Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

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Carte montrant les chemins contemporains en Europe pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ou pèlerinage de Compostelle est un pèlerinage catholique dont le but est d'atteindre le tombeau attribué à l'apôtre saint Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). C'est un « Chemin semé de nombreuses démonstrations de ferveur, de pénitence, d'hospitalité, d'art et de culture, qui nous parle de manière éloquente des racines spirituelles du Vieux Continent »[1].

Créé et instauré après l'invention des reliques de Jacques de Zébédée au début du IXe siècle, le pèlerinage de Compostelle devient à partir du XIe siècle un grand pèlerinage de la Chrétienté médiévale. Mais c'est seulement après la prise de Grenade en 1492, sous le règne de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle la Catholique, que le pape Alexandre VI déclare officiellement Saint-Jacques-de-Compostelle lieu d'un des « trois grands pèlerinages de la Chrétienté », avec ceux de Jérusalem et de Rome.

Récemment, l'interprétation du sanctuaire catholique subit une évolution doctrinale : le mot « tombeau » a disparu des discours des derniers papes depuis Jean-Paul II. Jean-Paul II parlant du « mémorial de saint Jacques », sans utiliser le mot « reliques » et Benoît XVI disant simplement que la cathédrale Saint-Jacques-de-Compostelle « est liée à la mémoire de saint Jacques ».

Les chemins de Compostelle, qui correspondent à plusieurs itinéraires en Espagne et en France, ont été déclarés en 1987 « Premier itinéraire culturel » par le Conseil de l'Europe. Depuis 2013, ils attirent plus de 200 000 pèlerins chaque année, avec un taux de croissance de plus de 10 % par an. Les pèlerins viennent essentiellement à pied, et souvent de villes proches (demandant peu de jours de marche pour atteindre Santiago). Le Camino francés rassemble les 2/3 des marcheurs, mais les autres chemins « mineurs » connaissent une croissance de leur fréquentation supérieure au chemin traditionnel. Les mois d'été sont les plus fréquentés par les pèlerins, et les pèlerins espagnols y sont majoritaires (les pèlerins d'origine étrangère dominent le reste de l'année).

Historique[modifier | modifier le code]

Statue de Jacques le Majeur dans la cour de l'hôpital Saint-Jacques de Besançon, témoin d'un culte local à saint Jacques, mais sans lien avec Compostelle.

Saint Jacques et l'Espagne[modifier | modifier le code]

Article connexe : Saint Jacques et l'Espagne.

D'après une tradition, l'apôtre Jacques aurait quitté le Proche-Orient au Ier siècle avec pour mission de prêcher la parole du Christ en Occident jusque dans la péninsule Ibérique. De retour en Palestine, il aurait été décapité sur ordre du roi Hérode Agrippa[2] et sa dépouille, recueillie par ses compagnons, portée dans une embarcation. « Guidé par un ange », l'esquif franchit le détroit de Gibraltar avant de s'échouer sur les côtes de Galice. L'emplacement du tombeau aurait été perdu jusqu'au IXe siècle[3].

Les premiers écrits mentionnant la prédication de Jacques en Espagne remontent au Ve siècle (par saint Jérôme (345-420))[N 1]. En 419, saint Augustin soutient lui aussi la thèse de l'évangélisation de l'Espagne par saint Jacques. Mais à la fin du Ve siècle, un ouvrage apocryphe (Histoire du combat apostolique) conteste cette hypothèse indiquant que Jacques aurait évangélisé la Palestine (et non l'Espagne). L'ouvrage, s'il est condamné par le pape Gélase Ier (492-496), reste néanmoins en circulation, et « toléré ». Vers la fin du VIe siècle, le texte est traduit en latin et rediffusé en Occident. D'autres documents diffusés en Orient donnent les lieux d'évangélisation des différents apôtres, sans jamais mentionner l'Espagne pour saint Jacques. De même, son lieu de sépulture indiqué serait en Orient, fluctuant entre la Judée, Césarée de Palestine, l'Égypte ou la Libye[4]. Ces textes sont repris au XIIe siècle et incorporés au Codex Calixtinus. En 650, les catalogues apostoliques (publiés en Orient) sont traduits en Occident, mais avec des variantes pour certains apôtres, dont l'Espagne qui est attribuée à saint Jacques (au lieu de la Palestine), mais sa tombe est toujours située en Orient[N 2]. Appuyé par cet écrit, la thèse de l'apostolat de saint Jacques en Espagne s’accrédite définitivement de plus en plus en Occident au début du VIIIe siècle[N 3]. Après la conquête de l'Espagne par les musulmans, et avant la découverte du tombeau, le culte de saint Jacques se développe dans les zones restées sous contrôle des royaumes chrétiens. Ainsi, avant la fin du XIIIe siècle, une fête de Saint Jacques est inscrite au calendrier liturgique espagnol le 25 juillet (elle n'existait pas avant)[5].

La supposée translation des reliques de Jacques en Espagne est rapportée par le Codex Calixtinus qui reprend un document du IXe siècle, la Lettre apocryphe du pape Léon[6] : après sa mort « par l'épée » en Palestine sur ordre du « roi Hérode »[N 4], ses disciples auraient récupéré son corps et l’auraient embarqué sur un navire[N 5] qui, en sept jours, les aurait transportées en Espagne. Ce récit de translation, caractéristique de la littérature hagiographique, est repris dans les compilations ultérieures et s'enrichit au XIIe siècle : après avoir accosté dans le port romain d'Iria Flavia, le corps de Jacques aurait été inhumé dans le temple païen (ou le palais) que la reine Lupa[7],[8], nouvellement convertie, leur avait cédé[9].

Ces traditions, d'après Mgr Duchesne directeur de l'École française de Rome, ne sont fondées sur aucune réalité historique : « de tout ce que l'on raconte sur la prédication de saint Jacques en Espagne, la translation de ses restes et la découverte de son tombeau, un seul fait subsiste : celui du culte galicien. Il remonte jusqu'au premier tiers du IXe siècle et s'adresse à un tombeau des temps romains que l'on crut alors être celui de saint Jacques »[10].

La découverte des reliques[modifier | modifier le code]

D'après la tradition, la redécouverte « miraculeuse » d'un tombeau en Galice est l'œuvre de l'ermite Pelagos (ou Pelagius), ermite vivant dans les bois près de la future ville de Compostelle, vers 813. Celui-ci aurait eu une révélation, durant son sommeil, de l'emplacement du tombeau. Il aurait été guidé par une « pluie d'étoiles » vers le lieu et y aurait découvert un tumulus, lieu nommé depuis campus stellarum (« champ des étoiles »), la légende voulant que ce soit l'origine du nom « Compostelle ». L'ermite en avertit Théodomir, évêque d'Iria Flavia (aujourd'hui une paroisse rurale près de Padrón, qui y découvre en 838 le tumulus, « édicule sépulcral » dans un cimetière d'époque romaine. À la suite de cette révélation mystérieuse et après concertation, l'Église locale déclare qu'il s'agit « du tombeau de l'apôtre Jacques, frère de Jean l'Évangéliste et premier apôtre martyr de la chrétienté ». Aussitôt avisé, le roi Alphonse II y fait édifier une église dédiée à saint Jacques (bâtie à l'emplacement de cette découverte) et abritant ses reliques. D'autres églises seront construites plus tard : une église dédiée à Jean le Baptiste et le monastère de San Pelayo de Antealtares (es). Le roi encourage également le pèlerinage sur le lieu[11],[5]. Il est à noter que les premiers écrits (829, 844 et 854) citant la découverte des reliques ne fournissent aucun détail sur le déroulement de la découverte. Il faut attendre 1077 pour trouver un texte en relatant les conditions[5].

