Comté de Sarrewerden

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Comté de Sarrewerden
Grafschaft Saarwerden (de)

?-1793

Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

Le comté de Sarrewerden après 1648.

Informations générales
Statut Comté, terre d'Empire
Capitale Saarwerden puis Neusaarwerden
Langue francique rhénan, allemand standard
Histoire et événements
1629 Cession de Bouquenom et Sarrewerden à la Lorraine
19 juin 1793 Incorporation aux districts de la Moselle et de la Meurthe
23 novembre 1793 Incorporation au Bas-Rhin

Entités suivantes :

Le comté de Sarrewerden ou de Nassau-Saarwerden fut terre d'Empire jusqu'à son rattachement à la France en 1793, dans les départements de la Moselle et de la Meurthe, puis finalement dans celui du Bas-Rhin.

Avant la Révolution, son territoire relevait de l'ancien diocèse de Metz, et échappait ainsi à l'autorité des ducs de Lorraine. Ses habitants parlaient le francique rhénan.

Fondation et successions dynastiques[modifier | modifier le code]

Ce comté relevait de l'évêque de Metz dès le douzième siècle et peut-être même avant[1]. Les comtes de Sarrewerden demeurèrent dans la dépendance envers l'église de Metz jusqu'en 1397[1].

Maison de Sarrewerden (-1397)[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De sable à l'aigle bicéphale d'argent, becquée et membrée d'or, lampassée de gueules.
Commentaires : Il s'agit du blason du comté de Sarrewerden; ces armes sont incluses dans certains blasons de la maison de Nassau.
Gisant de Frédéric III († 1414) dans la cathédrale de Cologne

Un château-fort fut édifié à Sarrewerden par le premier comte connu, Frédéric I, dans la première moitié du XIIe siècle ; il aurait succédé sur le site à un bain romain. Le comte Fréderic I et son épouse Gertrude fondent en 1130 l'abbaye de Wörschweiler.

Le plus illustre représentant de cette famille est Frédéric III (Friedrich III von Saarwerden), né en 1348 à Sarrewerden et décédé le 9 avril 1414 au château de Poppelsdorf (actuellement un quartier de Bonn). Il fut archevêque de Cologne de 1370 à 1414. À la mort de son frère Henri II en 1397, Frédéric III dirigea temporairement le comté de Sarrewerden, avant d'en céder le gouvernement à Frédéric von Moers. Son neveu Dietrich II. von Moers lui succéda à l'archevêché.

Frédéric von Moers, successeur de Henri, ne put jouir tranquillement de ce comté. Car Raoul de Coucy, qui gouverna l'église de Metz de 1387 jusqu'en 1413, fit une ligue avec Charles II de Lorraine, Robert duc de Bar, et Edouard marquis du Pont, son fils, pour retirer par la force des armes le comté de Sarrewerden des mains du comte Fréderic[1]. Car ce comté, qui était un fief masculin de l'évêché de Metz, devait y retourner par le décès du comte Henri, mort sans enfants. Malgré cette puissante ligne, Fréderic se maintint en possession du comté par le secours de l'archevêque de Cologne Frédéric III, son oncle[1].

Maison de Moers-Sarrewerden (1397-1527)[modifier | modifier le code]

Frédéric IV comte de Moers et Sarrewerden

En 1397, à la mort du dernier comte de Sarrewerden, le comté passa à un neveu, comte de Moers.

  • Jean de Moers, comte de Moers-Sarrewerden (1397-1431)
  • Jacques Ier de Moers, comte de Moers-Sarrewerden (1431-1482)
  • Nicolas de Moers, comte de Moers-Sarrewerden (1482-1491)
  • Jean de Moers, comte de Moers-Sarrewerden (1491-1505)

Maison de Nassau-Sarrebruck (1527-1793)[modifier | modifier le code]

Le comté passa ensuite à la famille de Nassau, qui y introduisit la Réforme protestante.

Luttes et partages pendant les Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1527, Antoine II, duc de Lorraine et de Bar demanda l'investiture des comtés de Säarwerden, Bouquenom et Wibersviller à Jean de Lorraine, évêque de Metz son frère, qui la lui accorda par lettres patentes le 26 septembre 1527[1].

