Savoie

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Page d’aide sur l’homonymie Cet article a pour sujet la Savoie en tant qu'entité historique, géographique et culturelle. Pour plus d'information sur le découpage administratif, voir les articles sur les départements français de la Savoie (département) et de la Haute-Savoie. Pour les autres significations du nom Savoie, voir Savoie (homonymie) Page d'aide sur l'homonymie.
Savoie
Savouè (frp)
Localisation en Europe de la Savoie
Localisation en Europe de la Savoie
Blason de Savoie
Détail
Détail
Détail
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Province historique
Territoires actuels départements :
- Savoie (73)
- Haute-Savoie (74)
Villes principales Chambéry
Annecy
Albertville
Aix-les-Bains
Moûtiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Bonneville
Thonon-les-Bains
Saint-Julien-en-Genevois
Démographie
Gentilé Savoyard(e), Savoisien(ne)
Population 1 177 608 hab. (2010)
Densité 113 hab./km2
  - Savoie (73) 421 105 hab. (2010)[1]
  - Haute-Savoie (74) 756 501 hab. (2010)[1]
Géographie
Coordonnées 45° 34′ 12″ N 5° 54′ 42″ E / 45.57, 5.911845° 34′ 12″ Nord 5° 54′ 42″ Est / 45.57, 5.9118
Superficie 10 416 km2
  - Savoie (73) 6 028 km2
  - Haute-Savoie (74) 4 388 km2
Divers
Hymne Les Allobroges
Langues français, francoprovençal (arpitan) dont le savoyard
Fêtes 19 février (élection du duché de Savoie)
22 septembre (fête du saint patron Maurice d'Agaune)

La Savoie (prononcé /sa.vwa/, en savoyard, francoprovençal ou arpitan : Savouè) est une région historique des Alpes du Nord. Elle tire son nom, entre autres, d'un ancien duché donné par ses princes à la France en 1860 et elle correspond aujourd'hui au territoire des deux départements français de la Savoie et de la Haute-Savoie, au sein de la région Rhône-Alpes.

Le territoire et le terme dérive en partie de la Sapaudia gallo-romaine, puis de la Saboia carolingienne. Comme l'indique le chanoine Gros dans son Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie (1933), il existe différentes variations au cours des siècles de la définition d'un territoire de Savoie. Il existe ainsi, une Savoie antique, une Savoie carolingienne, une Savoie médiévale, berceau des seigneurs de Savoie, comté au XIe siècle, puis duché en 1416 avant de n'être qu'une des composantes du royaume de Sardaigne. Le duché est réunit ou annexé à la France par le traité de Turin en 1860, en échange de l'aide apportée au roi de Sardaigne dans le projet de réunification de l'Italie. La Savoie est composée de six bailliages devenues provinces : la Savoie Propre, la Maurienne, la Tarentaise, le Chablais, le Genevois et le Faucigny, auxquels on distingue parfois l'Avant-Pays savoyard. Les deux départements actuels, issus de la négociation entre deux souverains, ont pu garder le nom historique dans leur dénomination — Savoie et Haute-Savoie —, mais cela a pu ou peut aussi prêter à confusion dans les usages. Observateurs, médias ou institutionnels utilisent donc parfois les expressions « Pays de Savoie », « les Savoie » et depuis 2015 « Savoie Mont Blanc » (initialement pour un usage promotionnel).

Ses habitants sont appelés communément Savoyards, mais le terme Savoisien est tout aussi correct. On trouve plus rarement le terme Savoyen[2],[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la région historique de Savoie correspond à l'ancien territoire du duché de Savoie. Le chanoine Gros donne une description d'un « pays situé entre le Rhône et les Alpes, au sud du lac Léman et au nord du Dauphiné »[4]. Plus précisément, il délimité par :

La Savoie forme ainsi un « bloc solide, une sorte d'épais tronc d'arbre allongé du Nord au Sud sur 145 km et gonflé d'Est en Ouest sur une centaine, soit une superficie un peu supérieure à 10 000 km2 »[5]. Ce territoire compact offre des paysages variés, marqués par l'empreinte alpine, des Préalpes, les basses terres, aux sommets enneigés des Alpes, reliées par de grandes vallées intra-alpines. Ces dernières se trouvent à l'origine du découpage provincial traditionnel.

Les sous-régions naturelles[modifier | modifier le code]

On peut distinguer quatre types de régions naturelles en Savoie[Note 1] :

  • en tout premier lieu, en venant de France, l'avant-pays alpin (Avant-Pays savoyard, Chautagne) constitué de plis jurassiens, précédant une plaine formée par des molasses jurassiennes (Val du Bourget et le lac du Bourget, Val d'Yenne, Albanais, Semine, bas-Genevois). Un fleuve, le Rhône, entrecoupe ce paysage monotone. Il est rejoint par quelques rivières, encaissées dans ce relief[7], comme, au Sud, le Guiers, puis le Fier et son affluent le Chéran, plus au nord, Les Usses.
  • puis viennent les Préalpes avec des massifs autonomes, de moyennes altitudes, séparés entre eux par des cluses, et également des Alpes par le sillon alpin. Du Nord au Sud, le Chablais (no 1 sur la carte) ; les Bornes (no 4) ; les Aravis (no 5) ; les Bauges (no 6). Paul Guiconnet les décrit comme : « les Préalpes sont donc une symphonie en trois couleurs : blancs bleutés du calcaire, sapins noirs et verts pâturages »[8]. De nombreuses rivières découpent ces ensembles montagneux : les Dranses dans le Chablais ; le Giffre ; le Borne dans le massif du même nom ; le Chéran ; le Guiers-Vif.
  • ces massifs sont donc séparés par des grandes vallées transversales - appelées parfois dans de vieux ouvrages « vestibules de montagnes » - qui « vivent chacun sous leur nom distinctif »[9] : la vallée de l'Arve de Chamonix à Genève, appelée Faucigny et la cluse de Cluses ; le Genevois ponctué par la cluse d'Annecy et son lac, les cluses de Faverges et d'Ugine avant de rejoindre la Combe de Savoie, partie intégrante du sillon alpin, où débouche la vallée de l'Isère, à la sortie de la vallée alpine appelée Tarentaise à Albertville; à la confluence avec l'Arly, cette dernière est rejointe par l'Arc en provenance de la seconde majeure vallée alpine de Savoie, la Maurienne ; au bout, le sillon se poursuit en Dauphiné et il est rejoint par la cluse de Chambéry pour se poursuivre dans le département de l'Isère.
  • Enfin, les Alpes, grands massifs cristallins, que l'on peut diviser en sous-ensembles : massif du Mont-Blanc, massif du Beaufortain, massif de la Lauzière et du Grand Arc et la partie savoyarde de Belledonne que l'on qualifie d'externes, et enfin les alpes dites internes comme la Vanoise faisant partie de la zone des alpes Grées. Sans oublier des massifs plus proches du Briançonais comme les Aiguilles d'Arves, dont leur constitution est encore la source de nombreuses études[10], ou encore les massifs du Thabor, des Grandes Rousses, le Mont-Cenis qui avec la pointe de Charbonnel possède l'un des plus hauts pics du département de la Savoie culminant à 3 752 mètres, puis une partie du massif du Grand Paradis, dont les crêtes telles que l'ouille d'Arbéron, la Grande aiguille Rousse ou encore la Levanna forment la frontière orientale avec l'Italie, ou se situent notamment les sources de l'Arc[11].

Le paysage alpin fait l'objet d'une préservation particulière face au développement urbain et touristique de ces trente dernières années. Ainsi la Savoie s'est vue attribuer trois parcs permettant la protection et le développement de ce milieu fragile :

D'autres lieux ne bénéficiant pas de statut particulier réussissent à maintenir un milieu moins marqué par l'anthropisation, comme la Beaufortain ou le Chablais.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Tous les cours d'eau, rivières et fleuves savoyards se jettent directement ou indirectement dans le Rhône et dans la Méditerranée.