Cette découverte des reliques survient à un moment crucial de l'histoire espagnole : celle de la Reconquista des royaumes musulmans de la péninsule Ibérique par les souverains chrétiens[12].

L'invention du tombeau de saint Jacques, datée du IXe siècle, est rapportée pour la première fois par l'Historia compostelana (en), gesta écrite au XIIe siècle par deux chanoines de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, proches de l'archevêque Diego Gelmírez[13]. Cette eulogie de l'archevêque assure définitivement le culte local de saint Jacques, jusque là contesté, en se faisant l'écho d'une tradition relatée dans le Concordia de Antealtares (en), accord signé en 1077 entre l'évêque de Compostelle, Diego Pelaez et l'abbé du monastère, selon le récit empreint du merveilleux propre au Moyen Âge[14].

Une autre tradition jacobéenne évoque l'invention du tombeau sans la tête (de l'apôtre). La récupération (ultérieure) de la tête de Jacques s'inscrit dans la tradition typique du vol de reliques : vers 1100 lors d'un pèlerinage à Jérusalem, Maurice Bourdin, moine bénédictin d'Uzerche devenu archevêque de Braga, aurait subtilisé la tête de l'apôtre Jacques dans une église de la ville sainte. Celle-ci aurait été rapidement récupérée par l'évêque de Compostelle[15].

Étymologie du lieu[modifier | modifier le code]

Le mot de Santiago est le résultat de la contraction des mots San et Iago (Saint et Jacques en espagnol)[16].

Le mot « Compostelle » ou Compostella a une origine plus incertaine :

  • Une tradition bien répandue fait référence à Campus Stellae ou « champ des étoiles », en référence à la « pluie d'étoiles dans le ciel » vue par l'ermite lors de la découverte de la tombe (d'après la légende)[11],[8].
  • Une autre hypothèse concernant l'origine étymologique du nom de Compostelle serait que celui-ci dérive de compositum tellus, « terre remuée » d'une tombe ou de compostum, « cimetière ». Elle se base sur l'hypothèse de la découverte de la tombe dans un tumulus, un « édicule sépulcral » situé dans un cimetière d'époque romaine. Cette tombe, authentifiée par les autorités religieuses comme étant celle de saint Jacques, aurait ensuite été à l'origine de la légende[17].

Santiago Matamoros[modifier | modifier le code]

Représentation traditionnelle de saint Jacques en Matamore
Peinture montrant saint Jacques combattant les Maures par Giovanni Battista Tiepolo (Musée des beaux-arts, Budapest).

La figure de saint Jacques Matamore (« tueur de Maures ») date de la bataille de Clavijo, qui oppose en 844 le roi des Asturies Ramiro Ier à l'émir de Cordoue Abd al-Rahman II»[18].

Cette légende apparaît tardivement dans l'historiographie castillane. « C’est un chanoine de Saint-Jacques de Compostelle qui, vers 1170, « copie », dit-il, un diplôme de Ramire Ier dans lequel le souverain remercie le saint pour l’intervention miraculeuse qui lui a donné la victoire. »[19]. Le premier à s'y référer est l'évêque Luc de Tuy dans son Chronicon mundi de 1236[20]. Elle raconte que, au plus fort de la mêlée, apparaît un cavalier chevauchant un blanc destrier, portant un étendard blanc frappé d'une croix rouge, qui fend littéralement de son épée les Maures qu'il trouve sur son passage. Toujours selon la légende, la fougueuse apparition donne l'avantage aux combattants chrétiens, qui reconnaissent en elle saint Jacques, le plus « bouillant » des apôtres du Christ, qui est depuis souvent représenté en statue, monté sur un cheval blanc, frappant de son épée un ou plusieurs guerriers musulmans. La tradition (ou la légende), donnent saint Jacques présent sur de nombreux autres champs de bataille, au coté des armées chrétiennes, et leur apportant la victoire contre les troupes musulmanes (Simancas en 939, Coïmbre en 1064, Ourique en 1139, Las Navas de Tolosa en 1212, au Salado en 1340)[21].

On voit dans cet épisode légendaire l'origine du fameux cri de guerre « ¡Santiago, cierra España ! »[21], équivalent espagnol du « Montjoie, saint Denis ! » français ou du « Prény, Prény » lorrain.

Saint Jacques allait être durant toute la Reconquista le symbole et le saint patron de la lutte contre l'Infidèle[21]. Néanmoins, précise Adeline Rucquoi, l'image du « tueur de Maures » ne s’impose que tardivement au XVIe siècle. Elle correspond à une époque durant laquelle l'Espagne des Habsbourg, est confrontée, à « ces avatars du diable que sont les Turcs ottomans, les hérétiques protestants, et les païens du Nouveau Monde »[19].

Un ordre militaire est dédié à saint Jacques : l'ordre de Santiago (Santiago est la contraction de Sant et Iago, soit saint Jacques). Cet ordre est créé vers 1160 pour participer à la Reconquista et non pour la protection des pèlerins comme il est souvent affirmé à tort[16].

Premiers écrits[modifier | modifier le code]

L'ouvrage le plus ancien évoquant le pèlerinage de Saint-Jacques est le Codex Calixtinus qui est daté d'environ 1150.

Il suscite le rassemblement de textes épars dans un manuscrit connu sous le nom de Codex Calixtinus pour assurer la dévotion à l'Apôtre et assure la promotion de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le dernier livre incorporé au Codex Calixtinus est attribué à un moine poitevin, Aimery Picaud. Il y indique sommairement quatre routes en France, les chemins de Paris, de Vézelay, du Puy et d'Arles qui fusionnent pour trois d'entre eux à Ostabat dans les Pyrénées-Atlantiques, puis à Puente la Reina en Espagne, pour former le camino francés[N 6]. Il y détaille les étapes, mais donne aussi des renseignements sur les régions traversées et leurs populations. Ce Livre n'a pratiquement pas été connu en Europe avant son édition (en latin) en 1882. C'est Jeanne Vielliard qui lui a donné le titre de Guide du pèlerin dans sa traduction de 1938. Depuis il est considéré, à tort, comme l'ancêtre des guides des pèlerins contemporains.

Les reliques[modifier | modifier le code]

Si les reliques découvertes au IXe siècle sont « officiellement » reconnues et identifiées par les autorités ecclésiastiques de l’époque comme appartenant à l'apôtre saint Jacques, on ne sait rien des « éléments de preuves » ou des motifs qui ont amené une telle déclaration[22]. En 997, l'émir de Cordoue (Al Mansour), fait une razzia sur la ville qu'il prend et rase complètement, ainsi que la cathédrale. Néanmoins, il préserve le tombeau et les reliques de saint Jacques qu'il considère comme « un grand marabout vers lequel tant de pèlerins affluent ». Ce geste (venant d'un non-chrétien) marquera les mémoires[22],[21].

