Aramis

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Aramis
Personnage de fiction apparaissant dans
Les Trois Mousquetaires.

Aramis arborant sa casaque de mousquetaire. Bazin, son laquais confit en dévotion, est représenté à l'arrière-plan, plongé dans quelque lecture pieuse. Gravure d'Henry Jules de Faxardo, d'après une composition d'Édouard Wattier pour la première édition illustrée du roman d'Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, 1846.
Aramis arborant sa casaque de mousquetaire.
Bazin, son laquais confit en dévotion, est représenté à l'arrière-plan, plongé dans quelque lecture pieuse.
Gravure d'Henry Jules de Faxardo, d'après une composition d'Édouard Wattier pour la première édition illustrée du roman d'Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, 1846.

Nom original René d'Herblay
Alias Aramis (nom de guerre)
chevalier d'Herblay
abbé d'Herblay
Origine France
Sexe masculin
Activité mousquetaire, abbé
Entourage Athos, Porthos, D'Artagnan
Bazin (valet)

Créé par Alexandre Dumas, Auguste Maquet
Première apparition Les Trois Mousquetaires

Aramis est un personnage de fiction créé par Alexandre Dumas dans son roman Les Trois Mousquetaires et inspiré d'Henri d'Aramitz.

L’Aramis d'Alexandre Dumas ne doit, semble-t-il, à celui de l’Histoire (Henri d'Aramitz, dont on ignore les dates de naissance et de mort, Aramits étant un village béarnais), que son nom et l’idée d’une vocation ecclésiastique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aramis, évêque de Vannes dans Le Vicomte de Bragelonne.
Illustration de Philippoteaux gravée par Piaud, 1852.

Le personnage de Dumas se nomme le chevalier d'Herblay, Aramis étant un nom de guerre. Son prénom, René, est mentionné dans Vingt Ans après. Aramis, malgré sa vocation religieuse, ne manque jamais la moindre occasion de jeter le code religieux aux orties : il commande un festin de roi, alors qu'il prépare sa thèse, il « donne un coup de pied à un homme et salue une femme[1] », il traîne dans toutes les intrigues en tout genre (femmes, politique, pouvoir, armée), il n'hésite jamais à tuer, il abuse même ouvertement de ses privilèges d'ecclésiastique (par exemple, dans Vingt Ans après, il fait un discours incendiaire incitant la foule à lapider un noble qui s'est moqué de lui pendant la messe) et se moque de ses devoirs religieux (plus tard, alors qu'il vient d'affronter ce même noble en duel, d'Artagnan lui demande s'il l'a tué, ce à quoi Aramis répond cyniquement : « Je ne sais pas. De toute façon, je lui avais, au préalable, donné l'absolution in articulo mortis »).

Tout au long des trois romans, il devient clair qu'Aramis est un visionnaire qui a compris l'importance du pouvoir religieux. Son ascension dans les rangs des Jésuites sert à lui offrir un pouvoir supérieur à celui du roi en tant que supérieur général de la Compagnie de Jésus : son rôle-clef dans le complot de l'homme au masque de fer (dans Le Vicomte de Bragelonne) le prouve une fois de plus (« À vous la couronne, à moi la tiare. »). Il tente de détrôner Louis XIV pour le remplacer par son frère jumeau : son complot est cependant déjoué par Nicolas Fouquet, qui refuse d'y participer et délivre le roi.

Aramis doit fuir en Espagne, non sans avoir causé la mort de Porthos en le persuadant de participer à ce complot. Dans leur fuite devant les soldats du Roi, Porthos perd la vie enseveli par l'éboulement des rochers de Locmaria, à Belle-Ile-en-Mer. Ce passage est particulièrement important, car il insinue qu'Aramis a pleuré pour la toute première fois de sa vie, en comprenant ce qu'il a fait.

Des années plus tard, Aramis, devenu duc et diplomate en Espagne, est pardonné par Louis XIV au nom des alliances politiques et peut revenir librement à la cour de France. C'est le seul des quatre amis, dans le temps romanesque, à avoir survécu. Le Vicomte de Bragelonne se clôt ainsi par cette phrase mémorable : "Des quatre vaillants hommes dont nous avons raconté l'histoire, il ne restait plus qu'un seul corps : Dieu avait repris les âmes".

Le personnage de Dumas (abbé d'Herblay) tout à la fois ambitionne une carrière dans l'Église et est le plus séducteur des mousquetaires. Dans Le Vicomte de Bragelonne, il devient évêque de Vannes, puis général des Jésuites.

