Angoumois

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Angoumois
(oc) Engolmés

8661790

Drapeau
Drapeau du comté
Blason
Armoiries du comté
Description de cette image, également commentée ci-après
La province de l'Angoumois en 1789.
Informations générales
Statut Comté, puis Duché-pairie
Capitale Angoulême
Langue(s) Français, poitevin, saintongeais, occitan
Religion Catholicisme
Démographie
Population -
Gentilé Angoumoisins
Histoire et événements
866 Création
1790 Dissolution

L'Angoumois est une ancienne province française, qui avait pour capitale Angoulême.

Elle est délimitée selon les époques, par la Saintonge à l'ouest, le Limousin ou la Marche à l'est, le Poitou au nord, et par le Périgord et la Guyenne au sud. Ses habitants étaient les Angoumoisins.

Il correspond à la partie centrale de l'actuel département de la Charente. Il comportait également quelques paroisses et enclaves dans l'actuel département des Deux-Sèvres (Pioussay, Hanc et Bouin, issues du marquisat de Ruffec), de la Haute-Vienne (Oradour-sur-Vayres, Cussac, Dournazac, entre autres) ainsi que de la Dordogne (La Tour-Blanche).

Géographie[modifier | modifier le code]

La province de l'Angoumois au XVIIIe siècle et les communes actuelles.

Historique[modifier | modifier le code]

La France en 1477.

Cette province était établie sur le territoire de la civitas gallo-romaine d'Iculisma, l'actuelle Angoulême[1]. Elle comprenait les pays suivants : Ruffécois, Horte et Tardoire et une partie du Confolentais, et faisait partie, avec le Cognaçais, des possessions de la maison des Valois-Angoulême lorsqu'ils accédèrent au trône de France. D'abord placée sous l'autorité du comte d'Angoulême, elle a progressivement été intégrée, à partir du XVe siècle, à l'administration de la France moderne.

Ses frontières sont variables, comme la plupart des autres provinces, selon que l'on considère ses différentes administrations :

  • le diocèse d'Angoulême, érigé dès le IIIe siècle, limité par ceux de Limoges, de Périgueux, de Saintes et de Poitiers. Il s'étend sur quelques paroisses et hameaux de ces derniers. Il ne semble pas avoir été remanié, depuis son premier établissement, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle[2]. L'évêché d'Angoulême était suffragant de Bordeaux.
  • son gouvernement militaire : après avoir fait partie du gouvernement d'Orléans, il est augmenté du gouvernement de Saintonge, pour ne faire qu'un seul et même gouvernement, gouvernement d'Angoumois et de Saintonge, comprenant un seul gouverneur, un lieutenant général de province, et deux lieutenant de Roi, l'un à Saintes, l'autre à Angoulême. Ils commandaient dans les affaires relevant du service militaire du roi.
  • son gouvernement civil, communément appelé province, qui s'étend sur tout le territoire sujet à la coutume du pays ; il s'agit du bailliage et sénéchaussée[3].Le baillage et sénéchaussée d'Angoumois sera intégré au Présidial d'Angoulême lors de sa création en 1551. Ses appels étaient jugés au Parlement de Paris. Il y avait également une sénéchaussée à Cognac jusqu'à la Révolution. Le présidial de Cognac a quant à lui été supprimé au milieu du XVIIe siècle. Dans l'étendue de la province, on y jugeait selon la coutume d'Angoumois, publiée le , sous 10 titres contenant 121 articles.
  • les gouvernements des deux villes principales : la municipalité d'Angoulême, créée en 1204, sous l'autorité du maire, et la municipalité de Cognac.
  • son administration des finances : elle comprend deux élections, celle d'Angoulême, qui dépend de la généralité de Limoges, et celle de Cognac, qui dépend de la généralité de La Rochelle. L'une et l'autre s'étendent même sur des paroisses ou des hameaux qui ne sont pas de cette sénéchaussée[4]. En matière de finance, les appels ressortissaient de la cour des comptes, de la cour des aides et cour des monnaies de Paris. A partir de 1710, vient s'ajouter la juridiction consulaire, dont les appels étaient jugés au parlement.

Dates clés de son histoire :

En littérature[modifier | modifier le code]

Le terme Angoumois reste longtemps employé dans le langage courant. On le retrouve notamment dans les romans d'Honoré de Balzac. L'Angoumois, d'où sont originaires Lucien de Rubempré et Madame de Bargeton est la toile de fond des première et troisième parties de Illusions perdues (1836-1843) et de la première partie de Splendeurs et misères des courtisanes (1847)[6].

Linguistique[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIIIe siècle l'occitan était parlé partout en Angoumois. La progression du français vers le sud (poitevin-saintongeais, oïl) suite aux repeuplements de la guerre de Cent Ans puis son expansion fit décliner l'aire de locution de la langue d'oc dans la région. C'est actuellement une grosse moitié occidentale dont la langue régionale est le saintongeais tandis que celle orientale - dite Charente occitane - a encore pour langue traditionnelle l'occitan (dialecte limousin).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vigier de la Pile et François Corlieu, Histoire de l'Angoumois. Suivie du recueil en forme d'histoire de ce qui se trouve par écrit de la ville et des comtes d'Angoulême., Paris, Derache (1846, Laffite reprint 2002), 1576, 1760, 160 p. (ISBN 2-86276-384-5, lire en ligne) ;
  • Henri Enjalbert, Aunis, Saintonge, Angoumois, Éd. Horizons de France, 1967 ;
  • Pierre Dubourg-Noves (dir.), Histoire d'Angoulême et de ses alentours, Toulouse, Éditions Privat, coll. « Univers de la France et des pays francophones », , 319 p. (ISBN 2-7089-8246-X, notice BnF no FRBNF35072424, présentation en ligne) ;
  • Jean Combes (dir.) et Michel Luc (dir.), La Charente de la Préhistoire à nos jours (ouvrage collectif), St-Jean-d'Y, Imprimerie Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », , 429 p. (ISBN 2-903504-21-0, notice BnF no FRBNF34901024, présentation en ligne) ;
  • Engoulesme Angoulême au fil de l'histoire, Jacqueline Labregère-Baleix, éd. SAJIC, Angoulême, 1981 ;
  • Une résidence des comtes d’Angoulême autour de l’an mil : Le castrum d’Andone (Villejoubert, Charente). Publication des fouilles d’André Debord (1971-1995), Sous la direction de Luc Bourgeois, 2009, 536 pages couleur, (ISBN 978-2-902685-66-0), Publications du CRAHM. (Accéder à la page).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Buisson et José Gomez de Soto, Les "écolismiens", les santons et les autres. De l'identité de l'Angoumois celtique et gallo-romain, ou de l'usage contemporain des traditions érudites erronées in Dominique Garcia et Florence Verdin (dir.), Terriroires celtiques : Espaces ethniques et territoires des agglomérations protohistoriques d'Europe occidentale, éditions Errance, , 420 p. (ISBN 978-2-87772-219-3), p. 256-260.
  2. Jean Nanglard, « Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, t. I », dans Bulletin et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, t. II-IV, Angoulême, imprimerie Chasseignac, 1892-1894, 683 p. (lire en ligne), p. 25
    Publié sur trois années ; en 1892: p. 1-324, lire en ligne sur Gallica ; en 1893: p. 1-291, lire en ligne sur Gallica ; en 1894: p. 1-66, lire en ligne sur Gallica.
    .
  3. à noter : on a toujours conservé pour les sénéchaussées le nom des provincia romaines, ce qui fait qu'on peut dire que l'Angoumois est une province aussi ancienne que ses voisines.
  4. Vigier de la Pile et François Corlieu, Histoire de l'Angoumois. Suivie du recueil en forme d'histoire de ce qui se trouve par écrit de la ville et des comtes d'Angoulême., Paris, Derache (1846, Laffite reprint 2002), 1576, 1760, 160 p. (ISBN 2-86276-384-5, lire en ligne).
  5. Pierre Dubourg-Noves (dir.), Histoire d'Angoulême et de ses alentours, Toulouse, Éditions Privat, coll. « Univers de la France et des pays francophones », , 319 p. (ISBN 2-7089-8246-X, notice BnF no FRBNF35072424, présentation en ligne), p. 99.
  6. Illusions perdues, première partie et troisième partie, études de mœurs, scènes de la vie de Province, édition Furne, vol.8, p. 28, 47, 70 et 407-14-71-86 et vol. 11, p. 349.

Articles connexes[modifier | modifier le code]