Ses restes dans la cathédrale auraient été dispersés dans plusieurs reliquaires, jusqu'à ce qu'ils soient tous réunis dans « son tombeau », mentionné pour la première fois à la fin du XVe siècle (dans un Catalogue des reliques). À la fin du XVIe siècle, suite aux attaques répétées du corsaire anglais Francis Drake lors de la guerre anglo-espagnole sur les côtes galiciennes, les autorités compostellanes redoutent qu'il ne mène une attaque sur la ville pour voler les précieuses reliques. Elles décident donc de cacher les reliques en un lieu tenu secret. Mais cette cachette est finalement perdue, et il faudra des fouilles archéologiques complètes sous le chœur de la cathédrale (1878-1879) pour retrouver le tombeau « original » d'où avaient été extraites les précieuses reliques, ainsi que les reliques elles-mêmes, entreposées dans une niche sommaire à un mètre sous le sol de la cathédrale[23].

L'authentification de ces reliques pose question. Une comparaison est faite entre le crâne retrouvé et une partie du crâne prélevée en 1138, et offerte à l'évêque de Atto de Pistoia. Le procès canonique conclut que ces reliques « retrouvées » sont bien les reliques de saint Jacques vénérées à Compostelle depuis le Moyen Âge. Le pape Léon XIII, dans sa bulle Deus Omnipotens du confirme l'authenticité de ces reliques. Très vite des historiens contestent les « fondements historiques de l'apostolat de saint Jacques en Espagne »[N 7], et vont même jusqu'à émettre l'hypothèse que le tombeau découvert en 813, pourrait être le tombeau de l'évêque d'Avila (Priscillien), décapité en 385. Cette thèse et ces débats vont faire couler beaucoup d'encre[24]. Cette hypothèse est combattue par le professeur Isidoro Milan, qui lors d'une fouille en 1988, découvre sous la cathédrale de Compostelle une inscription en caractères grecs, datées du Ier siècle, et faisant référence à un disciple de saint Jacques : Anastase[25] (ce qui du même coup, rendrait « plausible » l'authenticité des reliques jacquaires dans la tombe découverte au IXe siècle).

Débuts du pèlerinage[modifier | modifier le code]

Pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle avec sa besace, son bourdon et sa coquille Saint-Jacques fixée au chapeau, gravure de 1568.

Au cours des Xe et XIe siècle, le culte de saint Jacques est étroitement lié, en Espagne, à la Reconquista.

Compte tenu de la présence musulmane en Espagne et du peu de sécurité des voyageurs, les premiers pèlerins empruntent une route très au nord de la péninsule, parcourant les royaumes chrétiens du nord (cette route deviendra le Camino del Norte). La route en reste néanmoins peu sure, et les populations locales guère amicales[N 8]. Les pèlerins sont soumis à différentes menaces comme les attaques des Normands au Nord, les rezzous des seigneurs musulmans (comme l'attaque de Almanzor en 997 qui rase la ville de Santiago), sans parler des loups ou autres brigands[26]. Par exemple, vers 960, Raymond II, comte de Rouergue est tué par les Sarrasins lors de son pèlerinage[27]. Avec la reconquête et l'extension au sud des royaumes espagnols, une nouvelle route « officielle » se met en place en 1119 : le Camino francés. Après la prise de Jérusalem par les Turcs (au XIe siècle et la difficulté (voire l'impossibilité) pour les pèlerins chrétiens de se rendre à Jérusalem[18], il ne reste plus à la chrétienté européenne que deux grands pèlerinages : Rome et Saint-Jacques, ce qui développe d'autant cette voie de pèlerinage[27].

Les pèlerins avaient pour coutume de rapporter comme témoignage de leur voyage des coquilles de pectens, qu'ils fixaient à leur manteau ou à leur chapeau, d'où le nom de coquilles Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques. La coquille Saint-Jacques était, à l'issue du voyage, le signe qu'un homme nouveau rentrait au pays. Elle deviendra l'un des attributs reconnaissables du pèlerin, avec le bourdon, la besace et le chapeau à larges bords. La coquille fut parfois gravée dans la pierre sur les frontons ou les chapiteaux des églises[N 9].

Sur les chemins de Compostelle qui canalisent les pèlerins, les infrastructures se développent. Si de nombreux éléments (routes, ponts, hôtels[N 10]) sont créés spécifiquement pour répondre aux besoins des pèlerins, ce n'est pas systématiquement le cas, ces axes étant également utilisés pour le commerce et la circulation des personnes[28]. Des abbayes, hôpitaux, et refuges sont ouverts sur les voies de circulations des pèlerins pour leur accueil matériel et spirituel, tant par des ordres monastiques que par des rois ou même des particuliers[29],[N 11].

Âge d'or et déclin[modifier | modifier le code]

Le pèlerinage atteint son apogée au XIIIe siècle, avec plusieurs centaines de milliers de pèlerins chaque année[N 12]. En 1211, le roi Alphonse IX assiste à l’inauguration de la « nouvelle cathédrale », marquant toute l'importance de ce lieu pour le royaume. François d'Assise (alors inconnu) fait lui-même le pèlerinage à Saint-Jacques au début du XIIIe siècle. Si la cité galicienne continue de prospérer jusqu'à la fin du XIVe siècle, divers événements européens vont progressivement tarir le flot des pèlerins[30] :

  • les épidémies de peste noire au XIVe siècle
  • la guerre de Cent Ans en France (avec l'afflux de brigands sur les chemins lors des courtes périodes de trêves).
  • la réforme protestante qui discrédite le « culte des reliques », puis les guerres de religion
  • les conflits entre la France et l'Espagne, qui impactent la circulation des pèlerins (parfois soupçonnés d’espionnage)
  • les complications administratives[N 13] pour les pèlerins mises en place par Louis XIV, qui ira jusqu'à interdire aux sujets de son royaume tout pèlerinage dans un royaume étranger (ce qui de facto interdit le pèlerinage jacquaire).

Les conflits politiques entre la France et l'Espagne, dus aux guerres, ou à des incidents diplomatiques (comme le refus du roi de France de marier son fils à une princesse espagnole, jugée trop jeune), créent des tensions jusque dans la population. Ainsi, un pèlerin du XVIIIe siècle raconte que les pèlerins français étaient parfois obligés de se faire passer pour des sujets du Duché de Savoie pour éviter de se faire rosser par des paysans espagnols un peu exaltés[31]. L'attitude des soldats français durant la guerre napoléonienne quelques décennies plus tard avivera cette amertume.

Si le XVIIIe siècle marque une légère reprise de la pratique du pèlerinage, et si quelques grands personnages[N 14] se font portraiturer en tenue de pèlerins, la « pensée rationaliste des lumière » est de plus en plus critique vis-à-vis du culte des reliques et de la population des pèlerins, considérés comme des gueux, oisifs ou libertins. Malgré les critiques, les difficultés administratives, les fermetures d'hébergements, des pèlerins se rendent toujours à Compostelle[32]. Le tournant du XIXe siècle amène un brutal retour en arrière : la révolution française, la campagne d'Espagne par Napoléon Ier, puis la saisie des biens de l’Église par la république espagnole à partir de 1836 mettent à mal toute la structure d'accueil et d'hébergement des pèlerins. On ne compte ainsi que 40 pèlerins en 1867 pour la fête de l'apôtre saint Jacques dans sa cathédrale[33].

