Moulins (Allier)

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Moulins
La ville depuis la rive gauche de l'Allier.
La ville depuis la rive gauche de l'Allier.
Blason de Moulins
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Allier (préfecture)
Arrondissement Moulins (chef-lieu)
Canton Bureau centralisateur de deux cantons :
Moulins-1
Moulins-2
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Moulins
Maire
Mandat
Pierre-André Périssol
2014-2020
Code postal 03000
Code commune 03190
Démographie
Gentilé Moulinois[1]
Population
municipale
18 959 hab. (2012)
Densité 2 202 hab./km2
Population
aire urbaine
61 346 hab. (2012[2])
Géographie
Coordonnées 46° 33′ 55″ N 3° 20′ 00″ E / 46.56527, 3.33333346° 33′ 55″ Nord 3° 20′ 00″ Est / 46.56527, 3.333333
Altitude Min. 202 m – Max. 240 m
Superficie 8,61 km2
Localisation

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Moulins
Liens
Site web www.ville-moulins.fr

Moulins, dont la dénomination Moulins-sur-Allier est souvent utilisée pour bien la distinguer, notamment par la SNCF et la poste[Note 1], est une commune française, préfecture du département de l'Allier (03), située dans la région de l'Auvergne.

Capitale historique du Bourbonnais, l'agglomération s'étend le long de l'Allier.

Au dernier recensement de 2012, la commune comptait 18 959 habitants. La communauté d'agglomération de Moulins compte 53 703 habitants[3] et l'aire urbaine de Moulins 61 346 habitants[2], étant donc démographiquement seulement la troisième ville du département derrière Montluçon et Vichy, ses deux sous-préfectures.

Moulins est la cinquième de la région d'Auvergne derrière la capitale régionale Clermont-FerrandMontluçon, Aurillac et Vichy, mais devant Le Puy-en-Velay.

Ses habitants se nomment les Moulinois.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La ville de Moulins se situe dans le département de l'Allier, dans la région d'Auvergne.

Elle se situe au nord des contreforts du Massif central, mais le relief n'y est encore que très légèrement vallonné. Enfin, Moulins se trouve approximativement à la limite entre Bocage bourbonnais à l'ouest et Sologne bourbonnaise à l'est.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Cinq communes sont limitrophes[4] de Moulins[5] :

Communes limitrophes de Moulins
Avermes
Neuvy Moulins Yzeure
Bressolles Toulon-sur-Allier

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le vallonnement est relativement doux, favorisant des routes propices au cyclisme touristique, et légèrement plus accentué sur la route D2009 rive gauche allant vers Vichy, les contreforts montagneux les plus proches étant ceux de la montagne bourbonnaise. Les espaces boisés sont nombreux.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Située essentiellement le long de la rive droite de l'Allier, l'une des dernières rivières sauvages d'Europe et affluent de la Loire, Moulins bénéficie d'un environnement agréable.

La baignade est éventuellement possible dans l'Allier, ainsi que le canoë-kayak.

La pêche y est autorisée sous conditions dans la rivière et quelques étangs environnants ou de nombreux plans d'eau tels que celui de Messarges, après Souvigny ou de Chapeau, communes proches de Moulins[6].

Climat[modifier | modifier le code]

Météo-France ne dispose que d'une seule station météorologique dans l'Allier, la station de Vichy-Charmeil[7].

Articles connexes : Climat de l'Allier et Climat de Vichy.

À noter que les matinées sont, en général, beaucoup plus fraîches dans les secteurs de Vichy-Saint-Germain-des-Fossés qu'à Moulins même, 50 km plus au nord.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Moulins est située sur le tracé historique de la Route nationale 7 reliant :

Moulins est aussi l'origine de la Route nationale 9, aujourd'hui déclassée en "départementale 2009", continuant vers :

On rejoint facilement, à partir de la ville ou en contournant celle-ci à l'est par la voie rapide,

Vers l'ouest, la départementale D953 conduit aux villes proches de Souvigny, Bourbon-l'Archambault puis à la forêt de Tronçais.

Vers l'est, la D12 permet de rejoindre pour visiter le parc zoologique et d'attractions du Pal, situé à 30 km.


Ville Kilométrage Temps
Paris 300 km 3 h 30
Lyon 200 km 2 h 15
Clermont-Ferrand 100 km 1 h 15
Bordeaux 470 km 5 h 00

Aménagements cyclables[modifier | modifier le code]

Les pistes cyclables sont essentiellement localisées sur les bords de l'Allier, où une piste de trial est également accessible.

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gare de Moulins-sur-Allier.

La ville dispose d'une gare de moyenne importance appelée Moulins-sur-Allier appartenant à la SNCF, bénéficiant du service d'information en ligne Gares et connexions, desservie par des trains grandes lignes Intercités avec ou sans réservation. C'est aussi une gare du réseau des trains express régionaux d'Auvergne[8].

Les principales villes accessibles depuis la gare sont :

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transports en commun de Moulins.

Le réseau d'agglomération de transport urbain par bus est géré par la RATP depuis la rentrée 2010. Ses prédécesseurs étaient MayBus jusqu'à 2007 et Aléo de 2007 à 2010.

Neuf lignes régulières de bus desservent sept communes : Avermes, Bressolles, Moulins, Neuvy, Toulon/Allier, Trévol, et Yzeure.

Transports aériens[modifier | modifier le code]

Aérodrome de Moulins - Montbeugny, qui malgré son nom se situe sur la commune de Toulon-sur-Allier.

L'aéroport le plus proche proposant des lignes en France et en Europe se situe toutefois à Clermont-Ferrand.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La structure de Moulins est concentrique, reliée à Yzeure dont le domaine est beaucoup plus vaste en superficie. L'Allier traverse la ville du sud au nord.

Point de vue depuis le pont Régemortes[modifier | modifier le code]

La vue à l'entrée du pont Régemortes en arrivant depuis le côté ouest offre un alignement particulièrement remarquable de 4 flèches issues des deux principaux édifices religieux :

  • le double clocher symétrique de la cathédrale, et
  • le double clocher symétrique du Sacré-Cœur.

Même si ce dernier est moins haut, l'effet de perspective contribue à ce que les 4 flèches paraissent depuis cet angle de vue de même hauteur (voir photo ci-dessus)

Logement[modifier | modifier le code]

Moulins est constitué en majorité de maisons traditionnelles, dotées d'un seul étage et d'un garage-cave en sous-sol, dont une grande quantité possèdent un jardin potager, fruitier et/ou de fleurs, permettant à la ville de s'accorder avec le charme de son aspect médiéval d'origine, situé au cœur de la ville.

Seuls les Chartreux et quelques tours de 8 à 10 étages isolées ont été construites dans les années 1960.

De nouveaux pâtés de maisons ou villas pavillonnaires ont été construits progressivement en périphérie au cours des années, à l'emplacement d'anciennes prairies ou terrains encore en friche.

Projets d'aménagements[modifier | modifier le code]

LOGIPARC03 – Un parc logistique et multimodal européen

Forte de la situation géographique stratégique et privilégiée qu’offrent les 184 hectares du site de Montbeugny, Yzeure et Toulon-sur-Allier, Moulins Communauté ambitionne de créer une plateforme logistique et multimodale, avec embranchement ferré, intégrée dans un réseau européen de plateformes portuaires et terrestres.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

La ville de Moulins porte:

« D'argent à trois croix ancrées de sable ouvertes du champ en losange; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. »

Histoire[modifier | modifier le code]

L’histoire de la ville de Moulins est étroitement liée à celle des ducs de Bourbon, puisqu’elle devient la capitale du duché et de ses importantes dépendances en 1327. Cet état de fait perdurera jusqu’en 1523, avec la défection du connétable de Bourbon.

Une fondation légendaire[modifier | modifier le code]

La tradition populaire raconte qu’un sire de Bourbon, perdu après une journée de chasse, aurait trouvé refuge dans un moulin sur les bords de l’Allier. Tombé amoureux de la meunière qui l’avait recueilli, pour justifier ses fréquentes venues, il fit bâtir à l’emplacement actuel du palais ducal un relais de chasse. Une ville se développe autour : ce sera Moulins[9],[10].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de "Moulins" a pour origine les nombreux moulins à eau flottants qui étaient situés sur les berges de l'Allier[11].

