Les Trois Mousquetaires

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Les Trois Mousquetaires
Image illustrative de l’article Les Trois Mousquetaires
Athos, Porthos, Aramis et d'Artagnan bras dessus, bras dessous, après avoir croisé le fer avec les gardes du cardinal au couvent des Carmes déchaux.
Gravure de Jules Huyot d'après un dessin de Maurice Leloir pour une réédition du roman
(Paris, Calmann-Lévy, 1894).

Auteur Alexandre Dumas avec la collaboration d'Auguste Maquet[1]
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman historique en feuilletons
Éditeur Le Siècle
Date de parution Mars à juillet 1844
Série Trilogie des Mousquetaires
Chronologie

Les Trois Mousquetaires est le plus célèbre des romans d'Alexandre Dumas père, initialement publié en feuilleton dans le journal Le Siècle de mars à juillet 1844, puis édité en volume dès 1844 aux éditions Baudry et réédité en 1846 chez J. B. Fellens et L. P. Dufour avec des illustrations de Vivant Beaucé. Il est le premier volet de la trilogie romanesque dite « des mousquetaires », à laquelle il donne son nom, suivi par Vingt Ans après (1845) et Le Vicomte de Bragelonne (1847).

Le roman raconte les aventures d'un Gascon impécunieux de 18 ans, d'Artagnan, venu à Paris pour faire carrière dans le corps des mousquetaires. Il se lie d'amitié avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII. Ces quatre hommes vont s'opposer au Premier ministre, le cardinal de Richelieu, et à ses agents, dont le comte de Rochefort et la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l'honneur de la reine de France Anne d'Autriche.

Avec de nombreux combats et rebondissements romanesques, Les Trois Mousquetaires est l'exemple type du roman de cape et d'épée et le succès du roman a été tel que Dumas l'a adapté lui-même au théâtre, et a repris les quatre héros dans la suite de la trilogie. Il a fait l'objet de très nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision.

Influences[modifier | modifier le code]

Alexandre Dumas rédigeant Les Trois Mousquetaires.
Lavis d'encre de Maurice Leloir, 1894.

Les Mémoires de Mr d’Artagnan de Gatien Courtilz de Sandras ont inspiré le scénario et l'intrigue; les noms d’Athos, Portos et Aramis, y sont écrits en toutes lettres. Auguste Maquet, un proche collaborateur d'Alexandre Dumas aurait fait le brouillon alors que selon Henri d’Alméras, Alexandre Dumas serait responsable pour le style, les dialogues et l'animation du récit.[2]

Résumé[modifier | modifier le code]

L'arrivée à Paris[modifier | modifier le code]

Le premier lundi du mois d'avril 1625, le bourg de Meung voit le jeune d'Artagnan, gentilhomme pauvre de Gascogne, en route vers Paris pour entrer dans la compagnie des mousquetaires du roi Louis XIII, se faire humilier par deux inconnus, dont il ignore qu'ils sont agents du cardinal de Richelieu : le comte de Rochefort et Milady de Winter. Rochefort lui dérobe la lettre de recommandation écrite par son père à l'intention de M. de Tréville, capitaine des mousquetaires du roi. À Paris, d'Artagnan se présente quand même à M. de Tréville, qui ne peut lui promettre une place dans sa compagnie. En sortant de l'hôtel, alors qu'il cherche à rattraper Rochefort, d'Artagnan provoque, bien malgré lui, les trois mousquetaires en duel, en heurtant l'épaule blessée d'Athos, en se prenant les pieds dans le manteau de Porthos et en ramassant un mouchoir compromettant d'Aramis.

