Duché de Brabant

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Duché de Brabant

vers 1183 – 1794

Description de cette image, également commentée ci-après

Le duché de Brabant vers 1350

Informations générales
Statut Successivement landgraviat de la Lotharingie, duché du Saint-Empire jusqu'en 1795, faisant partie du cercle de Bourgogne et des Pays-Bas espagnols, puis autrichiens
Histoire et événements
1190 Diète de Schwäbisch Hall : l'autorité du duc de Basse-Lotharingie est limitée à ses fiefs. On peut parler de duc de Brabant.
1406 Le Brabant passe à la maison de Bourgogne.
1789 révolution brabançonne, États belgiques unis. Défaite des troupes impériales.
1792 Invasion par les troupes révolutionnaires françaises.
1793 Retour des troupes impériales.
1794 Retour des troupes françaises.
1794 Création des département de la Dyle et des Deux-Nèthes, fin définitive du duché.

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le duché de Brabant, est un état féodal issu du démembrement de la Basse-Lotharingie en et intégré au Saint-Empire romain jusqu'à ce qu'il soit partagé, de fait en 1581 et en droit en 1648 : le nord devint une des entités des Provinces-Unies et le sud resta dans l'Empire jusqu'en où il fut divisé en deux départements français.

Selon les époques, il a pu couvrir l'actuelle province néerlandaise de Brabant-Septentrional, les provinces belges d'Anvers, du Brabant wallon et de Brabant flamand et les villes de Bergen-op-Zoom, Anvers, Louvain, Malines, Ninove, Grammont, Vilvoorde, Tirlemont, Grimbergen, Nivelles, Gembloux, Sombreffe, Jodoigne, Turnhout et Bruxelles - qui en devient la capitale au XVe siècle.

Fondation du duché de Brabant[modifier | modifier le code]

Le Brabant en Basse Lotharingie en l'an 1000

Articles détaillés : La fin du duché de Basse-Lotharingie, Premiers dynastes ayant régné sur le futur duché de Brabant

XIe siècle[modifier | modifier le code]

Vers , les comtes de Louvain fusionnent les comtés de Louvain et de Bruxelles[1] en un landgraviat.

XIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1106, Godefroid Ier, landgrave de Brabant est nommé duc de Basse-Lotharingie - sous le nom de Godefroid V - par Henri V et reçoit le marquisat d'Anvers.

Frédéric Barberousse élève le comté[Lequel ?] en duché en en faveur de Henri Ier de Brabant, premier duc de Brabant.

Article détaillé : Liste des ducs et duchesses de Brabant.

Henri Ier de Brabant fonde Bois-le-Duc en .

Le , à la diète de Schwäbisch Hall, le duc de Basse-Lotharingie perd son autorité territoriale en dehors des terres des comtes de Louvain. En même temps, Henri Ier de Brabant reçoit le pouvoir ducal dans ses propres territoires et le titre honorifique de duc de Lothier. Il s'ensuivit un conflit ouvert avec les comtes du Hainaut et de Namur (devenu marquis du Saint-Empire en ), connu sous le nom de Guerres de Lembeek dans lequel chacun essayait de reprendre des territoires à l'autre. Un traité de paix fut finalement signé en , fixant définitivement les frontières entre le Brabant et le Hainaut.

XIIIe siècle : un état fort et moderne[modifier | modifier le code]

En 1262, Adélaïde de Bourgogne, veuve d'Henri III de Brabant, fonde le prieuré de Val Duchesse qui s'étendra sur de 12 hectares[2].

Le premier château de Gaasbeek est construit en pour protéger le duché et Bruxelles contre les vélléités des comtés de Hainaut et de Flandre.

Marie de Brabant (1254-1321), fille d'Adélaïde et d'Henri III, épouse Philippe III le Hardi (1245-1285), roi de France en .