La ville n'apparaît pas avant le X° siècle, sous le nom de Villa Molinis (villa aux moulins). La ville principale de l'agglomération était Yzeure jusqu'au XIV° siècle, époque où Moulins s'enrichit et s'agrandit considérablement grâce au commerce sur l'eau[12].

Époque médiévale[modifier | modifier le code]

C’est en 990 qu’apparaît la première mention de Moulins dans un document : à l’occasion de la donation d’une chapelle dédiée à saint Pierre à l’abbaye de Cluny par quatre religieux, les frères Vion, Lambert, Bérard et Guillaume, on apprend que celle-ci se trouve « in villa Molinis »[13]. Cependant, le peuplement des rives de l’Allier en cet endroit est bien antérieur au Xe siècle, mais jusqu’alors, il n’était question que d’Yzeure, tant dans les archives que sur le terrain. En 1097, toujours dans des actes de donation, on parle d’une « capellam de Molinis », puis en 1103, d’une « ecclesiam de Molinis ». L’évolution des structures religieuses tend à indiquer que la ville prend rapidement de l’importance.

En 1232, comme précédemment pour d’autres villes du Bourbonnais, Archambaud VI, seigneur de Bourbon, accorde aux bourgeois de Moulins une charte de franchise, contre une rente annuelle de 200 livres[9]. Cette charte n’est que la confirmation des droits déjà accordés par Archambaud V, beau-fils de Louis VI Le Gros, roi qui fut particulièrement libéral envers les diverses communes de son royaume. Les habitants de Moulins pourront à l’avenir administrer eux-mêmes leur cité : quatre consuls, présidés par un fonctionnaire ducal, seront élus tous les ans. Devenue ville franche, Moulins attire nombres d’étrangers, l’activité économique naît et prend un essor important. Dans le courant du XIIIe siècle, la cité compte quelque mille habitants[14]. En 1244, la contribution annuelle de 200 livres est supprimée, remplacée par une «taxe de bourgeoisie» : tous les habitants sont dans l’obligation de s’acquitter d’un montant variant de 2 à 6 sols, selon leurs revenus[9].

En 1327, la seigneurie du Bourbonnais est érigée en duché par le roi de France Charles IV Le Bel. Louis Ier Le Grand, premier duc de Bourbon, réside peu à Moulins, de même que son fils et successeur, Pierre Ier[13]. Le duché n'avait pas alors de capitale fixe : la famille, originaire de Bourbon-l'Archambault, résidait aléatoirement dans cette même ville, à Moulins, Souvigny ou Chantelle[9]. Les travaux qu’ils entreprennent sont minimes : édification des soubassements de la Malcoiffée, le donjon du palais ducal, pour le premier[13] ; autorisation de l’installation du couvent des Carmes, plus vieil établissement religieux de la ville, pour le second[9].

Capitale des ducs de Bourbon[modifier | modifier le code]

C’est avec Louis II Le Bon que Moulins devient effectivement capitale du duché, et, comme lieu de résidence des ducs, de facto la capitale des territoires sous leur administration :

« Nostre ville de Molins en laquelle nous, nostre très chière et très aimée compaigne la duchesse et nos enfants vous acoustumés de faire notre demeure plus souvent et continuellement que autre part, nous ou eulx estans en notre païs de Bourbonnois[13]. »

Durant son règne, et sous ses ordres, s’élèvent l’hôpital Saint-Nicolas, qui vient s’ajouter à l’hôpital Saint-Julien, fondé au XIIIe siècle, la première collégiale Notre-Dame, la première enceinte, dont les cours actuels Anatole France et Jean Jaurès rappellent l’emplacement. En 1369, il crée à Moulins l’ordre de l'Écu d'or, et en 1370 celui de Notre-Dame du Chardon, dont Du Guesclin sera le récipiendaire le plus connu. Enfin, en 1374, il fonde la Chambre des Comptes de Moulins[13]. En 1400, Moulins compte 5 000 habitants[14]. En 1407, une crue de l'Allier détruit tous les ponts desservant la ville[15].

Le duc s’éteint en 1410 au château de Montluçon.

Jean Ier lui succède. En 1412, s’étant engagé aux côtés des Armagnac, Moulins est assiégée, sans succès, par les Bourguignons[9]. En 1429, alors qu’il est prisonnier des Anglais — le duché est dirigé par son épouse Marie de Berry — Jeanne d'Arc vient séjourner à Moulins et se recueillir auprès de la Vierge Noire. En témoigne une plaque commémorative (récente) posée à l’angle de la rue d’Allier et de la rue de la Flèche.

De 1434 à 1456, le duc de Bourbon est Charles Ier.

Anne de France et sa fille Suzanne de Bourbon, priant.

Jean II, surnommé Le Bon, comme son aïeul, œuvra lui aussi pour sa capitale. À la fin de la guerre de Cent Ans, il fait édifier une seconde collégiale, en remplacement de la première, un premier Jacquemart (beffroi). On peut encore observer des maisons de cette époque dans le vieux Moulins (Hôtel Demoret, rue Grenier et rue de Orfèvres[13]). La cour ducale est brillante et réputée. Au nombre des artistes qui y séjournent, on compte Michel Colombe, Jean de Rouen, et même François Villon, en 1457[16]. Lorsque Jean II participe à la Ligue du Bien public en 1465, le roi Louis XI assiège et prend sa capitale. Mort en 1488, sans héritier légitime, ses successeurs sont ses frères : Charles II, cardinal archevêque-comte de Lyon, qui abdique rapidement, et Pierre II.

C’est à l’époque de Pierre II, sous les auspices d’Anne de France, son épouse et fille de Louis XI, que la renommée de Moulins et la puissance de la famille ducale atteignent leur apogée, même si la peste ronge la ville avec virulence dès la fin du XVe siècle, et ce jusqu’au milieu du XVIe siècle. On y peint le fameux triptyque du Maître de Moulins, la duchesse fait réaménager l’aile Nord du palais ducal (l’actuel pavillon Anne de Beaujeu), on y rédige Les enseignements d'Anne de France à sa fille Suzanne de Bourbon. L’administration ducale, réorganisée et modernisée[14], compte près de 1 650 fonctionnaires, rien que dans Moulins[9].

En 1494, Charles VIII projette d’envahir l’Italie, et pendant qu’il reste à l’étranger, il confie la famille royale et le gouvernement de la France au duc, qu’il nomme lieutenant-général du royaume. Pierre II ne va pas s’installer à Paris, mais, avec la famille royale, reste à Moulins, qui devient alors la véritable capitale du pays[9]. Il restitue ses pouvoirs, en 1495, à Lyon, au roi. En 1503, le duc meurt. Sa fille, Suzanne, devient duchesse de Bourbon, jusqu’à son mariage avec Charles de Montpensier, en 1505, qui deviendra Charles III de Bourbon.

Pendant le règne de Charles III, Anne de France conserve une très grande influence sur les affaires du duché. En novembre 1518, les notables de Moulins, de leur propre chef, élisent un maire, Jean Chanteau, secrétaire de la duchesse douairière. L’habile choix de ce premier maire, et sa prestation immédiate de fidélité auprès du chancelier ducal conduisirent la duchesse Anne, au mois de décembre de la même année, à accorder une charte municipale qui entérine ce droit pour la ville[9],[13]. Les maires, élus tous les deux ans, seront responsables du pavage, des ponts, de la surveillance du port, de la propreté des rues, de l’approvisionnement du marché, des impositions locales et du bon fonctionnement des assemblées[9].

XVIe siècle : Rattachement à la Couronne[modifier | modifier le code]

Après le duché, un gouvernement, une généralité[modifier | modifier le code]

Généralité de Moulins

En 1523, le connétable de Bourbon, Charles III, trahit le roi de France, François Ier, en se ralliant à Charles Quint. Tous ses domaines, le Bourbonnais, le Forez, la Marche, l’Auvergne, et bien d’autres sont mis sous séquestre. Son procès, commencé en 1527, aboutit, en 1531, à la confiscation de tous ses biens par la Couronne.

Moulins est déchue de son statut de capitale. Sa Chambre des comptes est supprimée en 1532, ses archives sont versées à celles de la Chambre des comptes de Paris. Cependant, en raison des prétentions territoriales que sa mère avait eu sur le Bourbonnais, François Ier s’emploie à faire de Moulins le centre administratif d’une province royale. Un gouverneur du Bourbonnais est nommé ; le premier est Jean Stuart, duc d’Albany, en 1531[9].

