Assimilation culturelle

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L'assimilation culturelle est une forme d'acculturation, au cours de laquelle un individu ou un groupe abandonne totalement sa culture d'origine pour adopter les valeurs d'un nouveau groupe. Celle-ci n'est qu'une des phases possibles de l'acculturation, et si elle se réalise, elle n'en sera que la phase terminale. Alors que le rayonnement culturel se propage par l'adhésion à la culture étrangère, l'assimilation[1], elle, peut faire l'objet d'un programme social structuré lorsqu'associé à un projet de société.

En sociologie, l’ est un processus social de convergence des comportements et des représentations. Le traitement de ce sujet devient central lorsqu'une nation est confrontée aux phénomènes de migrations. Il constitue souvent un moyen politique visant à l’intégration des étrangers. Il s’agit dans ce cas d’une entreprise de l’état, dans le cadre d’une politique d’intégration.

D’un point de vue sociologique, un cadre politique assimilationniste se définit par un questionnement des pouvoirs publics sur la légitimité des communautés (religieuses, ethniques...). Il relève d’un attachement aux valeurs nationales d’un état individualiste-républicain, valeurs qui deviennent des normes légitimes au regard des institutions et d’une majorité de citoyens. Cette conception est opposée à un modèle multiculturaliste (qui tend à préserver l’identité culturelle des individus). Dans le cas du multiculturalisme, le groupe d’appartenance (ethnique, religieux, etc.) devient un support de participation à la vie sociale. A l’inverse, dans le cas d’une politique d’intégration assimilationniste, les pouvoirs publics ne considèrent pas les communautés comme des entités légitimes, opinion souvent partagée par l’opinion publique. Ainsi, en décembre 2012, 94 % des personnes interrogées jugent indispensable que les étrangers qui viennent vivre en France adoptent les habitudes de vie françaises[2]. La légitimité des mœurs des communautés est donc niée, favorisant ainsi un modèle individualiste-républicain. La question que pose ce modèle est la suivante : « Peut-on former une même communauté politique sans partager le même socle de principes fondamentaux ? »[3]

Cas historiques d'assimilation[modifier | modifier le code]

Un peuple qui abandonne totalement les traits de sa culture propre au profit d'un autre peuple qui le domine est dit subjugué (phénomène de subjugation); c'est ce qui arriva aux Gaulois vis-à-vis du conquérant romain puis des gallo-romains qui adoptèrent l'aristocratie des Francs pour les diriger, comme les Celtibères pour les Wisigoths ; les deux peuples fusionnant dans le creuset d'une nation nouvelle. Plus récemment en Australie entre 1869 et 1969, l'éducation des enfants d'aborigènes d'Australie en orphelinat peut être considéré comme une forme d'assimilation culturelle forcée[4].

Un peuple qui peut aussi abandonner volontairement les traits de sa culture propre au profit d'un autre peuple. C'est le cas des Sabins ; à l'issue de la fondation de Rome, ils ne se distinguent plus des Romains, à tel point qu'il y a des rois sabins pendant la monarchie originelle de Rome.

Au cours de son histoire, la France a opté pour un mode d’intégration assimilationniste. « Nation centralisée qui se considère comme la patrie de l’universel et des droits de l’homme depuis la révolution française, la France aspire à la convergence des modes de vie des étrangers qui viennent s’installer en France et de leurs descendants vers les modes de vie français »[5]. Auparavant utilisé officiellement dans le cadre des politiques migratoires, le terme d’ « assimilation » a aujourd’hui disparu du vocabulaire de ce champ. «Le modèle français d’assimilation, qui gouverne l’intégration des descendants d’immigrés européens, est en crise »[6].

Il arrive que l'assimilation se heurte à des obstacles tel que l'entre-soi, la résistance des communautés immigrées à se plier à un modèle culturel étranger. A l’issu de la première guerre mondiale, l’arrivée massive de Polonais soulève un problème nouveau. s’agissant du population slaves, les polonais présentent des caractéristique très éloignées de celles des français. Très vite une vie collective (écoles, associations, églises) s’organise entre immigrés. Cet entre-soi s’opère au détriment de l’assimilation souhaitée par l’État français et c’est seulement génération après génération que ce changement de mœurs va s’opérer. Voilà pourquoi il convient de qualifier cette acculturation de processus, c'est au cours du temps qu'elle fait effet.

Regard critique[modifier | modifier le code]

Mihèle Tribalat consacre la troisième partie de son ouvrage « Assimilation : la fin du modèle français»[5] à questionner la légitimité de cette notion. « Pourquoi les immigrés ou leurs descendants consentiraient-ils à respecter les valeurs qui fondent l’identité du peuple français si le signal de leur inadéquation, voire leur abandon, leur est envoyé ? Là encore, le comportement des populations de l’immigration est rationnel. C’est celui des élites qui ne l’est pas. »[3]

Tribala expose différents éléments susceptibles d’éclairer le retrait du modèle d’assimilation culturelle en France. Tout d’abord, elle indique que la France n’est plus aussi attractive qu’autrefois. Et de manière plus générale, la France n’inspire plus confiance. Ce constat concernant la population française, il est difficile d’imaginer un immigré se conformer à un modèle dont les natifs ne sont pas adeptes. Elle ajoute que les élites, bien qu’elles incitent à l’accueil des étrangers par le biais de l’assimilation « restent en dehors du champ de leurs propres préconisations », ce qui conduit à l’indifférence du reste de la population. La distance créée par la gauche vis à vis des classes populaires, le désengagement de l’état accentuent également le déclin du modèle assimilationniste. Enfin, les directives européennes favorisant l’ordre moral (la tolérance, le respect) et le multiculturalisme sont peu propices au modèle assimilationniste.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. processus par lequel passe un individu étranger (ou un groupe) pour faire partie d'un nouveau groupe social.
  2. « Rapport Racisme 2011 CNCDH », sur Scribd (consulté le 29 avril 2016)
  3. a et b Malika Sorel-Sutter, « Penser l'assimilation dans sa globalité », Le Débat, no 179,‎ , p. 32-38
  4. Générations volées
  5. a et b Tribalat Michèle, Assimilation : la fin du modèle français, Paris, Éditions de Toucan,‎ , 391 p.
  6. Philippe d’Iribarne, « L'intégration, entre corps politique et corps social », Le Débat,‎ , p. 27–31 (ISSN 0246-2346, lire en ligne)