Ouvert aux différentes confessions réformées, le comté accueillit à partir de 1557 des réfugiés fuyant les persécutions religieuses du royaume de France et du duché de Lorraine. Sept villages furent connus dès lors comme villages welsches (romans) : Altwiller, Burbach, Diedendorf, Eywiller, Gœrlingen, Kirrberg et Rauwiller, repeuplés par des Français ou des Lorrains, de langue romane et de confession calviniste, tandis que le reste du comté était germanophone et luthérien de la confession d'Augsbourg[2].

À la suite d'un conflit avec les ducs de Lorraine, les Nassau durent leur abandonner en 1629 les villes de Bouquenom (Bockenheim) et Sarrewerden. Ils créèrent alors sur la Sarre, face à Bouquenom, une nouvelle ville désignée comme Neu-Saarwerden[3].

En 1670, le comte de Nassau profitant des troubles de la Lorraine et de l'absence du duc Charles IV, se mit en possession du comté. Mais le duc de Lorraine en fit cession au prince Henri de Vaudémont son fils, qui le garda plusieurs années. Par la suite le duc de Lorraine Léopold Ier et le duc François III son fils, ont possédé le comté jusqu'en 1735[1].

Le comté eut à souffrir des ambitions du royaume de France sur sa frontière est, et le château de Sarrewerden fut détruit en 1671 pendant la guerre de Trente Ans ; des sept tours présumées de l'enceinte du château n'en subsistent que quatre plus ou moins bien conservées.

Il resta cependant, comme d'autres territoires dans la région, sous l'autorité du Saint-Empire romain germanique, bien qu'enclavé en France après les conquêtes de Louis XIV en Alsace et l'acquisition définitive de la Lorraine par la France en 1766.

Wilhelm Heinrich prince de Nassau-Sarrebruck (1718-1768)

Le comté en vint à être partagé en trois zones distinctes[4] :

Catholiques et protestants y vivaient en bonne entente, tandis que les territoires lorrains environnants étaient majoritairement catholiques.

En 1770, le prince de Nassau-Saarbruck céda a la France le village de Carling et les « cantons de forêts ». En échange, le roi fit cession de quelques lieux situés dans le comté de Saarwerden, ceux-ci faisaient partie en 1860 des départements du Bas-Rhin et de la Meurthe[43].

L'intégration à la France[modifier | modifier le code]

Les comtés de Sarrewerden et de Lützelstein en 1789, avec l'enclave française de Bouquenom-Sarrewerden rattachée à la province de Lorraine.

À la Révolution, le comté, enclave étrangère dans le territoire national, posait le problème des princes possessionnés.

Les communes de Bouquenom[5] et Sarrewerden[44] formaient une enclave française de 1766 à 1789, qui était rattachée au bailliage de Sarreguemines. Elles furent ensuite rattachées au département de la Moselle de 1790 à 1793, pour être finalement transférées au Bas-Rhin.

Dans le courant du mois d'octobre 1792, Nicolas François Blaux, maire catholique de Sarreguemines et député, avait engagé les communes du comté de Saarwerden à demander leur réunion à la France. Excepté cinq communes, toutes les localités donnèrent une suite favorable à cela. Cependant elle demandaient de ne pas être partagées entre plusieurs districts et/ou départements (ceci pour raison d'orientation de leurs relations économiques). Plus tard, le décret du 14 février 1793 suscita donc un mécontentement parmi la population concernée, car il prévoyait le partage des territoires réunis entre Meurthe, Moselle et Bas-Rhin. Les efforts de Mr. Blaux pour convaincre les communes récalcitrantes étaient donc plutôt réduits à néant. Et du fait qu'il était hostile au partage, il s'abstint de mettre en place une organisation administrative provisoire.
Malgré cela, les représentants de la Convention auprès de l'armée du Rhin ont pris un arrêté décidant la création provisoire de 4 cantons administrés par les districts voisins : Sarrebourg pour le canton de Drulingen, Sarreguemines pour le canton de Harskirchen, Bitche pour le canton de Diemeringen et Dieuze pour le canton de Wolfskirchen[45].

