Ligures

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Les peuples dans la péninsule italienne au début de l'âge du fer :

Les Ligures appelés aussi Lygiens étaient, selon toute vraisemblance, un peuple indo-européen et pour plus de précision, un peuple appartenant à la sous-branche ethnique italo-celtique ; chronologiquement on considère ce peuple comme étant de type protohistorique d'Europe ou Proto-Celtes.

Le poète provençal Frédéric Mistral donne la définition suivante des ligures : "Dans le 6ème siècle avant Jésus-Christ, le littoral du Midi était habité par la race ligurienne : les Ibéro-Ligures tenaient la côte des Pyrénées au Rhône, les Celto-Ligures, du Rhône aux Alpes, et les Ligures proprement dits, des Alpes à l'Arno.". Il explique également, selon les sources de la fin du XIXe siècle, que les liguriens forment un "ancien peuple qui, chassé de l'Espagne par les Celtes vers 1500 avant Jésus-Christ, s'établit en Provence et dans la Gaule cisalpine."[1].

En l'absence de tradition écrite dans leur culture, les seules connaissances que l'on possède sur les Ligures et leur présence, ne sont attestées que par les sources grecques et latines ; sources étayées et confortées au moyen de l'archéologie. Les Ligures étaient un peuple alpin dont le domaine de présence attestée s'étendait approximativement sur les actuelles régions de la Provence, de la Côte d'Azur, du Piémont et de la Ligurie.

Encore aujourd'hui, la langue ligure ancienne est sujette à discussion et des traces supposées par le biais de la toponymie, de l'hydronymie, l'ethnonymie et de l'anthroponymie, sont toujours à l'étude.

Localisation approximative des ligures au IIIe siècle av. J.-C.. Le territoire ligure a déjà largement régressé par rapport à l'époque néolithique où il était considéré comme allant jusqu'à la Loire selon les auteurs.

Nom[modifier | modifier le code]

Les Ligures sont nommés Λιγυες Ligyes en grec et Ligures (issu de *Liguses) en latin[2]. Le mot Ligure est probablement d'origine grecque[3]. Certains historiens du XXe siècle y ont vu la transposition du nom d'un peuple d'Asie. Nino Lamboglia a fait l'hypothèse de l'existence d'une racine indigène *liga, signifiant « marais ». Camille Jullian, Pascal Arnaud et Dominique Garcia ont quant à eux suggéré que le mot était issu du grec lygies, qui signifierait « haut perché ». Ligures signifierait alors « les braillards »[3]. Une autre explication est que le terme viendrait de la façon dont ils situaient leurs village au sommet de collines dominant une plaine environnante (il reste de nombreux "villages perchés" de ce type dans tout le sud-est de la France, comme : Bormes-les-Mimosas, associé à la tribu ligure des Bormanni, Cogolin, Ramatuelle etc.).

Le géographe grec Artémidore nous fournit l'hypothèse explicative par la domination factuelle de l'altitude de leur territoire d'habitat sur les régions référencées ci-dessus.

D'après Plutarque, ils se nommaient eux-mêmes Ambrōnes tout comme un autre peuple originaire du nord de l'Europe auquel ils se sont confrontés au côté de Marius[4],[5]. Cet ethnonyme serait lié à un mot signifiant « eau » et la racine *amb signifierait « de part et d'autre » (d'une rivière ou de deux nations). Les Ambrons sont un peuple celte qui apparait assez tôt dans la plaine du Pô. Ils fusionneront progressivement avec les populations Ligures autochtones. C'est sans doute ce qui explique l'association entre les Ligures du nord de l'Italie et les Ambrons de la plaine du Pô. D'autres Ambrons celtes venus du centre de l'Europe avec les Cimbres et les Teutons figureront parmi les envahisseurs Celtes et Germains du Ier siècle av. J.-C. vaincus par Marius; tandis que les Ambrons déjà installés dans le nord de l'Italie figuraient parmi les mercenaires gaulois recrutés par Rome.

