Chêne

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Quercus

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chêne (homonymie) et Cheneau.

Chêne est le nom vernaculaire de nombreuses espèces d'arbres et d'arbustes appartenant au genre Quercus, et à certains genres apparentés de la famille des fagacées, notamment Cyclobalanopsis et Lithocarpus.
Ce genre, présent dans tout l'hémisphère nord et dont l'aire de répartition s'étend depuis les froides latitudes jusqu'aux zones tropicales de l'Asie et des Amériques, comprend à la fois des espèces à feuilles caduques et d'autres à feuilles persistantes.

Étymologie et différentes appellations[modifier | modifier le code]

La main de Perkūnas, œuvre de Mikalojus Konstantinas Čiurlionis, 1909.

Il n'y a pas de mot indo-européen spécifique au chêne, un arbre qui puise ses noms dans des couches linguistiques plus anciennes. Le nom de chêne renvoie ainsi à quatre étymons différents : l'indo-européen *dreu-, *perkʷus et heyǵ-, et le gaulois *cassanos.

Les étymons indo-européens *dreu-, *deru-, *doru- (avec le sens polysémique de solide, ferme comme un arbre) se retrouvent dans le sens de chêne, l'arbre par excellence, dans différentes langues : le breton derv, le gallois derw, le gaélique dair, qui signifient tous « chêne ». Les langues slaves connaissent des formes comme le russe, le tchèque dub et le polonais dąb. Le grec druas, dérivé de ces étymons, a donné les termes de dryades, de dendrochronologie et de philodendron. Le derby est peut-être issu de cette racine[1]. La racine *dreu- est à l'origine du pré-germanique *dréu̯om qui a donné l'anglais tree, « arbre »[2].
L'étymologie du mot « druide » (latin druidæ, protoceltique *dru-wid-s) est souvent reliée à cette racine indo-européenne. Si tous les spécialistes s'accordent pour reconnaître dans le second terme de ce composé la racine *weid- (« savoir, voir »), le premier terme est souvent interprété comme le préfixe intensif indo-européen dru- (δρῦς, « durs, forts comme le chêne »[3]), d'où la traduction courante : « les très savants ». Cette explication a été critiquée, notamment par le linguiste Émile Benveniste[4].

Le mot attribué au genre scientifique, le latin quercus (qui se perpétue dans l'italien quercia, le sarde kerku et le corse querciu) remonte à l'indo-européen *perkʷus (par l'intermédiaire d’une forme altérée *kʷerkʷus par le phénomène d'assimilation entre les deux consonnes initiales). *perkʷus est probablement lié mythologiquement au nom de l'orage (Perkwunos (en) ou Perkūnas, « dieu de l'orage », la relation entre l'orage et l'arbre étant peut-être due à l'impact des impacts de la foudre sur leurs hautes cimes), la désignation métonymique d'un dieu du ciel se faisant par la figure de style d'hypallage[5].

Le proto-germanique *aik, *aig, issu du proto-indoeuropééen heyǵ- explique les termes allemand Eiche et anglais oak qui désignent le chêne, et les mots grecs aigilops (mot bisémique désignant soit le chêne rouvre, soit une céréale), krataigos (nom désignant l'Azérolier)[6].

Le mot chêne (d'abord chasne en ancien français, v. 1100) est issu du gaulois *cassanos, par l'intermédiaire d'une forme gallo-romane *CASSANU. Ce mot, attesté par le bas latin cassinus et le latin médiéval casnus (886), est à l'origine de l'ancien français chasne, dont les formes chaisne, chesne ainsi que les variantes dialectales caisne, quesne, etc., représentent des altérations précoces, d'après le mot fresne « frêne » [7]. Le mot latin cassinus est probablement d'origine gauloise ou prégauloise. L'étymologie du gaulois *cassanos (autrement noté *cassăno-, éventuellement *cassĭno) est incertaine, car il ne possède aucun équivalent direct dans les langues celtiques, et les divers rapprochements proposés pour en rendre compte restent peu probants[8]; son origine est peut-être préceltique[9].
Le terme indigène casnus n'a pas été supplanté par le latin quercus, sans doute du fait de l'importance qu'avait cet arbre pour les constructions et surtout comme arbre saint du druidisme[10]. On distingue des formes régionales : aire normande et picarde : quesne, queyne, francoprovençal et nord-occitan : chasne, quart nord-est chesne, chêne, sud-ouest cassou, casse (la cassagne). En Gascogne, ce nom s'applique aux grands chênes à feuilles caduques qu'on distingue du tauzin (Quercus pyrenaica), exactement comme les Basques distinguent l'haritz pédonculé de l'ametz (tauzin) et de l'arte (yeuse).

Différentes appellations selon les pays[modifier | modifier le code]

L'étymon indo-européen *perkʷus est à l'origine des termes germaniques : vieux haut allemand forha > allemand Föhre, sorte de sapin, anglo-saxon furh « sapin » (l'anglais moderne fir « sapin » est un emprunt au vieux scandinave fyra) et gothique fairɧus « monde » (c'est-à-dire « arbre du monde » dans la mythologie germanique cf. Yggdrasil). Le même indo-européen explique aussi le nom des monts Erzgerbirge et de la forêt hercynienne (Hercynia silva) par dérivation lexicale *perkʷu-nia > *perkunia > hercunia. La chute de [p] initial de *perkunia > [h]ercunia est propre au celtique (la lettre h est une prothèse) et la lettre y est un emprunt au grec : le radical erc- « chêne » étant d'ailleurs attesté en gaulois en toponymie et en anthroponymie, ex : Erco-lana « plaine des chênes » et Argonne de *Arcuna, variante de *Ercuna[11].

