Histoire du Béarn

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Drapeau du Béarn

Le Béarn est un pays qui constitue aujourd'hui la partie orientale du département des Pyrénées-Atlantiques. Il a été une cité antique, une vicomté et un État souverain avant d'être rattaché au royaume de France en 1620 par Louis XIII, et de devenir une province gardant une large part d'autonomie jusqu'à la Révolution française. Ses limites géographiques ont été relativement fixes au cours du temps, puisque ces dernières sont les mêmes depuis le XIIe siècle. Terre riche en histoire et en patrimoine, le Béarn a été particulièrement marqué par des figures tels que Gaston Fébus, Henri d'Albret et Henri IV.

L'origine des béarnais est relativement obscure, les premières traces remontent au IXe siècle avec quelques documents écrits. L’existence de ce peuple est antérieure mais de nombreuses hypothèses existent quant à son origine. Issus des Vaccéens, des Tarbelliens, des Ibériens, des Phocéens (nombreux noms de villages d'origine grecque), ou encore Cantarbres, le champ des possibilités reste vaste. Toujours est-il que ce peuple de ce petit pays montrera son unité tout au long de l'histoire, avec un esprit de liberté et d'indépendance farouchement ancré. Les institutions politiques et civiles auront de remarquable qu'elles sauront traverser la période trouble du Moyen-Âge avec une constante recherche de justice et de démocratie[1].

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom de Béarn dérive du nom du peuple protohistorique des Venarni (ou Benearni[2]), dont la capitale antique suivait l'ethnique : Beneharnum (aujourd'hui Lescar). Le nom de ce peuple pourrait être en rapport avec le mot basque behera qui signifie "terres d'en-bas"[3].

Avant le Béarn[modifier | modifier le code]

Le dolmen de Buzy date du néolithique

La plus ancienne trace de la présence d'un membre de la lignée humaine (genre Homo) dans la région pyrénéenne remonte à -800 000 ans (Paléolithique inférieur) avec Homo antecessor dans le Nord de l'Espagne. À partir de -30 000 ans, l'apparition des premiers hommes de Cro-Magnon permet d'observer des reliquats d'armes, d'outils et d'objets artistiques dans la région. La Dame de Brassempouy, -21 000 ans, a ainsi été découverte à proximité immédiate du Nord du Béarn.

Vers -4 000 ans, les hommes commencent à travailler les métaux et construisent des mégalithes (tel que le menhir de Ger daté de -3 500 ans). Des villages fortifiés apparaissent, dont on retrouvera des restes à Asson, Bougarber, ou encore Lacq[4].

La langue communément parlée est alors apparentée au basque actuel, néanmoins l'aire d'influence du basque ne cessera de reculer avec la romanisation croissante de la région à partir du Ier siècle av. J.-C.. Le peuple des Vascons est ainsi séparé en deux, entre les Gascons (le "v" se transformant en "g" sous l'influence des peuples germains) romanisés au nord des Pyrénées, et les Basques au sud (le "v" se prononçant "b" sous l'influence castillane).

Durant le Haut-Empire romain le Béarn ne semble pas être une entité administrative et appartient à la grande province d'Aquitaine. La cité des Venarni fut créée dans la province du Bas-Empire de Novempopulanie au cours du IVe siècle[5].

Moyen âge[modifier | modifier le code]

La naissance du Béarn[modifier | modifier le code]

À l'époque romaine, le peuple des Venarni occupe un petit territoire situé le long de la vallée du gave de Pau (principalement autour de sa capitale Beneharnum et de Morlaàs), du Soubestre et du Vic-Bilh.

Beneharnum est détruite en 841 par les Normands, ce qui conféra à Morlaàs le statut de nouvelle cité majeure de ce Béarn encore primitif.

Les Centulle (IXe siècle-1147)[modifier | modifier le code]

La vicomté héréditaire de Béarn naît au IXe siècle sous le règne de Louis le Pieux à la suite du morcellement du duché de Gascogne. Le premier vicomte s'appelle Centulle Loup de Béarn, vers 866, et donne naissance à la dynastie des Centulle (IXe siècle-1147). Durant cette période, le Béarn connaît une période de prospérité, le Béarn primitif étend alors ses possessions en intégrant la vicomté d'Oloron vers 1050 puis celle de Montaner en 1085 grâce à deux mariages, celui de Centulle IV à Angèle de Gascogne (vicomtesse d'Oloron) et celui de Gaston IV de Béarn et de Talèse d'Aragon (vicomtesse de Montaner). En 1070, les ducs d'Aquitaine affranchissent le vasselage du Béarn[réf. nécessaire], la vicomté devient alors souveraine. Les vicomtes deviennent des princes souverains et peuvent frapper leur propre monnaie dans leur capitale de Morlaàs[6].