Origines des ligures[modifier | modifier le code]

Les Ligures dans les sources antiques[modifier | modifier le code]

Un fragment d'un texte des Catalogues d'Hésiode (VIIIe siècle av. J.-C.), cité par Strabon[6], cite les Ligures parmi les trois grands peuples barbares, aux côtés des Éthiopiens et des Scythes, alors que quelques siècles plus tard Éphore de Cumes remplacera les Ligures par les Celtes aux côtés des Scythes, des Éthiopiens et des Indiens. L'interprétation la plus fréquente de ce texte est que les Ligures dominaient alors l'extrémité occidentale du monde connu des Grecs. Ce fragment a été considéré comme valable par Henri d'Arbois de Jubainville, Camille Jullian ou plus récemment par Guy Barruol, Giovanni Colonna ou Filippo Maria Gambari. Cependant, il est aujourd'hui souvent considéré comme non authentique, à la suite de la découverte d'un papyrus égyptien du IIIe siècle citant les Libyens à la place des Ligures. On considère parfois aussi que c'est le papyrus qui contient une erreur de transcription[7].

Avienus, dans sa traduction en latin d'un vieux récit de voyage, probablement marseillais, qu'on peut dater de la fin du VIe siècle av. J.-C., indique que les Ligures se seraient jadis étendus jusqu'à la mer du Nord, avant d'être repoussés (ou dominés et assimilés) par les Celtes jusqu'aux Alpes. Avienus situe également Agde à la limite du territoire de Ligures et de celui des Ibères[8].

D'après des fragments cités par Étienne de Byzance, Hécatée de Milet dans son Europe présentait à la fin du VIe siècle av. J.-C. Marseille comme une ville de Ligystique et les Élisyques comme une tribu ligure[7].

Le Périple de Pseudo-Scylax (écrit entre la fin du VIe et le IVe siècle av. J.-C.) donne les indications suivantes : « 3. Ligures et Ibères. Après les Ibères, habitent les Ligures et les Ibères mêlés jusqu’au Rhône. La navigation le long des Ligures depuis Emporion jusqu’au Rhône est de deux jours et une nuit. 4. Ligures. Au-delà du Rhône suivent les Ligures jusqu’à Antion. Dans cette région se trouve la ville grecque de Massalia avec son port[7]. »

Le Pseudo-Scymnos, basé sur des sources du IVe siècle av. J.-C., décrit la Ligurie comme une région côtière entre Emporion et la zone de peuplement des Tyrrhènes. Il affirme aussi que les Celtes sont le plus grand peuple d'Occident[9].

Dans Phèdre, Platon mentionne ce peuple: " Venez, vous, Muses à la voix légère, que vous deviez ce surnom à la nature de votre chant ou bien au peuple musicien des Ligures."

Aristote (IVe siècle av. J.-C.) situe toujours dans ses Météorologiques la perte du Rhône, près de Bellegarde-sur-Valserine, en Ligurie. Selon Hérodote, les Ligures bordaient la Méditerranée occidentale.

Les Ligures sont localisés par les auteurs latins dans le sud des Alpes françaises et italiennes, ainsi que dans le nord-ouest des Apennins. Ils attestent également qu'ils auraient jadis occupé un territoire beaucoup plus grand : en Italie (Piémont, Toscane, Ombrie, Latium, Lombardie et jusqu'en Sicile sous le nom de Sicules[10]), vers l'ouest (dans le Languedoc, le Massif central, voire dans la péninsule Ibérique)[2].

Rome entre en contact hostile avec les Ligures après la première guerre punique et dès son implantation en Gaule cisalpine. L'historien romain Florus décrit ainsi le peuple que combattent les Romains lors de la guerre des Ligures (239-173 av. J.-C.) : « Les Ligures, retranchés au fond des Alpes, entre le Var et la Magra, et cachés au milieu de buissons sauvages, étaient plus difficiles à trouver qu’à vaincre. En sécurité dans leurs retraites et par la promptitude à fuir, cette race infatigable et agile, se livrait à l’occasion plutôt au brigandage qu’à la guerre. Salyens, Décéates, Oxybiens, Euburiates, Ingaunes, tous surent éluder longtemps et souvent la rencontre de nos armées ; enfin, Fulvius entoura leurs repaires d’un vaste incendie ; Baebius les fit descendre dans la plaine, et Postumius les désarma totalement si bien qu’à peine leur laissa-t-il du fer pour cultiver la terre »[11]. Tite-Live rapporte que vers -189, les Ligures infligent un revers militaire à la légion romaine de Lucius Baebius Dives se rendant en Hispanie[12].