Le latin robur (attribué en taxinomie au chêne pédonculé Quercus robur), donne en français (chêne) rouvre (rivoire) et explique aussi les termes catalan roure et espagnol roble (noms génériques des chênes à feuilles caduques).

La racine *karr est à l'origine de mots latin cerrus, ibériques arte, karraska, carballo, occitan languedocien garric, garrolha, occitan limousin jarric, berbère akarruš, slovène hrast.

Le chêne vert, le plus répandu en pays méditerranéens, est appelé en catalan alzina, occitan dialectal auzina, espagnol encina, d'un dérivé *ilicina du latin ilex. Le terme « yeuse » ([jø:z] est issu de l'occitan euse « chêne vert », lui-même issu d’elex, variante d’ilex[12],[13]. Ce dernier mot donne également l’italien leccio, corse leccia, par métathèse de [l].

Les chênes-lièges s'appelaient en latin suber, à rapprocher du basque zuhar « orme », de zu(r)- « bois ». On le retrouve dans les termes corses suvera, catalan alzina surera, portugais sobreiro et français sûrier.

Toponymes et patronymes en France[modifier | modifier le code]

Il existe au moins 221 toponymes en France évoquant des localités probablement établies dans ou près d'une forêt de chênes[14].

Les anciennes formes françaises et les formes dialectales du mot chêne, à savoir chesne, chaîne et quesne, ont donné les noms de Duchesne, Duquesne, Quesnel, Quesné. Le latin robur se retrouve dans les toponymes et patronymes Rouvre, Rouvière, Roure, Royer et le latin ilex (chêne vert) dans yeuse, euze, elze

Le breton distingue le tann (au sens de chêne rouvre), du taouz (tauzin). Le mot tan est d'origine celtique *tanno-. Comme le breton, il a survécu assez longtemps au sens de « chêne ». Cette racine celtique se retrouve dans des toponymes qui évoquent la présence de tanneries ou de chênes : Tanis, Thennes, Thenney, Tannay, Tanay, Theneuil, Theneuille, Thénioux, Tannerre-en-Puisaye, Thenailles et Thenelles mais des confusions sont possibles avec la tanière (tanne) et le mot latin thannus qui désigne un buisson, un tronc d’arbre[15].

Généralités[modifier | modifier le code]

Gland dont est issue une pousse de chêne.

Le genre Quercus comprend entre 200 et 600 espèces (chiffre variable selon les auteurs, vu le nombre important d'hybrides) situées majoritairement dans l'hémisphère Nord, dont une vingtaine d’espèces poussent spontanément en Europe et 8 France (les chênes vert, liège, kermès, tauzin, sessile, pédonculé, pubescent et chevelu)[16]. Rustiques à semi-rustiques, appréciant une place en plein soleil dans un endroit dégagé, ils colonisent des milieux extrêmement diversifiés, allant des zones arides (Afrique du Nord, Californie) aux zones tropicales humides (Colombie, Amérique centrale), en passant par les régions tempérées (Europe, Amérique du Nord, Asie centrale). En règle générale, c’est dans les régions tempérées que les aires de distribution occupent les plus vastes surfaces, à l’échelle des continents[17]. Le chêne est l'arbre le plus répandu en France, avant le pin[18] où il représente 40 % des essences, feuillus et conifères confondus[18].

Les chênes font partie des espèces forestières les plus polymorphes au plan génétique, d'où leur forte capacité d’adaptation[19].

Espèces porteuses et ingénieurs, elles abritent une biodiversité importante (épiphytes, oiseaux, insectes, parasites et autres symbiotes) et fournissent un humus doux peu acide, à minéralisation rapide, qui engendre la formation de sols bruns forestiers, neutres ou même légèrement alcalins[20].

Les botanistes distinguent deux grandes catégories de chênes[21] : les chênes caducifoliés dont le feuillage tombe en automne, parfois au printemps (chêne rouge, chêne chevelu, chêne pubescent, chêne tauzin et chêne rouvre) ; les chênes sclérophylles dont les feuilles sont persistantes : arbres poussant surtout sur les rivages méditerranéens (chêne vert, chêne kermès et chêne-liège) ainsi qu'en zones subtropicales et tropicales en Amérique et en Asie. Les premiers, généralement plus grands, ont des feuilles divisées en lobes ou crénelées ; les seconds ont des feuilles coriaces entières ou à dents épineuses. Les espèces tropicales ont des feuilles entières, comparables à la forme de certaines Lauracées (camphrier, etc.). La nervation craspedodrome bien visible est pennée avec des nervures secondaires alternes[22].

Hormis s'il pousse au milieu d'une clairière, en raison d'une croissance lente, dans une forêt mélangée primaire subnaturelle mixte (feuillus-résineux), il faut 100 à 150 ans pour qu'il atteigne la canopée, mais cette lenteur permet au chêne de produire un bois dense et dur, apprécié pour de nombreux usages, surtout depuis la quasi-disparition des grands ormes qui produisaient également un bois dur et de grande taille.

Si on le laisse vivre, le chêne dépasse facilement les 500 ans, et jusqu'à plus de 1000 ans et plus, exceptionnellement. De nombreux arbres remarquables pour leur taille et ancienneté étaient (ou sont encore) des chênes, autrefois dits « cassanos » par les Gaulois.