Climat[modifier | modifier le code]

Bien que de type montagnard (reposant sur le triptyque pente, altitude et versant), le climat savoyard doit être différencié selon la situation en vallée (avant-pays/préalpes/cluses avec l'exemple de Chambéry), où le vent joue un rôle important, et l'altitude, c'est-à-dire les massifs alpins (station Chamonix). Le préfet du département du Mont-Blanc, Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau, dans son Statistique générale de la France, Département du Mont Blanc (1807) indique : « Souvent au fond d'une vallée, le voyageur supporte avec peine l'ardeur d'un soleil brûlant, en même temps qu'il aperçoit sur les monts qui l'environnent, les frimas d'un éternel hiver ; d'autres fois, après avoir traversé des neiges ou des glaces sur les cols des montagnes, il rencontre, en descendant dans la plaine, d'abord des bois, ensuite une riante verdure, plus bas des fleurs ou même des fruits. (p.164) »

La partie haute de la vallée de la Maurienne illustre le propos du préfet Verneilh de par sa situation encaissée par de très hauts massifs en grande partie recouverts de glaciers, et subissant les puissants effets de foehn, est l'une des régions de France où les précipitations sont les plus faibles. On compare très souvent cette région au climat quasi méditerranéen qui sévit en Valais central en Suisse, aux alentours de Sierre[12].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La Savoie connaît un taux d'urbanisation de 70 %. Elle appartient en partie au territoire nommé par Raoul Blanchard, le sillon alpin, dans les années 1910. L'espace se situe plus précisément dans une longue dépression située dans les Préalpes, entre Valence (France) et de Genève (Suisse), dans un axe sud-ouest - nord-est. Les espaces de l'avant-pays savoyard — Chambéry, le val du Bourget et Aix-les-Bains, l'agglomération annécienne, et la région frontalière de Saint-Julien-en-Genevois à Annemasse — font donc partie de cet ensemble géographique. L'ancien site sillonalpin.com définissait le territoire comme « Espace moteur de l’ensemble des Alpes du Nord, le Sillon alpin désigne, entre Genève, Annecy, Chambéry, Grenoble et Valence, un ruban de villes et de territoires qui, en trente ans, a connu un essor spectaculaire ». Ce territoire est considéré, depuis 2005, comme l'un des deux espaces métropolitains, avec la Région urbaine de Lyon, de la région française Rhône-Alpes par la DATAR[13].

Les aires urbaines savoyardes sont en 2012 :

Légende :

  • AU : population de l'aire urbaine (zonage de 2010).
  • NC : nombre de communes (zonage de 2010).
  • UU : population de l'unité urbaine (zonage de 2010).
  • CC : population de la commune-centre.
Rang national Aire urbaine AU (2012)[14],[15] NC UU (2011)[16] CC (2011)
35 Aire urbaine de Genève - Annemasse (partie française)[17],[16] 292 180 114 161 684 32 657
44 Annecy 221 111 69 159 124 51 012
45 Chambéry-Aix-les-Bains 217 356 88 180 974 58 437
x Thonon-les-Bains 84 505 27 34 661
x Cluses 68 226 16 17 525
x Sallanches-Chamonix 60 234 9 15 957
x Albertville 40 264 22 19 271
x Bourg-Saint-Maurice 11 488 4 7 741
x Saint-Jean-de-Maurienne 13 503 10 8 067

Origine du nom et usages[modifier | modifier le code]

Le nom de Savoie dérive en partie de la Sapaudia gallo-romaine, puis de la Saboia carolingienne[18],[19]. Le nom passe ensuite au comté, puis au duché, désignant l'espace géographique concerné après la disparition de ce dernier.

Le nom désigne ainsi une « région et département, ancien pays des Sabaudes »[20], reprenant les recherches effectuées par le chanoine Gros[4]. Le toponyme signifie « [le pays des] sapins », dérivant du gaulois *sapo- qui veut dire « sapin », et uidu-, « arbre, bois »[20].

Lorsqu'en 1860, le duché de Savoie est réunit ou annexé, suivant les observateurs, à la France, deux départements sont créés le 25 juin[21]. Le nom de cette province passe alors aux deux nouveaux départements. L'historien et spécialiste de la période, Paul Guichonnet, à propos du choix des noms des deux départements, précise qu'une seule source existe[21] :

« Les noms des départements annexés ont été accordés par l'empereur lui-même, sur la proposition d'un très grand nombre de Savoisiens et, en agissant ainsi, il a donné satisfaction à l'immense majorité de nos compatriotes. La situation n'est plus la même qu'en 1792, où le pays subissait une crise suprême. Aujourd'hui, pas de rivalité avec les départements anciens ; l'esprit de nationalité y est aussi vivace que dans toute autre partie de l'Empire, l’assimilation est complète. Élman ne pouvait convenir, Genève et son littoral n'étant plus français ; Mont-Blanc ne pouvait être appliqué qu'à la Haute-Savoie, et le Mont-Cenis ne pouvait convenir à la Savoie, le Mont-Cenis ayant été laissé, dans la plus grande partie, à l'Italie. Conserver au pays son ancien nom était une idée patriotique et heureuse qu'il faut approuver. »

— La Gazette de Savoie, édition du 22 juin 1860[21]

« Haute » dans Haute-Savoie n'est pas une précision d'altitude, mais la position septentrionale, au nord, de cet ensemble[21]. Dans la littérature régionale ainsi que l'usage chez certains régionalistes dans les années 1970, on trouve également les expressions « Savoie du Sud » pour désigner la Savoie et « Savoie du Nord » pour la Haute-Savoie[22].

Afin de ne pas confondre l'usage administratifs et la région historique, les différents commentateurs ou institutionnels utilise depuis la seconde partie du XXe siècle quelques expressions dérivées comme les « Pays de Savoie » — que l'on retrouve dans l'appellation de l'Orchestre des Pays de Savoie (1984) ou la structure supra-départementale : l'Assemblée des Pays de Savoie (2001) — parfois le terme « les Savoie » — avec le Crédit Agricole des Savoie ou dans le titre ou la désignation par les médias régionaux. Des titres d'articles ou d'ouvrages utilisent le terme mis au pluriel : Savoies. Un article paru en 2013 dans le quotidien régional, Le Dauphiné libéré, s'interroge d'ailleurs sur les usages[23]. L'auteur de l'article s'appuie ainsi sur le Larousse des difficultés (1998-2001) de Daniel Péchoin et Bernard Dauphin, pour indiquer « les noms géographiques peuvent prendre la marque du pluriel, à condition que ce pluriel désigne plusieurs pays, fleuves… du même nom », précisant que le dictionnaire prend l'exemple de « les deux Savoies »[23].

Depuis 2005, la promotion touristique de la région a fait le choix de la marque « Savoie Mont Blanc » que l'on retrouve en 2011 dans le projet politique des deux présidents des conseils généraux savoyards de créer une collectivité territoriale de Savoie Mont Blanc[24], sur l'exemple corse, ou en 2014 lorsque l'université opte pour une nouvelle identité l'Université Savoie Mont Blanc.

En francoprovençal, appelé parfois arpitan, le mot « Savoie » se traduit par « Savouè »[25].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Savoie.

La région historique de la Savoie correspond aujourd'hui au territoire composé des deux départements français de la Savoie et de la Haute-Savoie. Ce territoire est issu du découpage au duché de Savoie, donné à la France en 1860 par le roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II, prince de la maison de Savoie et futur roi d'Italie, en échange de l'aide de Napoléon III afin d'accomplir l'unité italienne.

Selon les périodes, la Savoie recouvre des réalités géographiques et historiques différentes. Ancien pays gaulois — « [le pays des] sapins » —, romanisé au Ier siècle av. J.-C., il est mentionné dans le partage de l'empire de Charlemagne. La Sapaudia, puis la Saboia carolingienne représente un grand territoire mais aux contours mals connus aujourd'hui. Par contre, la Savoie médiévale qui leur succède s'est réduite à une petite portion comprise entre les bourgs de Montmélian et de Chambéry, pour devenir un comté dont des princes installés en Maurienne feront leur titre principal. Les futures comtes de Savoie du XI au XVe siècle s'évertuent à accroître leur territoire et le comté de Savoie recouvrira cette réalité politique, mais mouvante. L'histoire de Savoie prend en compte également les autres régions historiques qui seront peu à peu placées sous le contrôle des seigneurs de Savoie : dans un premier temps la Maurienne, berceau de la maison de Savoie avec la Savoie Propre, la Tarentaise et le Chablais, puis viendront plus tardivement au grès des alliances et des achats le Faucigny et le Genevois, qui formaient deux puissantes seigneuries durant la période médiévale.