En 1548, c’est à Moulins qu’a lieu de mariage de Jeanne d’Albret, héritière de Navarre, et d’Antoine de Bourbon, duc de Vendôme. En 1551, la ville reçoit un présidial, qui gagne en importance en 1657 avec la suppression de celui de Montluçon. En 1587, elle devient le siège d’une généralité, qui regroupe le Bourbonnais, la Nivernais et la Marche.

À la mort d’Henri II, en 1559, le Bourbonnais devient le douaire des reines de France, et ce jusqu’en 1659[9]. En 1587, le roi Henri III, en récompense de la fidélité de Moulins pendant les troubles qui agitent le royaume, prévoit d’y installer un Parlement ; mais un pamphlet, Remontrances très humbles contre l’établissement demandé d’un Parlement à Moulins, fait avorter le projet[9].

Du au , le roi Charles IX, à l’occasion de son grand tour de France, séjourne, avec toute la cour, à Moulins. Le futur Henri III de France y est fait duc de Moulins[17] et l’édit de Moulins est publié. Il règlemente le domaine royal, et est parfois considéré comme une source historique du domaine public.

La population ne cesse de croître, à tel point qu’à partir de 1536, une seconde enceinte est érigée, pour protéger tous les faubourgs qui s’étalaient au-delà de la première muraille de Louis II.

En juin 1562, au début des guerres de religion, les huguenots tentent de s’emparer de Moulins, pour densifier le réseau des forteresses qui sont en leurs mains. Commandés par François Poncenat et M. de Saint-Auban, ils assiègent la place, qui est défendue par Jean de Marconnay, seigneur de Montaret. Apprenant l’arrivée imminente de troupes envoyées par le gouverneur de Nevers à celui de Moulins, et face à la résistance qu’oppose la ville au siège, les réformés battent en retraite. Cet évènement conduit à une violente réaction dans les campagnes avoisinantes : tous ceux qui auraient soutenu les Huguenots, ou qui en seraient, sont massacrés[9].

Après l'assassinat de son époux le roi Henri III de France en 1589, ne pouvant habiter le château de Chenonceau alors criblé de dettes, la reine-douairière Louise de Lorraine se retire au château de Moulins où elle meurt en 1601.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le catholicisme prépondérant[modifier | modifier le code]

À quel diocèse appartenait Moulins ?

Après le Concile de Trente, et avec la Contre-Réforme catholique, un très grand nombre de couvents et monastères s'installent à Moulins. De trois établissements religieux avant 1600, on en compte treize à la fin de ce siècle : Carmes (1352), Jacobins (1515), Clarisses (1521), Capucins (1601), Augustins (1615), Ursulines (1616), Visitandines (1616), Minimes (1621), Chartreux (1622 et 1660), Carmélites (1628), Bernardines (1649), Filles de la Croix (1682)[13]. En 1604, par lettres patentes, le roi Henri IV autorise la fondation d'un collège jésuite[9]. Enfin, en 1641 meurt à Moulins Jeanne de Chantal, fondatrice de l'ordre de la Visitation.

Claude Louis Hector de Villars

L'absolutisme[modifier | modifier le code]

Dès le début du XVIIe siècle, les prémices de l'absolutisme se font sentir, et Moulins devient une terre d'exil. Le , Marie-Félicie des Ursins, l'épouse du duc Henri II de Montmorency, qui vient d'être exécuté à Toulouse pour crime de lèse-majesté, arrive à Moulins pour être retenue captive dans l'ancien palais ducal. Rapidement, elle est rendue à la liberté, se retire en 1634 au couvent de la Visitation de Moulins, dont elle devient une religieuse en 1641[13] (l'année même où meurt dans ce même couvent de Moulins la fondatrice de l'Ordre, Jeanne de Chantal). Elle fera construire un mausolée, à côté du couvent, où seront entreposés la dépouille mortelle de son mari et son propre corps, à sa mort. Après la disgrâce du surintendant des Finances Nicolas Fouquet, sa famille, dont son épouse, Marie-Madeleine de Castille, est envoyée en exil à Montluçon, puis à Moulins et enfin à Souvigny[13].

En 1653, naît à Moulins Claude Louis Hector de Villars, qui deviendra en 1733 maréchal général des camps et armées du roi. Son père étant alors en exil (il était notamment haï de Louvois), sa mère se retire chez sa tante, Mme de Saint-Géran, épouse de Jean-François de La Guiche, gouverneur du Bourbonnais, à Moulins[13].

Un autre militaire naîtra à Moulins, il s'agit de Jacques Fitz-James, duc de Berwick, en 1670, qui deviendra maréchal de France.

Développement industriel[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, la population continue de croître et l'industrie se développe. Les rives de l'Allier sont urbanisées, avec l'expansion de la batellerie[13]. La coutellerie de luxe et l'industrie armurière de Moulins connaissent leurs heures de gloire. La première s'éteindra avec la Révolution, et donc la fin de la haute noblesse, la seconde ne survivra pas à l'avènement des armes à feu. D'après le journal de Jean Héroard, médecin attaché à la personne du dauphin puis roi Louis XIII, on apprend qu'en 1603 la ville de Moulins offre au dauphin, qui est âgé de deux ans, sa première armure. Sous le règne d'Henri IV, on entreprend d'établir une industrie séricicole à Moulins, comme en beaucoup d'endroits du royaume. Enfin, durant la seconde moitié du siècle, des travaux d'embellissement de la ville sont effectués, avec notamment l'aménagement des cours de Bercy et d'Aquin[13].

Le , Louis XIV modifie les critères d'admission au sein du conseil municipal, « afin de remédier aux brigues, cabales et monopoles pratiqués, depuis quelques années, dans la ville de Moulins, pour l'élection du maire » : seuls des notables pourront y siéger. Par un édit d'août 1692, il crée les charges de maires perpétuels, non élus, qui doivent être achetées, dans le but de renflouer le Trésor et soutenir l'effort de guerre. En 1693, Bernard de Champfeu acquiert le poste de maire perpétuel de Moulins pour la somme de 44 000 livres. En 1705, le mandat électif pour les maires est rétabli, mais pour avoir l'insigne honneur d'élire leur maire, les villes doivent payer une taxe au Trésor et dédommager l'actuel maire perpétuel. En 1712, M. de Champfeu est totalement remboursé et est remplacé par un maire élu, M. Vernin[9].

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Moulins et pont de Régemortes représentés sur la carte de Cassini, 1759

Reconstructions du pont successives[modifier | modifier le code]

Durant le XVIIIe siècle, les travaux d'embellissement de la ville se poursuivent, mais la grande réussite architecturale de ce siècle à Moulins est le pont que l'ingénieur Louis de Régemortes parvient à construire sur l'Allier. Au niveau de Moulins, l'Allier est relativement étroit, et c'est sans doute une des raisons qui poussèrent initialement des populations à s'installer ici.

Longtemps des ponts en bois seront construits, tous emportés par des crues. En 1499, le duc Pierre II prévoit de faire construire un pont de pierre, mais son projet n'est pas réalisé. L'an 1532 marque un tournant, puisque l'on construit effectivement le premier pont de pierre de Moulins. Il sera emporté. En 1595, on le reconstruit. Las, il est emporté en 1676. C'est que le lit de la rivière est particulièrement sablonneux à Moulins, rendant les fondations de ces édifices très fragiles.

Lorsque les ponts sont effondrés, on traverse à bac. En 1685, un nouveau pont est bâti, il s'effondre quatre ans plus tard. Au début du XVIIIe siècle, Jules Hardouin-Mansart conçoit les plans d'un futur pont, qui s'écroulera en 1710[18]. Saint-Simon rapporte, dans ses Mémoires, l'annonce au roi et à l'architecte de cet évènement[19]. Cependant, il faut ici constater que le mémorialiste affabule, puisque Hardouin-Mansart meurt en 1708.

En 1750, Louis de Régemortes, premier ingénieur des turcies et levées de la Loire, s'emploie à résoudre ce problème, et achève en 1762, après force travaux, un ouvrage qui est resté, jusqu'à aujourd'hui, intact. Il fera publier en 1771 Description du nouveau pont de pierre construit sur la rivière d’Allier à Moulins, dans lequel il indique par quels moyens il est venu à bout des difficultés qui causaient la ruine de chacune des entreprises précédentes.

Pont Régemortes au fond, vu du pont de fer.