Les duels sont interdits par le cardinal Richelieu. Trop heureux de prendre en défaut les mousquetaires du roi, les gardes du cardinal interviennent alors que d'Artagnan s'apprête à croiser le fer. Les mousquetaires refusent de rendre les armes et d'Artagnan se range alors du côté de ses anciens adversaires pour leur prêter main-forte. Après un rude combat où les gardes du Cardinal sont défaits, les quatre jeunes gens se jurent amitié. Reçu par Louis XIII, d'Artagnan se voit offrir 40 pistoles de la main du roi ; il entre comme cadet dans la compagnie des Essarts du régiment des Gardes françaises.

Les ferrets de la reine[modifier | modifier le code]

Un bal à la cour.
Louis XIII et Anne d'Autriche sont assis sous le dais royal fleurdelisé. Le cardinal de Richelieu se tient debout à la droite du souverain.
Illustration de Maurice Leloir, 1901.

Le jeune d'Artagnan s'éprend de l'épouse de son propriétaire, Constance Bonacieux, lingère de la reine Anne d'Autriche. Celle-ci est enlevée par Rochefort. La jeune femme, secourue par d'Artagnan, lui révèle que Richelieu cherche à compromettre la reine en dévoilant la relation amicale que celle-ci entretient avec le duc de Buckingham, favori du roi Charles Ier d'Angleterre. La reine, par l'intermédiaire de Constance, envoie d'Artagnan à Londres récupérer les ferrets de diamant qu'elle a imprudemment offerts au duc. En effet, poussé par le cardinal, le roi a demandé à la reine de paraître avec ces ferrets au prochain Bal des Échevins. Pour être certain que la reine ne pourra obéir, Richelieu a chargé Milady de Winter de subtiliser deux des ferrets qui sont en possession de Buckingham. D'Artagnan part pour l'Angleterre avec ses compagnons et leurs laquais. Il laisse en chemin Porthos, aux prises avec un ivrogne, Aramis, blessé au bras, et enfin Athos, accusé d’être un faux-monnayeur. Il rejoint enfin l'Angleterre avec un laissez-passer volé au comte de Wardes (l'amant de Milady). Il voit le duc de Buckingham qui accepte de lui donner les ferrets et ordonne à son joaillier personnel de fabriquer deux autres ferrets pour remplacer ceux volés par Milady. D'Artagnan retourne à Paris juste à temps pour sauver la reine.

Le siège de la Rochelle[modifier | modifier le code]

Constance disparaît, enlevée sur ordre de Richelieu qui s'est assuré de la neutralité de son mari. D'Artagnan se met en quête de ses amis avant de partir à sa recherche. Il retrouve Porthos blessé à la cheville et dans son orgueil, Aramis prêt à entrer dans les ordres (ce dont il le dissuade grâce à une lettre de Mme de Chevreuse), et enfin Athos encore enfermé dans une cave à vin. Ils rentrent à Paris où M. de Tréville leur apprend qu'ils doivent se préparer à rejoindre le siège de la Rochelle. M. de Tréville annonce à d'Artagnan que le roi lui accordera une place chez les mousquetaires après le siège. Pendant ses préparatifs, d'Artagnan rencontre Milady et son beau-frère, Lord de Winter, qu'il provoque en duel. Vainqueur, d'Artagnan fait grâce à Lord de Winter et obtient en échange une entrevue avec Milady, qu'il va courtiser. D'Artagnan obtient ses faveurs et découvre que son épaule est marquée au fer rouge d'une fleur de lys, signe infamant la désignant comme prostituée. Furieuse de se voir démasquée, Milady tente par deux fois de faire assassiner d'Artagnan.

À La Rochelle, Athos, Porthos et Aramis croisent le cardinal à la nuit tombante et acceptent de l'escorter jusqu'à une auberge. Intrigués, les mousquetaires s'attardent et découvrent qu'il attend Milady. Il la charge de tuer le duc de Buckingham et, en échange, il lui donnera un blanc-seing pour assassiner d'Artagnan sans risquer la Bastille. Athos reconnaît en Milady son ex-épouse, Anne de Breuil, et lui dérobe le blanc-seing.