Salluste et Plutarque nous rapportent que pendant la guerre de Jugurtha (de 112 à 105 av. J.-C.)[13] et la guerre des Cimbres (de 104 à 101 av. J.-C.)[5] les Ligures servirent de troupes auxiliaires dans l'armée romaine. Au cours de ce dernier conflit, ils jouèrent un rôle important lors de la bataille d'Aix.

Jules César cite dans la Guerre des Gaules les Centrons, les Graiocèles, les Caturiges, qui tentèrent en 58 av. J.-C. de s'opposer à son passage entre Océlum en Gaule cisalpine et le territoire des Voconces[14]. Pline l'Ancien (Ier siècle) les décrit ainsi : « au-delà des Alpes [c'est-à-dire du côté français], les Salluviens, les Déciates, les Oxubiens ; en deçà des Alpes [côté italien], les Vénènes, les Vagiennes descendants des Caturiges ; les Statyelles, les Vibelles, les Magelles, les Euburiates, les Casmonates, les Véliates, et ceux dont nous nommerons toutes les villes en parlant du rivage suivant ; le fleuve Rutuba ; la ville Albium Intémelium, le fleuve Mérula ; la ville Albium Ingaunum ; le port Vadum Sabatium ; le fleuve Porcifera, Gênes ; le fleuve Feritor, le port du Dauphin ; Tigullia ; dans l'intérieur : Segestia des Tigullins ; le fleuve Magra, limite de la Ligurie ; [...][15]». Parmi ces peuples, certains comme les Voconces (région de Vaison-la-Romaine) sont gaulois. Le nom des Caturiges (région de Chorges, près de Gap) est clairement de langue celtique (catu-rix = "rois du combat")[16]. Il est donc difficile d'affecter tel ou tel peuple au groupe ligure.

Sénèque (Ier siècle) et Solin mentionnent que les habitants de la Corse sont ligures[17].

Eudoxe de Rhodes, Philon de Byblos (Ier siècle) et Étienne de Byzance (VIe siècle) situent la colonie grecque d'Agde en Ligurie[8].

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligure ancien.

Nous ne possédons aucun texte en langue ligure. On ne connaît cette langue que par quelques noms propres (ethnonymes, toponymes, anthroponymes) et quelques termes cités dans les textes antiques. Ainsi, Hérodote signale que le mot sigynna aurait signifié « marchand »[18]. Selon Pline l'Ancien, les Ligures appelaient le Bodincus, ce qui signifierait « sans fond »[19], et le seigle était nommé asia dans la langue de Taurini[20].

Le ligure a des affinités phonétiques à la fois avec le groupe italique et les langues celtiques, mais son vocabulaire le rapproche du celtique. Certains ethnonymes ligures n'ont cependant pas d'étymologie indo-européenne[21].

En conséquence, le ligure est généralement considéré comme une langue indo-européenne. Le pionnier de cette théorie est l'historien et celtologue Henri d'Arbois de Jubainville. Certains auteurs (Benvenuto Terracini, Paul Kretschmer, Hans Krahe), pour expliquer la présence d'ethnonymes non indo-européens, ont fait l'hypothèse qu'un peuple indo-européen aurait imposé sa domination à des populations pré-indo-européennes. Bernard Sergent considère quant à lui le ligure comme un membre particulier du groupe celtique[21].

On attribue à l'influence ligure les toponymes en -ascu, -oscu, -uscu, -incu ou -elu. Parmi les type -ascu, -oscu ou -uscu on peut citer Manosque, Tarascon, Venasque, Artignosc, Branoux, Flayosc, Gréasque, Lantosque, Gordolasque, Vilhosc, Chambost, Albiosc, Névache, Grillasca, Palasca, Popolasca, Salasca, Asco en France et Benasque, Velasco ou Huesca en Espagne. Arlanc, Nonenque et l'ancien nom de Gap (Vappincum) sont du type -incu. Le type -elu est représenté par Cemenelum (aujourd'hui Cimiez)[22].