Les chartes[modifier | modifier le code]

Les ducs Henri II de Brabant et Henri III de Brabant conçurent leur testament comme des outils politiques destinés à assurer la continuité du pouvoir et la stabilité du duché et accorder droits et privilèges à leurs administrés[3]. Ainsi, Henri II, quelques jours avant sa mort, fixe quelques principes pour la gestion futur du duché, en concertation avec son fils, héritier, et après discussion avec ses vassaux et les représentants de l'Église : modérer les dépenses, ne pas lever d'impôt sans le consentement des sujets, abolition de la mainmorte. C'est la charte du . Henri III, à son tour, soulage à son tour la population de « la taille, exactions et précaires » - sauf en certaines circonstances, énumérées - dans une charte testamentaire du . En 1312, Jean II poursuivra sur cette lignée avec la charte de Kortenberg - voir ci-dessous.

À partir de 1215, se développe une nouvelle entité, la cuve de Bruxelles ((nl) Kuype van Brussel). Elle se compose de l'ensemble des territoires où s'applique les mêmes privilèges que celles accordées à la Ville de Bruxelles intra muros. C'est un espace qui acquiert une certaine autonomie à l'égard du pouvoir ducal et qui, partant, forme progressivement une unité socio-économique susceptible de se développer distinctement et qui préfigure l'espace socio-économique actuel autour de la Région de Bruxelles-Capitale.

Henri II fut enterré avec sa deuxième épouse Sophie de Thuringe au chœur de l'église de l'Abbaye de Villers-la-Ville ; Henri III et Alix de Bourgogne furent inhumés au chœur de l'église Notre-Dame des Dominicains de Louvain, alors en construction[4].

Vie culturelle[modifier | modifier le code]

Henri III cultivait la poésie française et serait l'auteur de quelques chansons[5].

Le roman d'aventures en vers Sone de Nansay, qui aurait été rédigé vers 1275 à l'instigation[6] d'Adélaïde de Bourgogne, fait des allusions à des situations réelles et des personnages qui vivent à la cour de Brabant. Il sert à l'éducation du second fils d'Adélaïde, Jean Ier.

Intégration du duché de Limbourg[modifier | modifier le code]

Le duché s'étend vers l'est, et, après sa victoire à Worringen en 1288, formera avec le duché de Limbourg une alliance qui durera près de cinq siècles - les ducs de Brabant portent désormais également le titre de duc de Limbourg.

Devenu riche et puissant, le duché de Brabant peut aussi s'affranchir du Saint-Empire romain, sans pour autant quitter son allégeance à celui-ci. Économiquement, le duché va jouer un jeu égal avec son voisin, le comté de Flandre.

Articles connexes : Gambrinus et Meyboom.

XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Article connexe : Ommegang de Bruxelles.

Une constitution[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Charte de Kortenberg.

En 1312, dans l'esprit des chartes testamentaires de 1248 et 1261 de ses prédécesseurs (voir ci-dessus), le duc Jean II de Brabant donne une constitution au duché en signant la Charte de Kortenberg qui constitue un des premiers actes de constitution d'un état de droit moderne. Elle prévoit en particulier la constitution du Conseil souverain de Brabant. Sa portée fut confirmée et étendue par la charte dite la Joyeuse entrée de 1356.

Guerre de succession[modifier | modifier le code]

Après la mort de ses fils, le Duc Jean III de Brabant se retrouva sans héritier mâle. Pour limiter le risque de conflit entre ses trois filles et gendres après son décès, il désigna pour lui succéder l’ainée de ses filles, Jeanne de Brabant, qui avait épousé Wenceslas de Luxembourg. Il fit promettre aux époux ainsi qu'aux villes du Duché d’en maintenir l’intégrité territoriale, avant de mourir le [7].

En dépit de ces dispositions, le seigneur du comté de Flandre voisin, Louis II de Flandre, dit Louis de Male, époux de Marguerite (la sœur cadette de Jeanne), réclama le démembrement du duché et une partie de celui-ci en compensation du fait que, selon lui, lors de son mariage avec Marguerite, le Duc Jean III de Brabant lui avait promis une dot qui n’aurait jamais été payée[8]. Il affirmait en outre n'avoir jamais reçu l’entièreté du payement pour la vente de Malines par le Comté de Flandre au Duché de Brabant quelques années plus tôt, en 1347.