La fin de Milady[modifier | modifier le code]

Pour échapper à la surveillance des agents du Cardinal, les mousquetaires tentent une action héroïque en allant défendre un bastion avancé où ils se retrouvent seuls sous le feu de l'ennemi avec Grimaud, le laquais d'Athos ; une fois le Gascon informé du danger qu'il court, ils décident d'écrire à Lord de Winter pour lui révéler la vérité sur Milady. Ensuite ils demandent à la reine, par le biais de Mme de Chevreuse, où se trouve Constance Bonacieux. Leurs plans ainsi arrêtés dans le plus grand secret, les mousquetaires quittent le bastion et retournent au camp où ils sont accueillis en héros.

De retour en Angleterre, Milady est retenue prisonnière par son beau-frère. Elle séduit son geôlier, John Felton, le convainc d'assassiner le duc de Buckingham, et retourne en France. Là, elle se réfugie dans le couvent des Carmélites de Béthune, où se cache également Constance. Découvrant les liens entre la jeune femme et d'Artagnan, elle la tue en l'empoisonnant au moment même où d'Artagnan arrive en compagnie d'Athos, Porthos et Aramis. Aidés par lord de Winter et le bourreau de Lille — frère d'une ancienne victime de Milady, prêtre du couvent où elle résidait et qu'elle a séduit — les mousquetaires s'emparent de la meurtrière à Armentières et lui font un simulacre de procès. Le verdict est unanime : coupable, elle mérite la peine de mort et elle est décapitée.

Les mousquetaires rentrent à Paris, où d'Artagnan se voit remettre magnanimement un brevet de lieutenance dans les mousquetaires par le cardinal de Richelieu, conscient de la valeur du jeune homme et de la perniciosité de Milady. À la suite de la capitulation de La Rochelle, Louis XIII entre triomphalement dans Paris. Promu lieutenant, le Gascon croise trois fois le fer avec Rochefort, puis les deux duellistes finissent par enterrer leur querelle. Athos quitte la compagnie des mousquetaires pour aller vivre dans sa campagne natale, Porthos pour épouser sa procureuse devenue veuve, et Aramis pour devenir prêtre chez les lazaristes.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le contexte historique des Trois Mousquetaires est étroitement lié au contexte littéraire : les Mémoires du duc de La Rochefoucauld (première partie : 1624-1642) sont à la source de l'affaire des ferrets mise en scène par Alexandre Dumas. L'auteur, historien qui se disait lui-même « divulgateur », avait parcouru avec assiduité les Mémorialistes classiques sans l'appoint desquels il serait inutile de tenter de préciser le contexte historique des romans « historiques » d'Alexandre Dumas.

En 1625, Louis XIII règne sur la France avec son premier ministre, le cardinal de Richelieu. Sa femme est la reine Anne d'Autriche. Trop inexpérimenté pour gérer les affaires d'État, le roi n'a pas d'autre choix que de se reposer sur son premier ministre, le cardinal de Richelieu, dont le génie politique et stratégique assure la cohésion et la sécurité du royaume.

Dumas met en exergue le sentiment de défiance et les combats d'influence qui occupent constamment les deux hommes. Dans le roman, ceux-ci s'affrontent secrètement par l'intermédiaire de leur garde personnelle. Dumas exploite aussi l'hostilité connue entre la reine et le cardinal pour en faire un des ressorts de l'affaire des ferrets.

