Auvergne

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Auvergne
L'AuvergneLimites de 600 av. J.-C. au XIe siècle (couleur)Limites du XIe au XVIIIe siècle (ligne bleue)
L'Auvergne
Limites de 600 av. J.-C. au XIe siècle (couleur)
Limites du XIe au XVIIIe siècle (ligne bleue)
Blason de Auvergne
Blason de l'Auvergne.
Drapeau de l'Auvergne.
Drapeau de l'Auvergne.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Région historique et culturelle
Départements français Allier (03) (partie)
Cantal (15)
Haute-Loire (43) (partie)
Puy-de-Dôme (63)
Villes principales Ambert, Aurillac, Brioude, Clermont-Ferrand, Issoire, Riom, Saint-Flour, Thiers, Vichy[N 1]-Cusset.
ISO 3166-2 FR-03
FR-15
FR-43
FR-63
Démographie
Gentilé Auvergnat, Auvergnate
Population 834 283 hab.[1] (2011)
Densité 54 hab./km2
Géographie
Superficie 15 582 km2 [2]
Point culminant Puy de Sancy (1 885 m)
Divers
Langues régionales Auvergnat
Aurillacois

L'Auvergne (Auvèrnhe ou Auvèrnha en auvergnat)[N 2] est une très ancienne région culturelle et historique de France située au cœur du Massif central.

De 1941 à 1946 et de 1956 à 2015, la Région Auvergne était une région administrative française[N 3]. Elle était composée des quatre départements de l'Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme. Sa plus grande ville, Clermont-Ferrand, en était le chef-lieu. Dans le cadre de la loi relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral, la région Auvergne a été réunie le [3] avec la région Rhône-Alpes pour former une grande région administrative dénommée Région Auvergne-Rhône-Alpes[N 4].

Dénomination et blason[modifier | modifier le code]

Auvergne est écrit en roman médiéval ou en auvergnat Arvernha, Auvernha, Auvernhe ou dans le nord de la Lozère Alvernhe (dans la toponymie de l'Auvergne, c'est le digramme « nh » qui note le son /ɲ/, noté « gn » en français). Le mot Auvergne est de genre féminin.

Le blason de l'Auvergne, d'or au gonfanon de gueules bordé de sinople, a été pris par Guillaume IX d'Auvergne. Avant lui, les comtes d'Auvergne portaient : « de gueules à la bande d'or » (qui était l’ancien blason des comtes de Châlon). Il aurait pour origine la bannière qu’aurait portée l'aïeul de sa mère Adélaïde de Brabant, Eustache III, comte de Boulogne-sur-Mer, frère de Godefroy de Bouillon, lors de la conquête de Jérusalem, mais peut-être aussi celle de l'abbé d’Aurillac autour de laquelle se rallièrent les chevaliers de la nation d'Auvergne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Histoire de l'Auvergne et Arvernes.

Le pays des Arvernes[modifier | modifier le code]

La cité des Arvernes superposée aux quatre départements de l'Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme

L'Auvergne doit son nom au peuple gaulois des Arvernes. C'était l'une des tribus les plus puissantes et les plus riches de Gaule antique pour plusieurs raisons.

  • Il y avait au sommet du Puy de Dôme un sanctuaire reconnu par tous les peuples gaulois.
  • Le relief montagneux de la cité des arvernes en faisait un véritable château fort, hors d'atteinte des différents envahisseurs (la Cebenna décrites par César).
  • Leur territoire concentrait à la fois des plaines céréalières, des coteaux (fruits) et des montagnes moyennes (pâturages) ce qui leur donnait une totale autonomie agricole. Les pâturages de Hautes-Terres permettaient d'accueillir les nombreux troupeaux des seigneurs locaux.
  • Ils possédaient de nombreuses mines d'or, d'argent et de métaux précieux (exploitées depuis 400 av. J.-C. au minimum).
  • Ils maîtrisaient la métallurgie et un artisanat complexe (en particulier du travail du cuivre). Dans la Guerre des Gaules de César, Vercingétorix est décrit avec « une grande armure faite de nombreuses pièces d'argent assemblées et reflétant le soleil ».
  • Ils avaient développé un puissant artisanat de la céramique (ateliers de Lezoux). Leurs productions s'exportaient dans tout le monde antique.
  • Ils frappaient leur propre monnaies et multipliaient les échanges commerciaux avec les tribus voisines (moins de 15 monnaies connues pour 57 peuples gaulois). Leur situation de carrefour leur permettait de développer un commerces est-ouest et nord-sud engendrant une grande richesse.

Strabon décrit une royauté arverne puissante qui impose au IIe siècle av. J.-C. son hégémonie sur les peuples gaulois[4] avec notamment les règnes des rois arvernes Luern et Bituit. Si beaucoup d'historiens, dans la ligne de Camille Jullian, ont décrit la Gaule Celtique comme un « empire arverne »[5]. Aujourd'hui on parle plutôt d'une « hégémonie » similaire à celle de certaines cités grecques classiques, comme celle qu'exercèrent Athènes ou Sparte, c'est-à-dire non pas une structure politique, mais une ascendance diplomatique, militaire, culturelle et économique. La confédération arverne regroupait les Gabales, les Vellaves, les Cadurques, les Rutènes dont l'aire d'influence comprenait le Languedoc et l'Aquitaine.

Vercingétorix prend le titre de roi en 52 av.J.-C. Son père, Celtillos, avait été élu à cette fonction avant lui et il avait été exécuté par ses compagnons pour avoir voulu la rendre héréditaire. Vercingétorix réussit au cours de l'hiver 53/52 av.J.-C. l'alliance de la plupart des 57 peuples gaulois (Celtes des deux tiers nord de la Gaule) autour de lui, à la suite de la révolte des Carnutes dans Bourges, vassaux des Arvernes. Il réclame et obtient des « otages » (fils ou filles de rois) de chaque peuple gaulois, garants de leur fidélité et de leur alliance contre les Romains.

D'après les fouilles récentes des archéologues (émission radio d'Yves Calvi avec chercheurs, d'octobre 2007), la capitale des Arvernes aurait été située entre Gergovie, Corent, Aulnat, Clermont. Plusieurs autres sites significatifs découverts dans un périmètre de 35 km laissent extrapoler une population urbaine de plus de 150 000 habitants sur trois villes principales et de plus de 500 000 habitants pour l'ensemble du territoire des Arvernes et de leur confédération.

Un des hauts lieux historiques d'Auvergne est celui de la bataille de Gergovie, qui serait situé à 12 km de Clermont-Ferrand selon l'interprétation faite des écrits de César mais sans preuve tangible, où Vercingétorix battit Jules César en 52 av. J.-C., avant de le poursuivre avec ses cavaliers et ses troupes vers le nord.

La victoire romaine à Alésia (Alise-Sainte-Reine) en Bourgogne, intervient beaucoup plus tard, après que les légions de César ont été ravitaillées par d'autres peuples gaulois.

La Confédération arverne.En rouge, la cité des Arvernes. En orange, les Vellaves : peuple client des Arvernes, mais d'après Strabon ce sont des Arvernes ayant fait sécession. En vert : les peuples clients, vassaux. En bleu : Les alliés des Arvernes.

Cherchant à enfermer Vercingétorix et les Arvernes dans Alésia, les légionnaires romains construiront pendant des mois 14 lignes de pièges (fosses avec pieux entre autres) et fortifications sur plusieurs centaines de mètres et ils profiteront de l'arrivée tardive des armées de secours des Gaulois de l'ouest, pourtant fortes de plus de 300 000 hommes. Les troupes gauloises, dirigées par plusieurs chefs seront à deux doigts par deux fois de faire jonction entre eux à la tombée de la nuit, à la suite de sorties de Vercingétorix et de ses cavaliers, mais au prix de nombreux tués dans les pièges romains.

Cette reddition, où Vercingétorix négociera la vie sauve pour les 60 000 rescapés d'Alésia, et après le départ des Gaulois de l'ouest, conduira à son emprisonnement à Rome, où il sera exécuté en prison. Les Romains créeront par la suite la ville d'Augustonemetum (ancêtre de Clermont-Ferrand), sur l'un des cinq sites urbains arvernes existants, lui-même site d'un ancien volcan.

On a retrouvé récemment à Clermont-Ferrand le pied de 60 cm de long d'une statue monumentale de 4,50 m de hauteur, représentant probablement un dieu ou un empereur romain[6].

Au Ve siècle, Sidoine Apollinaire, noble arverne et premier évêque de Clermont, fournit un témoignage sur l'Auvergne à la fin de l'Antiquité.

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 475 l'Auvergne est intégré au très grand royaume Wisigothe d'Euric. Habilement, il nomme un arverne catholique, Victorius, comme gouverneur de l'Auvergne et des provinces de l'Aquitaine[7] et il libère Sidoine Apollinaire, qui retrouve son siège épiscopal après deux années de captivité. Son successeur Alaric II est vaincu en 507 par les Francs à la bataille de Vouillé. L'Auvergne passe alors sous la domination de Clovis, le roi des Francs. Elle résiste et à la mort de ce dernier en 511, elle passe sous possession de son fils Thierry et fait partie de l'Austrasie pendant un siècle et demi. Des aristocrates gallo-romaine locaux sont nommés comtes et dirigent la province avec les évêques d'Auvergne. L'influence des royaumes germaniques restera très faible[8].