La Révolution[modifier | modifier le code]

Dès 1778, des tentatives de réformes sont engagées par Jacques Necker, notamment de décentralisation, avec la mise en place d’assemblées provinciales, compétentes pour répartir et lever les impôts, diriger la construction des routes et faire au Roi des représentations en vue du bien de la province. D'abord établies en Berry et Haute-Guyenne, ces assemblées sont autorisées en Bourbonnais par lettres-patentes de 1780, confirmées en 1781. Mais cette tentative n’est qu’éphémère, puisqu’elle prend fin, pour le Bourbonnais, dans le courant de 1781. Elle est cependant rééditée en 1788. Le 27 septembre de la même année, le Parlement de Paris enregistre l’édit de convocation des États Généraux. À partir du , les trois ordres sont réunis à Moulins pour élire leurs représentants et rédiger les cahiers de doléances.

Le 21 mars, Moulins connaît une nuit du 4 août anticipée : la noblesse fait savoir aux clergé et tiers état qu’elle renonce à tous ses privilèges : « la noblesse fait, avec plaisir, au tiers état le sacrifice de tous ses privilèges pécuniaires, ne demandant à se réserver, franc de toutes impositions réelles, que le manoir seigneurial, avec sa cour et son jardin, pourvu que le tout n’excédât pas la valeur de deux arpents royaux, assurant que ladite noblesse se bornait à cette distinction purement honorifique ». Le clergé, à son exemple, se dit alors « prêt, de son côté, à faire le sacrifice de tous ses droits sans aucune réserve »[9].

Joseph Fouché, miniature sur ivoire par Jean-Baptiste Sambat.

Dès 1787, une société philosophique, La Société de Moulins, est fondée dans la ville. On peut penser que c’est des idées qu’elle diffuse que découle l’engagement de la noblesse et du clergé bourbonnais de renoncer à leurs privilèges. C’est un club de notables. En 1791, elle fait place à la Société des Amis de la Constitution, affiliée au Club des Jacobins, qui réunit la haute bourgeoisie moulinoise, instruite et modérée. Elle siège, à partir de 1792, en l’église Saint-Jean. Enfin lui succède La Société populaire, dont la plupart des membres fait partie du petit peuple[9].

Les élections municipales de décembre 1792 mettent à la tête de la ville des citoyens "plus républicains", qui commencent à prendre des mesures fortes, avec le soutien de la Société populaire. C’est bientôt l’avènement de la Terreur. Du 17 avril au , avec l’accord du Conseil Général du département, dont Moulins est devenue la préfecture en 1790, un Comité central de sûreté publique est formé. Le , Jacques Pierre Brissot, l’un des chefs des Girondins à la Convention, est arrêté à Moulins. La guillotine est dressée place Brutus (place d’Allier). En septembre, Joseph Fouché, envoyé de la Convention, arrive à Moulins. Il n’y reste que quelques jours, mais y laissera des marques certaines : à son instigation est formée une armée révolutionnaire pour l’Allier, qui sera sous les ordres du Comité de surveillance départemental, il remplace des fonctionnaires, procède à des levées de fonds auprès des « riches », accentue la Terreur.

Le 31 décembre 1793, trente-deux moulinois, envoyés par le Comité de surveillance à Lyon, sont exécutés. Succédant à Fouché, Noël Pointe, représentant du peuple près les départements de la Nièvre, le Cher et l’Allier, s’emploie à modérer les mesures prises par son prédécesseur. Les représentants du peuple qui suivront Pointe œuvreront tous dans le même sens[9].

Durant la Révolution, à Moulins, à la suite de la loi du , une manufacture d’armes est instituée, qui fonctionnera concurremment avec une fonderie de canons. La ville compte de très nombreux clochers car elle abrite un grand nombre d’établissements religieux. Ces clochers seront rasés. Le 5 vendémiaire, an V, l’École centrale de Moulins est inaugurée, succédant au collège qui avait été fondé par les jésuites[9].

1804 à 1871[modifier | modifier le code]

En 1804, l’École centrale de Moulins est remplacée par un lycée, l’un des premiers de France. Il deviendra le lycée Théodore-de-Banville. Sous l’impulsion de Napoléon III, la cathédrale est agrandie par la construction d’une nef. Dans le même temps, l’église du Sacré-Cœur est élevée. C’est la première église consacrée au Sacré-Cœur de Jésus-Christ en France[13].

La Société d'émulation du Bourbonnais est fondée à Moulins en 1845, et est reconnue d'utilité publique dès 1925 par un décret du 20 août, pour se consacrer à l'étude et la recherche historique, archéologique, sociale et culturelle de l'ancienne province du Bourbonnais. Des conférences y sont organisées régulièrement.

En janvier 1871, c’est à Moulins qu’est centralisé le courrier à destination de Paris, assiégée par les Prussiens, et qui devait y parvenir par transport en boules de Moulins, en zinc soudé pour être étanches[11].

Troisième République et État Français[modifier | modifier le code]

Explosion de la poudrerie durant la première guerre[modifier | modifier le code]

En pleine nuit du 2 au 3 février 1918, une cascade d’explosions accidentelles en chaine, causées par les sels d’acide fulminique utilisés pour provoquer la détonation des amorces d’obus, ravagea l'atelier de chargement de munitions de la poudrerie de Moulins-Yzeure, s'étendant sur un grand nombre de kilomètres, et qui causa plusieurs dizaines de morts[20].

Les effets ont été en ville extrêmement violents. Vers 10 heures, un nouvel embrasement battit les murs, suivi une heure après, d'un jet de flammes. Les déplacements d’air ont occasionné un peu partout des dégâts considérables : toitures, contrevents, vitres, fenêtres, galandages… Les rues étaient jonchées de débris de verre, de tuiles et de plâtras, les glaces des magasins éprouvées. Quant aux rideaux de fer ondulé, ils ont été uniformément disloqués et sortis de leur cadre, si bien que nombre de boutiques n’ont pu ouvrir.

Les explosions furent ressenties jusqu'en Haute-Loire[21].

Aménagements de l'hôpital[modifier | modifier le code]

L'hôpital général fut créé en 1658 pour accueillir les pauvres et les enfants abandonnés de plus de douze ans. En 1895 un bâtiment service de maternité y fut adjoint.

En 1925 le maire René Boudet proposa de reconstruire l'hôpital principal civil et militaire St Joseph sur les terrains de l'hôpital général, utilisés en jardins. Marcel Génermont, architecte diplômé des Monuments Historiques, puis président de la société d'Emulation du Bourbonnais dont il écrivit plusieurs ouvrages, fit construire de 1929 à 1935 les hôpitaux de Moulins (considérés comme le dernier perfectionnement de l'hygiène et de la science) et de Decize, ainsi que le clocher de l'église St Paul à Montluçon, et restaura plusieurs édifices médiévaux [22].

La ligne de démarcation durant l'occupation[modifier | modifier le code]

Le 18 juin 1940, les troupes allemandes entrent à Moulins par l'est, le 19 à Vichy et le 21 à Montluçon. Vers 13h30, deux officiers allemands arrivent à l'Hôtel de Ville et montent dans la salle du conseil municipal qui les attend au grand complet autour du maire M. Boudet, ceint de son écharpe tricolore. L'occupation commence… Tout l'après-midi, les batteries allemandes installées sur les hauteurs de Moulins-Yzeure pilonnent la Madeleine par dessus la ville, incendiant la caserne du quartier Villars (devenu le Centre National du Costume de Scène (CNCS))[23].

Établie en application de la convention d'armistice, Moulins se situe précisément sur la ligne de démarcation qui divise le département et établit la frontière entre la zone Nord de la France occupée et la zone Sud de la France encore libre, que les Allemands respecteront durant toute cette période.

C'est ce qui explique qu'aux points de passage importants, tels que notamment le pont Régemortes, dont une arche du pont fut détruite en juin 1940 pour gêner l'avancée des troupes allemandes, puis reconstruite dès 1942, des contrôles sont effectués régulièrement par des douaniers allemands. Une seule solution s'offre à ceux qui ne possèdent pas de laissez-passer (pour aller travailler ou faire leurs achats par exemple) : le passage clandestin seul ou avec l'aide de passeurs[24]. Désagrément supplémentaire pour la population, le contrôle du ravitaillement était effectué par la gendarmerie française… afin d'éviter le « marché noir ».

