Duché de Luxembourg

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Duché de Luxembourg

Herzogtum Lëtzebuerg (lb)
Herzogtum Luxemburg (de)

1353 – 1795

Blason
Armoiries
Description de cette image, également commentée ci-après
Le duché de Luxembourg au sein des Pays-Bas des Habsbourg.
Informations générales
Statut
Capitale Luxembourg
Langue Luxembourgeois, Allemand, Français
Religion Église catholique
Histoire et événements
1353 Élevé en rang de Duché.
1443 Possession des Ducs de Bourgogne.
1482 Possession des Habsbourg.
1795 Occupé par la France.
Duc de Luxembourg
1353–1383 Venceslas Ier de Luxembourg
1415–1419 Élisabeth de Goerlitz
1419–1425 Jean sans Peur
1425–1443 Élisabeth de Goerlitz
1439–1482 Guillaume III de Saxe

Entités précédentes :

Le duché de Luxembourg est une ancienne principauté du Saint-Empire romain germanique. Il était beaucoup plus étendu que l'actuel grand-duché, puisqu'il regroupait l'actuel grand-duché, la province belge de Luxembourg, une partie de la province de Liège (environs de Saint-Vith) telle qu'on la connaît aujourd'hui, les alentours de Montmédy et de Carignan ainsi que ceux de Thionville jusqu'à Marange-Silvange en France (région Lorraine), ainsi que la région comprenant Bitburg, Neuerburg, Kronenburg, Manderscheid et Schleiden dans l'Eifel, mais aussi les localités d'Igel, aux portes de Trèves, et de Saarburg sur la rive droite de la Moselle (Land de Rhénanie-Palatinat) en Allemagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le duché était composé entre autres par :

Bailliages et prévôtés[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prévôté (Luxembourg).

Quartiers[modifier | modifier le code]

Seigneuries[modifier | modifier le code]

Exclaves[modifier | modifier le code]

Raville (et ses dépendances), Merschweiller (en partie), Manderen, Villers-le-Rond,

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Luxembourg.

À la tête du Saint Empire romain germanique (XIVe au XVe siècle)[modifier | modifier le code]

Au début du XIVe siècle, la maison de Luxembourg accède au trône impérial. En 1308, le comte Henri VII est élu roi d’Allemagne par les princes électeurs à l’instigation de son frère Baudouin, archevêque de Trèves, et de Pierre d’Aspelt, archevêque de Mayence, également d’origine luxembourgeoise. Un légat du pape le couronne empereur à Rome en 1312. Son fils, Jean dit l’Aveugle, épouse l’héritière du royaume de Bohême et devient roi de Bohême. Chevalier modèle, il meurt en héros au service du roi de France dans la bataille de Crécy en 1346. À la suite d’Henri VII, trois autres membres de la dynastie des Luxembourg porteront la couronne royale, voire impériale : Charles IV (1346-1378), Wenceslas (1376-1400) et Sigismond (1410-1437). Le Luxembourg reste un comté immédiat du Saint-Empire romain germanique jusqu'en 1354 lorsque Charles IV élève le comté de Luxembourg au rang de duché en 1354. Après l’acquisition du comté de Chiny en 1364, celui-ci atteint sa plus grande extension. Cependant, avec l’accession à la dignité royale et impériale, les Luxembourg finissent par céder leur terre patrimoniale à des seigneurs engagistes, puis aux Bourguignons. En 1437, la famille régnante s'éteint et le duché passe brièvement aux mains des Habsbourg. En 1443, le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, conquiert la ville de Luxembourg. Le duché devient une province des Pays-Bas. Après la mort de Marie de Bourgogne, fille unique de Charles le Téméraire, en 1482, le Luxembourg devient possession de Maximilien de Habsbourg, son mari, et figurera dans l'héritage de leur fils Philippe le Beau. Ce dernier, qui épousera Jeanne de Castille, fille des « rois catholiques » (Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon), deviendra notamment roi d'Espagne par mariage et sera le père de Charles Quint. Pendant les quatre siècles qui vont suivre, son destin sera lié à cet ensemble géographique et politique.

Une province des Pays-Bas (XVe au XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Une province des Pays-Bas.
Localisation du département des Forêts.

Au cours des temps modernes, les Pays-Bas changent de souveraineté au gré des aléas dynastiques et politiques. Suite à la mort du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire (1477), les Pays-Bas passent dans le giron des Habsbourg. Pendant les XVIe et XVIIe siècles, le duché de Luxembourg et les autres provinces qui composent le territoire des Pays-Bas appartiennent aux Habsbourg d’Espagne.