Face au refus de Jeanne et Wenceslas, Louis de Male déclara la guerre au Duché de Brabant le . La paix ne fut signée que le à Ath, à la suite de l'arbitrage du comte de Hainaut, favorable au comte de Flandre. En vertu de ce traité, en échange de la reconnaissance officielle par le Comte de Flandre de la souveraineté de la Duchesse Jeanne sur le Duché de Brabant, le Comte fut autorisé à conserver le titre honorifique de Duc de Brabant jusqu’à sa mort. En outre, Malines dut être cédée à la Flandre et Marguerite reçu la ville d’Anvers et ses dépendances[9].

Successions difficiles[modifier | modifier le code]

En 1384, à la mort de Louis de Male, le duché de Brabant voit le duché de Bourgogne s’étendre à ses frontières, Philippe le Hardi (Duc de Bourgogne et quatrième fils du Roi Jean II de France) ayant épousé en 1369 Marguerite III de Flandre, la fille de Louis de Male et de Marguerite, unique héritière du défunt comte de Flandre.

Jeanne de Brabant

En 1405[10], un an avant son décès, Jeanne de Brabant abdiqua. Sans enfant, elle désigna pour lui succéder à la tête des duchés de Brabant et de Limbourg son petit-neveu Antoine de Brabant, petit-fils de sa sœur Margueritte, né en 1384 et petit-fils, par son père (Philippe le Hardi) du roi Jean II de France. Son autre sœur, Marie, n’ayant comme elle pas eu d’enfant, Jeanne permettait par ces dispositions qu’à travers la descendance de sa sœur Marguerite, le futur duc de Brabant soit l’un des arrière-petits-fils de Jean III de Brabant.

En dépit des liens fraternels qui unissaient Antoine de Brabant et Jean sans Peur de Bourgogne (tous deux fils de Philippe le Hardi), le duché de Brabant restera encore indépendant de l’État bourguignon pendant 25 ans.

Le fils d’Antoine, Jean IV de Brabant, fondera l'Université de Louvain en 1425.

Jean IV n'ayant pas eu d'enfant, à sa mort en 1427 le duché revint en héritage à son frère Philippe de Saint-Pol. Celui-ci décède trois ans plus tard seulement, le . À défaut, à nouveau, d'héritier, le duché passe aux mains de leur cousin, Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur. Le duché de Brabant relève ainsi, désormais, de la dynastie bourguignonne et en particulier des Pays-Bas bourguignons.

Période bourguignonne (1430-1515)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pays-Bas bourguignons.

Règne de Philippe le Bon (duc de Brabant de 1430 à 1467)[modifier | modifier le code]

Sous Philippe le Bon, Bruxelles devient le siège du pouvoir du duché. Le palais du Coudenberg est agrandi et embelli pour accueillir les souverains bourguignons.

Ambitieux, Philippe le Bon réunit par héritages et achats ce qui devient un vaste territoire englobant ce qui sera plus tard les Pays-Bas, la Belgique et le nord de la France. Il lui donne le nom de Leo Belgicus.

Règne de Charles le Téméraire (duc de Brabant du au )[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon, espèrera d'y joindre encore la Franche-Comté et à la Bourgogne dans le but de constituer un royaume cohérent, mais l'empereur du Saint-Empire romain, qui lui avait promis une couronne, tergiversera et Charles mourra sans arriver à ses fins.

Le duché sous Charles Quint (1515-1555)[modifier | modifier le code]

Héritier et descendant direct de Charles le Téméraire, Charles Quint hérite du titre de duc de Bourgogne en 1506 et est inauguré duc de Brabant en 1515[11]. Il résidera essentiellement à Bruxelles, au palais du Coudenberg, entouré d'une cour brillante où se côtoient des nobles issus de l'Empire, de l'Espagne et des Pays-Bas. Son règne correspond à une période de grande prospérité pour le duché de Brabant.

Organisation politique[modifier | modifier le code]

Charles Quint intègre en un état les territoires des ducs de Bourgogne[12] ; le duché relève ainsi de la confédération des Dix-Sept Provinces. Chaque province y conserve une large autonomie, mais la fédération est gérée de façon centrale, à travers les États généraux tels qu'institués par Philippe le Bon.

