Comté de Hainaut

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Comté de Hainaut

IXe siècle – 1795

Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

Le comté de Hainaut en orange et les limites des provinces actuelles en rouge

Informations générales
Statut Successivement comté de la Francie médiane, de la Lotharingie, de la Francie occidentale, de la orientale, du Saint-Empire, ensuite province des Pays-Bas espagnols, puis autrichiens
Histoire et événements
843 Traité de Verdun : le Hainaut revient à la Francie médiane.
870 Traité de Meerssen : le Hainaut passe à la Francie occidentale.
880 Traité de Ribemont : le Hainaut passe à la Francie orientale.
1549 Pragmatique Sanction : unification administrative des Pays-Bas espagnols.
1792 Invasion par les troupes révolutionnaires françaises.
1793 Création du département de Jemmapes, intégré à la République française.
1793 Retour des troupes autrichiennes.
1795 Recréation du département de Jemmapes, fin définitive du comté.

Entités précédentes :

  • Pagus Hainoensis

Entités suivantes :

Le comté de Hainaut ou Hainau[1]Comitatus Hanoniæ en latin, graafschap Henegouwen en néerlandais, Hennegau en allemand – est un ancien comté qui relevait du Saint-Empire romain germanique, qui se trouvait en bordure du royaume de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le territoire de comté de Hainaut fut occupé par les Nerviens avant d'être conquis par Rome durant la guerre des Gaules. Plus tard, il constitua un pagus de la Civitas Nerviorum. Sa dénomination originelle (pagus Fanomartensis) provient du nom d'une localité située dans sa partie méridionale, Famars, alors que le nom actuel dérive de celui d'une rivière qui le traverse, la Haine (Hennegau de Henne, la Haine, et Gau, comté carolingien).

Probablement encore presque couvert au XIe siècle de l'immense forêt Charbonnière, elle-même relique de l'immense forêt d'Ardenne signalée par César, il s'étendait autour des villes de Mons, Valenciennes et Cambrai. Ce ne fut qu'au VIIe siècle, après les premiers grands défrichements, que Soignies, Le Rœulx, Saint-Ghislain et d'autres villes, s'y formèrent « […] au milieu de forêts épaisses et dans de véritables déserts »[2]. (Le mot désert désignant souvent à cette époque des zones boisées non habitées.)

Par le traité de Verdun (843), la région revient à Lothaire Ier. L'Escaut étant la frontière occidentale de son territoire. Mais l'empire de Lothaire ne persiste pas longtemps : il est rapidement partagé entre Louis le Germanique et Charles II le Chauve.

Comtes du Hennegau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : liste des comtes de Hainaut.

Comtes mérovingiens[modifier | modifier le code]

Selon Jacques de Guyse[3], le premier Comte de Hainaut fut Madelgarius de Famars de Hainaut (Saint-Vincent de Soignies) (ca 610-677)

Comtes carolingiens[modifier | modifier le code]

Les Régnier[modifier | modifier le code]

La Lotharingie divisée en pagi vers l'an 1000

Le traité de Meerssen (870) attribue le comté de Hainaut à Charles le Chauve, qui en fait en 877 un fief héréditaire de la couronne de France. Il en confia probablement le gouvernement à un certain Enguerrand, probablement originaire de Flandre[5]. La prise de possession de la Lotharingie par Louis le Jeune en 880 dut mettre fin à cet interim. Régnier Ier de Hainaut a certainement été en possession du Hainaut dans le dernier quart du IXe siècle. À cette époque, le pays est ravagé par les Normands, que combat Régnier Ier de Hainaut.

Le domaine est alors assez modeste, limité au nord par la Haine, à l'ouest par l'Escaut, au sud par la ligne de partage des eaux. Il n'y avait de limite naturelle ni vers le Cambrésis, ni à l'est, où il s'arrêtait aux portes de Binche, Lobbes et Estinnes. Deux abbayes y sont présentes : Sainte-Waudru et Saint-Ghislain, mais aucune ville encore, car Mons n'est alors qu'une bourgade.

