Jules Védrines

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Jules Védrines
Jules Védrines 01.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Jules Charles Toussaint VédrinesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
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Nationalité
Activité
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Jules Charles Toussaint Védrines, né à la Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) le et mort le à Saint-Rambert-d'Albon (Drôme), est un aviateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Belle Époque[modifier | modifier le code]

Jules Védrines fut d'abord un ouvrier, puis un metteur au point aux Usines Gnôme (Moteur), avant de devenir mécanicien du pilote-acteur anglais Robert Loraine (en). Cette expérience lui donne le désir de devenir aviateur. Il passe son brevet de pilote le à Pau.

Le , il effectue à bord d'un Morane-Borel le vol Toulouse-Carcassonne et devient ainsi le premier aviateur de l'Aude[1].

Le il survole Paris et, à basse altitude, le cortège de la Mi-Carême, sur lequel il lance une pluie de fleurs.

Embauché chez Morane, il gagne la course Paris-Madrid, course de 1 197 kilomètres à vol d'oiseau organisée par le journal Le Petit Parisien, le avec un monoplan Morane-Saulnier A à moteur rotatif Gnome de 70 chevaux et empoche la coquette somme de 100 000 francs pour cet exploit, soit la moitié de la dotation totale prévue pour cette course[2].

sur son Blériot XLIII baptisé la vache, novembre 1914.

D'origine creusoise, Jules Védrines était marié à une Bussiéroise, née Amélie Mélanie Noémie Lejeune, du Hameau dit "Le Mont", commune de Bussière-Dunoise. Il eut de cette union quatre enfants : Jeanne, Henri, Suzanne, Emile. En 1911, Jules Védrines a atterri à Bussière à bord de son Morane-Borel alors qu’il participait au rallye aérien Paris-Pau, en partie à cause du brouillard et en partie pour voir sa famille. Une stèle a été érigée à l’endroit même où Védrines a atterri. Celle-ci représente une aile du Morane et, en son centre, le visage stylisé et évidé de Védrines qui laisse voir au travers la bourgade de Bussière-Dunoise, une partie du moteur et une demi- hélice.

En novembre 1911, Védrines voit son nom apparaître dans les chroniques judiciaires, ce dernier étant condamné par le tribunal correctionnel de Reims à une amende de 16 francs avec sursis pour s'être battu avec l'aviateur allemand Willy Hahn, qui souhaitait faire un duel avec le Français et qui n'a pas supporté que Védrines refuse, venant même jusqu'à lui armé d'un revolver[3] !

Le 13 janvier1912, à Pau, il bat le record de vitesse pure en avion : sur un « Déperdussin » de type monoplan à moteur Gnome de 100 chevaux et bougies Oléo, il atteint la vitesse de 145,177 km/h[4]. Le , il joue une nouvelle fois de l'accélérateur, parvenant ainsi à couvrir 159,303 kilomètres en une heure avec un monoplan Déperdussin à moteur Gnome de 140 chevaux[5].

Le il s'écrase rue de l'Yser, au niveau de la voie ferrée à Epinay Épinay-sur-Seine au cours d'un trajet Douai-Madrid qu'il comptait réaliser pour tenter de s'emparer de la Coupe Pommery. Il est grièvement blessé lors du crash de son monoplan Deperdussin, suite à la panne de son moteur de 100 chevaux[6], mais tiendra plus tard son propre rôle dans un film réalisé aux studios Éclair : Le Roman de Védrines.

Deux ans plus tard, du 20 novembre au , il réalise la première liaison aérienne France-Égypte (avec escales) à bord de son monoplan Blériot. Il part de Nancy le 20 novembre et arrive au Caire le 29 décembre. Il est également le premier pilote à se poser à l'aéroport international de Beyrouth au Liban.

Jules Védrine atterrit sur le toit des Galeries Lafayette.
Védrines en septembre 1912, à Chicago (RM de vitesse).

Le , son frère Émile se tue en avion à Reims.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé dans l'aviation à l'âge de trente-deux ans. Il signe ses avions d'une tête de vache ou de l'inscription « la vache », sans doute en souvenir de ses origines limousines et aussi peut-être en guise de provocation.

