Comté de Provence

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (février 2013).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

image illustrant le Royaume de France image illustrant la Provence
Cet article est une ébauche concernant le Royaume de France et la Provence.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

 Ne doit pas être confondu avec Marquisat de Provence ou Duché de Provence.
Comté de Provence
Coumtat de Prouvènço (oc)

9471790

Blason
Blason du comté de Provence
Description de cette image, également commentée ci-après

La Provence en 1125, divisée en comté et marquisat de Provence et comté de Forcalquier.

Informations générales
Capitale Aix
Langue Provençal, français
Histoire et événements
947 Boson II, comte d'Arles
1125 Division entre comté et marquisat de Provence
1246 Passage à la maison d'Anjou
1388 Dédition de Nice à la Savoie
1481 Legs à Louis XI de France
1487 Union perpétuelle avec le royaume de France
1790 Dissolution des institutions de la province

Entités suivantes :

Le comté de Provence est un ancien fief situé à l'est du delta du Rhône.

Histoire du comté de Provence[modifier | modifier le code]

Le comté de Provence fut un des grands fiefs du royaume rodolphien de Bourgogne. En 948, Conrad le Pacifique, grâce à l'appui d'Othon, roi de Germanie, a récupéré le territoire au sud du Viennois jusqu'à la mer Méditerranée qui avait été excepté de la cession faite en 932 par Hugues d'Arles à Rodolphe II de Bourgogne. Pour tenir ce territoire, Conrad va nommer des comtes relevant de lui et choisis hors de Provence car Conrad n'ayant pas de domaine particulier en Provence, il n'en avait qu'une propriété théorique et souhaite avoir des comtes qui lui soient fidèles. Il a choisi deux frères originaires du Mâconnais, Boson et Guillaume, fils de Rotbald[1], le premier comte à Arles, le second comte à Avignon. Il semble que les deux frères agissaient de concert, le cadet étant subordonné à l'aîné pour la gestion du nord, du centre, de l'ouest et du sud-est du comté de Provence. À l'est de la Provence, Conrad a nommé un troisième comte, Grifo ou Griffon, comte d'Apt[2] et de Glandèves, pour administrer la Provence alpine. Ce choix de deux comtes d'une même famille à Arles et à Avignon a peut-être pour origine le fait qu'Hugues d'Arles avait, sous le règne de Louis l'Aveugle, unifié l'administration du domaine en Provence. Pour limiter le risque de voir s'affranchir le comté de Provence de sa souveraineté, Conrad a divisé la souveraineté en nommant deux vicomtes[3], à Marseille[4] et à Cavaillon. Les territoires confiés aux seigneurs de Marseille et de Cavaillon sont distincts de ceux des comtes d'Arles, Avignon et Apt[5]. La vicomté d'Apt a disparu rapidement, vers 1017-1018. La nomination de seigneurs distincts à Marseille prive les comtes d'Arles et d'Avignon d'un accès aisé à la Méditerranée. Cette création de la seigneurie de Marseille apparaît dans un acte daté du 7 octobre 948 où sont cités l'évêque de Marseille, Honorat, Arlulf et Boson. L'apparition du terme vicomté pour Marseille date de 977. L'autonomie de la vicomté de Marseille par rapport au comté de Provence n'a cessé qu'avec l'action d'autorité de Charles d'Anjou, en 1252 et 1257[6]. Conrad III ne s'est rendu dans le comté de Provence qu'en 963. Les rois de Bourgogne semblent s'être peu intéressés à la Provence. Pendant les règnes de Conrad III et de son fils Rodolphe III on ne leur connaît que 4 ou 5 actes concernant la Provence[7].

À la mort de Boson II d'Arles, ses deux fils - Guilhem dit le Libérateur et Roubaud - se partagèrent en indivis le comté, indivision que maintinrent leurs descendants. La branche issue de Guilhem a donné celle des comtes de Provence, celle issue de Roubaud a donné, à partir de 1054 les comtes de Forcalquier et les marquis de Provence.

En 972, à la suite de l'enlèvement de Maïeul de Cluny, abbé de Cluny, Guillaume Ier et Roubaud, avec l'aide de seigneurs provençaux et du marquis de Turin, libérèrent la Provence des Sarrasins qui, depuis leur forteresse du Fraxinet, pillaient la région. Cette campagne militaire menée sans les troupes de Conrad III de Bourgogne, fut l'occasion d'une mise au pas de la Provence, de l'aristocratie locale, des communautés urbaines et paysannes qui avaient jusque là toujours refusé la mutation féodale et le pouvoir comtal. Elle permit à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il distribua les terres reconquises à ses vassaux, arbitra les différends et créa ainsi la féodalité provençale. Nommé marquis en 975, Guillaume fait d'Arles sa capitale.

Rodolphe III de Bourgogne n'ayant pas de postérité, il a institué Conrad II le Salique, empereur romain germanique, pour héritier. À la mort de Rodolphe en 1032 le royaume de Bourgogne - et avec lui le royaume d'Arles dont le comté de Provence faisait partie - fut rattaché au Saint-Empire romain germanique. Toutefois la suzeraineté du souverain romain-germanique sur la Provence ne fut que nominale et théorique.

