Diocèse

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Les diocèses dans l'Empire romain, 400 après J.C.

Le diocèse (du latin : diœcesis ou diocesis, qui vient lui-même du grec ancien διοίκησις / dioíkêsis, « administration, gouvernement ») est une circonscription territoriale de l'Empire romain conçue sous Dioclétien, à la fin du IIIe siècle.

Le terme a été adopté par l'Église catholique pour désigner le territoire canonique d'un évêché, qui était initialement appelé paroisse. C'est donc le territoire placé sous la responsabilité d'un évêque. Dans les Églises orthodoxes et les Églises catholiques orientales, on utilise plutôt le mot éparchie : dans les pays slaves orthodoxes sa signification est la même, mais ailleurs, en Grèce notamment, il a acquis une connotation plutôt civile et politique.

Un sens premier : circonscription de l'Empire romain[modifier | modifier le code]

Le dioecesis (ou diœcesis, pluriel ou collectif), dans l'Empire romain tardif (à partir de la Tétrarchie fondée par Dioclétien) est une circonscription administrative regroupant plusieurs provinces et sous la responsabilité d'un vicaire, représentant civil de l'empereur ; le diocèse à son tour se décomposait en provinces. Le diocèse était régi par un vicaire du préfet.

Un sens second dans les Églises[modifier | modifier le code]

Dans le christianisme, le mot désigne le territoire sur lequel s'exerce l'autorité d'un siège épiscopal c'est-à-dire d'un évêque.

De la période apostolique à 1983[modifier | modifier le code]

Les apôtres n'ont pas fondé de diocèse [réf. nécessaire]. Ils ont fondé des Églises, c'est-à-dire des paroisses, en rassemblant des chrétiens et en les plaçant sous la responsabilité d'un évêque pourvu de la succession apostolique.

Dans les Gaules, on trouve les premiers évêques au chef-lieu des anciennes cités gauloises, devenues circonscriptions romaines, puis laissées en déshérence au Bas-Empire[1]. Elles demeurent le territoire presque inchangé des diocèses jusqu'à la départementalisation à l'époque de la Révolution[réf. souhaitée].

C'est le premier concile de Nicée (premier concile œcuménique) qui a confirmé en 325 ce principe territorial que les apôtres avaient établi aux premiers temps de l'Église.[réf. nécessaire]

Dans l'Église catholique depuis Vatican II[modifier | modifier le code]

Dans l'Église catholique, le diocèse est désormais défini comme une Église particulière, placée sous l'autorité d'un évêque. Un diocèse regroupe plusieurs paroisses territoriales. Il existe cependant des régions qu'on disait Pays de nul diocèse (Nullius dioecesis) parce que les paroisses n'y dépendaient d'aucun évêque[2].

Plusieurs diocèses forment une province ecclésiastique ou encore une province métropolitaine, sous la primauté d'un archevêque.

Selon le Code de droit canonique de 1983, qui reprend les termes du concile Vatican II, le diocèse est « la portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu'il en soit, avec la coopération du presbytérium, le pasteur… » (canon 369). La conférence épiscopale précise dans son glossaire : "Diocèse. Peuple chrétien confié à un évêque. Par extension, le territoire correspondant. Le diocèse porte le nom de la ville où réside l'évêque et où se trouve la cathédrale." [3].

Le mot diocèse peut sembler reprendre un caractère profane et désigner simplement un territoire et l'ensemble de sa population, lorsqu'il comprend à la fois des chrétiens et des non-chrétiens. En fait, les évêques avaient aussi la juridiction spirituelle des communautés non chrétiennes qui avaient le droit de résider et de pratiquer leur propre religion dans leur ville, comme les communautés juives, qui relevaient d'une chambre spécialisée de l'Official pour juger en appel du tribunal israélite, des questions matrimoniales ou autres[4].

La signification de cette évolution de sens[modifier | modifier le code]

Attention donc : évêché et diocèse ne sont pas synonymes.

Archevêque : qui est à la tête d'une province ecclésiastique (plusieurs villes).

Evêque : une seule ville. SAUF l'exception du diocèse de Gap et d'Embrun, un évêque pour deux villes.