En 1531, Charles Quint crée trois conseils centraux : le Conseil d'État (pour les questions juridiques), le Conseil privé (grands enjeux politiques) et le Conseil des Finances. Cette organisation traduit la volonté de mieux contrôler les rouages financiers et juridiques complexes. Elle permet aussi de limiter le pouvoir de l'aristocratie aux questions juridiques, en les confinant au Conseil d'État, alors que les deux autres organes, aux missions plus techniques, sont confiés à un personnel mieux formé et issu de milieux plus modestes.

La Pragmatique Sanction en 1549 fixa que les provinces devaient demeurer unies sous une même couronne. Charles Quint crée en ce sens le titre de seigneur des Pays-Bas que seuls lui-même et son fils Philippe II d'Espagne portèront.

Politique religieuse[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Réforme protestante et protestantisme.

L'apparition du protestantisme est fixée à 1517. De nombreux paysans appauvris se révoltent et se rallient au nouveau culte - qui tend à condamner les excès du clergé catholique. Lors de la diète de Spire de 1526, les électeurs du Saint-Empire conviennent du décret de l'état d'urgence et décident que chaque prince choisit le culte à pratiquer dans son État - les opposants étant contraints de fuir vers un autre État favorable à leur foi - et s'engagent mettre en œuvre des mesures pour améliorer les conditions des populations qui se sont révoltées.

Charles Quint se montre hostile à ces dispositions, décidées en son absence. Il convoque en 1529, avec son frère Ferdinand Ier, une seconde diète de Spire lors de laquelle il fait révoquer les concessions de 1526 : condamnation des idées réformistes, lutte contre leur développement, réinstauration du culte catholique et de la messe en latin et renforcement de l'édit de Worms de (1521). Sur ces bases, Charles-Quint entame alors une lutte contre le protestantisme et édicte des lois sévères, sous peine de mort, pour contrer son développement.

Période espagnole (1555-1711)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conseil des troubles.

Après l'abdication de Charles Quint en 1555, son fils, Philippe II recueille la totalité des possessions de son père, à l'exception de l'empire allemand. Le nouveau souverain accroît les persécutions contre les protestants et limite les pouvoirs des États généraux (qui constituaient un parlement) et du Conseil d'État (gouvernement).

Guerre de Quatre-Vingts Ans (1568-1648)[modifier | modifier le code]

Causes[modifier | modifier le code]

De cette politique de concentration des pouvoirs, résulte une rébellion de la noblesse qui ne veut pas se couper du peuple. Les seigneurs catholiques adhèrent au compromis des nobles, liste de revendications qui est présentée à la gouvernante représentant Philippe II à Bruxelles[Qui ?]. Mais la réaction espagnole est très dure.

Deux chefs de la coalition, les comtes d'Egmont et de Hornes sont arrêtés par traîtrise et décapités sur la Grand-Place de Bruxelles devant la population horrifiée d'une ville en état de siège.

C'est le début d'un soulèvement général sous la direction du Prince d'Orange, qui avait été un proche de Charles Quint, et de Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde, protestant issu d'une famille de Savoie. Si, initialement, le Brabant fera sécession pour former les Provinces-Unies avec les provinces du nord des Pays-Bas, il sera finalement coupé en deux à l'issue de la guerre de Quatre-Vingts Ans qui entraîne forces destructions et pendant laquelle Bruxelles sera une ville protestante pendant dix ans, avant d'être reprise par les troupes catholiques de l'Espagne au terme d'un siège d'un an.

