Langues germaniques

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Langues germaniques
Région à l'origine : nord de l'Allemagne actuelle, sud de la Scandinavie ; puis Europe du Nord-Ouest, Europe centrale, Scandinavie, côtes de la Mer Baltique, îles de l'Atlantique Nord ; expansion mondiale par la suite
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-2 gem
ISO 639-5 gem
IETF gem

Les langues germaniques sont des langues indo-européennes, qui descendent toutes du proto-germanique. L'étude de ces langues se nomme la germanistique. Elles furent d'abord parlées par les peuples germaniques, qui vivaient initialement aux frontières nord-est de l'Empire romain. Ces langues partagent plusieurs traits uniques, parmi lesquels d'importantes mutations consonantiques décrites par les lois de Grimm et de Verner (auxquelles on peut ajouter la seconde mutation consonantique pour le vieux haut-allemand), ainsi qu'un important lexique composé de radicaux non indo-européens.

Les langues germaniques les plus parlées actuellement sont celles de la branche occidentale, à savoir l'anglais, l'allemand, et le néerlandais, ainsi que les langues scandinaves, principalement le suédois, le danois et le norvégien.

Liste et classification[modifier | modifier le code]

Cette classification-ci ne fait toutefois pas l’unanimité parmi les linguistes. Au XIXe siècle, certains (J. Adeling, R. Rask, Jacob Grimm, August Schleicher) envisageaient une autre répartition.[réf. nécessaire] Conforté par l’archéologie de R. Hachmann,[réf. nécessaire] Witold Mańczak remplace la division des langues germaniques en un groupe septentrional, un groupe occidental et un groupe oriental par une division en un groupe septentrional, un groupe central (allemand, néerlandais, frison et anglais) et un groupe méridional (gotique). Cela entraîne une révision de la loi de Verner.[réf. nécessaire]

Pour voir la liste complète des langues par familles dont cette liste est tirée.

Les langues germaniques en Europe
Branche nordique :
Groupe nordique occidental :
  •      islandais
  •      féringien
  •      norvégien
  • Groupe nordique oriental :
  •      suédois
  •      danois
  • Branche occidentale :
    Groupe anglo-frison :
  •      scots
  •      anglais
  •      frison
  • Groupe allemand :
  •      néerlandais
  •      bas allemand
  •      haut allemand

Origines et développement[modifier | modifier le code]

Le proto-germanique ou germanique commun[modifier | modifier le code]

Carte des cultures de l'âge de fer pré-romain. La zone en rouge correspond à l'ère culturelle de l'âge du bronze danois. La zone en rose correspond à la culture de Jastorf. Ces deux régions forment l'habitat primitif des premières cultures germaniques et du germanique commun.

Tout comme le proto-indo-européen, le proto-germanique est une langue non attestée, reconstituée au moyen de la méthode comparative. Cependant, quelques inscriptions rédigées dans une écriture runique de Scandinavie, datant d'environ 200 de notre ère, représentent une étape du proto-norrois ou, selon Bernard Comrie, du germanique commun tardif, suivant immédiatement le stade du germanique commun primitif.

La présence d'un nombre important de racines non-indo-européennes dans le fond lexical du germanique commun a amené certains linguistes à émettre l'hypothèse que le proto-germanique pourrait être un créole obtenu à la suite d'un contact avec une autre langue indo-européenne du type satem ou une langue non-indo-européenne (sans doute ouralienne). La première mutation consonantique ou la relative simplification morphologique du germanique commun (voir infra) pourrait être, selon les linguistes qui avancent cette hypothèse, le résultat de ce contact répété entre des populations de langues différentes.

Expansion géographique durant l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Il est possible que des populations indo-européennes soient arrivées dans le sud de la Scandinavie vers le milieu du IIIe millénaire avant JC, développant par la suite la culture de l'âge du bronze danois au début du IIe millénaire. On suppose que le sud de la Scandinavie est le foyer originel du proto-germanique primitif dans la mesure où c'est la seule région peuplée par des locuteurs germaniques qui ne conserve aucune trace de toponymes pré-germaniques[1].