En août 1944, de nombreux combats ont lieu entre la Résistance et les Allemands qui se replient progressivement. Montluçon et Moulins sont le théâtre d'affrontements entre garnisons allemandes et maquisards, notamment l'explosion des ateliers de pyrotechnie (poudrière et ateliers de chargement), à la sortie de la ville vers Toulon sur Allier[25].

En septembre 1944, beaucoup d'habitants sont tenus d'héberger les troupes allemandes durant quelques jours, voire semaines[26].

La libération de Moulins donne lieu à des grands rassemblements de la population. En 1945, de grandes fêtes populaires et musicales, les foules dansant au son des orchestres musette jouant Ah ! Le petit vin blanc, ou In the Mood de Glenn Miller notamment, sont organisées dans la ville.

Années 1950 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Développement des transports[modifier | modifier le code]

L'accès routier depuis Paris (300 km environ), s'effectuait autrefois entièrement par la Nationale 7 (bien connue de la célèbre chanson de Charles Trenet), depuis la Porte d'Italie, qui à partir des années 1970, commença de réaliser de plus en plus de déviations contournant les villes ou villages pour un gain de temps. L'autoroute A77 contournant Montargis et Nevers, remplaça à son tour progressivement de plus en plus cette Nationale 7 à partir de 2000. Une toute nouvelle bretelle de circulation à grande vitesse (limitée à 110 km/h), contourne aussi par l'Est, Moulins du Nord au Sud.

Les lignes du train local du réseau de l'Allier à voie étroite métrique, surnommé "le Tacot", construites en 1886 (voir les détails sur l'article correspondant), passant par Moulins notamment, s’arrêtèrent progressivement de fonctionner jusqu'en 1951.

Au milieu des années 1980, les passages à niveau des trains grandes lignes Paris-Nevers-Moulins-Vichy-Clermont-Ferrand deviennent automatiques, ayant été auparavant actionnés par manivelles par des gardes-barrières.

La ligne est électrifiée en 1989 et la gare rénovée. Les voitures Corail, en service depuis 1976, qui elles-mêmes avaient remplacé les autorails, sont rhabillées sous l'appellation de Téoz, en 2003, le train allant jusqu'à 160 km/h depuis Paris en seulement 2 heures 25. Toutefois, l'accès sur Paris qui s'effectuait jusqu'en 2012 à la Gare de Lyon est transféré à la Gare de Bercy.

En 1990, un réseau de bus locaux desservant jusqu'à 12 lignes sur les communes de Moulins, Avermes et Yzeure, utile aux scolaires notamment, est mis en circulation.

Réalisations[modifier | modifier le code]

En 1963, un ensemble de grands immeubles HLM baptisés « Les Chartreux » est construit en périphérie de Moulins le long de la rue de Decize. Une toute nouvelle petite supérette, la « Coop », y fut insérée.

En 1981, l'aérodrome de Moulins-Montbeugny remplace celui d'Avermes, où se situait notamment une école de parachutistes amateurs durant les décennies précédentes[27].

Vers 2000, le beffroi du Jacquemart devient visitable et accessible au public, offrant de ses 45 mètres un panorama sur la ville[28].

Le Centre national du costume de scène et de la scénographie est créé sous forme de musée en 2006, à l'emplacement du quartier Villars, dans l'ancienne caserne de cavalerie bâtie pendant le règne de Louis XV. C'est la première structure au monde à être entièrement consacrée au patrimoine du spectacle vivant (théâtre, opéra, danse…) et plus précisément aux décors et aux costumes[29].

La piscine de Moulins sera modernisée en 1972, puis de nouveau réaménagée plus convivialement en 2013, devenant le Centre Aqualudique l'Ovive.

En 2013, la place d'Allier ou place du Marché est rénovée, devenant en partie piétonne, et le magasin Monoprix déplacé et incorporé aux Halles.

Les crues de l'Allier[modifier | modifier le code]

Moulins a connu 6 crues principales, d'autant plus faciles que la rivière est restée sauvage[30] :

  • En 1710 relate un prêtre, l'inondation effondre le pont Mansart et retourne plusieurs maisons de l'époque.
  • 1790 connut sa plus grande crue, suite à une averse incessante durant 22 heures, réunissant l'Allier et la Sioule, inondant toutes les rues provoquant la débâcle.
  • Une crue soudaine de 4 m 62 au Pont Régemortes, se produisit en 1835 sur le quartier de Font-Vinée puis le port n'étant protégé d'aucune digue, emmenant les chargements de bois de la batellerie.
  • Suite aux pluies et fonte des neiges continues de 1856, la seconde plus haute crue suivie d'inondations atteindra 5 m 42. Elle incita à construire la levée insubmersible qui protégea la ville lors d'une nouvelle crue en 1866.
  • Durant l'occupation en 1943, l'Allier atteint 3 m 60, recouvrant l'hippodrome et les terrains de sport, les poissons faisant surface, et pénétrant dans les caves et jardins.
  • Enfin en mars 1988, la côte atteint 1 m 69 en submergeant les rives et terrains environnants.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du Conseil municipal de Moulins[31] :

Groupe Président Effectif Statut
UMP Pierre-André Périssol 28 majorité
PS - PC Jacques Lahaye 5 minorité

Les maires de Moulins[modifier | modifier le code]

Moulins est la préfecture de l'Allier, bien qu'il ne s'agisse pas, et de loin, de la plus importante ville en nombre d'habitants.

La fonction de maire existe à Moulins depuis 1518[32].

Pour les maires élus avant la Libération, voir l'article détaillé : Liste des maires de Moulins.
Liste des maires successifs depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
août 1944 mai 1945 Jean Dufloux   Maire provisoire
mai 1945 octobre 1947 Henri Gromolard CNR  
octobre 1947 mars 1959 Maurice Tinland    
1959 1971 Jacques Pligot Républicain indépendant  
1971 1989 Hector Rolland RPR  
1989 1995 Paul Chauvat DVD  
1995 en cours Pierre-André Périssol RPR puis UMP Ancien ministre

Organisation judiciaire[modifier | modifier le code]

Banderole sur l'Hôtel de ville, janvier 2009

Moulins est le siège d'un tribunal de grande instance et d'un tribunal d'instance qui gèrent l'essentiel des dossiers de la région. La présence de la prison de haute sécurité sur la commune limitrophe d'Yzeure a été favorisée par cette implantation.

En 2009 la réforme de la carte judiciaire prévue par le ministre de la Justice, Rachida Dati, prévoyait la fermeture du TGI de Moulins. À la suite de nombreuses manifestations de la population ainsi que des avocats, une lutte contre l'arrêté ministériel s'est organisée et en 2010, le Conseil d'État l'a déclaré invalide, annulant ainsi la fermeture du TGI.

Cependant, le Tribunal de commerce ainsi que le Conseil de prud'hommes ont été supprimés, et pour ces juridictions, Moulins et ses environs sont désormais rattachés à celles de Vichy-Cusset.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 18 959 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
13 249 13 509 14 101 13 697 14 672 15 231 15 377 17 110 17 318
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
18 069 17 581 19 890 20 385 21 774 21 156 21 721 22 665 22 215
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
22 340 21 888 21 990 22 968 23 306 22 225 22 369 23 254 24 441
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2012
23 909 25 979 26 067 25 159 22 799 21 892 20 599 19 094 18 959
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[33] puis Insee à partir de 2004[34].)
Histogramme de l'évolution démographique


Évolution de la pyramide des âges de la commune de Moulins, comparaison entre l'année 1999 et 1982[35]:

Pyramide des âges en 1982 en nombre d'individus
Hommes Classe d’âge Femmes
539 
75 à plus
1 417 
1 238 
60 à 74
1 886 
2 320 
40 à 59
2 713 
3 941 
20 à 39
4 233 
3 475 
0 à 19
3 384 
Pyramide des âges en 1999 en nombre d'individus
Hommes Classe d’âge Femmes
723 
75 à plus
1 730 
1 214 
60 à 74
1 864 
2 458 
40 à 59
2 777 
3 175 
20 à 39
3 423 
2 291 
0 à 19
2 230 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Établissements éducatifs[modifier | modifier le code]

Moulins relève de l'académie de Clermont-Ferrand. Celle-ci évolue sous la supervision de l'inspection départementale de l'Éducation nationale.