Ce noyau de provinces forment le cœur du territoire des Savoie qui étendent cependant leurs possessions à cheval sur les Alpes en maîtrisant les principaux cols de cet espace, vers Lyon, la Suisse alémanique et de plus en plus vers le versant italien du Piémont, jusqu'à vouloir devenir les maîtres de la péninsule en devenant roi de Sicile de 1713 à 1720, puis roi de Sardaigne en 1720 et finalement le titre de roi d'Italie en 1861. Titre obtenu après avoir laissé l'ancien duché de Savoie à la France.

La Savoie gallo-romaine et carolingienne[modifier | modifier le code]

Durant la période gallo-romaine, ce que l'on nomme aujourd'hui Savoie appartient au territoire de la Sapaudie (en latin Sapaudia)[18],[19]. Ammien Marcellin fait mention de cette région gauloise dans ses Res Gestae à la fin du IVe siècle en décrivant le cours du Rhônes : « d'où sans perte il va à travers la Savoie et les Séquanes ; et, ayant beaucoup avancé, il longe la Viennoise du côté gauche, la Lyonnaise du côté droit (...) »[26],[Note 2]. L'historien Pierre Duparc, dans une publication de 1958, rappelle les différentes définitions de ses prédécesseurs[26], citant l'historien Camille Jullian qui considère que ce « pays que traverse le Rhône dés sa sortie du lac Léman et avant son entrée dans la région du Bugey. » ; l'historien suisse P.-E. Martin il s'agirait plutôt du territoire entre Genève et Grenoble avec probablement les vallées de Tarentaise et de Maurienne ou encore le médiéviste français Ferdinand Lot « La Sapinière (...) la partie montagneuse et sylvestre du grand territoire des Allobroges. »[26]. L'étude du texte de Marcellin par l'historien Pierre Duparc amène à voir qu'il faut traduire la citation par « à travers la Sapaudia où sont les Séquanes[26] ». Cette lecture permettant de définir le territoire ainsi désigné comme s'étendant de « la vallée du Rhône depuis le défilé de l'Écluse, en aval de Genève, et se serait étendue probablement jusqu'au confluent de l'Ain[26]. »

La Chronica Gallica de 452 cite la région en décrivant l'installation des Burgondes dans la province de Sapaudia[4],[26]. « La 20e année du règne de Théodose la Sapudia est donnée au reste des Burgondes pour être partagée avec les indigènes[26]. » (soit vers 443). Le territoire désignée pourrait ainsi s'identifier à la Savoie actuelle[26]. D'autres mentions sont faites au Ve et au début du VIe siècle, à propos des Burgondes et la Sapaudia, mais sans apporter de précision sur la délimitation de l'espace géographique de la Sapaudia[4],[26].

Durant la période carolingienne, la forme Saboia[18],[19] n'apparait qu'une seule fois[26]. Louis, le fils de Charlemagne reçoit en héritage en 806 : « (...) de Lyon, la Saboia, la Maurienne, la Tarentaise, avec le Mont-Cenis et le Val de Suse jusqu'aux cluses pour accéder en Italie[26] »,[Note 3]. Pour l'historien Bernard Demotz cette Saboia est « étendue (...) des abords de Nantua à ceux de la Tarentaise et de la basse Maurienne[18]. » Selon Pierre Duparc, la mention de la Saboia de 806 correspondrait au diocèse de Belley, mentionné en lors de l'accord de 858[26]. L'analyse de Pierre Duparc tend à démontrer que la Sapaudia, dont est issu le nom de la Savoie, n'aurait aucun lien avec la Savoie actuelle[26].

La Savoie médiévale[modifier | modifier le code]

Les mentions de la Savoie de la fin du Xe siècle et 1036 ne désigne plus qu'une portion réduite des territoires antiques qu'étaient la Sapaudia ou la Saboia et correspondent désormais un petit comté comprenant les territoires de Montmélian et de Chambéry[18]. Il est mentionné au cours de cette période dans différents actes provenant de cartulaires le désignant sous les formes ager Savogensis, de pagus Savogensis ainsi que comitatus Savogensis[Note 4],[29].

La Savoie contemporaine[modifier | modifier le code]

À la suite du Traité de Turin, en 1860, le duché de Savoie est « réuni » ou annexé à la France en devenant deux départements[30].

Au XXe siècle, l'industrie électrochimique est très forte grâce à la croissance rapide d'Ugine aciers, qui a produit la moitié de l'acier inox français.

Politique[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

L'entité géographique et historique de la Savoie ne possède aucune existence administrative au sein de la République française. Elle est composée de deux départements la Savoie et la Haute-Savoie, qui se trouve au sein de la région Rhône-Alpes.

L'organisation des deux départements savoyards :

Découpage administratif
Départements Savoie Haute-Savoie
Nb. d'arrondissements 3 4
Nb. de cantons 19 17
Nb. de communes 304 294
Localisation du département de la Savoie.
Localisation de la Savoie.
Localisation du département de la Haute-Savoie.
Localisation de la Haute-Savoie.

Coopération administrative[modifier | modifier le code]

Logo de l'APS
Article détaillé : Assemblée des Pays de Savoie.

En 1983, dans le cadre de la Loi du 5 juillet 1972, dite « Loi Pompidou », les conseils généraux de Savoie et de Haute-Savoie forment une « structure interdépartementale », appelée Entente régionale de Savoie[31],[32]. L'institution est co-gérée par sept conseillers généraux de chacun des départements[31]. Les domaines d'action sont le tourisme (Maison de Savoie à Paris), l'université de Savoie, la culture (Orchestre des Pays de Savoie) ou encore l'agriculture de montagne.

Le , L'Entente évolue pour donner naissance, sous l'égide des deux présidents des conseils généraux, à l'Assemblée des pays de Savoie (APS), « un établissement public de coopération interdépartementale »[33],[34].

À l'été 2014, lors du débat sur le projet de loi relatif à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral, le député et président du Conseil général de Savoie, Hervé Gaymard, soutenu par son homologue de la Haute-Savoie, Christian Monteil, propose un amendement qui permettrait la création d'une collectivité territoriale de Savoie–Mont-Blanc[35],[36]. Celui-ci a été rejeté.

Courants identitaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nationalisme savoyard.

La Savoie possède des mouvements identitaires depuis les années 1860. Toutefois, les prémices d'une demande de reconnaissance émergent lors de l'expression des nationalismes du XIXe siècle. Les Savoyards affirment leur particularisme au sein d'un ensemble devenu de plus en plus italophone. Ceux-ci connaissent un nouveau dynamisme en 1859 et l'année suivante lors des débats sur l'avenir de la Savoie, dont un choix partiel se pose : le maintien dans le futur royaume d'Italie, l'intégration à la France, voire la division et la possibilité de rejoindre la Suisse pour la partie nord du duché.

Dès 1815 et surtout à partir de l'Annexion de 1860, les sociétés savantes locales effectue un travail de sauvegarde de l'identité et de la culture savoyarde.

Le réveil politique régionaliste se fait à l’occasion de la discussion de la création des régions puis de la décentralisation au début des années 1970. Des Savoyards voient là l’opportunité de créer une unité politique, venant légitimer l’unité culturelle, à travers le projet d'une région Savoie. En juillet 1972, deux associations culturelles s’associent pour fonder le Mouvement Région Savoie (MRS), qui sert de réceptacle politique à la volonté de certains d’unir les deux départements de la Savoie. Parmi les impacts majeurs de la création du MRS, il faut retenir la mise en débat dans les deux hôtels départements de Savoie de la question de la création d’une région Savoie, distincte de la région Rhône-Alpes[31] ou encore une pétition en faveur de la création d'une région qui réunit plus de 100 000 signatures[37]. Au cours des deux décennies suivantes, malgré la poursuite du jeu politique, le mouvement perd en audience.

