Celtes

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Page d’aide sur l’homonymie Cet article a pour sujet la civilisation celtique antique jusqu'à la conquête romaine et la christianisation de l'Irlande. Pour plus d'informations sur les nations celtiques contemporaines, voir l'article Pays celtiques. Pour plus d'informations sur les différents peuples celtes, voir l'article Peuples celtes
La civilisation celte :
  •      Noyau territorial Hallstatt, au VIe siècle av. J.-C.
  •      Expansion celtique maximale, en 275 av. J.-C.
  •      Domaine lusitanien de l'Ibérie où la présence celtique est incertaine
  •      Zones où les langues celtiques restent largement parlées aujourd'hui

Les Celtes étaient un peuple indo-européen de l'âge du fer et de l'Europe médiévale, qui parlait les langues celtiques, et avait des similitudes culturelles[1], bien que la relation et les facteurs culturels dans le monde celtique demeurent incertains et controversés[2]. La répartition géographique exacte des anciens Celtes est également contestée; en particulier, la manière dont les habitants de l'âge de fer de Grande-Bretagne et d'Irlande devraient être considérés comme des Celtes, est devenue un sujet de controverse[3],[4].

L'histoire de l'Europe pré-celtique reste très incertaine. Selon une théorie, la racine commune des langues celtiques, le proto-celtique, est apparue dans la civilisation des champs d'urnes de l'âge du bronze tardif, en Europe centrale, qui a prospéré à partir de 1200 av. J.-C[5]. En outre, selon une théorie proposée au XIXe siècle, les premiers peuples à adopter des caractéristiques culturelles considérées comme celtiques, étaient les peuples de la culture de Hallstatt, de l'âge du fer, en Europe centrale (vers 800-450 av. J.-C.) à Hallstatt, en Autriche[6]. Ainsi, cette zone est parfois appelée la « patrie celtique ». Au cours de la dernière période de La Tène (vers 450 av. J.-C. jusqu'à la conquête romaine), cette culture celtique était censée s'étendre par diffusionnisme ou migration, vers les îles britanniques (Celtes insulaires), la France et les Pays-Bas (Gaulois), la Bohême, la Pologne et une grande partie de l'Europe centrale, la péninsule ibérique (celtibères, celtiques, lusitaniens et gallaeci) et le nord de l'Italie (culture de Golasecca et gaules cisalpines)[7] et, suivant la Grande expédition à partir de 279 av. J.-C., en Anatolie centrale (Galates) dans l'actuelle Turquie[8].

Les premiers exemples directs incontestés d'une langue celtique sont les inscriptions Lépontique qui commencent au VIe siècle av. J.-C[9]. Les langues celtiques continentales sont attestées presque exclusivement par des inscriptions et des noms de lieux. Les langues celtiques insulaires sont attestées à partir du IVe siècle dans les inscriptions Ogham, bien qu'il soit clairement parlé beaucoup plus tôt. La tradition littéraire celtique commence avec les vieux textes irlandais autour du VIIIe siècle. Des textes cohérents de la littérature irlandaise précoce, tels que Táin Bó Cúailnge ("Rafle des Vaches de Cooley"), survivent dans les recensions du XIIe siècle.

Au milieu du 1er millénaire, avec l'expansion de l'Empire romain et la période de migration des peuples germaniques, la culture celtique et les langues celtiques insulaires étaient restreintes à l'Irlande, à l'ouest et au nord de la Grande-Bretagne (Pays de Galles, Écosse et Cornouailles), l'île de Man et la Bretagne. Entre le Ve, et le VIIIe siècle, les communautés de langue celtique de ces régions atlantiques ont émergé comme une entité raisonnablement cohérente culturellement. Ils avaient un héritage linguistique, religieux et artistique commun qui les distinguait de la culture des entités politiques environnantes[10]. Au VIe siècle, cependant, les langues celtiques continentales n'étaient plus largement utilisées.

La culture celtique insulaire, des périodes médiévales et modernes, s'est diversifiée en celle des Gaels (irlandais, écossais et mannois), et des celtes britonniques (gallois, corniques et bretons). Une « identité celtique » moderne a été construite dans le cadre de la renaissance celtique romantique, en Grande-Bretagne, en Irlande, en France (Bretagne) et dans d'autres territoires européens, tels que le Portugal et la Galice espagnole[11]. Aujourd'hui, l'irlandais, le gaélique écossais, le gallois et le breton sont encore parlés dans certaines parties de leurs territoires historiques, et le cornique et le mannois connaissent une renaissance.

Noms et terminologie[modifier | modifier le code]

Stèle celtique de Galicie, IIe siècle :  “APANA·AMBO(-) / LLI·F(ilia)·CELTICA / SUPERTAM(arica) / (castelloMAIOBRI / AN(norum)·XXV· H(ic)·S(ita)·E(st) / APANUS·FR(ater)· F(aciendum)·C(uravit)”

La première utilisation écrite du nom de Celtes - comme Κελτοί - pour désigner un groupe ethnique, a été réalisée par Hécatée de Milet, un géographe grec, en 517 av. J.-C.[12], en parlant d'un peuple vivant près de Massilia (actuelle Marseille)[13]. Au Ve siècle av J.-C., Hérodote se référait aux Keltoi vivant autour de la tête du Danube, et aussi dans l'extrême ouest de l'Europe[14]. L'étymologie du terme Keltoi n'est pas claire. Les racines possibles incluent l'indo-européen *kʲel « cacher » (ou dissimuler) (présent aussi dans le vieil irlandais: ceilid), I.E *kʲel « échauffer » (ou mettre en colère) ou *kel « pousser » [15]. Plusieurs auteurs ont supposé que ce terme était d'origine celtique, tandis que d'autres le considèrent comme un nom inventé par les Grecs. La linguiste Patrizia De Bernardo Stempel tombe dans ce dernier groupe, et suggère le sens "les grands"[16].

Au Ier siècle av. J.-C., Jules César a rapporté que les personnes connues des Romains comme Gaulois (Galli) se sont appelées Celtes[17], ce qui suggère que même si le nom Keltoi a été accordé par les Grecs, il a été adopté dans une certaine mesure comme un nom collectif par les tribus de Gaule. Le géographe Strabon, écrivain sur la Gaule, vers la fin du premier siècle avant J.-C., se réfère à la « race qui s'appelle maintenant à la fois gauloise et galate », bien qu'il utilise également le terme celtique comme synonyme de Gaule, qui est séparée de l'Ibérie par les Pyrénées. Pourtant, il rapporte des peuples celtiques en Ibérie, et utilise également les noms ethniques Celtiberi et Celtici pour les peuples là-bas, à la différence de Lusitani et Iberi[18]. Pline l'Ancien a cité l'utilisation du terme Celtici, en Lusitanie, comme nom de famille tribal[19], ce que les découvertes épigraphiques ont confirmé[20],[21].

Le latin Gallus (pl. Galli) pourrait provenir à l'origine d'un nom ethnique ou tribal celtique, peut-être emprunté en latin, pendant les expansions celtiques en Italie, au début du Ve siècle av. J.-C. Sa racine peut être le proto-celte *Galno, signifiant « puissance, force », d'où le Vieil irlandais « audace, férocité » et gallois « être en position, pouvoir ». Les noms tribaux de Gallaeci, et du grec Γαλάται (Galatai, latinisé Galatae, voir la région de Galatie en Anatolie) ont très probablement la même origine[22]. Le suffixe -atai pourrait être une flexion grecque ancienne[23]. Les auteurs classiques n'appliquaient pas les termes Κελτοί ou Celtae aux habitants de la Grande-Bretagne ou de l'Irlande, ce qui a conduit certains savants, par préférence, de ne pas utiliser le terme pour désigner les habitants de l'âge du fer britannique.

