Madiran (AOC)
| Madiran | |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1948 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Sud-Ouest |
| Sous-région(s) | piémont pyrénéen (Armagnac) |
| Localisation | Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées et Gers |
| Climat | océanique dégradé à influence méditerranéenne |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 909 heures (à Pau – Uzein) |
| Sol | molasses |
| Superficie plantée | 964 hectares (en 2024)[1] |
| Cépages dominants | tannat N[note 1] et cabernet sauvignon N |
| Vins produits | rouges |
| Production | 38 824 hectolitres (en 2024)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 ceps/ha[2] |
| Rendement moyen à l'hectare | 40 hl/ha (en 2024)[1] |
| Site web | madiran-pacherenc.com |
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Un madiran[note 2] est un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée produit dans les départements du Gers, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques, dans le vignoble du Sud-Ouest.
Le vignoble désormais d'un peu moins de 1 000 hectares, établi sur des terrains sédimentaires, produit des vins rouges puissants et charpentés. Ils accompagnent la gastronomie régionale, notamment le canard et les viandes en sauce ou grillées.
Histoire
[modifier | modifier le code]À l'époque gallo-romaine, les vignes sont présentes et le vin également, comme en témoignent les vestiges locaux de l'époque, notamment la mosaïque de Taron qui représente une vigne. Le commerce du vin est surtout local. La véritable structuration du vignoble débute avec la fondation du monastère de Madiran en 1030. Des moines de l'abbaye de Marcilhac-sur-Célé (Lot) s'installent et dédient un monastère à Marie. Très vite, la renommée locale du vin de Madiran est assurée par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle empruntant la voie Aire-sur-l'Adour-Lescar, passant par Saint-Mont et Madiran. Il est donc devenu naturellement un vin des pèlerins et un vin de messe. La légende veut que l'occupation du Béarn par le Prince Noir, qui devint en 1360 le prince d'Aquitaine, permit aux Anglais de découvrir le vin de Madiran. Certains le croient alors largement exporté en Angleterre, mais il semble qu'il ait en réalité plutôt été l'objet d'un commerce intense avec les vallées pyrénéennes.
Au début du XVIIe siècle, le prieuré devient la propriété des Jésuites de Toulouse. Les crises du XVIIIe siècle et du XIXe siècle vont freiner son essor. Avec le phylloxéra arrivé dans la zone vers 1895, c'est la quasi-disparition du vignoble. Par la suite, les vignerons replantent avec du tannat, sélectionnent les meilleurs terrains et se regroupent en un syndicat en 1906 et obtiennent d'une commission (créée par le décret du ) une première délimitation restreinte de l'appellation d'origine madiran. Une cave coopérative est fondée à Diusse en 1936. Une demande de nouvelle délimitation est refusée en 1940.
Le madiran (de la ville du même nom) est classé comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du en même temps que le pacherenc du Vic-Bilh[3]. Il est alors exigé un élevage en fût long de 33 mois ; la zone de production (concernant en 1948 un total de 36 communes) chevauche trois départements, le Gers, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. La coopérative de Crouseilles est fondée en 1950. Dans les années 1960, les cabernets sont plantés pour faire partie de l'assemblage[4]. En , la durée d'élevage en fût est réduite à 20 mois[5]. En , la commune de Viella est rajoutée à l'aire d'appellation, l'élevage est réduit à douze mois[6] et Saint-Mont refusée. L'aire d'appellation est de nouveau modifiée en (totalisant désormais 30 communes) et la proportion de tannat dans le vin augmentée (maximum de 60 % ; minimum de 30 % en 1975 puis 40 % en 1980)[7] et (ajout des communes de Gayon, Lasserre, Lembeye, Mascaraàs, Moncla et Monpezat)[8].
Les vignerons de Madiran ont adopté « Janus » (un dieu romain) comme symbole. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié successivement en (commercialisation interdite avec le 1er novembre de l'année suivante)[9], en (rajout de Moncaup pour atteindre les 37 communes)[10], en (l'encépagement en tannat passe d'un maximum de 60 % à 80 % ; création de l'« aire de proximité immédiate », où la vinification est autorisée, comprenant Labarthète, Riscle et Saint-Mont)[11], en [12], en [13], en [14], en (évolution du parcellaire ; Cannet intégrée à Riscle)[15] et en [2].