La renaissance[modifier | modifier le code]

Pèlerins arrivant à Salamanque par la via de la Plata

La « redécouverte des reliques » en 1879, puis leur authentification en 1884, relance l'idée de pèlerinage. Ce renouveau démarre au milieu du XXe siècle avec la fondation de la Société des amis de Saint-Jacques-de-Compostelle en 1950, à l'occasion du millénaire du pèlerinage de l'évêque du Puy. En 1965, la ville de Santiago accueille 2,5 millions de visiteurs/pèlerins[33]. En 1982, Jean-Paul II vient en pèlerin à Compostelle et lance un appel à l'Europe à « retrouver les valeurs authentiques qui couvrirent de gloire son histoire ». En 1987, le Conseil de l'Europe déclare les chemins de Saint-Jacques « premier itinéraire culturel européen ». En 1993, le Camino frances est classé Patrimoine mondial de l'UNESCO. En 1989, Jean-Paul II revient à Compostelle pour les quatrième journées mondiales de la jeunesse. Si l'on compte 619 pèlerins en 1985, ils sont presque dix fois plus en 1989 (5 760). En 2010, on dépasse les 200 000 pèlerins[34].

À noter également de nombreuses publications de récits de pèlerinages[N 15], depuis les années 1970, et plusieurs films[N 16] (parfois avec un large succès) qui popularisent le pèlerinage et incitent un public toujours plus large à prendre la route. La multiplication des centres d'hébergements démocratise, pour sa part, l'accès à un public peu randonneur.

Le pèlerinage contemporain[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

S'il est parcouru depuis le IXe siècle par des chrétiens faisant étape dans des monastères, le pèlerinage de Saint-Jacques est également devenu une randonnée pédestre célèbre, où les marcheurs croisent les amateurs d'art roman.

Un chemin de Compostelle est bien identifié en Espagne : le Camino francés qui a été la voie de communication du Nord de l'Espagne très fréquentée après la Reconquista pour favoriser le repeuplement des royaumes du Nord. Cette voie conduisait à Compostelle mais tous ceux qui l'ont empruntée ne sont sans doute pas allés jusqu'en Galice. Des chemins de Saint-Jacques ont été tracés par la Fédération française de randonnée pédestre à partir du début des années 1970. Le premier exemplaire ronéoté du topo-guide du GR 65 pour le tronçon Le Puy - Aubrac date de 1972. Ce chemin de Saint-Jacques est devenu le Sentier de grande randonnée GR 65.

Certains pèlerins réalisent parfois le chemin inverse, après avoir atteint la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, tandis que d'autres vont à Padrón voir l'amarrage de la barque du saint, au cap Finisterre considéré au Moyen Âge comme le bout du monde, voire à Fátima au Portugal.

Les mots les plus fréquemment échangés par les pèlerins sont hola (« bonjour »), buen camino (« bon chemin »), ultreïa (expression latine qui apparaît notamment dans un poème du Codex Calixtinus : « Herru Sanctiagu, Gott Sanctiagu, E Ultreia, e suseia, Deus aia nos » et qui peut se traduire par : « Monseigneur saint Jacques, Bon saint Jacques, allons plus loin, plus haut, Dieu nous aide », ultreïa étant un cri d'encouragement à aller plus loin)[35].

Les évêques français et espagnols, responsables des diocèses traversés au cours du pèlerinage, se retrouvent régulièrement pour réfléchir au sens à donner au Chemin pour tous les pèlerins du XXIe siècle. La première rencontre fut ainsi organisée en 2009 à l'initiative de Mgr Julián Barrio Barrio, évêque de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis 1996[36]. La dernière rencontre entre les évêques français et espagnols s'est déroulée en juillet 2015 à Bayonne. Elle s'est conclue par la publication d'une lettre pastorale qui allait dans le sens d'un renouveau du sens spirituel du pèlerinage[37].

Statistiques de fréquentation du pèlerinage[modifier | modifier le code]

Jacques le Majeur comme un pèlerin par Gil de Siloé
Metropolitan Museum of Art.

Données générales[modifier | modifier le code]

La ville de Saint-Jacques-de-Compostelle reçoit chaque année plus de trois millions de visiteurs[38]. Depuis les années 1990, le pèlerinage de Saint Jacques connait une forte croissance de fréquentation de près de 11 % par an, avec des pics marqués lors des années jacquaires (en moyenne, 100 000 pèlerins en plus que l'année précédente)[39],[40]. À peine 10 000 en 1992, les pèlerins sont 50 000 en l'an 2000, et plus de 200 000 en 2013. Le Bureau d'accueil des pèlerins (Oficina de Acogida de pereginos) fournit une mise à jour mensuelle des statistiques d'arrivée des pèlerins[41].

Les pèlerins se rendent à Santiago à pied ou à vélo, parfois à cheval ou même en fauteuil roulant[N 17]. Des statistiques détaillées[42] sont tenues à jour par ce même Bureau des pèlerins[43].

Répartition par hommes/femmes des pèlerins
(en 2015)
hommes: 55% femmes: 45%Circle frame.svg
  •   hommes: 55%
  •   femmes: 45%
Mode de pèlerinage (en 2015)
à pied: 90% à vélo: 9,5% à cheval: 0,5%Circle frame.svg
  •   à pied: 90%
  •   à vélo: 9,5%
  •   à cheval: 0,5%
Motifs du pèlerinage (en 2015)
religieux (pèlerinage): 38% spirituel: 54% sportif ou autre: 8%Circle frame.svg
  •   religieux (pèlerinage): 38%
  •   spirituel: 54%
  •   sportif ou autre: 8%

Ainsi, en 2015, 262 515 randonneurs-pèlerins y ont été enregistrés, dont 38 % environ dans un but (déclaré) religieux, 54 % pour raison spirituelles, et 8 % pour raisons sportives ou autre[44],[N 18]. Le ratio hommes/femmes est d'environ 55 % d'hommes et 45 % de femmes[N 19]. Le mode de déplacement est majoritairement « à pied » (entre 80 et 90 %)[N 20], et à vélo (10 à 20 %)[N 21]. On note également la présence de quelques pèlerins à cheval (moins de 0,5 % des effectifs), ainsi que quelques pèlerins en fauteuil roulant (de quelques dizaines à une centaine par an)[44].