À la fin du VIIe siècle ou au début du VIIIe siècle, l'Auvergne passe sous l'influence du duché d'Aquitaine [9]. Gouvernée par les ducs d'Aquitaine qui portent également le titre de comte d'Auvergne, elle fait l'objet de convoitises entre francs et aquitains. Durant cette période, ce sont les évêques d'Auvergne qui exercent concrètement le pouvoir[10]. Ils fondent partout en Auvergne de nombreux monastères (Brioude, Manglieu, Thiers, Mozac, etc.), qui mènent une grande activité intellectuelle et scolaire[11] et font de l'Auvergne une importante place de la Chrétienté.

À ces troubles politiques, se rajoutent pendant ces siècles de grandes calamités telles que les épidémies au VIe siècle[12] et les incursions des Sarrasins. En 760 Pépin le Bref, dans sa lutte contre le duc d'Aquitaine, ravage l'Auvergne à deux reprises[13]. Les Normands attaquent la région à partir du IXe siècle. Ils assiègent et incendient la capitale[14]. Les puissantes familles seigneuriales locales, livrées à elles-mêmes, se mènent des guerres privées incessantes, et pillent la région sans relâche. L'insécurité permanente culmine au Xe siècle[15].

Cette insécurité est à l'origine du mouvement de la « Paix de Dieu », qui naît en Auvergne au milieu du Xe siècle, et qui aura un retentissement formidable dans le monde occidental. Il fondera les bases morales de la société médiévale[16].

Moyen Âge central[modifier | modifier le code]

Gouvernée jusqu'alors par les ducs d'Aquitaine et d'Auvergne la province connaît un changement politique majeur à la fin du Xe siècle quand Guy, vicomte de Clermont et d'Auvergne, se proclame comte d'Auvergne et crée la dynastie comtale héréditaire. Les comtes d'Auvergne s'affranchissent de plus en plus de leurs suzerains directs. A mesure que leur autonomie s'affirme, l'Auvergne s'intègre progressivement au royaume de France. Les comtes sont eux-mêmes suzerains de grands seigneurs [N 5]. A la même époque les évêques d'Auvergne deviennent maîtres de grands domaines centrés sur Clermont qui constituent la « seigneurie épiscopale de Clermont ». Concurrents politiques des comtes une longue rivalité entre Clermont et Montferrand voit le jour. Le compte d'Auvergne n'avait pas un grand réseau de vassaux, sans doute parce qu'il n'était que le descendant d'un modeste vicomte. Il possédait en propre de nombreuses terres en Basse-Auvergne, la majeure partie de la Limagne, des terres en Brivadois mais très peu de choses en Haute-Auvergne. Il n'était pas le maître de la capitale qui appartenait aux évêques qui avaient aussi de nombreux vassaux en Haute-Auvergne. Le domaine de l'Abbaye d'Aurillac était libre et exempt de toute juridiction et ne relevait que du pape[17] (il forma par la suite la vicomté de Carlat).

Urbain II prêchant la croisade à Clermont

Les abbayes d'Auvergne voient leur renommée s'étendre très largement dans la Chrétienté[18] et se bâtissent une solide réputation en Occident. Véritables foyers intellectuels, elles sont particulièrement prospères du XIe siècle au XIIIe siècle. Les abbayes d'Aurillac et de la Chaise-Dieu sont les plus célèbres. Gerbert d'Aurillac (926-1003), grand savant et mathématicien favorise l'introduction des chiffres arabes en Occident. Entre 950 et 1150 environ, l'Auvergne se couvre d'admirables églises romanes d'une grande homogénéité de style. C'est la naissance de l'art roman auvergnat.

En 1095 le pape Urbain II convoque un concile à Clermont. À la fin du concile, il lance l'appel de Clermont et adjure les chrétiens d’Occident de cesser leurs guerres fratricides et de partir pour la Terre Sainte pour délivrer Jérusalem. Une foule considérable de "pauvres gens" se met en route pour Jérusalem et sera massacrée par les Turcs. Les seigneurs partent à leur tour, de tout le royaume, dont le comte d'Auvergne Guillaume VI, et de nombreux seigneurs auvergnats. Ils prendront Jérusalem en 1099.

Le château de Tournoël fut assiégé en 1212 par les troupes royales

En 1147 Robert III d'Auvergne meurt en Terre Sainte . À son retour en Auvergne, son fils Guillaume "le jeune", se trouve dépossédé par son oncle Guillaume "l'Ancien" à qui l'on avait confié les biens et prérogatives pendant l'absence du comte d'Auvergne. Le conflit aboutit à un partage des terres du comté : Guillaume l'Ancien (ou Guillaume VIII) garde la plus grande partie des terres et conserve le nom de comté d'Auvergne ; Guillaume le Jeune (ou Guillaume VII) conserve Montferrand, la capitale comtale, ainsi que quelques terres autour de Pontgibaud et en Limagne (Dauphiné d'Auvergne).

En 1212 le roi de France Philippe-Auguste envoie une armée en Auvergne et dépouille Guy II de presque tout son comté. Les territoires confisqués, qui représentent la plus grande partie de l'Auvergne, sont annexés au domaine royal et nommés « Terre d'Auvergne ». Ainsi, à partir du début du XIIIe siècle, l'ancien comté d'Auvergne se trouve morcelée en quatre entités politiques aux statuts inégaux[19] : Le comté d'Auvergne, petite région centrée sur Vic-le-Comte, le Dauphiné d'Auvergne, région située à l'ouest d'une ligne Clermont-Issoire, la seigneurie épiscopale de Clermont, propriété de l'évêque de Clermont et la Terre d'Auvergne qui devient en 1360 le duché d'Auvergne avec Riom pour capitale .

Moyen Âge tardif[modifier | modifier le code]

Au XIVe siècle la province reste dans le giron de la famille capétienne. Elle est donnée en apanage à Alphonse de Poitiers, puis en 1360 comme duché à Jean Ier de Berry (qui rachète aussi la vicomté de Carlat). Une de ses filles épouse le duc de Bourbon qui devient alors duc d'Auvergne. Tous leurs domaines sont finalement confisqués par François Ier en 1527.

Duchés de Bourbon et Auvergne sous Charles III de Bourbon avant l'annexion de 1531 par François Ier provoquant le changement de camp du Duc.

La peste noire frappe durement l'Auvergne, en particulier en 1348, 1349, 1360 et 1383. La mortalité très élevée diminue fortement l'activité de la région[20].

Pendant la guerre de Cent Ans des hommes d'armes français recrutés sur les terres soumises à l'Angleterre et groupés en grandes compagnies pillent et rançonnent les villes auvergnates. Après 1375, les routiers s'implantent solidement en Haute-Auvergne et ne seront chassés que par une forte expédition royale en 1392.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Session des Grands Jours d'Auvergne, 26 septembre 1665
L'Auvergne dans ses limites du XVIIIe siècle et les communes et départements actuels.

Un siècle après la guerre de Cent Ans, l'Auvergne plonge dans les guerres de religion. Des milices calvinistes font des incursions dans le Haut-Pays, et prennent par surprise des châteaux ou des bourgs catholiques qu'ils rendent ensuite en contrepartie d'une rançon, pillant et détruisant les abbayes. Le capitaine Merle en particulier, solidement implanté dans le Gévaudan voisin, rançonne Issoire mais échoue devant Saint-Flour. C'est ainsi que l'année qui suit la destruction de l'Abbaye de Vabres, la ville d'Aurillac est prise en 1569, ses habitants rançonnés, et son abbaye entièrement pillée, ses trésors fondus et emportés à Genève, ses richesses vendues aux enchères, ses archives incendiées et ses bâtiments détruits.

En son temps, Philippe Auguste n’avait pas entièrement confisqué les biens de Guy II d'Auvergne pour les réunir en 1012 au Domaine royal: les comtes s’était maintenus à Vic-le-Comte, avec un fief en plein cœur de l’Auvergne. Catherine de Médicis en hérite par sa mère Madeleine de la Tour d'Auvergne à la mort de sa tante Anne d'Auvergne en 1524, et son mariage en 1533 avec le futur Henri II permet la réunion de ce dernier morceau de l'Auvergne.

En 1623, Blaise Pascal nait le 19 juin au pied de la Cathédrale de Clermont-Ferrand. Il est le fils d'Étienne Pascal (1588-1651), conseiller du roi pour l'élection de Basse Auvergne, puis second président à la Cour des aides de Montferrand, et passionné par les sciences (ami de Leibnitz, Mersenne, Roberval et Descartes). Il décidera d'éduquer seul ses enfants (dont Blaise), avec la visite régulière de ses amis scientifiques.

En 1665, Louis XIV instaure temporairement à Clermont et au Puy une cour criminelle d'exception, les Grands jours d'Auvergne, afin de faire droit à de nombreuses plaintes de personnes du peuple victimes des violences et des exactions de certains fonctionnaires ou membres de la noblesse d'Auvergne. La vie des magistrats est relatée par Esprit Fléchier, de nombreuses condamnations à mort et confiscations sont prononcées.

