Écotourisme

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L'écotourisme ou le tourisme vert est une des formes du tourisme durable, plus centrée sur la découverte de la nature (écosystèmes, mais aussi agrosystèmes et tourisme rural), voir d'écologie urbaine (jardins écologiques, Espaces verts écologiques, réserves naturelles urbaines et autres sujets du domaine de l'écologie urbaine...).

Tapanti national park

Éléments de définition[modifier | modifier le code]

Né il y a une trentaine d’années, le terme lui-même d’écotourisme est récent. La définition qu’en donne la TIES (Société Internationale de l’Écotourisme) date de 1991: « L’écotourisme est un voyage responsable dans des environnements naturels où les ressources et le bien-être des populations sont préservés ».

L’écotourisme ou le tourisme vert est une des formes du tourisme durable, plus centrée sur la découverte de la nature (écosystèmes, mais aussi agrosystémes et tourisme rural), voire d’écologie urbaine (jardins écologiques, Espaces verts écologiques, réserves naturelles urbaines et autres sujets du domaines de l’écologie urbaine…).

Des paysages ou des espèces particulières (Ex. lions ou éléphants au Kenya, observation et/ou étude des oiseaux ou des baleines), tout en respectant les écosystèmes, voire en contribuant à les restaurer, dans une approche volontaire de "remboursement de la dette écologique" générée par ce tourisme, qui par ailleurs cherche à diminuer son empreinte écologique.

Ce tourisme s'adapte aussi bien aux pays développés comme la France, une position que défend l'Association française d'écotourisme depuis 2005, ainsi que d'autres associations nationales de l'écotourisme en Europe et en Australie.

Les 12 et 13 septembre 2008, lors de la Quarante-huitième réunion de la Commission pour les Amériques (Séminaire international sur la gouvernance du tourisme dans les Amériques) à Villahermosa (Mexique), Francesco Frangialli, Secrétaire général de l’OMT a évoqué le fait de définir la notion de "tourisme écologique et durable". En effet, l’OMT a lancé l’édition 2008 de son concours de photos sur le thème de la Journée mondiale du tourisme (JMT) de cette année : « Le tourisme s’engage face au défi du changement climatique ». Les photos primées seront affichées sur le site de l’OMT sur la Toile et exposées en 2009 aux grands salons professionnels. Dans ce cadre, il a notamment déclaré : « L’écotourisme se veut une réponse « durable » à l’inquiétante montée d’un tourisme de masse insuffisamment conscient des menaces qu’il fait peser sur l’environnement. Le développement d’un tourisme tourné vers une consommation de plus en plus rapide et « rentable » des voyages, où chacun pense avoir le droit de découvrir jusqu’à la parcelle la plus reculée du monde, participe à la menace qui pèse sur le renouvellement des ressources naturelles telles que l’eau douce, les forêts et les récifs coralliens, et met en péril la survie de nombre d’espèces vivantes, trop souvent exposées à la curiosité de touristes s’imaginant dans des zoos à ciel ouvert». M. Frangialli a donc proposé que, le 27 septembre 2008, lors de la Journée mondiale du tourisme, un Groupe de réflexion travaille sur le thème « Le tourisme s’engage face au défi du changement climatique » à Lima (Pérou) afin d’élaborer « une charte écotouristique ».

Aider à faire prendre conscience de la nécessité de préserver le patrimoine naturel et le patrimoine culturel.

Développement et perspective[modifier | modifier le code]

L'écotourisme est l'un des secteurs qui connaît le plus fort taux de développement dans le monde, à l'inverse du tourisme de masse qui dégrade les milieux naturels, en intégrant une dimension éthique et écocitoyenne[réf. nécessaire]. Des guides de bonnes pratiques apparaissent, dont pour la prise en compte de la biodiversité dans les hôtels[1].

Principes et critères[modifier | modifier le code]

L'association des principes de l'écotourisme avec ceux du développement durable (et donc de la conservation de la nature) rencontre les faveurs de nombreux organismes internationaux (ONU, ONG, Gouvernements et leurs agences..). Il doit pour ces derniers satisfaire à plusieurs critères, tels que[2],[3] :