Vignoble
[modifier | modifier le code]Aire d'appellation
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| Images externes | |
| Carte des communes concernées | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophotos du parcellaire de l'AOC | |
L'appellation est située dans le pays du Vic-Bilh, dans un coude de la rive gauche de l'Adour, aux confins de trois départements : le Gers, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Le pacherenc du Vic-Bilh est un vin blanc produit sur la même aire que le madiran ; il existe en sec ou en moelleux. L'aire d'appellation du madiran concerne un total de 37 communes :
- trois dans le Gers : Maumusson-Laguian, Riscle (pour le territoire de l'ancienne commune de Cannet) et Viella ;
- six dans les Hautes-Pyrénées : Castelnau-Rivière-Basse, Hagedet, Lascazères, Madiran, Saint-Lanne et Soublecause ;
- 28 dans les Pyrénées-Atlantique : Arricau-Bordes, Arrosès, Aubous, Aurions-Idernes, Aydie, Bétracq, Burosse-Mendousse, Cadillon, Castetpugon, Castillon, Conchez-de-Béarn, Corbère-Abères, Crouseilles, Diusse, Escurès, Gayon, Lasserre, Lembeye, Mascaraàs-Haron, Mont-Disse, Moncla, Monpezat, Moncaup, Portet, Saint-Jean-Poudge, Séméacq-Blachon, Tadousse-Ussau et Vialer[2].
Si en 2008 un total de 1 273 hectares étaient déclarés en production[16], la surface en production est descendue à 964 ha en 2024[1].
Géologie et orographie
[modifier | modifier le code]Les sols sont constitués de roches détritiques et sédimentaires. Le relief est constitué des petites vallées du Bergons, du Saget et du Léez, séparées par des collines vallonnées.
Le haut des collines est constitué de sols siliceux à gros galets roulés[17]. Ce terrain chaud et sec draine bien les excès d'eau, la réserve estivale étant contenue dans le sous-sol plus profond.
Les flancs de colline sont des sols argilo-calcaires sur sous-sol de molasse et calcaire[17]. Ce type de sol contient une bonne réserve en eau, mais laisse ruisseler l'excédent.
Le bas des coteaux, en fond de vallée, est représenté par un sol limono-argileux de type boulbène[17]. Ce terroir particulier est peu perméable, donnant une terre en surface humide l'hiver et un sol battant en été.
Climatologie
[modifier | modifier le code]La région est sous l'influence prépondérante du climat océanique de l'océan Atlantique voisin. Toutefois, une tendance continentale agît au nord-est du vignoble[17]. Le climat local donne des hivers doux et des étés chauds. Les précipitations, importantes pour un vignoble, sont bien réparties, au printemps et à l'automne. L'ensoleillement important (1 909 heures par an en moyenne sur 1991-2020 à Pau-Uzein)[18] et les précipitations modérées l'été constituent un élément qualitatif pour la maturité du raisin, à condition que l'orientation et la topographie des parcelles soient aussi favorables[17]. La station météorologique de Maumusson-Laguian (au lieu-dit Tailleurguet, à 164 mètres : 43° 36′ 16″ N, 0° 05′ 48″ O)[19] est représentative de l'aire d'appellation.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 10,6 | 12,1 | 15,7 | 18,2 | 21,8 | 25,3 | 27,4 | 27,8 | 24,7 | 20,4 | 14,2 | 11,3 | 19,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 6,7 | 7,5 | 10,6 | 12,9 | 16,5 | 19,8 | 21,8 | 22 | 18,9 | 15,2 | 10,1 | 7,4 | 14,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | 2,9 | 3 | 5,4 | 7,6 | 11,1 | 14,3 | 16,1 | 16,1 | 13 | 10,1 | 6 | 3,6 | 9,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 8,4 | 7,4 | 2,6 | 0,2 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,5 | 2,8 | 7,3 | 29,2 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 98,2 | 76 | 80,3 | 97,3 | 97,2 | 80,4 | 59,7 | 64,6 | 72 | 81,5 | 114,4 | 99,9 | 1 021,5 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement
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Le décret d'appellation consacre le tannat N[note 1] comme cépage principal et les cabernet franc N (appelé aussi le bouchy), cabernet sauvignon N et fer N (le pinenc) comme cépages accessoires. Le décret précise que le tannat doit représenter entre 40 et 80 % de l'encépagement de l'exploitation. Lors de l'assemblage des cuvées, le tannat doit représenter au moins 50 % du volume[2] ; il n'y a pas de maximum, donc les cuvées 100 % tannat sont autorisées.
