Vautour fauve

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Gyps fulvus

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Gyps fulvus
Description de cette image, également commentée ci-après

Vautour fauve

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Accipitriformes
Famille Accipitridae
Genre Gyps

Nom binominal

Gyps fulvus
(Hablizl, 1783)

Répartition géographique

Description de l'image Gyps fulvus dis.PNG.

     /    habitat permanent

     /    zone d'hivernage

     /    nidification

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 12/06/2013

Le Vautour fauve (Gyps fulvus), ou anciennement le griffon[1], est une espèce d'oiseaux charognards de la famille des Accipitridae.

Description[modifier | modifier le code]

Vautour fauve en vol en Espagne.

Comme pour la plupart des vautours du genre Gyps, son long cou et sa tête sont non dénudés, malgré la croyance, mais doté d'un fin duvet, ce qui leur permet de fouiller plus efficacement dans les carcasses[2]. Leur bec est très puissant ce qui leur permet de découper les cuirs épais des carcasses. Leurs pattes, contrairement à celles de la plupart des autres Accipitridae, sont dépourvues de griffes, puisque qu'elles n'ont pas d'utilité pour la chasse et ne servent que pour se percher et marcher. Le poids moyen d'un Vautour fauve est de 8 kilos et son envergure maximale de 2,65 mètres. Il vit de 25 à 35 ans (en captivité, jusqu'à 40 ans). Sa longueur varie de 95 à 110 cm.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Vautour fauve en vol dans les Pyrénées (France).

Le vautour fauve est un oiseau planeur; lourd et massif, il utilise les courants ascendants thermiques pour planer et peut parcourir ainsi des centaines de kilomètres à la recherche de nourriture.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Principalement charognard, il se nourrit sur les carcasses de grands animaux qu'il détecte du haut du ciel grâce à sa vision adaptée. De nos jours, par suite de la raréfaction ou de la disparition des grands animaux sauvages (mouflons, chamois, bouquetins, aurochs), le vautour fauve se nourrit principalement d'animaux domestiques morts (moutons, vaches). En revanche, des attaques de vautours à l'encontre de bétail vivant sont recensées[Comment ?] dans la chaîne pyrénéenne, aussi bien du côté français que du côté espagnol. Pas moins de 1 165 cas d'attaques de bétail domestique par des vautours fauves auraient ainsi été recensés en Espagne pendant la période 2006 - 2010[3]. Cette pratique est bien connue des anciens des Pyrénées françaises et espagnoles : de nombreux témoignages d'attaques (vols rasants entraînant la fuite folle et sanctionnée par une chute) de jeunes isards ou d'agneaux jumeaux[pourquoi ?] existent depuis fort longtemps (notamment de bergers nés avant la Première Guerre mondiale).[réf. nécessaire]. Des attaques sur le bétail sont également attestées dans les Alpes de Savoie[4]. Cette recrudescence des attaques de vautours fauves, faits exceptionnels pour des animaux principalement charognards, pourrait être liée à la modification de la législation européenne en 2002 pour les conditions sanitaires de l'élevage qui aurait amené à une réduction de la charogne disponible pour les vautours, combinée à une augmentation de la population de ces animaux et à une concurrence accrue avec d'autres espèces pour les ressources alimentaires[3].

Souvent, les grands corbeaux viennent les premiers sur la charogne. Ce sont d'excellents indicateurs pour les vautours, car, très farouches, ils ne se risquent à approcher une proie que quand il n'y a plus de danger.

Vie sociale[modifier | modifier le code]

Animal social, le vautour fauve vit en groupe. Les colonies aiment avoir, près de leurs aires, des reposoirs où les grands oiseaux se rassemblent. Ces surfaces sont en général orientées au sud ou au sud-est. Elles sont situées entre 500 et 1 000 mètres d'altitude. Les vautours fauves restent en hauteur (falaises) pour profiter des courants d'air et s'élever sans fatigue.

Habitat, aire de répartition[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, le Vautour fauve nichait encore au sud de l'Allemagne, et plus haut encore aux XIIIe et XIVe siècles (à la latitude du Luxembourg).

