Dominique Voynet

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Dominique Voynet
Illustration.
Dominique Voynet en 2006.
Fonctions
Sénatrice

(7 ans et 4 jours)
Élection 26 septembre 2004
Circonscription Seine-Saint-Denis
Maire de Montreuil

(6 ans et 13 jours)
Prédécesseur Jean-Pierre Brard
Successeur Patrice Bessac
Ministre de l'Aménagement du
territoire et de l'Environnement

(4 ans et 1 mois)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Lionel Jospin
Prédécesseur Jean-Claude Gaudin (Aménagement du territoire)
Corinne Lepage (Environnement)
Successeur Yves Cochet
Députée française

(1 mois et 3 jours)
Circonscription 3e du Jura
Prédécesseur Gilbert Barbier
Successeur André Vauchez
Députée européenne

(27 jours)
Prédécesseur Gilbert Barbier
Successeur André Vauchez
Biographie
Nom de naissance Dominique Marie Denise Voynet
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Montbéliard (Doubs, France)
Nationalité Française
Parti politique Les Verts (1984-2010)
EÉLV (depuis 2010)
Diplômée de Université de Franche-Comté
Profession Anesthésiste, inspectrice générale des affaires sociales

Dominique Voynet, née le à Montbéliard (Doubs), est une femme politique française, membre des Verts puis d’Europe Écologie Les Verts.

Elle est candidate des Verts aux élections présidentielle de 1995 (3,3 %) et de 2007 (1,6 %). Elle est l'une des rares personnalités politiques françaises à avoir siégé dans les trois chambres parlementaires : Assemblée nationale, Sénat et Parlement européen. De 2008 à 2014, elle est maire de Montreuil.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Elle est issue d'une famille d'enseignants.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu son baccalauréat, elle poursuit des études de médecine qu’elle achève à l’âge de 27 ans. Pendant ses études supérieures à la faculté de médecine de Besançon (1977-1982), Dominique Voynet est infirmière de nuit, syndiquée à la CFDT. Elle fait des remplacements de médecins généralistes, puis spécialistes (1981-1985), se syndique au Syndicat de la médecine générale. Son doctorat de médecine en poche, elle devient anesthésiste réanimatrice à l'hôpital de Dole (1985-1989).

Militantisme écologiste[modifier | modifier le code]

Elle commence son militantisme écologique au sein de l'Association belfortaine de protection de la nature, combat les centrales nucléaires de Fessenheim et de Creys-Malville ainsi que la déforestation des Vosges.

Participant aux émissions de Radio ondes rouges, animatrice de Besançon écologie et du collectif Saône vivante-Doubs vivant, elle adhère également à Amnesty International. Son engagement pacifiste et écologiste se poursuit avec son adhésion au Front de lutte antimilitariste (FLAM) et aux Amis de la Terre - France, association qui avait investi le champ électoral et qui était devenue une des principales composantes de l'écologie des années 1970, sous l'impulsion de Brice Lalonde.

Elle fait partie, à Clichy en 1984, des fondateurs du parti Les Verts, né de la fusion du Parti écologiste (auparavant Mouvement d'écologie politique / MEP) et de la Confédération écologiste.

Ascension politique[modifier | modifier le code]

Chef de file des Verts de Besançon en 1985, elle devient députée européenne le 13 novembre 1991. Elle abandonne cette fonction le 10 décembre 1991 et devient alors porte-parole nationale des Verts. Au sein du parti, elle fait partie des animateurs de la tendance « Les Verts pluriel » (1990-1994).

Porte-parole de l'opposition à Antoine Waechter au sein des Verts, elle remporte la victoire sur celui-ci en 1993, lors de l'assemblée générale de Lille où les Verts décident de négocier des alliances électorales de premier tour, à gauche exclusivement. C'est la fin de la théorie du « Ni, ni », qui estimait que les Verts pouvaient s'allier avec l'un ou l'autre camp selon les offres faites. Ce changement de stratégie, et les fortes tensions qui s'ensuivent au sein du mouvement, entraîneront un an plus tard le départ d'Antoine Waechter, qui fonde le Mouvement écologiste indépendant.