Origine des pèlerins[modifier | modifier le code]

Chemins empruntés par les pèlerins (en 2015)
Camino Francés: 65,6% Camino Portugués: 16,4% Camino del Norte: 6% Camino Primitivo: 4,4% Via de la Plata: 3,5% Camino Inglés: 3,5% Autres chemins: 0,5%Circle frame.svg
  •   Camino Francés: 65,6%
  •   Camino Portugués: 16,4%
  •   Camino del Norte: 6%
  •   Camino Primitivo: 4,4%
  •   Via de la Plata: 3,5%
  •   Camino Inglés: 3,5%
  •   Autres chemins: 0,5%

Principales villes de départ des pèlerins (en 2015)

Sarria: 25,7% Saint Jean Pied de Port: 11,8% Tui: 5,2% Leon: 4,4% Cebreiro: 4% Ferrol: 3,3% Ponferrada: 3,2% Roncevaux: 2,8% Oviedo: 2,4% Astorga: 2,3% Valença do Minho: 1,5% Autres villes: 27,7%Circle frame.svg
  •   Sarria: 25,7%
  •   Saint Jean Pied de Port: 11,8%
  •   Tui: 5,2%
  •   Leon: 4,4%
  •   Cebreiro: 4%
  •   Ferrol: 3,3%
  •   Ponferrada: 3,2%
  •   Roncevaux: 2,8%
  •   Oviedo: 2,4%
  •   Astorga: 2,3%
  •   Valença do Minho: 1,5%
  •   Autres villes: 27,7%
Principaux pays d'origine des pèlerins (en 2015)
Espagne: 46,6% Italie: 8,4% Allemagne: 7,1% États-Unis: 5,2% Portugal: 4,7% France: 3,8% Grande-Bretagne: 2% Irlande: 2% Canada: 1,6% Corée du Sud: 1,5% Brésil: 1,5% Autres pays: 15,6%Circle frame.svg
  •   Espagne: 46,6%
  •   Italie: 8,4%
  •   Allemagne: 7,1%
  •   États-Unis: 5,2%
  •   Portugal: 4,7%
  •   France: 3,8%
  •   Grande-Bretagne: 2%
  •   Irlande: 2%
  •   Canada: 1,6%
  •   Corée du Sud: 1,5%
  •   Brésil: 1,5%
  •   Autres pays: 15,6%

La fréquentation de tous les chemins augmente d'année en année, mais celle du Camino francés augmente moins vite que les autres, et son importance relative diminue (84 % en 2005, mais 65 % en 2015). La plus grosse progression se fait sur le Camino Portuges (6 % en 2005 à 16 % en 2015), avec un nombre de pèlerins multiplié par 8 en 10 ans (de 5 500 en 2005 à 43 000 en 2015). Le Camino del Norte voit son trafic multiplié par 4 sur la même période (3 800 en 2005 à 15 800 en 2015)[44].

Les villes de départ les plus fréquentes sont surtout des villes proches de Saint-Jacques-de-Compostelle, permettant ainsi de réaliser le pèlerinage en quelques jours[N 22]. Les principales villes de départ sont donc situées à une centaine de km de Santiago, sur les différents chemins (Sarria, Ponferrada, Cebreiro et Astorga sur le Camino francés ; Ferrol sur le Camino engles ). Autre point de départ privilégié : les villes frontières situées sur les chemins de pèlerinage, comme Saint-Jean-Pied-de-Port (premier point de départ hors Espagne) ou Roncevaux[N 23] sur le Camino Francès, ou bien Valença do Minho et Tui[N 24] situés de part et d'autre de la frontière Portugal-Espagne (sur le Camino Portuges). Enfin, nous trouvons de grandes villes régionales (comme Léon ou Oviedo). Les grands pôles de départ situés en France ne rassemblent que peu de pèlerins[N 25] (Arles : 200, Paris : 105, Vézelay : 216, Bayonne : 378), à l'exception du Puy-en-Velay qui comptabilise tout de même 3 578 pèlerins (soit 1,36 %). Le recensement des arrivants révèle également des pèlerins partis au-delà de la France : 2 de Russie, 1 de Finlande, 42 de Pologne, 578 de Hollande[44] ou 2 de Jérusalem[N 26].

L'Espagne fournit le contingent de pèlerins le plus important (46 % en 2015)[N 27], les pays voisin européens fournissent le gros des effectifs (Italie : 8,4 % ; Allemagne 7,1 % ; Portugal 4,7 %, France 3,8 %), avec quelques contingents significatifs de pays éloignés ( États-Unis 5,2 %[N 28] ; Canada 1,6 % : Corée du Sud 1,5 % ; Brésil 1,5 %). Les statistiques 2015 recensent 180 pays différents, y compris des pays du Maghreb et de la péninsule arabique[44].

Période de pèlerinage[modifier | modifier le code]

Cumul mensuel de pèlerins (en 2015)

Les pèlerins arrivent majoritairement en été à Santiago et les mois d'hiver sont les plus creux. Il n'y a cependant pas de trêve hivernale, avec tout de même plusieurs dizaines de pèlerins par jour même en janvier (à comparer aux près de 2 000 pèlerins quotidiens du mois d'août). À noter que les pèlerins espagnols sont majoritaires en juillet et août (60 %), alors que le reste de l'année, ce sont les pèlerins d'origine étrangère qui dominent (de 59 à 70 % en en mai-juin et septembre-octobre)[41].

Le carnet du pèlerin[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

Le carnet de pèlerin est un document qui s'apparente à un passeport et comporte un relevé d'itinéraire. Il a deux fonctions :

  1. permettre à son porteur de justifier de sa qualité de pèlerin donc de bénéficier des avantages accordés à ceux-ci, en particulier l'accès à certains gîtes. Si hors d'Espagne, les gîtes jacquaires acceptent de recevoir des pèlerins sans ce carnet, en Espagne, aucun Albergue de los Peregrinos (Auberge des pèlerins) n'accepte de pèlerins non munis du précieux sésame.
  2. récolter à chaque étape un tampon (sello) et l'indication de la date de passage permettant à son porteur de justifier l'itinéraire parcouru. Cette justification lui permet d'obtenir la Compostela à son arrivée à Compostelle. La condition est d'avoir parcouru au moins les 100 derniers kilomètres à pied (ou 200 km à vélo) et de les avoir fait valider sur leur carnet du pèlerin.

Ce document est connu sous différentes dénominations. L'appellation espagnole est credencial, francisée en crédenciale (mais on trouve d'autres orthographes). En 1998, l'Église de France a défini un carnet de pèlerin spécifique dénommé créanciale qu'elle souhaite remettre en mains propres aux futurs pèlerins. Voir une définition complète : la Créanciale.

Credencial d'un pèlerin du Camino francés.

Obtenir un carnet de pèlerin[modifier | modifier le code]

Le carnet de pèlerin n'est pas obligatoire pour obtenir la Compostela. Il suffit d'une justification de l'itinéraire parcouru qui peut être apportée par exemple sur le carnet de route du pèlerin. Cependant, du fait de l'encombrement des gîtes, il est néanmoins prudent que le pèlerin qui souhaite en bénéficier se procure un carnet.

Il est possible d'obtenir un carnet en faisant appel au Service des Pèlerinages de son diocèse ou à une association locale d'anciens pèlerins. Elles sont nombreuses et une recherche sur un moteur de recherche sur internet permet de les trouver. La plupart des associations les délivrent en échange d'une adhésion, pratique intéressante à la fois pour le pèlerin qui y trouve le plus souvent un espace amical pour sa préparation et pour l'association. Les modèles de carnets des associations reflètent la grande diversité de celles-ci. L'Église donne la créanciale, mais vend un mode d'emploi. Certains prestataires vendent des carnets de pèlerin.