Pendant quatre-vingt ans, les milices du Brabant et les troupes des états généraux se heurteront inlassablement à deux sortes d'adversaires : d'une part les troupes espagnoles et, d'autre part, de plus en plus, au fur et à mesure que les années passent, les armées des Pays-Bas du nord groupant une majorité de mercenaires allemands. C'est que la solidarité initiale des provinces du Leo Belgicus n'est plus qu'un souvenir car les provinces du nord sont définitivement passées au protestantisme. Des catholiques y ont droit d'exercer leur culte dans certaines régions et l'hostilité à l'Espagne sert de ciment pour assembler les habitants de confessions opposées. Tandis que, dans le sud, Brabant compris, l'hostilité aux Espagnols va de pair avec une restauration de la religion catholique que les rebelles finissent par avoir en commun avec l'Espagne. D'où des situations complexes dans lesquelles la fidélité religieuse et la rébellion politique se contredisent souvent, engendrant des événements inextricables dans lesquelles des nobles et des commandants d'armées changent parfois de camp.

Issue[modifier | modifier le code]

Les Dix-sept provinces se séparent : les provinces du nord, protestantes, se constituent en Provinces-Unies, emportant avec elles une partie du duché de Brabant - la future province hollandaise du Noor-Brabant. Les provinces du sud restent aux mains de l'Espagne catholique, tout en conservant une autonomie relative. On les désigne sous le nom de Pays-Bas méridionaux. Cette séparation établit la future frontière entre la Belgique et les Payx-Bas.

Bombardement de Bruxelles par la France (1695)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bombardement de Bruxelles de 1695.

Bruxelles sera encore attaquée, cette fois par l'armée française commandée par le Maréchal de Villeroy. Inutile d’un point de vue militaire, le bombardement de Bruxelles contribuera à faire pâlir en Europe l’étoile du Roi Soleil.

C'est l'époque où la France cherche à s'étendre vers le nord. Quelques Français sont tués par la riposte des "pierriers" (canons des remparts à courte portée). Mais les canons français, qui visent la flèche gothique de l'hôtel de ville, ne peuvent atteindre leur cible et c'est le centre de la cité qui est ravagé. Il en résultera la reconstruction de la Grand-Place en style baroque.

Articles connexes : Cornelius van Wytfliet et Fort Jaco.

Période autrichienne (1711-1795)[modifier | modifier le code]

La branche des Habsbourg d'Espagne s'éteint au début du XVIIIe siècle. Charles VI, de la branche autrichienne est nommé empereur des Romains en 1711 et dirige désormais l'ensemble des territoires détenus par Charles-Quint.

Les premiers gouverneurs qu'il envoie se font détester, s'efforçant, comme leurs prédécesseurs espagnols de rabaisser les pouvoirs locaux. Le peuple se révolte contre le marquis de Prié un piémontais[13].

Les rapports se firent meilleurs à partir de Wirich, comte de Daun et Marie-Élisabeth d'Autriche, de Marie-Thérèse, puis de Charles de Lorraine, personnage débonnaire, mais efficace gestionnaire qui patronne l'urbanisation du quartier de la Place Royale et du Parc de Bruxelles dans un style classique appelé style français[réf. nécessaire] qu'il conserve encore aujourd'hui - fut-ce au niveau des façades seulement.

Article connexe : Petrus Vander Borcht.

Organisation des états de Brabant[modifier | modifier le code]

À cette époque, les États du Brabant sont divisés en quatre catégories de membres de droit : deux évêques, onze grandes abbayes, les membres de la haute noblesse et les représentants des trois chef-villes, lesquels votent en corps.

  • Les représentants du clergé sont l'archevêque de Malines et l'évêque d'Anvers.
  • Les représentants des abbayes sont les onze abbés des abbayes de Vlierbeck, Villers, Saint-Bernard, Saint-Michel, Grimbergen, Parc, Heylissem, Averbode, Tongerloo, Dieleghem et Sainte-Gertrude de Nivelles.
  • Les représentants de la haute noblesse sont ceux qui portent au moins le titre de baron, titre affecté sur une terre seigneuriale du Brabant, en disposant, de plus, d'un certain revenu et d'une noblesse à quatre quartiers. L'abbé de Gembloux est le premier noble des Etats.
  • Les représentants des villes, souvent nobles ou patriciens, sont uniquement ceux des trois chefs-villes, Louvain, Bruxelles et Anvers. A priori, chaque ville peut envoyer autant de députés qu'elle le souhaite. Cependant, le Magistrat élit toujours le premier bourgmestre et le conseiller pensionnaire. Bruxelles leur adjoint son premier échevin. Chacune des chef-villes a trois corps délibérants, qu'on appelle les trois membres : le collège des bourgmestres ou le Magistrat, le large conseil, composé des personnes sorties du Magistrat, et enfin les nations, dans lesquelles se retrouvent les corporations de métiers. Cette participation aux États de Brabant n'est pas une représentation par ordre (comme en France, le clergé, le noblesse et le tiers état) mais une représentation suivant les diverses puissances territoriales ou urbaines du duché. Ainsi des membres du clergé siégeaient comme barons, des représentants des villes étaient nobles. Les nobles n'étaient pas représentés comme ordre, et la plupart des membres du clergé et de la noblesse étaient exclus.