"Celt" est un mot de l'anglais moderne, d'abord attesté en 1707, dans l'écrit d'Edward Lhuyd, dont le travail, avec celui d'autres savants de la fin du XVIIe siècle, a attiré l'attention sur les langues et l'histoire des premiers habitants celtiques de Grande-Bretagne[24]. La forme anglaise "Gaul" (d'abord attestée au XVIIe siècle), et "Gaulish", viennent du français "Gaule" et "Gaulois", emprunt du Franc *Walholant, « terre des étrangers ou des Romains » (voir Gaule#Étymologie), dont la racine proto-germanique est *walha-, "étranger, romain, celte", d'où le mot anglais gallois (vieux anglais wælisċ < *walhiska-, le Welche sud-allemand signifiant "locuteur celtique", "locuteur français" ou "locuteur italien" dans différents contextes, et le vieux norrois valskr, pl. valir, "gaulois, français"). Le proto-germanique *walha, est, en définitive, dérivé du nom des Volcae[25], une tribu celtique qui a vécu primairement dans le sud de l'Allemagne, et en Europe centrale, et a alors émigré en Gaule[26]. Cela signifie que le terme "Gaul", anglais, en dépit de sa similitude superficielle, n'est pas en réalité dérivé du latin Gallia (qui aurait dû produire **Jaille, en français), bien qu'il se réfère à la même région ancienne.

"Celtique" se réfère à une famille de langues et, plus généralement, signifie "des Celtes" ou "dans le style des Celtes". Plusieurs cultures archéologiques sont considérées comme celtiques en nature, basées sur des ensembles uniques d'objets. Le lien entre langage, et l’artefact, est facilité par la présence d'inscriptions[27]. L'idée relativement moderne d'une identité culturelle celtique identifiable ou « Celticité » se concentre généralement sur les similitudes entre les langues, les œuvres d'art et les textes classiques[28], parfois aussi parmi les artefacts matériels, l'organisation sociale, la patrie et la mythologie celtique[29]. Les théories antérieures ont soutenu que ces similitudes suggèrent une origine raciale commune, pour les divers peuples celtiques, mais des théories plus récentes soutiennent qu'elles reflètent un patrimoine culturel et linguistique commun plus qu'un patrimoine génétique. Les cultures celtes semblent avoir été très diverses, l'usage d'une langue celtique étant la principale chose qu'elles ont en commun.

Aujourd'hui, le terme celtique, désigne généralement les langues et les cultures respectives de l'Irlande, de l'Écosse, du pays de Galles, de la Cornouaille, de l'île de Man et de la Bretagne, également connues sous le nom de nations celtiques. Ce sont les régions où les quatre langues celtiques sont encore parlées dans une certaine mesure en tant que langues maternelles. Les quatre sont le gaélique irlandais, le gaélique écossais, le gallois et le breton; plus deux renaissance récentes, le cornique (une des langues brittoniques) et le mannois (une des langues gaéliques). Il y a aussi des tentatives de reconstruction du cambrien, une langue bretonne du nord-ouest de l'Angleterre et du sud-ouest de l'Écosse). Les régions celtiques de l'Europe continentale sont celles dont les résidents revendiquent un héritage celtique, mais où aucune langue celtique n'a survécu; ces zones comprennent la péninsule ibérique occidentale, à savoir le Portugal et le centre-nord de l'Espagne (Galice, Asturies, Cantabrie, Castille-et-León, Estrémadure)[30].

Les Celtes continentaux sont les peuples de langue celtique de l'Europe continentale et les Celtes insulaires sont les peuples de langue celtique des îles britanniques et irlandaises et de leurs descendants. Les Celtes de Bretagne tirent leur langue des Celtes insulaires, en migration, principalement du Pays de Galles et des Cornouailles, et sont donc regroupés en conséquence.

Origines[modifier | modifier le code]

Article connexe : Des Indo-européens aux Celtes.

Consensus scientifique actuel[modifier | modifier le code]

Les Celtes sont rattachés aux peuples indo-européens. Cette parenté linguistique entre peuples celtes et les autres peuples indo-européens n'a jamais été remise en question[31].

Le consensus scientifique les fait apparaître au début du premier millénaire avec la civilisation de Hallstatt (début vers -1200) de l'antique Norique[32], une civilisation qui s'étend en Europe centrale dans un vaste périmètre depuis les régions actuelles de l'Autriche, de la Suisse, du sud de l'Allemagne, de la Bohême, de la Moravie, de l'ouest de la Hongrie et de la Slovaquie, du nord-est de la France.

Néanmoins comme pour d'autres civilisations proto-historiques proches telles celles des Germains ou des Slaves, la celtisation est un processus amplement engagé bien avant l'entrée des Celtes dans l'histoire[33]. C'est la raison pour laquelle on a proposé de repousser beaucoup plus loin le processus de formation progressive du phénomène celtique. La culture de la céramique cordée correspondrait à l'établissement au IIIe millénaire en Europe centrale de populations à partir desquelles se formeront les Celtes protohistoriques des périodes suivantes[34]. Ils s'imposeront dans le vaste espace de la culture campaniforme qui a été suggérée comme candidate pour une culture proto-celtique ancestrale, une culture proto-italique, ou italo-celtique[35].


Évolution des recherches[modifier | modifier le code]

Les récentes recherches scientifiques concernant l'Europe dite celtique sont interdisciplinaires : archéologie comparée (intégrant notamment l'archéométrie), méthodologie historique (dont l'analyse critique de « l'historiographie celtique »), mythologie comparée (notamment dans le cadre de la « Mythologie celtique »), linguistique comparée, onomastique (commune à ces deux dernières disciplines), génétique des populations (intégrant notamment la paléogénétique)[note 1]... Les modélisations des données ressortant de ces recherches questionnent préalablement le « concept de Celtes »[36]. Concomitamment au débat sur un diffusionnisme indo-européen[note 2],[note 3], le paradigme de « celtitude » est contesté et à fortiori le postulat d'un groupe ethnique celte[37],[note 4].

Outre cette controverse[note 5], les conjectures résultant des études sérieuses les plus récentes infirment ou confirment les diverses théories jusqu'alors avancées par les celtologues [note 6],[note 7]et comparatistes concernant l'émergence d'une entité culturelle celtique (se manifestant notamment par une organisation politique et sociale, un système religieux, une expression artistique, une conception architecturale et une tradition guerrière), d'une communauté linguistique celtique et d'une éventuelle communauté celte « génétiquement homogène » (relations en particulier avec les haplogroupes R1b1a2a1a1b4[note 8]et R1b1a2a1a1b3(en)[note 9]).

C'est ainsi que sont revisités les relations spatio-temporelles de ces problématiques[note 10], leur processus de diffusion ainsi que leur association avec un certain nombre de groupes de populations[note 11],[note 12]et cultures archéologiques protohistoriques : Culture campaniforme, Culture de la céramique cordée, Culture d'Unétice, Culture de Polada, Culture de Bonnamaro, Culture du Wessex(en), Culture d'Hilversum(en), Culture des tumulus, Bloc du nord-ouest, Âge du bronze atlantique, Civilisation des champs d'urnes, Culture de Deverel-Rimbury(en), Culture de Villanova, Civilisation de Hallstatt, Culture de Golasecca, Culture des Castros, La Tène[note 13], Culture d'Arras(en), Civilisation des oppida...