Après avoir failli disparaitre et réduit à quelques petites populations ibériques et (naguère) balkaniques, cette espèce ne survit aujourd'hui qu'en montagne, dans des zones désertiques et de grandes étendues dégagées. Des noyaux de recolonisation existent en Europe (Espagne et sud de la France principalement) d'où depuis le début des années 2000 des individus non nicheurs font des vols exploratoires vers le nord. L'ornithologue Michel Terrasse[5] et Jean-Pierre Choisy (parc naturel régional du Vercors) estiment que ces vols sont naturels, ils ont en effet commencé avant la pénurie de nourriture de 2006 en Espagne, en s’amplifiant au fil des ans[6],[7], avec une phénologie saisonnière (alors que la pénurie de cadavres en Espagne durait toute l’année). Des vautours de Croatie effectuaient aussi depuis longtemps des vols vers les Alpes autrichiennes. Une réduction de la nourriture disponible en Espagne pourrait avoir amplifié ces vols vers le nord. Michel Terrasse pense qu'ils pourront peut-être bientôt être vus en Pologne et Tchéquie « le rétablissement des routes migratoires, abandonnées depuis plus d’un siècle par les grands rapaces planeurs que sont les vautours, n’est plus une utopie... »[8].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Entre novembre et janvier, les couples de vautours fauves se forment au sein de la colonie. Les oiseaux font alors de larges cercles par deux, au-dessus de la montagne, puis vont construire un nid. La ponte de l'œuf unique d'une couvaison se produit chaque année au mois de janvier ou de février. L'incubation dure de 50 à 57 jours. Le jeune reste au nid pendant quatre mois. L'adulte lui apporte sa nourriture qu'il doit demander avec une attitude de soumission. Il ne fera son premier vol qu'entre le 15 juillet et le 15 août.

Écologie, état des populations[modifier | modifier le code]

Vautour fauve au mont Carmel (Israël).

Victimes de leur mauvaise réputation, les vautours avaient fortement régressé en Europe, et dans le pourtour méditerranéen, et même totalement disparu sur une vaste partie de leur aire naturelle de répartition. Les populations ont commencé à remonter dès les années 1980 après l'interdiction des pratiques d'empoissonnement des nuisibles dans les années 1970. En effet, oiseau nécrophage, il capte les substances toxiques des charognes dont il se nourrit.

Pour accélérer ce retour naturel, des programmes de protection et de réintroduction ont été mis en place (notamment par la LPO en France vers 1990 dans les Grands Causses). Les lâchers de jeunes adultes ont été les plus efficaces (en termes de survie à long terme[9]) et ils ont permis de reconstituer une population viable. On en dénombrerait en 2009 de 130 à 140 couples, dans le Sud de la France.

Pressions et menaces sur l'espèce[modifier | modifier le code]

À partir de 2003 les vautours ont été victimes de l'interdiction des charniers à ciel ouvert (à la suite d'une directive européenne qui a fait suite à la crise de la vache folle), directive qui est toujours appliquée en Espagne (un pays où les vautours sont bien représentés). Ils manquent de nourriture ; ainsi des vautours affamés auraient attaqué des vaches encore vivantes (blessées ou en difficulté) sans qu'une preuve ne soit fournie. Des bandes de vautours fauves semblant explorer de nouveaux territoires ont été aperçues à des centaines de kilomètres de leur territoire (Nord de la France, Allemagne). En juin 2007, jusqu'à 200 vautours survolaient la Belgique et les environs[10]. En juin 2012, des vautours ont élu domicile dans les cavités des parois calcaires de la montagne Saint-Pierre, massif à la frontière belgo-néerlandaise[11].

La Commission européenne a précisé que sa directive permettait des dérogations en Espagne, au Portugal, en France, Italie et Grèce, si les carcasses offertes à la faune sauvage ne présentaient aucun risque pour la santé et sont exemptes du prion de l'ESB. L'Espagne a utilisé cette dérogation via un Décret Royal[12]. Le 24 avril 2009, le parlement européen a voté l'autorisation d'utilisation des carcasses d’animaux pour nourrir les rapaces nécrophages.

