Bataille de Vouillé

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Bataille de Vouillé
Description de cette image, également commentée ci-après
Clovis tue Alaric II, miniature du XVe siècle, Bibliothèque nationale de France, Paris.
Informations générales
Date Printemps 507
Lieu Plaine de Vouillé, près de Poitiers, France
Issue Victoire franque écrasante
Changements territoriaux Gains territoriaux en Gaule Aquitaine[1]
Belligérants
Francs Wisigoths
Auvergnats
Commandants
Clovis Ier Alaric II
Forces en présence
Inconnues Inconnues
Pertes
Inconnues Inconnues ; mort d'Alaric II, tué en combat singulier par Clovis.
Coordonnées 46° 35′ nord, 0° 20′ est

La bataille de Vouillé s'est déroulée au printemps 507 opposant l'armée des Wisigoths et des Auvergnats, au sud, face à celle des Francs, au nord. Cette bataille vit la victoire des Francs, les Wisigoths perdant leur roi Alaric II au combat. Ils seront contraints de laisser à leurs vainqueurs un très vaste territoire dans le sud de la France.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Campagnes franques en Aquitaine.
Bataille entre Clovis et les Wisigoths, Nationale Bibliotheek van Nederland (1325-1335).

Au printemps 507, sous le commandement de Clovis et de son fils aîné Thierry, l'armée franque franchit la Loire en direction de Poitiers. L'armée des Wisigoths conduite par le roi Alaric II marche au nord pour limiter sa progression en espérant que les Ostrogoths les appuieront, mais ceux-ci sont immobilisés par la menace que les Byzantins font peser sur leurs terres, sans doute en concertation avec Clovis.

Malgré ses craintes, le roi Alaric II se résout alors à engager le combat. La rencontre a lieu dans la plaine de Vouillé, près de Poitiers. Le combat débute à l'aube, les cavaliers wisigoths employant sans doute leur tactique habituelle faite de charges successives auxquelles les Francs opposent un mur de francisques.

Un terrible corps-à-corps commence, jusqu'à ce que le roi Alaric II soit tué par Clovis en personne, qui aurait fondu sur lui au péril de sa vie dès les premiers instants de la lutte. Cet épisode n'est guère surprenant et est probablement conforme à la réalité, car Clovis est considéré par les chroniqueurs contemporains et ultérieurs comme un redoutable guerrier, à l'image de son père.

Comme pour la bataille de Tolbiac contre les Alamans, cette mort apparaît comme un « jugement de Dieu »[réf. nécessaire] et marque la débandade des Wisigoths, qui s'enfuient vers le sud, emmenant avec eux Amalaric, l'héritier du royaume. L'infanterie auvergnate, alliée aux Wisigoths et menée par Apollinaire, le fils de Sidoine Apollinaire, ne se rend pas, et se battra avec bravoure jusqu'au dernier homme. En milieu de matinée, la bataille s'achève.

Grégoire de Tours rapporte alors dans son Histoire des Francs :

" On vit marcher contre les Francs, avec une intrépidité étonnante, 10 000 citoyens d'Auvergne, ayant à leur tête le fils du célèbre Sidoine Apollinaire. Le nouveau conquérant, Clovis, ne fut vainqueur que lorsqu'il ne trouva plus aucun Auvergnat pour lui disputer la victoire [...]. " - Histoire des Francs, Grégoire de Tours. Traduction Guizot. L. I, p. 104.

Cette victoire ouvre pour Clovis la route du Midi. Il réussit dès 508 à conquérir Toulouse, ancienne capitale des Wisigoths, puis temporairement le Narbonnais, qui sera repris par les Ostrogoths après l'échec du siège d'Arles. Il s'empare alors de l'Aquitaine, de la Gascogne, du Languedoc et du Limousin, ce qui s'accompagne d'une domination franque toute relative sur l'Auvergne.

La Provence est laissée aux soins des alliés burgondes, qui échoueront devant Arles, ce qui conviendra à Clovis, car les Burgondes en resteront affaiblis ; leur chef Gondebaud a vidé son trésor et perdu ses soldats.

Cette bataille de Vouillé aura des conséquences lourdes : Clovis marque d'une empreinte durable les futures frontières de la France car ses successeurs, Mérovingiens, Carolingiens puis Capétiens, pourront se prévaloir d'une suzeraineté plus ou moins effective sur des territoires constituant plus tard le duché d'Aquitaine et le comté de Toulouse.

De plus, dès 508, Clovis installe sa nouvelle capitale à Paris, en lieu et place de Tournai, trop excentré par rapport aux nouvelles conquêtes.

Légende ou réalité[modifier | modifier le code]

Le chroniqueur Grégoire de Tours raconte que peu avant la bataille Clovis chassant une biche découvre un gué[2] qui lui permettra de faire franchir la Vienne en crue à ses troupes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopedia of Barbarian Europe: Society in Transformation, ed. Michael Frassetto, (ABC-CLIO, 2003), 362.
  2. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre II, p. 37.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luc Bourgeois (dir.), Wisigoths et Francs autour de la bataille de Vouillé (507). Recherches récentes sur le haut Moyen Âge dans le Centre-Ouest de la France : actes des XXVIIIe Journées internationales d'archéologie mérovingienne, Vouillé et Poitiers (Vienne, France), 28-30 septembre 2007, Saint-Germain-en-Laye, Association française d'archéologie mérovingienne, , 308 p. (ISBN 2-9524032-7-9, présentation en ligne).
  • (en) Ralph W. Mathisen (dir.) et Danuta Shanzer (dir.), The battle of Vouillé, 507 CE : where France began, De Gruyter, coll. « Millennium studies » (no 37), , XXVI-211 p. (ISBN 978-1-61451-127-4, présentation en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]