En 1992, Dominique Voynet est élue conseillère régionale de Franche-Comté, poste qu'elle quitte en 1994 pour se consacrer à la campagne présidentielle de 1995. Elle est en effet la candidate des Verts mais aussi d'une alliance à la « gauche de la gauche » comprenant l'AREV (un parti héritier du PSU), et la Convention pour une alternative progressiste.

Élection présidentielle de 1995[modifier | modifier le code]

Candidate des Verts à l’élection présidentielle de 1995, elle obtient au premier tour 3,31 % des suffrages (1 010 738 voix). Conformément aux décisions de son parti, elle refuse d'appeler à voter au second tour pour le candidat socialiste, Lionel Jospin.

Ministre puis sénatrice[modifier | modifier le code]

Dominique Voynet en 2005.

Dans le cadre des accords passés entre les Verts et le PS pour les élections législatives françaises de 1997, elle est élue députée de la 3e circonscription du Jura, battant le sortant, Gilbert Barbier (UDF). Elle entre dans le gouvernement de Lionel Jospin, dit de la « Gauche plurielle », comprenant les écologistes et des représentants des différentes formations de la gauche parlementaire. Nommée ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement (poste qu'elle conserve jusqu'en 2001), elle devient ainsi la première ministre issue des Verts dans une équipe gouvernementale en France.

Son passage au ministère de l'Environnement est marqué par l'adoption du Protocole de Kyoto () et par la tenue d'une série de réunions des Nations unies sur le changement climatique, en vue de la mise en œuvre de ce texte. Ainsi, la 6e conférence internationale sur le climat se tient en à La Haye, alors que la France préside l’Union européenne. En tant que chef de la délégation européenne, Dominique Voynet y tient tête aux exigences américaines et se félicite d'avoir évité la conclusion d'« un accord faible »[1].

Elle fait voter la loi du 25 juin 1999 d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire, dite « loi Voynet ». Au titre de la compétence de son ministère dans l'aménagement du territoire, elle négocie des contrats de plan État-régions intégrant des mesures de diversification des modes de transport ou en faveur des énergies renouvelables et de l’agriculture biologique.

La loi sur la chasse qu'elle fait également voter vise notamment à définir les conditions d'un usage partagé des espaces naturels et ruraux entre les chasseurs et les autres usagers. Elle instaure un « jour de non-chasse » et permet à tout citoyen qui le désire de s'opposer à l'inclusion de ses propriétés dans le territoire d'une association communale de chasse agréée, en raison de ses convictions personnelles. Le rôle de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, établissement public de l'État, est renforcé dans le domaine des études et des actions techniques ainsi que de la police de la chasse[2].

L'action gouvernementale de Dominique Voynet est critiquée dans les milieux écologistes, en raison de sa signature de l'autorisation de réalisation du Laboratoire de recherche sur l'enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse)[3]. Elle est également critiquée pour son silence quand le gouvernement Jospin supprime en 2000 la vignette automobile[4], seul impôt de nature écologique.

Elle est enfin critiquée à la suite de l'inscription par le ministre de l'Agriculture d'une variété d'OGM (le Maïs Bt) au catalogue officiel des espèces autorisées à la culture en France. Faisant pression de tout son poids pour limiter les autorisations de cultures OGM, elle obtient pourtant du gouvernement Jospin auquel elle participe que cette forme d'autorisation ne soit accordée qu'à cette seule variété et pour une durée de trois ans. Pour toutes les autres espèces, un moratoire est décidé[5].

Lors de la marée noire consécutive au naufrage de l'Erika, Dominique Voynet déclare qu'il ne s'agit « pas [de] la catastrophe écologique du siècle ». L'évènement ayant causé une grande émotion dans le public, cette remarque lui est aussi beaucoup reprochée[6].

Dominique Voynet ne peut faire aboutir son projet de réforme de la politique de l'eau, préparé depuis mai 1998 et adopté en conseil de ministres le . Elle démissionne du gouvernement le  ; elle est remplacée à son poste de ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement par Yves Cochet.