Au tout début de la créanciale, l'identité du pèlerin est précisée. Puis une recommandation aux différentes autorités, civiles et religieuses, est faite avant le départ. Cette recommandation est fournie par l'association, le service ayant procuré la créantiale ou, plus traditionnellement, par la paroisse de laquelle relève le pèlerin.

Les témoignages de pèlerins[modifier | modifier le code]

Le nombre grandissant de pèlerins, et les facilités d'éditions multiplient les publications de mémoires, souvenirs ou autres carnets de routes. Parmi ces écrits, certains thèmes sont récurrents :

Motifs de départ

Même si « tous les gens qui marchent sur le chemin viennent forcément y chercher quelque chose »[45], ce motif du départ est souvent difficile à exprimer pour le pèlerin :

  • F.Desgrandchamps[N 29] déclare « on ne sait pas pourquoi on part, mais un jour, cela s'impose, c'est une évidence »[46].
  • A.Bertrandy[N 30] : « avant de décider de partir vers Compostelle, je pouvais donner cent raisons de me lancer [...] une fois la décision prise, je n'étais plus capable d'en formuler aucune »[47]. « La question du pourquoi est en effet mouvante et le paradoxe du pèlerinage de Compostelle est que, plus on avance, plus la réponse à la question se précise. [...] ce n'est qu'en arrivant à son chevet que celui-ci révèle son mystère et, de la sorte, la raison véritable ne notre voyage [se révèle]. »[48]
  • J-C Rufin[N 31] : « en partant vers Saint-Jacques, je ne cherchais rien et je l'ai trouvé »[49]
  • Yves Duteil : « j'ignore ce que je suis venu chercher, mais je l'ai trouvé »[50]
  • J-M Potdevin[N 32] : « je fais ce chemin pour comprendre pourquoi je fais ce chemin »[51]
Conséquences physiques et psychologiques

J.Clouteau[N 33] indique être revenu avec « une forme physique éblouissante, le cœur solide et les muscles durs »[52]. Si A.Bertrandy fait également le constat qu'il est rentré en meilleur santé et forme physique qu'il n'est parti[53], il note néanmoins que la présence de plusieurs tombes le long du chemin témoignent du fait que certains pèlerins « n'arrivent pas à destination ».

D'après Luc Andrian et Gilles Donada, le chemin de Compostelle pourrait avoir le même but qu'une psychothérapie, il l'appelle le « caminothérapie »[54]. A. Bertrandy abonde en leur sens : « si j'en crois mon expérience personnelle, partagée j'en suis certain par beaucoup, la dimension thérapeutique de ce long voyage est indéniable ». Il ajoute : « ça ne fait plus aucun doute désormais, une paire de solides chaussures et un peu de courage sont bien plus efficaces que des centaines d'heures passées étendue sur un sofa, aussi moelleux soit-il. »[55]. Pour J.Clouteau, ce pèlerinage a changé pour lui « sa vision du monde » : « dans la tête, beaucoup de choses sont remises à leur vrai place » ; il précise : beaucoup d'artifices de notre vie quotidienne dite civilisée paraissent désormais superflus[52].

A.Bertrandy déclare : « Désormais, plus rien ne sera tout à fait comme avant »[56] « je peux revenir chez moi. Ni neuf, ni nouveau, mais plus fort. Sublimé et rayonnant de confiance et de joie »[57]. « Atteindre Compostelle c'est l'apothéose du pèlerin. [...] C'est aussi la mort du pèlerin comme métaphore [...] comme une étape vers une autre aventure de soi. Le prolongement de son chemin personnel avec plus de force, de joie et de confiance. C'est peut-être ça le message de l'Apôtre à nos âmes : Ne te mens pas ! Deviens toi-même ! Sois joyeux ! »[56]. « C'est une expérience qui porte bien au-delà de Santiago. Qui enveloppe de bienveillance. De bienveillance envers autrui et surtout, envers soi-même »[57].

Conversion spirituelle 

Plusieurs pèlerins déclarent avoir fait une rencontre spirituelle (plus ou moins forte). Ainsi, si A. Bertrandy déclare modestement « Sur la route, la Présence emplit tout. [...] Nous n'étions plus rien sur le chemin [...] pourtant tout nous a été donné. »[56], il relate également dans son récit, sa rencontre avec Samuel, un pèlerin qui a fait « une découverte de la foi » sur le chemin. Il décrit Samuel, habité lors de ses retours (il fait le pèlerinage par tronçon chaque année), d'un « calme mystique » qui l'aide à être plus ouvert à sa femme et à ses enfant, ce qui étonne les siens (profondément athées)[58].

Pour sa part, J-M Potdevin n'hésite pas, dans son ouvrage, à témoigner d'une conversion fulgurante, d'une expérience mystique (alors qu'il était agnostique) qu'il compare à une plongée dans la 6e demeure du Château intérieur de Thérèse d'Avila[59].

Le besoin de temps et de solitude

Cette transformation physique et psychologique demande du temps, ainsi comme de nombreux autres pèlerins, J-C Rufin déclare qu'« il faut du temps au pèlerin pour être transformé, cela ne peut se faire en huit jours »[60]. A.Bertrandy pour sa part estime qu'il y a une différence énorme entre le pèlerin qui ne fait que quelques jours de marche (ou une semaine) et celui qui part pour un mois. De même, il estime que celui qui part pour deux ou trois mille kilomètres vivra une expérience beaucoup plus profonde et transformante[61]. G.Trèves qui après avoir fait un premier pèlerinage, repart quelque temps plus tard pour refaire le pèlerinage[N 34] sur neuf mois, aller et retour. Ce second pèlerinage le transforme complètement[62].

En plus du temps, le silence est un élément important de la transformation : « les bienfaits de la marche ne se révèlent vraiment que lorsque l'on est seul »[63].

Les accros du chemin

Un point qui surprend certains pèlerins sur le camino, est la présence de marcheurs qui réalisent pour la énième fois le même pèlerinage. Cette envie de refaire le chemin est raconté par P.Krochmalnik[N 35], qui, une fois rentré chez lui, déclare qu'il ne repartira pas (comme le font d'autres pèlerins) et qu'il « range ses chaussures définitivement ». Mais quelques années plus tard, il note en post-face de son livre « il faut que je refasse le chemin [...] je partirai pour autre chose, mais quoi ? »[64]. J. Clouteau, qui a réalisé de multiples randonnées, affirme : « le virus du voyage ne se guérit pas, le malade finit toujours par repartir »[65].

J-C Rufin conclue son récit ainsi : « c'est une erreur ou une commodité de penser qu'un tel voyage n'est qu'un voyage et que l'on peut l'oublier, le ranger dans une case. Je ne saurais pas expliquer en quoi le chemin agit et ce qu'il représente vraiment. Je sais seulement qu'il est vivant [...] c'est bien pour cela que, d'ici peu je vais reprendre la route. Et vous aussi »[66].

Les itinéraires[modifier | modifier le code]

Sculpture d'une coquille marquant le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle à la chapelle Sainte-Croix de Forbach.

Les chemins de Compostelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chemins de Compostelle.

