Gare internationale de Canfranc

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Canfranc
Image illustrative de l'article Gare internationale de Canfranc
La gare en 2015.
Localisation
Pays Espagne
Ville Canfranc
Quartier Canfranc Estacion
Coordonnées géographiques 42° 45′ 02″ N 0° 30′ 53″ O / 42.75065, -0.514642° 45′ 02″ Nord 0° 30′ 53″ Ouest / 42.75065, -0.5146
Gestion et exploitation
Propriétaire ADIF
Exploitant Renfe
Services TER Aquitaine (car)
Regional Exprés
Caractéristiques
Ligne(s) Pau à Canfranc (frontière)
Jaca à Canfranc
Voies 18 à l'origine
Quais 1 en service côté espagnol
Altitude 1 195 m
Historique
Ouverture 11 juillet 1928
Fermeture 27 mars 1970 (fin du trafic côté français)

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
Canfranc

Géolocalisation sur la carte : Aragon

(Voir situation sur carte : Aragon)
Canfranc

La gare internationale de Canfranc est une gare ferroviaire frontalière des lignes de Pau à Canfranc (frontière) (française) et de Jaca à Canfranc (espagnole), située sur le territoire de la commune de Canfranc, dans la province de Huesca en communauté autonome d'Aragon.

Elle est mise en service en 1928.

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare internationale de Canfranc est située au point kilométrique (PK) 308,449 de la ligne de Pau à Canfranc (frontière) (réseau français), partiellement hors service, à écartement normal, et au PK 24,666[1] de la ligne à écartement large de ligne de Jaca à Canfranc (réseau espagnol).

Elle est établie à 1 195 mètres d'altitude.

Quais côté français en 1994.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

La convention franco-espagnole du 18 août 1904, relative aux chemins de fer transpyrénéens, avait fixé l'emplacement d'une gare internationale côté français aux Forges d'Abel[2], c'est finalement sur le versant espagnol qu'est construite la monumentale gare internationale de Canfranc[3]. Si les travaux de construction du tunnel sont achevés en 1915, c'est en octobre 1922 que commencent les travaux de construction de la gare, douze ans après les débuts des travaux de terrassement de l'emplacement, sur les plans de l'ingénieur Ramírez de Dampierre[4]. Les ingénieurs du ministère espagnol de l'Équipement imposent des modifications, par exemple concernant les matériaux des façades. Mise en service le 11 juillet 1928, la gare est inaugurée le 18 juillet[4] par le président Gaston Doumergue et le roi Alphonse XIII.

Le bâtiment est d'une taille comparable à celui de la gare de Paris-Saint-Lazare. Pour sa construction, il a été nécessaire de réaliser un travail d'ingénierie important à travers les zones forestières, du fait des avalanches et glissements de terrain constants sur les pentes. Ceci s'est traduit par une réhabilitation de l'hydrologie de ces zones forestières, qui est considéré comme l'un des meilleurs exemples connus de restauration hydrologique de la forêt. Ceci, en permettant de stabiliser le terrain par la présence des arbres, a permis la construction du chemin de fer qui relie les deux côtés des Pyrénées.

Durant la période de desserte internationale[modifier | modifier le code]

Le fonctionnement de cette gare, de statut international, est régi par une convention franco-espagnole de 1928[5]. Malgré l'intégration de l'Espagne à l'Union européenne, et la suppression du trafic ferroviaire entre la France et l'Espagne sous le tunnel du Somport, celle-ci est toujours en vigueur en 2014.

En septembre 1931, un incendie occasionne d'importants dégâts[6]. S'étant déclaré dans le hall, il se propage à la bibliothèque, détruisant en totalité le restaurant et affectant la charpente en bois[6]. Si la cause est initialement identifiée comme un court-circuit, l'on parle ensuite d'un incendie spontané[6]

La guerre civile espagnole, en 1936, provoque la fermeture de la frontière franco-espagnole[4]. Les franquistes prennent le contrôle de la gare le 20 juillet 1936[4]. Le trafic reprend puis est interrompu en août, le tunnel est muré en novembre[4].

Le trafic reprend en mars 1940, et de nombreux échanges de marchandises transitent par la gare jusqu'en 1944, notamment entre l'Espagne, le Portugal et la Suisse, pays non engagés dans le conflit[4],[7]. Des convois de minerais de fer et de tungstène quittent l'Espagne vers l'Allemagne nazie, et de l'or transite en compensation dans le sens inverse[4],[7]. Des soldats nazis occupèrent la partie française de la gare à partir de 1942, alors que la ligne y menant est utilisée par de nombreuses personnes quittant la France mais est aussi sabotée par des résistants[4],[7].