Au XVIIIe siècle la condition économique de la paysannerie s'améliore considérablement grâce à la politique avisée des intendants et des subdélégués d'Auvergne qui prennent le relais des abbayes et développent l'élevage, la fabrication du fromage, l'agriculture, les verreries, les forges, les routes.

Le XIXe siècle et le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Construction du Viaduc de Garabit en 1884

Napoléon III fera aussi beaucoup pour l'Auvergne, par exemple à Vichy, où il est soigné, en créant un casino, de grandes avenues, de grands hôtels, l'église, le chemin de fer et la gare, de grands parcs et une digue fluviale sur l'Allier. Napoléon III souhaitait faire de Vichy la plus belle station thermale de France, comparable à Baden-Baden en Allemagne (à l'époque le Pays de Bade). Lui et l'Impératrice Eugénie fréquentèrent également la station de Royat. S'intéressant à l'Histoire, il est membre de plusieurs sociétés savantes d'Auvergne comme la Société de la Haute-Auvergne, encourage les fouilles de Gergovie, fait connaître Vercingétorix, crée le musée national des antiquités galloromaines à Saint-Germain-en-Laye.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville de Vichy sera choisie par le Maréchal Pétain et par Pierre Laval, en raison de ses importantes capacités hôtelières et de sa position en zone libre, pour devenir la capitale du gouvernement replié à Bordeaux, à la suite de l'invasion allemande de 1940, puis le siège de l'État français et de son gouvernement.

Clermont-Ferrand sera la capitale de la France non occupée un jour, le 29 juin 1940 : le gouvernement français qui a quitté Bordeaux s'installera en effet à Clermont pour 24 heures, avant de rallier Vichy.

À la même époque, le Maréchal Pétain organise le repli de l'Université de Strasbourg avec ses professeurs et de nombreux intellectuels à Clermont-Ferrand, tandis que le Consistoire central israélite de France, avec les différentes organisations juives, est installé à Limoges.

La région administrative[modifier | modifier le code]

Siège de l'ancienne Région Auvergne à Clermont-Ferrand
Article détaillé : Région Auvergne.

En 1941 l’État français crée la région de Clermont-Ferrand qui regroupe les quatre départements de l'Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme. En 1955 la France se dote de nouvelles structures régionales. La région administrative Auvergne regroupe de nouveau les quatre mêmes départements. En 1972 la loi[21] fait de la région Auvergne un établissement public régional. La loi de décentralisation de 1982 en fait une collectivité territoriale à part entière.

La région Auvergne a été absorbée par la région Rhône-Alpes le [3] pour former une grande région administrative dénommée provisoirement « Région Auvergne-Rhône-Alpes ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Les 15 pays traditionnels d'Auvergne, les 4 pays du Bourbonnais et le Velay.
Le Puy de Côme.
Monts de la Margeride vus depuis le plateau de Tempel
La Limagne à Usson

Géographie physique[modifier | modifier le code]

L’Auvergne apparait comme une région bien individualisée du Massif central. Cependant, si elle est limitée à l’ouest par le Limousin et les gorges de la Dordogne, et à l’est par les monts du Forez, sa bordure méridionale reste plus indécise. On peut néanmoins la jalonner par l’Aubrac et la Margeride. La morphologie d'ensemble de la région se présente comme un entonnoir ouvert au nord et resserré au sud. Au centre, l'Allier forme un axe orienté nord-sud le long duquel s’étendent de vastes plaines : les Limagnes. De part et d’autre s'élèvent les formations collinéennes et de moyenne montagne.

Si le trait dominant de l’Auvergne est son compartimentage en massifs et bassins, un des caractères les plus originaux est la présence de massifs volcaniques remarquablement conservés.

Les massifs cristallins[modifier | modifier le code]

Les fragments de la vieille chaîne hercynienne qui dataient de la fin de l'Ère primaire ont été fracturés et portés à des altitudes variables à l'Ère tertiaire lors de l'apparition des Alpes. Les blocs cristallins ont été soulevés le long de failles et délimitent de petits fossés : la plaine d’Ambert, surplombée par le massif du Livradois (Bois Noirs, 1 218 mètres), et les monts du Forez (Pierre-sur-Haute, 1 634 mètres). Ces hosts granitiques sont prolongés au nord par la Montagne bourbonnaise et au sud par les monts de la Margeride (Signal de Randon,1 552 mètres) qui se prolongent dans la Lozère. Du nord-ouest au sud-ouest, les masses cristallines conservent une allure de plateau. Les Combrailles sont profondément entaillées par l’érosion fluviale (gorges de la Dordogne et de la Sioule). L’érosion glaciaire intense est à l’origine des nombreux lacs de l’Artense qui lui donnent des aspects de Scandinavie. Au sud-ouest, la Châtaigneraie offre un paysage de collines et un climat adouci, aux accents méditerranéens..

Les massifs volcaniques[modifier | modifier le code]

Au-dessus du socle cristallin, surgissent les édifices volcaniques dont les plus récents datent de l'Ère quaternaire et n'ont que quelques milliers d'années. Les monts Dôme alignent 80 volcans. Tous les types y sont représentés, même si les volcans de type strombolien sont les plus nombreux. Ce sont des volcans récents et bien conservés ; ils sont dominés par le Puy de Dôme (1 463 mètres). Une demande d’inscription du site au Patrimoine mondial de l’UNESCO est en cours. Au sud, se situent ensuite les monts Dore qui culminent au Puy de Sancy (1 886 mètres), point culminant du Massif central. Ce sont de grands stratovolcans plus anciens qui ont été démembrés par l’érosion fluviatile et glaciaire. Ils emprisonnent des lacs d’origines diverses : lacs de cratère tel que le lac Pavin, lacs de barrage volcanique comme le lac d'Aydat ou le lac Chambon ou lacs morainiques comme le lac de Guéry. Plus au sud, s’enchaînent d’abord le plateau basaltique du Cézallier, qui évoque parfois les paysages de l’Écosse, puis le puissant ensemble volcanique du Cantal. Avec ses 40 km de diamètre, d’où rayonnent, à partir du Puy Mary (1 787 mètres) et du Plomb du Cantal (1 858 mètres), des vallées en auge (Cère, Maronne, Rhue, Alagnon). Celles-ci séparent de vastes plateaux basaltiques, aux sols fertiles : les planèzes. La plus grande est la planèze de Saint-Flour. Cet ensemble bénéficie de la protection du Parc des volcans d'Auvergne. Au sud de la Truyère, l’Aubrac conserve une allure de plateau où terrains granitiques et volcaniques se mêlent. À l'est de l'Allier, les volcans du Livradois paraissent plus modestes et le massif du Devès ne présente aucun cratère volcanique.

Les plaines[modifier | modifier le code]

Les bassins d’effondrement, dans lesquels les mers tertiaires ont déposé plusieurs centaines de mètres de sédiments, ont fixé les cours de l’Allier le long duquel se succèdent les plaines fertiles. Ces plaines sont appelées « Limagnes » : Limagne de Brioude, d’Issoire, Grande Limagne, Limagne Bourbonnaise… Ces plaines sont parmi les plus basses, les plus plates et les plus fertiles d'Europe. Elles s'étalent sur quatre-vingt-dix kilomètres de long et forment une bande de terre noire en forme de triangle pointé vers le sud et évasé au nord. On y cultive les oléagineux, la betterave mais aussi la vigne et les fruits. Les rendements obtenus sont parmi les plus élevés d'Europe [22].

Climat[modifier | modifier le code]

Le Puy Mary en hiver

Adossée aux versants septentrional et méridional du Massif central, la région présente d'importants contrastes climatiques générés par le relief, avec une continentalisation rapide d'ouest en est. Trois influences interagissent sur cette région :

  • Au sud-ouest l'influence océanique est très sensible, le relief réactivant les perturbations d'origine atlantique (flux de sud-ouest à nord-ouest). Les précipitations sont régulières, partout supérieures à 110 cm/an, abondantes en montagne - optimum estimé à 250 cm dans les Monts du Cantal - occasionnant un enneigement conséquent bien qu'irrégulier en raison de redoux marqués. Cette région porte bien son surnom de « pays vert » ; on la compare aussi à l'Irlande ou aux highlands d'Écosse (l'ensoleillement y est néanmoins supérieur). Le versant méridional de l'alignement montagneux allant des Monts Dore aux Monts d'Aubrac constitue une franche limite climatique, caractérisée par un effet de foehn et une altération de l'influence océanique.
  • À l'est et au nord de cette ligne - soit sur l'essentiel du territoire régional - la tendance continentale se renforce, avec un accroissement de l'amplitude thermique été-hiver et de la part des orages dans le total des précipitations. À altitude égale, les hivers sont plus froids et beaucoup plus secs, et les étés plus chauds (la température peut dépasser 40° en plaine). Les précipitations sont de l'ordre de 50 à 80 cm/an en plaine (on relève localement des records d'aridité pour la France continentale), 100 à 140 cm en montagne (où l'enneigement est généralement moins abondant mais plus régulier que sur les montagnes du sud-ouest).
  • Une timide influence méditerranéenne, qui lors de cycles perturbés, se manifeste notamment dans le Brivadois et la Châtaigneraie.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de l'Auvergne.