Voici ci-dessous la liste exhaustive des établissements scolaires de la commune[36] :

  • Écoles maternelles publiques (gérées par la commune) : Arc-en-Ciel, Jean-Macé, Jeu-de-Paume, Marie-Laurencin, Les Clématites, La Comète, Les Gâteaux, Les Mimosas, Les Mariniers
  • Écoles maternelles privées : Saint-Benoît
  • Écoles élémentaires publiques (gérées par la commune) : Achille-Roche, Alain-Fournier, François-Truffaut, Gaspard-Roux, Jean-Macé, Jean-Moulin, Les Champins, Les Gâteaux, Les Rives d'Allier
  • Écoles élémentaires privées : Saint-Benoît
  • Collèges publics (gérés par le Conseil général de l'Allier) : Anne-de-Beaujeu, Émile-Guillaumin, Charles-Péguy
  • Collège privé : Saint-Benoît
  • Lycée public (géré par le Conseil régional d'Auvergne) : Théodore-de-Banville
  • Lycées privés : Anna-Rodier, Saint-Benoît
  • Enseignement professionnel :
  • Formations après le baccalauréat : IUT de Moulins

Culture, musique et établissements culturels[modifier | modifier le code]

  • École de musique communautaire de Moulins, 5 place Maréchal de Lattre de Tassigny[37]
  • Exposition de clarinettes en 2015 à la médiathèque[38], en référence notamment à l'usine d'Yzeure à la limite de Moulins ayant fonctionné plusieurs décennies jusqu'en 1997[39].
  • Sur Avermes, donnant quelques concerts sur Moulins, la Lyre avermoise est une importante harmonie municipale formée d'une trentaine de musiciens amateurs de toutes générations[40].
  • Le parc des expositions de Moulins Communauté se situe Avenue des Isles à Avermes.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Festi BD de Moulins (créé en 2001).
  • Salon de l'illustration et du livre de jeunesse, créé en 2007 par l'association LACME qui organise également le Salon du livre ancien de Souvigny.

Cinémas[modifier | modifier le code]

  • Cap Cinéma est le principal complexe situé près de la gare[41].

Santé[modifier | modifier le code]

  • Le Centre Hospitalier & Urgences de Moulins-Yzeure, est très important en superficie et soins[42]
  • Polyclinique Saint-Odilon
  • Laboratoires MAYMAT (Maymat ; Recoules ; Saint-Odilon)

Sports[modifier | modifier le code]

  • L'Association sportive moulinoise (ASM) évolue actuellement en CFA.
  • Le stade Hector-Rolland de l'équipe ASM (ex-maire de Moulins et député de l'Allier), inauguré en 2001.
  • Le FCM évolue en fédérale 3. En 1923, le club a connu son apogée en participant une saison à l'élite du rugby français de l'époque.
  • La ville organise une année sur deux les championnats de France de Tir au stand Roger-Dumont.
  • La piscine de Moulins, ou Centre Aqualudique l'Ovive, offrant 1400 m² debassins, est ouverte toute l'année[43].
  • L'Hippodrome de Moulins se situe le long des berges de l'Allier.[44]
  • L'Aéro-club de Moulins-Montbeugny, dont la gestion est assurée par la CCI de Moulins, propose des activités de vols en petit avion amateur, voire de montgolfière.[45]

Médias[modifier | modifier le code]

Moulins dispose des bureaux de France 3 Allier.

La Semaine de l'Allier a son siège à Moulins.

Le journal La Montagne a des bureaux à Moulins.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Cette liste n'est pas exhaustive :

Économie[modifier | modifier le code]

Les principales industries ont disparu au cours des années 1980-1990 : fermeture de l'usine Thomson, des chaussures Bally, de la serrurerie JPM en 2013 …

Moulins est l'un des 2 sièges de la Chambre de commerce et d'industrie de Moulins-Vichy. Elle gère l’aérodrome de Moulins - Montbeugny.

L'économie de la cité est très liée à ses fonctions administratives et de chef-lieu de département.

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

Commerces[modifier | modifier le code]

  • Zone Commerciale Sud (Moulins-sud) : Centre commercial Carrefour
  • Zone Commerciale Nord (Avermes - arrondissement de Moulins) : Centre commercial Leclerc
  • Centre Commercial « Les Halles » (centre-ville)

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Rue de l'ancien Palais.

Moulins présente un intéressant centre-ville, dominé par les hauts clochers de la Cathédrale Notre-Dame et du Sacré-Cœur ainsi que le beffroi au dôme de cuivre du Jacquemart, la haute tour de l'horloge de l'ancien pensionnat de Saint-Gilles, le grand dôme d'ardoises et zinc des « Nouvelles galeries » ou encore le clocher en gothique flamboyant de l'église Saint-Pierre… Mêlant les styles de différentes époques, avec, néanmoins une dominante médiévale et Renaissance, Moulins est classée ville d'art et d'histoire depuis le , seule ville de la région Auvergne à être labellisée[46].

Médiathèque[modifier | modifier le code]

Dotée du statut de Bibliothèque municipale classée, la médiathèque communautaire comprend des collections de manuscrits, des incunables, des livres et périodiques anciens, et permet la consultation sur place et le prêt de livres, revues et CD musicaux.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Promenade des Quais d'Allier
  • Place d'Allier
  • Square Général Leclerc

Monuments et patrimoine laïques[modifier | modifier le code]

La tour jacquemart.

La Tour Jacquemart et la place de l'Hôtel de Ville[47][modifier | modifier le code]

La Tour de l'Horloge, dite « Jacquemart » avec toute sa famille d'automates est célèbre pour carillonner en égrenant :

  • tous les quarts d'heures par les tintements distincts successifs de deux petites cloches, frappées alternativement par des automates représentant les deux « enfants », puis
  • toutes les heures par les tintements graves successifs de la grosse cloche « bourdon », frappée alternativement par les 2 automates représentant les « parents »,

Cette tour est un vestige de l'ancienne enceinte (XVe siècle). La cloche principale, sonnant le total des heures, est de dimensions remarquables : 1,90 m de diamètre pour 2 mètres de hauteur, d'où sa sonorité très grave et puissante si particulière. Elle datait à l'origine de 1656 et fut parrainée par la reine Anne d'Autriche mais fut remplacée par une copie fidèle comme les deux autres cloches après l'incendie du haut du beffroi en 1946.

  • L'hôtel de ville, début XIXe, fait face au beffroi Jacquemart, avec ses colonnades et arcades.
  • L'imposant immeuble de style Louis XIII, toujours sur la place du Jacquemart, abrite depuis le début du XXe siècle la Caisse d'Épargne.

Tour de la « Mal-Coiffée »[modifier | modifier le code]

C'est le vestige de l'ancien château médiéval des ducs de Bourbon. Elle fut longtemps la prison dont la rénovation fut terminée en 2007, et visitable au public.

Place de l'Allier, Halle et Sacré-Cœur[modifier | modifier le code]

  • La grande fontaine de la colonne se situe à l'entrée (début XIXe) de la place, jonchée de boutiques commerçantes.
  • Le marché situé sur la place d'Allier est constitué pour son bâtiment principal d'une halle de type Baltard inaugurée en 1880, qui servait également autrefois de marché aux volailles. De récents travaux en 2013 ont rendu cette place piétonne, et incorporé le Monoprix, auparavant situé dans le bâtiment historique des "Nouvelles Galeries", dans cette halle.
  • Le Grand Café (1899), de style « beaux Arts 1900 », situé sur la place d'Allier, est l'une des dix plus belles brasseries de France d'époque 1900. L'intérieur est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1978.
  • Enfin, elle est délimitée par l'imposante et majestueuse église du Sacré-Cœur (description détaillée chapitre ci-dessous)

Bâtiments architecturaux divers[48][modifier | modifier le code]

  • L'ancienne Cour des Comptes, située au 9 rue de l'Ancien-Palais, bâtiment construit au (XVe siècle), conserve une grande pièce rectangulaire constituée de deux travées voûtées d'ogives. Il est inscrit "Monument historique" en 1986, mais reste propriété privée[49].
  • Le Palais de Justice (XVIIe siècle), situé route de Paris, est l'ancien collège des jésuites. Il possède des plafonds peints et un décor en trompe-l'œil signé Giovanni Gherardini (1654-1723).
  • Les anciennes halles couvertes XVIIe, aux voutes situées sur l'actuelle place des Vosges, font face à un pan de la cathédrale.
  • Le « Bar américain », sur les cours, a quant à lui conservé sa superbe vitrine de style et d'époque Art nouveau datant de 1905 (Inscription MH 1978).