Villes et monuments traversés[modifier | modifier le code]

Ce monument au Monte do Gozo indique aux pèlerins qu'ils sont bientôt arrivés à destination. Il rappelle également le passage de deux pèlerins célèbres : François d'Assise et Jean-Paul II.
La cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, étape ultime du pèlerinage.

Suivant leurs vœux et leurs possibilités, les pèlerins adaptaient leur itinéraire pour aller prier des corps saints, sans toujours suivre les itinéraires les plus directs. En 1998, la France a demandé à l'UNESCO l'inscription sur la liste du Patrimoine mondial de 71 monuments jugés représentatifs des chemins de Compostelle. Ces monuments et 7 tronçons de GR ont été retenus par l'UNESCO et inscrits comme « Un Bien unique » dénommé « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ».

Les pèlerins empruntant le Camino francés depuis les Pyrénées, passent entre autres par Pampelune entourée de murailles.

Le pèlerinage dans les arts et la littérature[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • Anne Etchegoyen, Compostelle : Du Pays basque à Saint-Jacques (2017)
  • Roger et Patrice Martineau, L'Appel de Saint Jacques (2000-récitant Robert Hossein)

Les pèlerins célèbres[modifier | modifier le code]

Quelques pèlerins célèbres ayant fait le pèlerinage :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mais cette affirmation est récusée par le pape Innocent Ier en 416.
  2. Différents lieux sont indiqués, suivant les ouvrages, dont la « Marmarique », région entre l'Égypte et la Libye.
  3. C'est à dire que l'on commence à retrouver cette affirmation exprimée en différents lieux et documents.
  4. Probablement un des deux rois Agrippa : Agrippa Ier ou Agrippa II.
  5. Une autre légende rapportée par le Codex fait état d'un navire en pierre ou du saint venu de Jérusalem assis sur un rocher traversant les vagues, une explication rationnelle voudrait qu'il s'agisse d'un bateau commercial transportant une cargaison de pierre.
  6. « Il y a quatre routes qui, menant à Saint-Jacques, se réunissant en une seule à Puente la Reina, en territoire espagnol ; l’une passe par Saint-Gilles du Gard, Montpellier, Toulouse et le Somport ; une autre par Notre-Dame du Puy, Sainte-Foy de Conques et Saint-Pierre de Moissac ; une autre traverse Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, Saint-Léonard en Limousin et la ville de Périgueux ; une autre encore passe par Saint-Martin de Tours, Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Jean d’Angély, Saint-Eutrope de Saintes et la ville de Bordeaux. La route qui passe par Sainte-Foy, celle qui traverse Saint-Léonard et celle qui passe par Saint-Martin se réunissent à Ostabat et après avoir franchi le col de Cize, elles rejoignent à Puente la Reina celle qui traverse le Somport ; de là un seul chemin conduit à Saint-Jacques ».
  7. Dont Mgr Louis Duchesne.
  8. Certains auteurs illustrent la « mauvaise réputation des basques » par le massacre de Roland à Roncevaux en 778.
  9. Comme, par exemple, dans l'église paroissiale Saint-Jacques à Perros-Guirec
  10. Comme le pont de Puente la Reina ou celui sur le rio Oja, mais aussi la route de Rabanal à Puerto Marin ou celle à proximité de Nájera. Voir Chemins de Compostelle (2009), p. 206.
  11. Nous pouvons citer par exemple l'abbaye de Moissac ou l'hospice d'Aubrac.
  12. Certaines sources évoquent les chiffres de 200 000 pèlerins à 500 000 pèlerins accueillis dans la cathédrale (chaque année).
  13. Guillaume Manier, en 1726, rapporte également le risque d'être saisi par les forces de l'ordre et envoyé dans les colonies pour les peupler. voir Chemins de Compostelle (2009), p. 58-59.
  14. Comme la Marquise de Pompadour, ou Louis XV.
  15. Nous pouvons citer : Il est un beau chemin semé d'épines et d'étoiles de Jacques Clouteau, Immortelle randonnée de Jean-Christophe Rufin ou compagnons de Compostelle de René Crozet.
  16. Par exemple : Saint-Jacques… La Mecque, ou The Way.
  17. À noter également la mise au point d'une « Randoline » par les associations de pèlerins afin de permettre le déplacement, tracté par un âne, des personnes handicapées. Voir : « description du véhicule », sur Randoline, randoline.com (consulté le 18 janvier 2016).
  18. Ce ratio est assez stables sur les 10 dernières années : environ 40 % de motif religieux (pèlerinage), 50 % de motifs spirituels ou religieux, et moins de 10% pour les autres motifs.
  19. Ces 5 dernières années le pourcentage de femmes progresse passant de 40 % à plus de 45 %, avec un record en 2015 à 47 %.
  20. En 2015 : 90 % de pèlerins à pied.
  21. Si le nombre de cyclistes reste assez stable (entre 20 et 30 000 par an), leur pourcentage diminue passant de 20 % à 10 % en 2015.
  22. Pour obtenir la Compostela, le pèlerin doit avoir fait au minimum 100 km à pied, ou 200 km à vélo. Cette distance peut être réalisée en 3 ou 4 jours par un bon marcheur. La ville de Sarria est située juste à cette distance (25 % des pèlerins de 2015).
  23. Saint-Jean-Pied-de-Port est situé à une étape de marche de l'abbaye de Roncevaux, qui est situé en Espagne, à quelques kilomètres de la frontière.
  24. Ces deux villes sont également situées à quelques jours de marche de Santiago.
  25. À noter la plus grande distance à couvrir, 1 700 km en moyenne et 2 à 3 mois de marche pour un départ de France ; sauf pour Bayonne situé à 900 km environ. Ainsi que les 2400 pèlerins « partis de France » sans précision sur la ville exacte.
  26. En 2014.
  27. Le taux de pourcentage de pèlerins espagnols peut atteindre et dépasser les 70 % lors des années jacquaires. En dehors de ces années particulières, il est stable autour des 50 %.
  28. Après la sortie du film The Way en 2010, le nombre de pèlerins américains a connu une forte hausse.
  29. François Desgrandchamps est parti du Puy en Velay en 2009.
  30. Antoine Bertrandy est parti du Puy en Velay en 2012.
  31. Jean-Christophe Rufin est parti d'Irun en 2010.
  32. Jean-Marc Potdevin est parti de chez et a pris la route du Puy en Velay en 2008.
  33. Jacques Clouteau a fait le pèlerinage en 1990, en partant du Puy en Velay, avec son âne Ferdinand.
  34. Gérard Trèves est parti de chez lui en Savoie, par la route du Puy, faisant l'aller puis le retour à pieds, soit 4 000 km en neuf mois.
  35. Patrick Krochmalnik est parti depuis Nice en 2004.