Entre le Ve et le Ier siècles avant JC, les locuteurs du germanique commun entrent en contact avec les Celtes continentaux. Un certain nombre d'emprunts aux langues celtiques datant de cette époque ont ainsi été identifiés. Vers le 1er siècle avant JC, l'ère d'expansion des peuples germaniques atteint le Danube et le Rhin Supérieur. C'est à peu près à cette époque, à l'est de la Vistule, que des locuteurs germaniques entrent en contact avec les cultures slaves primitives, comme en attestent quelques emprunts germaniques en proto-slave.

L'expansion des Germains à la fin de l'âge du bronze danois (à partir de -750)

C'est à partir du IIIe siècle après JC et les Grandes Invasions que les langues germaniques vont connaître une période de large expansion géographique, en particulier en Europe de l'Ouest : Angles, Saxons et Jutes en Bretagne (actuelle Angleterre), Lombards et Ostrogoths en Italie, Wisigoths et Suèves dans la péninsule hibérique, Burgondes et Francs en Gaule, Vandales en Sicile et en Afrique du nord. Dans la plupart de ces régions, malgré une période relativement longue de coexistence et de diglossie avec les langues des peuples envahis, elles ne se maintiendront pas et disparaîtront, laissant cependant derrière elles un superstrat non négligeable dans la plupart des langues romanes modernes. Ce fut par exemple le cas en Gaule, où le francique (langue westique non attestée), sera parlé durant plusieurs siècles par l'aristocratie mérovingienne et carolingienne, influençant de manière sensible le gallo-roman parlé par la population autochtone.

Premières traces écrites[modifier | modifier le code]

Un exemplaire de la Bible de Wulfila, premier livre en langue gotique dont une copie se trouve à la bibliothèque d'Uppsala (Suède) : le Codex Argenteus.

L'alphabet gotique[modifier | modifier le code]

C'est aux premiers siècle de notre ère que les premiers textes en langues germaniques apparaissent. Le document le plus ancien est la Bible écrite en langue gotique au IVe siècle après JC par l'évêque Wulfila qui fut à la tête d'une communauté de Wisigoths chrétiens en Mésie (Bulgarie). Wulfila est l'auteur d'une traduction de la Bible grecque de la Septanteen langue gotique afin d'évangéliser le peuple ; de cette traduction, il nous reste principalement les trois quarts du Nouveau Testament, et quelques fragments de l’Ancien. Le meilleur manuscrit, le Codex Argenteus, date du vie siècle, conservé et transmis par des Ostrogoths d'Italie du nord. Il contient de larges passages des quatre évangiles. Le second parmi les principaux manuscrits est le Codex Ambrosianus, qui contient des passages plus épars du Nouveau Testament (dont des extraits des évangiles et des Épîtres), de l'Ancien testament (Néhémiah) ainsi que des commentaires nommés Skeireins. Il est vraisemblable que le texte original ait été quelque peu modifié par les copistes ; le texte étant une traduction du grec, la langue attestée par le Codex Argenteus est émaillée d'hellénismes, ce qui se constate surtout dans la syntaxe, qui copie souvent celle de la langue de départ. Le gotique de Wulfila, de la Skeireins et de divers manuscrits est écrit au moyen d'un alphabet original inventé vraisemblablement par Wulfila lui-même, que l'on nomme « alphabet gotique ». Il n'a rien à voir avec ce qu'on appelle communément les « lettres gothiques », qui sont, elles, des lettres de l'alphabet latin telles qu'écrites en Occident dans les manuscrits du xiie au xive siècle, devenues plus tard ce que l'on désigne en Allemagne sous le terme de Fraktur.

Les runes[modifier | modifier le code]

Certaines langues germaniques les plus anciennes, utilisaient un alphabet runique ou futhark (terme formé à partir du nom des six premières lettres de cet alphabet). C'est dans cet alphabet qu'apparaissent les première traces cohérentes (c'est-à-dire composées de phrases complètes) de proto-norrois (et donc en langue scandinave) vers le IIIe siècle après JC. La première inscription en langue germanique westique serait l'inscription runique de Bergakker découverte en 1996 et datant du Ve siècle.