Gaston IV de Béarn (1090-1131), en plus de s'être illustré lors de la première croisade en étant selon la légende le premier chrétien à entrer dans Jérusalem, il instaure les Fors de Morlaàs qui succèdent aux premiers fors d'Oloron de 1080. Ce dernier fait également construire des édifices religieux et militaires, des hôpitaux et met en place le réseau des chemins de Compostelle en Béarn.

Les Gabarret (1147-1173)[modifier | modifier le code]

Vicomté de Béarn dans le duché de Gascogne en 1150

Cette courte dynastie commence avec Pierre II de Béarn en 1147, celui-ci est le petit-fils de Gaston IV par sa mère Guiscarde et fils de Pierre II de Gabardet. Son père lui offrit donc les terres gasconne du Gabarret en héritage, d'où le nom de cette nouvelle dynastie. Il poursuivit l'œuvre de ses prédécesseurs en combattant les musulmans d'égal à égal[réf. nécessaire] aux côtés des aragonais. Néanmoins, l'indépendance du Béarn fut remise en question avec le choix de l'assemblée béarnaise de placer son successeur, Gaston V de Béarn, sous la tutelle Raimond-Bérenger IV de Barcelone. Le Béarn devint ainsi un vassal de la couronne d'Aragon, dans un contexte où Aliénor d'Aquitaine venait tout juste d'épouser Henri Plantagenêt. L'empire Angevin ainsi créé par ce mariage ne correspondait pas aux attentes des béarnais, ce qui poussa donc à ce rapprochement avec l'Aragon.

Gaston V décéda à l'âge de 17 ans. Sa sœur Marie de Béarn lui succéda en tant que vicomte de Béarn en 1170. Le roi d'Aragon voulu très vite la marier à un catalan nommé Guillaume de Moncade. Néanmoins, les Béarnais mécontents de ce choix allèrent chercher successivement deux notables en Bigorre puis en Auvergne. Ces deux derniers furent rapidement exécutés pour ne pas avoir respecté les Fors béarnais.

Les Moncade (1173-1290)[modifier | modifier le code]

Orthez, tour du château de Moncade édifiée par Gaston VII

Après ces deux échecs, le mariage de Marie de Béarn avec Guillaume de Moncade fut finalement accepté. De cette union deux jumeaux virent le jour, et l’aîné des deux fût choisi pour prendre le relais de leur mère. Gaston VI de Béarn fonda donc la dynastie des Moncade qui régna sur le Béarn jusqu'aux Foix-Béarn. Ce dernier fut déclaré majeur à l'âge de 14 ans, après une régence assurée par l'Aragon. En 1194, il mit fin au conflit territorial avec le vicomte de Dax, en renonçant aux petits territoires de Mixe et Ostabarret et en recevant en échange la ville d'Orthez ainsi que sa région immédiate. Les frontières du Béarn sont alors quasiment définitives en cette fin du XIIe siècle. Gaston VI est excommunié en 1211 par le concile de Lavaur. Le pape lui reprochant alors d'avoir protégé des nobles occitans lors de la croisade menée contre les Cathares, tout cela par fidélité au roi d'Aragon. Après la mort de Pierre II d'Aragon à la bataille de Muret en 1213, le pape accorda son pardon à Gaston VI en échange de la cession à l'évêque d'Oloron de deux quartiers de la ville (Sainte-Marie et Saint-Pé).

Après la mort de Gaston VI en 1214, c'est son frère jumeau Guillaume Ier de Béarn qui lui succède à la tête du Béarn. C'est durant son passage que la Cour majour du Béarn fut créée, celle-ci occupa la fonction de cour de justice jusqu'en 1490.