Quelques années après les Jeux Olympiques d’Albertville, la question sur l'avenir de la Savoie se pose à nouveau. Deux ans plus tard, le premier mouvement indépendantiste, dit « désannexionniste », apparaît. La Ligue savoisienne officialise sa naissance et tient son premier congrès le 26 mai 1996, à Albertville[33]. Son impact sur la politique local est important notamment lors des élections régionales de 1998 où le mouvement obtient un siège régional[Note 5],[38] ainsi qu'en provoquant la naissance en 2001 de l'Assemblée des Pays de Savoie.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique du duché de Savoie de 1776 à l'Annexion
Territoire 1776 1790 1801 1822 1838 1848 1858
Duché de Savoie 346 386 441 091 422 306 499 368 533 817 582 294 542 258
Source : Chiffres, p. 127-129 dans André Palluel-Guillard, Christian Sorrel, A Fleury, J. Loup, La Savoie de Révolution française à nos jours, XIXe-XXe siècle, t. 4, Ouest France Université,‎ , 626 p. (ISBN 2-85882-536-X).
Démographie des Pays de Savoie depuis l'Annexion
Territoire 1861 1911 1946 1975 1990 1999 2007 2012
Département de la Savoie 259 181 237 447 226 053 305 109 348 261 373 350 403 500 421 105
Département de la Haute-Savoie 255 883 247 492 263 345 447 794 568 286 631 963 693 000 756 501
Savoie 515 764 484 939 489 398 752 903 916 547 1 005 313 1 096 500 1 177 606
Source : Chiffres INSEE/ Hebdo Eco des Pays de Savoie (1998), « Dossier Explosion démographique des 2 Savoie »

Histogramme de l'évolution démographique depuis 1776 :

La densité sur son territoire avoisine les 100,3 hab/km² avec une très nette différence entre le département de la Savoie (66,9 hab / km²) et la Haute-Savoie (157,9 hab / km²).

Médias[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

La Savoie possède sa chaîne locale (avec couverture d'une partie du Pays de Gex et une partie du Bas-Bugey ainsi que les Cantons de Genève et partiellement de Vaud) depuis l'aventure de la 8 Mont Blanc, lancée en 1989, et devenue TV8 Mont-Blanc, présente aussi sur le câble et la TNT.

Presse écrite[modifier | modifier le code]

Éditions savoyardes du Dauphiné Libéré. Plusieurs hebdomadaires : ceux appartenant au groupe Presse Alpes-Jura (ex-Socpresse) (Le Messager, L'Essor Savoyard, La Savoie) ; L'Hebdo des Savoie (Albanais et Aix-les-Bains) ; La Vie Nouvelle ; La Maurienne (vallée de la Maurienne). Journaux associatifs ou institutionnels : Le Savoisien, organe de la Ligue savoisienne, Terres savoyardes (Chambre d'agriculture), ou satiriques comme La Voix des Allobroges (secteur Pays de Savoie) ou Le Faucigny (secteur vallée de l'Arve). Dans le nord de la région, le quotidien helvétique La Tribune de Genève.

Des magazines mensuels dédiés à l'économie ou à la politique en Savoie : l'Eco des Pays de Savoie, L'Essentiel des Pays de Savoie, Alpes Magazine (Milan Presse).

Radio[modifier | modifier le code]

Station locale de France Bleu, France Bleu Pays de Savoie. Stations locales, le plus souvent associatives, dans les vallées (Bauges, Tignes, Chambéry, Perrine FMetc.) ; antenne locale de RCF. Radios publiques suisses Couleur 3, RSR-La Première et Espace 2 en Chablais, en Faucigny et en Genevois. Radios commerciales : ODS Radio, Rouge FM, Radio Plus…

Économie[modifier | modifier le code]

Les deux départements savoyards possèdent une économie relativement dynamique, par rapport à la majorité des départements français. Après une traditionnelle vision, au début du XXe siècle, du département de la « Savoie = grandes entreprises publiques, énergétiques et métallurgique » et celui de la « Haute-Savoie = concentration de PME-PMI tournée vers Genève et vers le Monde », le visage économique savoyard s'est modifié en prenant le virage du tertiaire, notamment dans les transports et le tourisme. L'économie de la Haute-Savoie garde cependant une spécificité vers la mécanique et les activités associées tout en supportant le développement du phénomène transfrontalier avec la région genevoise. La croissance de la population transfrontalière a été de 12 % en 2006.

Côté chiffres, selon l'INSEE, le PIB cumulé pour les deux départements, en 2000, équivaut à 24 438 M€ (soit 2 % du PIB métropolitain)

La Savoie participe à sept des 67 pôles de compétitivité labellisés le 12 juillet 2005[39], parfois en partenariat avec d'autres départements et agglomérations :

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Pays de Savoie.

Le tourisme, tant hivernal qu'estival, occupe une grande partie de l'activité économique en Savoie, il repose principalement sur les atouts de son relief. Toutefois, la Savoie recèle aussi de nombreux sites historiques ou thermaux.

Outre ces nombreuses stations de ski, la Savoie est réputée pour ses randonnées en été grâce à une nature préservée.

Les deux départements savoyards ont mis en commun leurs compétences pour promouvoir la Savoie. Cette orientation remonte aux années 1930 avec la création du Comité Régional Savoie-Mont-Blanc et la mis en place d'une Maison de Savoie à Paris (1934)[40]. Sous l'impulsion de l’Assemblée des pays de Savoie (APS), qui poursuit la gestion de la Maison de Savoie à Paris, les deux agences touristiques départementales collaborent à nouveau et créés l'appellation « Savoie Haute-Savoie »[41]. En 2005, une nouvelle marque de destinations voit le jour « Savoie Mont Blanc », ainsi qu'une nouvelle structure commune Savoie Mont Blanc Tourisme[41].

En 2014, selon l'organisme Savoie Mont Blanc, la capacité d'accueil des communes est estimée à 1 380 492 lits touristiques, répartis dans 206 038 établissements[Note 6].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

La Savoie appartient au territoire linguistique de langues gallo-romanes et principalement à l'arpitan[43] (ou francoprovençal).

Comme dans de nombreux pays et provinces européens, où langues véhiculaires (généralement langues du pouvoir et de l'administration) et langues vernaculaires se côtoient, en Savoie il existe traditionnellement, jusqu'à aujourd'hui, deux langues parlées. D'une part le francoprovençal, dont l'usage a été entretenu par la population (langue aujourd'hui menacée de disparition, son usage quotidien est de 2 % des habitants dans l'espace rural et négligeable en zone urbaine[44]) et d'autre part le français, langue de l'État civil du duché depuis le XVe siècle est rendue officielle par l'Ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, puisque celui-ci est occupé par les troupes françaises[45]. Toutefois il semblerait que l'application fut très aléatoire[45].

Le français a été la langue d'usage véhiculaire dès le XIVe siècle et elle est devenue la langue administrative depuis Emmanuel-Philibert à la suite d'un édit du 11 ou 15 février 1560 la substituant au latin dans les actes des tribunaux[46]. Cette décision s'applique au Bugey et au Val d'Aoste à la suite d'un nouvel édit, qui modifie les prescriptions précédentes, par lettres patentes du 22 février 1561, précisant les règles d'application[47],[46]. Il faut indiquer que l'italien n'a jamais été une langue utilisée par l'administration en Savoie[46] À la même époque le duc de Savoie décrétait le toscan langue officielle dans ses terres du Piémont. De plus, pour occuper le royaume de Sicile (anciennement d'Aragon-Sicile) les rois de France entreprirent de passer en Italie avec leurs armées (en huit guerres), en passant obligatoirement par la Savoie soumise au pillage (absence d'intendance militaire pour le ravitaillement) et occupant le Piémont. Au cours de l'histoire le prince de Savoie, administrateur de Hollande pour les Habsbourg perdit ses terres de Savoie, prises par le Roi de France avant de se les voir restituer.