L'origine des runes est mal connue mais on s'accorde à dire que le Futhark est un mélange d’alphabets italique nordique/alpin avec une influence latine[2], qui aurait été l'alphabet des Hérules, une tribu germanique vivant dans les Alpes. Quelques lettres ont une origine latine évidente, par exemple les runes pour /f/(ᚠ) et /r/(ᚱ), d’autres qui rappellent — au moins au niveau du format — l’alphabet alpin, par exemple la rune /h/(ᚺ). Il y a aussi des symboles qui peuvent être aussi bien alpins que latins, par exemple la rune /i/(ᛁ). 

L'utilisation des runes (le mot vient d'une racine germanique qui signifie "secret" ou "chuchotement") est restée très limitée dans les langues westiques (car vite remplacées par l'alphabet latin lors de la christianisation) et pratiquement inexistante dans les langues ostiques (on dénombre quelques inscriptions identifiées comme étant du gotique, mais cela reste débattu). Une forme spécifique de cet alphabet appelée futhorc a par ailleurs été utilisée en Angleterre (surtout sur la côte est) par les Anglo-Saxons et sur le continent par les Frisons à partir du VIe siècle. On dénombre environ 200 artefacts sur lesquels figurent des runes anglo-frisonnes. Les runes seront en revanche beaucoup plus utilisées dans leur forme scandinave (aussi appelée futhark récent), surtout entre le IXe et le XIe siècles, avant d'être à leur tour remplacées par l'alphabet latin. Leur usage perdurera toutefois jusqu'à la fin du Moyen Âge et même aux XIXe et XXe siècles dans la province de Dalécarlie en Suède.

Deux runes furent adoptées dans la transcription latine du vieil anglais : le thorn þ (pour trancrire la fricative interdentale) et le wynn ƿ (pour la transcription du [w]). Ces deux caractères seront remplacés respectivement par <th> et <w> en moyen anglais. L'islandais moderne utilise encore le thorn.

Transcription latine des langues germaniques modernes[modifier | modifier le code]

C'est plus tard que les prêtres et les moines chrétiens d'origine germanique, qui utilisaient le latin en plus de leur langue maternelle, ont commencé à utiliser l'alphabet latin pour noter leur propre langue. Au fil des siècles, il a fallu, pour ce faire, étendre les capacités, somme toute réduites, de l'alphabet latin, en développant l'usage de diacritiques (l'umlaut en allemand : ä, ö, ü, le rond en chef en suédois, danois et norvégien : å, etc.), de ligatures (æ en vieil anglais, en islandais, danois et norvégien, eszett ß en allemand, etc.) de digrammes (sc en vieil anglais, ch néerlandais, allemand, etc., sh en anglais, sch en allemand, néerlandais etc.) et de lettres supplémentaires (thorn þ et edh ð en vieil anglais et islandais, yogh ȝ et wynn ƿ en vieil anglais, etc.).

Caractéristiques linguistiques[modifier | modifier le code]

On considère traditionnellement que les langues germaniques se distinguent des autres langues indo-européennes par cinq caractéristiques. Trois sont morphologiques, deux sont phonétiques.

La première mutation consonantique ou la Loi de Grimm[modifier | modifier le code]

La loi de Grimm est une loi de phonétique historique qui décrit l'évolution des consonnes occlusives du proto-germanique, l'ancêtre des actuelles langues germaniques, à partir de celles de l'indo-européen commun, vraisemblablement au cours du Ier millénaire av. J.-C. Cette loi doit son nom au philologue allemand Jacob Grimm, qui est le premier à l'avoir décrite systématiquement en 1822.

Les mutations phonétiques décrites par cette loi sont profondes et ont redessiné entièrement le système phonologique des occlusives dans les langues germaniques :

  • Les occlusives sourdes du proto-indo-européen se transforment en fricatives sourdes en germanique commun,
  • Les occlusives sonores du proto-indo-européen se transforment en occlusivess sourdes en germanique commun,
  • Les occlusives aspirées perdent leur aspiration.