L'étude de la toponymie a révélé la présence d'éléments ligures dans le sud des Alpes et le nord-ouest des Apennins, à savoir en Vallée d'Aoste (Barmasc et Périasc dans le haut val d'Ayas), dans le Piémont, la Toscane, l'Ombrie, le Latium, ainsi qu'en Languedoc et en Roussillon, et certaines parties de la péninsule Ibérique. C'est également le cas de la Sicile, en pays élyme, dans la vallée du Rhône et en Corse (Grillasca, Palasca, Popolasca, Salasca, Asco)[23].

Archéologie[modifier | modifier le code]

En 1927, Joseph Déchelette constate que les tumulus ligures de la vallée du Rhône sont identiques à ceux érigés par les Celtes[3].

En 1955, Jean Jannoray publie une analyse des fouilles du site d'Ensérune dans laquelle il souligne la continuité du peuplement des sites archéologiques de la Gaule méditerranéenne et il signale l'impuissance des archéologues à identifier les apports proprement ligures parmi les vestiges archéologiques[24],[7].

À la fin du XXe siècle, l'archéologie a mis en évidence l'ibérisation progressive du Roussillon et du Languedoc entre le VIIe et le Ve siècle av. J.-C., à la suite du développement des échanges commerciaux avec le monde phénicien[25].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Les indications données par les auteurs antiques quant à l'extension des Ligures dans certaines régions de France (Languedoc), d'Italie (Toscane, Ombrie, Latium) et d'Espagne semblent confirmées par l'étude de l'onomastique de ces régions. De même, l'onomastique de la Sicile, de la vallée du Rhône, de la Corse et d'une partie de la Sardaigne inciterait à supposer une présence ligure[26].

Cependant, Roger Dion a fait l'hypothèse en 1959 que les auteurs grecs appelaient Ligures l'ensemble des peuplades moins civilisées de Méditerranée occidentale et que le terme ne désigne donc pas un peuple précis dans les écrits anciens[8].

Certains estiment que les Ligures constituent un peuple indigène de la Gaule méridionale, auquel sont venus successivement se mêler les Ibères et les Celtes. Toutefois, comme on l'a déjà souligné, la langue ligure semble d'origine indo-européenne. La thèse de l'autochtonie fut notamment défendue par Roget de Belloguet et Camille Jullian. Camille Jullian soutient en outre la thèse d'une très large extension ligure (Gaule, Espagne, Italie, îles Britanniques) et, tout comme Henri Hubert, d'une invasion ibère de l'ouest du territoire ligure. Cependant, d'autres hypothèses ont été avancées : en 1866, Amédée Thierry fait l'hypothèse que les Ligures sont venus d'Espagne au XVIe ou au XVIIe siècle av. J.-C., d'où ils auraient été chassés par des Gaulois[3],[8]. Dès 1940, Albert Grenier considérait les Ligures comme une population très proche des Celtes[7].

Jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, les Ligures furent présentés comme des tribus primitives, colonisés par les Grecs à partir du VIIe siècle av. J.-C., puis par les Celtes à partir du IVe siècle av. J.-C., bien que la colonisation celte ne soit attestée ni par les sources antiques, ni par l'archéologie[27]. Dans les années 1970, la réalité de ces invasions celtes sera remise en cause, notamment par Michel Py, puis dans les années 1980 et 1990, c'est la notion d'acculturation par les Grecs qui sera contestée. En 1999, Danièle et Yves Roman défendent le principes d'incursions celtes en Gaule méridionale au moins dès le VIe siècle av. J.-C. et considèrent les Ligures comme un peuple autochtone dans leur ouvrage Histoire de la Gaule[24].