Maisons anciennes[modifier | modifier le code]

  • Nombreuses maisons à colombages des XVe et XVIe siècles siècles au sein du quartier médiéval de la cathédrale et hôtels particuliers des XVIIe et XIXe siècles le long des cours et quartiers adjacents.
  • La maison Mantin est la demeure d'un bourgeois moulinois du XIXe siècle, conservée telle qu'elle se présentait le jour de sa mort, en 1905. Léguée par testament à la Ville de Moulins, qui se devait de l'ouvrir au public cent ans après le décès de son propriétaire, elle est ouverte au public depuis 2010 après de remarquables travaux de restauration.

Ponts[modifier | modifier le code]

  • Le Pont Régemortes, dont la construction a été terminée en 1763. Il est un des premiers et des plus grands construits en France avec une longueur de 301,50 mètres.
  • Le Pont de fer, terminé en 1858, situé sur la ligne ferroviaire Montluçon - Moulins, en amont du Pont Régemortes. Le tablier métallique est de longueur 252 mètres (entreprise J.F. Cail & Cie).
  • Le Pont du Diable, est limitrophe d'Avermes.

Musées[modifier | modifier le code]

  • Le remarquable pavillon « Anne de Beaujeu », un des premiers exemples de l'introduction de l'architecture Renaissance en France à la fin du (XVe siècle. Après d'importantes restaurations, il abrite depuis le début du XXe siècle les riches collections du musée de Moulins.
  • Le Centre national du costume de scène et de la scénographie, offrant de riches expositions temporaires, à la scénographie raffinée, ouvert en 2006 dans l'ancien quartier de cavalerie dit Quartier Villars (XVIIIe siècle), au faubourg de la Madeleine, sur la rive gauche de l'Allier.

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

Panneau central du triptyque.
La Malcoifée et la cathédrale en arrière-plan.

La Cathédrale de Moulins[modifier | modifier le code]

Son Chœur est de style gothique flamboyant du XVe siècle en grès jaune orangé de Coulandon (qui servit aussi pour l'ancienne collégiale Notre-Dame de Moulins au XVe siècle ainsi que le pont de Moulins au XVIIIe siècle)[50].

Sa nef et ses flèches néo-gothiques rayonnent avec le mélange du calcaire blanc prépondérant de Chauvigny et de quelques pierres noires de Volvic, de style gothique du XIIIe siècle considéré alors comme le plus pur par les historiens et architectes du XIXe siècle, alternant géométriquement le noir et le blanc autour de la rosace et au dessus d'ogives.

Les travaux d'achèvement de la cathédrale, entrepris dès les années 1850 sur les premiers plans des architectes Lassus et Millet qui s'inspirèrent de la cathédrale de Senlis, notamment pour les flèches, ne furent pas menés à terme, par suite de nombreux revers tant sur le plan financier que sur le choix défectueux des matériaux.

L'architecte qui leur a succédé et poursuivit les travaux jusque dans les années 1880 se détourna des plans initiaux, tant au niveau des matériaux et des flèches, que pour les toitures de la nef qui devaient être alignées sur celles du chœur. Il en fut de même pour la flèche centrale beaucoup plus modeste que dans les projets initiaux. La cathédrale abrite le célèbre triptyque du Maître de Moulins (Jean Hey).

Ses deux flèches, récemment restaurées, mesurent 82 mètres mais paraissent plus hautes du fait que le parvis de la cathédrale domine d'environ 20 mètres la rivière Allier. Ses orgues de Joseph Merklin (1880)[51].

Le Sacré-Cœur de Moulins[modifier | modifier le code]

Il constitue la première église en France consacrée au Sacré-Cœur de Jésus, achevée vers 1870 après plus 20 ans de travaux de construction. Il est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre du courant néo-gothique par sa composition particulièrement soignée et harmonieuse due au grand architecte Jean-Baptiste-Antoine Lassus.

Comme la cathédrale, l'église possède deux hautes flèches (74 m) qui dominent la place d'Allier, et qui même en étant moins hautes, s'alignent avec celles de la cathédrale, par coïncidence de perspective d'angle de vue depuis l'entrée du Pont Régemortes.

Édifices religieux divers[modifier | modifier le code]

  • L'église Sainte-Claire est la chapelle de l'ancien monastère des Clarisses, dont le cloître fut percé par l'actuelle rue de la Comédie, possédant une remarquable voûte en bois en forme de carène de bateau renversée[52]. Entre 1797 et 1847, cette chapelle a servi de salle de spectacle, puis a été rendue au culte en 1854[53].
  • La chapelle de l'ancien couvent de la Visitation Sainte Marie (vers 1650) est un monastère où décéda sainte Jeanne de Chantal en 1641, qui fut jusqu'en 1998 la chapelle du lycée Banville. Elle abrite le mausolée du duc de Montmorency, pair de France, exécuté pour son complot contre Richelieu aux côtés de Gaston d'Orléans. Sa veuve, Marie-Félice des Ursins, se retire dans ce monastère en 1637 et consacre son influence et sa fortune au rayonnement de ce monastère et à la construction de ce remarquable mausolée, sculpté par Anguier.
  • L'église Saint-Pierre possède un magnifique clocher de style « néo-gothique flamboyant » (1901). L'église est en revanche plus ancienne (XVe et XVIe siècles dont l'intérieur fut réaménagé au XVIIe siècle).
  • Le Temple Protestant est une modeste construction de la fin du XIXe siècle, qui possède un petit clocher en forme de flèche.
  • Le beffroi de l'ancien pensionnat Saint-Gilles et sa chapelle, construit en 1866, possède une haute tour de brique coiffée d'un dôme en zinc couronné par une statue de saint Joseph portant l'enfant Jésus.
  • De nombreux et étonnants couvents de style romano-byzantin de la seconde moitié XIXe siècle surmontés de coupoles à l'allure orientale sont notamment habités par les carmélites (route de Paris) et le Bon Pasteur (rue de Decize).

Espaces verts[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Moulins constitue un bastion fort de la préservation des traditions culinaires régionales. On retiendra particulièrement :