Mutation Exemples tirés de langues germaniques Exemples tirés d'autres langues indo-européennes
*[p]→[f] anglais foot, allemand F, gotique fōtus, islandais fótur, danois fod, suédois et norvégien fot latin pēs, sanskrit पाद (pāda), lituanien pėda
*[t]→[þ] anglais third, vieux-haut-allemand thritto, gotique þridja, islandais þriðji latin tertius, gaélique treas, lituanien trys
*[k]→[h] anglais hound, néerlandais hond, allemand Hund, gotique hunds, islandais hundur latin canis, gaelique cú
*[b]→[p] anglais lips, suédois pp, néerlandais lip latin labia
*[d]→[t] anglais ten, néerlandais tien, gotique taíhun, islandais tíu, danois et norvégien ti, suédois tio latin decem, gaelique deich, lituanien dešim
*[g]→[k] anglais cold, néerlandais koud, allemand kalt, islandais kaldur, danois kold, suédois kall latin gelū

La mise au jour de ces mécanismes sera complétée en 1875 par la Loi de Verner, qui expliquera certaines irrégularités et « exceptions » constatées au fil du temps : alors que la loi de Grimm prévoit que les occlusives sourdes de l'indo-européen deviennent des fricatives sourdes en germanique commun, dans certains cas ces fricatives sont sonores. Verner a démontré que la place de l'accent en indo-européen joue un rôle dans ces exceptions : « les fricatives germaniques se voisent sauf à l'initiale et sauf si la syllabe précédente était tonique en indo-européen ». 

L'existence de deux temps : le présent et le prétérit[modifier | modifier le code]

Là où la plupart des langues indo-européennes connaissent un grand nombre de formes verbales, de temps et de modes, les langues germaniques n'en connaissent que deux : le présent et le prétérit. Dans la plupart des langues germaniques modernes, les autres formes verbales sont en général des formes périphrastiques assez récentes (attestées à l'époque médiévale) qui relèvent de la modalité ou de l'aspect. Ainsi, le futur est souvent formé à partir d'un auxiliaire modal (will en anglais, zullen en néerlandais).

L'existence de deux classes de verbes : les verbes faibles et les verbes forts[modifier | modifier le code]

Toutes les langues germaniques ont deux classes de verbes. Les « verbes forts », qui sont la plupart du temps des verbes anciens datant du proto-indo-européen. Ils ont conservé une conjugaison par alternance vocalique ou ablaut, c'est-à-dire par changement de la voyelle du radical. Dans les langues germaniques modernes, ce changement a lieu au prétérit et au participe passé (sing, sang, sung en anglais ou singen, sang, gesungen en allemand), occasionnellement aux 2e et 3e personnes du singulier du présent (ich helfe mais er hilft en allemand). Ces verbes sont parfois appelés « irréguliers » car ils sont minoritaires.

Les « verbes faibles », eux, sont des créations plus récentes (souvent par dérivation). Ils ne se conjuguent pas par apophonie mais par addition d'un suffixe en dentale au prétérit et au participe passé : -ed en anglais (to deem, I deemed), -t- en allemand (kaufen, ich kaufte). Ces verbes sont souvent appelés « réguliers » car ils sont majoritaires et productifs (un nouveau verbe est normalement un verbe faible).

La double flexion adjectivale[modifier | modifier le code]

À l'origine la morphologie des adjectifs en proto-indo-européen étaient calquée sur celle du nom (comme ce sera plus ou moins le cas en latin par exemple). Les langues germaniques vont développer un tout autre système : la morphologie de l'adjectifs épithètes dépend du degré de détermination du groupe nominal. Si le nom est fortement déterminé (au moyen d'un article défini, d'un possessif ou d'un démonstratif par exemple), on aura recours à une déclinaison dite « faible » (en allemand : Der kleine Wagen). Si le nom est indéterminé ou déterminé avec un article indéfini, on aura recours à une déclinaison dite « forte » (en allemand : Ein kleiner Wagen). Ce double paradigme existe encore en néerlandais et dans les langues scandinaves (en fin bil/den fina bilen en suédois). En anglais, en revanche, l'adjectif est devenu totalement invariable à la fin de la période moyen anglaise. Le vieil anglais et le moyen anglais précoce faisaient cependant cette distinction (gōd cyning/se gōda cyning).

Un accent d'intensité sur la première syllabe du radical[modifier | modifier le code]

En proto-indo-européen, l'accent tonique était un accent de hauteur (appelé également accent tonal) qui pouvait tomber sur n'importe quelle syllabe du mot. Dans les langues germaniques, l'accent tonique devient un accent d'intensité. Sa place devient fixe puisqu'il tombe normalement sur la première syllabe du radical (en allemand: 'arbeiten, ver'arbeiten). Cette règle ne vaut que pour les mots natifs. Ceci explique la grande irrégularité de l'anglais dans ce domaine : le vieil anglais respectait ce schéma accentuel jusqu'à l'arrivée massive d'emprunts français en moyen anglais.