Incendie du Coudenberg[modifier | modifier le code]

La nuit du 3 au , le Palais du Coudenberg est ravagé par les flammes. Au matin, l’incendie a fait des victimes, le palais est en ruine et avec lui se perdent de nombreux chefs-d’œuvre ainsi qu’une large partie des archives.

Révolution brabançonne[modifier | modifier le code]

En 1789, le Brabant et les provinces voisines se révoltent contre les réformes politiques et religieuses de Joseph II, empereur et duc de Brabant, qui avait entrepris de moderniser et de démocratiser les institutions. Au niveau du Brabant et des Pays-Bas en particulier, l'objectif était de réformer la justice, de permettre aux Protestants et aux Juifs d'exercer un métier dans les corporations, d'instaurer la séparation des pouvoirs, de diviser les Pays-Bas en neuf cercles (qui deviendront les neuf départements puis les neuf provinces), règlementer les jours de congé des corporations qui, à son estime, entraînent beaucoup trop de journées perdues. De plus, en bon adepte du fébronianisme il désire s'attaquer aux privilèges du clergé et des abbayes qui possèdent les deux tiers du territoire brabançon[14], réglementer les fêtes religieuses. Il entreprend aussi de fermer certaines abbayes et couvents ne remplissant aucun rôle social considérés comme improductifs mais vivant grassement de la dîme donnée par le peuple.

Irrités par ce qu'ils considèrent comme des atteintes à leurs chartes séculaires, les Brabançons, épaulés par les provinces voisines du Brabant, se soulèvent le 18 juin 1789 et, sous le commandement d'un enfant du pays, le général Jean-André van der Mersch battent les troupes impériales le 27 octobre. Les Pays-Bas autrichiens se proclament alors indépendants sous le nom d'États belgiques unis le 31 janvier 1790. Mais les révolutionnaires, absorbés par les différends entre les progressistes, représentés par l'avocat Vonck, et les conservateurs représentés par l'avocat Henri van der Noot, ne pourront organiser le pays et l'armée, avant le retour en force des troupes et du pouvoir impérial[15].

Période française (1795)[modifier | modifier le code]

La France, en guerre avec tous les souverains européens, qui finit par l'emporter en 1795. Et les Pays-Bas du Sud, Brabant compris, sont cédés officiellement par l'empereur François II, dernier empereur élu du Saint-Empire, à la France par le traité de Campoformio en 1797. La partie méridionale du duché de Brabant est partagé en 1795 entre deux départements, celui de la Dyle au sud (chef-lieu Bruxelles) et celui des Deux-Nèthes au nord (chef-lieu Anvers).

Héritages de l'histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire couvert par les départements de la Dyle et d'Anvers fera partie, tout comme la partie nord, du Royaume uni des Pays-Bas créé par le Congrès de Vienne pour reconstituer les Pays-Bas bourguignons. Puis, après la sécession des provinces du sud, il se retrouvera inclus dans la Belgique lors de sa création en 1830. Le nouvel état se compose alors de neuf provinces, dont la province de Brabant qui conserve le nom attribué à la région depuis au moins 1100 ans[16]. Cette province sera scindée en Brabant wallon et Brabant flamand en 1995.

Par arrêté royal du , le titre honorifique de duc de Brabant est donné à l'héritier du trône, fils ou fille du Roi des Belges.