  • la pompe aux grattons, brioche « salée » incorporant les « grattons » issus de la cuisson des viandes de porc, disponible en charcuterie ;
  • la « pompe à la tartouffe » ou pâté aux pommes de terre, plat traditionnel du vendredi, tourte feuilletée garnie de fines tranches de pommes de terre et de crème fraîche délicatement persillée ; l'usage veut que la crème y soit introduite par un petit orifice percé au centre de son « couvercle » de pâte feuilletée ;
  • les viandes de bœuf charolais ;
  • toute la farandole des fromages frais (brebis, vache) du pays ;
  • les vins régionaux, comme le saint-pourçain.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Le musée départemental Anne de Beaujeu.
  • Musée départemental et municipal Anne-de-Beaujeu (dans l'ancien Pavillon « Anne de Beaujeu », premier bâtiment édifié en France de style Renaissance) : remarquables collections de sculptures bourbonnaises (XIIe et XVIIe siècles), de peintures allemandes et flamandes du Moyen Âge et de la Renaissance, de céramiques XVIe et XVIIIe siècles, sans oublier l'archéologie, en particulier des monnaies, des statuettes et des objets gallo-romains en terre cuite de l'Allier et une section d'antiquités égyptiennes.
  • Musée du bâtiment : dans une ancienne maison du XVIIIe siècle (ayant accueilli les Compagnons du devoir), ce musée consacré au bâtiment présente des expositions permanentes relatives au passé et à l'évolution de chaque acteur de la construction : techniques, outils, maquettes, plans, savoir-faire.
  • Citévolution.
  • Musée de la Visitation, patrimoine de l'Ordre de la Visitation, composé de collections textiles uniques par leur fraîcheur et leur diversité, d'orfèvrerie civile et religieuse réunies dans une salle forte, et d'objets d'art et de dévotion de 1550 à nos jours. L'ensemble est l'unique exemple en Europe d'un lieu de mémoire consacré au patrimoine et à l'histoire d'un Ordre monastique (fondé en 1610). Permet de découvrir et de toucher du doigt l'Histoire de France et l'histoire des femmes durant ces quatre siècles. À noter la présence d'objets retraçant l'histoire locale du Bourbonnais qui accueille encore un monastère de la Visitation. Il a remplacé en 2005, le Musée du Folklore et du Vieux Moulins, créé en 1939.
  • Triptyque du maître de Moulins, visite guidée. Le maître de Moulins, dont l'identification a fait couler beaucoup d'encre, était attaché à la cour des ducs de Bourbon. Il est maintenant identifié avec une quasi-certitude comme le peintre d'origine flamande Jean Hey[55] dont la première œuvre connue est la Nativité conservée à Autun, au musée Rolin. Parmi ses œuvres, le triptyque de la cathédrale de Moulins, daté de 1502, est dans un excellent état de conservation. Il représente la Vierge de l'Apocalypse, en compagnie des donateurs, le duc Pierre II et la duchesse Anne de Beaujeu, avec leur fille Suzanne.
    Ce triptyque compte parmi les sommets de la création artistique à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance. À la perfection de l'exécution dans le style de l'école flamande, s'ajoute l'intemporalité du message qu'il véhicule. Il s'agit d'un témoignage de haute spiritualité qui invite au recueillement, à la contemplation et à la méditation.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Génermont (illustrations d'El. Meyer), Vieilles rues, plaques neuves, les rues de Moulins à travers les âges, Moulins, Crépin-Leblond,‎ , in-8° et illustré, 271 p. (réédition sous le titre Vieilles rues, plaques neuves, les rues de Moulins, Avermes et Yzeure à travers les âges, Moulins, Éditions des Cahiers bourbonnais, 1972).
  • Henriette Dussourd, Histoire de Moulins, d'après la chronique de ses habitants, [Clermont-Ferrand], Éd. Volcans,‎ , ill. en noir et en coul., 292 p. (ISBN 2-85260-037-4)
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal,‎ , 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Moulins p. 821-822
  • André Coutard, Histoire du musée des moulins de Moulins, FFAM,‎ (présentation en ligne)
    En mai 2014, la Société d'Émulation du Bourbonnais (à Moulins dans l'Allier) a remis à la FFAM la totalité du fonds de son musée des moulins (voir Moulins de France 99). Ce musée, créé en 1965, avait arrêté toute présentation au public depuis 2005. Ces archives présentant un réel intérêt pour l'histoire des mouvements de sauvegarde des moulins font l'objet de cette publication. Document de 140 pages, avec de nombreuses illustrations et reproductions de documents. Inventaire sommaire du fonds d'archives, et index des moulins cités.
    Éd. FFAM, avril 2015, no spécial 28 de Moulins de France, nombreuses illustrations. FFAM Route d'Avenay Cidex 22 - 14210 EVRECY

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Moulins-sur-Allier est le nom de la gare
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Allier > Moulins (03000) », sur habitants.fr (consulté le 7 juillet 2015).
  2. a et b « Séries historiques des résultats du recensement - Aire urbaine de Moulins (130) », sur le site de l'Insee (consulté le 7 juillet 2015).
  3. « Séries historiques des résultats du recensement - EPCI de La CA de Moulins (240300616) », sur le site de l'Insee (consulté le 7 juillet 2015).
  4. Carte de Moulins sur Géoportail.
  5. « Moulins », sur Lion 1906.
  6. http://www.federation-peche-allier.fr/129_Plans-d-eau.html
  7. Site de Météo-France
  8. Informations pratiques sur la gare de Moulins-sur-Allier (consulté le 21 novembre 2014).
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Histoire de Moulins, Henry Faure.
  10. Epik’Art - Moulins, une terre à part en pays Bourbon
  11. a et b « Moulins - Allier », sur L'Indépendant.
  12. http://crehangec.free.fr/auv.htm
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Histoire de Moulins, 990-1990, Henriette Dussourd.
  14. a, b et c Bourbonrama - L’administration du duché bourbonnais.
  15. Jean-Pierre Leguay, Les catastrophes au Moyen Âge, Paris : J.-P. Gisserot, 2005, collection « Les classiques Gisserot de l'histoire », 224 p., ISBN 2-87747-792-4., p. 138.
  16. Forum-poésie.com
  17. Site Internet sur le Bourbonnais
  18. Histoire de Moulins, Henry Faure et Histoire de Moulins, 990-1990, Henriette Dussourd. On remarquera fort à propos que la DDE et le Musée du Bâtiment de Moulins ne présentent pas la même chronologie que celle notée ici.
  19. Consulter le 3e paragraphe.
  20. « L'explosion de Moulins », sur eugeneturpin.blogspot.fr (consulté le 7 juillet 2015).
  21. http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1454
  22. http://musee-batiment.planet-allier.com/pages/marcel_genermontpag.html
  23. http://ivanluka.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=53:juin-1940-le-debut-des-sombres-annees&catid=28:la-periode-1939-45&Itemid=66
  24. http://archives.allier.fr/1727-de-l-entree-en-guerre-a-l-armistice.htm
  25. http://archives.allier.fr/1734-resistance-et-liberation.htm
  26. « Les auteurs du livre Nous avions dix ans, c'était la guerre témoignent de l'été 44 et de la libération de Moulins », sur La Montagne,‎ .
  27. « Un survol de l'histoire entre ciel et terre », sur La Montagne,‎ .
  28. « Le Jacquemart », sur le site de l'office de tourisme de Moulins (consulté le 7 juillet 2015).
  29. « Centre National du Costume de Scène », sur le site de la mairie.
  30. http://www.prevention2000.org/cat_nat/risques/inond/moulins/moulins4.html
  31. Résultats des municipales 2014 sur le site elections.interieur.gouv.fr
  32. Histoire de Moulins, Henri Faure & Essais sur la formation et les progrès du Tiers-État, p. 258, note 2, Augustin Thierry
  33. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  34. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011, 2012.
  35. Insee, recensement de la population 1999
  36. Site de l'académie de Clermont-Ferrand et site de la ville de Moulins
  37. http://mediatheque.cite-musique.fr/simclient/integration/cimu/cim/view.asp?INSTANCE=CIMU&EID=ACTIVITE_SAISI_7282&DC=viewEcole.xml&SEARCHURL=%2Fsimclient%2Fintegration%2FCIMU%2FdoSearch_Ecole.asp%3FTYPESEARCH%3D%26INSTANCE%3DCIMU%26EIDDISCIPLINE%3D%26EIDREGION%3Dauvergne
  38. « Une nouvelle exposition s'installe à la médiathèque », sur La Montagne,‎ .
  39. « Les clarinettes mises en musique », sur La Montagne,‎ .
  40. http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/allier/allier-local/2014/09/10/lharmonie-de-la-lyre-avermoise-ouvre-la-saison-culturelle-a-islea-ce-samedi_11136922.html
  41. http://www.cap-cine.fr/moulins/
  42. http://www.ch-moulins-yzeure.fr/
  43. http://www.agglo-moulins.fr/VIVRE/Le-centre-aqualudique-l-Ovive/Présentation
  44. http://www.moulins-tourisme.com/fr/bouger/hippodrome/hippodrome-moulins.htm
  45. http://aeroclub.moulins.free.fr/Commun/Presentation.htm
  46. Farid Sbay, « Moulins seule ville labellisée d'Auvergne », La Montagne,‎ , p. 7 (éditions de l'Allier).
  47. http://patrimoine-de-france.com/allier/moulins/tour-de-l-horloge-dite-jacquemart-52.php
  48. http://www.annuaire-mairie.fr/monument-historique-moulins-03.html
  49. « Notice no PA00093194 », base Mérimée, ministère français de la Culture. Propriété privée.
  50. http://mairie-coulandon.fr/Coulandon/Histoire.htm
  51. Moulins, cathédrale Notre-Dame, Orgue Merklin (1880) - Micolle-Valentin (1992)
  52. André Recoulès (préf. Daniel Moulinet), La chapelle Sainte-Claire de Moulins, six siècles d'histoire, Moulins, Société d'émulation du Bourbonnais,‎ .
  53. Bernard Trapes et Jacques Lougnon, « Le théâtre à Moulins au XIXe siècle, ou la vie d'un théâtre de province à l'époque romantique », dans Théâtre et spectacles hier et aujourd'hui, Époque moderne et contemporaine, Paris, CTHS (Actes du 115e congrès national des sociétés savantes (Avignon 1990)),‎ (ISBN 2-7355-0220-1), p. 213 et 216.
  54. Site du musée.
  55. Voir le superbe catalogue d'exposition, France, 1500. Entre Moyen Âge et Renaissance. Paris, RMN, 2010.