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Exemples de mots se ressemblant en anglais, vieil anglais, vieux saxon, néerlandais, allemand, bas-saxon, frison occidental, suédois, danois, norvégien, islandais, vieux-norrois et scots.

français anglais vieil anglais vieux saxon néerlandais[3] allemand bas-saxon frison suédois danois norvégien islandais vieux norrois féroïen scots
être (verbe) to be wesan, bēon, sēon wesan, sīn zijn, wezen sein wesen, sien syn, wêze vara være være vera vera vera tae be
je suis I am iċ bēom, eom ik bium ik ben ich bin ik bün ik bin jag är jeg er jeg er ég er ék em / er eg eri Ic am
tu es (vieilli) thou art þū bist, eart thū bist je bent du bist du büst dou bist du är du er du er þú ert þù ert tú ert thoo art
il est he is hē is, bið hē is hij is er ist he is hy is han är han er han er hann er hann er hann er he is
nous sommes we are wē sind(on), bēoð wī sind(un) we zijn wir sind wi sünd wy binne vi är vi er vi er við erum við erm vit eru we are
vous êtes you are ġē sind(on), bēoð gī sind(un) jullie zijn ihr seid ji sünd jimme, jo binne ni är I er dere er þið eruð þið erð tit eru ye are
ils sont they are hīe sind(on), bēoð siu/sia sind(un) zij zijn sie sind se sünd hja, sy binne de är de er de er þeir eru Þeir erù teir eru thay are
moi me me, mij mich, mir mi my mig mig meg mig, mér mig mig me
toi you þē thī je, jou dich, dir di dy dig dig deg þig, þér þig teg thee
lui him him imu hem ihn, ihm em him honom ham ham honum hannom hann him
elle her hire iru haar ihr ehr hjar henne hende henne(s) henni henni hon her
nous us ūs ūs ons uns us, uns ùs oss os oss okkur ossr okkum us
vous you ēow iuw jullie euch ju jo, jimme ni jer de ykkur þig tykkum ye
eux them him im ze, hen sie, ihnen jüm hjar dem dem dem þám þám teimum thaim
mon my mīn mīn mijn mein mien minen mi, yen min min mín, mitt mínn mín ma
ton your þīn thīn jouw dein dien dinen din, ditt din, dit din, ditt þín, þitt þín(n) tín tha
son his his is zijn sein sien sinen hans, sin hans, sin hans hans hans hans his
sa her hire ira haar ihr ehr hjarres henne hende hennes hennar henni hennar her
notre our ūre ūsar ons unser us, uns ùzes vår vort, vor vår okkar ossr okkara oor
votre your ēower iuwar jouw euer juun jimmes, jouwes eder jeres deres ykkar geirr tykkara yer
leur their hira iro hun ihr ehr hjarres, sinen deres deres deres þeirra Þeirr teirra thair
aller to go gān, gangan gān, gangan gaan gehen gahn gean ganga ganga ganga to gae, gang
venir to come cuman kuman komen kommen kamen komme komma komme kome koma koma koma to cam
avoir to have habban hebbian hebben haben hebben hawwe ha have ha hafa hafa hava to hae
faire (effectuer) to do dōn dōn doen tun doon dwaen göra gøre gjøre gera gjéra gera to dae
faire (confectionner) to make macian makon maken machen maken meitsje göra gøre lage gera gjéra gera to mak
tenir to hold healdan haldan houden halten holen hâlde hålla at holde å holde að halda að holda at hødda to haud
peuple (vieilli) thede þēod thiod (vieilli) diet (vieilli) Diet (vieilli) Diet tjed tjod (vieilli) tjod tjod þjóð þjóð tjóð theid
peuple folk folc folk volk Volk Volk folk folk folk folk fólk fólk fólk fowk
amour love lēof, lufu liof, luƀa liefde Liebe Leevde leafde ljuv ('cher') ljuv ('cher') ljuv ('cher') ljúfur ('cher') ljúfr ('cher') ljúvur ('cher') lee(f)
pomme apple æppel appul, appel appel Apfel Appel apel äpple æble eple epli epli epli aiple
