-de-Béarn et Sauveterre-de-Béarn. Le temple d'Orthez est inauguré le , il est alors le premier à être reconstruit en France après l'application de la DDHC en 1789[124].

Culte anglican[modifier | modifier le code]

L'afflux d'une importante, et aisée, communauté anglaise au cours du XIXe siècle à Pau a amené la construction de plusieurs lieux de cultes de l'Église anglicane au sein de la ville. La Christ Church en 1841 (actuel temple protestant) ou encore la Holy Trinity Church en 1862 (qui accueille le cinéma Le Mélies) ont précédé la construction de l'Église Saint-Andrew en 1888[125]. Cette église représente désormais le dernier lieu de culte anglican de la ville, avec la tenue d'offices hebdomadaires[126]. La totalité de l'édifice est inscrite à la liste des monuments historiques depuis 2015[127].

Culte orthodoxe[modifier | modifier le code]

Un lieu de culte orthodoxe est présent à Pau avec l’église Saint-Alexandre-Nevsky ; elle a été inaugurée en 1867. Après celle de Nice (1859) et Paris (1860), elle est la troisième plus ancienne église orthodoxe de France[128]. Elle a été réalisée, à l'origine, pour satisfaire la communauté russe venant passer l'hiver dans la capitale béarnaise. Elle accueille désormais un culte mensuel pour une communauté regroupant une centaine de fidèles.

Culte israélite[modifier | modifier le code]

Une synagogue est présente à Pau, elle a été inaugurée en 1880[129]. La présence d'une communauté juive paloise est attestée depuis le début du XIXe siècle[130], elle est notamment prouvée par la création d'un cimetière juif en 1822 et répertorié à l'inventaire des monuments historiques depuis 1995. La communauté juive décline après la Première Guerre mondiale, malgré la présence continue de juifs anglais. Depuis 1945, la communauté s'est agrandie avec l'apport de personnes originaires d'Afrique du Nord.

Culte musulman[modifier | modifier le code]

Trois lieux de culte musulman sont présents en Béarn, à Oloron-Sainte-Marie, Orthez et Pau. La communauté musulmane du Béarn s'est accrue au cours de la seconde moitié du XXe siècle avec l'arrivée de migrants provenant du Maghreb et plus récemment d'Afrique subsaharienne.

Médias[modifier | modifier le code]

L'actualité du Béarn est couverte par plusieurs médias de différente nature. Au niveau de la presse écrite, trois quotidiens locaux dépendant du Groupe Sud Ouest sont actifs : le Sud Ouest (édition Béarn et Soule), La République des Pyrénées, et L'Éclair. Communément appelé La République, ou La Rep, il s'agit du quotidien le plus lu du Béarn et de la Soule avec 143 000 lecteurs au numéro moyen[131].

En matière d'audiovisuel, le Béarn bénéficie quotidiennement d'un décrochage de l'édition télévisée de France 3 Aquitaine qui se nomme Pau Sud-Aquitaine. Enfin, le territoire accueille plusieurs antennes radiophoniques. Dont notamment France Bleu Béarn, qui fournit un programme commun national ainsi que des émissions locales. NRJ, Virgin Radio ou encore RFM disposent chacune d'une antenne béarnaise. Plusieurs autres radios locales sont également disponibles, comme Ràdio País consacrée à la culture occitane, ou encore Atomic, 100% Radio et Radio Inside.

Personnalités liées au Béarn[modifier | modifier le code]

De nombreuses personnalités ont eu un attachement particulier au Béarn, notamment celles appartenant à la liste ci-après (classement par année de naissance) :

Vue de côté d'une statue représentant un homme appuyé sur un bâton avec à ses côtés un chien, au fond des montagnes
La statue de Fébus face aux Pyrénées à Pau.
Cliquez sur une image pour l'agrandir, ou survolez-la pour afficher sa légende.

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population[modifier | modifier le code]

En 2011, le revenu fiscal médian par ménage était de 29 401 €[Note 42] en Béarn contre 29 666 € en France métropolitaine[134]. Les communes béarnaises disposant des revenus fiscaux médians par ménage les plus importants sont notamment situées dans le pôle urbain de Pau. Les communes de Lée, Serres-Morlaàs, Buros et Idron possèdent par exemple chacune un revenu médian supérieur à 45 000 € par ménage fiscal.

Emploi[modifier | modifier le code]

En 2012, la population béarnaise âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 229 034 personnes, parmi lesquelles on comptait 72.6 % d'actifs dont 64.8 % ayant un emploi et 7,8 % de chômeurs[135].

L'économie béarnaise est marquée par un taux de chômage relativement plus bas que celui observé par l'Insee dans le reste du pays. Le taux de chômage trimestriel moyen observé sur 2015 était de 7,1 %[136] pour la zone d'emploi d'Oloron-Sainte-Marie[137] et de 8,5 %[136] pour la zone d'emploi de Pau[138] contre 9,7 %[139] en Nouvelle-Aquitaine et 10,0 %[139] pour la France métropolitaine sur la même période.

Activité et emploi de la population de 15 à 64 ans par âge en 2012[Note 43].
Population Actifs Taux d’activité en % Actifs ayant un emploi Taux d’emploi en %
Ensemble 229 034 166 256 72,6 148 333 64,8
15 à 24 ans 40 778 16 318 40,0 12 271 30,1
25 à 54 ans 139 083 126 767 91,1 114 698 82,5
55 à 64 ans 49 172 23 172 47,1 21 364 43,4

Principaux secteurs d'activité[modifier | modifier le code]

Pendant très longtemps, l'économie béarnaise se résume à une agriculture de subsistance ainsi qu'à un artisanat rural répondant aux besoins locaux[TC 56]. C'est à partir de la fin du XIIIe siècle qu'une évolution se dessine, le Béarn profite alors de sa position géographique (entre Bassin aquitain et Bassin de l'Èbre) et de son statut de principauté pour développer une activité notable de commerce (notamment de transit). L'artisanat se développe également progressivement, essentiellement par la transformation de produits agricoles[Note 44]. Cet artisanat prend racine en particulier à Oloron et Nay, à tel point que ces deux centres textiles atteignent un stade industriel vers la fin du XVe siècle[TC 57]. Malgré cette diversification progressive, l'agriculture demeure l'activité fondamentale du pays[TC 58]. Cet équilibre se poursuit globalement jusqu'au XIXe siècle, avec une domination de l'agriculture (succès du maïs à partir du XVIIIe siècle), l'importance du commerce[Note 45] et une industrie textile toujours dynamique.

Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, la position géographique du Béarn auparavant si bénéfique devient un frein majeur à son économie. L'absence de transpyrénéen lors de l'arrivée des chemins de fer en Béarn en font un véritable cul-de-sac[TC 33]. Durant la seconde moitié du XXe siècle, l'économie béarnaise connaît une double révolution avec la découverte du gisement de gaz de Lacq en 1951 et l'essor de la culture du maïs hybride[TC 44], tout en voyant son industrie textile se réduire sensiblement. Aujourd'hui, l'économie béarnaise se tourne notamment vers l'industrie aéronautique ainsi que les géosciences, l'agriculture a perdu sa domination mais garde toujours un poids significatif dans le paysage béarnais. L'essor de l'agglomération paloise a permis le développement d'une activité administrative particulièrement importante.

Le tableau ci-dessous détaille le nombre de postes implantés en Béarn selon leur secteur d'activité[Note 46] :

Structure de l’économie béarnaise au 31 décembre 2013.
Nombre de postes  % (% FM)
Ensemble 120 071 100,0
Agriculture, sylviculture et pêche 1 094 0,9 (1,1)
Industrie 21 330 17,8 (14,4)
Construction 7 961 6,6 (6,4)
Commerce, transport et services divers 49 385 41,1 (46,3)
Administration publique, enseignement, santé, et action sociale 40 301 33,6 (31,8)
Champ : établissements actifs, hors Défense et activités de ménage.

Le tableau ci-dessous détaille les établissements actifs par secteur d'activité au regard du nombre de salariés[140] :

Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2013.
Total  % 0
salarié
1 à 9
salariés
10 à 19
salariés
20 à 49
salariés
50 salariés
ou plus
Ensemble 36 954 100,0 25 677 9 069 1 111 694 403
Agriculture, sylviculture et pêche 4 853 13,1 4 340 500 11 1 1
Industrie 2 225 6,0 1 188 693 167 97 80
Construction 3 650 9,9 2 482 985 105 57 21
Commerce, transports, services divers 20 551 55,6 13 956 5 630 545 290 130
Administration publique, enseignement, santé, action sociale 5 675 15,4 3 711 1 261 283 249 171
Champ : ensemble des activités.

Agriculture et agroalimentaire[modifier | modifier le code]

Photo montrant des vaches blanches allongées dans un pré, au fond un bâtiment agricole puis une colline.
L'élevage est au cœur de l'activité agricole dans les vallées des Pyrénées béarnaises.

L'activité agricole domine l'économie béarnaise durant de nombreux siècles, avant de se faire supplanter progressivement au cours du XIXe siècle et surtout du XXe siècle par les secteurs secondaires et tertiaires. Les vallées des Pyrénées béarnaises sont traditionnellement spécialisées dans l'élevage, tandis que le piémont est plus diversifié avec de l'élevage également mais aussi de la culture. La polyculture ainsi qu'un morcellement parcellaire important[TC 59] marquent pendant longtemps le paysage du piémont. La viticulture se développe dès le XIVe siècle[TC 60] dans le Vic-Bilh, entre Morlaàs et Lembeye, ainsi que sur les coteaux de Jurançon et Monein. Le travail du lin se répand au XVe siècle dans les vallées du gave, prémisse d'une industrie textile porteuse dans la région de Nay notamment. Des exploitations forestières se développent, quant à elles, à partir du XVIIe siècle, en particulier dans les vallées d'Aspe et de Barétous[Note 47]. Le maïs est introduit à partir du XVIIe siècle, il connait un fort succès au XVIIIe siècle et change progressivement les paysages béarnais pour reléguer les autres céréales au second plan[TC 61].

Photo d'un bâtiment moderne de plusieurs étages vitrés, au premier plan une plaque indiquant le nom de l'entreprise.
Le siège du groupe coopératif Euralis à Lescar.

Durant le XXe siècle, l'emploi agricole a fortement reculé avec l'utilisation systématique des tracteurs. Le remembrement des terres a favorisé l'émergence d'exploitations de taille plus importantes. La coopérative Euralis (ancienne Coop de Pau) est aujourd'hui un acteur central de l'agriculture béarnaise. Le groupe emploie en 2016 5 200 personnes dans le monde[141], dont environ 300 dans son siège social situé à Lescar[142]. Le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation est, quant à lui, chargé d'accompagner les entreprises agricoles dans l'accroissement de leur valeur ajoutée. La transformation des produits agricoles pour l'industrie agroalimentaire est également un pan important de l'économie béarnaise. Plusieurs groupes disposent d'une implantation notable en Béarn. C'est notamment le cas du chocolatier suisse Lindt & Sprüngli à Oloron-Sainte-Marie, il y emploie 600 salariés permanents et autant de saisonniers[143]. La fromagerie des Chaumes installée à Jurançon (350 salariés) et la laiterie Sodiaal à Lons (200 salariés[144]) sont d'autres exemples notables.