Le mot « évêché » peut désigner :

  • soit une Église, communauté eucharistique en un lieu donné autour de l'évêque (ex: « l'ange de l'Église de Smyrne »)
  • soit l'institution ou personnalité juridique administrée par le chapitre (ex: « cette terre appartient à l'évêché »)
  • soit la résidence de l'évêque, le bâtiment (ex: « l'évêché roman d'Angers »)
  • soit la ville où il réside (ex: « Dijon fut érigée en évêché ».)
  • soit éventuellement le territoire plus justement dénommé le diocèse[5]. Cette acception du mot «évêché» correspond également aux principautés ecclésiastiques du Saint-Empire romain germanique. Il s'agissait de l'aspect politique et temporel de la gestion de territoires. Ainsi, des princes laïques voire protestants ont pu administrer des évêchés (sans pour autant prendre possession du siège épiscopal correspondant).

Le mot diocèse ne désigne, en principe, qu'un territoire et sa population : et on dira «L'évêque entretient de bonnes relations avec les communautés juive et musulmane de son diocèse», "Saint Martin fonda des paroisses rurales à la périphérie du diocèse de Tours». En fait, dans l'Église catholique romaine, le mot diocèse est depuis très longtemps utilisé pour désigner aussi le siège épiscopal, les églises qui en dépendent, leurs clergés et leurs fidèles[6].

Dans l'Église orthodoxe[modifier | modifier le code]

Dans l'Église orthodoxe, le diocèse n'est pas une Église[7], puisqu'une communauté orthodoxe ne peut se constituer en Église autonome qu'à la condition d'être tout entière contenue dans les frontières géographiques d'un État (alors qu'une partie de la nation peut vivre à l'extérieur des frontières de cet État). C'est le territoire canonique avec sa population sur lequel l'évêque du lieu, chef d'une Église locale ou d’un diocèse, est le seul au nom duquel sont célébrés les offices liturgiques, dispensés les sacrements et assurés les enseignements de l'Église.

Dans les Églises presbytériennes[modifier | modifier le code]

Dans les Églises presbytériennes où l'évêque n'est pas nécessaire comme fondement et garant de la communauté eucharistique, les chrétiens baptisés d'un territoire donnés, pourvu qu'ils soient organisés, constituent d'emblée une Église.

Dans l'Église d'Angleterre et l'Église luthérienne[modifier | modifier le code]

Dans l'Église d'Angleterre, et dans quelques des Églises luthériennes, comme les églises du Danemark, de Norvège, et de Suède, le diocèse a la même signification que dans l'Église catholique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'Histoire des Francs, Grégoire de Tours, ou les Lettres de Sidoine Apollinaire
  2. Collection de décision nouvelles de la jurisprudence, Jean-Baptiste Denizart, 9e édition, tome II, p. 105, V° "Diocèse". Il y avait des paroisses de nul diocèse dans le Morbihan; ses recteurs et ses paroissiens relevaient de la juridiction de l'Abbé de Quimperlé.
  3. Définition du terme diocèse
  4. Le jugement de l'official était lui-même sous appel du Parlement dont les archives contiennent un volumineux contentieux d'annulation de mariages ou de répudiations
  5. Selon la 4e édition du Dictionnaire de l'Académie (1768) : "Évêche : L'étendue, le district d'un diocèse sujet à un évêque. Le terme évêché renferme aussi quelquefois les archevêchés. Se dit aussi de la dignité épiscopale. (Prétendre à l'évêché, aspirer à l'évêché) Dans cette acception, on dit qu'une ville a été érigée en évêché, pour dire qu'on y a établi un nouveau siège épiscopal. Et on appelle évêché toute ville où il y a un siège épiscopal. Il signifie aussi le palais ou la demeure de l'évêque (il est logé à l'évêché, on rebâtit l'évêché)
  6. "Évêque. On nomme évêque, un prélat de premier ordre qui est chargé en particulier de la conduite d'un diocèse pour le spirituel. Dictionnaire de la jurisprudence civile et canonique, Jean-Baptise Denizart, 1775, tome II, page 262, V° Évêque.
  7. Stéphanos, Jolivalt, p. 261 et 263.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Métropolite Stéphanos de Tallinn et de toute l'Estonie et Jean-François Jolivalt, La véritable histoire des orthodoxes d'Estonie, L'Harmattan,‎ (ISBN 978-2336006260)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]