En 1019, Emma, comtesse de Provence, se maria avec Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, transmettant les droits de la lignée de Roubaud à la maison de Toulouse. Le titre de marquis de Provence passa définitivement à cette maison à compter de 1093. En 1112, Douce de Provence, héritière des droits de la ligne de Guilhem, épousa Raimond-Bérenger III, comte de Barcelone, qui devient Raimond-Bérenger Ier de Provence. Les maisons de Toulouse et de Barcelone entrèrent alors en conflit pour le marquisat. Un traité fut conclu, en 1125, entre Raymond-Bérenger et Alphonse-Jourdain de Toulouse : par celui-ci, le comté de Provence fut divisé en un marquisat au nord de la Durance - attribué aux Toulouse - et un comté au sud, attribué à Barcelone. Parallèlement le nord-est du comté de Provence était devenu indépendant de fait autour du comte de Forcalquier. En 1193, Alphonse II de Provence épousa Gersande de Sabran, petite-fille de Guillaume II comte de Forcalquier, ce qui permit au comté de Provence de récupérer le sud du comté de Forcalquier, tandis que le nord de ce comté, autour de Gap et d'Embrun, passait sous suzeraineté du Dauphiné. C'est ce fait qui explique la présence du blason au dauphin dans l'actuel blason de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

En 1245 mourut Raymond-Bérenger V de Provence, dont les quatre filles furent mariées respectivement : Marguerite à Louis IX de France, Sance à Richard de Cornouailles, Éléonore à Henri III d'Angleterre et Béatrix à Charles Ier d'Anjou, frère de Saint-Louis. C'est cette dernière qui reçoit en héritage les comtés de Provence et de Forcalquier, les transmettant à la première maison capétienne d'Anjou. Accumulant les titres royaux (Naples-Sicile, Jérusalem, Chypre, Acre, Thessalonique, etc.), les comtes se firent appeler roi.

En 1382, à la mort de la reine Jeanne, s’achevait la première maison capétienne d'Anjou. Jeanne adopta Louis Ier d'Anjou, fils du roi de France Jean II le Bon, fondant ainsi la seconde maison capétienne d'Anjou-Provence. La capture et la mort de la reine Jeanne provoquèrent une période de troubles opposant les partisans de la seconde maison d'Anjou-Provence aux partisans de Charles de Durazzo, issu de la première maison d'Anjou-Provence, dont les partisans formèrent l'Union d'Aix (1382-1387). La défaite, surtout politique, de Charles de Durazzo assit définitivement la seconde dynastie d'Anjou sur le comté de Provence (1387). La Provence orientale (à l'est du Var lui étant seule restée fidèle, Charles ne put lui venir en aide et lui permit de se donner au seigneur qu'elle se choisirait, pourvu que ce ne fût pas un adversaire. Ceci entraîna, en 1388, la séparation de la viguerie de Nice (ville de Nice, cité de Puget-Théniers et les vallées de la Tinée et de la Vésubie) qui choisirent la dédition de Nice à la Savoie), se constituant en Terres neuves de Provence. La haute-vallée de l'Ubaye, autour de Barcelonette, passa également sous suzeraineté savoyarde. La France a annexé la région de Barcelonette en 1713 dans le cadre du Traité d'Utrecht et Nice en 1860 par referendum.

La seconde maison capétienne d'Anjou-Provence donnera, notamment, le célèbre Bon Roi René. Charles III du Maine légua la Provence, à sa mort en décembre 1481, au roi de France Louis XI. Le 15 janvier 1482, les États de Provence approuvèrent un document en 53 articles, souvent improprement appelé "constitution provençale", qui fit de Louis XI le comte de Provence et proclama l'union de la France et de la Provence « comme un principal à un autre principal ». Charles VIII succéda à Louis XI en 1483 et, en 1486, les États de Provence lui demandèrent l'union perpétuelle, accordée par le roi de France par lettres patentes rédigées en octobre 1486 et communiquées aux États en avril 1487, « sans que à icelle couronne ne au royaulme ils soient pour ce aulcunement sualternez »[8],[9]. Ce processus est souvent présenté de façon simplifiée comme l'intégration au domaine royal. En droit, pourtant, le comté de Provence restait indépendant, et l'est resté jusqu'à la Révolution française. Mais s'il conserva bien des droits spécifiques, il fut de fait annexée par la France, bel et bien gouvernée et organisée comme une province française - création du Parlement de Provence en 1501, etc. Par ailleurs, il ne faut pas négliger le fait que les rois de France, y compris les monarques absolus comme Louis XIV, étaient tenus de respecter les droits et coutumes locaux. La Provence, à l'instar de la Bretagne, bénéficiait d'un certain degré d'autonomie, jalousement défendu, notamment en matière fiscale, même si l'indépendance relevait plus de la fiction juridique que de la réalité. En 1789, encore, les États de Provence rappelèrent qu'ils étaient de iure indépendants de la France.

Évolution historique du comté de Provence[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Medieval Lands : Comtes d'Arles et d'Avignon
  2. Medieval Lands : Comtes d'Apt
  3. Remarque : le terme vicomte n'apparaît pas dans les textes. Arlulf a reçu des terres fiscales et des droits publics dans le val de Trets en 950 et doit hommage au comte d'Arles.
  4. Medeval Lands : vicomtes de Marseille
  5. Raoul Busquet, Rois de Bourgogne et comtes de Provence, p. 144-150, dans Provence historique, tome 1, fascicule 3, 1951 (lire en ligne)
  6. Raoul Busquet, Le rôle de la vicomté de Marseille dans la formation du comté de Provence et l'origine de ses vicomtes, p. 67-74, dans Provence historique, tome 4, fascicule 16, 1954 (lire en ligne)
  7. Raoul Busquet, Rois de Bourgogne et comtes de Provence, p. 145.
  8. Histoire de la Provence, PUF 1987, pages 50 à 52
  9. Histoire de la Provence, Privat, 1990, pages 219 à 222

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]