Marquisat de Saluces

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Maquisat de Saluces/Saluzzo

XIIe siècle1549

Blason
Description de l'image Map of Italy (1494)-fr.svg.
Informations générales
Statut Marquisat
Capitale Saluzzo

Entités suivantes :

Le marquisat de Saluces ou Saluzzo (it. : Marchesato di Saluzzo) est un ancien marquisat ou marche italien, situé sur les Alpes, entre l'Italie et la France, dont la capitale est Saluces.

Territoire[modifier | modifier le code]

Le marquisat de Saluces fait partie des États géostratégiques alpins avec le duché de Savoie ou encore le marquisat de Montferrat. Centré sur la ville de Saluces, il contrôle les vallées alpines comprises entre la Sture et le . Cette situation permettait aux seigneurs de Saluces de contrôler l'un des passages alpins entre la France (Dauphiné et Provence) et le Piémont.

Il appartient aujourd'hui à la province de Coni.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire du marquisat de Saluces était inclus sans la partie méridionale de l'ancienne marche d'Ivrée. Entré dans les domaines de la Maison Alérame au XIe siècle il est fait mention d'un marquisat avec Manfred Ier de Saluces vers 1125 (?).

Le problème de la suzeraineté entre la Savoie et le Dauphiné[modifier | modifier le code]

Le marquisat, du fait de son rôle géostratégique alpin, devient un enjeu pour les comtes de Savoie. Dès le XIIe siècle, il existe un différend entre Manfred II et le comte, se concluant par un hommage du marquis au comte. Cet hommage est renouvelé soixante ans plus tard par Manfred III. Cependant, la famille de Saluces tente régulièrement de récupérer son autonomie. Ainsi vers 1210, la marquise Adélaïde se fait reconnaître feudataire du dauphin du Viennois, maison déjà en conflit avec celle de Savoie. Cette dualité se termine partiellement en 1413 par l'hommage au comte Amédée VIII de Savoie, jusqu'en 1483 où le marquis Louis II entre en guerre contre le duc Charles Ier de Savoie. En 1536, lors de la huitième guerre d'Italie, le duché de Savoie et le marquisat sont occupés par les troupes de François Ier. À la fin du conflit opposant le roi français à l'empereur Charles Quint, le duc de Savoie recouvre sa souveraineté sur Saluces. Toutefois, la France ayant hérité du Dauphiné depuis 1349, réclame aussi le droit de suzeraineté, rendant la question insoluble entre les deux prétendants.

Occupation française et traité de Lyon (1601)[modifier | modifier le code]

En 1538 le marquisat de Saluces est conquis par la France. Après la mort du dernier marquis de Saluces, Gabriel, la France prend possession du marquisat où onze gouverneurs se succèdent entre 1537 et 1588[1]. Profitant des guerres de religion en France, le duc de Savoie, Charles-Emmanuel Ier, s'empare de Saluces en 1588, avec le soutien de l'Espagne (dont le roi, Philippe II est le père de sa femme, Catherine Michelle d'Espagne (1567┼1597). Sa politique belliqueuse a pour conséquence une seconde occupation de ses territoires par les troupes françaises d'Henri IV en 1600.

Un Traité de Paris est signé en 1600, mais le conflit continue; l'année suivante le traité de Lyon, règle les différents territoriaux entre le roi de France Henri IV et le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier. Les États de Savoie perdent définitivement la Bresse, les pays du Bugey et de Gex ainsi que le Valromey, mais gagnent en échange le contrôle de Saluces.

Les marquis de Saluces[modifier | modifier le code]

Armes de Saluzzo

Les armes des marquis de Saluzzo se blasonnent ainsi : D'argent, au chef d'azur.

Après la mort de Boniface del Vasto, de la maison Alérame, le territoire du marquisat passe à son fils aîné Manfred vers 1125 (?) et ce jusqu'à la disparition de la branche principale en 1549.

À la fin du XIe siècle, un certain Boniface de Saluces épouse Alix de Savoie, fille du comte Pierre Ier de Savoie. Ils ont une fille Sibylle de Saluces qui épouse en 1129, Guilhem VI de Montpellier, de la Maison de Montpellier.

Marquisat de Saluces de 1142 à 1548.

Le marquis Manfred II de Saluces (1145-1215) épouse Alasie de Montferrat (1160-1252) qui lui donne Boniface II de Saluces.

Le marquis Boniface II de Saluces (1182-1212) épouse Marie de Lacon-Gunale (1185-?) qui lui donne Manfred III de Saluces.

Le marquis Manfred III de Saluces (1210-1244) épouse Béatrice de Savoie (1223-1259), fille du comte Amédée IV de Savoie (1197-1253), qui lui donne Thomas Ier de Saluces.

Le marquis Thomas Ier de Saluces (1240-1290) épouse Louise de Ceva qui lui donne Jean Ier de Saluces.

Le marquis Jean Ier de Saluces (1260-1344), épouse en 1290 la comtesse de Moncusco (1265-?) qui lui donne une fille, Béatrice de Saluces (1295-?).

Le marquis Thomas III de Saluces a écrit à la fin du XIVe siècle, alors qu'il était prisonnier à Turin, un roman courtois et fantastique intitulé Le Chevalier errant, obéissant aux principes exposés dans le célèbre Roman de la Rose écrit au XIIe siècle par Jean de Meung.

Le marquis Ludovic II de Saluces (1475-1504) et comte de Carmagnole, fut un adversaire déterminé du comte Charles Ier de Savoie se ralliant aux rois de France dans leurs campagnes en Italie. Condotière et mécène, il créa l'atelier monétaire de Carmagnole en 1480. Son monument funèbre, œuvre du sculpteur Benedetto Briosco, se trouve à l'intérieur de l'église San Giovanni. il épouse Marguerite de Foix.

En 1548, le marquis Jean Gabriel Ier de Saluces meurt sans héritiers et le marquisat est alors rattaché à la France.

Domaine de la Maison de Savoie

En 1588, le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier le Grand, allié à l'Espagne par son mariage, profita des guerres de religion pour s'emparer du marquisat de Saluces. La possession lui fut définitivement confirmée par le traité de Lyon de 1601 signé avec le roi de France Henri IV.

Filiations[modifier | modifier le code]

Possessions[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive des possessions tenues en nom propre ou en fief des marquis de Saluces.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Duquesne Dictionnaire des gouverneurs de Province 1315-1791 éditions Christian Paris 2002 (ISBN 2864960990) p. 262-263

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]