L'Auvergne est habitée depuis plus de 15 000 ans. Ses habitants ont donc pu voir les éruptions volcaniques à l'origine des volcans les plus jeunes de la chaîne des Puys (4 000 à 12 000 ans av. J.-C.). On estime que vers 250 à 50 av. J.-C., la population des Arvernes, les Gaulois les plus riches de la Gaule Antique, était de l'ordre de 200 000 personnes[23].

Les principaux foyers de peuplement se trouvent près des cours d'eau (Allier, Tiretaine), les places de marché (Brioude) et les bassins industriels (Clermont-Ferrand, Cournon, coutellerie à Thiers, Vichy, Aurillac). Les villes représentent plus de 70 % de la population, tandis que les campagnes, après un fort exode rural au début du XXe siècle ont perdu l'essentiel de leur population.

La Région Auvergne comptait 1 440 000 habitants[24] mais la partie correspondant à l'ancienne province ne compte que 834000 habitants si on additionne les populations des départements du Cantal, du Puy-de-Dôme et de l'arrondissement de Brioude. Cette population progresse de façon régulière, grâce à l'un des taux d'emploi les plus élevés de France (91,1 % contre 89,8 % en moyenne nationale), comparable à celui de l'ancienne région Rhône-Alpes (91,1 %).

Elle se partage entre un département en forte croissance (Puy-de-Dôme, 655 498 habitants) qui concentre plus de 50 % de la population régionale, et les autres territoires à la moyenne d'âge plus élevée et moins peuplés (Cantal et parties de l'Allier et de la Haute-Loire).

Aujourd'hui, Clermont-Ferrand représente plus du quart de la population de la région.

Principales agglomérations[modifier | modifier le code]

L'Auvergne compte six villes dont l'aire urbaine dépasse 50 000 habitants[N 6]

Ville Population 1999
Commune Agglomération Aire urbaine
Clermont-Ferrand 141 004 258 541 409 558
Vichy 26 915 60 877 80 194
Montluçon 44 074 60 993 78 477
Le Puy-en-Velay 22 010 42 608 66 129
Moulins 22 667 40 050 58 355
Aurillac 32 718 36 096 56 830
Thiers 14 950 18 281 51 492
Issoire 14 778 14 548 27 502
Riom 19 324 25 052 Clermont-Ferrand

Transports[modifier | modifier le code]

Les axes autoroutiers nord-sud A71 et A75 Paris-Montpellier-Espagne et est-ouest A89 Bordeaux-Lyon-Genève, se croisent à Clermont-Ferrand. Ils permettent désormais de relier toutes les grandes métropoles nationales. La Méditerranée n'est plus qu'à h 48 de l'ancienne capitale régionale[25] depuis l'ouverture du viaduc de Millau en 2004. Avant renommage en A89, l'autoroute A72, venant de Saint-Étienne, permettait de relier Thiers à Clermont-Ferrand. L'autoroute A77, dite « Autoroute de l'Arbre », poursuit l'autoroute A6 au départ de Paris pour la prolonger et aller (en tant que route nationale 7) jusqu'à Moulins, dans l'Allier.

La qualité des routes est excellente sur tout le réseau des nationales et départementales et permet de relier Paris à Moulins (N 7) et Clermont-Ferrand en h 30, et Moulins à Montluçon (A71, N 79 et N 7)[26].

De même l'électrification (1990), l'amélioration de la ligne SNCF Paris-Clermont-Ferrand, et la mise en service du matériel « Téoz » à partir de septembre 2003 permettent de mettre Clermont-Ferrand au mieux à h 59 de Paris (train sans arrêt et h 25 avec arrêts intermédiaires), h 25 pour Moulins, h 55 pour Vichy, h 20 pour Riom et h 30 pour Montluçon. Aurillac et Le Puy-en-Velay ne disposent quant à elles pas de relation directe en train avec l'Île-de-France.

L'aéroport de Clermont-Ferrand Auvergne accueille le hub régional d'Air France et a dépassé en 2003 le cap d'un million de passagers annuels. Les aéroports d'Aurillac et du Puy-en-Velay sont reliés à Paris, respectivement par Airlinair et Hexair.

Toutefois, le désenclavement se limite essentiellement à la vallée de l'Allier au nord et aucune LGV n'est prévue à l'horizon 2012.

L'amélioration de la ligne Clermont-Ferrand-Lyon devrait permettre à l'Auvergne de bénéficier des avantages de la gare de la Part-Dieu pour l'accès à la LGV Méditerranée et aux futures lignes Rhin-Rhône porté par l'association ALTRO.

À la suite de la fusion annoncée et acceptée par les régions Auvergne et Rhône-Alpes, le projet d'une ligne TGV Paris-Bourges-Clermont-Ferrand-Lyon se précise de plus en plus. Si une telle ligne était construite, elle mettrait Clermont-Fd à h 15 de Paris et permettrait de dédoubler l'axe TGV rhodanien très chargé.

Depuis le , la région gère le service TER régional dans le cadre d'une convention avec la SNCF. Le périurbain allant de Moulins à Brioude concentre la plus importante part des services avec un cadencement lentement mis en place depuis décembre 2011.

Article détaillé : TER Auvergne.

[27]

Économie[modifier | modifier le code]

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Malgré son faible marché local la région a développé de nombreux champions nationaux et internationaux tournés vers l'exportation tels que Michelin, Limagrain (semences), Aubert et Duval (aéronautique), MSD-Chibret (pharmacie), SOCOPA (viande), Centre-France-La Montagne (presse quotidienne régionale), Volvic-groupe Danone (eau minérale). La plupart de ces champions exportent plus de 75 % de leur production dans le monde entier. L'Auvergne compte aussi de nombreuses PME dynamiques qui bénéficient d'un réseau de formation supérieure de qualité centré sur la capitale régionale. Clermont-Ferrand comptait deux universités, six grandes écoles et 45 000 étudiants en 2015[28].

Industrie[modifier | modifier le code]

Affiche Michelin de 1898.

L'Auvergne est une région relativement industrielle, puisque la part de l'industrie dans la population active en 2015 s'élevait à 18 % (80 000 emplois) contre 13 % pour la moyenne nationale. Toutefois, de 2005 à 2015, l'industrie auvergnate a perdu un cinquième de ses emplois[29] [30]. Le tissu industriel est diversifié : pneumatiques (Michelin), élastomères (Trelleborg Industrie), industries métallurgiques (Aubert et Duval, Constellium), mécaniques (Valeo), pharmaceutiques (MSD-Chibret), Câbleries (Groupe OMERIN)[31]... Il s'appuie aussi sur des traditions industrielles anciennes (coutellerie à Thiers, métallurgie à Issoire, dentellerie au Puy, parapluies à Aurillac).

Pneumatiques et caoutchouc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Michelin.

La principale industrie auvergnate est celle du pneumatique. Michelin était la deuxième entreprise mondiale du secteur en 2014 [32] [33], elle est implantée dans 195 pays. L'entreprise a gardé son siège social et son centre directeur à Clermont-Ferrand, c'est un cas unique en France car toutes les autres entreprises du CAC40 ont leur siège à Paris. Aujourd'hui encore l'entreprise emploie 14 000 personnes à Clermont-Ferrand notamment dans les services administratifs ou dans la R&D. Au nord de la ville, le centre de recherche de Ladoux reste le plus important du groupe au niveau mondial (2 500 salariés)[34]. L'entreprise concurrente Dunlop est installée à Montluçon.

Pharmacie[modifier | modifier le code]

En 2016 l'Auvergne se situait au 4e rang national pour son industrie pharmaceutique. Le secteur représentait 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires et faisait vivre 3 600 salariés[35]. Trois sites majeurs sont installés près de Clermont-Ferrand. À Vertolaye le site de Sanofi produit des corticostéroïdes. À Riom MSD Chibret produit des médicaments ophtalmologiques, antibiotiques et antiparasitaires. Thea, également spécialisée dans l'ophtalmologie, est le premier groupe européen indépendant dans ce domaine et possède une vingtaine de filiales dans vingt pays d'Europe[36]. Le Groupement des Industries du Médicament de la Région Auvergne (Gimra) réunit 37 entreprises comme Quantel Medical (équipement laser et à ultrasons) ou TVM (ophtalmologie vétérinaire)[37].

Métallurgie et travail des métaux[modifier | modifier le code]

Couteau de Thiers.

En 2003 le secteurs de la métallurgie et des équipements mécaniques en Auvergne représentait 23 000 salariés soit 23 % des salariés industriels [N 7]. L'activité liée aux métaux se concentre dans les environs de Thiers, Issoire et Dompierre-sur-Besbre.
À Thiers la coutellerie est une activité multiséculaire et fournit encore 70 % de la production nationale. De nombreuses PMI y exercent leur activité principalement dans le décolletage. Aubert et Duval (aciers spéciaux) exploite la plus puissante presse hydraulique du monde occidental avec 65 000 tonnes de puissance installée en 1974[38] à Issoire et une Aciérie électrique aux Ancizes. Toujours à Issoire, Constellium produit des pièces d'aluminium pour l'industrie aéronautique et Issoire Aviation produit également des pièces pour l'aéronautique et des avions légers. L’équipementier Valeo produit des accessoires pour automobiles et PSA Peugeot Citroën exploite à Dompierre-sur-Besbre une fonderie où l'on fabrique des pièces de freinage.

