Gouffre de la Pierre-Saint-Martin

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Gouffre de la Pierre-Saint-Martin
Image illustrative de l'article Gouffre de la Pierre-Saint-Martin
Coordonnées 42° 58′ 05″ nord, 0° 46′ 10″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Massif Pyrénées
Localité voisine Arette
Type de roche Calcaire

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Atlantiques

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Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
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Gouffre de la Pierre-Saint-Martin en contrebas de la route

Le gouffre de la Pierre-Saint-Martin, nommé aussi gouffre Lépineux (Pozo Lepineux en espagnol), est une cavité majeure située dans le massif de la Pierre-Saint-Martin, sur la commune d'Arette dans les Pyrénées-Atlantiques, en région Nouvelle-Aquitaine, en France, à proximité de la frontière espagnole au-delà de laquelle se développe une partie du réseau souterrain.

Contexte karstique et topographie[modifier | modifier le code]

Le gouffre Lépineux, ainsi que l'ensemble du réseau de la Pierre-Saint-Martin auquel il appartient, fait partie d'un karst de 140 km2 entre 1 500 et 2 100 mètres d'altitude, à cheval sur la frontière entre la France et l'Espagne. Ce karst, drainé par quatre systèmes hydrogéologiques, compte des gouffres parmi les plus profonds et développés du monde ; orienté Nord -111°-115° (ou 290°-295°), treize rivières reconnues y coulent.

Le karst de la Pierre Saint-Martin, au pied du Pic d'Anie (2504 m)

En 2014, le développement de l'ensemble des galeries, recensées par l'ARSIP (Association pour la Recherche Spéléologique Internationale à la Pierre-Saint-Martin) correspondait à 430 km de long. Plus de 2 000 gouffres relient ces galeries à la surface, parmi lesquels 50 gouffres dépassent les 300 m de profondeur. Le volume des salles explorées est approximativement de dix millions de mètres cubes.

Description du gouffre Lépineux notée lors de la première descente le 12 août 1951 : doline, puis éboulis à −80 m, rétrécissement du gouffre jusqu'à −213 m au passage d'une cascade, puis à −275 m, arrivée dans l'immense salle Lépineux.

Organisation de la suite du réseau depuis son entrée historique par le gouffre Lépineux : Salle Lépineux, suivie d'un goulot nommé Gibraltar puis d'une immense salle nommée salle Elizabeth Casteret. La salle la plus monumentale découverte est l'immense salle de La Verna[1] , qui mesure 245 mètres de diamètre pour 194 mètres de hauteur ; on pourrait y rentrer dix fois la cathédrale Notre-Dame de Paris ; un vol de montgolfière y a même été organisé en 2003[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Arres d'Anie
La salle de le Verna
A proximité du gouffre des Partages

Exploré par Eugène Fournier et Édouard-Alfred Martel dès la fin du XIXe siècle, le massif devient célèbre avec la découverte en 1950 par Georges Lépineux, du puits qui constituera le premier accès au réseau de la Pierre Saint-Martin. À la recherche de gouffres dans la région, il voit un « choucar » ou « choucas », sorte de corbeau pyrénéen, sortir d'un trou et remarque qu'un souffle en provenait. Il décide avec ces camarades de le dégager et trouve l'entrée du gouffre[3].

En 1951, cette verticale de 320 mètres, la plus grande du monde à l'époque (ce qui lui vaut rapidement le qualificatif d'« Everest des profondeurs », l'ascension victorieuse de cette montagne de l'Himalaya ayant lieu en 1953), est descendue par Georges Lépineux, Marcel Loubens et Haroun Tazieff, au cours d'une expédition menée par le physicien Max Cosyns[3].

En 1952, une expédition de grande ampleur à laquelle participe encore Haroun Tazieff tourne au drame : un serre-câble se dévisse, Marcel Loubens fait une chute de 15 mètres au cours de sa remontée et décède au fond du gouffre. Le corps est enterré sur place, et ne sera ramené à la surface que 2 ans plus tard. Ce drame au fond du gouffre le plus profond du monde est relayé par la presse mondiale et sera relaté par Tazieff dans son livre[4]. Une plaque située au fond du gouffre commémore le drame. L'épitaphe de Marcel Loubens sera gravée au burin, sur place au fond du gouffre, par Jacques Labeyrie, membre de l'équipe qui tenta tout pour sauver Loubens[3].