Plus tard, contrairement à ce qu'affirmait Mr. Blaux, les habitants du comté de Saarwerden n'étaient finalement en réalité pas très fixés sur le département auquel ils souhaitaient appartenir. Les habitants de la partie Est du comté voulaient faire partie du Bas-Rhin ou du district de Bitche, ceux qui étaient proches du district de Dieuze demandaient à faire partie de ce district et la même chose pour ceux qui étaient proche de celui de Sarrebourg : Après la constitution du district de Saarwerden, plusieurs communes du canton de Drulingen ont essayé d'obtenir leur rattachement au district de Sarrebourg. Dans le même temps, Les habitants du canton de Wolfskirchen ont également fait des démarches pour obtenir de la Convention nationale un décret définitif pour la réunion de leur canton au district de Dieuze[45].

Création du district de Sarrewerden en Bas-Rhin[modifier | modifier le code]

Mais les protestants trouvèrent cette situation inconfortable, et obtinrent ensuite le transfert de l'ancien comté de Sarrewerden au Bas-Rhin, mieux accoutumé à la cohabitation entre les deux confessions[4].

Le 3 frimaire an II (23 novembre 1793), la Convention prit un décret érigeant le pays de Sarrewerden en district du Bas-Rhin.

Ce district comprenait :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Augustin Calmet - Notice de la Lorraine: qui comprend les duchés de Bar et de Luxembourg
  2. Château de Diedendorf, « Historique de la région » Notice communale].
  3. Les deux villes de Bouquenom et Neu-Sarrewerden, devenues françaises, seront réunies en 1794 sous le nom de Sarre-Union.
  4. a et b Henri ENGELS, "Les couteliers de Rauwiller".
  5. a et b Notice communale de l'ancienne commune de Bouquenom.
  6. Notice communale de Burbach.
  7. Notice communale d'Eywiller.
  8. Notice communale de Herbitzheim.
  9. Notice communale de Keskastel.
  10. Notice communale de Sarre-Union (Neusaarwerden).
  11. Notice communale de l'ancienne commune de Bischtroff-sur-Sarre.
  12. Notice communale de Rimsdorf.
  13. Notice communale de Schopperten.
  14. Notice communale de Siltzheim.
  15. Notice communale de Vœllerdingen.
  16. Notice communale de l'ancienne commune de Zollingen.
  17. Notice communale d'Altwiller.
  18. Notice communale de Baerendorf.
  19. Notice communale de Berg.
  20. Notice communale de Bissert.
  21. Notice communale de Bust.
  22. Notice communale de Butten.
  23. Notice communale de Diedendorf.
  24. Notice communale de Domfessel.
  25. Notice communale de Drulingen.
  26. Notice communale d'Eschwiller.
  27. Notice communale de Gœrlingen.
  28. Notice communale de Harskirchen.
  29. Notice communale de Hinsingen.
  30. Notice communale de Hirschland.
  31. Notice communale de Kirrberg.
  32. Notice communale de Lorentzen.
  33. Notice communale de Mackwiller.
  34. Notice communale d'Oermingen.
  35. Notice communale d'Ottwiller.
  36. Notice communale de Rauwiller.
  37. Notice communale de Rexingen.
  38. Notice communale de Siewiller.
  39. Notice communale de Thal-Drulingen.
  40. Notice communale de Weyer.
  41. Notice communale de l'ancienne commune de Wiler.
  42. Notice communale de Wolfskirchen.
  43. Chastellux, Le territoire du département de la Moselle : histoire et statistique, Metz, 1860
  44. a et b Notice communale de Sarrewerden.
  45. a et b Jean-Louis Masson, Histoire administrative de la Lorraine : des provinces aux départements, 1982
  46. Notice communale d'Asswiller.
  47. Notice communale de Dehlingen.
  48. Notice communale de Diemeringen.
  49. Notice communale de Ratzwiller.
  50. Notice communale d'Adamswiller.
  51. Notice communale de Bettwiller.
  52. Notice communale de Dieffenbach.
  53. Notice communale de Durstel.
  54. Notice communale d'Erckartswiller.
  55. Notice communale de Frohmuhl.
  56. Notice communale de Gungwiller.
  57. Notice communale de Waldhambach.
  58. Notice communale de Hinsbourg.
  59. Notice communale de Lohr.
  60. Notice communale de Petersbach.
  61. Notice communale de La Petite-Pierre.
  62. Notice communale de Puberg.
  63. Notice communale de Rosteig.
  64. Notice communale de Struth.
  65. Notice communale de Volksberg.
  66. Notice communale de Weislingen.
  67. Notice communale de Wingen-sur-Moder.

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