  • La « conservation », nécessaire à la préservation de la biodiversité et de ses fonctions... à travers la protection, voire la restauration des écosystèmes. L'opérateur touristique devrait justifier de l'absence d'efforts de conservation quand de tels efforts n'existent pas ;
  • Éduquer des voyageurs sur l'importance de la conservation ;
  • Respect de la diversité culturelle et ses liens à l'environnement ;
  • Minimiser les impacts négatifs sur la nature et la culture que pourrait endommager une activité touristique (incluant le voyage pour l'accès à la destination) ;
  • L'écoresponsabilité du voyagiste doit être mise en avant par des évaluations fondées sur des preuves, principes et critères clairs et transparents. Ce dernier doit travailler en coopération avec les autorités et populations locales pour que l'activité écotouristique apporte un double bénéfice, une réponse aux besoins locaux de développement et aux besoins de conservation de la nature.
  • Les revenus et autres bénéfices tirés de l'écotourisme doivent directement bénéficier aux populations de l'aire concernée et à celles qui en sont riveraines, et être utilisés pour la protection, gestion, restauration, conservation et surveillance de la nature et des zones protégées (incluant les aires marines protégées incluses dans la zone de projet ou en aval de cette zone le cas échéant);
  • développer très en amont la planification territoriale du tourisme pour en limiter et/ou compenser les impacts négatifs, et les adapter au mieux aux caractéristiques des régions naturelles et des habitats visités, si possible avant d'y lancer le tourisme, en épargnant les zones trop vulnérables (cœur d'habitat, réserve intégrale, sanctuaires de nature..), et corriger ces plans en fonction des retours d'expérience et évaluation des impacts du tourisme.
  • vérifier que la pression de l'écotourisme soit toujours inférieure aux limites naturelles et aux changements acceptables socialement pour la population autochtone et locale, avec des seuils à déterminer en amont par des chercheurs, avec la population.
  • Les principes et critères généraux du développement durable doivent être respectés par l'écotourisme, incluant la constitution ou l'utilisation d'infrastructures (accueil, routes, pirogues et autres moyens de transport..) de haute qualité environnementale (HQE) et un usage minimal et compensé des ressources fossiles ou pas, peu, difficilement ou coûteusement renouvelables, (naturelles ou fossiles)
  • l'encouragement du développement durable, en fournissant des emplois aux populations locales et autochtones.
  • le partage des bénéfices socio-économiques et socio-culturels avec les communautés locales, en obtenant leur plein accord et accord éclairé, pour une participation à l'activité écotouristique et à la gestion de ses impacts.

Pour de nombreux pays, l'écotourisme n'est plus préconisé comme une activité marginale destinée à financer la protection de l'environnement mais parce qu'il y est devenu un secteur moteur d'une économie nationale, et un moyen de générer des revenus. Par exemple, dans des pays tels que le Kenya, l'Équateur, le Népal, le Costa Rica et Madagascar, l'écotourisme est devenu la principale source de devises.

Critiques ou limites[modifier | modifier le code]

Plongée de "contact" avec des raies sauvages. Il a été montré que ce type d'activité pouvait significativement affecter l'environnement de la raie, ainsi que sa santé (marqueurs sanguins de stress en augmentation, et baisse de l'immunité constatée chez les raies en contact avec l'Homme et non chez les raies vivant "normalement" dans les mêmes régions)[4]

Des naturalistes et des scientifiques spécialistes de la biologie de la conservation craignent ou dénoncent[5],[6] des dérives liées à une définition souvent assez souple de l'écotourisme ou au manque d'indicateurs et de critères pour ce domaine relativement nouveau (bien qu'un tourisme naturaliste, d'exploration et d'aventure existe depuis plusieurs siècles).
Ils estiment que l'écotourisme justifie trop souvent des hôtels et des infrastructures (routes, parkings, ports, pistes d'atterrissage, etc.) artificiellement imposées ou placées au beau milieu de splendides paysages, au détriment des écosystèmes locaux ; ces nouveaux aménagements nécessitent la création de nouvelles infrastructures (routières, énergétiques, hydrographiques...), potentiellement fragmentantes, génératrices de dérangement et de pollutions, avec des retours d'expérience rarement analysés.