Elle devient alors secrétaire nationale des Verts, et anime à ce titre les campagnes de 2002, dont celle de la présidentielle, pour laquelle Noël Mamère est le candidat du parti. Dans un contexte difficile, le candidat Vert franchit pour la première fois la barre des 5 % (1 495 673 voix, soit 5,24 %).

À nouveau candidate à la députation dans la 3e circonscription du Jura lors des élections législatives de , elle bénéficie du soutien du PS et du PRG, mais elle est battue au second tour par son adversaire de droite, Jean-Marie Sermier (UMP).

L'assemblée fédérale de Nantes () ayant fait la critique de la fin de la période de participation gouvernementale, elle se retrouve mise en minorité. En , Gilles Lemaire lui succède.

En 2004, elle déclare dans le journal Le Monde qu'elle est en négociation avec le PS pour obtenir un siège sénatorial en Seine-Saint-Denis, négociation menée de son propre chef en dehors des Verts. C'est néanmoins dans le cadre d'accords entre les Verts et le PS, qu'elle est élue sénatrice de ce département[7] à l'instar de Jean Desessard et d'Alima Boumediene-Thiery à Paris. Elle rejoint ainsi au Sénat Marie-Christine Blandin, élue du Nord, jusqu'alors unique sénatrice verte.

Élection présidentielle de 2007[modifier | modifier le code]

Cécile Duflot et Dominique Voynet en 2007.

Candidate à l'investiture pour les Verts à l'élection présidentielle de 2017, Dominique Voynet arrive en tête du premier tour, devant Yves Cochet. Le second tour de la primaire n'ayant pas réussi à la départager d'Yves Cochet (deux voix les séparent, pour une participation de 60,85 %), un nouveau second tour est organisé. Dominique Voynet l’emporte finalement avec une avance de 57 voix sur Yves Cochet.

Candidate officielle des Verts pour l'élection présidentielle de 2007, elle est créditée de quelque 2 % d'intentions de vote par les sondages. Au soir du premier tour, 576 666 suffrages (1,57 %) se portent sur son nom[8]. Elle appelle à voter au second tour pour la candidate du PS, Ségolène Royal.

Maire de Montreuil[modifier | modifier le code]

Dominique Voynet, Mouna Viprey et les candidats de la liste « Montreuil, Vraiment ! » en 2008, à la mairie de Montreuil.

Le , elle annonce sa candidature aux élections municipales de 2008 à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Elle s’oppose au maire sortant, Jean-Pierre Brard, soutenu par le PCF, le PRG et le Parti socialiste (après que celui-ci a hésité entre lui et Dominique Voynet, qui avait demandé son soutien)[9].

À la tête d’liste sur laquelle figurent des dissidents du PS (essentiellement des strausskaniens et des fabiusiens), des écologistes et des personnalités de la société civile, Dominique Voynet fait campagne sans aucun logo de parti politique sur ses affiches. Au premier tour, sa liste arrive en deuxième position, avec 32,5 %, derrière celle de Jean-Pierre Brard (39,4 % des voix). Au second tour, sa liste l’emporte, avec 54,2 % des suffrages[10]. Dominique Voynet est élue maire lors du premier conseil municipal, par 41 voix contre 12 bulletins nuls[11]. Elle devient une des rares femmes à diriger une ville de plus de 100 000 habitants avec Hélène Mandroux (Montpellier), Maryse Joissains-Masini (Aix en Provence), Martine Aubry (Lille), Adeline Hazan (Reims), Valérie Fourneyron (Rouen) et Huguette Bello (Saint-Paul, Réunion).

Elle refuse de démissionner de son mandat de sénatrice, en contradiction avec sa promesse électorale d'être « une maire à plein temps » et avec la position des Verts sur le cumul des mandats[12],[13]. Les médias soulignent que les caractéristiques du scrutin sénatorial font qu'une démission de sa part ferait perdre aux Verts un de leurs cinq sièges au Sénat. Elle maintient toutefois son opposition au cumul des mandats[14]. Elle ne se représente pas au Sénat en 2011[15].

Le , elle annonce qu'elle ne briguera pas un second mandat de maire de Montreuil en mars 2014, dénonçant le comportement de ses opposants à gauche et, de façon plus générale, la « dégradation de la vie politique française »[16],[17],[18]. Plusieurs observateurs politiques pointent une défaite annoncée qui l'aurait persuadée de se retirer[19],[20].