Autrefois, l'encépagement régional était composé de manseng noir N, de pinenc, nom local du fer servadou N et du bouchy, nom local du cabernet franc N ; dans les années 1860, le docteur Guyot signale le tannat N comme un cépage nouvellement introduit[21].
Le tannat donne un vin très sombre, très charpenté et acide qui demande du temps pour être apte à être consommé. C'est donc un vin de garde qui se bonifie durant une dizaine d'années. Lors de l'accession à l'appellation d'origine contrôlée, les cépages accessoires ont été agréés pour assouplir les vins de tannat par assemblage, permettant la commercialisation du vin plus tôt.
Pratiques culturales
[modifier | modifier le code]Les vignes doivent être plantées à une densité minimum de 4 000 pieds par hectare, avec au moins 0,80 mètre entre les ceps dans le rang et 2,50 mètres au maximum entre les rangs. Dans le cas de vigne plantée en terrasse, la surface dévolue à chaque pied ne peut excéder 2,5 m2[2].
Le mode de taille de la vigne inclut le guyot, simple ou double, et le cordon de royat. Dans les deux cas, le nombre d'yeux (bourgeons fertiles) ne doit pas excéder quinze. Ce nombre de bourgeons doit être ramené à dix pour le tannat et douze pour les autres après épamprage. Cette opération doit être réalisée avant le stade floraison[2].
La vigne doit être conduite sur un palissage plan dont la hauteur doit dépasser 0,6 fois l'écartement entre les rangs. Les vignes doivent être entretenues, que ce soit sur le plan du traitement contre les maladies ou sur le plan de l'entretien du sol. L'usage des herbicides en hiver est interdit et les tournières[note 3] doivent être enherbées[2]. Le but de ces mesures est de limiter la pollution des sols par les désherbants. Le nombre de ceps morts ou manquants ne doit pas dépasser 15 % de la parcelle. Au-delà, le rendement de cette parcelle est amputé du pourcentage de manquants.
Irrigation
[modifier | modifier le code]L'irrigation est interdite du jusqu'à la récolte. Toutefois, le décret précise qu'elle peut être exceptionnellement autorisée[2]. Dans ce cas, elle est réservée aux conditions particulières de sécheresse d'un millésime et peut avoir lieu du au , ce qui correspond aux stades de développement de la vigne « fermeture de la grappe » (grains formés qui se touchent) et « véraison » (le raisin change de couleur).
Cette autorisation est demandée par l'organisme de défense et de gestion de l'appellation auprès de l'INAO, motivée par des données climatiques et de l'état des vignes qui nécessitent la mesure. Le directeur de l'INAO peut accorder la dérogation après avis du comité régional INAO de Toulouse-Pyrénées. Le viticulteur qui le juge nécessaire s'engage à déclarer les parcelles irriguées avec la surface et le cépage à l'organisme d'inspection, et le matériel d'irrigation ne doit pas être enterré[22].
Récolte
[modifier | modifier le code]La charge maximale en raisin mesurée à la parcelle est limitée à 10 000 kilogrammes, masse ramenée à 9 000 kilogrammes lorsque l'irrigation a été utilisée. Ce raisin ne peut produire plus de 55 hectolitres par hectare[2].
La maturité du raisin est déterminée par sa richesse en sucre afin de prévoir le chantier des vendanges. Le tannat doit comporter au moins 198 grammes de sucre par litre. Pour les autres cépages, 189 grammes par litre suffisent. Cette différence provient de la quantité de polyphénols présents dans le tannat ; en cas de maturité insuffisante, ils confèrent au vin dureté et astringence, préjudiciables à leur appréciation organoleptique. Une fois vinifiés, ces raisins doivent donner un vin dont le titre alcoométrique dépasse 11,5 % volumique[2].