Cultures archéologiques[modifier | modifier le code]

Répartition diachronique des peuples celtes :

La civilisation de Hallstatt[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Civilisation de Hallstatt.
Civilisation de Hallstatt : 800-400 av. J.-C.

Le Hallstatt (de -1200 à environ -400, âge du bronze final) ou premier âge du fer est une période succédant à l'âge du bronze final. Il tire son nom de celui d'un site archéologique qui se trouve à Hallstatt dans le Salzkammergut en Autriche.

Cette période est caractérisée par des épées de bronze et de grandes épées de fer. Les cavaliers à longue épée, ordre jusqu'alors inconnu, apparaissent sporadiquement dans les tombes, entourés de rites et accompagnés d'éléments (service à boisson, produits exotiques importés, tombe à char, or) qui préfigurent les symboles de la nouvelle classe dirigeante. L'utilisation du cheval est l'un des attributs qui distinguent les détenteurs du pouvoir. Les tombes féminines offrent de nombreuses parures, des fibules volumineuses, typiques du goût exubérant de l'époque. Les sépultures riches possèdent très souvent d'impressionnants services en bronze constitués de seaux, situles (seaux aux bords refermés), bassins et tasses.

Les Celtes établissent des citadelles sur des oppidums (oppida en celte) dominant de vastes étendues. Parmi les plus importantes, une douzaine semble jouer un rôle économique et politique, et constituent une puissante fédération de communautés organisées sur le même modèle, en Allemagne du Sud (Heuneburg), en Suisse et dans l'Est de la France (Oppidum Saint-Marcel au Pègue, Tombe de Vix).

Il semble y avoir eu une classe œuvrant dans les mines de sel contrôlée par une classe dominante, peut-être en lien avec deux ethnies distinctes comme en font foi certaines découvertes[38].

La Tène[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Tène.
Civilisation de La Tène d'après (en) John Haywood, Atlas of the Celtic World, Londres, Thames & Hudson, (lire en ligne), p. 30-37.

La Tène ou second âge du fer, succédant au Hallstatt, marque la fin de la protohistoire. Elle tire son nom de celui d'un site archéologique découvert en 1857 à Marin-Epagnier, sur la pointe nord-est du lac de Neuchâtel, à l'embouchure de la Thielle, dans le canton de Neuchâtel en Suisse. Elle est attestée en Europe centrale et de l'Ouest. Elle est caractérisée par un armement nouveau dont notamment une épée plus longue[34]. Certains auteurs, comme Massimo Guidetti[39], contestent le rattachement de la péninsule ibérique à cette culture. La transition d'une civilisation celtique à l'autre semble être le fruit de modifications sociales au sein des sociétés plus que d'une invasion par d'autres groupes celtes.

Conséquence d'une crise interne, de la réorganisation des circuits commerciaux ou des luttes entre Grecs et Étrusques pour le contrôle des échanges, les citadelles des Celtes du Premier âge du fer, « poumons » des relations commerciales, sont abandonnées les unes après les autres vers -500 au profit d'un mode de vie plus rural, dominé par une chefferie guerrière. Des régions se distinguent comme les nouveaux centres de la civilisation celtique au Ve siècle : la Rhénanie, la Bohême, la Champagne et les Ardennes. Une lente évolution se produit dans les coutumes et les productions. En Gaule, au IIe siècle avant notre ère, la civilisation des oppidums connaît une première urbanisation au mont Beuvray (Bibracte) ou à Corent en pays averne[34].

Si, à l'ouest, les Celtes sont défaits par les Romains menés par Jules César[40], à l'est, les Celtes sont également progressivement écartés : les fouilles montrent que l'oppidum de Stradonice (Bohême) est incendié, probablement par les Germains en -9 ou -6 ; les sépultures laissent à penser que se développe une civilisation germanique sur ces terres.

Fin de la civilisation celtique[modifier | modifier le code]

Dissolution de la civilisation[modifier | modifier le code]

Le casque Waterloo, daté de vers -150 à -50

Aux IIe siècle-Ier siècles avant notre ère, les Celtes sont soumis sur le continent à la pression conjuguée des Germains au nord, des Romains au sud et à la poussée de l'empire dace à l'est.

À la suite d'un appel à l'aide de Marseille, menacée par les peuplades celtiques voisines, Rome annexe la Narbonnaise durant le dernier tiers du IIe siècle av. J.-C.

Les invasions de bandes armées (migration des Cimbres et des Teutons en 113 av. J.-C.) et la pression démographique des Germains entraînent des migrations de peuples celtiques vers l'ouest, comme celle des Helvètes conduits par leur roi Orgétorix, et suscitent des tensions avec les peuples gaulois. C'est ce dernier facteur qui provoque la guerre des Gaules et marque la fin de l'indépendance celtique sur le continent à partir de -58. L'intervention de César aurait alors été motivée, écrit-il, par le désir de renvoyer les Helvètes chez eux afin de ne pas laisser des peuples germaniques d'outre-Rhin occuper le plateau suisse. Alors qu'en réalité la principale motivation de César était d'empêcher, comme il l'écrit lui-même, l'installation des Helvètes en Gaule de l'ouest, d'où ils pouvaient menacer la Provincia (Gaule du sud, conquise par Rome vers 120 av. J.-C.).

Occupée par le conquérant romain qui s'est immiscé dans la politique gauloise, une partie de la Gaule se soulève en janvier -52. Après la défaite à Alésia du chef de la coalition gauloise, Vercingétorix, la Gaule est entièrement occupée. Les derniers opposants sont vaincus en -51 à Uxellodunum où ils s'étaient réfugiés.

Au Ier siècle de notre ère, l'île de Bretagne (aujourd'hui Grande-Bretagne) est partiellement conquise (à l'exception de l'Écosse) à son tour : dès lors, la civilisation celtique ne survit plus qu'en Irlande et dans le nord de l'Écosse. L'Helvétie est en partie germanisée entre le Ve et le VIe siècle[réf. nécessaire]. Les populations bretonnes — dont une partie au moins avait conservé l'usage de la langue celtique — et irlandaises se christianisent après le IIIe (le Ve pour l'Irlande) et évoluent pour donner naissance aux Irlandais, Écossais, Bretons, Gallois et Cornouaillais modernes.

Devant migrer dans un premier temps vers l'Ouest, puis devant affronter les entreprises guerrières de Rome, les population celtes ont été absorbées dans des ensembles politiques plus vastes et plus cohérents[32].

L'évangélisation de l'Irlande[modifier | modifier le code]

C'est en Irlande que la civilisation celtique a duré le plus longtemps, son insularité est considérée comme étant la cause principale. Les légions romaines n'ayant pas franchi la mer d'Irlande, les Gaëls n'ont pas subi cette acculturation, même si des relations avec l'Empire romain ont existé dès le Ier siècle av. J.-C.

C'est la conversion des Gaëls et, en premier lieu de leurs élites, au christianisme qui fait entrer l'Irlande dans le Moyen Âge européen. Changement de religion mais pas de classe sacerdotale : si le druidisme disparaît, les druides sont les premiers convertis et deviennent les prêtres de la nouvelle Église. L'apport des nouveaux enseignements au substrat celtique va donner naissance à ce que l'on appelle le christianisme celtique.