Une forêt de chênes est une chênaie. Le chêne forme souvent des forêts mixtes en association avec d'autres feuillus.

La densité du bois de chêne est comprise entre 0,61 et 0,98 (cœur : 1,17). C'est un bois lourd, dur et résistant. Il est très utilisé en ébénisterie et menuiserie.

Description[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Sur une tige de chêne, l'unité de croissance portant des bourgeons et des cicatrices foliaires, débute par la cicatrice de cataphylles en anneau (à droite).
Phyllotaxie alterne spiralée, avec un angle de divergence proche de 137,5°.

Les chênes sont des arbres élevés, plus rarement des arbrisseaux, à enracinement généralement profond. De croissance rapide, certaines espèces atteignent plusieurs dizaines de mètres de haut (chêne sessile), d'autres forment de grands arbustes (chêne vert) ou des arbrisseaux (chêne kermès). Espèces sociales, exigeantes en lumière, elles ont un tronc élevé droit ou tortueux; généralement crevassé. rejettent bien de souche jusqu'à un âge avancé mais ne se bouturent pas. Quelques espèces comme le chêne tauzin sont drageonnantes[23].

Ils possèdent des feuilles simples qui suivent une phyllotaxie alterne spiralée. L'angle de divergence souvent observé est proche de 137,5°[24]. De texture ferme et de forme variables selon les espèces (limbe elliptique, oblong, ovale ou obovale, obtus à aigu ou acuminé au sommet), elles peuvent être pennatilobées à lobes arrondis ou entières avec un bord lisse ou denté. Elles sont dotées de stipules fugaces qui tombent peu après la feuillaison. Elle se regroupent généralement à l'extrémité des rameaux. Chez les chênes mais également chez les espèces herbacées, dans le cas d’un développement hétéroblastique typique, on observe le long de la tige trois classes de feuilles (feuilles juvéniles, feuilles de transition et feuilles adultes) dont la formation est probablement liée à la rythmicité de croissance des arbres. En parallèle de cette hétérophyllie classique, on rencontre le développement hétéroblastique inversé qui consiste en une juvénilisation de la croissance (les écailles recouvrant les bourgeons indiquent un passage du végétal vers un état de vie ralentie)[25].

Les rameaux assez robustes, rigides, rectilignes, souvent à crêtes longitudinales, contiennent une moelle à 5 pointes. Ils portent des cicatrices foliaires semi-ovales à triangulaires, marquées d'au moins 5 cicatrices vasculaires et des cicatrices de cataphylles en anneau[26].

L'axe terminal des rameaux porte de 2 à 3 bourgeons terminaux d'égale grosseur, sphériques ou ovoïdes, à écailles nombreuses imbriquées, disposées en 5 rangs. Ces bourgeons sont entourés de nombreux bourgeons axillaires plus petits, agglomérés[27]. Les bourgeons sont fermés par des écailles brunes recouvertes d'un enduit cireux, la propolis (matière résineuse qui poisse les doigts) dont le rôle est de limiter la déshydratation du bourgeon. Les bourgeons à bois contiennent une tige embryonnaire et des ébauches foliaires protégées par un abondant duvet blanc, la bourre, qui contribue à leur protection thermique[28].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Les chênes sont, comme la plupart des essences forestières[29], monoïques diclines, c'est-à-dire qu’ils portent des inflorescences mâles et femelles séparées sur le même individu. Le floraison a lieu pendant la feuillaison.

Les fleurs mâles sont jaunâtres, en chatons grêles, filiformes, lâches, à l'aisselle des feuilles de la base du rameau de l'année précédente ou des nouvelles pousses. Ces chatons souples, pendants, ont à leur base des bractées droites, pointues, caduques et très tomenteuses ; les fleurs, en groupes de 3 ou 4, sont protégée par un périanthe à (4-) 6 sépales connés à leur base, pubescents ; L'androcée est constitué de (3-) 6 (-12) étamines, à filet mince, glabres ou tomenteuses à la base, à anthères de 0,5 à 2 mm de long ; le pistillode est habituellement absent, ou rudimentaire (réduit à des touffes de trichomes). Les fleurs femelles, toujours solitaires, sont verdâtres, solitaires, dans un involucre accrescent formé de petites écailles imbriquées. Les inflorescences femelles à l'aisselle des feuilles de l'extrémité du rameau, apparaissent après les inflorescences mâles. Érigées, pubescentes, à fleurs en nombre variable, elles ont des bractées droites, pointues, pubescentes, caduques ; le périanthe est à (4-) 6 (-9) pièces soudées ; des staminodes sont parfois présents, pouvant atteindre le nombre de 5 à 7 ; l'ovaire infère est surmonté de 3-4 (-6) styles aplatis ou cylindriques, plus ou moins longs, libres et recourbés ou soudés à la base ; les stigmates sont glabres ; le nombre de carpelles est égal à celui des styles[30].

Plantes à syndrome anémophile associé à une germination hypogée, elles ont un fruit de type akène, appelé gland, de forme ovoïde ou oblongue, vert puis jaunâtre ou brunâtre. Fixé dans une structure appelée cupule, chaque gland contient une graine (rarement deux ou trois) et met pour mûrir 6 à 18 mois selon l'espèce[31].