Le Béarn fait partie de la zone AOC du fromage ossau-iraty, ainsi que des IGP du jambon de Bayonne et de l'agneau de lait des Pyrénées. La viticulture béarnaise dispose de l'AOC Béarn avec les vignobles du Jurançon (principalement autour de Jurançon et Monein) dans 25 communes situées à l'ouest et au sud de Pau, ceux du Madiran constitué de 28 communes béarnaises du Vic-Bilh, et celui de l’appellation Béarn-Bellocq. La Cave de Jurançon est un acteur important de l'activité viticole du Béarn, celle-ci emploie environ 100 salariés et compte 300 viticulteurs adhérents[145] qui permettent la commercialisation annuelle de 5 millions de bouteilles. Les viticulteurs du Madiran sont notamment regroupés au sein de la Cave de Crouseilles, celle-ci compte 15 salariés et 130 viticulteurs adhérents pour une production de 5 millions de bouteilles par an[146].

Industrie manufacturière[modifier | modifier le code]

Dès la fin du XVe siècle, Oloron et Nay deviennent des centres textiles notables, dépassant le simple cadre de l'artisanat pour atteindre un stade industriel[TC 57]. Ils se spécialisent alors dans le travail de la laine, quelle soit d'origine locale ou d'Aragon. Vers la fin du XVIe siècle, Orthez et Pontacq se concentrent elles sur le travail du cuir[TC 62]. Durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'industrie textile béarnaise connait une prospérité sans précédent[TC 63]. La laine et le lin sont les deux produits de base de cette production, qui s'exporte notamment vers l'Espagne et les Antilles (grâce à la présence de la diaspora béarnaise expatriée). La laine est par exemple utilisée pour confectionner le cordeillat (épaisse bure) et la rase (bure pour les capes). Des étoffes plus fines sont confectionnées à Nay, avec des fez destinés au Levant. L'industrie textile emploie alors 9 000 personnes dans la région d'Oloron[TC 64], elle emploie également 6 000 personnes dans la région paloise. Cette dernière se spécialise dans la production de mouchoirs et de linge de table.

La Révolution française marque un net coup d'arrêt à la prospérité de l'industrie textile béarnaise. Le renforcement des frontières supprime les débouchés traditionnels des productions béarnaises, tandis que le manque de capitaux et la stagnation technique font le reste[TC 65]. Durant le milieu du XIXe siècle, l'activité repart avec l'achat de machines modernes. Nay en profite particulièrement, on y produit alors environ 800 000 bérets en grande partie destinés à la Navarre[TC 66]. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le Béarn subit la concurrence des usines textiles du nord de la France. Celles-ci bénéficient de leur approvisionnement en charbon pour utiliser des machines à vapeur. Durant le XXe siècle, l'industrie textile béarnaise se réduit sensiblement sous l'effet d'une concurrence internationale croissante. En 2011, la filière textile[Note 48] compte un total de 48 établissements qui rassemblent 517 salariés[147]. L'entreprise Laulhère, installée à Oloron-Sainte-Marie, emploie par exemple une cinquantaine de personnes pour la fabrication de bérets.

Photo sur l'entrée d'un bâtiment comprenant une grande porte vitrée et des toitures en acier.
L'usine Turboméca de Bordes emploie 2 500 salariés.

Auparavant essentiellement consacrée au textile, l'industrie manufacturière du Béarn s'est orientée vers d'autres types de production au cours du XXe siècle. L'industrie aéronautique a pris un poids grandissant tout au long de cette période. La venue des frères Wright dès 1909 fait du Béarn un précurseur en la matière. Turboméca à Bordes (2 500 salariés[148]) et Messier-Dowty à Bidos (815 salariés[149]) sont des exemples majeurs d'une industrie qui compte une myriade de sous-traitants dans la région. Le Béarn fait partie du pôle de compétitivité Aerospace Valley depuis 2005. Le bassin de Lacq a également profité de l'extraction de gaz pour attirer des industriels désireux de profiter de cette source d'énergie, tout comme de la classification Seveso 2 du site. Il convient notamment de citer Toray Carbon Fibers Europe (ex Soficar) installé à Abidos, ses 430 salariés[150] produisent ainsi de la fibre de carbone destinée aux industries aéronautiques et automobiles.

Énergie[modifier | modifier le code]

Traversé par de nombreux cours d'eau, le Béarn profite depuis toujours de cette ressource comme source d'énergie. Dès le début du Moyen Âge, les moulins à eau permettent notamment de moudre le blé. Au cours du XXe siècle, de nombreuses centrales hydroélectriques sont installées le long des cours d'eau béarnais, avec la constitution de lacs de barrage dans les Pyrénées également. Les lacs d'Artouste, de Fabrèges, de Bious-Artigue ou encore de Castet sont les exemples majeurs de ces barrages hydroélectriques. Le lac d'Estaens est lui situé en Espagne, bien que le barrage se trouve côté béarnais. Plus en aval, des centrales hydroélectriques sont également situées à Asasp-Arros, Oloron-Sainte-Marie (Soeix et Legugnon), Orthez (quartier Castetarbe), Baigts-de-Béarn et Puyoô. Plusieurs entreprises se partagent l'exploitation de ces centrales, la Shem (filiale d'Engie) s'occupent des barrages situés en vallée d'Ossau[151], tandis qu'EDF Hydraulique Adour et Gaves se charge des barrages présents en vallée d'Aspe et en aval des Pyrénées[152].

Vue d'une rivière, à l'arrière plan des poteaux électriques et des cheminées d'usine.
Le gisement de gaz de Lacq au bord du gave, découvert par accident en 1951.

Le sous-sol béarnais ne contient pas de charbon, les entreprises béarnaises ont donc dû importer cette source d'énergie pour pouvoir utiliser les machines à vapeur au cours du XIXe siècle. Après 1945, la France prospecte ses sous-sols à la recherche de nouvelles ressources pour gagner en indépendance énergétique. Gisements de pétrole et de gaz sont recherchés avec peu de résultats. Fin 1949[153], un petit gisement de pétrole est découvert près de Lacq par la SNPA. Toujours à la recherche de poches d'huile, une équipe de forage découvre un gisement de gaz le [153] sur le sondage Lacq 3. Une violente éruption de gaz se produit sur ce forage d'une profondeur de 3 500 mètres. L'éruption reste incontrôlable pendant 4 nuits et 5 jours. Le gisement s’avère être exceptionnel[153],[59], il contient un total de 262 milliards de m³. Le gaz extrait est particulièrement corrosif, ce qui oblige les ingénieurs de Vallourec à concevoir un acier capable d'y résister. L'exploitation du gaz commence finalement en , elle monte progressivement en gamme en passant d'1 million de m³ traités quotidiennement jusqu'à un pic de 33 millions de m3 en 1971[153]. Le site de Lacq centralise plusieurs autres gisements béarnais de plus petite taille, comme ceux de Meillon et Saint-Faust découverts en 1965 et 1966. Ce rythme se maintient jusqu'au milieu des années 1980, avant de se stabiliser à environ 8 millions de m³ jusqu'au début des années 2000.

La SNPA (devenu Elf Aquitaine en 1976) emploi rapidement 4 000 personnes sur place. André Labarrère qualifie le gisement de Lacq de « miracle béarnais », il modifie profondément et de manière durable la vie économique du pays. Il permet l'embauche de nombreux agriculteurs locaux, puis d'ouvriers venus d'autres bassins industriels français[153]. La ville nouvelle de Mourenx est bâtie pour accueillir cet afflux de main d'œuvre, avec également de nombreuses personnes issues d'Afrique du Nord. Le classement Seveso du site permet l'accueil d'activités industrielles à risque liées à la fabrication d'éthylène, de styrène et de chimie fine. Une diversification qui permet au bassin de Lacq de se reconvertir en 2013, après l'arrêt de la commercialisation du gaz. Le gaz restant[Note 49] est depuis utilisé pour approvisionner les entreprises du site. Le Béarn conserve une production pétrolière, par exemple avec le gisement du Vic-Bilh découvert en 1979. Celui-ci est exploité par le groupe canadien Vermilion Energy, il y extrait 800 barils par jour[155]. La production du gaz de Lacq a impliqué la création d'un réseau de gazoducs pour acheminer cette ressource vers le reste de la France. Auparavant filiale du groupe Total (héritier d'Elf Aquitaine), le groupe TIGF assure le transport et le stockage de gaz naturel en France. Son siège social est situé à Pau, il compte 570 salariés[156].

Géosciences et pétrochimie[modifier | modifier le code]

Photo d'un bâtiment en brique et en verre, au premier plan le nom de l'entreprise.
Le CSTJF du groupe Total à Pau, 3e centre de R&D en France[157].

L'exploitation du gisement de gaz de Lacq, à partir de 1957, marque le point départ d'une spécialisation du Béarn dans le domaine des géosciences. Confrontées à un gaz particulièrement difficile à extraire[Note 50], les équipes de la SNPA (puis d'Elf Aquitaine) développent au fil des ans des compétences très pointues pour l'exploitation des hydrocarbures. Édifié à partir de 1985 au nord de Pau, le centre scientifique et technique Jean-Féger (CSTJF) est l'héritier direct de ces pionniers de Lacq. Celui-ci est aujourd'hui le principal centre technique et de recherche scientifique du groupe pétrolier français Total[158]. Il compte 2 800 salariés, ce qui en fait le troisième plus grand centre de recherche et développement (R&D) en France[157]. Le CSTJF compte l'un des plus puissants supercalculateurs au monde. Nommé Pangea, il fait partie du top 10 des machines au niveau mondial et est présenté comme le calculateur le plus puissant dans le domaine industriel[159]. Basé à Pau, Avenia est le seul pôle de compétitivité français dans le domaine des géosciences[160].

En lien direct également avec l'exploitation du gaz de Lacq, le Béarn développe désormais une activité notable en matière de chimie fine. Installées sur le bassin de Lacq, plusieurs entreprises profitent des restes du gisement ainsi que du classement Seveso du site pour développer leur activité. Le groupe français Arkema y possède un établissement spécialisé dans la thiochimie, celui-ci compte 300 salariés entre ses deux sites de Lacq (dont un centre de recherche « GRL »[161]) et de Mourenx, ainsi qu'un site de fabrication de polyamides de spécialités à Mont qui compte en 2016 250 salariés[162].

Commerce[modifier | modifier le code]

Grâce à sa position géographique et à sa politique d'indépendance, le Béarn développe pendant plusieurs siècles une activité commerciale significative. Dès la fin du XIIIe siècle, plusieurs compagnies de marchands se constituent pour organiser un commerce de transit entre le Bassin aquitain et le Bassin de l'Èbre[TC 56]. La réputation de la monnaie morlanne, la surveillance des poids et mesures ainsi que l'entretien des chemins et des ponts expliquent ce développement initial[TC 67]. Durant la guerre de Cent Ans, le Béarn profite de sa neutralité politique pour aboutir à la création d'un véritable monopôle commercial[TC 68] pour les échanges entre le port de Bayonne (produits textiles d'Angleterre et de Flandre), Toulouse (pastel) et l'Aragon (laine). Ce commerce de transit se poursuit jusqu'au XVIIe siècle, les marchands constituent alors la classe la plus riche du pays[TC 69]. Dès le XVIIIe siècle, le commerce de transit laisse progressivement place à un double commerce d'importation (laines et cuirs) et d'exportation (textile, vin, bois)[TC 64]. Le commerce vers les Antilles se développe sensiblement, grâce à la présence de nombreux béarnais exilés[TC 70]. Le commerce d'exportation souffre particulièrement à partir de 1789 et tout au long du XIXe siècle, le Béarn perd l'accès à certains de ses débouchés privilégiés (Espagne et Antilles). L'absence de transpyrénéen, lors de l'arrivée du chemin de fer dans les années 1860, renforce le déclin du commerce béarnais. La très grande majorité du trafic franco-espagnol est désormais détourné au profit du passage d'Irun. La situation géographique du Béarn, auparavant si profitable, devient un frein majeur à l'activité commerciale du pays. Un transpyrénéen est finalement achevé en 1928, via la gare de Canfranc, mais le déclenchement de la guerre civile espagnole en 1936 coupe très rapidement tout espoir d'un nouvel essor commercial[TC 39].