À la Libération française, le tunnel est à nouveau muré par les autorités espagnoles, pour éviter l'arrivée de combattants anti-franquistes[4]. Le trafic reprend en 1948, mais le franchissement de la frontière est alors compliqué[4]. Le trafic voyageurs est caractérisé par des trains de pèlerinage et celui de marchandises par l'exportation d'agrumes vers la France[4].

À son apogée, le trafic voyageurs international ne dépasse pas la cinquantaine de voyageurs par jour pour un trafic fret limité.

Fermeture de la section Oloron - Canfranc[modifier | modifier le code]

Le 27 mars 1970, le déraillement d'un train de marchandises français parti en dérive entraîne la destruction du pont de l'Estanguet à proximité de la gare de Lescun - Cette-Eygun. Ce pont n'est pas reconstruit. Le trafic ferroviaire côté français est dès lors limité à Bedous avant l'abandon de la desserte de la section Oloron - Bedous. Les navettes routières en provenance de la France se pérennisent et sont intégrées aux dessertes par car du réseau TER Aquitaine.

Service des voyageurs[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Desserte[modifier | modifier le code]

Le service voyageurs est composé de cars TER Aquitaine en direction d'Oloron et de trains Regional Exprès :

Ligne Trajet Villes desservies
R41 Saragosse - Huesca - Canfranc Saragosse-Delicias - Villanueva del Gállego - Zuera - Almudevar - Tardienta - Huesca-Intermodale - Plasencia del Monte - Ayerbe - Riglos Concilio - Riglos - Santa María y La Peña - Anzánigo - Caldearenas-Aquilué - Sabiñánigo - Jaca - Castiello Pueblo - Castiello - Villanúa - Canfranc

Intermodalité[modifier | modifier le code]

Projets[modifier | modifier le code]

Depuis des années, la réouverture du trafic international et la réhabilitation de la station et de ses environs sont réclamées[Par qui ?]. D'importants travaux ont même été lancés au milieu des années 2000, comprenant la reconstruction complète et à neuf de la toiture de la gare voyageur et la consolidation de l'intérieur du bâtiment[8], mais le projet a été rapidement figé puis abandonné à la suite de la crise financière. La réouverture de la ligne côté français est en projet mais si elle intervient elle ne devrait pas être effective avant 2020[9]. En ce sens la rénovation de la section Oloron - Bedous a débuté le 26 septembre 2014[10], à Lurbe-Saint-Cristau, Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine, et Alain Autruffe, directeur régional de RFF Aquitaine-Poitou-Charentes, scellant le début des travaux de rénovation du premier tronçon de la voie ferrée d'Oloron à Bedous. La ligne à rénover est longue de 24,7 km et comporte 31 ponts. Six passages à niveau sur 27 seront supprimés. Le chantier doit durer dix-huit mois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Livre : Histoire du rail transpyrénéen, éditions La Régordane, page 86.
  2. s:Convention relative à l'établissement de communications par voies ferrées à travers les Pyrénées
  3. s:Arrangement portant modification des articles 4 et 5 de la convention du 18 août 1904 relative à l'établissement de communications par voies ferrées à travers les Pyrénées
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Pascal Desmichel, « La gare monumentale de Canfranc à l’épreuve des temps. Grandeur et décadence d’un patrimoine ferroviaire de la montagne aragonaise (Espagne) », sur cybergeo.revues.org (consulté le 16 février 2011)
  5. s:Convention internationale pour le fonctionnement de la gare internationale de Canfranc et de la voie de jonction de cette gare avec la station française des Forges-d'Abel
  6. a, b et c (es) « Incendio en la estación internacional de Canfranc », La Vanguardia,‎ (lire en ligne).
  7. a, b et c (es) Laura Puy Muguiro, « Los nazis estuvieron en Canfranc », Diario de Navarra,‎ (lire en ligne).
  8. « Canfranc. Ce «Titanic» refait surface : au bout du tunnel du Somport, une gare fantôme, où transitait l'or nazi, va être transformée en hôtel de luxe », sur ladepeche.fr,‎ (consulté le 6 septembre 2012)
  9. « Ligne Pau-Canfranc : vers une réouverture de la voie de chemin de fer »,‎ (consulté le 7 juin 2013)
  10. http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2014/09/26/train-oloron-bedous-les-travaux-lances-a-lurbe-saint-christau,1212685.php

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]