Classification[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Classification des chênes.
Un chêne blanc hybride, probablement Quercus stellata × Quercus muehlenbergii
Chêne remarquable (aujourd'hui mort) de Bon-Secours. Son fut est presque parfaitement tubulaire et rectiligne. Il pourrait être âgé de 700 à 800 ans
Tronc du vieux-chêne de Bon-Secours (la main qui donne l'échelle est celle d'une personne adulte)
Le chêne (vivant ou mort) est l'arbre qui abrite le plus grand nombre d'espèces d'insectes. Il accueille aussi de nombreux organismes épiphytes dont bryophytes et lichens (ici Peniophora quercina et Xanthoria parietina accompagnés d'un champignon (violet)

Le genre est divisé en plusieurs sections :

  • Section Quercus (synonymes Lepidobalanus et Leucobalanus), les chênes blancs d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Styles courts, les glands mûrissent en 6 mois, doux ou légèrement amers, endocarpe glabre.
  • Section Mesobalanus, les chênes de Hongrie et apparentés d'Europe et d'Asie. Styles longs, les glands mûrissent en 6 mois, amers, endocarpe glabre. (assez proches de la section Quercus et parfois incluse dans celle-ci).
  • Section Cerris, les chênes de Turquie et apparentés d'Europe et d'Asie. Styles longs, les glands mûrissent en 18 mois, très amers, endocarpe glabre ou légèrement duveteux.
  • Section Protobalanus, les chênes intermédiaires entre les chênes rouges et les chênes blancs, originaires du Sud-Est des États-Unis et du Nord-Ouest du Mexique. Styles courts, les glands mûrissent en 18 mois, très amers, endocarpe duveteux. Toutes les espèces de ce groupe sont sempervirentes, avec une persistance des feuilles supérieure à 1 an, et souvent 3 ans.
  • Section Lobatae (synonymes Erythrobalanus), les chênes rouges ou noirs d'Amérique du Nord et d'Amérique centrale et de Colombie. Style long, les glands longs mûrissent en 18 mois, très amers, endocarpes duveteux.

Les hybrides sont courants uniquement entre espèces au sein d'une même section; aucune hybridation vérifiée entre espèces de différentes sections n'est connue, à l'exception de celles entre espèces de la section Quercus et Mesobalanus, où plusieurs ont lieu.

Le genre Cyclobalanopsis, ici considéré comme un genre distinct, selon Flora of China, est souvent inclus dans d'autres classifications dans le genre Quercus comme un sous-genre.

Sylviculture du chêne[modifier | modifier le code]

Le cycle sylvigénétique moyen et naturel (de la naissance à la mort naturelle) du chêne est d'environ 600 ans [32], mais son cycle sylvicole (durée de révolution) est nettement plus court.

À l'époque de Colbert les chênes étaient coupés à l'âge de 250 à 300 ans, en Forêt de Tronçais par exemple, considérée aujourd'hui comme l'une des plus belles chênaies d'Europe[33].

Aujourd'hui, pour des raisons économiques (pour en faciliter l'abattage et le sciage industriel, avec un retour sur investissement moindre mais plus rapide), le chêne est abattu bien plus jeune : Dans les années 1980 en France, la durée de renouvellement (révolution) d'un peuplement de chênes n'était plus que de 160 à 200 ans[34] et tend à se réduire avec la sylviculture dite « dynamique » ; Pour plus de profits à court ou moyen terme, le sylviculteur traite souvent la chênaie en « futaie équienne » (arbres de même classe d'âge), éventuellement monospécifique, en augmentant l'ensoleillement par des éclaircies régulières favorisant des "arbres d'avenir" choisis par lui avec un intervalle de temps entre les éclaircies (appelé rotation) de 9 à 12 ans (3 à 5 m3 de bois d' œuvre par ha et par an en Poitou-Charentes), voire moins[35]. En taillis les chênes sessile et pédonculé sont coupés vers 25 à 45 ans (3 à 6 stères/ha/an)[35].

Utilisations[modifier | modifier le code]

durabilité naturelle [36]
champignons classe 2 durable
insectes de bois sec durable - aubier distinct (rique limité à l'aubier)
termites classe M - Moyennement durable
imprégnabilité classe 4 - non imprégnable
classe d'emploi Classe 3 - hors contact du sol, à l'extérieur

Note : la durabilité est liée à la présence de tanins solubles dans l'eau, elle diminue donc avec le lessivage en cas d'exposition sévère

Utilisation du bois[modifier | modifier le code]

En Europe, le chêne a été très utilisé, puis cultivé, pour son bois, son liège, son écorce et ses glands (dont on faisait autrefois de la farine, mais qui ont surtout servi à alimenter des porcs). On trouve parfois des chênes têtard dans les haies bocagères ou des chênes isolés dans une prairie ou un champ.

Les chênes sont des arbres à bois dur. Le bois de chêne a une masse volumique comprise entre 0,75 et 0,85 g/cm3. C'est un matériau très résistant et très dur. Sa résistance aux insectes et aux champignons (durabilité naturelle) est très importante grâce à sa forte teneur en tanin. Les grandes planches radiales de chêne sont prisées depuis le Moyen Âge et servent à réaliser des boiseries d'intérieur de bâtiments prestigieux comme la Chambre des communes en Angleterre à Londres, et dans la construction de menuiserie fine. Le bois du chêne pédonculé et du chêne rouvre était utilisé en Europe pour la construction navale jusqu'au XIXe siècle et étaient les principales essences de bois utilisées dans la construction des charpentes en bois des bâtiments en Europe. Aujourd'hui le bois de chêne reste couramment utilisé dans la menuiserie, la parqueterie, et la production de plaquage. Les tonneaux dans lesquels les vins rouges, xérès et d'autres spiritueux tels que le cognac, le scotch ou le bourbon sont vieillis, sont des fûts de chêne. Les tonneaux de chêne contribuent à la saveur vanillée de ces boissons. Les copeaux de bois de chêne sont utilisés pour le fumage du poisson, de la viande, du fromage et d'autres produits alimentaires.