Certains estiment que l'écotourisme doit avant tout sensibiliser les gens à la beauté et à la fragilité de la nature, mais sous ce prétexte, certains opérateurs n'hésitent pas à proposer des parcours en 4×4, des déposes en hélicoptère, des piscines et l'air conditionné sans soucis de leur impact différés sur la faune et la flore ou les ressources naturelles locales. Parfois l'écotourisme se veut plus léger, utile ou scientifique[7], mais un nombre croissant de voyages aériens ou de croisière emportent, avec une lourde empreinte écologique, des passagers vers l'Arctique ou l'Antarctique ou les lieux de vie de cétacés (whale-watching) (et parfois de raies que l'on cherche à caresser). Il s'agit selon les opérateurs de faire découvrir la beauté des paysages ainsi que la menace que constitue le réchauffement climatique... mais en y contribuant. Ce genre d'activités parfois dite greenwashing par les professionnels du secteur, cache un tourisme de masse conventionnel présenté comme « vert »[5] ; De même, en 2009, une étude a estimé que 13 millions de touristes ont fait des voyages visant notamment à observer des baleines, dauphins et/ou marsouins dans leur habitat naturel. Cette "industrie" a généré en 2009 2,1 milliards de dollars (soit 1,7 milliard d'euros) en contribuant à faire vivre 13.000 personnes dans 119 pays[8],[9], pas toujours dans les meilleurs conditions de respect de l'environnement, des cétacés selon une revue de la littérature scientifique publiée et de leur santé[10], notamment dans les activités de nage avec les cétacés ou de contacts physiques avec eux [11] en 2012.

L'écotourisme de masse[12] et parfois à plus petite échelle est confronté à un paradoxe, éventuellement source de dissonance cognitive[13] qui est qu'il peut dégrader ou détruire la ressource qu'il veut faire découvrir[14]

Géographie de l'écotourisme[modifier | modifier le code]

Il a souvent été lié principalement à un tourisme de découverte ou d'aventure, très orienté vers les pays tropicaux, les plus riches en biodiversité.

Une tendance existe aussi de tourisme de proximité, s'appuyant sur les ressources naturelles proches et en particulier sur les réserves naturelles, les forêts et les zones humides[15].

Les États-Unis sont réputés constituer le principal réservoir d'écotouristes (plus de 5 millions de personnes chaque année). La majorité des autres écotouristes provient d'Europe et de l'élite de certains pays du Sud. Il serait faux toutefois de croire que l'écotourisme est réservé aux pays en développement. Ce tourisme s'adapte aussi bien aux pays développés comme la France, une position que défend l'Association Française d'Ecotourisme depuis 2005, ainsi que d'autres associations nationales de l'écotourisme en Europe et en Australie.

Éco-Hébergement[modifier | modifier le code]

Écoauberges de jeunesse[modifier | modifier le code]

Écocamping & Glamping[modifier | modifier le code]

  • Un Écocamping, est un camping qui minimise son impact sur l'environnement. Cet engagement est certifié par un écolabel[18],[19],[20]. On utilise parfois le terme "Glamping" pour désigner un type particulier de camping.

Écogite[modifier | modifier le code]

  • Un Écogite (Ecolodge)ou , est un gîte rural qui minimise son impact sur l'environnement.

Écohôtel[modifier | modifier le code]

Un "Écohôtel" ou "Éco-hôtel" est une "Auberge", un "Hôtel", un "Motel" une "Pensions de famille" ou une "Résidence hôtelière" qui minimise son impact sur l'environnement.

EcoVillage[modifier | modifier le code]

Un Eco-Village de vacances est un "Village de vacances" qui minimise son impact sur l'environnement.

Safari lodge[modifier | modifier le code]

Un Lodge ou Safari lodge est une résidence pour touristes en Afrique, située dans un parc ou en bordure d'un parc. Il peut être un Eco-Hébergement Touristique de type Ecolodge.

Enseignes de l'Écotourisme[modifier | modifier le code]

Ecocamping[modifier | modifier le code]

Huttopia

Ecogîte[modifier | modifier le code]