Dessin montrant de gauche à droite, une charrette tirée par deux bœufs, deux piétons portant un agneau et un sac et deux cavaliers.
Les foires et marchés, ici à Pau au XIXe siècle, jouent un rôle économique et social important.

Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, le Béarn profite de l'amélioration des infrastructures routières pour bénéficier de plusieurs axes commerciaux importants. L'autoroute A64 depuis 1977 conforte le Béarn dans sa position centrale entre Bayonne et Toulouse, tandis que le tunnel du Somport offre le seul accès pyrénéen ouvert toute l'année vers l'Espagne. L'ouverture de l'autoroute A65 depuis 2010 permet d'accéder au nord du Bassin aquitain, mais le prix d'utilisation[21] de cet axe le rend peu compétitif par rapport à l'autoroute A63. Outre cette activité de commerce de transit, le commerce de proximité représente un pan important de l'économie béarnaise. Historiquement, ce commerce est présent dans les différents centres urbains béarnais. Depuis les années 1960, des centres commerciaux se multiplient en périphérie des centres-villes. Avec 323 boutiques[163], la zone de Lescar Soleil se présente comme l'une des plus grandes zones commerciales de France[164]. Les foires et marchés tiennent également une place majeure dans la vie économique et sociale des Béarnais. Les premières foires apparaissent dès le XIVe siècle à Oloron et Sauveterre-de-Béarn, puis au XVe siècle à Orthez, Pau ou encore Arudy[TC 67].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc d'un homme vu de dos faisant du ski dans la poudreuse.
La station de ski de Gourette.

C'est à partir du milieu du XIXe siècle que se développe une activité touristique notable en Béarn. Son essor s'explique par trois facteurs principaux : l'installation d'une colonie britannique à Pau, la mode romantique et le thermalisme[TC 66]. Ayant découvert le Béarn à l'époque de la bataille d'Orthez en 1814, certains officiers de l'armée de Wellington décident de revenir dans cette région pour passer une partie de leur retraite[TC 71]. L'accueil des Béarnais en 1814, les paysages, le climat et les nombreux terrains propices à la chasse à courre séduisent particulièrement cette population[TC 71]. Frappés par la pureté de l'air, plusieurs médecins britanniques mettent en avant les vertus du climat palois. Le plus célèbre d'entre eux reste le médecin écossais Alexander Taylor ; il connaît un fort succès avec un ouvrage de 1842 dans lequel il préconise la cure hivernale dans la capitale béarnaise[57]. Jusqu'au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Pau devient le centre d'une vie aristocratique internationale composée de Britanniques mais aussi de Nord-Américains, de Belges, d'Espagnols ou encore de Russes[TC 72]. Cette présence change profondément la morphologie de la ville ainsi que sa dimension. Les Pyrénées bénéficient d'un attrait croissant tout au long de ce XIXe siècle, avec le double effet du pyrénéisme et du thermalisme. Eaux-Bonnes et Eaux-Chaudes se développent sensiblement pour l'attrait de leurs bains, tout comme Salies-de-Béarn dans le piémont grâce à ses eaux salées.

Au cours du XXe siècle, le développement de la pratique du ski bouleverse l'économie de nombreuses communes pyrénéennes. Plusieurs stations de ski alpin se mettent en place en Béarn, tout d'abord à Gourette dès les années 1930, puis La Pierre Saint-Martin en 1962 et enfin Artouste en 1969. Les stations du Somport et d'Issarbe permettent elles la pratique du ski de fond. D'autres formes de tourismes se développent désormais en Béarn. Le tourisme urbain s'oriente notamment autour de Pau, son château est le site le plus visité du Béarn et des Pyrénées-Atlantiques avec environ 100 000 visiteurs par an[165]. L'écotourisme se développe également dans la campagne béarnaise ainsi que dans les vallées pyrénéennes. Pau bénéficie, en outre, d'un tourisme d'affaires grâce au Palais Beaumont et à son parc des expositions.

Au , les communes béarnaises comptabilisaient 113 hôtels représentant un total de 2 900 chambres[Note 51] pour les visiteurs. De plus, le Béarn comptait également 54 campings totalisant 2 514 emplacements.

Monnaie[modifier | modifier le code]

Photo d'une tour crénelée surmontée d'un toit en ardoise.
La tour de la Monnaie, symbole de l'activité monétaire de Pau.

Territoire autonome, le Béarn conserve une monnaie particulière pendant plusieurs siècles. La monnaie est notamment battue à Morlaàs dans le château des vicomtes de la Hourquie. Le sol morlan a cours régulier dans toute la Gascogne, mais circule aussi en Navarre et Aragon, au moins dès le Xe siècle. Ce sol est marqué par les deux vaquetas, symbole du Béarn, ainsi que par la devise béarnaise en latin. Jacques Faget de Baure estime, en 1818[167], que cette fabrication pourrait être bien antérieure et remonter avant la constitution de la vicomté de Béarn. Les ducs de Gascogne auraient choisi le Béarn pour y fixer la fabrication de leur monnaie, au débouché de la route naturelle commerciale que constitue la vallée d'Aspe d'un côté à l'autre des Pyrénées occidentales. Les souverains béarnais n'auraient donc fait que reprendre la propriété de cette monnaie, tout en conservant le droit de la répandre dans les anciens territoires du duché de Gascogne. Durant le Moyen Âge, toutes les monnaies des états voisins sont considérées comme étrangères et n'ont pas cours en Béarn[168]. La monnaie morlane jouit d'une très bonne réputation, que ce soit en Gascogne mais aussi dans le reste du royaume de France[169].

Pierre Tucoo-Chala souligne que Gaston Fébus, outre la monnaie d'argent, décide de battre une monnaie d'or, le « florin de Morlaàs » sur le modèle et le poids des florins d'Aragon et de Florence afin d'en garantir la conversion (côté pile saint Jean-Baptiste et côté face le lys, deux symboles de Florence, avec la marque Dominus Bearnii ou Febus Comes)[170].

Photographie d'une pièce de monnaie, côté pile et côté face.
Un denier (dinèr) béarnais de la dynastie des Centulle.

Le privilège de Morlaàs pour la fabrication de la monnaie béarnaise s'arrête à partir de la deuxième partie du XVe siècle. Pau devient la capitale des souverains béarnais en 1464, ils amènent probablement avec eux des ateliers pour confectionner la monnaie[171]. Mais cette monnaie garde tout de même le nom de monnaie morlane, jusqu'à la réalisation d'un hôtel de la monnaie à Pau en 1524[171] et la création d'une véritable monnaie de Pau. C'est à cette époque qu’apparaît le teston de Jeanne d'Albret, à la fois dans les ateliers de Morlaàs et Pau[172]. Avec le rapprochement du Béarn et de la France, les différences monétaires se réduisent progressivement. Sous François Ier, la monnaie béarnaise est autorisée dans tout le royaume de France[173]. Tandis qu'Henri d'Albret décide à la même époque de réduire la monnaie béarnaise aux titre et poids de la monnaie de France[174]. Sous le règne d'Henri IV, les monnaies béarnaises et françaises sont définitivement confondues[173],[174]. Les ateliers palois continuent, malgré tout, de fabriquer la monnaie jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Les vaquetas frappées sur les pièces sont alors le dernier symbole de leur origine béarnaise, un dicton fort répandu dans le royaume de France prétend que « l'écu à la vache porte bonheur »[174],

En béarnais, jusque dans la première moitié du XXe siècle, le terme de liura était un synonyme préféré au mot franc et la pistòla servait couramment à compter les dizaines de liuras [Note 52].

Depuis [178], le Béarn renoue avec cette tradition monétaire en émettant la monnaie locale complémentaire (MLC) du Béarn : la tinda[Note 53].

Culture locale[modifier | modifier le code]

Emblèmes[modifier | modifier le code]

Blason[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'or à deux vaches passant de gueules, accornées, accolées et clarinées d'azur[180].
Commentaires : Les deux vaches sont de race béarnaise, elles sont généralement surnommés vaquetas. L'utilisation de cet emblème remonte à l'origine de la création de la vicomté au IXe siècle
Paysage montrant un drapeau rouge et jaune sur la gauche et à l'arrière-plan des montagnes
Le drapeau béarnais devant les Pyrénées.

Plusieurs éléments sont mis en avant par les historiens pour expliquer ce choix. L'une d'elle, très peu probable[181],[182], prétend que Roger-Bernard III de Foix aurait trouvé le corps de saint Volusien et l'aurait fait porter sur son chariot tiré par deux vaches jusqu'à sa nouvelle sépulture. En mémoire du déplacement de ce saint, Roger-Bernard aurait souhaité que les deux vaches apparaissent sur l'écu du Béarn[182].

Les deux autres théories avancées pour expliquer la présence des deux vaquetas sont plus solides. L'une d'elle repose sur la légende des Vaccéens[183],[182],[184], ce peuple de pasteurs[185] aurait fuit la péninsule Ibérique pour rejoindre les Pyrénées. Les Venarni seraient les lointains descendants de ce peuple qui portait une attention particulière aux vaches, et dont ils tenaient leur nom. Les Venarni n'auraient donc fait que reprendre le symbole de leurs ancêtres. Une dernière théorie explique enfin la présence des vaquetas au grand nombre de vaches que l'on trouvait au IXe siècle (et que l'on trouve toujours) dans ce pays[182].

Symboles du Béarn et sources de nombreuses légendes[Note 54], les deux vaquetas sont ensuite utilisées pour la vie institutionnelle de la vicomté, qui deviendra par la suite souveraineté. Elles ornent les armoiries du pays lorsque l'héraldique apparaît au XIIe siècle ; la monnaie béarnaise est marquée de leur présence, tandis que de manière plus contemporaine, le drapeau béarnais en reprend le motif. Avec « Viva la vaca », le cri de guerre des Béarnais reprend également ce symbole[186]. Au cours de son histoire, les armoiries du Béarn sont reprises pour divers usages. En 1290, l'union de la maison de Foix avec celle de Béarn fait apparaître de nouvelles armoiries. Le blasonnement évoque : Écartelé en 1 et 4 d'or aux trois pals de gueules et en 2 et 3 d'or aux deux vaches de gueules, accornées, colletées et clarinées d'azur, passant l'une sur l'autre. Cet épisode explique également la présence des vaquetas béarnaises au sein des armoiries de la principauté d'Andorre. Chaque coprince de l'État pyrénéen, dont le comte de Foix, disposant de deux quartiers dans ce blason.

Hymne[modifier | modifier le code]

L'hymne officieux du Béarn est Si Canti (ou Aqueras Montanhas). Ce chant est ancestral, son véritable auteur est inconnu, mais la légende l'attribue au prince béarnais Gaston Fébus. Chef de guerre, fin politique, chasseur émérite et initiateur de la souveraineté béarnaise, Gaston Fébus est également un poète de langue gasconne. Selon cette légende[187], sa belle aurait été forcée de le quitter pour rejoindre la Navarre voisine. Fébus aurait donc écrit cette chanson, dans laquelle il souhaite voir les Pyrénées s'affaisser afin de laisser libre cours à ses amours. Ce chant s'est également répandu dans une vaste partie de l'aire linguistique des langues d'oc. De Toulouse à Montpellier, ce chant est considéré comme l'hymne du concept moderne d'Occitanie[188].

Langue[modifier | modifier le code]

Le béarnais (bearnés ou biarnés) est le nom donné aux parlers de langue d'oc (ou « occitan ») du Béarn. Il s'agit d'un parler roman inclus dans la famille du gascon, auquel il a servi de base normative (en particulier par le biais de l'Escole Gastoû Febus[189]) en raison de son passé littéraire et institutionnel. Un vif débat existe sur la réalité d'une langue gasconne spécifique et distincte de l'occitan, certains linguistes affirment que tel est le cas à cause de ses « caractères originaux et distinctifs »[190],[191],[192]. Cela placerait le gascon comme une langue à part entière proche de la langue d'oc, à l'image du catalan[193]. D'autres affirment qu'il s'agit d'un dialecte[194] de la langue d'oc . Malgré ces débats linguistiques récurrents sur la distinction entre langue et dialecte, il est commun d'estimer que le gascon/béarnais présente des particularités fortes, à la fois phonétiques et grammaticales, l'histoire singulière du Béarn étant un facteur de distinction supplémentaire.

Le béarnais est la seule langue utilisée par les institutions du Béarn depuis l'origine de la vicomté au IXe siècle jusqu'en 1620, il l'est ensuite concurremment au français de 1620 à 1789[195],[196]. Le béarnais repose sur une forte tradition orale, l'acte juridique est donc pendant longtemps basé sur le serment oral. Il faut attendre 1256 pour que Gaston VII de Béarn crée le notariat béarnais, et impose donc l'usage de l'écrit public en béarnais[197]. Ce cadre juridique permet au béarnais de se normaliser et de former une scripta béarnaise[198]. Du XIIIe siècle au XVe siècle, ce béarnais juridique est également utilisé officiellement dans des territoires gascons (Bigorre et Comminges) ainsi que dans des territoires de langue basque (Soule, Basse-Navarre et Guipuzcoa)[199]. Depuis la Révolution française, le français remplace le béarnais dans le cadre institutionnel et juridique.

Malgré la disparition du béarnais dans ce cadre administratif, son usage reste encore majoritaire auprès des Béarnais à la fin du XVIIIe siècle. Comme toutes les langues et parlers régionaux de France, le béarnais a progressivement reculé, mais en l'absence de grande ville en Béarn, ce recul ne s'est guère manifesté avant la seconde moitié du XIXe siècle. Cyprien Despourrins, Xavier Navarrot ou Alexis Peyret font alors toujours vivre cette langue à travers leurs œuvres. L'école française entre en conflit direct avec l'usage des langues régionales à partir du dernier tiers du XIXe siècle et ce jusqu'à la première moitié du XXe siècle[200]. L'usage d'une répression éducative (comme le symbole) ou corporelle[200] est alors la norme pour empêcher les élèves de pratiquer leur langue maternelle à l'école. L'ensemble des appareils de l'État français ainsi que des représentants des classes dominantes est à l'origine de cette volonté de supprimer les langues régionales[200]. Depuis le début des années 1950, cette phase répressive s'est graduellement arrêtée avec la transmission du français dans le cadre familial. C'est donc à partir du XXe siècle que le français s'impose comme langue d'usage dans la majeure partie de la population béarnaise.

Le béarnais bénéficie d'un important travail de modernisation dès la fin du XIXe siècle grâce à Paul Raymond et Vastin Lespy qui réalisent le premier grand dictionnaire béarnais[201]. Le mouvement du Félibrige dynamise également ce travail de normalisation moderne au travers de l'Escòla Gaston Fèbus. Figure marquante de ce mouvement, Simin Palay est l'auteur d'un dictionnaire du béarnais et du gascon modernes dès 1932[132], Jean Bouzet rédige lui un manuel de grammaire béarnaise[202]. L'enseignement du béarnais connait un renouveau depuis les années 1980, avec le développement des écoles bilingues calandretas. Le Béarn compte actuellement neuf écoles et un collège de ce type, cela représentait 422 élèves scolarisés en 2014[203]. La question des locaux pose problème, alors qu'une dizaine d'établissements supplémentaires serait nécessaire pour répondre à la demande en hausse[203]. D'après un sondage réalisé par la région Aquitaine en 2009, le béarnais[Note 55] est compris par 23 % des personnes interrogées[204]. Plusieurs associations font vivre le béarnais dans son expression moderne, il s'agit notamment de Per Noste, de l'Ostau Bearnés[205] ou encore de l'Institut béarnais et gascon[206].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Photographie d'un plat chaud cuisiné.
La garbure, plat typique des paysans béarnais.

On retrouve en Béarn toutes les spécialités gastronomiques de la cuisine gasconne. Notamment celles liées aux anatidés (canards et oies) comme le foie gras[Note 56], le confit, et le magret. Les Béarnais ont aussi développé quelques spécialités, dont la poule au pot, popularisée par une légende liée à Henri IV[208]. La garbure est la soupe traditionnelle paysanne, confectionnée avec les produits du potager et agrémentée éventuellement avec du canard confit[209].

Le Béarn, et notamment ses montagnes pyrénéennes, est une zone de production fromagère. Le fromage de brebis traditionnel prend historiquement le nom de fromage de Laruns[210], avant que sa confection ne soit encadrée par l'appellation d'origine ossau-iraty depuis 1980. Cette appellation d'origine contrôlée (AOC) (devenue AOP en 1996) est commune au Béarn et au Pays basque. La tomme des Pyrénées[211] est un fromage au lait de vache commun à la quasi-totalité de la chaîne des Pyrénées françaises.

Le jambon de Bayonne est issu d'une tradition multi-séculaire dans les pays du bassin de l'Adour. Sa fabrication est depuis 1998 protégée par une Indication géographique protégée (IGP). Celle-ci implique que l'élevage des porcs soit assuré dans le grand sud-ouest de la France tandis que sa salaison doit être pratiquée dans un rayon plus restreint composé des Pyrénées-Atlantiques et d'une partie de ses départements limitrophes[212]. La maison du jambon de Bayonne, équipée d'un espace muséographique[213], est située en Béarn au sein de la commune d'Arzacq-Arraziguet. Il faut noter que le jambon de Bayonne doit être frotté avec du sel des salines du bassin de l’Adour, dont notamment le sel de Salies-de-Béarn. Cette source saline est exploitée depuis l'âge du bronze[214], elle est à l'origine de la création de la cité[Note 57], de l'établissement de la fameuse voie du Cami Salié[Note 58] ainsi que du développement d'une activité importante de thermalisme au XIXe siècle dans la cité du sel.

Le travail de la vigne est représenté par plusieurs appellations regroupées dans l'AOC Béarn, dont le célèbre[216] jurançon qui est un vin blanc sec ou moelleux. On élabore également des vins rouges appelés « rouges du Béarn » autour de la commune de Bellocq. La zone AOC du Madiran comprend vingt-huit communes béarnaises (dans le territoire du Vic-Bilh), elle permet la production de vins rouges mais aussi de vins blancs avec le pacherenc.

Côté sucré, le Béarn compte quelques spécialités dont notamment le gâteau russe de la maison Artigarrède à Oloron-Sainte-Marie, ou encore le pastis bourrit[217] (commun avec les Landes) et la tourtière (ou croustade[218]). Le bonbon appelé la coucougnette, fait avec des amandes, de la pâte d'amande et du chocolat, est également devenu une spécialité béarnaise depuis plusieurs années. Enfin, il est à noter que la sauce béarnaise n'est pas originaire du Béarn, mais de la région parisienne[219].

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Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Le Béarn compte plusieurs musées ayant pour objectif de retracer l'histoire d'un lieu ou d'un personnage marquant. C'est notamment le cas du musée national du château de Pau, créé en 1929 autour de la figure du bon roi Henri IV. Le musée accueille en moyenne 100 000 personnes par an[220], ce qui en fait le site le plus visité du département[221]. Le château recense près de 12 000 œuvres et objets, dont la fameuse carapace de tortue[222] ayant servie de berceau à Henri, ainsi qu'une collection remarquable[223] de tapisseries des Gobelins. La capitale béarnaise compte également un musée consacré à Jean-Baptiste Bernadotte. Le musée Bernadotte est situé au sein de la maison natale[224] de ce palois, devenu maréchal de France puis roi de Suède en 1818. Le musée Jeanne d'Albret à Orthez retrace depuis 1995[225] l'histoire du protestantisme en Béarn, au sein d'une maison ayant appartenu à la reine au XVIe siècle. La maison du patrimoine d'Oloron-Sainte-Marie propose, quant à elle, des collections permanentes sur les découvertes archéologiques de l'antique Illuro ainsi qu'une découverte des traditions béarnaises[226]. D'autres espaces présentent des découvertes archéologiques en Béarn, comme à Lescar[227] et au musée gallo-romain de Claracq[228].

Certaines spécialités gastronomiques ou vestimentaires béarnaises possèdent leur propre musée. C'est le cas en particulier du sel à Salies-de-Béarn[229], du jambon de Bayonne à Arzacq-Arraziguet[213], du béret à Nay[230], du cigare à Navarrenx[231] ou encore des poteries à Garos[232]. Les vallées d'Ossau[233] et d'Aspe[234] possèdent chacune leur écomusée qui retrace les modes de vie particuliers dans ces territoires pyrénéens ; ces derniers sont situés respectivement à Arudy et Sarrance. Restaurée en 1999, la maison carrée de Nay accueille notamment une collection liée au riche passé industriel de la cité[235]. Il est, enfin, à signaler la présence du musée des beaux-arts de Pau. Celui-ci expose par exemple une œuvre importante de Degas, Le bureau du coton à la Nouvelle-Orléans[236], il présente également des œuvres anciennes et contemporaines du XVIIe siècle au XXe siècle, avec des peintures des écoles anglaise, espagnole, flamande, hollandaise, italienne et française.

Les arts du spectacle disposent de plusieurs scènes pour leur expression en Béarn. Le Zénith de Pau (Zénith-Pyrénées) est la principale salle de spectacle du Béarn et plus globalement du bassin de l'Adour. Inaugurée en 1992, elle dispose d'une capacité maximale de 7 500 spectateurs dont 4 418 places assises[237]. Plusieurs complexes cinématographiques sont présents en Béarn, notamment dans l'agglomération paloise avec trois cinémas du groupe CGR ainsi que le cinéma Le Mélies classé Art et Essai[238]. Des salles sont également présentes à Arudy, Garlin, Laruns, Monein, Mourenx, Oloron-Sainte-Marie, Orthez et Salies-de-Béarn[239].

Festivals[modifier | modifier le code]

La vie culturelle et sociale béarnaise est ponctuée de différentes manifestations spécifiques à ce territoire. Elles s'attachent à mettre en valeur le terroir béarnais, principalement autour de sa langue, sa gastronomie et son hospitalité. La saison commence en janvier/février avec la tenue de plusieurs carnavals, notamment à Géronce avec un défilé de chars fleuris entre les villages de la vallée de Josbaig[240]. Le carnaval biarnés se déroule lui chaque année à Pau, il met en scène la décadence du despotique Sent Pançard[241]. En avril se déroule Lo primtemps de l'Arribèra à Saint-Pé-de-Léren, les chancaires (échassiers) œuvrent à la transmission de la culture béarnaise au travers de sa langue, ses danses et chants[242]. Toujours en avril se déroule le festival des vallées et des bergers à Oloron-Sainte-Marie qui mise lui aussi sur la mise en avant de la culture béarnaise, et plus globalement pyrénéenne[243]. La culture occitane a son rendez-vous annuel avec le festival Hestiv'òc qui se déroule à Pau en août. Il rassemble 60 000 festivaliers[244] autour des musiques et des cultures du sud pendant quatre jours. La période estivale est également marquée par la tenue de la fête du fromage de la vallée d'Aspe à Etsaut en juillet[245].

L'association « Septembre en Béarn »[246] a pour objectif de promouvoir les fêtes traditionnelles béarnaises qui se déroulent chaque année de fin août à début octobre. Il s'agit de la période de l'année la plus riche en manifestations en Béarn. La gastronomie béarnaise est notamment mise en avant, avec les championnats du monde de garbure (ou garburade) à Oloron-Sainte-Marie[247], la fête du sel de Salies-de-Béarn[248], la foire au fromage de Laruns[249] ou encore la fête du maïs de Laàs[250]. Le retour des troupeaux des estives est célébré par la fête des bergers à Aramits[251], tandis que la culture béarnaise est mise en avant au festival de Siros[252].

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En lien avec la légende des Vaccéens et la présence des vaquetas sur leur emblème, les Béarnais possèdent une longue tradition taurine. Dès 1469, un texte évoque une course de vaches du côté de Moumour[253]. De mêmes événements sont recensés dans tout le Béarn, ces derniers attirent la foule et se rapprochent des actuelles courses landaises[254]. Durant le XIXe siècle, la tauromachie se codifie progressivement avec les apparitions notables de la corrida espagnole ainsi que de la forme moderne des courses landaises. La tauromachie s'implante alors en Béarn dans plusieurs communes, en particulier à Orthez[255], Garlin[256] et Arzacq-Arraziguet[257]. Ces places ont pour point commun d'être situées à proximité des anciens territoires gascons, une zone largement conquise à cette pratique. Le reste du Béarn est resté peu réceptif à la tauromachie et notamment à la corrida espagnole. Des arènes en bois sont, par exemple, construites à la fin du XIXe siècle à Pau. Lors d'une demande (infructueuse) de construction en dur d'une arène de 10 000 places, les promoteurs expliquent vouloir y mettre en scène la seule course portugaise car « nous désirons tenir compte des sentiments de la population paloise, nettement hostile aux barbaries et aux boucheries inutiles. »[258].

Costumes[modifier | modifier le code]

Dessin représentant une femme portant un costume traditionnel.
Costume traditionnel de la vallée d'Ossau.

Les costumes traditionnels[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début du XXe siècle, le costume béarnais présente plusieurs éléments caractéristiques. Chez la femme, il est de tradition de ne jamais sortir nu-tête[259] ; elle porte le capulet[260] dans les vallées pyrénéennes, ou le cabilh (mouchoir) dans le piémont[259]. Le vêtement de tous les jours (de tot dia) peut être miséreux dans les milieux modestes ; il comporte plus de recherche pour aller au marché voisin[259]. Pour les cérémonies et jours de fête, la robe-corsage (rauba) fait l'objet de soins particuliers. Le costume de l'homme est moins divers et raffiné que celui de la femme[259], il porte un gilet ainsi qu'une blouse camisole. Le béret était traditionnellement marron dans les vallées, avant que le noir ne se généralise. Fabriquée dès le XVIIIe siècle en Béarn[261], l'espadrille (espartenha) est la sandale traditionnelle du pays. Le costume traditionnel de la vallée d'Ossau est le seul à avoir résisté au temps, il est toujours revêtu pour des fêtes ou pour des mariages notamment[262].

Le béret[modifier | modifier le code]

Le béret (ou bounet) est le couvre-chef traditionnel des béarnais. Bien que qualifié, à tort, de « béret basque » il est bel et bien d'origine et de production béarnaise. Le mot français béret, provient du béarnais berret qui proviendrait du latin birretum[263]. La méprise serait à l'origine de Napoléon III qui en voyage à Biarritz qualifie le béret de basque, personne ne voulut alors contredire la parole impériale[264]. Porté à l'origine par les bergers de la vallée d'Ossau[263], il s'est ensuite répandu dans l'ensemble du Sud-Ouest ainsi qu'au nord de l'Espagne, avant de devenir un véritable emblème français[265]. Nay et Oloron-Sainte-Marie sont les deux agglomérations béarnaises à avoir connu une fabrication industrielle du béret[266]. Les derniers fabricants français du béret se trouvent désormais en Béarn, comme l'entreprise Laulhère située à Oloron-Sainte-Marie. Son port est moins généralisé qu'autrefois, mais résiste tout de même dans les campagnes béarnaises. Désormais les fabricants visent notamment les débouchés militaires ainsi que le domaine grandissant du luxe[265].

Architecture[modifier | modifier le code]

La case béarnaise, ou ostau, est la pierre angulaire de l’identité familiale[267]. Plus qu'une maison, la case est le symbole de la hiérarchie sociale de la famille. Le droit d'aînesse y est absolu[267], l’ensemble des terres, les droits et coutumes afférents ainsi que le cheptel sont transmis à l’enfant aîné de la famille. Avant les progrès de l'état civil au XIXe siècle, il est de coutume que le nouvel arrivant (gendre, héritier, ou acquéreur) perde son patronyme au profit de celui attaché à la case[268]. L'individu s'efface alors au profit de l'intérêt collectif, qui vise uniquement à pérenniser, et développer, le patrimoine de la case[267].

Certains éléments sont communs et particulièrement caractéristiques dans l'architecture béarnaise : la présence d'une toiture à forte pente comprise entre 45° et 50°, et l'utilisation des galets des gaves pour la construction des murs depuis le XVIIIe siècle[269]. Des différences locales apparaissent néanmoins. Autour de Salies, les maisons sont constituées d'un toit très pointu et couvrant, d'une façade crépie (couvrant les galets) ainsi que de tuiles couleur argile[270]. Dans les plaines, on intègre de nombreuses fenêtres ainsi qu'une double génoise. Le toit est fait de tuiles rousses et plates[270]. Dans le Vic-Bilh, l'influence de l'Armagnac voisine se fait sentir, avec la présence d'un pignon triangulaire qui prolonge la façade au-dessus de la porte d'entrée[270]. Enfin, la maison des vallées est couverte d'ardoises tandis qu'une cour protège l'ensemble des communs[270]. Bien que caractéristique des vallées pyrénéennes, l'utilisation de l'ardoise est également très répandu dans le reste du Béarn, son usage se réduit en allant vers le nord et l'ouest. Il faut également ajouter l'architecture des granges, les bordes, et les cabanes de montagne, les cujalars.

Depuis les années 1980-1990, de nombreuses maisons qualifiées de « néo-béarnaises » sont construites par les promoteurs immobiliers du Béarn. Celles-ci reprennent les principales caractéristiques de la maison béarnaise traditionnelle, comme le toit fortement pentu et l'utilisation de l'ardoise ou de la tuile rousse. L'utilisation du galet dans le processus de construction est, en revanche, marginalisée dans ces constructions modernes. Au cours des années 1990 et surtout 2000, des maisons de type provençales se sont développées de manière anarchique et incontrôlée dans certaines zones périurbaines du Béarn. Les pouvoirs publics ont depuis mis en place des recommandations pour éviter le développement de cette architecture mal maîtrisée[271]. La généralisation progressive des plans locaux d’urbanisme (PLU) à l'échelle des intercommunalités, au plus tard fin 2019[272], devrait permettre de répandre les bonnes pratiques en matière de préservation de l'identité architecturale du Béarn.

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Musique et chant[modifier | modifier le code]

Photo d'un obélisque, au fond une montagne enneigée.
Hommage à Cyprien Despourrins à Accous.

Reposant sur une longue tradition de transmission orale, le béarnais a engendré la création de nombreux chants. Ces chants ont pour points communs d'exprimer des sentiments tendres, des idées douces et des images riantes plutôt que l'éclat de la gaieté et le bruit des fêtes[273]. À la manière des contes, ils évoquent par exemple la naissance des pics pyrénéens, l'absence de l'être aimé, les amours impossibles ou encore les luttes de la communauté contre ses adversaires[274]. Certains chants béarnais sont intemporels, à l'image de Si Canti attribué à Gaston Fébus, ils remontent à l'époque médiévale se transmettant depuis de génération en génération. Cyprien Despourrins est le plus populaire des chansonniers béarnais, ses ballades La haut sus las montanhas[274], Rossinholet qui cantas[275], ou De cap a tu soy, Mariou[274] sont des classiques populaires du XVIIIe siècle qui plaisaient également à Louis XV, avec l'interprétation de Pierre de Jélyotte[276]. Au XIXe siècle, les airs de Xavier Navarrot bénéficient d'une popularité importante, comme Adiu me dau ! Quine galere[277]. Despourrins avait pour lui la grâce mélancolique, Navarrot se démarque par la malice et l'esprit caustique de ses textes[277]. C'est au cours de ce même XIXe siècle, que Charles Darrichon écrit son célèbre Bèth cèu de Pau[17].

Photo d'un homme en chemise et portant un béret tenant un mirco.
Jan du groupe Nadau.

La chanson béarnaise continue d'inspirer les artistes modernes. D'origine aspoise, le chanteur Marcel Amont enregistre de nombreux disques en béarnais depuis les années 1960[278]. Ces disques contiennent aussi bien des chansons traditionnelles que des textes des auteurs classiques de la littérature béarnaise et gasconne, tels que Jacob de Gassion, Xavier Navarrot, Alexis Peyret ou Simin Palay. Il se désole régulièrement du manque de considération de l'État français pour cette langue et cette culture[279], il publie en 2001 un livre avec comme question centrale « Comment peut-on être gascon ? »[280]. Le groupe Nadau est un groupe gascon-béarnais, qui célèbre cette culture à travers de nombreuses chansons. De cap tà l'immortèla et L'encantada sont deux des chansons les plus célèbres du groupe qui a rempli plusieurs fois l'Olympia de Paris[281]. La scène béarnaise se compose actuellement d'une multitude de groupes[282], reprenant à la fois les chants traditionnels sans oublier une activité de création originale.

Le Béarn est surnommé lo païs de las cantas (le pays des chants), la tradition des chants polyphoniques y est fortement ancrée[283]. La cantèra est une pratique sociale avec des règles musicales et humaines très fortes[283]. Sa pratique est particulièrement variée suivant l'endroit et le moment : duos fraternels, réunions amicales autour d'une table ou rassemblements festifs de plusieurs dizaines de chanteurs[284]. Le corpus de chants relevés en Béarn est composé de plusieurs centaines d'items. Dans son « Anthologie de la chanson béarnaise », André Hourcade en recense plus d'un millier[285]. Créé en 1967, le festival de Siros a permis un nouvel essor de cette activité[283]. La danse béarnaise est une autre pratique traditionnelle, elle est le plus souvent réalisée avec un accompagnement instrumental. En vallée d'Ossau des chansons à danser subsistent également[286]. Le répertoire de danses béarnaises comporte plusieurs sortes de danses, dont des danses collectives en chaîne (rondeau, farandole et branle) et des danses d'homme (sauts béarnais, proche du saut basque).