Agriculture et secteur agro-alimentaire[modifier | modifier le code]

Avec 41 000 emplois en 2010, l'agriculture représentait 6,1 % des emplois régionaux (le double de la moyenne nationale : 3,1 %)[39]. En moyenne, La valeur de l’ensemble des productions agricoles approchait 2 milliards d’euro. La production de viande bovine arrive largement en tête (41 % de la production agricole auvergnate). En 2010 l’agriculture occupait plus d’1,5 million d’hectares en surface agricole utilisée, soit 57,3 % du territoire régional. Le reste du territoire est occupé par des surfaces boisées (742 000 ha) et par des friches (342 000 ha)[39].

L'agroalimentaire est forte et a développé quatre filières d'excellence : la filière céréales qui s'appuie sur les production de la Limagne, la filière viande avec des productions bovines reconnues (races Salers) mais aussi ovines, porcines et aviaires, la filière lait (cinq AOP fromagères) qui compte 9000 producteurs de lait et la filière boissons (109 sources d'eaux minérales et numéro 1 en Europe avec six marques nationales ou internationales)[40] [41]. La sylviculture, la production de miels, de confitures et de fruits confits sont des activités anciennes mais toujours présentes.

Filière céréales[modifier | modifier le code]

Siège de Limagrain.

Dans les Limagnes on pratique les grandes cultures : céréales (blé, orge, maïs), oléagineux (colza, tournesol) et betteraves sucrières. Au total 270 000 hectares sont sont consacrés à la production céréalières et c'est à Clermont-Ferrand que se situe l'usine française de transformation de betteraves la plus méridionale. L’entreprise Limagrain est devenue le quatrième plus grand semencier mondial. Elle a établi son siège social à Chappes, près de Clermont-Ferrand. Cette société dispose d'un réseau de recherche composé de 50 stations de sélection, sept laboratoires de biotechnologie et trois laboratoires de recherche sur les ingrédients, ce qui en fait, avec l'INRA et Michelin, l'un des principaux pôles de recherche de la région, avec des dépenses de Recherche et développement de 60 millions d'euros par an.Jacquet (leader français de la boulangerie industrielle), et de Domagri, disposant d’installations ultra-modernes pour le travail du grain. Parallèlement à la production de céréales et à l'activité de meunerie, une industrie tournée vers l’alimentation animale se développe (Alivert, Jambon SA, Pet Food Plus, Thivat Nutrition Animale)[40]. Dans la Haute-Loire, la culture de la lentille verte du Puy se localise sur les plateaux du Devès. C'est le premier légume à avoir obtenu une AOC.

Filière boissons[modifier | modifier le code]

Les sources de Volvic.

L'Auvergne bénéficie de nombreuses sources d'eau minérale naturelle plate ou naturellement gazeuse, dont plusieurs sont commercialisées (Vichy Célestins et Vichy Saint-Yorre, Chateldon, Rozana, etc.). La plus connue, l'eau de Volvic, n'a jamais été utilisée en thermalisme. Très faiblement minéralisée, elle est classée eau de source aux États-Unis.Le secteur des eaux minérales est particulièrement bien représenté avec Volvic, mais aussi le Groupe Alma (Saint-Yorre, Vichy Célestins, Chateldon et Rozana), Sainte-Marguerite, Châteauneuf, Saint-Diéry, Saint-Géron, Arvie, SMDA (Mont-Dore), Aquamark (Laqueuille) etc.

Filière viande[modifier | modifier le code]

Vache de race Salers.

Dans sa partie montagneuse, l'Auvergne est une région d'élevage extensif orientée vers la production de lait et de viande. C'est le berceau de la race bovine salers et dans une moindre mesure de la race aubrac (Cantal). On y élève aussi beaucoup la charolaise. La ferrandaise est une race locale ancienne qui se développe à nouveau.

Essentiellement orientée vers la viande de boucherie, l’industrie des viandes s’appuie également sur l’élevage de volailles (dix labels rouges), l'élevage porcin (appellation "Porc d'Auvergne") et les salaisons. La production de viande bovine est bien représentée dans l'Allier, ainsi que dans les Combrailles qui s'est spécialisé ces dernières décennies dans la production de broutards de race charolaise destinés à l'exportation. Dans l'est de la Haute-Loire le Fin gras du Mézenc est une AOC de viande bouchère produite avec des animaux engraissés avec le foin des prairies d'altitude. L'Auvergne organise chaque année en octobre le « Sommet de l'Élevage » à Cournon-d'Auvergne, première manifestation de ce type en Europe.

Les quatre plus grands groupes industriels du secteur sont Arrivé Auvergne, Socopa, Doux et Celvia[40].

Filière lait[modifier | modifier le code]

4 fromages d'Auvergne : Cantal, Bleu d'Auvergne, Fourme d'Ambert et Saint-nectaire.

L'Auvergne est une région importante pour la production de fromages. Avec 50 000 tonnes, elle produit le quart de la production française de fromages AOP en 2011 [42]. Cinq appellations agricoles fromagères bénéficient de la protection AOP : Bleu d'Auvergne, Cantal (en trois affinages : jeune, entre-deux, vieux), Fourme d'Ambert, Salers, Saint-nectaire. La production est riche et variée : le gaperon, le chèvreton du Forez, le murol, le pavin, le crottin d'Ambert, la fourme de Saint-Anthème ou le chapelou sont des produits reconnus. Les plus grandes entreprises françaises y sont implantées : Sodiaal (Candia), Bongrain, Lactalis, 3A-Fromageries Occitanes, Société Laitière des volcans d'Auvergne et des PME locales reconnues : Dishamp, Walchli, Garmy...

Sylviculture[modifier | modifier le code]

En 2014 le secteur Bois employait environ 12 000 personnes en Auvergne, répartis sur environ 4 000 entreprises, tous segments confondus. Il comptait 7 550 salariés (7 % en exploitation forestière, 13 % en 1re transformation, 74 % en 2e transformation et 6 % en négoce) [43]. Dans le nord de l'Allier, la forêt de Tronçais (10 400 ha) est aussi une curiosité touristique. Haute futaie de chênes, créée à l'époque de Colbert pour les besoins de la marine, qui fournit aujourd'hui, notamment, le bois utilisé pour la fabrication des tonneaux des grands crus. Elle est une des plus grandes d'Europe.

La Recherche[modifier | modifier le code]

L'Auvergne est également l'un des premiers pôles de recherche en France avec plus de 45 000 étudiants et 6 000 chercheurs[44] en 2011, dans les domaines de la chimie, des pneumatiques, de l'acier, des sciences médicales et pharmaceutiques, dans la recherche agronomique, dans les biotechnologies, la sismologie, la météorologie. Elle compte quatre EPST (INRA, CNRS, Inserm, IRSTEA), le BRGM, deux pôles de compétitivité dynamiques (Céréales Vallée et ViaMéca), elle participe au Cancéropôle CLARA et au pôle de compétitivité Elastopôle.

Six grandes écoles d'ingénieurs sont reconnues internationalement : ISIMA (Institut Supérieur d’Informatique de Modélisation et de leurs Applications), POLYTECH (Institut des Sciences de l’Ingénieur), SIGMA Clermont (Mécanique et chimie), l’ESC Clermont (École Supérieure de Commerce de Clermont-Ferrand), Agro Paris Tech ENGREF (École Nationale du Génie Rural des Eaux et des Forêts), VetAgro Sup (Institut d'enseignement supérieur et de recherche en alimentation, santé animale, sciences agronomiques et d'environnement)[44].

Thermalisme[modifier | modifier le code]

L'Auvergne a aussi développé un pôle de santé et de loisirs fort avec les stations thermales de Vichy, du Mont-Dore, de Chatel-Guyon, entre autres. Elle compte 10 stations thermales :

L'association Thermauvergne inclut également deux stations immédiatement frontalières de l'Allier : Bourbon-Lancy, située dans le département de la Saône-et-Loire, et Evaux-les-Bains, située dans le département de la Creuse (mais Saint-Nectaire ne fait pas partie de cette association). Vichy, sous l'impulsion de Napoléon III, est devenue à partir du milieu du XIXe siècle « la Reine des villes d'eaux ». La station thermale de La Bourboule dans le Puy-de-Dôme, crée en 1875 à la suite de la découverte des eaux thermales, fut un centre touristique d'importance, notamment autour de 1900, lorsque 10 000 curistes y venaient chaque année. La fréquentation est aujourd'hui bien plus faible.

Tourisme[modifier | modifier le code]

En 2014 le chiffre d'affaire du tourisme auvergnat s'élevait à 2.5 milliards d'euros. On y a compté 34 million de nuitées (dont 37 % sont des nuitées marchandes) pour 170 000 lits touristiques marchands (principalement en campings, hôtels et meublés de tourisme) et 410 000 lits en résidences secondaires.

Quelques statistiques[modifier | modifier le code]

Téléphérique du Plomb du Cantal.

Chaque année, la région enregistre environ 10 à 11 millions de nuitées dans les hébergements marchands, 5 à 6 millions de nuitées en résidences secondaires, et 10 à 12 millions de nuitées réalisées chez des parents ou amis[45]. D'après les travaux conduits par l'Observatoire régional du tourisme "SPOT Auvergne" cette clientèle touristique en séjour apporte annuellement entre 1,2 et 1,4 milliard d'euros dans l'économie régionale. La consommation touristique totale se situe entre 2,5 et 2,8 milliards d'euros et plus de 7 % du PIB régional.

