Hypocauste

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Hypocauste de la villa suburbaine de Vieux-la-Romaine, Basse-Normandie, France.

L'hypocauste est le nom donné au système de chauffage par le sol utilisé à l'époque romaine et gallo-romaine surtout dans les thermes romains.

Ce principe de construction était déjà connu de la civilisation de la vallée de l'Indus (ville de Mohenjo-daro, abandonnée au XVIIIe siècle av. J.-C.) et des Grecs dès le IVe siècle av. J.-C. à Athènes par exemple. On en a également retrouvé des vestiges à Olympie datant du Ier siècle av. J.-C..

Par leur utilisation intensive de ce système, ce sont les Romains qui le perfectionnèrent, notamment pour le caldarium des thermes. Ils en attribuaient l'invention à Caius Sergius Orata. De plus, la majorité des « salles de bains » des riches villae et domus romaines étaient dotées d'hypocaustes.

Le site gallo-romain de Champlieu comporte les vestiges d'un hypocauste datant du IIe siècle, dont la structure et le fonctionnement sont décrits par Achille Peigné-Delacourt[1].

Ce système de chauffage fut ensuite réutilisé par les premiers chrétiens qui bâtissaient leurs églises sur d'anciennes demeures romaines munies d'hypocaustes comme le baptistère Saint-Jean à Poitiers dont le bassin était chauffé.

Description[modifier | modifier le code]

Schéma du système de chauffage par hypocauste, d'après J.-P. Adam.

Un grand foyer, le praefurnium, situé à l'extérieur de la pièce, avait la forme d'une petite chambre circulaire ou rectangulaire voûtée, avec une ouverture pour l'allumage, et communiquait par une seconde ouverture avec l'hypocauste. Ce foyer était toujours aménagé dans une pièce de service ventilée et conçue pour recevoir une réserve de carburant (charbon de bois). Dans les grands thermes romains, ces pièces de service sont installées sur une façade latérale du bâtiment et desservies par une galerie ouvrant sur l'extérieur pour faciliter l'approvisionnement[2]. Généralement, le dosage de la chaleur se faisait par la proximité ou le nombre de foyers communiquant avec les hypocaustes. Dans le schéma le plus simple[3], le foyer s'ouvrait sous ou à côté de la pièce à chauffer. On estime que la température obtenue dans les pièces ne pouvait pas dépasser 30 degrés.

L'hypocauste n'était pas voûté à la manière d'un four mais était un espace couvert d'un sol « suspendu » appelé la suspensura, formée d'une épaisse couche de mortier de tuileau, souvent doublé d'un lit de briques. Ce sol épais, s'il était long à chauffer, en revanche, conservait mieux la chaleur et les baigneurs devaient chausser des sandales à semelles de bois pour se déplacer. La suspensura reposait sur un grand nombre de pilettes disposées à intervalles réguliers, sur un radier de briques. Ces pilettes étaient formées de briques superposées de forme majoritairement carrée dont la hauteur variait selon la température que l'on souhaitait obtenir. Afin que l'air chaud circule mieux dans les salles, les murs étaient doublés intérieurement par un réseau de tubulures (tubuli en latin), canalisations de terre cuite de section rectangulaire mis bout à bout. L'évacuation des gaz chauds se faisait le plus souvent par des cheminées.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Hypocauste de Champlieu », sur bibnum.enc.sorbonne.fr (consulté le 7 avril 2016).
  2. Exemple : les pièces de service des thermes de Caracalla à Rome.
  3. Voir le schéma illustratif de J.-P. Adam.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Adam, La Construction romaine. Matériaux et techniques, Paris, Picard, coll. « Grands manuels Picard », 1984.
  • Jean-Marie Degbomont, « Le chauffage par hypocauste dans l'habitat privé. De la place Saint-Lambert à Liège à l'Aula Palatina de Trèves », Études et recherches archéologiques de l'Université de Liège, 1984, no 17, 2e éd., 240 p., 330 fig. (français).
  • Noël Duval (dir.), Les Premiers Monuments chrétiens de la France, Picard, Paris, 1995.
  • René Ginouvès, Dictionnaire méthodique de l'architecture grecque et romaine, tome III : Espaces architecturaux, bâtiments et ensembles, Rome, École Française de Rome, 1998, 492 p.
  • Pierre Gros, L’Architecture romaine, volume I : Les Monuments publics, 1996 ; 2e éd., Paris, Picard, 2007.
  • Yvon Thébert, Les Thermes romains d'Afrique du Nord et leur contexte méditerranéen. Études d'histoire et d'archéologie, Rome, Befar, 2003, 733 p. (ISBN 978-2728303984).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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