Parmi les chênes nord-américains, le chêne rouge d'Amérique Quercus rubra est le plus prisé pour son bois au sein du groupe Lobatae. Toutes les espèces de ce groupe sont commercialisées en tant que « chêne rouge ». Le bois standard des chênes du groupe Quercus, lesquels sont tous commercialisés en tant que « chêne blanc », est le chêne blanc Quercus alba. Le bois du chêne rouvre et du chêne pédonculé Quercus petraea et Quercus robur, tous deux à feuilles caduques, représente la plus grande partie de la production de chêne en Europe, mais les espèces persistantes, tel que le chêne vert Quercus ilex, et le chêne-liège Quercus suber produisent aussi un bois de valeur.

  • Quercus coccifera est parasité par le kermes, ou cochenille, un insecte dont les œufs séchés et traités servaient à confectionner une teinture de couleur écarlate ;
  • Quercus pubescens est quant à lui le meilleur chêne truffier, le mycélium de la truffe vivant en association avec ses racines.
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Utilisations de l'écorce[modifier | modifier le code]

L'écorce de Quercus suber, ou chêne-liège, donne le liège qui sert traditionnellement à fabriquer les bouchons en liège. Cette espèce pousse sur le pourtour méditerranéen, ainsi qu'au Portugal. L'Espagne, l'Algérie et le Maroc sont les plus gros producteurs mondiaux.

L'écorce de chêne est riche en tanin. Pulvérisée, elle donne le tan utilisé pour le tannage des cuirs par les tanneurs.

L'écorce du chêne blanc est séchée et utilisée dans certaines préparations médicales.

En Kabylie (Algérie), l'écorce du chêne-liège découpée en forme de cylindre de 70 à 80 cm est utilisée en apiculture pour élever des essaims d'abeilles.

Utilisations des fruits[modifier | modifier le code]

Les glands peuvent être consommés par les humains (voir purée de glands). Les glands servent pour faire une farine, grillés comme substitut de grains de café ou fermentés pour donner une boisson pétillante (piquette de glands). Les glands sont aussi mangés par les animaux sauvages ou domestiques : les écureuils, les cerfs, les sangliers qui en sont très friands. Toutefois, ils sont nocifs pour les équidés. Au Moyen Âge, dans presque toute l'Europe, en octobre, la glandée consistait à emmener les cochons en forêt pour qu'ils se nourrissent des glands tombés à terre. Les glands sont utilisés en Corse et en Espagne pour l'alimentation de cochons élevés en semi-liberté (qui vont en Espagne servir à confectionner le jambon ibérique de bellota).

Utilisations des galles[modifier | modifier le code]

On appelle noix de galle (ou galle du chêne) l'excroissance provoquée sur les feuilles de certains chênes par des piqûres d'un autre insecte, le cynips — la noix de galle est utilisée pour la confection de teintures.

La galle du chêne a longtemps été utilisée comme ingrédient principal pour fabriquer l'encre (encre métallo-gallique), récoltée à une période précise de l'année.

Dans les campagnes, les enfants transperçaient d'une allumette les galles (appelées "imoines" dans le Poitou), pour en faire de petites toupies.

Ravageurs et maladies, risques sanitaires[modifier | modifier le code]

Les chênes de pépinières peuvent avoir des racines endommagées par la taille des racines[37] ou enroulées dans les godets (racine pivot notamment)[38],[39],[40]. Selon certains auteurs, le rempotage en bac de bois traité au CuCO3 augmenterait la régénération des racines et la prise de greffe[41]

La « mort subite du chêne » (Phytophthora ramorum) est provoquée par un oomycète, qui peut causer la mort des chênes en quelques semaines.

Le « flétrissement américain du chêne », provoqué par un champignon Ceratocystis fagacearum (un champignon très proche de la graphiose de l'orme), est aussi une maladie mortelle qui touche tous les chênes dans certains des États des États-Unis, particulièrement les chênes rouges (les chênes blancs peuvent être infectés mais ils survivent généralement plus longtemps).

Parmi les autres risques, on trouve notamment les insectes foreurs ainsi que les insectes fouisseurs, dont la présence pourrait ne pas être évidente à détecter dans le cas des plus vieux arbres. Ces insectes sont alors souvent découverts lorsque les arbres tombent pendant de fortes rafales.

Les pommes de chêne sont des galles qui se développent sur les chênes et sont causées par une espèce d'hyménoptère gallicole (famille des guêpes à galles). La femelle des cochenilles du genre kermes est responsable de la formation de galles sur le chêne kermès. Les chênes servent de plantes nourricières pour les larves de nombreuses espèces de lépidoptères.

Histoire du chêne[modifier | modifier le code]

L'apparition des Fagaceae date du Paléogène, au minimum il y a 53 millions d'années, d'où la persistance dans cette famille de traits archaïques (fleurs de type 2 ou 3, fécondation du tube pollinique par le côté ou la base, bois à perforations scalariformes)[42]. Les chênes sont probablement d'origine asiatique[43] et leurs premières traces fossiles remontent à l’Oligocène il y a 35 millions d’années. Des restes fossiles de feuilles ressemblant fortement aux espèces actuelles indiquent que de nouvelles espèces sont apparues à l’occasion de changements climatiques entre -34 et -23 millions d’années, la diversification infragénérique étant déjà établie à l’Oligocène[44].