Personnages[modifier | modifier le code]

Personnages historiques[modifier | modifier le code]

  • Le cardinal de Richelieu : en insistant sur le côté privé du personnage autant que sur son côté public, en détaillant sa capacité à ourdir des intrigues pour arriver à ses fins personnelles, mais surtout en faisant de lui l'antagoniste de héros imbus de valeurs chevaleresques, Dumas a contribué à développer la légende noire d'un autocrate machiavélique et retors.
  • Louis XIII : Dumas n'arrive pas à s'attacher à ce personnage dont les qualités (sobriété, piété, chasteté) n'étaient pas pour séduire cet amateur de bonne chère et de femmes. Le roi apparaît comme un mari faible (et jaloux), dans l'ombre de son ministre. Il admire cependant l'héroïsme des mousquetaires, ce qui le rend très indulgent à leur égard. Il n'est d'ailleurs pas mécontent de leur laisser le soin de rabattre l'orgueil du cardinal en rossant ses gardes.
  • Le duc de Buckingham : Alexandre Dumas le suppose amant de la reine de France Anne d'Autriche, et lui donne la carrure d'un personnage romantique, souffrant d'un amour impossible.
  • La reine Anne d'Autriche : Dumas a gardé du personnage historique la victime d'un mariage politique, en butte aux tracasseries du cardinal. Il s'agit de cette période de la vie de la reine où, n'ayant pas réussi à donner d'héritier à Louis XIII, elle traverse une période difficile dans son mariage. Dumas idéalise sa beauté, son sens de l'honneur, tout en lui prêtant des sentiments amoureux qui la rendent à la fois plus touchante et plus humaine. Elle joue ici le rôle de la Dame des romans de chevalerie, capable d'inspirer des exploits héroïques aux braves.
  • M. de Tréville, capitaine des mousquetaires du roi : Jean-Armand du Peyrer, comte de Tréville ;
  • Mme de Chevreuse ;
  • D'Artagnan : Charles de Batz de Castelmore d'Artagnan avait dans l'Histoire 13 ans en 1625, date à laquelle Dumas situe le début du roman. Il aurait eu 15 ans au moment du siège de La Rochelle, ce qui semble peu crédible. Néanmoins son oncle maternel, Jean de Montesquiou d'Artagnan, enseigne aux Gardes Françaises et apprécié du roi, avait été tué lors du siège de la Rochelle en 1628. Charles de Batz ayant emprunté à la famille de sa mère le nom d'Artagnan pour servir chez les Mousquetaires, il est possible que Dumas se soit servi de la confusion pour élargir la biographie de son héros. Confusion encore entretenue par le fait que d'Artagnan finit maréchal de France dans Le Vicomte de Bragelonne, contrairement à Charles de Batz qui mourut en 1673 au siège de Maastricht, mais comme son cousin germain Pierre de Montesquiou d'Artagnan. Mais Dumas modifie son âge en 18 ans en et donc le fait naître au premier trimestre 1607 ou au deuxième semestre 1606 ; il le fait mourir en Hollande vers le milieu de l'année 1666, à l'âge de 59 ans.
  • Athos : Armand de Sillègue d'Athos d'Autevielle qui tient son nom du village d'Athos-Aspis ;
  • Porthos : Isaac de Portau né à Pau ;
  • Aramis : basé sur Henri d'Aramitz, qui était cousin germain du comte de Tréville lui aussi Béarnais ;
  • Les gardes du Cardinal ;
  • Les mousquetaires du roi ;
  • John Felton, l'assassin de Buckingham.

Personnages fictifs[modifier | modifier le code]

  • Constance Bonacieux, épouse du bourgeois Bonacieux, lingère de la reine, courtisée par d'Artagnan ; personnage de jeune bourgeoise emprunté au théâtre ;
  • Rochefort, gentilhomme, agent du cardinal ;
  • M. Bonacieux, stéréotype du petit bourgeois âpre au gain, lâche et jaloux ;
  • Milady (née Anne de Breuil, aussi appelée Charlotte Backson, Milady de Clarick et Milady de Winter), ancienne épouse d'Athos, veuve du précédent Lord de Winter ; elle est l'archétype de la femme fatale.
  • Lord de Winter, beau-frère de Milady ; personnage de gentilhomme.
  • Planchet : valet de D'Artagnan, homme de ressource ;
  • Mousqueton : valet de Porthos, dont il partage la gourmandise ;
  • Bazin : valet d'Aramis, qu'il tente vainement d'inciter à entrer en religion ;
  • Grimaud : valet d'Athos, se distingue par sa taciturnité ;
  • Ketty : soubrette de Milady, puis de Mme de Chevreuse, amoureuse de D'Artagnan ;
  • Jussac : officier des gardes du cardinal : d'Artagnan le blesse en duel lors de la bataille qui scelle son amitié avec Athos, Porthos et Aramis.