L'extension a eu lieu avant celle des peuples celtiques et italiques[17]. Les Ligures ont au VIIe siècle av. J.-C. été débordés à l'ouest par les Ibères, qui les rejetèrent à l'est de l'Hérault, puis du Rhône, mais aujourd'hui cette expansion est plutôt vue comme la conséquence d'un développement commercial que d'une invasion guerrière. Le développement de la colonie de Massalia a également fait reculer la culture ligure[8]. Ensuite, ils durent également reculer devant les Celtes. En Italie, ils furent repoussés à la fois par les Celtes et par les Étrusques. Ils ont finalement été intégrés à l'Empire romain sous Auguste[17].

Les Ligures[modifier | modifier le code]

Les ligures ou lygiens sont les peuples ligures présents en Italie et se différencient des celto-ligures et des celtes selon, Étienne Garcin[28].

Les Celto-ligures[modifier | modifier le code]

Les auteurs entendent par celto-ligures, les ligures présent en Provence entre les Alpes et le Rhône.

L'emplacement des peuples ligures présent en Provence étaient pour certains mal connu, ce qui valu des appellations confondues et des emplacements parfois erronés. Il est traité dans cette partie, des précisions d'auteurs différents pour délimiter l'emplacement des peuples ligures et des confédérations ou fédérations à laquelle elles appartenaient.

"Il y a peu de provinces dans l'Europe qui ayent soufert d'aussi grands changements que la Provence. Après été long-tems gouvernée par des Rois, elle fut subjuguée par les Romains. Ce fût la première conquête qu'ils firent dans les Gaules. Elle s'appeloit pour lors le Pays des Saliens, & elle faisoit partie de l'ancien Royaume de Ligurie, les Romains l'ayant soumise à leur domination, non seulement ils en abolirent les Coutumes ; mais encore ils en changèrent le nom, & ils lui en donnèrent un qui marquoit sont excellence lors qu'ils lui donnèrent simplement celui de PROVINCE."[32]

Le géographe Étienne Garcin décrit la Celto-ligurie (ou celto-lygie selon ses termes) comme un territoire composé de huit nations distinctes, dont la principale qui servait de "boussole" aux autres, était celle des Salyens. Ces nations étaient elles-mêmes composés de plusieurs États. On retrouvait donc parmi ces nations[28],[33] :

Selon Christophe de Villeneuve-Bargemon, il existait dans les Bouches-du-Rhône huit nations celto-ligures qui sont les suivantes :

  • Les Liguri ;
  • Les Salyes délimité à l'Est au Canal de Craponne, au Nord par la Durance, à l'Ouest par les Alpines (Alpilles) et la lisière de la Crau. Leur capitale était Salon-de-Provence. Un peuple des Salyens, les Salvii, était aussi présent à l'Ouest de ces premiers entre le Louérion et les Alpines (Alpilles) et avait Glanum pour capitale ;
  • Les Tricolli, dont l'auteur, selon les écrits de [[Pline l'Ancien[Pline]], laisse penser qu'ils étaient les Salyens et étaient présents dans la région de la Trévaresse qui se compose de trois principales collines d'où le nom Tricolli ;
  • Les Désuviates étaient localisés sur le territoire des Anatilii et représentent les peuples de la Camargue et de la Basse-Crau. Leur territoire était délimité au Nord par la crête des Alpilles, à l'Ouest par le Rhône, au Sud par les étang de Déseaumes et d'Entressen et à l'Est par les Salyens. L'étymologie de Désuviates provient du latin Desuatus qui donna également le nom à l'étang de Déseaumes ;
  • Les Anatilii étaient localisé sur l'embouchure du Rhône et occupaient la Basse-Crau, la Camargue et les îles du Rhône. L'auteur donne deux pistes concernant l'étymologie du terme Anatilli soit celtique qui signifierait "habitants d'une île ou d'une terre fertile", soit d'une nom grec signifiant l'Orient, puisque les habitants de se peuple commerçaient avec les grecs d'Agde. ;
  • Les Avatici étaient positionnés entre le peuple des Anatilli et l'étang de Berre, aux environs des Martigues;
  • Les Commoni ont selon Ptolémée un territoire allant de Marseille à Fréjus. D'après Caton d'Utique qui est cité par Pline, les Commoni seraient les Cenomani qui étaient soient des liguriens soit des Salyens. L'auteur propose de mettre les Commoni entre l'Étang de Berre et Marseille du fait de l'étymologie du nom Cenomani qui se rapproche du celtique man (hommes) et de Cœnus (habitants du Cœnus). Il finit par délimiter leur territoire entre l'Étang de Berre et Toulon, et que celui-ci fût coupé en deux avec l'arrivée des phocéens. Ce qui donna naissance aux Commoni occidentaux et aux Commoni orientaux (appelé aussi Anamari et qui pourraient être un autre peuple celto-ligure, selon Polybe) ;
  • Les Albici sont localisés par César dans les montagnes de Marseille selon l'auteur et réfute les arguments de certains géographes qui les ont localisés dans les environs de Riez. Les Albiciens étaient délimités par la chaîne de montagne de Roquefort au Sud qui les séparait des Anamari ou Commoni orientaux, à l'Ouest par Marseille et Allauch, au Nord par les Salyens et à l'Est vers la limite du département des Bouches-du-Rhône.