L'histoire du chêne au Quaternaire est encore mal connue en raison des avancées et reculs des populations, imposées par les trois dernières glaciations. Confinés dans trois zones refuges (péninsule ibérique, le sud de l'Italie et les Balkans) au cours de la dernière période glaciaire, les chênes européens ont très rapidement, en moins de 8 000 ans, colonisé le nord de l'Europe grâce notamment à des dispersions rares mais à longue distance : ils atteignent ainsi, 6000 av. J.-C., les limites nord de leur aire actuelle (i.e. le sud de la Scandinavie), ce qui correspond à une progression de 380 m par an[45]. Après cette reconquête, les flux de pollen entre les différentes forêts ont gommé progressivement les différences adaptatives des trois populations « souches », homogénéisant au plan génétique les massifs forestiers. La sélection naturelle a, depuis, généré de nouvelles différences pour les caractères adaptatifs (date de débourrement, vigueur). Ce schéma de colonisation prévaut pour le chêne pédonculé, espèces pionnière, mais aussi pour le chêne sessile dont la dispersion, moins rapide, a été favorisée par sa capacité d'hybridation unidirectionnelle[46], en lui permettant notamment de coloniser des espaces nouveaux par introgression dans les peuplements de chêne pédonculé déjà établis[47].

Cette histoire est un peu moins mal connue pour l'Antiquité[48].

Depuis le XXe siècle, les forêts de chênes en Europe sont victimes de plusieurs vagues de dépérissements notables et de pathologies : oïdium du chêne depuis 1907, maladie de l'encre dans les années 1950[49], nécroses cambiales[50] et pourriture noire dans les années 1970[51].

Les trois espèces de chênes (pubescent, sessile, pédonculé) principalement trouvés en France, bien qu’apparemment assez proches, se comportent comme des espèces en voie de spéciation : leur hybridation par croisement artificiel donne de mauvais résultats (ex : moins de 1 % de fécondation réussie pour l'hybride Quercus robur × petraea et robur × pubescens) et les hybrides obtenus sont très fragiles [52],[53]. L'hybridation semble par ailleurs rare dans la nature en raison d'une phénologie différente (dates de floraison différentes) qui permet aux trois pools génétiques d'évoluer séparément, sans pollution génétique croisée (on parle de « séparation botanique »)[54].

Trente à quarante pour cent des chênes sessiles et pédonculés européens poussent aujourd'hui en France, ce qui en fait le second producteur mondial[55], après les États-Unis, et devant l’Ukraine qui pourrait bientôt dominer la filière bois de chêne. En 2004, la chênaie (pédonculé et sessile, souvent mélangés à d'autres essences) y couvrait en 2005 environ 5,1 millions d’hectares, pour un volume estimé de 750 millions de mètres cubes de bois, avec une récolte qui a été en 2004, de 2,6 millions de mètres cubes (90 % de sciage, 8 % de merrain, 2 % de tranchage, le tranchage étant en diminution régulière depuis 20 ans). En 2004, la France a aussi exporté quelque 130 000 m3 de grumes et 150 000 m3 de chêne de trituration (tout en important 93 000 m3 de grumes en 2005). 850 000 m3 ont été sciés, mais le sciage est en recul depuis les années 1970.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Le genre Quercus comprend entre 200 et 600 espèces (Quercus s.s : 300-450) selon les auteurs[56]. Elles sont principalement présentes dans les régions tempérées à subtropicales de l'hémisphère nord, avec une incursion en Indonésie, mais aussi dans les forêts tropicales d'altitude. Selon ITIS (23 sept. 2014)[57] :

Selon NCBI (23 sept. 2014)[58] :

Selon Tropicos (23 sept. 2014)[59] :

Arbres remarquables[modifier | modifier le code]

Le chêne d'Allouville-Bellefosse est le plus vieux de France. Il daterait du IXe siècle.

Le plus vieux chêne de France daterait de l'époque de Charlemagne. Il est situé à Allouville-Bellefosse (Seine-Maritime). En Belgique, le plus vieux chêne se situe à Liernu. Le plus vieux chêne d'Europe se trouve en Suisse : à Chatillon, dans le Jura.

Certains chênes pédonculés ont un port fastigié, s'ouvrant progressivement avec l'âge (chênes pyramidaux).

Certaines variétés, comme le chêne pédonculé, peuvent vivre 1 100 ans.