Le saturnisme aviaire induit par l'ingestion de gros animaux tués par grenaille ou balle en plomb est une source commune saturnisme et de mortalité qui peut être réduite par l'offre de carcasses saines.

Le vautour fauve Gyps fulvus a été testé en tant qu'espèce-sentinelle pour la biosurveillance du plomb (en intégrant les signatures isotopiques et en utilisant des modélisations (sur la base de 691 échantillons de sang d'oiseaux prélevés sur 5 ans)[13]. Cette expérience a notamment montré que le risque de saturnisme est très élevé pour cette espèce : 44,9 % des vautours fauves testés (soit 15 % de la population européenne) présentait des plombémies très élevées (> 200 ng/ml) expliquées d'une part par des sources géologiques et d'autre part par des sources anthropiques (munitions telles que grenailles ou balles à base de plomb notamment, source d'un saturnisme animal dû à la toxicité de ces munitions)[13]. Cette expérience s'intègre dans une approche de type One health.

Protection[modifier | modifier le code]

Le Vautour fauve bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est inscrit à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne[14]. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids et de détruire, altérer ou dégrader leur milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

D'après Alan P. Peterson, cette espèce est constituée des deux sous-espèces suivantes :

  • Gyps fulvus fulvescens Hume 1869 ;
  • Gyps fulvus fulvus (Hablizl) 1783.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aristote, H.A., 6, 5, 562 b ; 9, 11, 615 a.
  • Pline, 10, 113.
  • Belon, H.O., 2, 1 ; 2, 2.
  • Martine Razin, Isabelle Rebours et Christian Arthur, « Le Vautour fauve Gyps fulvus dans les Pyrénées françaises : statut récent et tendance », Ornithos, Rochefort, Ligue pour la protection des oiseaux, vol. 15-6,‎ , p. 385-393 (ISSN 1254-2962)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Louis Leclerc Buffon, Histoire Naturelle des Oiseaux, p. 113 [lire en ligne]
  2. Jean Francois Terrasse, Le gypaète barbu, p. 13
  3. a et b (en) Antoni Margalida, David Campion et José A. Donázar, « Scavenger turned predator: European vultures' altered behaviour », Nature, vol. 480,‎ , p. 457 (DOI 10.1038/480457b, lire en ligne).
  4. Hortense Nicolet, Dans les Alpes, éleveurs et écologistes s'affrontent après des attaques de vautours, Le Figaro, 28 juillet 2014.
  5. fondateur du Fonds d'Intervention des Rapaces (FIR)
  6. Synthèse publiée par Michel Terrasse en 2006 dans la revue Ornithos.
  7. M. Terrasse, F. Sarrazin, J.P. Choisy, C. Clemente, S. Henriquet, P. Lecuyer, J.L. Pinna, C. Tessier, A Success Story: The Reintroduction of Griffon Gyps fulvus and Black Aegypius monachus Vultures in France, 2004, In Chancellor, R.D. & B.-U. Meyburg (eds) Raptors Worldwilde. WWGBP: 127-145.
  8. "Une autre hypothèse : des mouvements estivaux naturels ?", Ornithomedia.
  9. Robert A, Couvet D, Sarrazin F, Legendre S (2004) Releasing young versus adult in reintroductions : interaction between demography and genetics. Conservation Biology 18, 1078-1087 (article commenté dans Nature 430, p. 739)
  10. D'après Le Soir, journal bruxellois[réf. incomplète]
  11. Des vautours de 2 mètres aperçus en région liégeoise (+ vidéo), La Meuse, 3 juillet 2012
  12. Real Decreto 664/2007 (lire le décret) adopté en Conseil des Ministres du 2007/05/21.
  13. a et b P. Mateo-Tomás, P.P. Olea, M. Jiménez-Moreno, P.R. Camarero, I.S. Sánchez-Barbudo, R.C.R. Martín-Doimeadios, R. Mateo, Mapping the spatio-temporal risk of lead exposure in apex species for more effective mitigation, Proceedings of the Royal Society, 2016, B 283:20160662. doi:10.1098/rspb.2016.0662
  14. Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux