Noisetier

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Corylus

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Feuille de Noisetier à long bec

Corylus (le Noisetier aussi appelé Coudrier), est un genre d'arbres et d'arbustes de la famille des Bétulacées (sous-famille des Coryloïdées) des régions tempérées de l'hémisphère nord. Son fruit s'appelle la noisette. Les noisettes sont particulièrement appréciées de nombreux rongeurs (dont l'écureuil qui les stocke pour l'hiver) et de certains ours. Le noisetier est un arbuste forestier (la noisette pouvant alors être considérée comme un produit forestier non ligneux), mais il est cultivé hors des forêts.

Le noisetier intéresse aussi beaucoup les trufficulteurs car il peut vivre en symbiose avec la truffe (Tuber uncinatum notamment, autre aliment très apprécié des écureuil et des sangliers) et il enrichit les truffières[1].

Histoire, préhistoire[modifier | modifier le code]

Avant d'être un arbuste cultivé et d'ornement, le noisetier est une espèce sauvage ancienne, dont le pollen dans les diagrammes polliniques présente des courbes très irrégulières qui ont été associées à des périodes de déglaciation[2] ou de « mise en lumière » d'un milieu antérieurement boisée (suite à des incendies de forêt, à de violentes tempêtes ou suite à des occupations humaines accompagnant des défrichements (avec ou sans mises en culture).

De telles observations ont été faites par exemple dans le Jura par Richard en 1995 [3], ou encore dans le nord de l'Angleterre, au sud de l'Écosse ou en Irlande par Rackam (1980) dès le Néolithique[4]. Les pics passés de pluies de pollens fossilisées dans les tourbières correspondent d'ailleurs à des pics de pollens d'herbacées remarquait Aaby au Danemark en 1986[5] et/ou de de plantes typiquement héliophiles de milieux ouverts comme Callunaou Pteridium complétait Andersen en 1973[6], pouvant signer des modifications du milieux induites par des troupeaux d'herbivores ou une déforestation d'origine humaine (quand par exemple l'accroissement de la pluie de pollens de Corylus s'accompagne de l'apparition de celle de plantes cultivées (Richard, 1997) ou de traces de pâturage (forte proportion de plantes herbacées selon Andersen, 1988)[7].

Ces traces des pluies polliniques anciennes sont conservées dans les tourbières, mais aussi dans le sol de certaines grottes[8] et les sédiments lacustres (ainsi un sondage palynologique des sédiments du lac de Remoray a montré dans le Doubs une apparition de pollens de céréales (Richard et Ruffaldi, 1996) concomitante à une augmentation de pollens du noisetier.

Habitat[modifier | modifier le code]

C'est une espèce typique des fruticées (où il est alors dominant en phase finale d'évolution[9]) et forêts mixtes ou feuillues (alors en sous-bois assez bien éclairé ou en lisières et clairières forestières[9]). Il apprécie les sols riches.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La protandrie ou la protogynie sont possibles chez cette espèce, avec des variations significatives de durée entre l'ouverture des fleurs femelles et l'émission de pollen chez les variétés protogynes et entre la production de pollen et le moment de réceptivité à la fécondation des fleurs femelles chez les variétés protandres (selon la variété considérée)[10]. Les producteurs cherchent donc à introduire des variétés à longue production de pollen dans leurs plantations[10].

L'étude de « pluies polliniques » montre que sa pollinisation varie considérablement selon son emplacement et notamment selon son environnement lumineux ; elle semble maximale dans les ouvertures (clairières, chablis) de « petite taille »[9]. Les études polliniques montrent qu'il a en Europe fait partie des premières espèces à remonter vers le nord après le recul des glaces. Le nombre de chatons et l'émission de pollen diminuent fortement en zone ombragée[9].

Les fleurs mâles et femelles ne s'ouvrent pas au même moment, ce qui évite théoriquement l'homogamie (en réalité, chez des noisetiers isolés une reproduction homogame est parfois observée, permettant la production de fruits[10]).

Le vent, la pluie, une sécheresse et/ou une gelée tardive ou un sol inadapté peuvent affecter la production, de même que le parasitisme (ex : l'acarien Eriophyes avellanae et/ou le coléoptère Balandius nucum qui peut attaquer les graines mais aussi les feuilles et jeunes pousses) ou certaines phytopathologies[10]. Des haies brise-vent et la présence de prédateurs des parasites peuvent favoriser la production.

Cultures familiales ou commerciales[modifier | modifier le code]

Le lieu de culture de noisetiers s'appelle une noiseraie. Dans les noiseraies, les noisetiers sont conduits en arbre, et donc taillés comme des pommiers de plein vent.

De nombreuses variétés ont été sélectionnées. Ces variétés dérivent presque toutes en Turquie de Corylus avellana (« à graines rondes ») et Corylus maxima (« à graines ovales »). Certaines variétés (ex variétés Badem) produisent des fruits longs de plus de 20 mm. Les teneurs en huiles, protéines et minéraux varient de quelques pourcents selon les variétés[10].

La production annuelle varie considérablement selon les années (plus que du simple au double souvent : ex pour la Turquie : 88 400 tonnes en 1963, mais 195 200 tonnes en 1964 pour retomber à 62 000 tonnes en 1965 puis remonter à 180 000 tonnes en 1966[10].

En 1970, la Turquie était la 1re zone de production avec 246 641 hectares dédiés à cette culture (soit à l'époque environ 60 % de la surface mondiale dédiée à la culture de noisetiers en 1970 puis 70 % à 80 % de la production mondiale en 2005), devant l'Italie puis l'Espagne (23 000 ha de plantations en 1970)[10]. La Turquie reste le premier producteur et exportateur mondial de noisettes. Environ 2 millions de personnes en vivent dans ce pays. Elles sont cultivées sur les bords de la mer Noire au nord-est du pays. D'autres pays producteurs et exportateurs au marché mondial de la consommation sont l'Azerbaïdjan, la Géorgie et les États-Unis (Orégon).

Des souches très productive de noisetiers sont depuis longtemps cultivées avec une multiplication des noisetier faites par des rejets de base (marcottage ou utilisation de drageons) à partir de sujets (âgés d'un ou deux ans, droits, vigoureux et provenant de pieds choisis car en bonne santé et très productifs)[10]. Cette culture est principalement faite en Turquie (qui assurait 60 % environ de la production commerciale mondiale de noisettes à la fin des années 1960[10]. En Turquie, les noisetiers étaient traditionnellement plantés ou replantés dans un terrain sarclé chaque année, par groupes de 6 tiges, chaque groupe étant espacé d'environ 4 à 6 m (selon la richesse du sol). Dans chaque touffes les variétés étaient mélangées de manière à favoriser une bonne fécondation (par exemple avec deux pieds à longue période de pollinisation et quatre pieds d'une variété hautement productive.

Ces noisetiers étaient taillés annuellement, pour aérer la touffe en supprimant des rejets qui tendent à poussent chaque année et en supprimant les rameaux malades ou faiblement vigoureux, et non pour augmenter la fructification. Le noisetier aime les sols riches. Hormis pour les cultures bio qui peuvent bénéficier d'amendements organiques et de cultures de légumineuses, des engrais chimiques peuvent être utilisés (sulfate d'ammoniac, sulfate de potasse)[10],et ont été encouragés[11]. En Turquie, la récolte se fait en aout, d'abord près de la mer, puis de plus en plus en altitude où la maturité est un peu retardée. Vers 1970, en Turquie la récolte se faisait sur pied et avec le réceptacle (bractée encore verte, que l'on laisse ensuite sécher au soleil jusqu'à ce qu'elle se détache facilement), alors qu'en Espagne (autre grand pays producteur)[10]. La noisette doit d'abord se déshydrater jusqu'à ne plus contenir que 12% d'eau (ce qui nécessite quelques jours à plus d'une semaine selon le climat) et peut ensuite être facilement commercialisées et conservée plusieurs mois. Dans les jeunes cultures de noisetiers, l'agroforesterie peut être pratiquée (et l'était traditionnellement) avec des cultures intercalaires, de petit pois ou trèfles (qui enrichissent naturellement le sol en azote) ou de céréales par exemple (maïs en Turquie depuis qu'il a été introduit dans le pays)[10].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Corylus signifie « casque » en latin en référence à la forme de ses cupules (bractées) membraneuses et frangées qui entourent la noisette.

Groupe de trois noisettes jeunes dans leurs involucres
Noisette mûre dans son involucre

Cependant le terme français coudrier, jadis coudre (avec suffixe français -ier, comme dans peuplier, noisetier, etc.), est issu du bas latin *colurus par métathèse, devenu *colrus, puis coudre, sous l'influence possible du gaulois *collos, noisetier[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le noisetier serait une des rares espèces de l'ère secondaire (- 70 millions d'années) à avoir survécu jusqu'à nos jours.
Jadis, le Corylus, était considéré comme une plante magique associée à la magie blanche.

De tout temps le coudrier apparaît dans la littérature si l'on s'en réfère notamment à Virgile : il est dit dans les Bucoliques que les coudriers et les fleuves ont été témoins de la douleur des nymphes occasionnée par la mort de Daphnis. Par ailleurs, dans Tristan et Iseut, l'amour existe à la seule condition que le coudrier puisse s'enlacer au chèvrefeuille. Dans le cas contraire, les deux dépérissent. Le coudrier a toujours été source d'histoires magiques. Il était utilisé pour des incantations par les druides. Il a aussi été utilisé par les sourciers et les chercheurs d'or.
Selon la légende le noisetier était utilisé par les sorcières pour fabriquer leur balai.

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Le genre Corylus compte onze espèces :

Phytopathologies[modifier | modifier le code]

Apple mosaic ilarvirus ou ApMV est le pathogène actuellement le plus important du noisetier, causant une mosaïque sur les feuilles affaiblissant le noisetier (moindre rendement, perte de vigueur) et parmi d'autres pathogènes microbiens on peut citer :

ou encore :

Homonymes[modifier | modifier le code]

D'autres espèces peuvent porter le nom de noisetier sans en être, par exemple

Utilisation[modifier | modifier le code]

  • Pour la production de noisettes
  • Comme matière première dans la vannerie
  • Pour faire les baguettes des sourciers

Pour la santé[modifier | modifier le code]

Son fruit, la noisette, serait un des oléagineux parmi les plus riches en oméga 3 (contre le mauvais cholestérol). Elle serait aussi très riche en vitamine E (contre le vieillissement cellulaire), en fibres (contre le cancer du côlon), en cuivre (contre les rhumatismes et les maladies infectieuses), en fer (contre l'anémie), en magnésium (contre le stress), en phosphore (contre la fatigue intellectuelle) et en vitamine B.

Les écorces et les feuilles auraient des propriétés astringentes et antidiarrhéiques.

L'huile servirait de vermifuge chez les enfants. Au XXe siècle, on l'aurait utilisée en application externe pour soigner les crevasses aux seins.

En revanche, les allergies aux noisettes fraîches ainsi qu'aux inflorescences seraient aujourd'hui relativement répandues.

Symbolique[modifier | modifier le code]

  • Le noisetier est symbole de sagesse et de justice[Où ?].
  • Les Anciens[Qui ?] lui attribuaient de nombreux pouvoirs magiques, dont celui de conférer la fertilité.
  • Toujours pratiqué de nos jours, l'usage d'une branche de noisetier taillée en fourche pour détecter (rhabdomancie) l'eau souterraine remonte à l'époque des Celtes[réf. nécessaire].

Dans le calendrier républicain[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain, le Noisetier était le nom attribué au 27e jour du mois de pluviôse[16].


Références[modifier | modifier le code]

  1. PAargney J.C & Meunier G (2004) Proposition d'un nouveau type de truffière ; Bulletin de l'Académie Lorraine des Sciences 2004, 43 (1-4) Imprimé en France (Printed in France) par Vagner graphic.
  2. Clark J.S, T.J Merk & Muller H (1989) Postglacial fire, vegetation, and Human history on the northern Alpine forelands, south-western Germany. Journal of Ecology, 77, 897-925
  3. Richard H (1995) Analyse de l'anthropisation du milieu à partir de quelques exemples de variations de pollens d'arbres et d'arbustes. L'homme et la dégradation de l'environnement, XVe Rencontres lnternationales d'Archéologie et d'Histoire d'Antibes, eds APDCA, Sophia-Antipolis, 143-159.
  4. Rackam 0 (1980) Ancient woodland its history, vegetation and uses in England. Edward Arnold, London, 402p.
  5. Aaby B (1986) Trees as anthropogenic indicators in regional pollen diagrams from eastern Denmark. In: Geological survey of Denmark, A.A. Balkema (eds), Copenhagen. 73-93.
  6. Andersen S.T (1973) The differential pollen productivity of trees and its significance for the interpretation of a pollen diagram from a forested region. In: Quaternary plant ecology. H.J.B. Birks & R.G. West (eds). Blackwell Scientific Publications, Oxford, 109-115.
  7. Andersen S.T (1988) Changes in cultural practices in the Holocene indicated in a pollen diagram from a small hollow in Denmark. In: The cultural lanscape past, present and future. H. H. Birks, H.J.B. Birks, P.E. Kaland & D. Moe (eds), Cambridge University Press, 394-402.
  8. ex : Leroi-Gourhan A (1959) Résultats de l'analyse pollinique de la grotte d'Isturitz. Bulletin de la Société préhistorique de France, 56(Fasc. 9/10), 619-624.
  9. a, b, c et d Bégeot C (1998) Le comportement pollinique du Noisetier (Corylus avellana), son rôle comme indicateur d'impacts anthropiques? L'exemple d'un transect dans le sud du Jura. Acta botanica gallica, 145(4), 271-279
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Osman Cabi E. (1970) Contribution à l'étude du Noisetier. La culture en Turquie - Comparaison avec l'Espagne. In: Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 17, n°5-6, mai-juin 1970. pp. 155-170; doi : 10.3406/jatba.1970.3059.
  11. Guitton J.L (1978) Recherches et progrès dans la culture du Noisetier en Turquie.
  12. Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, éditions Errance, 1994.
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Petter F (Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes) Schéma de certification pour le noisetier, ref : PM 4/31(1), norme de certification sanitaire de matériel de noisetier (Corylus avellana). version 18-05-2007
  14. Gardan, L., & Devaux, M. (1987). La bactériose du noisetier (Xanthomonas campestris pv. corylina): biologie de la bactérie. EPPO Bulletin, 17(2), 241-250.
  15. Moupela, C., Vermeulen, C., Lebailly, P., Brostaux, Y., & Doucet, J. L. (2010). Étude écologique d'une espèce importante pour l'alimentation des populations forestières: cas du noisetier d'Afrique (Coula edulis) à l'est du Gabon.
  16. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 23.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]