  • À Cheillé, près d'Azay-le-Rideau, (Indre-et-Loire), un chêne plusieurs fois centenaire, pousse dans le mur de l'église Saint-Didier. Le tronc et les racines de ce beau chêne pédonculé s'enfoncent à l'intérieur du mur.
  • À Saint-Pardoux (Deux-Sèvres), au lieu-dit La Cigogne, un chêne multiséculaire aurait servi d'abri à Robert le Chouan pour échapper à la maréchaussée.
  • Dans la Forêt de Gralas en Vendée, le Chêne Chevreux, au refuge de Grasla, était environné de mystère et de légendes.
  • À Saint-Martin-de-Connée en Mayenne, la Chapelle du Chêne abrite le tronc aujourd'hui desséché du chêne, qui abrite une statuette réputée miraculeuse de Notre-Dame des Douleurs, depuis le XVe siècle.
  • À La Chapelle-Montlinard il existe un chêne multi-centenaire dont la circonférence du tronc mesure près de 10 m.
  • Le chêne des Crapauds (Dervenn an tousegi), dans une propriété privée à Fouesnant en Bretagne. L'arbre a une circonférence de 9,60 m.
  • Le chêne à Guillotin est un chêne âgé d'environ 1000 ans et d'une circonférence de 9,60 m situé à Concoret en Bretagne[60]. Il est nommé d'après l'abbé Guillotin, qui s'est caché dans son tronc creux après la révolution française.
  • En Forêt de Brotonne (Haute-Normandie), on trouve le Chêne-Cuve, arbre dont la base du tronc est remplie d'eau, puis qui se sépare en quatre troncs distincts.
  • À Tombebœuf, en Lot-et-Garonne, se trouve un chêne multicentenaire de 36 mètres d'envergure.
  • À Chatillon, dans le Jura Suisse, le chêne des bosses mesure 8,40 mètres de circonférence. Il est d’ailleurs inscrit dans le livre des records comme le plus vieux chêne d’Europe : son feuillage couvre une surface de près de 500 mètres carrés.
  • À Lardiers (Alpes-de-Haute-Provence), un chêne dont trois adultes bras tendu ne parviennent pas à le ceinturer a poussé à côté d'une ancienne bergerie, que l'on nomme localement : lou jas d'où Roule (« La bergerie du chêne » en Français).
  • À Liernu (Eghezée, Province de Namur, Belgique), le Gros-Chêne millénaire mesure 12,24 m de circonférence au sol et 9 m, à 1,50 m. de hauteur. Le chêne est jumelé avec les chênes d'Allouville-Bellefosse depuis 1981 et de Châtillon depuis 1991. Le 30 mai 2015, à Liernu, les trois chênes ont créé la ChaÎne des (vieux et gros) Chênes d'Europe qui espère accueillir de nombreux ancêtres.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Le Gros Chêne, peinture de Gustave Courbet (1843).
  • De nombreux arbres de cette espèce sont chargés dans la tradition populaire (vu la réputation de dureté du bois) d'une grande valeur symbolique en Europe, souvent liée à un contexte de justice :
  • Le chêne symbolise dans plusieurs cultures européennes la pérennité. Les noces de chêne se célèbrent après 80 ans de mariage dans le folklore français.
  • Arbre sacré chez les Romains, les Celtes, les Germains et les Slaves orientaux, le chêne symbolise la virilité, la force, l'endurance et la longévité.
  • Plusieurs pays se servent de la branche de chêne comme symbole de la stabilité de leur régime politique :
  • La feuille de chêne orne également en France le képi des officiers généraux et certaines décorations telles que la Légion d'honneur et la médaille de l'Ordre national du Mérite.
  • Charles de Gaulle fut représenté, le lendemain de sa mort, sous la forme d'un chêne abattu, dans un dessin de Jacques Faizant à la une du Figaro. C'est pourquoi, Michèle Alliot-Marie nomma son parti « Le Chêne », car celui-ci incarne aux yeux de tous le symbole du gaullisme. L'UMP, principal parti de la droite française, dont l'idéologie est teintée de gaullisme, a aussi pour emblème le chêne aux couleurs de la France.
  • On constate une récurrence, dans la symbolique nazi, de l'apparition de la feuille de chêne[61].

Calendrier républicain[modifier | modifier le code]

Vertus médicales[modifier | modifier le code]

L'écorce, les glands et les feuilles, riches en tanins, possèdent un pouvoir astringent très puissant.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine le Hardÿ de Beaulieu & Thierry Lamant (2007), Le guide illustré des chênes - Tomes 1 et 2 (photos : Michel Timacheff, Eike Jablonski, Philippe de Spoelberch) ; Ed:Éditions du 8e, 1400 pages ; (ISBN 2-913375-02-2)
  • Jean-François Clémence et Françoise Péron (ill. Nathalie Locoste), le chêne, Arles, Actes Sud, coll. « le nom de l'arbre », (1re éd. 1995), 96 p., 10 × 19 cm, broché (ISBN 978-2-330-01847-4, présentation en ligne)