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Par la suite Louis XIV envahit la Savoie pour massacrer ses sujets protestants « vaudois » (disciples du lyonnais Pierre Valdo) qui s'exilèrent dans le haut val de Suse. Il fit de même en massacrant les sujets francs-comtois des Habsbourg, catholiques, en utilisant des mercenaires lorrains également catholiques) avant l'annexion de la Franche-Comté. Le massacre des 3 000 paysans « vaudois » traumatisa la famille de Savoie car le roi de France exigea la caution morale (sous peine de sanctions militaires) du Duc qui renforça la décision de rendre la religion catholique obligatoire sous peine de lourdes sanctions pénales en cas de refus, sauf près de Genève et en certains points du Val d'Aoste. La messe devant être dite en français. Ensuite Saint François de Sales, pour contrer les écrits de Calvin (réformateur venu de Noyon puis réfugié à Genève, qui écrivait en français, la langue du culte réformé par opposition au latin), imposa de fait ses libelles en français, avec grand succès. Il favorisa encore le « parler français ».

Autre cause de l'adoption du français comme langue courante par les Savoyards, le fait qu'avec une démographie excédentaire, l'émigration était forte, principalement vers la France (Paris et Bordeaux), la Bavière et l'Autriche (Vienne), les habitants des vallées alpines pratiquant le colportage depuis le Moyen Âge. Le certificat du curé servait à la fois de pièce d'état-civil et de recommandation à l'étranger. Chaque village savoyard avait une école catholique où on apprenait le français (il y en avait encore 800 avant 1940), la messe étant aussi dite en français, « la langue du dimanche ». Cela facilita l'intégration des 100 000 Savoyards installés hors de Savoie (pour une population de 500 000) mais toujours menacés d'expulsion en cas de crise économique. Cela aida aussi un échange monétaire des Savoyards émigrés avec la Savoie. De leur côté, les paysans proches de Genève faisaient commerce en français. Las des occupations fréquentes du roi de France, le duc de Savoie finit par transférer sa capitale de Chambéry à Turin, en Piémont, en délaissant un peu la Savoie considérée comme « glacis » militaire face à son puissant voisin. Les ducs octroyèrent cependant à leur terre d'origine un parlement spécifique et un code cadastral favorisant une juste répartition de l'impôt.

Pour sa part, le Faucigny — français par héritage — fut échangé avec la France contre toutes les terres savoyardes de l'autre côté du Rhône. Preuve de la parfaite maîtrise du français par les savoyards, Vaugelas, fut l'un des fondateurs de l'Académie française (créée à l'origine par Richelieu pour uniformiser la langue juridique des tribunaux du roi de France).

La Savoie restant sous la tutelle (morale et théorique) du Saint Empire Germanique ne pouvait prétendre à un titre royal sans l'accord du pape ou de l'empereur, ce qui gênait ses ambitions dynastiques européennes (sur ses proches voisins). Finalement en 1713, le duc Victor-Amédée II de Savoie et de Piémont se fit attribuer le royaume de Naples, mais en 1720 il échangea ce royaume comprenant la Sicile (qui trouvait les savoyards « pingres ») contre le royaume de Sardaigne (créé en 1297 par le Pape) ; la Savoie fut considérée, comme le Piémont, comme apanage du « royaume sarde » qui à son tour, grâce aux entretiens de Plombières (1859) chassa les Autrichiens d'Italie avec l'aide du républicain Garibaldi et fit l'unité italienne autour de la monarchie sarde, prenant le titre de Roi d'Italie. En échange de ses services militaires, la France organisa (en 1860) l'annexion de la Savoie sous le double titre « oui » (à l'Annexion) et « zone » (faveurs fiscales pour l'arc lémanique et la vallée de l'Arve). La France créa une administration avec un fonctionnaire central (le préfet) et fut surprise de constater que la population était plus francophone que la moyenne nationale, ce que nombre de Français actuels ignorent encore. L'unification linguistique française fut la conséquence de la guerre de 1870, ou de nombreux conscrits ne parlants que mal le français ne purent exécuter les ordres de leurs supérieurs. Cette situation fu pour de nombreux stratèges militaire l'une des raisons de la défaite française. À la sortie du conflit, la IIIieme république organisa une francisation accélérée des différentes régions de France. L'article II de la constitution stipule que « le français est la langue de la république » ce qui était déjà le cas séculairement du duché de Savoie, où français et francoprovençal étaient conjointement traditionnellement pratiqués, en proportions quotidiennes certes différentes par les uns et les autres, selon leur groupe social d'appartenance où leur région d'origine (à noter par exemple que la région de l'Albanais à beaucoup plus conservé l'usage du francoprovençal que la région pourtant limitrophe du nord annécien, précisément à cause de la proximité de cette ville avec laquelle les échanges marchands avec la bourgeoisie étaient plus fréquents).

Cette constatation du bon niveau du français des savoyards amène à faire deux remarques :

  • La première est que les savoyards ayant parlé le français depuis longtemps, sa forme locale est un peu différente de la norme académique, comme c'est également le cas en Suisse ou en Belgique. Traditionnellement notamment, on compte comme septante, huitante et nonante, ainsi que cela se pratiquait plus généralement dans beaucoup de campagnes françaises. D'autre part on trouve dans ce français régional, des francoprovençalismes traditionnels, tel que le neutre « y » (j'y sais, j'y fais), également rencontré dans une bonne partie de la région Rhône-Alpes (correspondance avec l'aire francoprovençale). De nombreuses autres particularités purement savoyardes existent, encore appelées sabaudismes, comme la prononciation des « e » finaux (par exemple : « ils cotoient », prononcé cotoillent, « jolie » prononcée jolilleetc.), comme le pratiquent aussi les Suisses romands (avec des mots comme « cheminée » prononcé cheminéye). Par ailleurs les lettres "x" et "z" lorsqu'elles sont situées en fin de mot ne sont pas prononcées (exemple: "Chamonix" se prononce "Chamoni" et "La Clusaz" se prononce "La Clusa"). On y trouve aussi l'usage d'un temps interdit en français académique, mais pourtant tout à fait correct, le passé surcomposé. De nombreuses expressions de formes anciennes du français ont perduré en Savoie, notamment du XIXe siècle. Toutes ces particularités sont liées à la bonne pratique ancestrale du français par les Savoyards qui étaient naturellement bilingues, mais elles suivent la même voie que le francoprovençal, et ce français riche en couleurs du terroir savoyard tend à disparaître sous l'effet de la normalisation. On ne l'entend plus que dans les poches de résistances où le francoprovençal lui-même a pu continuer à survivre, en milieu rural.
  • La seconde remarque que l'on peut faire est que ça n'est pas « la France » qui a appris à parler et à écrire le français aux savoyards, mais la Savoie elle-même.

Religion[modifier | modifier le code]

La religion principale de la Savoie est, selon un sondage Ifop paru dans la Vie, le Catholicisme Romain, qui concernerait entre 64 % et 70 % des Hauts Savoyards et entre 55 % et 63 % des Savoyards. Les témoignages de la christianisation de la Savoie, et principalement pour Genève, daterait du IVe siècle. Il faut toutefois attendre plus tard vers 450 pour l'installation du premier évêque en Tarentaise et le début du VIe siècle pour la sacralisation d'une église en Savoie du Nord. La Savoie est divisée entre l'archidiocèse de Chambéry (pour la Savoie) et le diocèse d'Annecy (pour la Haute Savoie), et ces deux diocèses font partie de la province ecclésiastique de Lyon. Le saint patron de la Savoie et St Maurice d'Agaune, martyr légendaire du Valais, tandis que le patron du diocèse d'Annecy et de la cathédrale de Chambéry est St François de Sales natif de la Savoie, évêque de Genève et personnage religieux le plus important de la région connu dans le monde entier.