Après une brève réunification sous Charles le Gros (885-887), l'empire des Francs est à nouveau divisé. La noblesse de Lotharingie choisit de se rallier à Arnulf de Carinthie plutôt qu'à Eudes Ier de France. En 895, Arnulf rétablit le royaume de Lotharingie au profit de Zwentibold. Craignant l'établissement d'un pouvoir royal plus proche et donc plus fort, les féodaux se révoltent, menés par Régnier Ier de Hainaut, qui demande l'appui de Charles le Simple. En 898, Zwentibold frappe Régnier de disgrâce et le comté passe dans d'autres mains : celles de Sigard, comte du Luihgau. Dès l'avènement de Louis l'Enfant (899), Régnier est rentré en faveur, mais ne récupère pas le Hainaut. Zwentibold meurt au combat en 900 et le royaume de Lotharingie disparaît définitivement.

L'aîné des fils de Régnier, Gislebert obtient le titre de duc de Lotharingie vers 928. C'est alors probablement son frère cadet, Régnier II de Hainaut, qui devient comte de Hainaut. Celui-ci se fait construire un château à Mons. Son comté est attaqué par la maison d'Ardenne, poussée par l'empereur. Régnier II est vainqueur et annexe les terres impériales des Estinnes, de Valenciennes et de Bavay et devient abbé laïc des abbayes Sainte-Waudru de Mons et Sainte-Aldegonde de Maubeuge.

Vers 953, la marche de Valenciennes est détachée du comté de Hainaut par l'empereur Otton et confiée à Amaury, gendre d'Isaac de Cambrai. Le comte de Hainaut Régnier III en prend ombrage et se révolte. Il bat Conrad le Rouge, duc de Lotharingie nommé par Otton III. En 957, Régnier III est déposé par le nouveau duc Brunon de Cologne et il subit ensuite une défaite face aux troupes impériales en 958. Il est alors dépouillé de ses biens et exilé en Bohême. Le comté de Hainaut est alors confié à Godefroy, puis à Richer. En 973, Renaud lui succède. Entre-temps, Régnier IV continue le combat de son père et sollicite l'aide du roi de France, Hugues Capet, qui espère rattacher la Lotharingie à son royaume. Régnier épouse Hedwige, fille du roi et échange les terres qu'elle apporte en dot contre le domaine de Couvin avec les moines de Saint-Germain-des-Prés. En 973 il tue Renaud et son frère Garnier. L'empereur fait alors appel à Godefroid le Captif, comte de Verdun, qu'il investit du Hainaut, alors qu'il confie la marche de Valenciennes à Arnould. Godefroy reprend le château de Mons en 974, et le garde jusqu'en 998, date à laquelle l'empereur rend le Hainaut (mais non la marche de Valenciennes) à Régnier IV. Durant ces luttes, le comté de Hainaut s'agrandit de Beaumont et Chimay (aux dépens du comté de Lomme) et de Chièvres, Soignies, Braine-le-Comte et Hal (aux dépens du comté de Brabant). Finalement, l'autorité des féodaux est reconnue par l'empereur.

1071 : reféodation du comté de Hainaut[modifier | modifier le code]

De la maison de Flandre aux États bourguignons[modifier | modifier le code]

Le comté passe à la maison de Flandre en 1051, mais ce n'est qu'en 1191 que les deux comtés de Flandre et de Hainaut sont unis. Ils sont à nouveau séparés en 1280, à la mort de Marguerite II de Flandre, et le Hainaut passe alors à la maison d'Avesnes, puis en 1345 à la maison de Bavière. En 1428, Jacqueline de Bavière est contrainte de reconnaître Philippe III le Bon, duc de Bourgogne, comme héritier, lequel réunit le Hainaut en 1433 aux Pays-Bas bourguignons.