Sources du roman[modifier | modifier le code]

Mémoires de Monsieur D'Artagnan, Capitaine Lieutenant de la première compagnie des Mousquetaires du roi, par Gatien de Courtilz de Sandras, chez Pierre Mortier, à Cologne, 1700.

Le héros des Trois mousquetaires est inspiré du personnage historique de Charles de Batz de Castelmore, dit D'Artagnan, capitaine-lieutenant de la compagnie des Mousquetaires du Roi. Son nom est cité dans les mémoires et les correspondances de l'époque, notamment chez Madame de Sévigné. Alexandre Dumas disposait comme sources des Mémoires de M. d'Artagnan de Gatien de Courtilz de Sandras rédigé en 1700, 27 ans après la mort de D'Artagnan[3]. Dumas y pioche quantité de détails, qu'il réécrit dans un style très personnel. Ainsi ce passage de Courtilz

« Mes parents étaient si pauvres qu'ils ne me purent donner qu'un bidet de vingt-deux francs, avec dix écus dans ma poche, pour faire mon voyage. Mais s'ils ne me donnèrent guère d'argent, ils me donnèrent en récompense quantité de bons avis. »

— Mémoires de M. d'Artagnan, chapitre Ier

…devient sous la plume de Dumas :

« une pareille bête valait au moins vingt livres : il est vrai que les paroles dont le présent avait été accompagné n'avaient pas de prix. »

— Les Trois Mousquetaires, chapitre Ier

Le projet est à l'origine une idée d'Auguste Maquet, avec lequel Dumas collabore à la rédaction du roman[4].

Les mémoires de l'époque lui fournissent une manne d'intrigues, notamment l'épisode des ferrets de la reine que raconte par exemple La Rochefoucauld dans le premier chapitre de ses Mémoires[5].

Titre[modifier | modifier le code]

Bandeau extrait du journal Le Siècle daté du annonçant le début du feuilleton à ses lecteurs.
Affiche publicitaire de Jules Chéret pour la réédition du roman chez Jules Rouff & Cie, 1887.

Le titre prévu à l'origine était Athos, Porthos et Aramis, mais sur une proposition de Desnoyers, chargé du feuilleton au Siècle (selon qui ce titre évoquait aux lecteurs les trois Parques), d'adopter Les Trois Mousquetaires, Dumas a accepté ce dernier titre en notant que son absurdité (puisque les héros sont au nombre de quatre) contribuerait au succès de l'œuvre[6].

Postérité[modifier | modifier le code]

Suites[modifier | modifier le code]

Le succès du roman fut tel que Dumas l'adapta lui-même pour le théâtre, et que deux autres romans le suivirent qui reprenaient les quatre héros principaux pour former la trilogie des mousquetaires. Il s'agit de Vingt Ans après, paru en 1845, et Le Vicomte de Bragelonne publié de 1847 à 1850.

Vie du roman[modifier | modifier le code]

Le roman connut également un grand succès en dehors de la France et fut traduit en anglais en trois versions différentes dès 1846. Celle de William Barrow fait toujours autorité[7].

Les Trois Mousquetaires inspirèrent très rapidement nombre d'auteurs qui lui inventèrent des suites, de nouveaux épisodes, ou qui le pastichèrent avec plus ou moins de verve[8]. Un site web en a recensé plus d'une centaine[9].