On y retrouve également des communautés protestantes : en effet, la proximité de la Rome Protestante que fut Genève et l'invasion même par les cantons réformés de Genève et de Berne du Chablais et du Genevois (1536) a permis l'apparition de communautés protestantes, parfois mêmes majoritaires (Thonon par exemple devient une ville calviniste). Par la suite, les missions de plus en plus efficaces (et pacifiques) de St François de Sales font diminuer très nettement le nombre de protestants dans la région : le Chablais revient progressivement au catholicisme. Enfin le roi Charles Emmanuel de Savoie, catholique, soucieux de préserver son autorité sur la base du "une Foi, un Roi, une Loi" emploiera des moyens beaucoup plus répressifs afin de rendre ces régions au catholicisme. L'apparition d'église baroques, voire roccocos, dont la très grande majorité se trouve en Savoie[48]. Comme dans le Beaufortain, la Tarentaise de La commune de la Léchère à Val d'Isère, tout en traversant la Maurienne à partir de la commune de La Chambre. Ces églises baroques dotées de retables uniques sont mis en valeur par un programme de découverte appelé "Le Chemin du Baroque". Des concerts de musique baroque sont organisés chaque été dans ces églises. Cela est sans nul doute le signe de cette reconquête dans une politique de Contre-Réforme. En effet, les hautes vallées alpines comme la Tarentaise, ou la Maurienne, et dans une moindre mesure certains vallons alpins reculés du Faucigny proches de la Savoie comme Les Contamines-Monjoie ou Chamonix, pratiquaient en hiver le système dit "du Colportage". Les paysans ne pouvant travailler dans les champs en hiver, partaient commercer principalement en Italie du nord, en Bavière et en Autriche. Les nombreux Ex Voto qui jalonnent la Savoie, sont autant de remerciements faits par ces marchands pour remercier les cieux de les avoir protégé durant leur périple. Le cas de la Tarentaise est quant à elle encore plus singulier, car elle fut pendant très longtemps au Moyen Âge, une possession Autrichienne. La monnaie de commerce était d'ailleurs frappée en Autriche. La Livre Viennoise était la monnaie d'usage. Aussi la Tarentaise à longtemps eu des liens privilégiés avec l'Autriche, la politique de contre réforme a donc impactée de plein fouet la Vallée, et foumille par conséquent d'églises baroques. On remarque de grande similitudes dans les clochers tarin et autrichiens, avec un sommet dit à bulbe, comme à Conflans, Bozel, ou encore Hauteluce.

En Haute Savoie, les paysans vivants eux plutôt dans des zones plus planes et proches de Genève comme la Vallée de l'Arve et le Genevois Savoyard, s'adonnaient à la sous traitance des pièces de précisions pour l'horlogerie genevoise. Ainsi était née la tradition du décolletage. De ce fait, il reste beaucoup moins de protestants qu'autrefois dans les deux Savoies, et ils sont surtout concentrés en Haute Savoie (une douzaine de temples réformés en service, contre quatre seulement en Savoie du fait de l'influence de la Genève protestante principalement). De nos jours, alors que la paix est revenue, la proximité de la Suisse a encore une influence : on retrouve des Suisses expatriés dans ces communautés dans les villes proches de la frontière (temple à Annemasse, Thonon, Évian)… le tourisme a également une grande influence sur les communautés, renforcées en hiver par des touristes étrangers venant de pays protestants (Britanniques, Suisses, Américains, Allemands…), notamment dans les stations de sport d'hiver, comme à, Val d'Isère, Méribel, La Plagne, Val Thorens ou avec la station de Courchevel pour ce citer que celle ci, crée par un anglais. A Chamonix par exemple, un cimetière est d'ailleurs installé autour du temple, à l'origine pour les alpinistes anglais mort dans la montagne, ou bien dans des villes thermales comme St Gervais les Bains, Évian les Bains, et en Savoie dans les stations thermales alpines de La Léchère, Salin Les Thermes, ou encore Brides les Bains. Sans compter les stations thermales plus accessibles comme, Aix les Bains utilisées déjà par les romains, ou encore Challe les eaux. Le protestantisme en Savoie a donc un visage multiple : concentré au Nord de la région car épargné par la contre réforme amenée par les colporteurs de leurs échanges avec l'Europe centrale, et les liens politiques et historiques entre la Tarentaise et l'Autriche, il est l'héritier d'une longue Histoire, mais aussi le fruit d'arrivées plus récentes et du développement du tourisme. On note aussi l'apparition de communautés évangéliques.

L'immigration plus récente a également permis l'apparition de communautés musulmanes, plutôt dans les "grandes" agglomérations (comme Chambéry et Annecy, où une mosquée plus grande doit remplacer l'ancienne trop exigüe) mais aussi dans des bassins d'emplois comme la vallée de l'Arve (l'industrie du décolletage y étant très présente et attirant de nombreux ouvriers), mais aussi les bassins sidérurgiques de Tarentaise et de Maurienne ayant été des piliers d'immigration majeurs.

Littérature et tradition orale[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

De nombreux acteurs viennent du territoire savoyard, comme Agnès Soral ou André Dussollier, ainsi que plusieurs films, produits ou tournés en Savoie.

Certains d'entre eux ont précisément pour thème la Savoie et sa culture, comme la Trace ou la Dernière saison (pour plus de détails, voir La Savoie au cinéma, dans la collection L'histoire en Savoie de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie[49]).

En 1999 est fondée la Cinémathèque des Pays de Savoie.

La Savoie est ou a été aussi le lieu de festivals du cinéma :

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Le reblochon de Savoie, un fromage AOC

La gastronomie savoyarde est essentiellement basée sur des produits du terroir riches et adaptés aux rigueurs du climat montagnard, fromages, et charcuterie en tête. Les vins et alcools forts dont les typiques liqueurs de Genépi et de Gentiane dont chaque famille garde leur recette de fabrication, font également partie intégrante du patrimoine culturel.

Plats et ingrédients typiques :

Costumes[modifier | modifier le code]

Il existe une vingtaine de costumes folkloriques savoyards différents selon la vallée ou le village, constitués pour les femmes d'un châle, d'un jupon, d'un tablier et d'une coiffe (par exemple : la « frontière » en Tarentaise), agrémentés de bijoux, de dentelles…, et pour les hommes d'une chemise ample, d'un gilet, d'un pantalon et d'un chapeau l'été associé à un bonnet l'hiver. Ces costumes apparaissent dès le XVIIe siècle et sont portés jusqu'au XXe siècle dans certaines vallées. Aujourd'hui, ceux-ci sont portés lors de représentations de folklore local[53]. Par exemple la procession du 15 août en Haute Maurienne, ou un grand nombre d'habitants se parent de costumes traditionnels.

Emblèmes et symboles de Savoie[modifier | modifier le code]

Drapeau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drapeau de la Savoie.

Le drapeau de la Savoie est la reprise des armes des comtes de Savoie. La première apparition de ce blason remonte au XIIe siècle, durant le règne du comte Amédée III de Savoie[54]. Il est composée d'une croix blanche sur fond rouge ou en héraldique De gueules à la croix d'argent[54]. Aujourd'hui, on peut apercevoir de nombreux drapeaux flotter au fronton des mairies ou de certains bâtiments publics et historiques dans les deux départements savoyards.

Hymne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les Allobroges.

« Allobroges vaillants ! Dans vos vertes campagnes
Accordez-moi toujours asile et sûreté
Car j'aime à respirer l'air pur de vos montagnes :
Je suis la Liberté ! la Liberté ! »

Le chant des Allobroges est considéré comme l'hymne savoyard, bien qu'il n'ait pas été officialisé[55],[56]. Ce chant patriotique est composé en 1856 à Chambéry, durant la guerre de Crimée, par Joseph Dessaix, écrivain et journaliste libéral. Il se popularise après l'Annexion de 1860[57].

Quelques autres emblèmes et symboles[modifier | modifier le code]

Le 19 février est considéré comme une fête nationale par des mouvements identitaires[58],[59]. Ce jour correspond à l'érection du comté de Savoie en duché, le 19 février 1416[60]. Le choix de cette date est a associé avec l'éveil du nationalisme savoyard du XXe siècle. En 1970, le Cercle de l'Annonciade fait la promotion de cette date, reprenant les idées du fondateur du mouvement antérieur Savoie Libre, Henri Dénarié[61]. Le mouvement savoisien officialisera lui aussi cette coutume.