Littérature[modifier | modifier le code]

Les anciens fors de Béarn passent pour être les textes les plus anciens en prose béarnaise[287]. Il faut attendre le XIVe siècle pour observer l'émergence d'une poésie béarnaise avec la figure de Gaston Fébus. Le souverain de Béarn est un artiste accompli qui rédige des poèmes, notamment d'amour[288], en béarnais. Hormis ce bref épisode souverain, la littérature béarnaise reste cantonnée à un usage juridique[289]. Il est tout de même à noter l'œuvre marquante de Pey de Garros[Note 59] dans la seconde moitié du XVIIe siècle, il participe alors à ce qui sera qualifié par Pierre Bec de « siècle d'or de la poésie gasconne »[290]. Au cours de ce même XVIIe siècle, Jacob de Gassion est l'auteur de plusieurs sonnets, tandis que Jean-Henri Fondeville rédige des pastorales ainsi que des pièces de théâtre. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, l'œuvre de Cyprien Despourrins marque profondément la littérature béarnaise. Ses chansons et poèmes connaissent un succès très important de son vivant[291], qui inspireront ensuite nombre d'écrivains en langue béarnaise ou gasconne dont Xavier Navarrot au XIXe siècle. Alexis Peyret est lui un Béarnais qui suit le mouvement de nombreux autres de ses congénères en partant vivre en Argentine, il rédige plusieurs poèmes en béarnais. Il est enfin à citer Simin Palay, qui est l'auteur de poésies, pièces de théâtre et romans au début du XXe siècle.

Les contes et légendes tiennent une place centrale dans la tradition écrite et orale des Béarnais, ils contribuent à la mythologie pyrénéenne. Les thématiques sont adaptées à la culture de ce territoire, avec souvent l'environnement naturel (montagnes, gaves) comme élément central[292]. Les fées, les sorcières (las broishas), les loups et les ours sont des personnages fréquents[293], tout comme les bergers du côté humain. Parmi les contes béarnais, l'histoire de Jan de l’Ors[294] est particulièrement célèbre. Plus récemment on retrouve le personnage de Ramponneau dans le rôle du croque-mitaine. Dans la première moitié du XXe siècle, le personnage Caddetou d'Ernest Gabard devient emblématique dans l'esprit des Béarnais[295]. Toujours dans la tradition orale du Béarn, qui a ensuite débordé dans le genre littéraire, les dictons et proverbes sont nombreux. Quasiment chaque village béarnais possède un ou plusieurs dictons caractéristiques de ses habitudes, mœurs, superstitions, croyances ou faits historiques[296]. Les proverbes béarnais sont teintés de l'art du sous-entendu[297]. Il est de coutume de dire « La vertat qu'ei com la garbura, si la vòs bona e sabrosa, que la cau saber adobar »[298] (équivalent du français « toute vérité n'est pas bonne à dire »).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de monuments béarnais.

Le patrimoine bâti béarnais s'étale du Néolithique jusqu'au XXIe siècle, celui-ci est le fruit d'une variété d'époques et d'usages. Le Béarn compte notamment 158 monuments[Note 60] inscrits ou classés à l'inventaire des monuments historiques. Depuis 2010 et 2011, les « Pyrénées béarnaises »[300] ainsi que le « Béarn des gaves »[301] sont labellisés Pays d'art et d'histoire par le ministère de la Culture. En 2011 et 2013, les communes de Pau[302] et Oloron-Sainte-Marie[303] ont obtenu ce même label en tant que Villes d'art et d'histoire. Navarrenx appartient au label des Plus beaux villages de France depuis 2015[304].

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Le patrimoine datant de la période préhistorique démontre l'occupation ancienne de la région. Le menhir de Ger, le dolmen de Buzy ou encore le tumulus du camp de Gurs rappellent cette présence humaine au cours du Néolithique. La zone du Pont-Long comporte un nombre conséquent[305] de tumuli de cette même période, utilisés par le « groupe du Pont-Long »[306]. Cette zone accueille également certains tumuli beaucoup plus anciens, dont un datant du IIIe millénaire av. J.-C. à Lescar[307]. Plus tardivement, plusieurs monuments sont datés de la Protohistoire. Il s'agit des cromlechs du plateau du Bénou à Bilhères[42], de grottes décorées à Aydius et Arudy[308] ainsi que de fortifications à Nabas. Beneharnum et Iluro sont les deux cités principales du Béarn antique. Malgré sa destruction vers le VIIIe siècle ou IXe siècle, plusieurs campagnes de fouilles archéologiques permettent de remettre à jour des traces de Beneharnum[309]. La villa suburbaine Saint-Michel (Sent-Miquèu) est l'élément principal de ces découvertes[310], le cœur de l'agglomération se situait alors dans l'actuel quartier du Bialé (Vialèr)[311] tandis que la Haute-Ville est remparée à l'époque tardo-antique[312]. Fondée au Ier siècle, Iluro dévoile également peu à peu ses secrets par une série d'une cinquantaine d'opérations de fouilles ou sondages depuis 1986[313]. Des restes de villas, de thermes publics ou encore d'un hypocauste sont ainsi apparus[313].

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La période médiévale apporte au Béarn un patrimoine riche en châteaux forts. La construction du château de Pau débute dès le Xe siècle, avant que les vicomtes de Béarn ne le fortifient progressivement du XIIe siècle au XIIIe siècle[314]. Au XIVe siècle, Gaston Fébus fait de la souveraineté du pays de Béarn une ambition majeure. Il crée donc un système de défense pouvant satisfaire sa volonté. Il transforme radicalement[314] le château de Pau, et fait construire plusieurs autres forteresses à Montaner et Morlanne notamment. D'autres édifices fortifiés proviennent de cette période allant du XIIe siècle au XIVe siècle, il s'agit par exemple du Pont Vieux et de l'hôtel de la Lune à Orthez, de la tour de Grède à Oloron-Sainte-Marie, du pont de la Légende de Sauveterre-de-Béarn, ou encore d'une série de portes fortifiées à Lescar, Gan, Lembeye et Bougarber. Pour répondre à l'expansion démographique et à l'essor du commerce, les vicomtes de Béarn créent plusieurs villes neuves sous la forme des bastides. De la fin du XIIIe siècle jusqu'à la première moitié du XIVe siècle, douze bastides voient le jour en Béarn[315]. De cette époque, il reste aujourd'hui le traditionnel plan en damier de ces cités, avec la place du marché en son centre. Les communes de Nay[316] et Gan[317] sont des exemples marquants de ces réalisations. Navarrenx est une autre bastide voulue par les souverains de Béarn, elle devient au XVIe siècle la première cité bastionnée des actuels territoires français[318]. Plus d'un siècle avant Vauban, les souverains de Béarn font appel à l'ingénieur italien Fabricio Siciliano[319] pour réaliser cette forteresse de 1538 à 1549[318]. La place forte de Navarrenx joue un rôle primordial pour l'indépendance du Béarn, notamment en 1569 face aux assauts des troupes françaises dirigées par Antoine de Lomagne[318].

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Modifiés ou construits au cours du XVIe siècle, plusieurs bâtiments béarnais évoquent la période Renaissance. Le château de Pau devient la résidence principale des rois de Navarre à partir de 1512, il bénéficie alors de vastes changements qui transforment le château-fort laissé par Gaston Fébus au XIVe siècle[314]. Le château se mue en palais royal de style Renaissance grâce, notamment, au règne d'Henri d'Albret et de Marguerite d'Angoulême. De magnifiques jardins sont également réalisés à l'époque de Jeanne d'Albret, certains contemporains les décrivent alors comme étant « les plus beaux d'Europe »[320]. La Maison carrée de Nay (ou maison Bonasse) est un hôtel particulier construit par une famille de riches commerçants dans la seconde moitié du XVIe siècle[321], elle reprend les codes du style Renaissance avec notamment sa façade intérieure ouest composée de quatre niveaux de loggias[322]. Station climatique courue par l'aristocratie internationale[323], la ville de Pau concentre plusieurs bâtiments caractéristiques du XIXe siècle, et notamment de la Belle Époque. Ces touristes souhaitent alors vivre dans des palaces luxueux (comme l'hôtel de Gassion), ils se font construire des villas avec de grands jardins donnant sur les Pyrénées. La ville édifie également divers équipements pour leur confort et leur distraction (bains, casino, funiculaire, promenade d'agrément). La mode du thermalisme se développe particulièrement au XIXe siècle en Béarn, cette époque permet l'apparition de plusieurs bâtiments répondant aux attentes des curistes. L'hôtel des Princes des Eaux-Bonnes ou l'hôtel du Parc de Salies-de-Béarn sont deux bons exemples de cette période.

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Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

La vie religieuse du Béarn s'articule pendant plusieurs siècles autour de deux lieux, la cathédrale Notre-Dame de Lescar et la cathédrale Sainte-Marie d'Oloron. Sièges de deux évêchés dès le concile d'Agde en 506, ces deux villes sont les héritières des cités antiques de Beneharnum et Iluro. La cathédrale de Lescar est située dans la ville haute de la cité, elle prend place au XIe siècle sur l'emplacement d'un baptistère dédié à saint Jean-Baptiste. Selon l'hypothèse, ce baptistère accompagnait une église détruite avant le Xe siècle[48]. L'actuel édifice roman est construit sous l'évêque croisé Guy de Lons dans le deuxième quart du XIIe siècle[48]. De cette époque, il reste notamment la mosaïque du chœur de la cathédrale, avec le personnage énigmatique du « chasseur maure unijambiste »[324]. Les modillons et les chapiteaux proviennent également du XIIe siècle. La cathédrale subit de nombreux dommages au fil du temps, en particulier au cours des guerres de Religion et de la Révolution. Depuis 1840, les campagnes de restauration se suivent. Elles ont également permis de mettre à jour les tombeaux des derniers rois de Navarre[325], ainsi qu'une partie du trésor de la cathédrale[326]. La construction de la cathédrale d'Oloron débute en 1102 grâce aux butins ramenés par Gaston IV le Croisé lors de ses participations aux croisades et à la Reconquista[327]. Détruit partiellement aux XIIIe siècle et XIVe siècle par des incendies, l'édifice de style roman et gothique est reconstruit puis agrandi au XVIIIe siècle[328]. Le portail roman est l'un des éléments conservé de l'édifice originel du XIIe siècle[327]. La cathédrale d'Oloron est inscrite au patrimoine mondial par l'UNESCO depuis 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle[329].