Ces peuples celto-ligures étaient entourés à/au :

L'auteur estime que les Commoni (selon Ptolémée) ou Segobrigii (selon Justin), avant l'arrivée des phocéens, étaient sur un territoire qui longeait le littoral méditerranéen du Rhône à Fréjus, et que c'est à partir de la colonisation grecque que les peuples ligures étaient nommés de différents façons. Le nom Commoni sera ensuite uniquement conservé aux peuples à l'Ouest (Commoni occidentaux, du Bouc jusqu'au Cap Méjan) et à l'Est (Commoni orientaux, du cap de la Croisette jusqu'au-delà de Toulon) de Marseille. Ils étaient séparé au Nord par les Salyens et formées chacune, deux confédérations distinctes.

Les ibéro-ligures[modifier | modifier le code]

Les auteurs entendent par ibéro-ligures, les ligures présent en Occitanie entre les Pyrénées et le Rhône.

  • Belendi, peuple ligure d'Aquitaine.
  • Dragani sont localisés entre la France et l'Espagne dans les régions des Landes et de Cantabria. Leur dieu était Busgosu[42]. (il s'agissait peut-être plutôt d'une tribu celtique ; cet ethnonyme serait dérivé d'un mot signifiant « prunellier »)[40]

Les Corses[modifier | modifier le code]

Selon l'archéologue Giovanni Ugas, il est probable que les Corses (ou en tout cas une partie d'entre eux) appartiennent à la famille des peuples Ligures qui peuplaient pendant les périodes préhistoriques et proto historique une grande partie de l'Italie septentrionale et de la France méridionale[43].

Modes de vie[modifier | modifier le code]

Modes de vie des ligures[modifier | modifier le code]

Modes de vie des celto-ligures[modifier | modifier le code]

Selon, Christophe de Villeneuve-Bargemon[44], les celto-ligures en Provence, et notamment les confédérations des Salyens et celle des Commoni ne possédaient pas de ville (à l'image des grecs et des romains), avant l'arrivée des phocéens.