Le Dernier Amour d'Aramis[modifier | modifier le code]

En 1993, un journaliste de L'Express, Jean-Pierre Dufreigne, a écrit un roman dans lequel il imagine la suite des aventures d'Aramis : Le Dernier Amour d'Aramis ou les Vrais Mémoires du chevalier René d'Herblay. Après avoir appris en 1673 la mort de D'Artagnan à Maastricht[2], l'évêque de Vannes organise trois messes funéraires : une pour chacun de ses trois regrettés amis. Puis frappé de cécité, il vit avec la femme qu'il aime et à qui il raconte des éléments méconnus de sa vie.

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Pierre de Guingand interprétant Aramis dans Les Trois Mousquetaires, film d'Henri Diamant-Berger, sorti en 1921.

Le rôle d'Aramis est interprété par :

Hommage[modifier | modifier le code]

L'astéroïde (227962) Aramis, découvert en 2007, est nommé en son honneur[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (dans Vingt Ans après)
  2. En réalité, comme à son habitude, Alexandre Dumas broda. Il avança ainsi de six ans le déclenchement de la guerre franco-hollandaise et de sept années le décès de son héros, de manière à le faire coïncider, à quelques mois près, avec le trépas en janvier 1666, de la reine Mère Anne d'Autriche qui avait tellement compté dans la vie de son héros.
  3. « (227962) Aramis = 2007 HQ14 », sur Centre des planètes mineures

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Aramis âgé, devenu duc d'Alameda et ambassadeur du roi d'Espagne à la fin du Vicomte de Bragelonne.
Illustration de Faria pour le roman de Paul Mahalin, Le fils de Porthos, pastiche dumassien publié en 1884.
  • Simone Bertière, « Le Coadjuteur et son double : Retz inspirateur d'A. Dumas dans la trilogie des Mousquetaires », Travaux de Littérature, no III « Hommage à Noemi Hepp »,‎ , p. 169-177 (ISSN 0995-6794).
  • Isabelle Cani, « Les quatre mousquetaires et les fonctions », Romantisme. Revue du XIXe siècle, SEDES, no 82 « Aventures de la pensée »,‎ 4e trimestre 1993, p. 41-55 (lire en ligne).
  • Yasmina Ferette, « « En garde ! » : le symbolisme de l'épée dans la trilogie des Mousquetaires d'Alexandre Dumas », Les Lettres Romanes, vol. 59, nos 1-2,‎ , p. 35-63 (ISSN 0024-1415, DOI 10.1484/J.LLR.3.112).
  • Michel Guérin (préf. Dominique Fernandez), Les quatre mousquetaires : essai sur la trilogie de Dumas, Monaco, Éditions du Rocher, , 147 p. (ISBN 2-268-01908-X).
  • Jean de Jaurgain, Troisvilles, d'Artagnan et les Trois mousquetaires : esquisses biographiques et héraldiques, suivies d'une notice sur les deux compagnies de mousquetaires et la liste de leurs capitaines, Paris, Éditions Honoré Champion, , 96 p.
    Réédition augmentée et entièrement refondue : Jean de Jaurgain, Troisvilles, d'Artagnan et les Trois mousquetaires : esquisses biographiques et héraldiques, suivies d'une notice sur les deux compagnies de mousquetaires et la liste de leurs capitaines, Paris, Éditions Honoré Champion, , VIII-273 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  • (en) Emily A. McDermott, « The Despair of his Tutor : Latin as Socioeducational Marker in Les Trois Mousquetaires », International Journal of the Classical Tradition, vol. 15, no 1,‎ , p. 29-52 (JSTOR 25691206).
  • Joseph Miqueu, Louis XIII et les mousquetaires : Athos, Portos, Aramis et leur capitaine, Tréville : les campagnes, leurs vies, leurs familles, Navarrenx, Cercle historique de l'Arribère, , 155 p. (ISBN 978-2-918404-34-7).
  • Roxane Petit-Rasselle, « Le Problème du héros dans Les Trois Mousquetaires », The French Review, vol. 84, no 5,‎ , p. 978-990 (ISSN 0016-111X, JSTOR 41151854).
  • Claude Schopp (préf. Alain Decaux), Dictionnaire Alexandre Dumas, Paris, CNRS Éditions, , XXXIII-659 p. (ISBN 978-2-271-06774-6), « Aramis, René, chevalier, puis abbé d'Herblay, puis évêque de vannes, puis duc d'Alméda (né vers 1602-1603) », p. 20-21.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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