La dynastie brabançonne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des ducs de Brabant.

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

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Dans un contexte féodal et évolutif de répartition du pouvoir à une époque où il n'y avait pas de séparation des pouvoirs et dans la mesure où des sources précises font défaut, comprendre le partage du territoire en unités administratives s'avère complexe. Selon les compétences - judiciaires ou fiscales, par exemple - les ressorts (territoires où elles s'appliquent) peuvent se chevaucher[17]. Ce chapitre vise donc à présenter les différentes divisions qui ont pu exister au sein du duché de Brabant.

Le duché est principalement divisé en diverses seigneuries vassales du duc de Brabant, où les seigneurs disposent de la haute ou de la basse justice. De nombreuses villes fortifiées échappent au système féodal et ont reçu une charte de franchise leur permettant de se gouverner elles mêmes et de donner à certains de leurs habitants le droit de bourgeoisie qui permet à leur titulaires d'échapper au droit seigneurial et de ne relever que des tribunaux de leur ville.

Parmi ces villes les quatre chefs-villes de Louvain, Bruxelles, Anvers et Bois-le-Duc, seules villes représentées aux États de Brabant, sont à la tête d'un quartier.

Les quatre quartiers des chefs-villes de Brabant[modifier | modifier le code]

Le duché de Brabant était divisé en quatre quartiers (kwartier en néerlandais). Le quartier est une unité territoriale pour la fiscalité et la représentation aux États de Brabant. Le duché comptait quatre quartiers : Bruxelles, Louvain, Anvers et Bois-le-Duc.

Quartier de Louvain[modifier | modifier le code]

Le quartier de Louvain couvrait :

Quartier de Bruxelles[modifier | modifier le code]

Le quartier de Bruxelles comprenait :

L'extension du quartier de Bruxelles fait bien apparaître que le quartier, la cuve, l’'ammanie et la mairie sont des entités distinctes en termes de compétences.

Quartier d'Anvers[modifier | modifier le code]

Le quartier d'Anvers comprenait :

Quartier de Bois-le-Duc[modifier | modifier le code]

Le quartier de Bois-le-Duc comprenait :

L'ammanie[modifier | modifier le code]

L'ammanie est un ressort judiciaire, placée sous la responsabilité d'un amman. Cette fonction existe à Bruxelles depuis le XIIe siècle.