Maurice d'Agaune était le saint patron de l'ancien duché de Savoie, puis par extension à la Savoie, célébré le 22 septembre[62],[63].

Quelques autres symboles, moins importants mais bien répandus, identifient la Savoie et les Savoyards, et que l'on retrouve dans la plupart des échoppes des lieux touristiques. On peut citer le personnage caricatural du ramoneur, symbole de la migration savoyarde du XVIIe siècle au XIXe siècle et principalement enfantine.

La tartiflette devient le symbole gastronomique du territoire depuis les années 1980. Toutefois, la Savoie jouit d'une culture gastronomique riche et diversifiée, en fonction des provinces qui la constitue. Des crozets tarins, en passant par les diots, les pormoniers, des recettes fromagères comme la fondue. Des boissons alcoolisées sont aussi typiques de la région telle que la liqueur de génépi, dont chaque famille des hautes vallées alpines conserve jalousement leur propre recette.

La chanson Étoile des neiges, qui trouve son origine dans un chant allemand, également devenu un standard américain en 1947, dont Jacques Hélian et le parolie Jacques Plante réalise une traduction française en 1949. Le thème de la Savoie est choisi. Il devient une sorte d'hymne repris à la sauce rock par un groupe local, Simon et les Modanais, formé en 1987. Le groupe vend un million de disque et arrive en seconde place du hit-parade, obtenant un disque d'or en 1988[64].

La proximité avec la Suisse fait que les représentations associent les deux cultures notamment autour des chalets d'alpage, des chiens Saint-bernards élevés à la base sur les deux cols, savoyard et suisse, de la raclette, de même que des expressions comme « ça va ou bien », retrouvées dans des parodies, notamment Les Inconnus et leur représentation d'un journal régional à l'heure des Jeux olympiques d'hiver de 1992.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valéry d'Amboise, Dictionnaire d'Amboise Pays de Savoie, éd. d'Amboise, 1re éd.1988, 2e éd.1989, 5e éd.1993.
  • Association pour le développement de l'Université de Savoie, Réalités des pays de Savoie, éd. Adus, 1986.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Institutionnels[modifier | modifier le code]

