Soubestre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Périmètre approximatif du Soubestre d'un point de vue géomorphologique

Le Soubestre (ou Saubestre) est aujourd'hui un terroir du nord-est des Pyrénées-Atlantiques, dans le nord du Béarn. La définition traditionnelle[1] de ce pays correspond à peu près à la vallée du Luy de Béarn entre Montardon et Sault-de-Navaille ainsi que les coteaux avoisinants.

Histoire[modifier | modifier le code]

Région essentiellement boisée au milieu de l'époque médiévale, son peuplement et l'exploitation de ses terres ont commencé à la fin du Xe siècle et au début du XIe siècle, à la suite d'importants défrichements entrepris par les moines de l'abbaye de Larreule qui viennent de s'y installer[n 1]. C'est à cette époque que Pierre de Marca mentionne[2] un certain Loup-Garsie ou Garsie-Loup, comme seigneur du Soubestre et de Louvigny[3].

Au XIIe siècle, le Soubestre est l'un des cinq archidiaconés de l'évêché de Lescar. L'archidiacre réside à Garos[4] et a la responsabilité de paroisses appartenant au nord de la vicomté de Béarn, tandis que celles appartenant à la vicomté voisine de Louvigny, bien que sous l'autorité de l'évêché de Lescar, sont sous l'autorité d'un archidiacre différent, celui de Rivière-Luy résidant à Sault-de-Navailles[5]. Au XIVe siècle, Gaston Fébus fait du Soubestre, un parsan[6] et conserve Garos comme chef-lieu. Ce statut à la fois politique et religieux perdure jusqu'en 1789.

N'ayant plus d'existence religieuse ni juridique au cours des XIXe et XXe siècles, le terme de Soubestre n'est pratiquement plus employé dans l'usage courant et la littérature. Sa remise à l'honneur intervient après la création de la communauté de communes du canton d'Arzacq en 1994, bien que cette communauté ne corresponde que partiellement au Soubestre de l'Ancien Régime[7].

Étymologie et terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme de Soubestre viendrait du latin (Pagus) Silvestris, c'est-à-dire « le territoire boisé » ou « le territoire couvert de forêts ». Les sources historiques (conservées dans l'Histoire du Béarn de Pierre de Marca) mentionnent l'existence de ce terroir dès la fin du Xe siècle :

  • Pagus Vasconiae qui dicitur Silvestrensis (vers 980, cartulaire de Larreule, « le territoire des Vascons qui est appelé par son boisement »)
  • Silvestrum (vers 982, cartulaire de Saint-Sever)
  • Archidiaconatus Silvestrensis (selon le cartulaire de Lescar de 1101 mentionné par Pierre de Marca)
  • Saubeste (1188, fors du Béarn[8])
  • Soubeste (1409, fors de Béarn, E2622)[n 2]
  • Sobeste (1576, rôles d'Enquêtes. B2267)[n 2]

Deux termes s'imposent aujourd'hui : Soubestre ou Saubestre. En fait, il y a une ségrégation géographique dans l'emploi de l'une ou l'autre orthographe : Saubestre est aujourd'hui surtout utilisée dans des dénominations commerciales et associatives des environs d'Arthez-de-Béarn, tandis que Soubestre s'emploie de manière quasi systématique dans le canton d'Arzacq-Arraziguet. La terminologie en occitan (ou béarnais) est Seuvestre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. section « Étymologie et terminologie » à ce propos.
  2. a et b les cotes employées sont celles des archives départementales des Pyrénées-Atlantiques.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Raymond, Dictionnaire topographique du département des Basses-Pyrénées, Paris, Imprimerie Impériale, , 208 p. (lire en ligne), p. 162
  2. Pierre de Marca, Histoire de Béarn , contenant l'origine des rois de Navarre, des ducs de Gascogne, marquis de Gothie, princes de Béarn, comtes de Carcassonne, de Foix et de Bigorre, avec diverses observations géographiques et historiques, concernant principalement lesdits païs, 1640 (mdcxl), 849 p. (lire en ligne), p. 269
  3. Cartulaires de Larreule et de Saint-Sever.
  4. Selon Paul Raymond, Dictionnaire topographique du département des Basses-Pyrénées, Paris, 1863, réédité sous le nouveau titre Dictionnaire topographique Béarn Pays Basque, Éditions PyréMonde/Princi Negue, Monein, 2005 (ISBN 2846182302), tant aux articles Soubestre que Garos.
  5. Cf. Pierre Tucoo-Chala et Christian Desplat, La principauté du Béarn, 1980, p. 30.
  6. Division judiciaire et administrative de la vicomté de Béarn correspondant au bailliage. Cf. Pierre Tucoo-Chala et Christian Desplat, ibid° (supplément cartographique), carte no 18.
  7. Le choix fait par cette communauté de communes de l'appellation « en terre de Soubestre » pourrait signifier qu'il n'y ait pas d'appropriation exclusive du terme géographique par celle-ci.
  8. Fors de Béarn, Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, manuscrit du xive siècle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Chabot et Barbara Pecheux, Le canton d'Arzacq-Arraziguet, Bordeaux, Ed. Le Festin, 1998 (Collection Itinéraires du patrimoine, n°188)
  • Pierre de Marca, Histoire de Béarn, 1620 [rééd. Éditions PyréMonde/Princi Negue, 2005]
  • Paul Raymond (archiviste), "Dictionnaire topographique du département des Basses-Pyrénées", Paris, 1863, réédité sous le nouveau titre Dictionnaire topographique Béarn Pays Basque, Monein, Éditions PyréMonde/Princi Negue, 2005.
  • Anne Zink, Pays ou circonscriptions. Les collectivités territoriales de la France du Sud-Ouest sous l'Ancien Régime, Publications de la Sorbonne, 2000.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]