poisson fish fisc fisk vis Fisch Fisch fisk fisk fisk fisk fiskur fiskr fiskur fish
loup wolf wulf wulf wolf Wolf Wulf wolf ulv ulv ulv úlfur úlfr úlvur wulf
renard fox fox fohs, vohs vos Fuchs Voss foks räv ræv rev refur refr revur fox
cheval horse, pard hors, hros hros, hors paard, ros Pferd Peerd, Ros happe, paerd häst hest hest hestur hestr hestur pard
chat cat catt(e) katta kat Katze Katt kat Katt kat katt köttur kattr kattur cat
ours bear bera bero beer Bär Boor bear björn bjørn bjørn björn björn bjørn bear
chien dog, hound hund hund hond Hund Hund dogge, hûn hund hund hund hundur hunnr hundur hound
garçon boy cnafa knaƀo jongen, knaap Junge, Knabe Jung, Knaav boai, jonge pojke dreng/knaegt gutt drengur drengr drongur boy
jeune fille girl mæġþ māgað maagd, meid Mädchen Deern, Mäken famke flicka pige, jente pike, jente stelpa, stúlka stjélpa genta girl
vierge maid mæġþ māgað maagd Mädchen Määgd Maagd (Fahm) piga stuepige stuepike mey piga kona maid
livre book bōc bōk boek Buch Book boek bok bog bok bók bók bók beuk
père father fæder fadar vader Vater Vader heite fader, far fader fader, far faðir faðri fađir fither
mère mother mōdor mōdar moeder Mutter Moder mem moder, mor moder moder, mor móðir móðir móđir mother
fils son sunu sunu zoon Sohn Söhn soan son søn sønn sonur sonr sonur sen
fille (descendante) daughter dohtor dohtar dochter Tochter Dochter dochter dotter datter datter dóttir dóttri dóttir dochter
frère brother brōðor brōðar broeder Bruder Broder broer broder, bror broder, bror broder, bror bróðir bróðri bróđir brother
sœur sister sweostor swestar zuster Schwester Süster suster syster søster søster systir systri systir sister
zéro (0) zero, naught nāht, nāwiht nēowiht nul null null nul noll nul null núll núll núll naught
un (1) one ān ēn één eins een ien en en en einn einn eitt one
deux (2) two twēgenn twēne twee zwei twee twa två to to tveir, tvær, tvö tveir tvey twa
trois (3) three þrīe thrīe drie drei dree trije tre tre tre þrír, þrjár, þrjú þrír trý thrie/thre
quatre (4) four fēower fiuwar vier vier veer fjouwer fyra fire fire fjórir, fjórar, fjögur fjórir fýra four/fowr
cinq (5) five fīf fīf vijf fünf fief fiif fem fem fem fimm fimm fimm fif, fyve
six (6) six siex sehs zes sechs söss seis sex seks seks sex seks seks sex, sax
sept (7) seven seofon siƀun zeven sieben söven sân sju syv sju sjö sjö sjey sevin
huit (8) eight eahta ahto acht acht acht acht åtta otte åtte átta átta átta eght, eicht
neuf (9) nine nigon nigun negen neun negen njoggen nio ni ni níu níu níggju nyn, neyne
dix (10) ten tīen tehan tien zehn teihn tsien tio ti ti tíu tíu tíggju ten
roi king cyning kuning koning König König kening kung konge konge kónungur kónungr kongur king
reine queen cwēn, cyningen kuningin, quēna koningin Königin Königin keningin drottning dronning dronning drottning drotning drottning cwan
qui ? who? hwā? hwē? wie? wer? wokeen? wa't? vem? hvem? hvem? hver? hverr? hver? wha?
quoi ? what? hwæt? hwat? wat? was? wat? wat? vad? hvad? hva? hvað? hvat? hvat? what?
où ? where? hwǣr? hwār? waar? wo? wo, woneem? wêr? var? hvor? hvor? hvar? hvaðan? hvar? whaur?
quand ? when? hwonne? hwanne? wanneer? wann? wannehr? wannear't? när? hvornår? når? hvenær? hvanær? nær? whan?
comment ? how? hū? hū, hwō? hoe? wie? wo, woans? hoe't? hur? hvordan? hvordan? hvernig? hverrso? hvussu? hou/how?
