Joseph Peyré

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Joseph Peyré signant son roman Sang et Lumières en 1935

Joseph Peyré est un écrivain français, né le à Aydie (Pyrénées-Atlantiques), mort le à Cannes (Alpes-Maritimes)[1].

Parcours[modifier | modifier le code]

Joseph Peyré nait en 1892 en pays de Vic-Bilh, à Aydie, village béarnais où son père et sa mère sont instituteurs. Il fait ses études au lycée de Pau (aujourd'hui lycée Louis-Barthou), puis à Paris, où il est l'élève du philosophe Alain en khâgne au lycée Henri-IV, et à Bordeaux : licence de philosophie et doctorat en droit (mention Sciences politiques et économiques). Après une brève carrière d'avocat au Barreau de Pau et de chef de Cabinet à la Préfecture de Limoges, il se dirige ensuite vers le journalisme avec Georges et Joseph Kessel.

Trois thèmes animent l'œuvre de ce « romancier de la solitude et de l'exaltation de l'homme »[réf. nécessaire] :

  • le désert et les méharées à travers le sable, du cycle saharien qui compte notamment L'Escadron blanc , Le Chef à l'étoile d'argent , La Légende du goumier Saïd ;
  • l'Espagne, qui revit dans Sang et Lumières ou Guadalquivir[2] ; les deux ouvrages ont pour sujet la corrida et la tauromachie
  • la haute montagne, avec Matterhorn (1939), Mont Everest (1942) et Mallory et son dieu, (1947).

Joseph Peyré a aussi consacré plusieurs livres à son Béarn natal, Le Puits et la Maison, De mon Béarn à la mer basque, et au Pays basque : Jean le Basque (illustré par Ramiro Arrue), Le Pont des sorts.

Cinq de ses ouvrages ont été couronnés : Prix de la Renaissance pour L'Escadron blanc (1931) ; Prix de Carthage pour Le Chef à l’étoile d'argent (1933), Prix Goncourt pour Sang et Lumières (1935), Prix de la Mer et de l’Outre-mer pour La Légende du goumier Saïd (1950) et Prix Fabien Artigue pour De mon Béarn à la mer basque (1952).

Romancier de l'action, romancier de l'énergie, Joseph Peyré s'était présenté à l'Académie française, en 1956, sur les instances de Pierre Benoit et du duc de Lévis-Mirepoix, au fauteuil du baron Seillière. Sans atteindre le succès, malgré un nombre important de voix. Le duc de Lévis Mirepoix écrit à ce propos : « C'était l'écrivain le moins porté à faire une campagne. Il n'était capable que d'attirer et de ressentir l'amitié. Il se montrait peu et venait rarement à Paris.[...] À cette amitié de vingt ans toujours présente mais glissée au domaine des ombres, qu'il me soit permis de renouveler cette voix qui n'a pas abouti, mais qui demeure un fidèle hommage.» [3].

Joseph Peyré est officier de la Légion d'honneur et officier du Mérite Saharien.

Ils ont dit de lui[modifier | modifier le code]

  • Michel Ballerini : « Le cas d’Henri Troyat est comparable à celui de Joseph Peyré : l’un et l’autre n’ont jamais pratiqué l’alpinisme, mais l’un et l’autre ont écrit des œuvres qui comptent parmi les meilleures de la littérature alpine romanesque. »[4]
  • Pierre Bourgeade : « Pour bien écrire, il faut savoir faire voir, mais il faut d’abord voir, et Peyré sait faire l’un et l’autre. »[5]
  • Josefina Bueno Alonso : « L’influence que l’Espagne a exercée sur l’œuvre de nombreux écrivains est un fait indiscutable, et dont les exemples seraient infinis. Cependant, en ce qui concerne Joseph Peyré, les choses prennent une toute autre tournure. J. Peyré n’a pas seulement écrit sur L’Espagne, il y a vécu. »[6]
  • André Bourin : « D’autres Jean le Basque, d’autres Pierre Sabathé céderont [aux mirages de l’Ouest] et iront eux aussi au-delà des mers, jusqu’en Californie, jusqu’au Nevada, poussés par un ancestral instinct migrateur. Mais auprès de Joseph Peyré, je sens toute la force des liens qui les rattacheront toujours à leur sol, aux fougeraies rousses du Pays basque, au Béarn des côtes vineuses ou des forêts, à leurs gaves, à leurs nives.[7]
  • Francis Carco : « C'est l'artiste que j'admire en lui, mais j'estime l'homme à sa valeur : il est celui dont parlait La Bruyère. »[8]
  • Roger Frison-Roche : « Cette passion du Sahara, qui domine toujours et encore mes mémoires d'aventures, c'est à mon grand ancien Joseph Peyré que je la dois. Un "grand merci", Joseph Peyré, pour m'avoir fortifié par ces récits prémonitoires de la montagne et des déserts, qui m'ont dicté ma propre aventure. »[9]
  • Guillain de Bénouville : « Nul mieux que Joseph Peyré ne fait comprendre ce que toute aventure comporte d’humanité. »[10]
  • Joseph Kessel : « L'Escadron blanc parut. Aussitôt, sur les pistes saharienne les hommes et les choses prirent une réalité surprenante. Une imagination qui rejoignait celle des visionnaires... »[11]
  • André Labarrère : « Le Béarnais d’Aydie, comme les hommes et les femmes de sa race, a horreur de se laisser enfermer. Aussi bien dans les conventions que dans les limites par définition étroites d’un seul paysage, d’une seule émotion. Il lui faut l’espace, le rêve, l’évasion. »[12]
  • Jean Lebrau : « Un écrivain de cœur comme Peyré aime trop ses personnages pour ne point les garder en lui après que le livre l’a quitté […] L’unité de l’œuvre comme de l’homme s’impose à mon esprit, symbolisée par une lame. Tout est franc, tout est net, tout est volontaire, rien n’est superflu. »[13]
  • Lévis Mirepoix : « Il a vécu discret, recueilli en son œuvre sans s'agiter autour d'elle. Et pourtant les thèmes qui l'inspiraient n'étaient pas ceux d'un contemplatif, absorbé dans un univers abstrait [...] Ce Béarnais à la minceur d'acier donnait toute sa pensée, tout son verbe à l'action. »[14]

