Jean-Armand du Peyrer

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Jean Armand du Peyrer
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait du comte de Tréville par Louis Le Nain
Ce portrait orna longtemps le salon du château de Trois-Villes près de Tardets. Il fut vendu vers 1950 à Paris et sa trace s'est perdue depuis.
Nom de naissance Jean Armand de Peyré
Alias
Tréville
Naissance
Oloron-Sainte-Marie
Décès
Trois-Villes
Nationalité Français
Activité principale
Capitaine Lieutenant de la compagnie des Mousquetaires
Ascendants
Jean de Peyré (Son père)
Marie d’Aramitz (Sa mère)

Jean Armand du Peyrer, comte de Trois-Villes, dit le comte de Tréville, est un officier français né en 1598 à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) et mort le à Trois-Villes (Pyrénées-Atlantiques). Il est l'un des principaux personnages du roman d'Alexandre Dumas Les Trois Mousquetaires.

Famille[modifier | modifier le code]

Né à Oloron-Sainte-Marie, place du Marcadé en 1598, Jean Armand du Peyrer est le fils d'un marchand de cette ville. C'est son père, Jean de Peyré, qui introduit dans la famille le nom de Trois-Villes. En 1607 il achète en effet, près de Sauguis-Saint-Étienne, dans la vallée basque du pays de Soule, le domaine de Trois-Villes (Eliçabia et Casamajor) qui lui donne la noblesse, car, en Pays basque, elle s’attache à la terre. Et c’est ainsi qu’il acquiert le droit de s’estimer gentilhomme et de siéger parmi les gentilshommes de la vicomté de Soule.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

En 1616, à l'âge de dix-sept ans, Jean Armand du Peyrer renonce au négoce pour les armes et part pour Paris. Il s'y engage comme cadet-gentilhomme dans les Gardes françaises. C’est comme mousquetaire que Tréville prend part au siège de La Rochelle, de 1627 à 1628, où il est blessé. Tréville a toute la confiance du roi Louis XIII. Il est nommé en 1634 capitaine de la Compagnie des Mousquetaires du Roi tout juste créée. Certaines de ses recrues célèbres de 1640 viennent directement ou indirectement de son entourage familial, par exemple :

  • Athos, un de ses cousins à la mode de Bretagne ;
  • Porthos, recommandé par François de Guillon, seigneur des Essarts et beau-frère de Tréville ; n'a pas de lien direct de parenté avec les autres.
  • Henri d'Aramitz ou d'Aramits, modèle d'Aramis, est un de ses cousins germains.

Mariage[modifier | modifier le code]

Par son mariage avec Anne de Guillon des Essarts, le 23 février 1637, il reçoit une dot de 90 000 livres, qui va lui permettre d'acquérir la baronnie de Montory (Pays Basque) et les droits de justice en Soule que le Trésor avait mis en adjudication. Cette dernière acquisition va contrarier les États de Soule, et créer des désordres qui se termineront dans le sang (c'est l'affaire Matalas).

De cette union, il aura deux fils : Armand Jean et Joseph Henry.

De Richelieu à Mazarin[modifier | modifier le code]

En 1642 éclate l’affaire de Cinq-Mars et François-Auguste de Thou. Louis XIII, on le sait surtout vers la fin de sa vie, n’aimait pas Richelieu, mais il ne pouvait s’en passer. Tout au roi, Tréville en partageait les sentiments. Connaissant cette aversion, Cinq-Mars, qui complotait contre Richelieu, vient sonder Tréville. Celui-ci lui répond qu’il ne s’est jamais mêlé d’assassiner personne. Toutefois il laisse entendre que si le roi en juge ainsi, il obéira.

Richelieu découvre le complot et fait exécuter Cinq-Mars et de Thou. Il n’a pu impliquer Tréville dans la trame, mais comme il sait que ce dernier n’attendait qu’un ordre du roi, il ne peut tolérer un pareil adversaire. Il exige donc l’exil immédiat de Tréville. Le roi cède.

Le 4 décembre 1642, Richelieu meurt. Aussitôt le roi rappelle le fidèle Tréville et lui rend le commandement de la compagnie des mousquetaires. Quelques mois plus tard, le 14 mai 1643, Louis XIII meurt à son tour.

Tréville perd son chef et protecteur. Pourtant Anne d’Autriche, régente, pour récompenser le fidèle serviteur de son mari, érige en 1643 la seigneurie de Trois-Villes en comté. Les lettres d'érection nous informent sur tous les conflits et fronts où Tréville a été engagé : La Rochelle, Caen, Saint-Jean-d'Angély, Clérac, Montauban, Privas, Alès, Le Pas de Suze, Corbie, Arras, Nancy, la campagne du Roussillon avec la prise de Perpignan et Collioure.

Mais, entre le capitaine des mousquetaires et le nouveau ministre Mazarin ne tarde pas à s’établir un état de sourde animosité. Aussi, en 1646, ne parvenant pas à obtenir de Tréville qu’il cède de bon gré sa charge, que Mazarin voudrait attribuer à son neveu Mancini, le ministre fait-il dissoudre la Compagnie des Mousquetaires du Roi.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

La carrière de Tréville est terminée, il n’a pas quarante-sept ans. Il entre dans une période de résistance passive, reste sourd aux appels de la Fronde, se consacre à son domaine basque et finit par accepter le poste de gouverneur du pays de Foix. Il est aussi nommé (mais non reçu) chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit en 1658. Il fait édifier de 1660 à 1663 le château d'Eliçabéa à Trois-Villes, où il meurt en 1672.

Tréville laissa deux fils, tous deux morts sans postérité[1].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le parc d'activités de Tréville, situé sur les communes de Vert-le-Grand et du Plessis-Paté, abrite l'ensemble des directions des dix enseignes du groupe Intermarché, lui-même issu du groupement Les Mousquetaires, et porte ce nom à la fois en rapport avec le nom du groupement principal, et en l'honneur de du Peyrer.

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Le rôle de Tréville est interprété par :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Miqueu, Le Béarn des mousquetaires et des soldats du roi, Navarrenx, Cercle Historique de l'Arribère, , 185 p. (ISBN 978-2918404095)

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]