L'Auvergne représente globalement entre 2,7 et 3 % de part de marché dans l'activité touristique nationale, en croissance régulière et totalise entre 12 000 et 25 000 emplois salariés liés au tourisme selon les mois, en raison de la forte saisonnalité. La clientèle néerlandaise représente 36 % de nuitées. 20 % de la clientèle française vient de l'ancienne région Rhône-Alpes et 18 % de l'Île-de-France. Trois sites majeurs accueillent un million de visiteurs chaque année[45]

Tourisme vert[modifier | modifier le code]

Le train Panoramique des Dômes.

Le tourisme vert est un point fort de la région . Elle compte deux parcs naturels régionaux, le Parc naturel régional des volcans d'Auvergne et le Parc naturel régional du Livradois-Forez mais aussi 70 sites de baignade en plan d'eau ou rivière, 5 plages labellisées "Pavillon Bleu", 16 sentiers de Grande Randonnée, 14 itinéraires équestres, 8 voies vertes et 4000 km d'itinéraires VTT balisés... Des sites exceptionnels comme le Puy Mary ou le Plomb du Cantal sont accessibles par téléphérique ou par la route. Le Puy de Dôme est desservi par le train Panoramique des Dômes. De nombreux sentiers de randonnée sillonnent l'ensemble des massifs.

La région compte six routes historiques et touristiques :

  • la route historique des châteaux d'Auvergne ;
  • la route des jardins du Massif Central ;
  • la route des métiers en Livradois-Forez ;
  • la route des villes d'eaux ;
  • la route des fromages ;
  • les chemins de Saint-Jacques.

Parcs de loisirs[modifier | modifier le code]

Le cône de Vulcania.

Le PAL, situé vers Dompierre-sur-Besbre dans l'Allier, attire plus de 500 000 visiteurs par an en combinant les équipements d'un parc de loisirs et d'un grand parc animalier[45]. Vulcania, parc de loisirs centré sur le volcanisme situé dans le Puy-de-Dôme, est une attraction touristique ouverte en février 2002 qui reçoit chaque année plus de 300 000 visiteurs. Trois nouveautés Sur les traces des dinosaures, Premier Envol et Bouleversements devraient encore doper la fréquentation du parc en 2015 et dans le futur. Le Parc animalier d'Auvergne compte plus de 400 animaux sur 25 hectares et accueille en moyenne 83000 visiteurs[45]. L'Aventure Michelin est un nouvel espace patrimonial de la marque qui a été inauguré le par Michel Rollier, cogérant de Michelin. Situé sur le site historique de Cataroux à Clermont-Ferrand, les visiteurs peuvent découvrir les 2 000 m2 consacrés à l'histoire du groupe, de ses hommes et de ses innovations.

Sports d'hiver[modifier | modifier le code]

Station de ski du Super Lioran.
Super Besse.

La région compte plusieurs stations de ski alpin, les principales sont Super Lioran sur le massif du Cantal (60 km, 45 pistes), Super-Besse (43 km, 27 pistes) et Le Mont-Dore (41 km, 31 pistes) dans le massif du Sancy soit au total 1P0 km de pistes alpines. L'Auvergne dispose également 900 km de pistes nordiques réparties sur 12 domaines consacrés au ski de fond.

Stations de ski en Auvergne

Cantal Puy-de-Dôme Haute-Loire Allier

Festivals et points d'intérêt[modifier | modifier le code]

La-Chaise-Dieu JPG0 (7).JPG Trois festivals ont obtenu une renommée internationale. Le Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand est le plus grand festival de court-métrage au monde, et le deuxième festival de cinéma de France en termes de fréquentation (160 000 entrées en 2014). Le festival de théâtre de rue d'Aurillac, créé en 1986, est le plus grand rassemblement hexagonal des arts de la rue[46]. Le Festival de musique de La Chaise-Dieu, créé en 1966, réunit des milliers de mélomanes et d’artistes de renommée internationale au cœur des hauts plateaux du Livradois[47].

La région possède sept territoires labellisés par le ministère de la Culture et de la Communication Villes et Pays d'art et d'histoire : le Pays de Riom, le Pays de Billom-Saint-Dier, le Pays d'Issoire-Val d'Allier Sud, le Pays du Haut-Allier, le Pays de Saint-Flour-Margeride, le Pays du Puy-en-Velay, et la ville de Moulins. 3 édifices classés au patrimoine mondial de l'Unesco, 11 plus beaux villages de France et 2235 Monuments historiques classés ou inscrits[45].

Le guide vert, le guide rouge gastronomique et les Cartes Michelin nés en Auvergne, contribuent depuis leur création au développement du tourisme en Auvergne et en France. En octobre 2015, le guide touristique Lonely Planet a classé l'Auvergne au sixième rang des régions incontournables à découvrir dans le monde. Qualifiée par le guide de « joyau méconnu », elle intègre ainsi le Top 10 des régions à visiter en 2016.

Culture[modifier | modifier le code]

Costume traditionnel auvergnat.

L’Auvergne s’inscrit en totalité dans l’aire linguistique de l’occitan[N 8] mais cette caractéristique ne suffit pas à en faire une région véritablement méridionale. Située au cœur du pays, elle fait partie de la France médiane plus que de la France centrale ; c'est une terre « intermédiaire » qui se trouve à la rencontre d’influences venant aussi bien du nord que du sud. Les différents courants culturels y ont pénétré principalement par le nord-est et le sud-est et se sont mêlés de façon diverse dans chacun des quinze pays traditionnels. À la fois originaux et diversifiés les traits culturels caractérisant l’Auvergne dépassent largement les frontières étroites de la province historique[48].

Langues régionales[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : auvergnat et languedocien.

L'auvergnat et le dialecte carladézien (languedocien-guyennais septentrional) sont les deux dialectes occitans parlés en Auvergne. Le bourbonnais, forme dialectale du français ou langue d'oïl, se parle dans les deux tiers nord du Bourbonnais (département de l’ Allier).

L’auvergnat[modifier | modifier le code]

Aires géographiques simplifiées des nuances dialectales de l'auvergnat d'après P. Bonnaud

Les limites linguistiques de l’auvergnat ne correspondent pas à celles de l’ancienne province. On ne le parlait pas dans l’arrondissement d’Aurillac, mais il était parlé dans le sud du Bourbonnais (ligne Montluçon-Gannat-Vichy), le Velay, la moitié est de la Creuse, le Pays d'Ussel et au nord de la Lozère et de l’Ardèche. On peut utiliser trois systèmes graphiques différents pour écrire l’auvergnat : la norme mistralienne adaptée à la fin du XIXe siècle par l’Escolo Auvernhato, la norme classique conçue à l’origine pour le languedocien et généralisée aux autres dialectes occitans et la norme bonnaudienne créée en 1973 pour mieux s’adapter aux caractéristiques intrinsèques de la langue. Un courant régionaliste[49],[50] défend la thèse selon laquelle l'auvergnat serait une langue romane originale, formée directement à partir du gallo-romain parallèlement à l'occitan. On distingue trois types dialectaux pour cette langue : l’auvergnat septentrional, le plus répandu géographiquement, concentre 80 % de la littérature, l’auvergnat méridional parlé dans les deux tiers du Cantal et l’auvergnat médian (ou arverno-velave) parlé de l’ Artense au Velay qui combine des caractéristiques des deux groupes précédents.

L’aurillacois[modifier | modifier le code]

L'aurillacois est une variété du languedocien-guyennais septentrional. Il a été nommé "Dialecte carladézien" par le mouvement du revivalisme linguistique du félibrige. Il est parlé dans le quart sud-ouest du département du Cantal. Proche du rouergat, cette langue possède certains phonèmes et des éléments de vocabulaire venant de l’auvergnat. Cela laisse supposer que le languedocien à supplanté l’auvergnat dans cette partie de la région au cours du Moyen Âge.

Le bourbonnais[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bourbonnais (dialecte).

Si les deux tiers nord du Bourbonnais (Allier), autour de Moulins et au nord d'une ligne Lapalisse - Saint-Pourçain-sur-Sioule - Montluçon, (auxquels il faudrait adjoindre la partie bourbonnaise du département du Cher, vers Saint-Amand-Montrond) sont de langue d'oïl, il faut préciser que le tiers sud du Bourbonnais, vers Montluçon était de langue d'Oc il y a encore cinquante ans. Il subsiste aujourd'hui une bande de l'Auvergne, rattachée à l'Allier lors de la départementalisation qui parle auvergnat. Le sud-est du département (surtout la Forterre et la Montagne bourbonnaise) subit également de nombreuses influences du francoprovençal (arpitan) en provenance du Forez voisin ; l'Allier est ainsi le point de rencontre des trois grands ensembles linguistiques romans de France. Le terme de bourbonnais reste ambigu : il peut désigner aussi bien les parlers occitans (le bourbonnais d'oc) que les parlers français du Bourbonnais (le bourbonnais d'oïl).