La page « Marcel Loubens » relate en détail cet événement.

En 1953, l'immense salle de la Verna (255 × 245 × 194 m) est découverte par des spéléologues lyonnais. La société EDF perce en 1956 un tunnel permettant d'atteindre cette salle, dans le but d'effectuer un captage hydraulique, projet abandonné à l'époque, puis repris en 2006.

En 1966 est créée l'Association pour la recherche spéléologique internationale de la Pierre Saint-Martin (ARSIP), dans le but de coordonner les différentes recherches sur le massif.

En 2006, un projet de conduite forcée à partir de la salle située au fond du gouffre est réactualisé. Il avait débuté dans les années 1950, puis le projet avait été abandonné car la rivière souterraine ne fournissait pas un débit suffisant. Des galeries avaient été creusées jusqu'à la salle, avec des difficultés et des erreurs de tracé. Aujourd'hui, une galerie de 600 mètres de long rejoint la salle.

Le projet a été repris par la SHEM (Société Hydro Électrique du Midi, ex-filiale de la SNCF, aujourd'hui du Groupe SUEZ). Une prise d'eau a été construite à l'amont de la salle de la Verna ; les canalisations nécessaires sont posées en encorbellement pour longer le mur Est de la salle, puis en souterrain dans la galerie d'accès EDF et à l'extérieur, pour finalement alimenter l'usine située plus bas au bord du Gave de Sainte-Engrâce.

Ce barrage hydroélectrique souterrain de La Verna à Sainte-Engrâce (Pyrénées-Atlantiques), d’une puissance de 4 mégawatts a été mis en service le 2 avril 2008[5].

Ce nouveau projet a permis également d'ouvrir la salle au public, grâce à un aménagement conçu et géré par le Comité Départemental de Spéléologie des Pyrénées-Atlantiques. Les visites sont possibles depuis juillet 2010, sur réservation.

Le mardi , le gouffre des Partages[N 1] (-1122 m, 24 km) est relié au réseau de la Pierre-Saint-Martin par jonction avec le gouffre du Pourtet (M31)[N 2], [6]. Avec cette jonction, le complexe Pierre-Saint-Martin - Gouffre des Partages dépasse en 2008 les 82 kilomètres pour 1410 mètres de dénivelée (deuxième réseau français pour le développement, troisième pour la profondeur)[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eric Gilli, Association française de karstologie, « Les grandes cavités souterraines, études et applications », Karstologia : revue de karstologie et de spéléologie physique de la Fédération française de spéléologie et de l'Association française de karstologie, Paris, Fédération française de spéléologie, no 7,‎ 1e semestre 1986, p. 2-10 (ISSN 0751-7688, lire en ligne).
  • Jean-Yves Bigot, Fédération française de spéléologie, « Les systèmes hydrographiques des grands réseaux souterrains: le point de vue topographique du curieux », Spelunca, Paris, Fédération française de spéléologie, no 128,‎ , p. 29-34 (ISSN 0249-0544, lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le gouffre des Partages a pour coordonnées 42° 57′ 00″ N, 0° 44′ 22″ O.
  2. Le gouffre du Pourtet a pour coordonnées 42° 57′ 12″ N, 0° 44′ 31″ O.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « La salle de la Verna, réseau de la Pierre Saint Martin : visite géologique », sur Géolval, (consulté le 23 novembre 2016)
  2. « La salle de la Verna, chiffres-clés », sur laverna.fr (consulté le 4 février 2017)
  3. a, b et c Les découvreurs du Gouffre de La Pierre-Saint-Martin, Jacques Labeyrie, éditions Cairn, 2005.
  4. Haroun Tazieff, « Le gouffre de la Pierre Saint-Martin », sur arsip.fr, Arthaud, (ISBN 2-7003-0175-7), p. 190.
  5. Suez met en service un barrage souterrain au Pays basque
  6. [PDF]« A la recherche de Z - Massif de la Pierre-Saint- Martin », sur clan.des.tritons.free.fr, (consulté le 17 décembre 2016).
  7. « Naissance d’un géant – Spéléo Tritons », sur clan.des.tritons.free.fr (consulté le 18 août 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]