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Roger Brunet, Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France, CNRS éditions, (lire en ligne), p. 87
  3. Druide, TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé (1971-1994).
  4. Philippe Jouët, L’Aurore celtique dans la mythologie, l'épopée et les traditions, Yoran embanner, Fouesnant, 2007, p. 44-45 (ISBN 978-2-914855-33-4).
  5. Françoise Bader, La langue des dieux, ou l'hermétisme des poètes indo-européens, Giardini, , p. 94.
  6. (en) J. P. Mallory, D. Q. Adams, The Oxford Introduction to Proto-Indo-European and the Proto-Indo-European World, OUP Oxford, , p. 161.
  7. Alain Rey (sous la direction d’), Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, 2e éd., 1998, p. 726b.
  8. Peut-être dérivé de cassi- cf. irlandais cas « enchevêtré » in Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, édition errance 1994.
  9. Xavier Delamarre, Op. cité., Errance, Paris, 2001 , p. 93.
  10. Oscar Bloch, Walther von Wartburg, Dictionnaire étymologique de la langue française, PUF éd. 1960.
  11. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance, (ISBN 2-87772-237-6), p. 164-165
  12. Site du cnrtl. Étymologie d’"yeuse"
  13. dictionnaire panoccitan : chêne
  14. « Ain : Chagne (La), Chanay, Chanay (Le), Chanes, Chaneye, Chanoz, Chasnas, Chassagne (La), Chêne ; Allier : Chassagne (La), Chassaigne, Chassaignes, Chassaing, Chassignol, Chassignole (La), Chêne-du-Loup ; Alpes de Haute-Provence : Chasse ; Ardèche : Charnas, Chassagnes ; Ardennes : Charnois, Chesne (Le), Chesnois (Le), ChesnoisAuboncourt ; Aube : Chanet (Le), Chêne (Le), Cassaigne (La), Cassaignes, Cassés (Les), Cassignole (La) ; Aveyron : Cassagnes, Cassagnes-Bégonhès, Cassagnes-Comtaux, Cassagnoles ; Calvados: Chesnée (La), Quesnay (Le), Torquesne (Le) ; Cantal : Cassan, Cassaniouze, Chanet, Chassagne ; Charente : Chasseneuil-sur-Bonnieure ; Charente Maritime : Chaniers, Chêne (Le), Chênes (Les), Chepniers ; Cher: Chêne-Fourchu (Le), Chênes (Les) ; Corrèze : Bellechassagne ; Côte d'Or: Chaignay, Chaignot, Chassagne (La), Chassagne-Montrachet ; Creuse : Chassagne(La), Chassaing, Chassaing-Cheval, Chassignol (La), Chêne (Le), Chéniers ; Deux-Sèvres : Chesnaie (La) ; Dordogne : Cassagne (La), Chassaignes, Chassaing, Chasseignas ; Doubs : Chassagne-Saint-Denis, Chêne (Le) ; Eure : Chennebrun, Chesnay (Le), Chesne (Le), Quesnay (Le) ; Eure—et—Loir : Chassant, Chêne-Doré, Chesnaye (La) ; Gard : Cassagnoles, Cassan ; Gers: Cassaigne ; Gironde : Casseuil ; Haute-Corse : Cassano ; Haute-Garonne : Cassagnabère-Tournas, Cassagne, Cassagnère (La) ; Haute-Loire: Chassagne, Chassagnes, Chassignolles ; Haute-Marne : Chanoy, Chassagne(La) ; Haute-Savoie : Chainaz, Chanenaz, Chassenaz, Chêne-en-Semine ; Haute-Vienne: Chassagnas, Chassagna, Chasseneuil (Le) ; Hautes-Alpes : Chanets (Les), Chassagne, Chassaignes ; Hautes-Pyrénées : Lacassagne ; Hérault : Cassagnoles ; Ille-et-Vilaine : Beauchesne, Chasné ; Indre : Chasseigne, Chasseneuil, Chassignolle, ChêneÉclat, Chénier ; Indre-et-Loire : Chêne(Le), Chêne-Pendu, Chesnaie(La) ; Isère : Chanas, Chanay, Chasse, Chasse-sur-Rhône, Chêne (Le), Sassenage ; Jura : Chainée, Chanay, Chassagne (La), Chêne-Bernard, Chêne-Sec ; Landes : Cassen  ; Loir-et-Cher: Beauchêne, Chesnay (Le) ; Loire : Chassagnole, Chassenet, Chassignol, Chêne(Le) ; Loire-Atlantique: Chêne (Le) ; Loiret :Chanoy, Chêne Rond, Chesnoy (Le) ; Lot : Cassagnes ; Lot-et-Garonne : Casseneuil, Cassignas– Lozère : Cassagnas, Cassagnas-Barre ; Maine-et-Loire : Chenaie (La), Chesnaie (La) ; Manche : Quesnay (Le) : Marne : Chêne-la-Reine, Chéniers ; Mayenne : Chêne-Doux, Chênerie (La) ; Meurthe-et-Moselle : Chenières ; Morbihan : Cassan ; Moselle : Chenois, Chesny ; Nièvre : Chassagne, Chasseigne, Chêne ; Nord :Chêneau-Loup, Quesno, Quesnoy(Le) ; Oise : Chesne (Le), Esquennoy, Quesnel (Le) ; Orne : Beauchêne, Chenaie (La), Chênedouit, Chênesec ; Pas-de-Calais : Quesnoy, Quesnoy (Le), Tortequesne ; Puy-de-Dôme: Chassagne, Chassaignolles, Chassaing (Le),Chassenet, Chassignole, Chassignoles (Les) ; Pyrénées-Atlantiques : Cassaber, Cassaet ; Pyrénées-Orientales : Cassagnes ; Rhône : Lachassagne ; Saône-et-Loire : Chânes, Chênerie (La) ; Sarthe : Chesnière (La) ; Savoie : Chagne (La), Chanay, Chanay (Le), Chanaz, Chane, Chasnaz ; Seine-et-Marne : Chanoy (Le), Charnois (Le), Charnoy(Le), Chasne (Le), Chenois, Liéchêne; Somme : Beauquesne, Equennes, Quesne(Le), Quesnel (Le), Quesnot (Le), Quesnoy (Le), Quesnoy ; Tarn-et-Garonne : Belcasse ; Territoire de Belfort : Eschêne ; Vaucluse : Cassanets (Les), Chêne (Le) ; Vendée : Chasnais ; Vienne : Chasseignes, Chasseneuil-du-Poitou, Chêne ; Vosges : Chênes (Les), Chénois (Le) ; Yonne : Chassignelles, Chassignole, Chêne-Arnoult ; Yvelines : Chesnay (Le), Longchêne ». cf. Henriette Walter, L'aventure des mots français venus d'ailleurs, Robert Laffont, (lire en ligne), p. 44.
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