Références[modifier | modifier le code]

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  7. Lupa, appelée aussi Luparia ; le nom de cette matrone appartenant à l'aristocratie romaine de la région de Lugo évoque la louve alors que Lugo, chef-lieu en Galice, a une étymologie préromaine basée sur le dieu Lug habituellement associé à un chien, là encore une contamination entre les différentes traditions
  8. a et b Gicquel 2003, p. 32.
  9. Jacques Clouteau, Il est un beau chemin semé d'épines et d'étoiles, Les éditions du vieux crayon, , 352 p. (ISBN 978-2-916446-18-9), p. 37.
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  62. Gérard Trèves, Marcher pour apprendre à aimer : Saint-Jacques-de-Compostelle : Témoignage de 4000 km à pied sur le chemin des étoiles, Trèves édition, , 474 p. (ISBN 978-2953582604).
  63. Bertrandy 2015, p. 247.
  64. Patrick Krochmalnik, Voyage du Reve ou Pas à Pas vers Compostelle, Benevent, coll. « Témoignage », , 336 p. (ISBN 978-2756308364), p. 331-334.
  65. Clouteau 2008, p. 349.
  66. Jean-Christophe Rufin, Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi, Chamonix, Guérin, , 259 p. (ISBN 978-2-35221-0610), p. 258-259.
  67. Nompar de Caumont, Chemins de Compostelle : Trois récits de pèlerins partis vers Saint-Jacques 1417- 1726- 1748, Cosmopole, , 227 p. (ISBN 978-2846300438), p. 140.
  68. Nompar de Caumont 2009, p. 192-193.
  69. Nompar de Caumont 2009, p. 194.
  70. Nompar de Caumont 2009, p. 195.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denise Péricard-Méa, Compostelle et cultes de saint Jacques au Moyen Age, Paris, PUF, (ISBN 978-2-13-051082-6)
  • Bernard Gicquel, La Légende de Compostelle, Le Livre de Jacques, Paris, Tallandier, (ISBN 978-2-84734-029-7)
  • Denise Péricard-Méa, Brève histoire du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, Gavaudun, PUF, (ISBN 978-2-910685-33-1)
  • Denise Péricard-Méa, Les Routes de Compostelle, Paris, Gisserot, (réimpr. 2006) (ISBN 9 782877 476720)
  • Louis Mollaret et Denise Péricard-Méa, Dictionnaire de saint Jacques et Compostelle, Paris, Gisserot, (ISBN 978-2-87747-884-7)
  • Père Georges Berson, Avec saint Jacques à Compostelle (ISBN 2-220-05603-1)
  • Ferdinand Soler, Guide pratique du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle (ISBN 2-84454-334-0)
  • Yves Morvan, Une page de l'histoire des chemins de Saint-Jacques en Haute-Auvergne in Vivre en moyenne montagne: Éditions du CTHS, 1995 (ISBN 2-7355-0293-7)
  • Thomas Deswarte, De la destruction à la restauration, Turnhout 2003, p. 106f.
  • (de) Klaus Herbers: Politik und Heiligenverehrung auf der Iberischen Halbinsel. Die Entwicklung des „politischen Jakobus“, in: Politik und Heiligenverehrung im Hochmittelalter, hrsg. Jürgen Petersohn, Sigmaringen 1994, p. 199–202.
  • (en) Jan van Herwaarden: The origins of the cult of St James of Compostela. In: Journal of Medieval History 6, 1980, p. 1–35

Témoignages anciens :

  • Nompar de Caumont, Chemins de Compostelle : Trois récits de pèlerins partis vers Saint-Jacques 1417- 1726- 1748, Cosmopole, , 227 p. (ISBN 978-2846300438).
  • Denise Péricard-Méa (dir.), De la Bohême jusqu'à Compostelle Aux sources de l'idée d'union européenne, préface de Denise Péricard, introduction de Martin Nejedly, Atlantica, coll. « Autour de Compostelle », Biarritz, 2008 (ISBN 978-2-7588-0180-1). Contient : « Le projet du roi Georges de Podebrady (1464) » ; « Le voyage de Léon de Rozmital (1465-1467) ».
  • Denise Péricard-Méa (tr.), De Nuremberg à Grenade et Compostelle Jérôme Münzer, 1493, annotations de la traductrice, Atlantica, Biarritz, 2009.
  • Denise Péricard-Méa (dir.), Récits de pèlerins de Compostelle Neuf pèlerins racontent... '1414-1531), préface d'Ignacio Iñarrea Las Heras, La Louve, Cahors, 2011
  • Jean-Claude Bourlès (éd.), Guillaume Manier, un paysan picard à Saint-Jacques-de-Compostelle (1726-1727), Payot et Rivages, coll. « Petite Bibliothèque Payot-Voyageurs », Paris, 2002, 159 p. (ISBN 2-228-89598-9).
  • René Crozet, pèlerinage en 1982: "compagnons de Compostelle" aux éditions de Gergovie en 1989

Témoignages récents :

  • Jacques Clouteau, Il est un beau chemin semé d'épines et d'étoiles, les éditions du vieux crayon, , 352 p. (ISBN 978-2916446189, lire en ligne)
    pèlerinage avec un âne en 1990
  • Fabien Vagas, Carnet de route - St Jacques de Compostelle - Le Chemin Anglais 121 km à pied sans entraînement, un mini guide pratique et logistique, 2016
  • Alix de Saint-André, En avant, route !, Gallimard, , 307 p. (ISBN 2070128377)
    où elle raconte ses trois voyages à pied vers Saint-Jacques-de-Compostelle
  • Raymond Ricard, "Ultreya, pèlerin!" récit du Camino francès parcouru en 1993 (ISBN 978-2-914651-84-4)
  • Jean-Christophe Rufin, Immortelle randonnée,  éd. Guerin, 2013 (ISBN 978-2-35221-061-0)
  • Huguette Olivier, "De Châlons en Champagne à Compostelle",  éd. Siloë, (ISBN 978-2-908925-27-2)
  • Alain Humbert , " Compostelle vous en pensez quoi?",  éd. Edilivre, (ISBN 978-2-334-07341-7)
  • Jean-Marc Potdevin, Les mots ne peuvent dire ce que j'ai vu : l'expérience mystique d'un business angel, Éditions de l'Emmanuel, , 192 p. (ISBN 978-2353891726).
  • Antoine Bertrandy, Vers Compostelle : Drôles de rencontres, Editions Transboréal, coll. « Voyage en poche », , 300 p. (ISBN 978-2361570880).
  • Anne-Marie Minvielle, Sophie Brissaud et François Desgrandchamps, Compostelle : Recettes du chemin, Editions de la Martinière, coll. « Guisine-gastronomique », , 216 p. (ISBN 978-2732467368).

Ouvrages historiques :

  • Louis Mollaret et Denise Péricard-Méa, Dictionnaire de saint Jacques et Compostelle, Paris, Gisserot, 2006 (ISBN 9 782877 478847).
  • Denise Péricard-Méa et Louis Mollaret, Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial, éd. La Louve, Cahors, 2010, (ISBN 9 782916 488349)
  • Pour les autres ouvrages historiques de Denise Péricard-Méa, spécialiste sur le sujet, voir
Article détaillé : Denise Péricard-Méa.
  • Bernard Gicquel, La Légende de Compostelle, Le Livre de Jacques, Paris, Tallandier, 2003 (ISBN 9 782847 340297).
  • Olivier Cébe, Philippe Lemonnier, Compostelle pour les Nuls, First, 2015 (ISBN 978-2754059053)
  • Adeline Rucquoi, Mille fois à Compostelle. Pèlerins du Moyen Âge, Belles Lettres, 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]