Le début de la récolte est tributaire de la publication du ban des vendanges, date convenue entre les représentants des vignerons et des représentants de l'INAO, en fonction des caractéristiques du millésime[23]. Le raisin peut être récolté à la main ou à l'aide d'une machine à vendanger. La majorité des parcelles sont récoltées mécaniquement, mais quelques vieilles parcelles mal adaptées au passage de la machine sont encore vendangées avec une équipe de vendangeurs. Il est à noter que les coopératives de Crouseilles et de Plaimont préservent, pour raisons qualitatives et sociales, les vendanges à la main du cépage tannat, soit 70 % de leurs surfaces. Le raisin est transporté en remorque ou caissettes de la vigne vers le chai. Les remorques autovidantes par pompe à palette sont interdites[2] : leur vitesse de rotation abîme le raisin.
Vins
[modifier | modifier le code]Volumes
[modifier | modifier le code]En 2008, la production était de 61 738 hectolitres de madiran[16]. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[1] :
| Année | madiran | ||
|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2020 | 1 073 | 41 864 | 39 |
| 2021 | 1 069 | 47 414 | 44 |
| 2022 | 1 064 | 35 146 | 33 |
| 2023 | 976 | 22 424 | 23 |
| 2024 | 964 | 38 824 | 40 |
Vinification et élevage
[modifier | modifier le code]À l'arrivée au chai de vinification, le raisin est éraflé. Cette technique, destinée à empêcher que des éléments indésirables de la grappe ne migrent dans le vin lors de la macération, est obligatoire[2] et se produit juste avant la mise en cuve. Là, le raisin va subir la fermentation alcoolique qui transforme les sucres du raisin en éthanol. La macération entre le moût (jus de raisin) et le marc (pellicules et pépins de raisin), dure généralement au-delà de la fermentation, afin de favoriser une dissolution des polyphénols dans le vin. Cette extraction est favorisée par la température (idéalement autour de 30 °C) et la présence d'alcool. Elle peut varier entre quinze et quarante jours, selon le type de vin recherché et la qualité de la vendange.
La fermentation malolactique se produit ensuite. Sous l'action des bactéries lactiques, l'acide malique, porteur de deux groupes carboxyles, se transforme en acide lactique porteur d'un seul groupe. L'opération fait gagner de la stabilité au vin (suppression du risque que cette fermentation en bouteille produise un pétillement), fait diminuer l'acidité et confère au vin une qualité de dégustation supérieure. Cette fermentation doit avoir lieu avant la commercialisation du vin. Elle s'apprécie par le dosage de l'acide malique : son taux doit être inférieur à 0,4 gramme par litre[2].
L'élevage du vin consiste à le clarifier et favoriser la polymérisation de composés du vin afin d'en affiner les arômes et sensations organoleptiques. L'élevage du madiran doit durer au moins un an puisque le décret précise que la commercialisation ne peut avoir lieu avant le 1er novembre de l'année qui suit celle de la récolte[2]. Dans la réalité, le travail du vin en chai d'élevage peut être beaucoup plus long, notamment pour les cuvées les plus prestigieuses. Ainsi, la cuvée XL (40 en chiffres romains) du château Montus passe-t-elle quarante mois en barrique[24]. Cet élevage se fait généralement en cuve pour les vins destinés à être commercialisés jeunes, plus souvent en barrique pour les vins dont l'élevage nécessite une plus longue durée. La technique du microbullage a été inventée par un vigneron madiranais ; il souhaitait élever ses vins par micro-oxygénation, sans avoir l'aromatisation liée à la barrique. Il a donc mis au point une céramique reliée à une bonbonne d'oxygène pur qui diffuse un petit filet d'oxygène micro-dosé au fond de la cuve[25].
Normes analytiques
[modifier | modifier le code]Après l'élevage nécessaire au type de vin recherché, le vinificateur prépare le conditionnement.
Gastronomie
[modifier | modifier le code]C'est un vin rouge de couleur rubis sombre, charpenté et très tannique. Sa structure tannique est si intense que le madiran est le seul vin qui ne peut être commercialisé sans avoir préalablement passé au minimum douze mois en cave.
Le madiran semble, d'après les recherches scientifiques de R. Corder, le vin rouge qui contient le plus de polyphenols de France[26]. Ces polyphénols sont des procyanidines vasoactives, protégeant le cœur et les vaisseaux sanguins[27].


Le madiran est généralement servi à température ambiante (entre 14 °C et 16 °C. l'excès de chaleur faisant ressortir l'alcool, et la fraîcheur fait ressortir les tanins), il peut être utile de le passer en carafe une heure ou plus avant de le déguster (selon millésimes et la catégorie).