Outre ces deux cathédrales, le Béarn compte de nombreuses églises remarquables. L'église Sainte-Foy de Morlaàs possède un portail roman datant du XIIe siècle, celui-ci représente l'Apocalypse[330]. À l'image de la cathédrale d'Oloron, Gaston IV le Croisé profite de ses importantes ressources financières pour faire construire plusieurs hôpitaux, dont l'ensemble hospitalier de Lacommande ainsi que l'église de L'Hôpital-Sainte-Blaise (à la limite entre Béarn et Soule). Il s'agit pour lui d'accueillir les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle sous le contrôle du prieuré de Sainte-Christine-du-Somport[331]. Les sanctuaires, de style baroque, de Notre-Dame de Bétharram sont progressivement construits à partir du XVIIe siècle[332] afin de répondre au pèlerinage dont ce lieu fait l'objet depuis le XVIe siècle. Une série de miracles[333] rendent ce pèlerinage parmi les deux ou trois plus populaires au sein du royaume de France jusqu'au XVIIIe siècle[334]. Supplanté par le pèlerinage de Lourdes au XIXe siècle, distant de seulement 15 km, les sanctuaires de Bétharam accueillent toujours 50 000 visiteurs et pèlerins chaque année[335]. Les abbayes laïques constituent pendant plusieurs siècles une particularité béarnaise et bigourdane. En dehors de l'Église catholique, le temple protestant d'Orthez[336] et l'église anglicane Saint-Andrew de Pau[337] sont deux édifices religieux remarquables du Béarn.

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Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

Le parc national des Pyrénées[modifier | modifier le code]

Le parc national des Pyrénées est l'un des dix parcs nationaux français, il est situé à cheval entre la Bigorre et le Béarn depuis 1967[338]. Le cœur du parc s'étend sur une zone de 45 707 ha dépourvue d'habitants, une aire d'adhésion de 128 400 ha a pour but d'intégrer la vie locale comme partenaire permanent[338]. Le parc abrite une riche diversité en faune et flore. On y retrouve notamment quelques espèces symboliques des Pyrénées comme l'isard (Rupicapra pyrenaica), l'ours brun (Ursus arctos arctos), le Vautour fauve (Gyps fulvus), l'Aigle royal (Aquila chrysaetos), la marmotte (Marmota marmota) ou encore le Desman des Pyrénées (Galemys pyrenaicus). Le parc national a pour mission d'assurer la diversité des milieux et d'agir lorsque des espèces sont en danger de disparition[339]. Menacé d'extinction dans les années 1950, l'isard bénéficie de mesures de protection et compte plus de 5 000 individus sur l'ensemble du parc[340]. Lieu d'implantation historique des ours bruns pyrénéens, le Béarn voit disparaître peu à peu ses derniers éléments. Ils étaient une cinquantaine dans les années 1950, mais seulement deux désormais[341]. Une vingtaine d'ours se situent dans les Pyrénées centrales, grâce à la tenue de plusieurs réintroductions depuis 1996. Concernant la flore, on recense environ 160 espèces espèces endémiques dans les Pyrénées. Le Lis des Pyrénées (Lilium pyrenaicum), l'Iris des Pyrénées (Iris latifolia), la Ramondie des Pyrénées (Ramonda myconi), le vélar (Erysimum), ou l'hélianthème (Helianthemum) ont toutes une variété spécifique aux Pyrénées[342]. En Béarn, la zone protégée du parc concerne six communes de la vallée d'Aspe et de la vallée d'Ossau. De nombreux sentiers de randonnées (à pied ou à VTT) sont balisés, des zones d'escalade sont praticables et la pêche est autorisée dans les lacs et les gaves[343].

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Outre l'espace protégé par le parc national des Pyrénées, les trois vallées des Pyrénées béarnaises concentrent quantités d'espaces naturels appréciés des randonneurs, skieurs et adeptes du tourisme vert. La vallée de Barétous est la plus occidentale des vallées béarnaises, elle contient notamment le gouffre de la Pierre-Saint-Martin et son immense salle de La Verna. Le massif est exploré dès la fin du XIXe siècle mais il faut attendre les années 1950 pour son exploration par des spéléologues. Le puits d'entrée mesure 328 mètres, ce qui constitue un record à l'époque et lui vaut le surnom d'« Everest des profondeurs »[344]. L'épopée de sa découverte provoque la mort dramatique de Marcel Loubens en 1952[345],[346]. Plus à l'est se trouve la vallée d'Aspe, cette dernière permet le passage vers le sud des Pyrénées depuis l'antiquité (via le col du Somport). Le cirque de Lescun (surnommé « Dolomites des Pyrénées »[347]) est un élément emblématique du paysage de cette vallée, il se compose notamment des aiguilles d'Ansabère, de la Table des Trois Rois et du pic d'Anie. Taillé dans le rocher d'une falaise pour permettre l'exploitation forestière de la vallée au XVIIIe siècle, le chemin de la Mâture surplombe les gorges de l'Enfer et constitue une particularité du paysage aspois. La vallée d'Ossau, ainsi qu'une partie de la vallée de l'Ouzom, constituent la partie orientale des Pyrénées béarnaises. Cette vallée est marquée par la figure emblématique et caractéristique du pic du Midi d'Ossau. Flanqué de ces deux pics formant une dent centrale, l'Ossau est l'objet de nombreuses légendes[Note 61] ainsi que d'une affection particulière des Béarnais. Ces derniers surnomment le pic « Jean-Pierre » (Jan-Pèr), qui peut être une déformation du « géant de pierre ». À moins qu'il ne s'agisse de l'association des deux prénoms Jean et Pierre, prénoms traditionnels donnés aux deux premiers fils dans les familles béarnaises[349].

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Le pays des gaves[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'un cours d'eau aux rives boisées ; château en surplomb en arrière-plan.
Le gave de Pau depuis Gelos, avec en fond le château de Pau.

Un gave est le nom générique donné aux cours d'eau en Béarn ainsi qu'en Bigorre. Les deux principaux gaves du Béarn sont le gave de Pau et le gave d'Oloron. Le réseau Natura 2000, qui rassemble des sites naturels ou semi-naturels ayant une grande valeur patrimoniale[350], distingue ces deux cours d'eau. Le gave de Pau pour son vaste réseau hydrographique, avec un système de saligues encore vivace[351], et le gave d'Oloron car il s'agit d'une rivière à saumon et écrevisse à pattes blanches[352]. Ces deux gaves possèdent une faune particulière, ils ont en commun l'écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) et le saumon atlantique (Salmo salar). Le gave de Pau a la particularité d'abriter de la mulette (Margaritifera margaritifera), de la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) et du Gomphe de Graslin (Gomphus graslinii), le gave d'Oloron a pour spécificité le Desman des Pyrénées et la Loutre d'Europe (Lutra lutra). Le réseau Natura 2000 distingue également une dizaine d'autres sites naturels béarnais[Note 62]. Les gaves de Pau[354] et d'Oloron[355], ainsi que leurs affluents, sont également identifiés par une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Les deux gaves sont de type II, c'est-à-dire qu'il s'agit de « grands ensembles naturels riches et peu modifiés, offrant des potentialités biologiques importantes »[356].