Les conditions de l'évangélisation sont mal connues et les sources dont nous disposons sont largement hagiographiques. En 431, le pape Célestin Ier envoie un Gaulois, nommé Palladius, évangéliser les « Scots ». En 452, c'est le Britto-romain Maewyn Succat, connu sous le nom de saint Patrick, qui débarque dans l'île. Il semble que le premier ait essentiellement œuvré dans le Leinster et que le second ait évangélisé dans l'Ulster et le Connaught. Patrick est réputé pour avoir chassé les serpents de l'île et expliqué la sainte trinité par l'exemple de la feuille de trèfle. La société celtique étant de type théocratique[réf. nécessaire], la conversion n'a pu se faire que par la classe sacerdotale et Patrick aurait « démontré » aux druides que sa magie était plus puissante que la leur. Si certains traits de la tradition celtique n'ont pas totalement disparu, les Irlandais vont se trouver confrontés à la fin du VIIIe siècle à une autre culture, celle des Vikings.

Géographie[modifier | modifier le code]

Régions rhénanes et monde germanique[modifier | modifier le code]

Le contact entre le monde celtique et germanique reste difficile à mettre en valeur. La première énigme apparaît lors de la guerre des Cimbres : ce peuple semble avoir migré du nord de l'Europe (plus précisément du Jutland) au IIe siècle av. J.-C., puis avoir été défait à la bataille d'Aix. Bien que généralement considéré comme germanique en raison de sa région d'origine, des incertitudes sur sa langue ou sa culture ont pu apparaître, notamment du fait de nombreux anthroponymes celtiques parmi ses chefs[41]. Les Teutons n'apparaissent dans les textes que lors de la bataille de Noreia (sud de l'Autriche). La jonction entre les deux groupes aurait eu lieu[41] en Allemagne centrale près du Main, région celtique avant sa germanisation au milieu du premier millénaire avant notre ère. Il est donc possible que ces migrations aient pu donner lieu à des confédérations de tribus mêlant Celtes et Germains, d'où l'incertitude.

C'est Jules César qui définira précisément quelques décennies plus tard[42], par le Rhin, la limite entre Celtes et Germains. Le but politique paraît établi, d'une part par le caractère trop simple de cette limite, d'autre part par le fait que Celtes et Germains ont pu coexister au-delà ou en deçà de cette limite[43]. Serge Lewuillon qualifie cette limite d'aberration, dans un contexte où Celtes et Germains ont pu se côtoyer et échanger culture et coutumes[44]. Selon Lucien Bély, les Celtes étaient présents au-delà du Rhin[45]. Le cas des Belges illustre bien le problème dans la mesure où personne ne peut aujourd'hui affirmer à quel groupe culturel se rattachaient les peuples de la région. César entretient lui-même l'incertitude en ne classant la région ni dans la « Celtique », ni dans la « Germanie ». Les études toponymiques, linguistiques ou anthroponymiques n'ont jamais pu éclaircir la question. Les différents auteurs sont partagés entre l'option celtique (Jean Loicq), l'option germanique avec aristocratie celtique (Ugo Janssens), et d'autres encore penchent vers une théorie plus récente dénommée Nordwestblock, défendue notamment par Rolf Hachmann, Georg Kossack (de) ou Hans Kuhn (de), et où le nord-ouest de l'Europe continentale aurait connu une culture distincte des Celtes et des Germains. Au demeurant, l'étymologie même de Germain proviendrait (sans certitude) d'une tribu belge de langue celtique, de gair signifiant « voisin », et maon signifiant « peuple » (Conrad Gessner), hypothèse qui est réfutée par le Chambers Dictionary of Etymology[46] (voir Le nom des Germains).

Europe de l'Ouest (France et Belgique)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Gaule belgique et Gaule.

La Gaule, ou Gallia, était le nom romain de la région située entre le Rhin et les Pyrénées. Vers 400 av. J.-C. environ, tous les Gaulois appartenaient à la culture de La Tène. Les Romains s'emparèrent du Sud du pays au cours du IIe siècle, et les contacts avec la Méditerranée "romanisèrent" en partie les Gaulois, avant que Jules César ne conquière le pays tout entier dans les années 50 av. J.-C..

Pictes[modifier | modifier le code]

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Les Pictes étaient un peuple vivant dans l'actuelle Écosse dans l'Antiquité tardive. L'origine et la culture des Pictes sont obscures, dans la mesure où peu de textes leur ont été consacrés (Constance Chlore les mentionne au IIIe siècle). Souvent considérés comme celtes, les Pictes sont peut-être de culture pré-indo-européenne. Les partisans de la théorie pré-indo-européenne mettent en avant le fait que le missionnaire irlandais Colomba d'Iona aurait affirmé avoir besoin d'un traducteur pour convertir le roi picte Brude mac Maelchon. Ce qui n'est pas une preuve puisque l'inter-compréhension n'existe pas toujours entre deux langues d'un même groupe. L'assimilation par les Scots venus d'Irlande s'est faite au début du Moyen Âge.

Péninsule Ibérique[modifier | modifier le code]

Plusieurs auteurs sont sceptiques sur l'emploi du terme « celtique » pour la péninsule Ibérique, qui ne dispose que d'un faible héritage archéologique, et où les langues vernaculaires celtiques ne sont que faiblement attestées.

Si les interrogations touchent l'Europe du Sud en général, elles visent particulièrement la péninsule Ibérique. S'il est établi que des tribus celtiques ont pu traverser ou se fixer dans ce qui est aujourd'hui l'Espagne, le Portugal et la Turquie, leur impact sur les cultures pré-existantes reste sujet à caution sur le plan archéologique ou historique. Quelques inscriptions en langue celtique ont pu être mises au jour en Castille et en Galatie, mais on en ignore encore l'utilisation.

Sur le plan archéologique, de nombreux auteurs et chercheurs ont encore des doutes aujourd'hui sur le lien réel entre les cultures celtiques attestées d'Europe centrale et les éléments archéologiques trouvées en Espagne. Graves-Brown et al. utilisent le terme de « mythologisation » concernant la problématique celtique dans le Nord de l'Espagne[47]. La culture des castros du nord-ouest de l'Espagne n'est pas formellement reconnue comme étant rattachée aux oppida celtiques d'Europe centrale et de Grande-Bretagne[48]. La répartition des chars celtiques se concentre en Europe Centrale et de l'Ouest, alors que le matériel archéologique est très rare ou absent en péninsule Ibérique ou en Italie[49].

La même problématique existe sur le plan toponymique ou historique. La toponymie celtique tend à se raréfier dans le sud-ouest de la France, région où étaient établis les Aquitains, peuple de culture pré-indo-européenne, ou aussi appelés les Proto-Basques. Se basant sur le faible nombre de toponymes celtes dans le nord de l'Espagne, Hector Iglesias conclut que les Celtes ont probablement formé dans cette région des groupes épars ou aristocratiques, mais jamais majoritaires[50]. De nombreux noms de lieux galiciens sont à rapprocher de la toponymie basque et pyrénéenne, notamment l'étymologie-même de « Galice » et l'on ne dénombre pas davantage de toponyme celtiques dans ces régions qu'en Aragon ou en Castille, où l'on a retrouvé par ailleurs des inscriptions en langue celtique écrites en alphabet ibérique. Si des éléments toponymiques celtiques sont indubitablement attestés dans une grande partie de l'Espagne, hormis dans la partie est de peuplement ibère, on y relève curieusement, par exemple, la faible occurrence du suffixe *-āko- (latinisé en -acum, -acus dans les textes), pourtant répandu dans les zones de peuplement ou d'ancien peuplement celtique. Cela pourrait indiquer une disparition précoce des langues celtiques, ce suffixe ayant eu une fonction toponymique tardive. La rareté de ce suffixe en Espagne est comparable à sa rareté dans le sud de l'Aquitaine en dessous de la Garonne jusqu'aux Pyrénées et dans l'est de la Provence, qui suggère quant à lui la présence d'un fort substrat non celtique ou une disparition précoce du gaulois.

