Cantèra

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le chant polyphonique ou plurivocal des Pyrénées *
UNESCO-ICH-blue.svg Inventaire du patrimoine culturel
immatériel en France
Cantèra à l'occasion du Premier Séminaire annuel en ethnomusicologie de la France organisé par l'InOc Aquitaine.
Cantèra à l'occasion du Premier Séminaire annuel en ethnomusicologie de la France organisé par l'InOc Aquitaine.
Domaines Musiques et danses
Pratiques festives
Lieu d'inventaire Nouvelle-Aquitaine
Occitanie (région administrative)
Pyrénées Atlantiques
Hautes-Pyrénées
Béarn
Bas-Adour
Bigorre
Quatres-Vallées
* Descriptif officiel Ministère de la Culture et de la Communication (France)

Quelques généralités[modifier | modifier le code]

Cantèra (à prononcer cantère en français) est un mot occitan de Gascogne, au Sud-Ouest de la France, qui signifie en français, chanterie, 'manie ou besoin de chanter[1].

Ce terme étant quelque peu dépréciatif, et une cantèra étant un moment convivial, nous définirons plutôt la chanterie comme un « Moment de convivialité pendant lequel se réunissent des chanteurs volontaires pour entonner des chants polyphoniques ».

Ce terme est usité surtout dans le Sud-Ouest de la France, principalement Béarn et Bigorre, où la pratique plurivocale est très pratiquée. Les chants sont le plus souvent en occitan, mais il y en a aussi en français, et issus d'un répertoire traditionnel vieux de plusieurs siècles.

La polyphonie pyrénéenne pratiquée en Béarn, Bigorre, Catalogne, Pays basque nord, utilise plusieurs voix différentes, généralement 2 ou 3.

Ces cantèras sont souvent spontanées mais sont également organisées par des associations de manière à perpétuer une pratique ancestrale.

Elles procèdent d'une construction musicale basée sur un cantus firmus auxquels sont appliqués des modèles de consonances implicites mais bien déterminés. Elles rélèvent d'une pensée mélodico-linéaire. Produite en numerus apertus, elles procèdent donc d'une construction humaine interagissant avec des paramètres contextuels (nombre de chanteurs, consommation d'alcool, émulation) et physiologiques[2].

Transmission et valorisation[modifier | modifier le code]

Cette pratique plurivocale est générale dans les espaces d'expression publics ou privés.

La notion communautaire est un facteur essentiel à considérer pour la transmission et la survie de cette pratique. C'est en effet dans les milieux comme la famille, l'Église, la place du village, les restaurants, que cette pratique a survécu.

Que ce soit donc dans un lieu public ou privé, tout le monde peut y prendre part, anciens comme jeunes. Il n'y a pas de restriction de genre, non plus : Hommes et femmes peuvent y participer.

Cela s'explique par le fait d'une transmission dite par "imitation" : Le néophyte doit apprendre en observant et en écoutant, aussi bien les postures et conduites vocales avec la mémorisation des textes, des mélodies pour pouvoir vivre pleinement cette expérience de cantéra.

De nos jours, des outils modernes tels que les Cds et enregistrements en ligne, sur diverses bases de données, permettent de garder une trace de cette pratique. Mais c'est réellement par la confrontation avec les praticiens, aussi bien contemporains que plus anciens, que cet savoir-faire aura su se maintenir. Des espaces de formation tendent à se développer où le formateur devient dès lors un canal de transmission oral mais également un élément-clé pour la médiation écrite.

Cette pratique polyphonique collective est, désormais, inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France, depuis 2009[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire du béarnais et du gascon moderne de Simin Palay, 1961, réédité par le CNRS en 1980
  2. a et b « Fiches de l'inventaire du patrimoine culturel immatériel - Ministère de la Culture », sur www.culturecommunication.gouv.fr (consulté le 28 juin 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Jacques Castéret, "Le chant de la table dans les Pyrénées Gasconnes: ethnomusicologie d'une pratique polyphonique", L'Harmattan, 2009.
  • Jean-Jacques Casatéret, "Petit guide de la polyphonie en Béarne et Bas-Adour", Institut Occitan, 2002, 51p.

Liens externes[modifier | modifier le code]