Du vivant même de Dumas, auteurs dramatiques et romanciers s'emparèrent des mousquetaires. En 1845, la comédie Porthos à la recherche d'un équipement d'Anicet Bourgeois et de Dumanoir mettait en scène un épisode de Vingt Ans après[10]. En 1858 paraissait Les Amours de D'Artagnan, d'Auguste Blanquet, qui profitait du hiatus de vingt ans entre Les Trois Mousquetaires et Vingt Ans après pour imaginer la suite des aventures de D'Artagnan sous la Fronde (1648-1653)[11]. À la mort de Dumas, Albert Maurin tenta de tirer profit de la popularité toujours intacte du Gascon avec Les Véritables Mémoires de D'Artagnan (1874), banale version romancée des mémoires de Courtilz de Sandras[12].

L'engouement pour Les Trois Mousquetaires continue plus d'un siècle après la parution du roman de Dumas, avec par exemple le D'Artagnan amoureux de Roger Nimier[13], adapté en 1970 pour la télévision par Yannick Andrei, ou Le Retour des trois mousquetaires d'un certain Nicolas Harin en 1997[14]. Récemment encore, Martin Winckler écrit un roman de formation, Les Trois Médecins (2006), dont la trame est décalquée sur celle du roman de Dumas et Gérard Delteil a publié Spéculator (2010), remake moderne sous forme de thriller, dans lequel les mousquetaires sont devenus des agents d'une société de sécurité et évoluent dans le monde de la finance. Delteil entend lui aussi rendre justice à Milady et s'en explique en critiquant le sexisme du roman de Dumas dans une postface[15].

Si d'Artagnan s'avère le grand favori de ces adaptations, les autres personnages du roman ont également inspiré plusieurs auteurs : en 1886, le Théâtre L'Ambigu donnait Le Fils de Porthos, dont l'action se passe dans la période qui précède la révocation de l'édit de Nantes et met en scène le jeune et bouillant Joël, un breton, fils de Porthos, aux prises avec les ruses machiavéliques d'Aramis, le seul mousquetaire survivant[16]. Dans Milady, mon amour (1986), l'auteur, Yak Rivais, embarrassé par certains aspects du roman devenus répugnants pour des sensibilités modernes, par exemple l'épisode de l'exécution de Milady, réécrit l'histoire avec plus d'indulgence pour ce personnage[17].

Avec Les Trois Mousquetaires, Dumas et Maquet ont réussi ce paradoxe de populariser le roman historique en en faisant un roman de cape et d'épée et à donner ses lettres de noblesse au roman d'action en l'appuyant sur l'histoire. Il avait créé un nouveau héros positif, le Gascon impécunieux, proche encore du picaro, mais noble et héroïque, fine lame et chevaleresque tout en restant humain dans ses faiblesses : l'irascibilité de D'Artagnan, la vanité de Porthos, l'ambivalence d'Aramis tiraillé entre Éros et Agapē, la mélancolie et l'alcoolisme d'Athos empêchent les mousquetaires d'être des héros « parfaits » comme le sera Raoul de Bragelonne, mais ces faiblesses font leur force littéraire. Le jeune d'Artagnan est la synthèse du miles gloriosus, ces matamores, Capitan et autres Capitaine Fracasse de la Commedia dell'arte et du théâtre comique en général (Pistol ou Parolles chez Shakespeare) et du héros des romans de chevalerie. Il commence sa carrière sous les traits comiques d'un jeune Don Quichotte, et en quelques chapitres se métamorphose en un nouvel Achille. C'est ce personnage mi-comique mi-héroïque que l'on retrouve dans Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier (1863), ou dans Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand (1897).

Il avait aussi popularisé un type de récit où alternaient duels, intrigues politiques, chevauchées, enlèvements, passages dramatiques et comiques. La formule fera la fortune des romans-feuilletons où excelleront des auteurs comme Paul Féval (Le Bossu, 1857) ou Michel Zévaco (Pardaillan, 1905-1918). Paul Féval fils se fera d'ailleurs une spécialité d'exploiter les riches filons inventés par ses prédécesseurs avec des titres comme D'Artagnan contre Cyrano de Bergerac, D'Artagnan et Cyrano réconciliés, ou Le Fils de D'Artagnan.