À propos de la culture celtique dans la péninsule Ibérique, des auteurs comme Friedrich Wilhelm Putzger[51], Angus Konstam[52] ou Francisco Villar (es)[53] ont exclu ou continuent à exclure ces régions du monde celtique.

Le concept même de « Celtibère » est sujet à caution : ainsi, Dominique Garcia, faisant une analyse grammaticale des anciens textes romains et grecs, conclut que l'expression « Celto-ligures », utilisée par les mêmes auteurs qui emploient le terme de « Celtibères », désignait dans les faits des peuples Ligures[54].

Même dans des régions se réclamant d'un héritage celtique comme la Galice, Beatriz Díaz Santana[55] ou Hector Iglesias[50] expriment de sérieux doutes sur l'impact des Celtes. L'apparition au XIXe siècle du galléguisme n'est peut-être pas entièrement étrangère à l'éveil d'une conscience celtique de circonstance auquel Graves-Brown et al. font référence[56].

Italie[modifier | modifier le code]

Si des sources antiques utilisent parfois le terme de « Celtes » pour désigner certains peuples vivant en Italie du Nord ou en péninsule Ibérique, aucune n'indique réellement que ces peuples étaient de langue celtique. De fait, établir un lien entre l'archéologie et la culture est déjà source de controverses. Pour Venceslas Kruta[57], faire un lien entre la présence d'un matériel archéologique et une culture relève de la « spéculation ». Pierre-Yves Milcent a une opinion similaire[58].

Si l'on sait maintenant que Brescia a été fondée par les Celtes cénomans, ces interrogations peuvent persister pour le reste de l'Italie, où il apparaît que les grandes villes du nord du pays ont été fondées pour la plupart par les Étrusques ou les Romains. Bologne, Mantoue ou Vérone sont notamment des fondations étrusques[59],[60]. Concernant Milan, plusieurs sources assimilent le site de Melpum, un site étrusque, avec le site actuel de la ville de Milan, notamment Jean Gagé[61], Barthold Georg Niebuhr[62], Jean-Jacques Prado[63], l'Encyclopédie Larousse[64] et Marcel Le Glay et al.[65]. De même, la ville de Melzo étant réputée pour être l'ancien site étrusque de Melpum, Sergio Villa[Qui ?] conteste ce fait sur des bases linguistiques[66].

Habitat[modifier | modifier le code]

Les maisons étaient en torchis et en chaume et rarement en pierre, il n'y avait pas de cheminée ni de fenêtre .

Peuples[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peuples celtes.

Génétique[modifier | modifier le code]

Selon des études génétiques récentes, les populations celtiques seraient caractérisées par différents sous-groupes de l'haplogroupe du chromosome Y, R1b-M269 introduit en Europe par les migrations indo-européennes il y a environ 4 500 ans[67]. L'haplogroupe R1b-M269, qui représente 60 % des lignées masculines en France, pourrait être associé aux Proto-Indo-Européens arrivés en Europe durant l'Âge du bronze et qui auraient remplacé une grande partie de la population néolithique masculine existante[68],[69].

D'autres études portent sur les haplogroupes R-P312-3/R-U152[70] et R-P312-4/R-L21[71].

Ces études permettent de mieux comprendre les relations spatio-temporelles[72], les processus de diffusion ainsi que les associations avec un certain nombre de groupes de populations voisines[73],[74],[75].

Art de la guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre chez les Celtes.
Reconstruction de la tenue et de l'équipement d'un guerrier celte de l'âge de fer, Biebertal, en Allemagne.

Les guerriers utilisaient des armes plutôt modernes pour leur époque. Ils ont été les inventeurs de la cotte de maille et étaient d'excellents cavaliers. Les Celtes développent une tactique de charge frontale en hurlant en essayant d'effrayer au maximum l'adversaire. La guerrière celte (phénomène exceptionnel ?) existe aussi bien dans la mythologie (exemple : Medb) que dans l'histoire (Boadicée)[76].

Politique et société[modifier | modifier le code]

Les sociétés celtes étaient régies par des classes : clergé, noblesse, peuple. Le clergé, composé de prêtres, nommés druides, et la noblesse, composée des guerriers les plus riches et les plus braves, dirigeaient le peuple.

Les Celtes ont connu l'institution royale. Le nom du roi issu de l'indo-européen *rēg- dénonte la « rectitude »[77]. Le roi est d'abord l'énonciateur du droit. Il est pacificateur qui protège ses sujets comme l'indique le théonyme Toutiorix[77]. Il est garant du succès militaire et, pour cette raison, sa présence est indispensable dans la bataille[77]. Il est enfin celui qui assure la fertilité des terres et du bétail[77].

Aussi, sa position est-elle risquée. Le roi qui manque à ses obligations est « souvent victime d'une mort tragique proche dans certains récits du sacrifice ou de la devotio »[77].

Nourriture[modifier | modifier le code]

Ils mangeaient beaucoup de viande, mais pas de sanglier, de céréales, de lentille, et de légume.

Économie[modifier | modifier le code]

La terre des Celtes regorgeait de métaux tels que l'étain, le plomb, le fer, l'argent et l'or. Les forgerons et ferronniers pouvant les transformer en objets de valeurs, armes ou bijoux.

Certaines pièces d'or furent frappées à l'effigie de Vercingétorix, sur son verso on peut apercevoir un croissant, un étalon et une amphore.

Commerce[modifier | modifier le code]

Les sépultures prouvent l'étendue du commerce des Celtes avec tous les peuples de l'ancienne Europe. Étaient exportés fer, étain, sel, bois, lin, laine, des armes, des outils, des textiles et des chaussures. Les importations étaient principalement le verre, le vin et d'autres produits de luxe de la région méditerranéenne et du Moyen-Orient.

Les tribus celtiques sur le continent ont repris le système monétaire des Grecs et des Romains, et, dès la fin du IIIe siècle avant notre ère, ont frappé leurs propres pièces en or. Les premières pièces en or étaient initialement utilisées probablement seulement comme objets de valeur. Au plus tard au début du Ier siècle avant notre ère, l'Ouest gaulois au moins avait adopté un système de monnaie avec trois métaux. Outre des pièces d'or et d'argent, des pièces de potin ont été frappées. Les pièces d'argent semblent avoir été utilisées pour les échanges inter-régionaux, tandis que les pièces de potin étaient utilisés comme menue monnaie pour le commerce local et régional.

Agriculture[modifier | modifier le code]

L'économie des Celtes était basée sur l'agriculture et l'élevage. Dans des petits champs clos étaient cultivés des céréales (amidonnier, épeautre, orge, millet) et des légumineuses (haricots, pois, lentilles). Étaient également consommés le pissenlit, l'ortie, le navet, le radis, le céleri, l'oignon et le chou. Des découvertes archéologiques (restes de repas) à Hallstatt on peut déduire que les Celtes mangeaient un plat encore courant en Autriche, le Ritschert (de), ragoût d'orge et de fèves avec accompagnement de porc fumé.

Du fait que le mot latin pour la bière (cervisia) est un mot d'emprunt celtique, on a supposé que les Celtes maîtrisaient la fabrication de la bière. Les auteurs romains décrivent, cependant, la boisson avec un fort dégoût. À Hochdorf et Glauberg, de l'hydromel a été détecté dans les trouvailles de pollen sur les sites archéologiques.