Il existe trois grands types de madiran : les tendances sur le fruit et pouvant être consommés jeunes, les traditions le plus souvent élevés en cuves avec très peu de « boisé » et les cuvées à forte proportion de tannat, sélections de parcelles et élevage plus long en barrique.[réf. nécessaire]
Le madiran jeune met en valeur les viandes grillées, agneau, bœuf, porc, magret de canard… ou confites : canard, oie, porc, cassoulet… Pour les ragoûts, gibiers et daube de cèpes, les vins plus vieux sont mieux adaptés. En fin de repas, ces vins conviennent aux fromages des Pyrénées : tommes de brebis (ossau-iraty notamment), chèvre ou vache[28]. Moins locaux, les cantal ou laguiole sont aussi des choix adaptés.
En cuisine, le madiran est utilisé pour mouiller des viandes en sauce : daube de bœuf ou de sanglier, salmis de palombe locale, civets de gibier… Plus original, il sert aussi à cuisiner le saumon de l'Adour[28].
Économie
[modifier | modifier le code]Liste de producteurs
[modifier | modifier le code]- Aurions Idernes
- Domaine du Crampilh
- Domaine Hourcadet
- Clos Les Mets d'Ames
- Aydie
- Château d'Aydie
- Domaine Damiens
- Domaine Dou Bernès
- Domaine Poujo
- Cannet
- Domaine du Moulié
- Castelnau Rivière Basse
- Château Montus
- Conchez de Béarn
- Domaine Betbeder
- Corbère-Abères
- Château Peyros
- Crouseilles
- Clos de l'Eglise
- Labarthète
- Domaine de Maouries
- Madiran
- Clos Fardet
- Domaine les Pyreneales
- Maumusson-Laguian
- Château Barréjat
- Château Bouscassé
- Domaine Brana
- Domaine Capmartin
- Domaine de Grabiéou
- Domaine Labranche Laffont
- Château Laffitte Teston
- Domaine Monblanc
- Domaine Sergent
- Domaine Tailleurguet
- Moncaup
- Clos Basté
- Riscle
- Château Latreille Sounac
- Saint-Lanne
- Cru du Paradis
- Saint-Mont
- Plaimont Producteurs
- Soublecouse
- Domaine de Barbazan
- Domaine d'Héchac
- Domaine Pichard
- Viella
- Domaine de Bassail
- Domaine Bernet
- Domaine Berthoumieu
- Domaine Laougué
- Château du Pouey
- Château de Viella
Maison des vins de Madiran
[modifier | modifier le code]La maison des vins de Madiran, installée au cœur historique du village qui porte le même nom que l'appellation, ouvre ses portes pendant la période estivale pour permettre à tous ses visiteurs d'en savoir plus sur ces vins ainsi que sur la région Midi-Pyrénées afin de mettre en avant ce patrimoine culturel à travers des dégustations, des rencontres avec des vignerons et autres animations, via une vinothèque les différents cépages qui font le Madiran, comme le tannat, le cabernet sauvignon, mais il est également possible, dans cette démarche œnotouristique, de découvrir des produits gastronomiques locaux, en accord avec les vins.
Le village de Madiran, situé dans le Val d'Adour, dans les Hautes-Pyrénées, a donné son nom à l'appellation, qui regroupe plusieurs villages avoisinants, dont certains se trouvent dans le Gers et les Pyrénées Atlantiques.
Depuis 2015, la maison des vins est partenaire de plusieurs offices du tourisme afin de proposer un programme plus complet en faisant découvrir à la fois l'appellation et la région de Madiran.
Événements
[modifier | modifier le code]Tous les 14 et , la fête du vin de Madiran et du pacherenc du Vic-Bilh a lieu au village du Madiran[29].
En novembre, les domaines du Madiran participent aux portes ouvertes[30].
Figures emblématiques
[modifier | modifier le code]- Alain Brumont, vigneron aux châteaux Bouscassé et Montus, a hissé la notoriété de ses vins au niveau des grands crus bordelais[31] ;
- Patrick Ducourneau, vigneron inventif, est à l'origine de la création du microbullage[32].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine ; mais le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
- ↑ Zone non plantée en bout de rang, destinée à laisser la place aux engins agricoles de tourner.