Mais la postérité des Trois Mousquetaires, le « Un pour tous ! Tous pour un ! » - devise apocryphe -[18] déborde largement le cadre de la littérature. Pour André Roussin, s'adressant aux membres de l'Académie française en 1980, c’est « le mythe de l’amitié entre les hommes qui, sous le double sceau de la loyauté et du courage, deviennent invincibles », et il ajoute « C’est un grand mythe pour la jeunesse d’un pays. On a vu au temps de la clandestinité à quel degré de souffrance et à quels sacrifices il a conduit des milliers de jeunes gens, morts parfois de façon atroce, pour n’avoir pas livré le nom de leurs compagnons de réseau. Beaucoup d’entre eux avaient peut-être lu à douze ans Les Trois Mousquetaires et avaient conservé de cette lecture, le sens de la fraternité sacrée »[19]. Et l'académicien évoque ensuite le quatuor du tennis français des années 1920, Henri Cochet, Jacques Brugnon, René Lacoste et Jean Borotra, qui incarne par sa jeunesse, l'amitié entre ses membres et son apparente invincibilité un idéal si proche des héros de Dumas qu'ils sont surnommés Les Quatre Mousquetaires.

En 1974, un grand distributeur, Intermarché, voudra lui aussi tirer profit de cette image positive en choisissant un logo où apparaissent les mousquetaires, censés incarner « l'égalité et le combat mené par l'enseigne pour la défense du pouvoir d'achat. En guerre contre la vie chère… »[20].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation du roman dans Les Petits Classiques Larousse, Larousse, 2011,p.11
  2. Amélie Sourget, « Gatien Courtilz de Sandras Mémoires de Mr d’Artagnan, 1700. », sur https://www.ameliesourget.net (consulté le )
  3. texte disponible sur Gallica
  4. Albert Thibaudet, Histoire de la littérature française, Hærès, 2012, [1]
  5. Voir Mémoires de La Rochefoucauld
  6. Correspondance entre Dumas et Desnoyers citée dans un article de Dumas paru dans Le Dartagnan du 29 février 1868, reproduit dans Les Grands Romans d'Alexandre Dumas, I - Les Mousquetaires : Les Trois Mousquetaires et Vingt Ans après, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1991, p. 1338-1339
  7. Oxford World's Classics, 1999
  8. Suites et pastiches des Trois Mousquetaires en Russie
  9. Introduction aux suites des mousquetaires
  10. Fiche et extrait de l'œuvre
  11. résumé critique
  12. Résumé
  13. Résumé de D'Artagnan amoureux
  14. « Suites et pastiches de Dumas en Russie »
  15. Les Trois Médecins sur le site de Martin Winckler
  16. Revue d'art dramatique, 1886
  17. Résumé de Milady mon amour
  18. Il est à noter que la réplique exacte dans le texte du roman est « Tous pour un ! Un pour tous ! » les Trois Mousquetaires sur Wikisource Elle est cependant le plus souvent citée de manière inexacte et inversée. Il s'agit aussi de la devise de la Confédération suisse, évoquant la solidarité entre les Cantons suisses.
  19. André Roussin, Réponse de M. André Roussin au discours de M. Alain Decaux
  20. Historique de l'enseigne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles, communications, contributions à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Julie Anselmini et Claude Schopp, « Les Trois Mousquetaires ou le don réitéré du plaisir », Revue du MAUSS, Le Bord de l'eau, no 58 « Générosités du récit. Quand raconter, c'est donner »,‎ , p. 75-89 (DOI 10.3917/rdm1.058.0075).