Touristiques et culturels[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le conservateur des Archives départementales de la Savoie, Jules-Joseph Vernier, précise ces quatre espaces géologiques : « La structure géologique de la Savoie est très simple dans ses grandes lignes. On y distingue quatre régions bien marquées en allant de l'ouest à l'est : le Jura ; les Pré-Alpes ; l'arrête des Alpes, et enfin la région alpine. » (désignant l'espace entre le mur des Alpes et la frontière italienne)[6].
  2. Unde sine jactura rerum per Sapaudiam fertur et Sequanos (...)[4],[26].
  3. Lugdunensem, Saboiam, Moriannam, Tarentasiam, montem Cinisium, vallem Segusianam usque ad clusas[26].
  4. Il y a six différents actes, dont on conserve une copie, qui dont la mention du comté de Savoie[27],[28]. Les documents sont :
    • Cartulaires de l'église cathédrale de Grenoble, Notre-Dame de Grenoble (v. 976-1031), Chartularium B, n° CXVIII : « comitatu Savogensi » ;
    • Cartulaire de l'abbaye de Savigny (1013), abbaye Saint -Martin de Savigny, n°582 : « in agro Savogensi » ;
    • Regum Burgundia e stripe Rudolfina diplomata et acta n°108, d'après le cartulaire de Saint-Maurice de Vienne (1016) : « in comitatu Savoignese », « in pago Gratiopolitano vel Savoiense » (deux mentions) ;
    • Archives du prieuré du Bourget (v. 994-1048) : « in comitatu Savogensi » (cité par Samuel Guichenon, Histoire de la royale Maison de Savoie, t. III, p. 5) ;
    • Monumenta Novaliciensia vetustiora, Abbaye de la Novalaise, t.I, n°LXVIII, (1036) : « in pago Savogiense ».
  5. La liste « Renaissance savoisienne », menée par Patrice Abeille en Haute-Savoie, obtiendra plus de 5 % des suffrages exprimés et donc un siège de conseiller régional pour sa tête de liste. Celle pour le département de la Savoie obtiendra un peu plus de 4 %.
  6. La structure Savoie Mont Blanc, pour ces données statistiques de capacité d'accueil en termes de lits touristiques d'une station ou d'une commune, additionne les établissements marchands, qui appartiennent au secteur de l'hôtellerie, et les hébergements non marchands, qui n'implique donc pas de transaction commerciale comme les résidences secondaires[42].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rhône-Alpes, 3e région métropolitaine par son dynamisme démographique, (1er janvier 2012, selon le Recensement de la population), INSEE, consulté sur www.insee.fr le 31 aout 2012
  2. André Palluel-Guillard, L'aigle et la croix : Genève et la Savoie, 1798-1815, Éditions Cabedita,‎ 1999, 662 p. (ISBN 978-2-8829-5260-8), p. 14-16.
  3. Jean-Marie Jeudy, Les mots pour dire la Savoie : Et demain, j'aurai autre chose à vous raconter, La Fontaine de Siloé,‎ , 540 p. (ISBN 978-2-8420-6315-3), p. 466-467.
  4. a, b, c, d et e Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2), p. 443-444, Article « Savoie ».
  5. Raoul Blanchard, « La Savoie. Tableau géographique », p. 25, in Mémorial de Savoie. Le Livre du Centenaire 1860 - 1960, sous les auspices du Comité d'organisation des fêtes du centenaire du Rattachement de la Savoie à la France, Presses des imprimeries réunis de Chambéry, 1959.
  6. Jules-Joseph Vernier, Études historiques et géographiques sur la Savoie, Le Livre d'Histoire - Res Universis (réimpr. 1993) (1re éd. 1896), 185 p. (ISBN 2-7428-0039-5, ISSN 0993-7129), p. 10.
  7. Voir ainsi les ponts suspendus de l'Abîme sur le Chéran et de la Caille sur Les Usses.
  8. Paul Guichonnet, Maurice Morel, Henri Menabrea, Émile Vesco, Visages de la Savoie, éditions Horizons de France, coll. les Provinciales, Paris, 1947, 210 pages, p. 26.
  9. Paul Vidal de la Blache, Tableau de la géographie de la France, édition de La Table Ronde, première édition en 1903, réimpression en 2000, p. 378.
  10. Aiguilles d'Arves sur le site http://www.geol-alp.com.
  11. [PDF]Thèse sur l'évolution structurale et métamorphique d’une croûte continentale subductée (Grand Paradis), auteur: Le Bayon, p. 32.
  12. [PDF] Lucien Richard, Annie Tonnel, « Contribution à l'étude bioclimatique de l'arc alpin », Document de la Cartographie Écologique, Grenoble, vol. XXVIII,‎ , p. 33-64 (lire en ligne), p. 39.
  13. « La capture du Sillon alpin », Mappemonde,‎ , p. L'image du mois (lire en ligne).
  14. « Résultats du recensement de la population 2011 », sur le site de l'INSEE (consulté le 30 mai 2015).
  15. « Les 60 premières aires urbaines en 2012 », sur le site de l'INSEE (consulté le 30 mai 2015).
  16. a et b Seule la partie française de l'unité ou de l’aire urbaine est prise en compte.
  17. Partie française de l’agglomération : 114 communes, dont 90 sont situées dans la Haute-Savoie et 24 dans l'Ain. Voir également Unité urbaine de Genève - Annemasse (partie française).
  18. a, b, c, d et e Bernard Demotz, « La frontière au Moyen Âge d'après l'exemple du comté de Savoie (début XIIIe - début XVe siècles) », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, vol. 4, no 4,‎ , p. 95-116 (lire en ligne).
  19. a, b et c Laurent Ripart, « Du royaume aux principautés : Savoie-Dauphiné, Xe-XIe siècles », dans Op. cit. (lire en ligne), p. 210-214.
  20. a et b Henry Suter, « Savoie », sur le site d'Henry Suter, « Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs » - henrysuter.ch,‎ 2000-2009 (mis à jour le 18 décembre 2009) (consulté le 30 mai 2015).
  21. a, b, c et d Guichonnet 2007, p. 19.
  22. Pierre Préau, « La Savoie dans l'organisation régionale française », dans Collectif, La région et la vie régionale : actes du Colloque sur la région et la vie régionale tenu à l'Université de Saint-Étienne, les 16, 17, 18 novembre 1973, Université de Saint-Etienne,‎ (lire en ligne), p. 64.
  23. a et b La Rédaction, « Doit-on écrire Savoie ou Savoies ? », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne).
  24. L'Obs avec AFP, « Adieu les deux Savoies, bonjour la Savoie Mont-Blanc ? », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  25. Dominique Stich, Parlons francoprovençal : Une langue méconnue, L'Harmattan,‎ , 432 p. (ISBN 978-2-73847-203-8), p. 150.
  26. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Pierre Duparc, « La Sapaudia », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 102, no 4,‎ , p. 371-384 (lire en ligne).
  27. Cyrille Ducourthial, « Géographie du pouvoir en pays de Savoie au tournant de l’an mil », dans Op. cit., p. 207-245 paru dans Christian Guilleré, Jean-Michel Poisson, Laurent Ripart et Cyrille Ducourthial, Le royaume de Bourgogne autour de l'an mil, Université de Savoie, coll. « Sociétés, Religions, Politiques »,‎ , 286 p. (ISBN 978-2915797350).
  28. Les différents actes sont étudiés aussi dans le volume 3 de la thèse de Laurent Ripart, « Les fondements idéologiques du pouvoir des comtes de la maison de Savoie (de la fin du Xe au début du XIIIe siècle) », Université de Nice, 1999, 3 volumes (sous la direction d'Henri Bresc).
  29. Mention faites dans la « donation d'Arbin par l'évêque de Maurienne au monastère de Savigny (1022) », in Revue savoisienne, Académie florimontane, 1867, p.51. Ou encore dans le capitulaire appelé testament de Charlemagne.
  30. Le découpage départemental a déjà été expérimenté au cours des conquêtes napoléoniennes avec le Département du Mont-Blanc entre 1792 et 1815 avec pour chef-lieu Chambéry, puis celui du Léman, entre 1798 et 1815, avec Genève. Organisation partiellement reprise lors de la restauration sarde en 1815 et confirmée à la suite de l'annexion.
  31. a, b et c Guichonnet 2007, p. 49.
  32. AK, « Déception des élus des Pays de Savoie après le refus des Alsaciens de fusionner Haut et Bas-Rhin », sur le site de France 3 Régions,‎ (consulté le 9 juin 2015).
  33. a et b Guichonnet 2007, p. 50.
  34. Xavier Crettiez, Isabelle Sommier, La France rebelle, Éditions Michalon,‎ , 569 p. (ISBN 978-2-84186-178-1), p. 79.
  35. Le Monde.fr avec AFP, « Réforme territoriale : la Savoie et la Haute-Savoie veulent s'unir », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  36. Le Nouvel Observateur avec AFP, « Adieu les deux Savoies, bonjour la Savoie Mont-Blanc ? », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne).
  37. Benoît Brassoud, « L'identité savoyarde : Défense ou recherche d'une identité ? », p. 113, paru dans CISM-LGUS, Cahiers Savoisiens de Géographie, Chambéry, Université de Savoie - CISM-LGUS,‎ (ISSN 1297-4064), chap. 4/2001.
  38. Renaud Dely, « Patrice Abeille, le bourdon de Millon », Libération,‎ (lire en ligne).
  39. Informations sur le rapport de la DIACT - ici [PDF]
  40. Justinien Raymond, La Haute-Savoie sous la IIIe République : histoire économique, sociale et politique, 1875-1940, vol. 1, Édition du Champ vallon,‎ , 1210 p., p. 422.
  41. a et b Claudie Blanc-Eberhart, « Savoie Mont Blanc. La destination crée l’organisation touristique », Revue Espaces, no 303,‎ , p. 28-32.
  42. « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com,‎ (consulté le 9 juin 2015) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2014, .xlsx) ».
  43. Eric Varnay, Patois arpitan et chansons de nos grands-pères savoyards, Romorantin : Éditions CPE, 2011 ISBN 978-2845039384.
  44. [PDF] Étude sur l'ensemble du périmètre de la région Rhône-Alpes, page 34 et suiv. Francoprovençal et occitan en Rhône-Alpes, étude Pilotée par l’Institut Pierre Gardette, université catholique de Lyon, juillet 2009
  45. a et b Danièle Munari, « Formation de l’état-civil en Savoie (p.2) », L'état-civil en Savoie, sur le site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org - sabaudia.org (consulté en août 2014) : « Le premier texte législatif tentant de réglementer l'état civil en Savoie est français. Il s'agit de l'ordonnance de Villers-Cotterets, prise par François 1er en 1539. La Savoie est alors sous domination française (1536-1559). ».
  46. a, b et c Honoré Coquet, Les Alpes, enjeu des puissances européennes : L'union européenne à l'école des Alpes ?, L'Harmattan,‎ , 372 p. (ISBN 978-2-29633-505-9), p. 190.
  47. Adolphe Viani, « Quelques aspects socio-linguistiques des parlers du comté de Nice » in Jérôme Magail et Jean-Marc Giaume (dir.), Le comté de Nice : de la Savoie à l'Europe : identité, mémoire et devenir ; actes du colloque de Nice ; 24 - 27 avril 2002, expositions du 15 avril au 15 mai 2002, Bibliothèque de l'université de Nice, Nice, Serre Éditeur, 2006 (ISBN 9782864104674) p. 155 [lire en ligne]
  48. http://www.fondation-facim.fr/france/DT1243608452/diaporama/Les-chemins-du-baroque-®.html/typeid-15
  49. La Savoie au cinéma, coll. L'histoire en Savoie, revue no 123 de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, septembre 1996, ISSN 0046-7510
  50. Biennale du cinéma espagnol
  51. Festival du film rural de la Biolle
  52. Jean-Robert Pitte, « Delicatessen alpestres », Cochons et cochonnailles : la quête du saint gras, L’Alpe no 42, Automne 2008, p. 8
  53. se reporter aux détails édités dans la revue de Savoie des 1941 à 1947 et de 1956 à 1960 articles écrits par le CT EMILE GAILLARD et D FREPPAZ d'autres nombreux livres traitent de ce sujet sur notre passé et nos traditions vestimentaires
  54. a et b Bernard Demotz, François Loridon, 1000 ans d'histoire de la Savoie : La Maurienne (Volume 2), vol. 2, Cléopas,‎ , 845 p. (ISBN 978-2-9522-4597-5), p. 49.
  55. Jeudy 2006, p. 36-37.
  56. Le Roy Ladurie Julliard 2005, p. 221.
  57. L'annexion de la Savoie à la France. Histoire et commémorations, Silvana,‎ , 192 p., p. 145.
  58. Xavier Crettiez, Isabelle Sommier, La France rebelle, Éditions Michalon,‎ , 569 p. (ISBN 978-2-84186-178-1), p. 81
  59. Lucien Bajulaz, Fillinges et son passé, vol. 1, Académie salésienne,‎ , 1080 p. (ISBN 978-2-9111-0220-2), p. 53.
  60. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine,‎ , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 8, « En 1416 l'érection de la Savoie en duché marque à peu près l'apogée de la puissance du grand état alpin ».
  61. Brice Perrier, « Pour lui, c’était Savoie libre ! », La Voix des Allobroges,‎ (lire en ligne), Article publié dans le numéro 13 de la VDA (été 2007).
  62. Jean Prieur et Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ , 191 p. (ISBN 978-2-8420-6465-5), p. 181-182.
  63. Conférence de Christian Regat aux Amis du Val de Thônes, le 2 décembre 2011, « Saint Maurice et les foires de la Saint-Maurice » (Lire en ligne).
  64. Bernard Demotz, François Loridon, 1000 ans d'histoire de la Savoie : La Maurienne, vol. 2, Cléopas,‎ , 845 p. (ISBN 978-2-9522-4597-5), p. 446.