Affecté le 8 janvier 1915 avec le grade de caporal[7] à l'escadrille MS.3, connue sous le nom d'Escadrille des Cigognes, il accueille et forme au combat, en 1915, Georges Guynemer[8]. Védrines, nommé adjudant le 7 octobre 1915[7] outre ses missions de combat au-dessus de Verdun, sera décoré pour ses fonctions d'instructeur[9]. Il se spécialise dans des missions difficiles, voire impossibles, comme le convoyage d'espions français derrière les lignes allemandes puis leur récupération.

Cité trois fois à l'ordre de l'Armée, il est nommé officier (sous-lieutenant) le 26 juin 1918.

Le , Védrines se laisse photographier par Carlo Verbessem, pilote de chasse belge. Très fier, il est aux commandes d'un triplan Astoux sur le terrain de la base "belge" de Villesauvage (sic) comprenez Ville Sauvage à Étampes. En remerciement de la dédicace accordée par Védrines, Verbessem lui accorde un chapitre dans son journal de guerre (complété par Robert Sainte, celui qui va le publier en 1999). Plusieurs photos de cet avion conçu par l'ingénieur Astoux (publiées dans le journal de guerre de Carlo Verbessem), considéré par les Français comme une arme secrète et d'avenir, furent réalisées par Verbessem, mais les essais de celui-ci ne furent pas concluants. Celui-ci possédait un trop tortueux mécanisme actionnant les ailes ; et pas de freins, comme sur les premiers modèles d'avion[réf. nécessaire].

Cimetière parisien de Pantin.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le , il se pose à bord d'un « Caudron G III » sur le toit des galeries Lafayette du boulevard Haussmann, malgré l'interdiction de la préfecture de Paris. Il empoche ainsi le prix de 25 000 francs offert pour cet exploit, mais devient le premier délinquant aérien de l'histoire de l'aviation. Une plaque commémore l'évènement.

plaque

Il meurt à Saint-Rambert-d'Albon le , avec son mécanicien Guillain, lors de l'inauguration de la ligne Paris-Rome, à bord d’un bimoteur Caudron C-23 rempli de 1 600 litres d’essence. Il est enterré au cimetière parisien de Pantin après des funérailles grandioses.

Intéressé par la politique, il s'était lui-même présenté aux élections cantonales de Limoux en 1910 et aux élections législatives de 1912, sans plus de succès. Cet échec politique donna naissance à une chanson populaire occitane : La cançon de Vedrina [archive]

Son fils, Henri Védrines, sera député de l'Allier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

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« L'aviation populaire, magnifique invention, a une belle mission à remplir. Elle s'adresse à la jeunesse. Et je ne cacherai pas qu'en fait de propagande aérienne, ce sont les jeunes qui importent le plus. Les autres sont convaincus ou ne le seront jamais. Tandis que vous, les jeunes, vous constituez un terrain magnifique, vous qui représentez la France de demain. Je vous ai vus, je vous ai approchés, je sais que nous pouvons avoir confiance en vous. Vous avez l'âme aérienne. »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jacques Mortane, Bibliothèque de l’Aviation Populaire, Édition Baudiniere.
  • Presse parisienne : Le Petit Journal, Le Petit Parisien, 24 mars 1911.
  • Robert Sainte, L'épi mûr, d'après le journal de guerre de Carlo Verbessem, pilote de chasse (belge), juillet 1914 -Décembre 1917, Ed. Racine, Bruxelles , 1999.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Il-y-a-100-ans-Vedrines-se-pose-a-Carcassonne dans www.ladepeche.fr
  2. « Le 26 mai 1911 dans le ciel : Védrines remporte la course Paris-Madrid », Air Journal,‎ (lire en ligne)
  3. « Le 25 novembre 1911 dans le ciel : Védrines et Hahn condamnés pour leur bagarre », Air Journal,‎ (lire en ligne)
  4. Le 13 janvier 1912 dans le ciel : Jules Védrines vole à plus de 145 km/h
  5. « Le 22 février 1912 dans le ciel : Védrines, recordman de vitesse », Air Journal,‎ (lire en ligne).
  6. Le 29 avril 1912 dans le ciel : Pas de chance pour Védrines !
  7. a et b « Jules VEDRINES (1881-1919) », sur airmemorialcreusois.fr (consulté le 23 septembre 2018)
  8. https://dioceseauxarmees.fr/temoignages/1701-georges-guynemer-l-as-des-as.html
  9. http://www.janinetissot.fdaf.org/jt_vedrines.htm

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