  • Françoise Asso, « Du poids de l’argent : des Trois Mousquetaires au Vicomte de Bragelonne », Écrire l'histoire, no 4 « Le détail (2) »,‎ , p. 25-35 (ISBN 978-2-35698-014-4, DOI 10.4000/elh.892, lire en ligne).
  • Ora Avni, « Ils courent, ils courent les ferrets : Mauss, Lacan et Les Trois Mousquetaires », Poétique, no 62,‎ , p. 215-235 (ISSN 1245-1274).
  • Claude Aziza, « D'Artagnan de Dumas à Nimier ou les avatars d'un mythe », dans Marc Dambre (dir.), Roger Nimier, quarante ans après Le hussard bleu : colloque international / organisé par l'Association des Cahiers Roger Nimier et la Bibliothèque nationale, 23 et , Auditorium Colbert-Bibliothèque nationale, Paris, Association des Cahiers Roger Nimier / Bibliothèque nationale de France, , 377 p. (ISBN 2-7177-1931-8).
  • David Baguley, « L'hypernarrativité dumasienne : à propos des Trois Mousquetaires », Cahiers Alexandre Dumas, Marly-le-Roi, Éditions Champflour / Société des amis Alexandre Dumas, no 21 « Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo : cent cinquante ans après. Actes du colloque [Marly-le-Roi, 3-], organisé par Fernande Bassan & Claude Schopp, pour la Société des amis d'Alexandre Dumas »,‎ , p. 74-81 (ISBN 2-87655-024-5).
  • Jeanne Bem, « D'Artagnan, et après : lecture symbolique et historique de la « trilogie » de Dumas », Littérature, Paris, Éditions Larousse, no 22 « Lectures symboliques »,‎ , p. 13-29 (lire en ligne).
  • Simone Bertière, « Le Coadjuteur et son double : Retz inspirateur d'A. Dumas dans la trilogie des Mousquetaires », Travaux de Littérature, no III « Hommage à Noemi Hepp »,‎ , p. 169-177 (ISSN 0995-6794).
  • Simone Bertière, « Le personnage d'Anne d'Autriche dans la trilogie des mousquetaires d'Alexandre Dumas », Dix-neuf / vingt. Revue de littérature moderne, no 5 « Dumas / Giono »,‎ , p. 67-77 (ISSN 1262-3598).
  • (en) Edmund Birch, « Friends Among Enemies : Dumas's Musketeers », Romanic Review, vol. 110, nos 1-4,‎ , p. 111-130 (DOI 10.1215/26885220-110.1-4.111).
  • Patrick Brady, « L'épée, la lettre et la robe : symbolisme dramatique et thématique des Trois Mousquetaires », Acta litteraria Academiae scientiarum hungaricae, nos 3-4,‎ , p. 215-225 (ISSN 0567-7661).
  • Anne-Marie Callet-Bianco, « Du service de la Reine à celui du Roi : l'itinéraire de d'Artagnan dans Les Trois Mousquetaires », Cahiers Alexandre Dumas, Marly-le-Roi, Éditions Champflour / Société des amis Alexandre Dumas, no 21 « Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo : cent cinquante ans après. Actes du colloque [Marly-le-Roi, 3-], organisé par Fernande Bassan & Claude Schopp, pour la Société des amis d'Alexandre Dumas »,‎ , p. 30-35 (ISBN 2-87655-024-5).
  • Isabelle Cani, « Les quatre mousquetaires et les fonctions », Romantisme. Revue du XIXe siècle, Paris, CDU Sedes, no 82 « Aventures de la pensée »,‎ 4e trimestre 1993, p. 41-55 (ISSN 0048-8593, lire en ligne).
  • Stéphane Caporal-Gréco, « De l'infamie dans les romans d'Alexandre Dumas : variations sur le thème de l'indignité », Cahiers Jean Moulin, no 4 « La dignité »,‎ (lire en ligne).
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Œuvres inspirées par le roman[modifier | modifier le code]

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