L'animal domestique principal était le bovin, qui en plus de la fourniture de la viande, du lait (fromage) et du cuir était indispensable pour le travail des champs. Les moutons (laine) et les porcs étaient également élevés ; les chiens étaient utilisés en tant que chiens de troupeau comme pour la chasse. Les chevaux étaient un symbole du statut social et étaient importants pour les campagnes militaires. Ils ont probablement été élevés de manière intensive par certaines tribus.

Art, artisanat et techniques[modifier | modifier le code]

Le verso d'un miroir de bronze britannique, avec des motifs de spirale, et de trompette typiques de l'art celtique, La Tène, en Grande-Bretagne.
Article détaillé : Art celte.

Les Celtes n'ayant laissé que très peu de traces écrites de leur civilisation, celle-ci nous est avant tout connue grâce à leur art, largement redécouvert durant la deuxième moitié du XXe siècle.

L'art des Celtes présente une grande diversité selon les époques et les régions considérées. Il n'est pas, non plus, exempt d'influences extérieures : étrusque, grecque, scythique, puis latine, et enfin germanique et chrétienne. Toutefois, quelques caractéristiques majeures le distinguent nettement de l'art des autres civilisations qui étaient en contact avec l'aire culturelle celtique :

  • Les représentations des divinités semblent avoir existé, mais les témoignages en sont rares, d'époque gallo-romaine ou difficiles à identifier (L'une des sources les plus connues est le chaudron de Gundestrup).
  • Si l'on excepte le cas de la Hesse et celui du midi de la Gaule (voir plus loin), il semble également que la statuaire de pierre n'ait pas été le domaine de prédilection des Celtes.

Une caractéristique majeure de l'art celte est la domination de motifs anthropomorphes ou issus de la nature, tels que les entrelacs, et une tendance à l'abstraction. Issue du schématisme hallstattien, cette tendance atteint son apogée à travers les enluminures des manuscrits celtiques d'Irlande et d'Écosse de la période chrétienne insulaire, tels que le célèbre livre de Kells (voir aussi le monastère de Iona).

  • La statuaire retrouvée sur certaines tombes représente des hommes debout dotés d'excroissances de part et d'autre de la tête évoquant une feuille de gui.

Religion[modifier | modifier le code]

Les Celtes n'ayant pas laissé de traces écrites, la connaissance que nous avons de la religion et de la culture celtes est tributaire des textes laissés par les Grecs, les Romains et les auteurs chrétien

s. hypothese : religion celtique, bazé sur la mythologie etc. [78].

Panthéon et caractères généraux[modifier | modifier le code]

La religion présente les mêmes caractéristiques générales que l'on retrouve chez les peuples indo-européens. Les comparatistes ont montré que les éléments essentiels présents dans les récits mythologiques, les formules, les schèmes notionnels et les éléments du culte s'inscrivent dans une « tradition indo-européenne »[79]. Le vecteur de cette conception du monde et de cette tradition est une « classe sacerdotale » - les druides - comme en Inde ou en Iran ou plus simplement, comme chez les Germains, la noblesse guerrière[79]. On y retrouve notamment les « traces très nettes » de la religion cosmique indo-européenne qui inclut le cycle des saisons, de l'année. Celle-ci forme le cadre général qui détermine l'histoire de l'univers[79]. Puis, dans quelques épisodes légendaires, le schéma triparti étudié par Georges Dumézil, c'est-à-dire la tripartition de la fonction juridique et religieuse, de la force notamment guerrière, enfin de la richesse et des valeurs de re/production[79].

Les Celtes avaient un système religieux polythéiste. Ils devaient disposer d'un panthéon au moins aussi développé que celui des Grecs et des Romains (près de quatre cents figures de divinités celtiques sont recensées), mais rien n'indique que ce panthéon ait été homogène sur l'ensemble du domaine celtique, ni qu'il ait possédé une structure unique. Cependant, les principaux dieux gaulois décrits par César se retrouvent, sous leurs noms propres, dans les textes mythologiques irlandais du Moyen Âge, avec les mêmes fonctions.

Parmi les principales divinités, le Dagda « Dieu bon », issu visiblement du Ciel diurne indo-européen, patronne l'aspect juridique de la fonction souveraine. Il a été rapproché du Jupiter gaulois[79]. Il est opposé à son frère Ogme - Ogmios, dont certains des traits dérivent directement du Ciel nocturne, lié à la magie[79]. De nombreuses dééesse et héroïnes (Belisama, Morrigan, Bodb, Macha...) présentes dans les mythes sont issues de l'Aurore indo-européenne[79]. Il existe également un *Lugus panceltique (le Mercurius de César). Issu du couple indo-européen des Dioscures, les Jumeaux divins, une des plus anciennes figures du panthéon indo-européen, Lug Samildanach « aux multiples arts », par son intervention restaure l'ordre et le droit lorsque les autres dieux sont tombés dans l'oppression[79]. Son nom se retrouve dans ceux de plusieurs grandes cités (Lyon, Laon, Legnica) et dans la grande fête irlandaise Lugnasad[79].

Les auteurs latins et grecs citent quelques divinités gauloises, sans énoncer les motifs qui dictent leur sélection : Épona, Taranis, Esus et Lug sont ainsi connus. Cernunnos est attesté par quelques inscriptions gallo-romaines.

Détail d'un panneau intérieur du chaudron de Gundestrup, Musée national du Danemark, Copenhague.

L'immortalité de l'âme était une des croyances des anciens Celtes, ce qui explique peut-être les témoignages sur leur vaillance et leur intrépidité au combat, puisque la peur de la mort était absente. En revanche, la notion de la réincarnation doit être écartée de leur religion, cette suggestion étant due à des lectures erronées[80].

Les Celtes croyaient également en un au-delà. Dans la tradition irlandaise transmise à l'époque chrétienne, le Sidh désigne l'Autre Monde celtique, il se situe à l'ouest, au-delà de l'horizon de la mer, dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et les tertres. C'est le séjour des Tuatha Dé Danann.

Dans le domaine des rites, les sacrifices humains, le culte des têtes coupées[réf. nécessaire], ou encore l'utilisation abondante du sang dans les lieux de culte sont les traits qui ont frappé les auteurs antiques. L'un d'entre eux, Pausanias, évoque aussi la pratique de l'anthropophagie. Jules César écrit quant à lui :

« Ils [les Celtes] se servent pour ces sacrifices humains du ministère des druides ; ils pensent, en effet, que c'est seulement en rachetant la vie d'un homme par la vie d'un autre homme que la puissance des dieux immortels peut être apaisée. Ils pratiquent des sacrifices de ce genre qui sont une institution publique. Certains ont des mannequins de très grande taille, dont ils remplissent d'hommes vivants la carapace tressée d'osiers, on y met le feu, et les hommes périssent enveloppés par la flamme. »

Aux témoignages grecs et romains, on doit ajouter celui de la littérature celtique elle-même et des récits médiévaux, les Mabinogion de Pwyll et Branwen, évoquant plusieurs sacrifices humains. De nombreuses découvertes archéologiques corroborent l'existence de sacrifices humains : culte des têtes à Entremont (Bouches-du-Rhône), réminiscent dans le décor des tympans d'églises de l'Irlande médiévale[réf. nécessaire], rites sanguinaires à Ribemont-sur-Ancre, sacrifices par noyade, égorgement, strangulation, overkill[pas clair] des Hommes des tourbières, etc.

Si les Celtes connaissaient l'écriture et l'ont parfois utilisée, ils ont privilégié l'oralité pour la transmission du savoir, quel qu'en soit le domaine, de sorte qu'il faut étudier le domaine celtique à partir de sources externes ou tardives.