Sur l’échiquier européen, le Luxembourg occupe une position stratégique importante. Dès le XVIe siècle, le pays est entraîné dans les nombreuses guerres que les Habsbourg d’Espagne et les Valois, puis les Bourbon de France se livrent pour l’hégémonie en Europe. La ville de Luxembourg est progressivement transformée en une des forteresses les plus réputées d’Europe, véritable « Gibraltar du Nord ». En 1659, le traité des Pyrénées, qui met un terme provisoire au conflit franco-espagnol, démembre toute la partie méridionale du duché — notamment Thionville et Montmédy — au profit de la France. En 1684, la forteresse de Luxembourg est assiégée par les armées de Louis XIV. Après la prise de la ville, l’ingénieur français Vauban, qui a dirigé les opérations du siège, entreprend de vastes travaux de fortification. Pendant une courte période, de 1684 à 1697, le duché de Luxembourg reste sous régime français. Les Français prennent Luxembourg comme base de départ pour leurs expéditions guerrières vers l'Allemagne, et en particulier vers le Rhin. Ce fait inquiète les voisins de la France et contribue à la formation de la Ligue d'Augsbourg en 1686. Une guerre s'ensuit, qui force la France à restituer le duché aux Habsbourg en 1697 (traité de Rijswick). En 1715, après la guerre de Succession d’Espagne, les Pays-Bas méridionaux reviennent à la branche autrichienne des Habsbourg.

Par opposition aux deux siècles précédents, le XVIIIe siècle a été une période de paix au Luxembourg. Les règnes de Charles VI (1715-1740), de Marie-Thérèse (1740-1780) et de Joseph II (1780-1790) apportent un renouveau dans de nombreux domaines. Les réformes autrichiennes, telles que le cadastre thérésien introduisant l’égalité fiscale ou encore l’Édit de tolérance accordant aux non-catholiques la liberté de culte, annoncent déjà les innovations de la Révolution française.

La Révolution française et le Premier Empire (XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Lors de la Révolution française, plus précisément sous la Convention, la France conquiert une nouvelle fois le duché Luxembourg en 1794 (la forteresse de Luxembourg, elle, capitulera l'année suivante), annexe son territoire et, dès 1795, transforme les deux tiers de ce dernier en un département français dit département des Forêts). Le tiers restant sert à former deux autres nouveaux départements : celui de Sambre-et-Meuse et celui de l'Ourthe. Cette situation est officialisée en 1797), sous le régime du Directoire.

L’introduction de la conscription, système de recrutement militaire, déclenche en 1798 une insurrection paysanne, appelée guerre des gourdins (« Klëppelkrich »). Sous Napoléon, le régime français, plus modéré, est mieux accepté par la population.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des Ducs de Luxembourg[modifier | modifier le code]

États de Luxembourg[modifier | modifier le code]

Les États de Luxembourg ou, en forme longue, les États du duché de Luxembourg et comté de Chiny, étaient l'assemblée d'États du duché.

L'ordre du clergé était représenté par :

Les abbés de Saint-Hubert assistèrent souvent aux États.

La noblesse était représentée par les personnes :

  • prouvant deux quartiers nobles du côté paternel et autant du côté maternel ;
  • âgé de vingt-cinq ans ;
  • possédant une terre avec haute-justice.

Le tiers-État était composé d'un député de chacune des quinze villes suivantes :

  • Dans le quartier allemand : Luxembourg, Arlon, Biedbourg, Echternach, Diekierch, Grevenmacher et Remich ;
  • Dans le quartier wallon : Durbuy, Bastogne, Chiny, Houffalize, Marche, Neufchâteau, Laroche et Virton.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armoiries de Henri VI, comte de Luxembourg.

Les comtes de Luxembourg à la fin du Moyen Âge portaient : burelé d'argent et d'azur de dix pièces, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or brochant sur le tout.

Une variante de ces armoiries est peinte dans les miniatures du manuscrit du Tournoi de Chauvency (Oxford), dont l'un des héros est Henri VI le Lion de Luxembourg, époux de Béatrice d'Avesnes, mise à l'honneur dans ce poème par Jacques Bretel en 1285.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Vannérus, Dénombrements des feux des duché de Luxembourg et comté de Chiny.
  • Jean Bertholet, Histoire ecclésiastique et civile du duché de Luxembourg et comté de Chiny, en 8 volumes, publiés à Luxembourg de 1741 à 1747. Considérée comme la référence majeure sur l'histoire du duché de Luxembourg, une reproduction anastatique de l'œuvre fut publiée par le Musée en Piconrue de Bastogne en 1997.
  • Le Duché de Luxembourg à la fin de l'Ancien Régime : Atlas de géographie historique
    • I. Introduction (1982)
    • II. Le quartier de Durbuy (1982)
    • III. Le quartier de Marche (1983)
    • IV. Le quartier de La Roche (1984)
    • V. Terres franches wallonnes (1987)
    • VI. Le quartier de Neufchâteau (1989)
    • VII. Le quartier de Houffalize (1993)
    • VIII. Le quartier de Chiny (1997)
    • IX. Le quartier de Virton (2000)

Articles connexes[modifier | modifier le code]