Agriculture extensive

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Élevage extensif de porcs.

L'agriculture extensive est un système de production agricole qui ne maximise pas la productivité à court terme du sol en ne faisant pas appel à des intrants chimiques, à l'arrosage ou au drainage, mais plutôt aux ressources naturellement présentes sur place. Pratiquée généralement sur de vastes étendues, elle se caractérise par des rendements à l'hectare relativement faibles et par un plus grand nombre d'emploi par quantité produite, mais avec des revenus parfois très bas, dans les pays pauvres notamment mais aussi en France. C'est une agriculture qui permet souvent une certification "Agriculture biologique" quand elle est accompagnée de la non utilisation d'intrants chimiques mais tous les agriculteurs ne la revendiquent pas.

En Europe, les zones d'agriculture extensive correspondent aux zones agricoles où la naturalité est la plus élevée, où ont été identifiés des « systèmes agricoles à haute valeur naturelle » (High nature value farmland pour la commission européenne)[1] qui ont été cartographiéees dans un Atlas[2].

L'agriculture extensive s'oppose à l'agriculture intensive, qui se caractérise par des rendements à l'hectare très élevés et dont la forme extrême est l'agriculture hors-sol.

Typologies[modifier | modifier le code]

La mécanisation des espaces agricoles (ici dans le comté de Childress, États-Unis 1938) a mené à une concentration des propriétaires terriens et à un recul de la biodiversité et de la naturalité des paysages

On distingue généralement plusieurs formes d'agriculture extensive :

  • une agriculture visant la protection voire la restauration de la biodiversité (avec ou sans mesures agrienvironnementales) et cherchant notamment pour cela à limiter l'eutrophisation du sol et de l'eau.

La persistance de ces formes d'agriculture extensive est liée à différents facteurs :

  • manque de main-d’œuvre;
  • manque de moyens financiers (lié au sous-développement);
  • structures sociales et traditions d'une région ou d'une communauté;
  • mode de propriété (latifundia ou systèmes communautaires);
  • conditions climatiques (zones semi-arides) ou naturelles (qualité des sols) défavorables aux systèmes intensifs ou ne les permettant pas;
  • volonté ou obligation de protection de l'environnement, de protection ou restauration du sol (lutte contre l'érosion, lutte contre la désertification, maintien de la biodiversité).

Elle révèle dans certains cas une faible maîtrise du territoire, ou au contraire une gestion (traditionnelle ou moderne) adaptée à la pauvreté ou vulnérabilité de certains sols ou milieu. Les réformes agraires ont presque toutes visé à intensifier les systèmes agraires, parfois avec des effets pervers (dégradation des sols, salinisation, épuisement de nappes phréatiques, agriculture dépendante au pétrole ou aux importations de soja, blé, etc.).
Pour des raisons de protection de l'environnement contre l'eutrophisation par les engrais et contre les impacts des pesticides dans les pays riches comme dans les pays pauvres des primes et encouragement à une agriculture plus extensive sont apparus dans les années 1990, notamment en Europe avec les mesures agri-environnementales dans le cadre de la Politique agricole commune ou sur certains sites Natura 2000.

En Europe, l'agriculture extensive a dans les années 1970-1980 été assimilée à l'agriculture traditionnelle propre à certaines régions défavorisées sous l'angle des conditions naturelles : agriculture de montagne, agriculture traditionnelle de certaines régions méditerranéennes, élevage en zone humide[3]. La politique agricole commune qui a favorisé à ses débuts l'intensification de l'agriculture s'oriente depuis sa dernière réforme, adoptée en 2003, vers une nette désintensification, notamment par le découplage des subventions par rapport à la production.

En France, certains groupes d'acteurs tel le syndicat Confédération paysanne prônent le développement d'une certaine forme d'agriculture extensive, considérée comme plus durable, à condition qu'elle préserve l'emploi et le niveau de revenu des agriculteurs. Les atlas existant montraient encore en 2006 de très fortes disparité régionales et intrarégionales en matière d'intensité des pratiques agricoles. L'agriculture extensive reste surtout limitée aux sols pauvres et de montagne[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Controverse[modifier | modifier le code]

Une étude universitaire lance une polémique :Et si l’agriculture intensive était la plus écologique ?

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le Rapport de l'Agence Européenne de l'environnement n°1/2004 High nature value farmland HNVF ; espaces présentant une " haute valeur naturelle " (HVN)
  2. Philipe POINTEREAU, Frédéric COULON Atlas national des cartes des systèmes agricoles à haute valeur naturelle issu de l'étude 05/1 - JRC / SOLAGRO "Identification des systèmes agricoles à haute valeur naturelle", , oct 2006 (contrat cadre JRC/SOLAGRO n° 380641), PDF, 32 pages, consulté 2011/02/11
  3. Groupe Zones humides, 2013, Zones Humides Infos n°75-76: L'élevage en zone humide, Groupe Zones humides, « Zones Humides Infos n°75-76: L'élevage en zone humide », sur http://snpn.com,‎ 2013
  4. (fr) Atlas national des cartes des systèmes agricoles à haute valeur naturelle ; "Identification des systèmes agricoles à haute valeur naturelle" (Atlas fait pour la commission européenne), Ed : Solagro, Octobre 2006, 32 pages