La construction de sanctuaires à usage religieux est un fait très tardif dans le domaine celtique puisqu'ils n'apparaissent qu'au IIIe siècle av. J.-C.. Aux époques précédentes, le culte régi par la classe sacerdotale des druides, se faisait dans des espaces sacrés en pleine nature (nemeton en langue gauloise signifie « sacré », nemed en gaélique), comme les clairières, la proximité des sources. Lucain, dans la Pharsale (III, 399-426), nous donne la description d'un de ces lieux avec un endroit strictement interdit, réservé aux dieux. Le site de Burkovák (cs) (Bohême) recèle de très nombreux objets à caractère votif, mais est exempt de toute construction. Il est possible aussi que des ensembles mégalithiques, tels Carnac (département du Morbihan en Bretagne) ou Stonehenge (comté du Wiltshire, Angleterre) aient pu être réutilisés par les druides dans un but cultuel.La construction de palissades autour d'enclos et de bâtiments intervient à une époque où la civilisation celtique entame son déclin[réf. nécessaire]. Le plus célèbre de ces sites est celui de Gournay-sur-Aronde.

Druidisme[modifier | modifier le code]

Deux druides sur le bas-relief d'Autun.

Le druidisme est une institution pan-celtique. De manière comparable à d'autres sociétés indo-européennes, les druides forment un corps professionnel issu de l'aristocratie, de spécialistes des techniques du droit et du culte associés à la fonction souveraine. Auxiliaires de la royauté, ils veillent aux activités de parole et d'enseignement en assurant la transmission du savoir traditionnel[77].

À l'époque précédant la conquête romaine de la Gaule, et, semble-t-il, par la suite dans les îles, la caractéristique majeure de la pratique religieuse des anciens Celtes est le druidisme. Le mot druide qui est spécifiquement celtique provient de *der-w/dr-ew qui se comprend comme « celui qui sait fidèlement, celui qui a une vision vraie, certaine »[81]. L'existence du clergé druidique est attestée chez plusieurs auteurs antiques, pour différentes époques et en différents lieux du monde celtique. En Gaule, les druides paraissent avoir joué un rôle clef dans l'insurrection de -52 et, par la suite, dans les révoltes gauloises du Ier siècle : celle des equites, menée par l'Éduen Julius Sacrovir en 21 apr. J.-C. et rapportée par Tacite dans ses Histoires, aurait conduit au déclenchement des hostilités de Rome à l'égard des druides gaulois.

Le « clergé » druidique avait en charge la célébration des cérémonies sacrées et des rites cultuels : lui seul avait le droit de pratiquer les sacrifices, parfois humains, mais plus généralement d'animaux ou symboliques (comme l'attestent les ex-voto en bois inventés aux sources de la Seine). C'est d'ailleurs la pratique des sacrifices humains qui servit de prétexte à l'interdiction des druides sous l'Empereur Tibère (ou Claude pour certains historiens). Les autres prérogatives des druides comprenaient logiquement l'enseignement, la diplomatie, l'histoire, la généalogie, la toponymie, la magie, la médecine et la divination. Le druide, grâce à son savoir (dont l'acquisition pouvait nécessiter vingt ans d'études, selon César) et grâce à sa maîtrise des pratiques magiques, était un intermédiaire entre les dieux et les hommes.

Le druide avait aussi un rôle de conseiller politique auprès du roi avec lequel il a pu former un binôme dans lequel le roi exerçait la souveraineté sous l'inspiration du druide. Le druide Diviciacos, contemporain de Cicéron et directement à l'origine de la conquête romaine de la Gaule, apparaît notamment comme le chef politique des Éduens.

Sans entrer dans les spécifications de la classe sacerdotale, trois types de « professions » à caractère religieux sont connus dans le monde celte :

  • Le druide qui désigne tout membre de la classe sacerdotale, dont les domaines d'attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l'enseignement, la poésie, la divination, etc. ;
  • Le barde est spécialisé dans la poésie orale et chantée, son rôle est de faire la louange, la satire ou le blâme ;
  • Le vate est un devin, il s'occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine. Les femmes participent à cette fonction de prophétie.

Calendrier religieux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Calendrier celtique.

Selon les sources irlandaises, l'année celtique était rythmée par quatre grandes fêtes religieuses au caractère obligatoire, dont deux majeures : Samain au 31 octobre ou 1er novembre (selon notre calendrier) et Beltaine au 30 avril ou 1er mai, et deux de moindre importance : Imbolc le 1er ou le 2 février et Lugnasad le 1er août[82]. La source majeure qui nous renseigne sur le calendrier celtique est le calendrier de Coligny, qui date de l'époque gallo-romaine.

Débats historiographiques et celtomanie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : celtomanie et Celtologie.

La celtomanie est une mode littéraire, qui s'est développée à la fin du XVIIIe siècle et au long du XIXe siècle dans certains milieux intellectuels et littéraires, notamment en Bretagne. Elle pare de toutes les vertus les Celtes de l'Antiquité. Elle aura une grande influence sur la perception des Gaulois ou des Celtes et sur les recherches historiques effectuées à la fin du XIXe siècle d'autant plus dans un contexte nationaliste où les qualités des Celtes sont exaltés face aux envahisseurs "germains".

En France, l'archéologie s'empare des Celtes à partir des travaux d'Alexandre Bertrand à la fin du XIXe siècle.

Phrénologie[modifier | modifier le code]

Au cours du XIXe siècle, la phrénologie a été abondamment utilisée pour démontrer des liens de parenté entre des populations proto-historiques et contemporaines. Les Celtes, objet d'études archéologiques, n'échappent pas à la règle.

Après avoir étudié des dizaines de crânes issus de sépultures celtes, le Suédois Anders Retzius propose de classer les Celtes parmi les populations dolichocéphales orthognates, avec les Germains et les Scandinaves[83]. Cette thèse permet à ses continuateurs de reprendre la thèse de populations conquérantes blondes, ayant asservi des populations bracycéphales ; cependant, cette thèse est rapidement réfutée, notamment par Paul Broca[84],[85].

Archéologues allemands du début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

En Allemagne, dans les années 1930, fortement influencés par les méthodes de l'archéologie du peuple, développée par Gustaf Kossinna, les archéologues allemands, appuyés sur une prétendue « apparence nordique » des Celtes[86], affirment que ces derniers appartiendraient en réalité aux peuples germaniques[87].

Le concept de Celte[modifier | modifier le code]

Les récentes recherches scientifiques concernant l'Europe dite celtique sont interdisciplinaires : archéologie comparée (intégrant notamment l'archéométrie), méthodologie historique (dont l'analyse critique de « l'historiographie celtique »), mythologie comparée (notamment dans le cadre de la « mythologie celtique »), linguistique comparée, onomastique (commune à ces deux dernières disciplines), génétique des populations (intégrant notamment la paléogénétique)[88]. Quelques archéologues, tels Barry Cunliffe, sur la base de modélisations des données ressortant de ces recherches questionnent préalablement le « concept de Celtes »[89]. Concomitamment au débat sur un « diffusionnisme indo-européen »[90], d'autres archéologues tel John Collis contestent le paradigme de « celtitude » et a fortiori le postulat d'un groupe ethnique celte[91],[92],[93].