Usage des langues régionales[modifier | modifier le code]

D'après un sondage de 2006[51], la dénomination la plus répandue pour l'une ou l'autre des deux langues est le terme patois (78 % de la population) au côté de termes plus régionalisés (auvergnat, bourbonnais, vellave). Néanmoins, une certaine conscience des identités culturelles émerge au travers de dénominations telles que bourbonnais (5 %), auvergnat (10 %), et langue d'oc (12 %).

La langue régionale, qu'elle soit d'oïl ou d'oc, représente une forte réalité de la région :

  • 61 % déclarent comprendre plus ou moins bien leur langue régionale dont 22 % facilement ou parfaitement ;
  • 42 % déclarent savoir la parler plus ou moins bien dont 12 % facilement ;
  • 29 % déclarent la lire plus ou moins bien dont 10 % assez facilement ;
  • 17 % déclarent l'écrire plus ou moins bien dont 4 % facilement.

La transmission de la langue se fait pour l'essentiel dans le cadre familial (grands-parents à 61 %, ou encore l'entourage à 50 %) avec une part très faible par le réseau institutionnalisé qu'est l'école (10 %). Ici se pose le problème du rôle de l'État dans celle-ci puisque 40 % des gens qui n'ont pas appris la langue à leurs enfants regrettent maintenant de ne l'avoir pas fait. Ce regret est encore plus fort chez les générations montantes (58 % chez les moins de 35 ans).

De plus le souhait d'apprendre est très présent. Il est le plus fort chez les moins de 35 ans (23 %). Le désir de voir la langue être proposée à l'école est le plus fort dans les départements suivants: Haute-Loire (53 %), Puy-de-Dôme (51 %) et Cantal (74 %). Le souhait que ses propres enfants apprennent la langue est très fort (41 %) et se renforce chez les jeunes générations (58 % chez les moins de 35 ans). 71 % des habitants de la région se déclarent favorables au maintien et au développement de la langue et de la culture régionales, encore davantage chez les moins de 35 ans (76 %). Pour ce faire, ils souhaitent voir différentes institutions jouer leur rôle :

  • France 3 Auvergne devrait proposer des émissions en langue régionale à 54 % ;
  • la région (54 %), l'Éducation nationale (43 %), le ministère de la culture (42 %) et les communes sont vus par les habitants de l'Auvergne comme étant les acteurs légitimement en devoir de transmettre et de développer leur langue et leur culture[N 9].

Littérature[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : musique auvergnate.

Musique classique[modifier | modifier le code]

George Onslow
Joseph Canteloube

George Onslow est incontestablement le plus éminents des compositeurs ayant vécu en Auvergne. Né à Clermont-Ferrand (1784), il y est également décédé (1853). En dépit d'une renommée internationale, il resta toujours fidèle à sa ville natale, ce qui ne l'empêcha pas de fréquenter les plus illustres musiciens de son temps et d'être publié et diffusé partout en Europe par les plus grandes maisons d'édition. Un festival, Les Soirées Onslow, lui est consacré chaque été pendant la première semaine du mois d'août à l'initiative du Quatuor Prima Vista qui en est le fondateur.

Dans les années 1920, Joseph Canteloube[N 10] (1879-1957) collecte, harmonise, et orchestre le recueil Chants d'Auvergne. Ces chants traditionnels font partie du répertoire classique et ont été enregistrés par de nombreux chanteurs, telle la soprano Madeleine Grey qui les crée en 1926, les barytons Gérard Souzay puis Bernard Boucheix en 1966 et 2007, Victoria de Los Angeles en 1973, Frederica von Stade en 1985, etc.

Plusieurs compositeurs sont nés en Auvergne mais sont bien vite partis s’établir à Paris : Antoine Lhoyer, Emmanuel Chabrier, François George Hainl, André Messager, Antoine-François Marmontel, Roger Désormières, André Gannes, et François-Bernard Mâche. Seuls quelques-uns sont originaires d’Auvergne et y ont établi leur activité : c’est le cas d’Henri Thévenin (né à Vichy), Gilles Raynal (né à Saint-Flour), et Baudime Jam (né à Clermont-Ferrand).

D'autres ont résidé pendant des périodes plus ou moins longues en Auvergne, sans toutefois s’y installer : Jean-Philippe Rameau (originaire de Dijon), Isaac Strauss (originaire de Strasbourg), Pierre Angot (originaire de Neuville-lès-Dieppe), et Dominique Jayles (originaire de Toulouse).

Daniel Meier (1934-2004) était originaire de Pau mais s'est établi définitivement en Auvergne en 1975.

Musiques traditionnelles[modifier | modifier le code]

Jean Rascalou, joueur de cabrette

Dans le domaine des musiques traditionnelles, l'Auvergne est connue pour sa musique à danser notamment avec la célèbre bourrée. Depuis les années 1970, lors de la vague folk, la musique de tradition orale est collectée, enregistrée et mise à disposition du plus grand nombre pour que ce patrimoine soit le ferment de nouvelles créations. Aujourd'hui de nombreux groupes assurent des bals, concerts, spectacles : Bouffard en trio, l'Auvergne Imaginée, Le Comité, La Compagnie Léon Larchet, La Chavannée, La Pastourelle de Roannes Saint Mary, Les Brayauds, Le Duo Artense, Virginie Basset, Anne-Lise Foy, Raucaterme, Alain Bruel…Vielle, accordéons diatonique ou chromatique, cabrette, violon, cornemuse…se mêlent aux trombones à coulisse, trompette, basse, batterie pour le plaisir de danser des polkas, mazurkas, valses, bourrées à 2 ou 3 temps…
Martin Cayla (1889-1951), musicien et éditeur de musique originaire de Sansac-de-Marmiesse dans le Cantal, fut un des acteurs principaux de diffusion de la musique du Massif Central.

Danse[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Art roman auvergnat.

Au XIe siècle et XIIe siècle l'Auvergne a connu une remarquable efflorescence spirituelle et artistique. On ne compte pas moins de deux cents cinquante édifices religieux romans datant de cette époque et constituant un patrimoine culturel exceptionnel. Alors que les régions du nord de la France ont rapidement évolué vers l'art gothique, l'Auvergne a connu un développement plus lent et plus tardif, qui a légué des édifices romans de taille importante et de belle qualité. Cinq édifices situés autour de Clermont-Ferrand sont appelés "les églises majeures" du fait de l'homogénéité de leur architecture : Notre-Dame-du-Port, Saint-Nectaire, Saint-Austremoine d'Issoire, Notre-Dame d'Orcival et Saint-Saturnin. Elles ont toute l'apparence d'édifices construits en une seule campagne, probablement à partir du modèle de l'ancienne cathédrale romane de Clermont aujourd'hui disparue. Ils présentent une synthèse architecturale complexe, précise et tout à fait exceptionnelle dans l'art roman[52],[53].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine auvergnate.
Pâté de pommes de terre.
Truffade.
Bol d'aligot.
Pompe aux grattons.

La cuisine auvergnate traditionnelle a gardé la réputation d’être simple et roborative. D'origine paysanne, on y trouve souvent des plats à base de choux. Avec les cochonnailles, ce légume est à l'origine de plats tels que la potée, le chou farci, la pintade fermière aux choux, ou la saucisse de choux. Dans l'Aubrac, la soupe au fromage revient à la mode[54].

Les salaisons auvergnates ont une réputation de grande qualité : jambons et saucisses d'Auvergne séchées en altitude, petit salé accompagné de lentille vertes du Puy (AOP). Parmi les charcuteries, les pieds de porc panés ou au vin blanc sont des mets réputés, ainsi que l'andouillette de Saint-Pourçain et le pâté thiersois. Le coq et le chapon fermiers au Chanturgue, le gigot brayaude, la truite au lard ou les rillettes de canard sont des grands classiques de la table auvergnate.

Les bourriols sont des petites galettes composées pour moitié de farine de sarrasin et de farine de blé alors que la pachade est une sorte de crêpe épaisse et croustillante cuite dans une poêle avec du beurre. Les rissoles de Saint-Flour quant à elles sont fourrées avec une préparation à base de cantal entre-deux et de fromage blanc.

L'ail rose de Billom est réputé par son goût incomparable. Il est produit dans une aire géographique qui s'étend autour des communes de Billom, Reignat, Espirat, ou entre autres Glaine Montaigue. Billom organise chaque année la traditionnelle foire à l'ail et à la brocante le deuxième weekend d'août.

La pomme de terre, à la culture adaptée au climat d'altitude, est à l'origine de plats tels que la truffade, un plat composé de pommes de terre sautées et de tome fraîche de cantal. L’aligot est une purée faite avec la tome du même fromage et de l’ail. Le pounti est un pâté sucré-salé du Carladès et de la Châtaigneraie. La patranque est un plat à base de cantal doux et de pain de campagne. Ces spécialités se retrouvent aussi en Margeride dans le sud de l'Aubrac et en Viadène.