La mairie et la ville[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Uyttebrouck, Le gouvernement du duché de Brabant au bas Moyen Age : 1355-1430, Université libre de Bruxelles, 1975, (ISBN 2-8004-0603-8), 552 p., (en ligne).
  • Louis Galesloot[19], Charles-Quint et les États de Brabant en 1549, tiré-à-part, p. 145-158.
  • (nl) F. Vanhemelrijck, De criminaliteit in de Ammanie van Brussel van de late middeleeuwen tot het einde van het Ancien Régime (1404-1789), 1968.
  • Mina Mertens, L'administration du domaine ducal en Brabant au moyen âge, 1250-1406, Palais des Académies, 1954, 608 p.
  • Mina Mertens, Le Censier ducal pour l'ammanie de Bruxelles de 1321, 1958, 377 p.
  • Mina Mertens, La politique de Clément VI, 1342-1352, dans les principautés belges d'après les registres aux lettres secrètes, 1947, 47 p.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le titre de comte de Bruxelles n'apparaît plus dans le protocole diplomatique à partir de 1138).
  2. Il ne reste du prieuré d'origine que quelques pans de murs et une chapelle dédiée à sainte Anne, restaurée à la fin des années 1960. Joseph Delmelle, Abbayes et béguinage de Belgique, Bruxelles, Rossel, 1973, p. 54.
  3. Mina Martens, A propos des testaments d'Henri II (22 janvier 1248) et d'Henri III (26 février 1261), ducs de Brabant, Revue belge de philologie et d'histoire, 1944 (vol. 23), n° 1, 289-294 ; G. Bolland, Le testament d'Henri III, duc de Brabant (26 février 1261), R.H.E., 1942, n° 38, p. 59-96 ; G. Bolland, E. Lousse, Le testament d'Henri II, duc de Brabant (22 janvier 1248), Revue historique de droit français et étranger, 1939, p. 386-387.
  4. (nl) Anna Bergmans, Vincent Debonne, "Onze-Lieve-Vrouw-ten-predikherenkerk en klooster", De Inventaris van het Bouwkundig Erfgoed, 2010 ; Thomas Coomans, Anna Bergmans, L’église Notre-Dame des Dominicains à Louvain (1251-1276) : le mémorial d’Henri III, duc de Brabant, et d’Alix de Bourgogne, Bulletin Monumental, 2009 (vol. 167), n° 2, p. 99-125.
  5. Nicolas Viton de Saint-Allais, L'Art de vérifier les dates des faits historiques, tome quatorzième, Paris, Valade, 1819, p. 97.
  6. Voir passage relatif à la note 8 de bas de page La Flandre au Moyen Âge de Walter Prevenier et Thérèse de Hemptinne
  7. Sergio Boffa, Warfare in Medieval Brabant, p. 3, The Boydell Press, Woodbridge, 2004.
  8. BY. II, p.545 ; Chronicon comitum Flandrensium, p. 229 ; Rymkronyk van Vlaenderen, p. 848 ; cités par Sergio Boffa, Warfare in Medieval Brabant, p. 3, The Boydell Press, Woodbridge, 2004
  9. Sergio Boffa, Warfare in Medieval Brabant, p. 9-10, The Boydell Press, Woodbridge, 2004.
  10. Voir aussi Le duché de Brabant à la veille de 1406, Connaître la Wallonie, [connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/histoire/atlas/le-duche-de-brabant-la-veille-de-1406 en ligne].
  11. Les délices des Pays-Bas, Liège, 1759, p. 172 : « il fut inauguré, en 1515, Duc de Brabant ».
  12. Avec le duché de Gueldre, le comté de Zutphen et les seigneuries d'Utrecht, d'Overijssel et de Groningue.
  13. Louis Verniers, Un millénaire d'histoire de Bruxelles, Bruxelles, 1965, p. 376 : « Cependant le marquis de Prié étant tombé en disgrâce et l'empereur chargea sa propre sœur, l'archiduchesse Marie-Elisabeth, d'assumer le Gouvernement général des Pays-Bas (1725). La nouvelle de cette décision impériale fût accueillie avec satisfaction et, à partir de cette date, les Belges en général et les Bruxellois, en particulier, commencèrent à se ralier progrssivement au régime autrichie ».
  14. Robert Devleeshouwer, L'arrondissement du Brabant sous l'occupation française 1794-1795. Aspects administratifs et économiques, Bruxelles, Université Libre de Bruxelles, Institut de Sociologie, 1964, p. 35: « En Brabant, le clergé est réputé posséder les deux tiers de toutes les propriétés. Dans cette province, en 1785, les abbayes les plus importantes jouissent des revenus suivants: Tongerloo, 123 375 florins; Afflighem, 120 000; Villers, 103 117; Saint-Bernard, 101 737; Saint-Michel, 74 063; Forest, 64 444; Averbode, 63 864; Grimberge, 56 994; Parc, 46 674 et La Cambre, 40 000 florins. »
  15. Louis Verniers, Un millénaire d'histoire de Bruxelles, Bruxelles, De Boeck, 1965, p. 286.
  16. Elle partage par ailleurs encore avec le Brabant-Septentrional, province des Pays-Bas dont le territoire relevait du Duché de Brabant jusqu'en 1648.
  17. Cette réalité est comparable à la confusion des compétences et des ressorts qui prévaut dans la Belgique fédérale de 2015 : le ressort dépend de la compétence considérée
  18. Pays de Sichen. Sichen (la)Sichemium) est une ville petite & ancienne sur le Demer. Elle a un couvent de filles & titre de baronnie. Voir Béranger, Géographie de Busching, volume 2, Lausanne, Société typographique, 1777, p. 229.
  19. Chef de section aux Archives du Royaume [de Belgique].

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