Comme le résume le spécialiste des Sociétés protohistoriques Stéphane Verger, il existe deux manières extrêmes d'aborder le début des Celtes. « La première, positiviste, consiste à remonter dans le temps au-delà du second âge du fer, voire jusqu'au début des âges de Métaux, dans les régions censées avoir été occupées anciennement par des “populations celtiques” pour déterminer, d'après les données archéologiques, à partir de quel moment et dans quelle zone de l'Europe les caractéristiques culturelles que l'on attribue traditionnellement aux Celtes peuvent être mis en évidence. La seconde, hypercritique, est celle qui consiste à considérer que la notion de Celtes est une construction moderne ». Selon cette thèse, les Celtes n'auraient pas existé avant leur conceptualisation au XVIIe siècle.

Une civilisation celte ?[modifier | modifier le code]

L'historien Jean-Louis Brunaux, spécialiste des Gaulois, est assez proche de cette deuxième vision[94]. Il doute de la réalité d'une civilisation celte. À ses yeux, l'idée d'une langue celtique est un postulat non démontré. Les ressemblances entre breton, gaélique, gallois... s'expliqueraient davantage par les contacts et les influences entre des peuples voisins que par l'existence d'une langue mère. Brunaux s'accorde avec l'idée émise par Tolkien : « Les Celtes [...] sont un sac magique dans lequel on peut mettre ce que l'on veut et d'où on peut sortir à peu près n'importe quoi[95] ». Ce d'autant plus facilement qu'ils n'ont presque pas laissé d'écrits.

Plus qu'un peuple ou une civilisation, il considère les Celtes à l'origine comme une confédération de tribus vivant autour du Massif central dans le but de commercer avec les Phéniciens puis les Grecs. De commerciale, cette association aurait pris un caractère diplomatique puis politique. Les Celtes se seraient étendus à travers l'Europe, à partir non pas d'Europe centrale mais du centre sud de la Gaule. Extension faite sous forme de colonisation et non de migrations[94]. Cette interprétation se situe à l'opposé des travaux de la plupart des spécialistes du monde celtique, qui comme Venceslas Kruta soulignent au contraire l'existence d'une civilisation spécifique, immédiatement identifiable par sa langue, les vestiges matériels qu'elle a laissés, les croyances et les mythes que les spécialistes de la mythologie comparée ont pu reconstituer[34].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Comme le signale bien Claude Sterckx, le cinéma et la bande dessinée actuels n'offrent qu'une « parodie invraisemblable » de ce que sont les Celtes. Il qualifie la plupart des films de « grotesques ». Les albums d'Astérix, qui forment la représentation la plus connue du public, sont selon lui une « caricature de tous les poncifs ». Les représentations basées sur la légende arthurienne, là aussi bien connues du public, sont très anachroniques et davantage issues d'un fonds littéraire fictionnel que de données historiques[96].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le classement thématique ne donne que l'orientation générale des ouvrages listés, la majorité d'entre eux abordant différents thèmes.

Généralités[modifier | modifier le code]

Gaule[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Brunaux, Les Gaulois, Paris, Les Belles Lettres, 2005 (ISBN 2-251-41028-7)
  • Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance (2001), (2003), (2008, 3e éd. revue et augmentée).
  • Xavier Delamarre, Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne (-500 / +500) - Dictionnaire, Errance, 2012.
  • Stephan Fichtl, Les peuples gaulois, IIIe-Ier siècles av. J.-C., Paris, Errance, 2004 (ISBN 2-87772-290-2)
  • Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne. Habitats et sociétés en Languedoc et en Provence. VIIIe-IIe siècles av. J.-C., Paris, Errance, 2004 (ISBN 2877722864)
  • Dominique Garcia, Les Celtes de Gaule méditerranéenne : Définition et caractérisation, Bibracte, (lire en ligne)
  • Christian Goudineau, César et la Gaule, Errance, coll. « De la Gaule à la France : histoire et archéologie », 2000
  • Christian Goudineau, Regard sur la Gaule, Errance, 2000
  • Renée Grimaud, Nos ancêtres les Gaulois, Rennes, Ouest-France, 2001 (ISBN 2-7028-4542-8)
  • Danièle Roman et Yves Roman, Histoire de la Gaule, Fayard,

Îles britanniques[modifier | modifier le code]

Europe centrale et orientale[modifier | modifier le code]

  • Petr Drda et Alena Rybova, Les Celtes de Bohême, Errance.
  • Miklos Szabo, Les Celtes de l'Est : le second âge du fer dans la cuvette des Karpates, coll. « Hespérides », Paris, Errance, 1992.

Art[modifier | modifier le code]

  • Collectif (catalogue de l'exposition européenne d'archéologie celtique), Les Celtes, Venise, Bompiani, 1991.
  • Paul-Marie Duval, Les Celtes, coll. « L'Univers des formes », Gallimard
  • Ruth Megaw et John Megaw, Art de la Celtique : des origines au Livre de Kells, Paris, Errance, , 276 p. (ISBN 2-87772-305-4)
  • Réjane Roure et Lionel Pernet (dir.), Des rites et des hommes : les pratiques symboliques des Celtes, des Ibères et des Grecs en Provence, en Languedoc et en Catalogne, Paris, Errance, coll. « Archéologie de Montpellier agglomération » (no 2), , 287 p. (ISBN 978-2-87772-460-9)
  • Daniele Vitali, Les Celtes : trésors d'une civilisation ancienne, Vercelli, White Star, , 207 p. (ISBN 978-88-6112-467-7)

Société[modifier | modifier le code]

  • Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h, La Civilisation celtique, Rennes, Ouest-France Université, 1990 (ISBN 2-7373-0297-8)
  • Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h, La Société celtique, Rennes, Ouest-France Université, 1991 (ISBN 2-7373-0902-6)

Politique[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Arbabe, Du peuple à la cité : Vie politique et institutions de la Gaule chevelue depuis l'indépendance jusqu'à la fin des Julio-Claudiens, Université Paris I Panthéon - Sorbonne, École de Doctorat d'Histoire; sous la direction de François Chausson., thèse de doctorat en histoire soutenue le 12 mars 2013, 619 p. (lire en ligne)

Religion[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Brunaux, Les Religions gauloises, Paris, Errance, 2000 (ISBN 2-87772-192-2)
  • Christian-J. Guyonvarc'h, Magie, médecine et divination chez les Celtes, Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1997 (ISBN 2-228-89112-6)
  • Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h, Les Druides, Rennes, Ouest-France Université, (ISBN 2-85882-9209)
  • Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h, Les Fêtes celtiques, Rennes, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d'homme : l'histoire », (ISBN 978-2-7373-1198-7)

Débats historiographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. John Koch, Celtic Culture: a historical encyclopedia, Santa Barbara, ABC-Clio, (ISBN 978-1-85109-440-0, lire en ligne), xx
  2. Simon James, The Atlantic Celts – Ancient People Or Modern Invention, University of Wisconsin Press,
  3. John Collis, The Celts: Origins, Myths and Inventions, Stroud: Tempus Publishing, (ISBN 0-7524-2913-2)
  4. Francis Pryor, Britain BC, Harper Perennial, (ISBN 978-0007126934)
  5. Nora Chadwick et J. X. W. P. Corcoran, The Celts, Penguin Books, , 28-33 p.
  6. Barry Cunliffe, The Ancient Celts, Penguin Books, , 39–67 p.
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  8. John T Koch, Celtic from the West Chapter 9: Paradigm Shift? Interpreting Tartessian as Celtic – see map 9.2 Celtic expansion from Hallstatt/La Tene central Europe – see second map in PDF at URL provided which is essentially the same map, Oxbow Books, Oxford, UK, (ISBN 978-1-84217-410-4, lire en ligne), p. 190
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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