Gîtes de France

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guide UICn pour la prise en compte de la biodiversité dans les Hôtels UICN Guide pour une utilisation durable des ressources biologiques, 2009
  2. (en) Guide pour l'écotourisme (1ère partie, PDF, ONU)
  3. (fr) Guide des bonnes pratiques en Tourisme durable (ONU, 2005, PDF).
  4. Christina A.D. Semeniuk, Sophie Bourgeon, Sylvia L. Smith, Kristina D. Rothley (2009), Hematological differences between stingrays at tourist and non-visited sites suggest physiological costs of wildlife tourism ; Biological Conservation, Volume 142, Issue 8, August 2009, Pages 1818-1829 (résumé)
  5. a et b Butler RW (1990), Alternative tourism: Pious Hope or Trojan Horse? Journal of Travel Research 1990;28(3):40–5
  6. Wheeller B (1994), Ecotourism : a ruse by any other name. In : Cooper CP, Lockwood A, editors. Progressin tourism recreation and hospitality management, Vol.6. Chichester:Wiley ; 1994. p.3–11
  7. Du 1er au 26 avril 2011, les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) ont organisé pour la deuxième fois une expédition exceptionnelle dans les îles Éparses (Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Glorieuses et Tromelin) à bord du navire logistique et océanographique le Marion Dufresne, seize éco-touristes ont embarqué à bord.
  8. S. O. O’Connor, R. Campbell, H. Cortez et T. Knowles (2009), Whale Watching Worldwide: Tourism Numbers, Expenditures and Expanding Economic Benefits. Rapport spécial de l'International Fund for Animal Welfare, IFAW and Economists at Large, Yarmouth, Mass, USA
  9. A. M. Cisneros-Montemayor, U. R. Sumaila, K. Kaschner et D. Pauly (2010), “The global potential for whale watching,” Marine Policy, vol. 34, no. 6, pp. 1273–1278, 2010 (résumé)
  10. M. Orams (2004), “Why dolphins may get ulcers : considering the impacts of cetacean-based tourism in New Zealand” Tourism in Marine Environments, vol. 1, no. 1, pp. 17–28, 2004
  11. ECM Parsons (2012), The Negative Impacts of Whale-Watching ; Journal of Marine Biology Volume 2012 (2012), Article ID 807294, 9 pages http://dx.doi.org/10.1155/2012/807294 (Revue de la littérature) in ECM Parsons (2012), The Negative Impacts of Whale-Watching ; Journal of Marine Biology Volume 2012 (2012), Article ID 807294, 9 pages http://dx.doi.org/10.1155/2012/807294 (Revue de la littérature)
  12. Pleumarom A (1993), What's wrong with mass ecotourism ? Contours ;6(3–4):15–21
  13. M. Lück, “Education on marine mammal tours as agent for conservation—but do tourists want to be educated?” Ocean and Coastal Management, vol. 46, no. 9-10, pp. 943–956, ([résumé]) voir notamment chap 2. "Cognitive dissonance and affective domain" page 947 (résumé)
  14. James Higham et Michael Lück (2007), Ecotourism: pondering the paradoxes Critical Issues in Ecotourism (chap 7), Pages 117-135
  15. Zones Humides Infos n°78-79, 2013, Tourisme, sport et loisirs en zone humide
  16. Critères de "l'écolabel Europêen"
  17. Critères de l'écolabel "La clef verte"
  18. Critères de l'écolabel "La clef verte" Camping
  19. Critères de "l'écolabel Europêen" Camping
  20. Critères de "l'écolabel Europêen" Hôtellerie de plein air en Campings (seulement les bungalow)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Zbigniew Bromberek, Eco-resorts : planning and design for the tropics, Elsevier Architectural Press, Amsterdam, Boston, London, 2009, 237 p. (ISBN 978-0-7506-5793-8)
  • (en) Ralf Buckley, Ecotourism : principles and practices, CABI, Wallingford, 2009, 368 p. (ISBN 9781845934576)
  • (en) David Fennel, Ecotourism, Routledge, Abingdon, Oxon ; New York, NY, 2008 (3e éd.), 282 p. (ISBN 9780415429306)
  • (en) David Weaver, Ecotourism, John Wiley & Sons Australia, Milton, Qld., 2008 (2e éd.), 348 p. (ISBN 9780470813041)
  • Lionel Astruc, Écotourisme : voyages écologiques et équitables, Glénat, Grenoble, 2009, 142 p. (ISBN 978-2-7234-6258-7)
  • Christiane Gagnon (dir.), L'écotourisme visité par les acteurs territoriaux : Entre conservation, participation et marché, Presses de l'Université du Québec, 2010, 259 p. (ISBN 978-2-7605-2514-6)
  • Landri Ekomie Obame, Les populations forestières face à l'écotourisme : incitations, réticences et expériences en cours en Guyane française, Université Paris Descartes, 2012 (thèse d'Ethnologie)
  • Jean-Paul Labourdette et Dominique Auzias, Guide de l'écotourisme, Nouvelles éd. de l'Université, Paris, 2012 (3e éd.), 382 p. (ISBN 978-2-7469-5601-8) (guide pratique)
  • Joseph Kariuki Muriithi, Écotourisme au Kenya : continuité, changements et défis des chevauchements des pratiques touristiques, Université Michel de Montaigne-Bordeaux III, 2008, 2 vol., 338 + 51 p. (thèse de Géographie)

Liens externes[modifier | modifier le code]