Références
[modifier | modifier le code]- « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
- « Cahier des charges de l'appellation d'origine protégée « MADIRAN » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 10 juillet 1948 concernant les appellations d'origine « Madiran » et « Pacherenc du Vic Bilh » », publié au JORF du .
- ↑ « madiran & pacherenc du vic-bilh les dates clés », sur madiran-pacherenc.com (consulté le ).
- ↑ « Décret du 23 mars 1962 concernant l'appellation contrôlée « Madiran » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 26 septembre 1966 concernant les appellations contrôlées « Madiran » et « Pacherenc du Vic Bilh » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 28 août 1975 définissant les appellations d'origine contrôlées « Madiran » et « Pacherenc du Vic Bilh » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 10 février 1976 concernant les appellations d'origine contrôlées « Madiran » et « Pacherenc du Vie Bilh » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 25 février 1987 relatif à l'appellation d'origine contrôlée Madiran », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 31 mai 1997 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Madiran » », publié au JORF no 127 du .
- ↑ « Décret n° 2009-1262 du 19 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Fronton », « Madiran », « Montravel », « Côtes de Montravel », « Haut-Montravel », « Pécharmant », « Rosette », « Saussignac », « Côtes du Marmandais » et « Cahors » », publié au JORF no 0244 du .
- ↑ Décret no 2011-1823 du .
- ↑ Décret no 2015-478 du .
- ↑ « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « MADIRAN » » [PDF], homologué par l'arrêté du , publié au JORF le .
- ↑ « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « MADIRAN » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- Le guide hachette des vins 2010, Paris, Hachette, , 1402 p. (ISBN 978-2-01-237514-7), p. 891.
- « Fiche de l'AOC madiran », INAO, (consulté le ).
- ↑ « Fiche 64549001 Pau » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ « 32245001 – MAUMUSSON – TAILLEURGUET » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ « Fiche 32245001 Maumusson » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ Guy Lavignac, Cépages du sud-ouest, 2000 ans d'histoire : Mémoires d'un ampélographe, Rodez/Paris, Éditions du Rouergues, INRA éditions, , 272 p. (ISBN 2-7380-0974-3), p. 71.
- ↑ Article D. 644-23 du code rural sur le site légifrance.gouv.fr consulté le 1er janvier 2010.
- ↑ « Article D 644-24 du code rural, relatif à la », Légifrance.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « Château montus, cuvée XL », sur brumont.fr (consulté le ).
- ↑ « Définition : microoxygénation », Club des amateurs de vins exquis (consulté le ).
- ↑ « Madiran : Nectar de jouvence », Marianne, (lire en ligne).
- ↑ Corder et al. Oenology: red wine procyanidins and vascular health. Nature. 2006 Nov 30;444(7119):566.
- « Cuisiner et boire nos vins de madiran », le site officiel vins.madiran.fr (consulté le ).
- ↑ « 34e édition de la Fête du vin et du village », ladepeche.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Portes ouvertes Madiran & Pacherenc du Vic-Bilh 2016 », sur www.madiran-story.fr (consulté le ).
- ↑ « Montus », La revue du vin de France (consulté le ).
- ↑ « Chapelle Lenclos - Domaine Mouréou », La revue du vin de France (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Francis Brumont, Madiran et Saint Mont : histoire et devenir des vignobles, Biarritz, éditions Atlantica, 1999.
- Colette Ducourneau, « De la construction sociale d'une image du terroir : exemple d'un processus de territorialisation dans l'AOC Madiran-Pacherenc du Vic-Bilh », dans Vignobles et vins en Aquitaine, Pessac, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, , 392 p. (ISBN 978-2-85892-362-5, lire en ligne), p. 279-294.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Les vins des AOC, appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh », sur madiran-pacherenc.com (site de l'ODG des deux appellations).
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Vignoble et vins de Gascogne
- Vic-Bilh
- Vignoble dans les Pyrénées-Atlantiques
- Vignoble des Hautes-Pyrénées
- Vin AOC dans les Hautes-Pyrénées
- Vin AOC dans le Gers
- Gastronomie en région Occitanie
- Vin AOC dans les Pyrénées-Atlantiques
- Vignoble dans le Gers
- Gastronomie dans le Gers
- Gastronomie dans les Hautes-Pyrénées
- Gastronomie dans les Pyrénées-Atlantiques
- Gastronomie béarnaise