Parmi les nombreux desserts, la pompe aux pommes, les cornets de Murat fourrés à la crème fraîche et les carrés de Salers, sont les plus connus[55]. La fouasse du Cantal est une grosse brioche au levain parfumée à la fleur d'oranger. La tarte à la tomme de Vic-sur-Cère est une spécialité locale mais les pâtisseries auvergnates les plus classiques sont le milliard aux cerises et les tartes aux myrtilles du pays. Les friandises les plus fameuses sont bien sûr les pâte de fruits, fruits confits et confitures de la Limagne et de Clermont mais aussi les croquets, les macarons de Massiac, les volcans du lac Pavin, les pralines et massepains d'Aigueperse, les tourtes macarons-myrtilles, les nougats et les pains d'épices locaux.

Les vins d'Auvergne bénéficient de l'AOC Côtes-d'auvergne, Madargue, Châteaugay, Chanturgue, Corent et Boudes sont les cinq dénominations locales. On produit aussi des bières, hydromels et cidres de façon artisanale. Les eaux minérales sont nombreuses et variées. La Salers et l'Avèze sont des liqueurs de gentiane très connues, mais la verveine du Puy, le Birlou, le Pelou tonic ainsi que les liqueurs de châtaigne, de myrtille ou de gentiane d'Aurillac méritent aussi d'être citées.

Le Bourbonnais a aussi ses spécialités : le pâté aux pommes de terre aussi appelé « pâté bourbonnais » est préparé avec de la crème fraîche, la pompe aux grattons, le piquenchâgne, la moutarde de Charroux, les dindes de Jaligny, le parfait de Charolais, le canard à la Duchambais, le fromage Chambérat, les sucreries (pastilles de Vichy, palais d'or de Moulins, vérités de Lapalisse, crottes de marquis de Lurcy-Lévis). Côté boissons, on trouve le vin de Saint-pourçain, qui détient l'AOC depuis 2009 et qui possède un cépage qui lui est propre, le tressalier. La production est actuellement d'environ 31 000 hL par an pour 640 ha cultivés. De petits producteurs se sont également lancés dans la fabrication artisanale de bière, de whisky ou d'absinthe notamment.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À l'origine auvergnat, le village de Vichy a été rattaché à la province du Bourbonnais en 1374. Six communes de l’agglomération parmi les plus importantes (notamment Cusset) sont restées auvergnates jusqu'en 1789.
  2. Prononcé /èwvèrnyə/ en auvergnat septentrional, /ouwbîrnyo/ en auvergnat méridional, /ouvîrnyo/ en auvergnat médiant et /aubérnyo/ en Lozère.
  3. Une circonscription d'action régionale en 1956 puis une collectivité territoriale de 1982 à 2015.
  4. Nom adopté à l'unanimité le 23 juin 2016.
  5. Seigneurs de Mercœur, les vicomtes de Polignac, les seigneurs de Montboissier, les vicomtes de Murat, barons de la Tour, comtours d'Apchon
  6. Chiffres de population totale (avec doubles comptes) pour les communes, de population sans doubles comptes pour les agglomérations et aires urbaines. Recensement de 1999.
  7. représentation un peu plus élevée qu’en France métropolitaine
  8. A l'exception de la commune de Saint-Pourçain-sur-Sioule
  9. Enquête de l'IFOP pour le compte de la section auvergnate de l'Institut d'études occitanes, 2006.
  10. Né à Annonay (Ardèche) d'une mère cévenole et d'un père auvergnat.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La population approximative a été calculée en additionnant les populations des départements du Cantal, du Puy-de-Dôme et de l'arrondissement de Brioude.
  2. La superficie approximative a été calculée en additionnant les superficies des départements du Cantal, du Puy-de-Dôme et de l'arrondissement de Brioude.
  3. a et b « La réforme territoriale », sur gouvernement.fr.
  4. Strabon, Géographie, Livre IV, II, 3, traduction
  5. Camille Jullian, Histoire de la Gaule, 1907-1921.
  6. Article "Le pied colossal de bronze de Clermont-Ferrand et la question de l’atelier de Zénodore" de Benoît Mille et Maria-Pia Darblade, INHA, 2012
  7. René Rigodon, Histoire de l'Auvergne, Presses universitaires de France, 1948, p. 31
  8. Les noms de lieux d'origine germanique sont exceptionnels. Les noms des contemporains sont très majoritairement gallo-romains (André-Georges Manry, Histoire de l'Auvergne, Éditions Privat, 1974, p. 90)
  9. André-Georges Manry, Histoire de l'Auvergne, Éditions Privat, 1974, p. 91
  10. René Rigodon, Histoire de l'Auvergne, Presses universitaires de France, 1948, p. 27
  11. André-Georges Manry, Histoire de l'Auvergne, Éditions Privat, 1974, p. 94
  12. CF Grégoire de Tours
  13. Jean Anglade, Histoire de l'Auvergne, Hachette Littératures, 1974, p. 84
  14. René Rigodon, Histoire de l'Auvergne, Presses universitaires de France, 1948, p. 39
  15. André-Georges Manry, Histoire de l'Auvergne, Éditions Privat, 1974, p. 104
  16. Les mouvements de la Paix de Dieu - 1re partie Encyclopédie universelle
  17. Pierre Charbonnier - Histoire de l'Auvergne - Encyclopédie Bonneton - 2005
  18. René Rigodon, Histoire de l'Auvergne, Presses universitaires de France, 1948, p. 46
  19. René Rigodon, Histoire de l'Auvergne, Presses universitaires de France, 1948, p. 60
  20. André-Georges Manry, Histoire de l'Auvergne, Éditions Privat, 1974, p. 193
  21. Loi no 72-619 du
  22. Conseil régional d'Auvergne - 2015
  23. Les Arvernes sur Le site de Theudericus
  24. Populations légales 2007 des régions de France métropolitaine sur le site de l'INSEE
  25. Via Michelin Estimation du temps de trajet Clermont-Ferrand - Le Cap-d'Agde.
  26. « Paris-Clermont-Ferrand », sur http://www.viamichelin.fr, Michelin (consulté le 24 juillet 2013).
  27. « Câblerie OMERIN », sur groupe-omerin.com
  28. http://www.ac-clermont.fr/statistiques/ Académie de Clermont-Ferrand - Statistiques 2015
  29. INSEE L'industrie en Auvergne Décembre 2016
  30. Direction Générale du Trésor 2016
  31. « Câblerie OMERIN - Ambert », sur groupe-omerin.com
  32. Pneumatique-Top 20 des manufacturiers 2014
  33. Classement en chiffre d'affaires
  34. Usine Nouvelle 2016
  35. L'usine Nouvelle - 2016
  36. Le grand clermont 2016
  37. Présentation GIMRA
  38. Geneviève Colonna d'Istria, « Auvergne : Issoire se sent pousser des ailes », L'Usine nouvelle,‎ (lire en ligne)
  39. a et b Conseil économique et social d'Auvergne - 2010
  40. a, b et c Auvergne-Business-agroalimentaire
  41. INSEE L'industrie en Auvergne-Agroalimentaire
  42. Fromage AOP d'Auvergne 2011
  43. Programme de développement rural Auvergne - 2014
  44. a et b Auvergne Nouveau Monde 2011
  45. a, b, c, d et e Auvergne Nouveau Monde - Chiffres clés du tourisme 2014
  46. Télérama - 2015
  47. France Festival-2015
  48. Pierre Bonnaud De L’Auvergne, Éditions Créer, 2003, 318 pages (ISBN 2848190019)
  49. Précédemment Cercle occitan d'Auvergne Auvernhà Tarà d'Oc, puis Cercle terre d'Auvergne, cf. Présentation du CTA sur le site du CTHS
  50. Site web du CTA
  51. Pratiques et représentations des langues régionales en Auvergne (site de l'IFOP)
  52. Auvergne tourisme.
  53. Auvergne Tourisme 5 églises majeurs.
  54. Keldelice soupe au fromage
  55. Carte gastronomique de l’Auvergne Prosper Montagné, Larousse Gastronomique, sur Carto-mondo.fr

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Jacques Girard, Femmes et hommes célèbres ou remarquables de l'Auvergne, du Bourbonnais et du Velay : dictionnaire biographique et historique, Olliergues, Éditions de la Montmarie. Réédition 2005, 988 p. + [40] p. de plus, 25 cm (ISBN 2-915841-03-9).
  • Jam Baudime. George Onslow & l'Auvergne. Les Éditions du Mélophile, Nîmes, juillet 2011. (ISBN 978-2-95200-762-7) (notice BnF no FRBNF42479899) (400 pages + cahier iconographique en couleurs de 72 pages)

Littérature[modifier | modifier le code]

Histoire et culture[modifier | modifier le code]

  • Daniel Martin (dir.), L'identité de l'Auvergne (Auvergne, Bourbonnais, Velay). Mythe ou réalité historique, Nonette, Éditions Créer, .
  • Alexandre Vialatte, L'Auvergne absolue,
  • L'Auvergne au XXIe siècle. Ouvrage collectif. 16 contributeurs d'horizons différents. Édition Page Centrale.
  • Annette Lauras-Pourrat, Guide de l'Auvergne mystérieuse, Paris, Les guides noirs, Tchou, , 589 p. (ISBN 978-2710704256 et 2710704250).

Sources d'eaux minérales[modifier | modifier le code]

  • Les sources minérales oubliées du Massif Central, Frédéric Surmely, Éditions de Montmarie
  • L'Auvergne qui guérit. Par ses saints, ses sources, ses guérisseurs, René Crozet, 1979.

Voir Aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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