Inspectrice générale des affaires sociales[modifier | modifier le code]

Deux semaines après la fin de son mandat de maire, lors du Conseil des ministres du , Dominique Voynet est nommée inspectrice générale des affaires sociales au tour extérieur[21].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

À l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Au Sénat[modifier | modifier le code]

Au Parlement européen[modifier | modifier le code]

Au niveau local[modifier | modifier le code]

Parti politique[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collection des discours publics - discours - vie-publique.fr. « Copie archivée » (version du 30 septembre 2007 sur l'Internet Archive).
  2. Loi no 2000-698 du 26 juillet 2000.
  3. Décret du 3 août 1999, permettant à l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs d'installer et d'exploiter dans cette commune un laboratoire souterrain destiné à étudier les formations géologiques profondes en vue d'y stocker des déchets radioactifs.
  4. Suppression de la vignette automobile par le gouvernement Jospin en 2000. « Copie archivée » (version du 28 octobre 2007 sur l'Internet Archive).
  5. « Voir sur son site. »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur dominiquevoynet.net.
  6. Archive INA sur la controverse et la vacance du gouvernement au moment de la catastrophe de l'Erika. Elle revient également sur cette période dans son interview au Politic Show.
  7. « Anciens sénateurs Vème République : VOYNET Dominique », sur www.senat.fr.
  8. Déclaration du 25 avril 2007 relative aux résultats du premier tour de scrutin de l’élection du Président de la République, Journal officiel du 26 avril 2007.
  9. Matthieu Ecoiffier, « Montreuil : le PS toujours tiraillé entre Brard et Voynet », sur liberation.fr, (consulté le 5 juin 2017).
  10. Marjorie Corcier, « À Montreuil, Voynet écrase Brard », sur LeParisien.fr, (consulté le 5 juin 2017).
  11. AFP : « Dominique Voynet (Verts) élue maire de Montreuil » « Copie archivée » (version du 19 mars 2012 sur l'Internet Archive).
  12. [PDF] « Statuts et Agrément intérieur », article XVI - A de l'Agrément intérieur (p. 16), disponible sur le site internet des Verts (consulté le 8 avril 2008).
  13. « Cumul : Dominique Voynet se donne le temps de la réflexion »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), NouvelObs.com, 20 mars 2008.
  14. Interview dans l'émission Le Sept dix de France Inter du 3 novembre 2009.
  15. « Voynet renonce au Sénat », sur leparisien.fr, .
  16. « Municipales : Dominique Voynet ne se représente pas à Montreuil », sur leparisien.fr, (consulté le 13 septembre 2016).
  17. Voir sur tempsreel.nouvelobs.com.
  18. Dominique Voynet, « Je ne suis pas candidate à ma réélection à la mairie de Montreuil », sur http://dominiquevoynet.eelv.fr, (consulté le 29 novembre 2013).
  19. Raphaëlle Besse Desmoulières, « À Montreuil, Dominique Voynet reste sa meilleure ennemie », sur lemonde.fr, (consulté le 2 décembre 2013).
  20. Christophe Barbier, « Dominique Voynet en échec politique », sur lemonde.fr, (consulté le 2 décembre 2013).
  21. « Dominique Voynet nommée inspectrice générale des affaires sociales », sur L'Express, .
  22. Nabil Wakim, « Cécile Duflot a décerné la Légion d'honneur à plusieurs membres de son parti », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  23. Décret du 13 juillet 2012, JORF du 14 juillet 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Voynet :
    • L'homme saura-t-il réparer ce qu'il détruit ?, avec Nathalie Kosciusko-Morizet, Forum Libération de Grenoble, sur CD audio chez Frémeaux & Associés, 2008.
    • Voix off, Stock, 2003 (ISBN 2234056179).
    • Qui êtes-vous, que proposez-vous ?, L'Archipel, 2001.
    • L'Eau, numéro 22, Nouvelle Arche de Noé, 2000.
  • Murielle Szac, Dominique Voynet : une vraie nature, Omnibus, 1998.

Liens externes[modifier | modifier le code]