Ces cours d'eau ont largement façonné le paysage béarnais en tant que voies de communication et de commerce. Les gaves contiennent également un écosystème particulier. Les saligues du gave de Pau constituent, par exemple, les dernières zones humides pour les oiseaux migrateurs avant la traversée des Pyrénées[357]. Ces zones correspondent à l'espace de divagation du gave : bancs de graviers, chenaux, bras secondaires, fourrés et boisements inondables les composent. L'eau est omniprésente en Béarn au travers des lacs et des gaves, elle permet la pratique de nombreuses activités aquatiques comme le canoë-kayak, le rafting, le canyonisme ou le stand up paddle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La vallée du gave de Pau s'élargit ensuite après Lescar.
  2. Territoire qui correspond à la zone de peuplement des Illuronenses, partie prenante de la Novempopulanie antique.
  3. Cette vassalité se traduit notamment par le mariage de la vicomtesse Marie de Béarn avec Guillaume de Moncade, issue de l'une des plus puissantes familles de Catalogne. Leurs enfants, Gaston VI de Béarn et Guillaume Ier, héritent successivement du titre de vicomte.
  4. Les rois d'Angleterre ont obtenu le titre de duc de Gascogne en 1152, à la suite du mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II Plantagenêt.
  5. Des fors particuliers sont également concédés aux trois vallées des Pyrénées béarnaises, en 1221 pour la vallée d'Ossau, en 1222 pour la vallée d'Aspe et en 1247 pour la vallée de Barétous.
  6. Les États du Béarn sont fondés à la mort de Gaston Fébus par la fusion de la Cour majour et de la Cour des communautés.
  7. En parallèle, un conflit judiciaire puis politique avait fait s'affronter les souverains béarnais au roi de France. Dans une question de droits de succession, le Parlement de Toulouse finit par trancher en 1510 que le Béarn devait porter hommage au roi de France. Louis XII voulut faire appliquer cette décision en intervenant militairement. Le roi de France finit par reculer à la suite de la rupture de son alliance avec la Castille et la menace des souverains béarnais de laisser passer les troupes castillanes par la Navarre et le Béarn. Un compromis est finalement trouvé à Blois en 1512, qui casse le jugement du Parlement de Toulouse et reconnait donc la souveraineté de facto du Béarn mais obtient en échange l'alliance du Béarn.
  8. Il s'agit du premier livre imprimé à Pau, le premier en Béarn le fut à Lescar en 1541. Il s’agissait d'un bréviaire latin.
  9. Le Conseil souverain remplace la Cour majour, rétablie dans ses fonctions après la mort de Fébus.
  10. L'emplacement de Navarrenx est stratégique, car à proximité immédiate de la Basse-Navarre. La conception est confiée à l'italien Fabricio Siciliano afin qu'il y applique la nouvelle technique italienne des remparts « élastiques ».
  11. Les troupes protestantes du comte de Montgommery mettent notamment à sac Orthez. Jeanne d'Albret fait aussi massacrer à Pau les chefs catholiques faits prisonniers à Orthez
  12. Le , Jeanne d'Albret accouche du petit Henri en chantant un cantique béarnais à la sainte Vierge, afin que son fils ne soit « ni peureux, ni rechigné ». La légende dit que les lèvres du futur monarque furent baptisées avec du vin de jurançon et de l'ail.
  13. Henri de Navarre descend en ligne masculine ininterrompue du roi Louis IX.
  14. Les catholiques étaient alors devenus minoritaires en Béarn, sous l'effet des écoles calvinistes.
  15. La coutume veut qu'un nouveau roi doive intégrer à la couronne de France ses biens personnels. Sous les protestations du Parlement de Paris, Henri IV cède en 1607 mais en faisant exception pour le Béarn et la Navarre qu'il considère comme souverains.
  16. Le souvenir encore vivace du bon roi Henri jouant sûrement un rôle dans l'accueil de ce fils plein de grâce et de prestance[AS 5]
  17. Il se déroule la solennelle procession qui ramène du faubourg à l'église Saint-Martin de Pau le Corpus Christi avec le roi Louis XIII qui suit tête nue et un cierge à la main.
  18. Un soulèvement est organisé par le marquis de La Force, gouverneur du Béarn, mais stoppé par le duc de Guyenne. L'exécution de Jean-Paul de Lescun en 1622, un ancien membre du Conseil souverain, marque le symbole de la défaite du partie protestant en Béarn.
  19. Ils ne purent s'opposer à l'institution de nouveaux impôts directs. Ils perdirent également de nombreuses fonctions (vérification des comptes publics, surveillances des ateliers monétaires, etc.) au profit du Parlement de Navarre.
  20. Le Parlement de Navarre connaît une première grave crise entre 1760 et 1765 qui conduit à l'exil de la plus grande partie des présidents et des conseillers face à l'intransigeance royale. La révolte gronde dans la population paloise, qui se révèle toujours très attachée à cette institution et se rend compte de son importance pour la prospérité de la cité[AS 7]. L'ordre revient en 1775 avec le retour des exilés accompagné d'une explosion de joie populaire[AS 8]. Le Parlement montre sa reconnaissance envers la clémence royale mais fait toujours preuve d'une grande méfiance quant à la défense d'un peuple toujours plus opprimé par des contributions de plus en plus lourdes. Une nouvelle crise, la dernière, se joue en 1788 avec la volonté du roi d'obliger les provinces à faire enregistrer des édits augmentant les impôts malgré le refus des différents parlements dont le parlement de Navarre. Les parlementaires béarnais, soutenus par la population, protestent et se révoltent contre ce passage en force. Le roi Louis XVI ordonne alors que le parlement cesse immédiatement ses fonctions et que ses troupes marchent sur le Béarn[AS 9]. Il recule finalement face au soulèvement général provoqué dans toute la France pour convoquer les États généraux.
  21. Les principaux partisans de l'autonomie béarnaise sont menacés de violences et s'enfuient de Pau. Le camp des patriotes, mené par l'avocat Mourot, en profite pour réaliser ce vote.
  22. Par exemple, aucun des députés béarnais ne vote la mort de Louis XVI.
  23. Fermeture de la frontière espagnole, la fin du commerce avec les Antilles, la fin de la vie parlementaire, la fermeture de l'Université et le départ des ordres religieux[TC 30]
  24. En 1863 à Pau, en 1866 à Oloron-Sainte-Marie.
  25. 800 000 bérets y sont fabriqués en 1844.
  26. Dans les régions d'Orthez, Salies-de-Béarn et Sauveterre-de-Béarn notamment.
  27. Une partie du gisement est conservée pour une utilisation industrielle.
  28. Navarrenx a fait office de première préfecture jusqu'au , avec que Pau ne prenne le relais, avec un court intermède à Oloron-Sainte-Marie du au .
  29. Chiffres obtenus en réalisant un comptage auprès des communes béarnaises recensées dans la liste des communes du Béarn[69].
  30. L'unité urbaine de Pau (sous sa définition actuelle) possédait 41 862 habitants en 1793 contre 196 719 habitants en 2013.
  31. L'unité urbaine d'Oloron-Sainte-Marie représente 4,4 % de la population béarnaise en 1876 contre 6,2 % en 1962.
  32. D'environ 8 000 habitants en 1954 jusqu'à 13 000 habitants aujourd'hui.
  33. Comptage réalisé selon le périmètre des communautés de communes respectives, en Ossau, en Aspe et en Barétous.
  34. Armand de Sillègue d'Athos d'Autevielle est Athos, Isaac de Portau est Porthos, Henri d'Aramitz est Aramis et Jean-Armand du Peyrer est le comte de Troisvilles.
  35. Lors du Congrès de Tucumán les représentants de plusieurs provinces de la vice-royauté de Río de la Plata déclarent l'indépendance de Provinces-Unies du Río de la Plata et désignent Juan Martín Pueyrredón directeur suprême ce qui fait de lui le premier chef d'État de l'État argentin qui ne va s'appeler officiellement « Argentine » que plus tard.
  36. C'est le cas entre autres de l'« association franco-argentine de Béarnais »[79] D'autres associations représentent cette diaspora béarnaise, en France comme à l'étranger, à l'image de « La Garbure » et « Les Béarnais de Paris »[80] pour la capitale française ou encore de la « Ligue Henri IV »[81] à San Francisco.
  37. Au Moyen Âge il est considéré que ces deux matériaux ne peuvent pas transmettre la lèpre.
  38. La polyclinique Marzet, située boulevard Alsace-Lorraine, a été rachetée par la polyclinique de Navarre en 2013. Le nouvel ensemble compte 400 lits et emploi près de 700 personnes.
  39. Cette clinique a été vendue par le groupe Kapa Santé à Claude Bernard début 2016[98].
  40. Henri IV fait adopter l'édit de Fontainebleau le pour les catholiques du Béarn en leur accordant la liberté de conscience.
  41. Les historiens ne sont pas d'accord sur ce point, les registres ayant été détruits lors des guerres de religion.
  42. Seules les communes de plus de 50 ménages fiscaux ont été comptabilisées au sein de la liste des communes du Béarn[134].
  43. Chiffres obtenus en réalisant un comptage auprès des communes béarnaises recensées dans la liste des communes du Béarn[135].
  44. Le sous-sol béarnais fournit uniquement de la pierre et du sel.
  45. Vers l'Espagne et désormais les Antilles, avec l'appui des nombreux émigrés béarnais
  46. Chiffres obtenus en réalisant un comptage auprès des communes béarnaises recensées dans la liste des communes du Béarn[140].
  47. Les troncs sont transportés sous la forme de radeaux, qui descendent le gave de Pau puis l'Adour jusqu'à Bayonne.
  48. Habillement, fabrication de textile, fabrication de chaussures.
  49. Le groupe Total s'est engagé à conserver 3 % du gisement de gaz pour permettre aux industriels du bassin de Lacq de s’alimenter en énergie à bon marché pendant trente ans[154].
  50. Lors de la découverte du gisement de Lacq en 1951, des spécialistes américains sont appelés pour aider à son exploitation. Leur jugement est alors affirmatif, ce gisement est inexploitable selon eux.
  51. Chiffres obtenus en réalisant un comptage auprès des communes béarnaises recensées dans la liste des communes du Béarn[166].
  52. Le béarnais emploie les mots suivants pour décrire la monnaie (en graphie classique[175],[176]) :
    • pour désigner l'argent en général : sòu, diner, escut, moneda (moneda jurada si sa valeur est garantie apr le souverain) ;
    • pour désigner les différentes devises historiquement en circulation :
      • petite monnaie : sòu également, Vaqueta (le quart d'un ardit selon Raymond et Lespy[177]), ardit (petite monnaie, liard), morlan (d'une valeur de 3 vaquetas, moins qu'un ardit selon Raynmond et Lespy),
      • autre monnaie : escut (généralement valant 3 francs) doble ou doblon, quadruple (monnaie d'or valant 50 ou 100 liures ou francs), liure (préféré au mot franc), franc, tolosan (de valeur inférieur au franc selon Raymond et Lespy), pistòla (somme d'une valeur de 10 liures — ou 10 francs — « ancienne monnaie d'or d'Espagne » selon Raymond et Lespy), florin (selon Simin Palay[132], l'équivalent d'un Louis d'or de 10 à 20 francs) et finalement euro.
  53. Tinda provient du verbe béarnais tindar (« tinter » en français), résonance des cloches attachées au cou des vaches béarnaises[179].
  54. Selon une légende, le vicomte du Béarn défia l'archevêque de Morlaàs qui élevait un ours, en lui soutenant qu'une de ses vaches l'emporterait au combat, ce qui se produisit[184].
  55. Qu'il soit nommé « béarnais » dans la majorité des cas, ou bien « occitan », « gascon » et « patois ».
  56. Le groupe coopératif béarnais Euralis est le 1er producteur mondial de foie gras[207].
  57. Une célèbre légende prétend que la ville se serait bâtie autour d’une source salée découverte au cours d’une chasse au sanglier[215].
  58. « Le Cami Salié (« chemin du sel » en béarnais) est évoqué dès 1500 ans avant Jésus-Christ, il s'agit du chemin historique allant du plateau de Ger vers Salies-de-Béarn et sa production de sel[22] ».
  59. Auteur d'origine gasconne mais qui finit ses jours à Pau.
  60. Chiffre obtenu en réalisant un comptage auprès des communes béarnaises recensées dans la liste des communes du Béarn[299].
  61. D'après la légende, deux bergers jumeaux vivaient en haut de la montagne : Jean le petit d'humeur joyeuse et Pierre le colosse taciturne. Une nuit, Pierre entendit un bruit épouvantable grondant des profondeurs. Alors qu'il patrouillait avec son frère autour de la cabane, une sorcière (brouche) surgit et entraîna les bergers dans son monde souterrain. Les barbares en profitèrent alors pour attaquer et anéantir la vallée. Soudain, Jean et Pierre jaillirent du volcan, immenses, côte à côte, brandissant leurs épées de feu avec lesquelles ils embrochèrent les envahisseurs. Les brouches pétrifient l'exploit des deux jumeaux dans l'éternité devenant indissociables au sein du pic d'Ossau[348].
  62. Le massif de Sesques et de l'Ossau, le massif de l'Anie et d'Espelunguère, le massif du Layens, la montagne de Barétous, le parc boisé du château de Pau, les coteaux de Castetpugon, de Cadillon et de Lembeye, la tourbière de Louvie-Juzon, le gave d'Aspe et le Lourdios, le gave d'Ossau, la barrage d'Artix et saligue du gave de Pau, le château d'Orthez et bords du gave[353].

Références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Quelques ouvrages peuvent plus particulièrement être consultés pour en apprendre plus sur le Béarn. Ces derniers permettront au lecteur d'acquérir les notions essentielles. Ils sont cités dans la liste qui suit, qui ne se veut pas exhaustive.

  • Pierre Tucoo-Chala, La Vicomté de Béarn et le problème de sa souveraineté : des origines à 1620, Bordeaux, Bière,  :
    Cet ouvrage, allié à la « Petite histoire du Béarn : du Moyen Âge au XXe siècle » du même auteur, est un bon résumé des connaissances à posséder concernant l'histoire béarnaise. D'autres ouvrages de Pierre Tucco-Chala peuvent permettre d'approfondir, comme les trois tomes de l'« Histoire générale du pays souverain de Béarn ».
  • Pierre de Marca, Histoire de Béarn, Paris, J. Camusat,  :
    Il s'agit du premier ouvrage de référence présentant l'histoire béarnaise, des origines jusqu'au XVIIe siècle.
  • Paul Raymond, Dictionnaire topographique du département des Basses-Pyrénées, Paris, Impr. impériale,  :
    Cet ouvrage contient une mine d'informations et d'anecdotes sur les communes béarnaises.
  • Jacques Faget de Baure, Essais historiques sur le Béarn, Paris, Denugon,  :
    Un ouvrage réalisé au moment de la Révolution, qui donne une vision de l'histoire béarnaise à ce tournant pour la société française.
  • Claudine Pailhès, Gaston Fébus, le prince et le diable, Paris, Broché,  :
    Cet ouvrage permet d'en savoir plus sur le flamboyant Fébus. L'ouvrage de Pierre Tucoo-Chala « Gaston Fébus, prince des Pyrénées » est également à souligner.
  • François Bayrou, Henri IV, le roi libre, Paris, Flammarion,  :
    La vie et l'œuvre du plus célèbre des Béarnais, du point de vue d'un autre Béarnais bien connu.
  • Dominique Bidot-Germa, Un notariat mediéval : droits, pouvoirs et société en Béarn, Toulouse, Presses universitaires du Mirail,  :
    Un document intéressant pour comprendre les rouages judiciaires du Béarn.
  • François Réchin et Dany Barraud, Lescar-Beneharnum : ville antique entre Pyrénées et Aquitaine, Pau, Presses universitaires de Pau,  :
    Un ouvrage rassemblant les travaux de 21 chercheurs sur l'histoire de la première capitale des Béarnais.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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