Le Béarn s'éloigne progressivement de la couronne d'Aragon à la suite de la défaite de la bataille de Muret. C'est sous le dernier vicomte de la lignée des Moncade que la rupture est totale. Gaston VII de Béarn vendit ainsi la plupart de ses possessions catalanes pour se consacrer au Béarn[7]. Ce dernier transfère également la capitale de la vicomté vers Orthez à partir de 1242, ce qui symbolise également l'orientation prise par le Béarn vers la Gascogne.

L'abandon de la mouvance aragonaise se traduisit par l'entrée de la vicomté dans la mouvance gasconne. Depuis 1152 ducs de Gascogne, les rois d'Angleterre ne s'étaient pas particulièrement intéressés à ce territoire afin de ne pas entrer en conflit avec l'Aragon. Avec la fin des liens entre les béarnais et la couronne d'Aragon, les responsables de l'administration anglo-gasconne cherchèrent à obtenir l'hommage des Moncade[8]. Ce fut chose faite dès 1228 par une promesse d'hommage, qui se matérialisera en 1240 par l'hommage de Gaston VII.

Néanmoins, Gaston VII n'aura de cesse à vouloir se détacher de cette vassalité pour retrouver l'autonomie du Béarn. Il s'oppose tout d'abord à Henri III d'Angleterre, ce qui le pousse à s'exiler auprès des rois de Castille. Puis il s'oppose au fils d'Henri III, Édouard Ier, le couvrant même d'injures devant le Parlement de Paris[9]. Vaincu, il finira par être enfermé à la prison de Winchester[10]. Gaston VII retrouvera son Béarn mais mourra en fidèle vassal de l'Angleterre en 1290.

Les Foix-Béarn (1290-1398)[modifier | modifier le code]

Gaston III de Foix-Béarn (dit Gaston Fébus) (1341-1391).

Les Grailly (1398-1472)[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Les rois de Navarre (1472-1620)[modifier | modifier le code]

Henri IV

Henri IV de France

Le rattachement à la couronne de France : 1620[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'en 1620 que Louis XIII rattachera le Béarn à la couronne de France par l'édit d'octobre 1620 : Édit de Louis XIII de glorieuse mémoire du mois d'octobre 1620 par lequel il a uny le Royaume de Navarre et la souveraineté de Béarn à la couronne de France, avec réserve expresse de leurs fors droits franchises et immunités qui seront inviolablement gardés et observés. Les actes juridiques continuent ainsi d'y être rédigés en béarnais jusqu'à la Révolution française.

1789 en Béarn[modifier | modifier le code]

Toutefois, les États de Béarn ne reconnaissent pas cette annexion et, en 1789, les Béarnais discuteront au sujet de l'envoi de représentants aux États Généraux. Pour ceux qui s'y opposent, les États de Béarn sont eux-mêmes des États Généraux. Les partisans de l'envoi de députés ne l'emporteront qu'à l'occasion d'un coup de force, en septembre, dirigé par l'avocat Mourot.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Création du département des Pyrénées-Atlantiques.[modifier | modifier le code]

Le 12 janvier 1790, l'Assemblée nationale crée le département des Basses-Pyrénées (qui deviendra les Pyrénées-Atlantiques en 1969) réunissant les trois provinces françaises de langue basque (le Labourd, la Basse-Navarre et la Soule), les terres gasconnes de Bayonne et de Bidache, et le Béarn.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5772863h/f19.image Histoire du Béarn en deux conférences, depuis les origines jusqu'à 1789, Émile Garet, 1911
  2. (la) Pline l'Ancien, Histoire naturelle, IV, 19
  3. http://www.bearnaisdeparis.org/OriginesBearn.html Les origines du Béarn par l'association des béarnais de paris
  4. http://visites.aquitaine.fr/dolmen-de-lacq
  5. L. Maurin, « Jeu des Neufs Peuples », Au Jardin des Hespérides, Mélanges offerts à A. Tranoy,‎ , p. 357-377.
  6. http://www.bearnaisdeparis.org/VicomteBearn.html
  7. Petite histoire du Béarn, Pierre Tucoo-Chala, p14
  8. Petite histoire du Béarn, Pierre Tucoo-Chala, p15
  9. Petite histoire du Béarn, Pierre Tucoo-Chala, p16
  10. http://www.bearnaisdeparis.org/VicomteBearn.html La vicomté de Béarn par l'association des béarnais de Paris

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]