Les « Pays-Bas »[modifier | modifier le code]

Ceux-ci deviennent en 1549 les Pays-Bas espagnols, puis en 1581 les Pays-Bas du sud. Entre 1659 et 1678, la partie sud du Hainaut est conquise par Louis XIV et rattachée à la France. En 1713, par le traité d'Utrecht, les Pays-Bas du sud deviennent les Pays-Bas autrichiens. Les cartes du XVIIIe siècle distinguent le "Hainaut Français" et le "Hainaut Autrichien". En 1795, le Hainaut Autrichien est conquis par les armées de la République Française, qui en font le département de Jemappes, et en 1815 le Congrès de Vienne le donne au Royaume des Pays-Bas. En 1830, la Belgique se soulève, et le traité de Londres de 1839 attribue le Hainaut (le nord de l'ancien comté) au nouveau royaume, où il devient la province de Hainaut.

Voir aussi : Liste des comtes de Hainaut

Armoiries[modifier | modifier le code]

Les armes primitives du Hainaut
Les armes modernes du Hainaut

Au XIIe siècle, lors de l'apparition des armoiries, les comtes de Hainaut, qui étaient issus de la maison de Flandre, adoptèrent : chevronné d'or et de sable[6]. Ces armoiries sont actuellement reprises par le village de Cousolre, ancienne capitale du Hainaut sous Clotaire II.[réf. nécessaire]

La Flandre et le Hainaut furent ensuite réunis et les comtes portèrent les armes des comtes de Flandre. Ensuite, le comté de Flandre passa aux Dampierre, tandis que le Hainaut passa à la maison d'Avesnes, qui prétendit également au comté de Flandre et porta les armoiries de Flandre, en même temps que les Dampierre. Peu le comte de Hainaut hérita du comté de Hollande et associa les armoiries de Flandre et de Hollande : écartelé en 1 et 4 d'or, au lion de sable, armé et lampassé de gueules (qui est de Flandre) et en 2 et 3 d'or, au lion de gueules, armé et lampassé d'azur (qui est de Hollande).

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

La prévôté de Mons[modifier | modifier le code]

Ce territoire comprend[7]

  • huit villes : Mons, Soignies, Beaumont, Saint-Ghislain, Lessines, Chièvres, Halle et le Rœulx,
  • 91 bourgs ou villages

Le comté de Hainaut[modifier | modifier le code]

Le comté de Hainaut était divisé en :

Curiosité[modifier | modifier le code]

On trouve dans les registres matricules de l'Université de Cracovie en 1526, la mention : « Arnoldus Caussin de Ath ex Hanoniensi Comitatu, Iusquin [des Prés] magnus musicus discipulus ». Né en 1510, Arnold Caussin, musicien et compositeur de la Renaissance a été étudiant à l'Université de Cracovie[8].

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de Trévoux (1704-1771), tome 4 page 707 http://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Page:Dictionnaire_de_Tr%C3%A9voux,_1771,_IV.djvu/715&action=edit&redlink=1
  2. Miraeus, tome I, p. 403, cité par Ch. Duviviers, dans La forêt charbonnière (carbonaria silva) publié à Bruxelles, par EMM Devroye, imprimeur du roi, en 1860 (= extrait du tome II de la Revue d'Histoire et d'Archéologie).
  3. Jacques de Guyse, Histoire du Hainaut, T7, Paris, Bruxelles, 1829.
  4. Sur l'origine des comtes de Ponthieu et la diffusion du prénom Enguerrand.
  5. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. II, Bruxelles, H. Lamertin,‎ 1902 (réimpr. 1981), 469 p. (lire en ligne), p. 64-65
  6. EarlyBlazon
  7. Jan Baptiste Christyn, Les délices des Pays-Bas : ou Description géographique et ..., Volume 3 - 1786
  8. Henri Musielak, Revue de Musicologie, t. 62, n° 2, [Paris] 1976, p. 308.