Ils comprenaient cependant, des camps fortifiés (Oppidum) qui étaient des lieux de défense en cas d'attaque, des lieux de rassemblement (Mallus) pour les chefs et leurs capitaines qui servaient de lieu de commandement, et des marchés (Emporium) où les ligures venaient échanger leurs denrées à plusieurs périodes de l'année.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Felibrige, 1878, https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=ligurian
  2. a et b Sergent 1995, p. 76.
  3. a b c et d Garcia 2006, p. 66.
  4. Plutarque, dans Marius 10, 5-6, écrit que les Ambrons ont commencé à crier « Ambrones! » comme cri de guerre ; les Ligures qui combattaient aux côtés des Romains, en entendant ce cri et en y reconnaissant un nom de leur pays qu'ils utilisaient souvent avec leurs descendants (οὕτως κατὰ ὀνομάζουσι Λίγυες), retournèrent le cri Ambrones!.
  5. a et b Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Marius, 20.
  6. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], VII, 3, 7.
  7. a b c d et e Garcia 2006, p. 67.
  8. a b c d et e Garcia 2006, p. 68.
  9. Garcia 2006, p. 70.
  10. Dominique Briquel, Le regard des autres Les origines de Rome vu par ses ennemis, annales littéraires de L'Université de France-Comté, 1997 p.35
  11. Florus, Abrégé de l'histoire romaine, II, 3 [lire en ligne].
  12. Tite-Live, Histoire romaine [détail des éditions] [lire en ligne], XXXVII, 57.
  13. Salluste, Guerre de Jugurtha, passim [lire en ligne].
  14. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules [« Commentarii de Bello Gallico »], entre -57 et -51 [détail des éditions], livre I, 10..
  15. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], III, 7.
  16. Dictionnaire de la langue gauloise, X.Delamarre, éditions Errance, 2001, p. 94
  17. a b et c Sergent 1995, p. 77.
  18. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], V, 9. Les exemples cités sont tous tirés de Charles Rostaing, Les Noms de lieux, PUF, Paris, 1945, p. 31.
  19. Histoire naturelle, III, 122.
  20. Histoire naturelle, XVIII, 40.
  21. a et b Sergent 1995, p. 72.
  22. Henriette Walter, L'Aventure des langues en Occident, éditions Robert Laffont, Paris, 1994 (ISBN 978-2-253-14000-9), p. 198 et 266 et Charles Rostaing, op. cit., p. 31-32 et 131.
  23. Sergent 1995, p. 76-77 et 82-83.
  24. a et b Garcia 2006, p. 65.
  25. Garcia 2006, p. 67-68.
  26. Sergent 1995, p. 76-77.
  27. Garcia 2006, p. 64-65.
  28. a et b Étienne Garcin, Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne, p.142
  29. a b et c Sergent 1995, p. 204.
  30. a et b Sergent 1995, p. 212.
  31. À ne pas confondre avec le peuple celto-ligure des Taurisci.
  32. Robert de Brianson,Menestrier, L'Etat et le nobiliaire de la Provence, Préface
  33. Étienne Garcin, Celto-Lygie ou la Provence avant la domination romaine, p.3
  34. Étienne Garcin, Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne, p.145
  35. a b et c Jacqueline et Maurice Griffe, Chronologie de la Provence, Nice 1994, (ISBN 2-907854-19-4), page 2.
  36. a et b Danièle Roman, « M. Fulvius Flaccus et la frontière transalpine », In Yves Roman (directeur de publication) La Frontière, Séminaire de recherche, Lyon : Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, 1993. p. 60
  37. a et b Sergent 1995, p. 214.
  38. a et b Sergent 1995, p. 207.
  39. Sergent 1995, p. 211.
  40. a et b Sergent 1995, p. 210.
  41. Cf: Étienne Garcin, Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne, 1938
  42. Harry Mountain, The Celtic Encyclopedia, p.168
  43. (it) Giovanni Ugas, L'alba dei Nuraghi, , p. 13
  44. Christophe de Villeneuve, Statistique du département des Bouches-du-Rhône, publiée d'après le vœu du Conseil Général du Département, quatre volumes in-quarto et un atlas in plano, éd. Antoine Ricard imprimeur du roi et de la préfecture, Marseille, 1821-1829 , p.201-202

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Sergent, Les Indo-Européens. Histoire, langues, mythes, Paris, Payot, (ISBN 2-228-88956-3).
  • Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne, Errance, Paris, 2004.
  • Dominique Garcia, Les Celtes de Gaule méditerranéenne, définition et caractérisation, Bibracte, (lire en ligne).
  • Henri Hubert, Les Celtes, Albin Michel, Paris, 2001.
  • Sophie Collin Bouffier, « Marseille et la Gaule méditerranéenne avant la conquête romaine », dans Bernadette Cabouret-Laurioux, Jean-Pierre Guilhembet et Yves Roman (directeurs d'ouvrage), Rome et l’Occident : IIe s. av. J.-C. au IIe s. apr. J.-C., Presses Universitaires du Mirail, (ISBN 978-2-8107-0052-3, lire en ligne), pages 35à 60

Liens externes[modifier | modifier le code]