pourquoi ? why? hwȳ? hwī? waarom? warum? worüm? wêrom? varför? hvorfor? hvorfor? hvers vegna? hvi? hví? whey/why?
sang blood blōd blōd bloed Blut Bloot bloed blod blod blod blóð blóð blóđ blood
pain bread brēad brōd brood Brot Broot brea bröd brød brød brauð brauð breyđ breid
or (métal) gold gold gold goud Gold Gold goud guld gold gull gull gull gylt gold
hiver winter winter wintar winter Winter Winter winter vinter vinter vinter vetur vettr vetur wynter
eau water wæter watar water Wasser Water wetter vatten vand vann vatn vatn vatn watter
parler to speak sprecan sprekan spreken sprechen spreken (snacken) snacken snacka snagge snakke tala spjélla spjalla ta speik
soi-même self seolf, seolfa self, selƀo zelf selbst sülvst sels själv selv selv sjálfur sjélf sjálvur sel
signifier to mean mǣnan mēnian menen meinen menen miene mena mene mene meina meina meina ta meain
demi half healf half half halb half heal halv halv halv hálfur halvt hálv half
vivre to live libban libbian leven leben leven libje leva leve leve lifa lifa liva ta lyve
verre glass glæs glas glas Glas Glas glês glas glas glass gler glas glas glass
blessure wound wund, sār wunda, sēr wond, smart, zeer Wunde, Sehr Wunn, Smart, Sehr wûne und, sår sår sår sár sárr særa wound
devoir (verbe) must mōtan mōtan moeten müssen möten moatte måste måtte verða másta másta to most
besoin need nȳd, þurf nōd, thurf nood Bedarf, Not Noot, Berief, Durf noad nöd nød nød þörf, neyð þurf noyð neid
devoir to shall sculan skulan zullen sollen schölen sille ska skal skal skulla skùlla skula to sall
arme weapon wǣpen wāpan wapen Waffe Wapen wappe vapen vaben våpen vopn vapn vapn wapyn
bon good gōd gōd goed gut goot goed god god god góður góðr góđur guid
demain tomorrow ætmorġen atmorgan morgen morgen morgen oaremoarn i morgon i morgen i morgen i morgun i morgn í morgin i morn
matin morning morġen morgan morgen Morgen Morgen moarn morgon morgen morgen morgunn morgn morgin morn
jeune young ġeong giung, jung, iung jong jung jung jong ung ung ung ungur ungr ungur yong
vieux old eald ald oud alt oolt âld gammal (äldre) gamle (ældre) gammel (eldre) gamall (eldri) gamall (ellri) gamal (eldir) auld
bateau ship scip skip schip Schiff Schipp skip skepp skip skip skip skip skip schip
casser break brecan brekan breken brechen breken brekke bryta, bräcka bryde bryte brjóta brjóta bróta ta brek
apprendre learn leornian lernon leren lernen lehren leare lära lære lære læra læra læra ta learn
voir see sēon sehan zien sehen sehn sjen se se se sjá sjá síggja ta sie
donner give ġiefan geƀan geven geben geven jaan ge, giva give gi gefa gefa giva ta gie
glace ice īs īs ijs Eis Ies iis is is is ís ís ís ise
manger to eat etan etan eten essen eten ite äta æde ete, spise éta, borða éta eta ta ete, eit
boire to drink drincan drinkan drinken trinken drinken drinke dricka drikka drikke drekka drekka drekka ta drynk

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bell-Fialkoll (Editor), Andrew (2000). The Role of Migration in the History of the Eurasian Steppe: Sedentary Civilization v. "Barbarian" and Nomad. Palgrave Macmillan. p. 117.ISBN 0-312-21207-0.
  2. Florian Coulmas, The Blackwell Encyclopedia of Writing Systems, Oxford, Blackwell, 1996 (ISBN 0-631-21481-X)
  3. Georges Kersaudy Langues sans frontières. À la découverte des langues de l'Europe ps 118-119

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]