Postérité[modifier | modifier le code]

Fin connaisseur de l'Espagne et grand amateur de tauromachie, Joseph Peyré a donné son nom à un prix, le « trophée Joseph Peyré », remis chaque année par la peña taurine de Garlin, qui récompense le triomphateur des novilladas estivales. Il existe aussi un club taurin Joseph Peyré à Pau[15]

Aydie, village natal de Peyré, fait partie du canton de Garlin ; le collège de Garlin porte le nom de Joseph Peyré, ainsi qu'une rue à Pau, une à Lembeye (canton voisin) et une autre à Aire-sur-l'Adour (Landes). À Beauvallon (commune de Grimaud), dans le Var, une « place Joseph Peyré » est proche de la maison dont il fit sa résidence principale dès 1936.

Avec un catalogue de 280 notices, la Bibliothèque municipale de Pau a présenté, de juillet à septembre 1976, une « exposition Joseph Peyré ». Grâce à un don important de documents fait à la ville de Pau par sa veuve, un « fonds Joseph Peyré » est constitué et, aujourd'hui, accessible à la médiathèque intercommunale « André-Labarrère », de Pau.

En 1992, date du centenaire, l'Académie de Béarn, le conseil général des Pyrénées Atlantiques, la ville de Pau et l'Université de Pau et des Pays de l'Adour se sont associés pour célébrer la mémoire de l'écrivain à travers expositions, conférences et colloque universitaire dont la liste exhaustive (18 manifestations) figure dans les actes du colloque international de Pau : Joseph Peyré : L'Homme de ses livres.

« Je voudrais... qu'on me prît pour ce que je suis, un homme de ma terre
d'autant plus attaché à elle que j'en goûte mieux avec l'âge qui passe,
l'éternité, l'asile, la maternelle douceur. »

— Joseph Peyré, De mon Béarn à la mer basque

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Sur la terrasse, 1922
  • Francis Carco, 1923
  • Les Complices, 1928
  • Xénia, préface de Joseph Kessel, 1930
  • L'Escadron blanc, 1931
  • Le Chef à l'étoile d'argent, 1933
  • Sous l'étendard vert, 1934
  • Coups durs, 1935
  • Sang et Lumières, 1935
  • L'Homme de choc, 1936
  • Roc-Gibraltar, 1937
  • De cape et d'épée, 1938
  • Matterhorn, 1939
  • Croix du sud, 1942
  • Mont Everest, 1942
  • Proie des ombres, 1943
  • Romanesque Tanger, 1943
  • Sahara éternel, 1944
  • Voyage marocain, 1944
  • Un soldat chez les hommes, 1946
  • Mallory et son dieu, 1947
  • La Tour de l'or, 1947
  • L'Étang Réal, 1949
  • La Légende du goumier Saïd, 1950
  • Inoa, 1951
  • De mon Béarn à la mer basque, 1952
  • Guadalquivir, 1952
  • Jean le Basque, 1953
  • La Passion selon Séville..., 1953
  • Le Puits et la Maison, 1955
  • Sahara, 1955
  • Les Quatre Capitaines, 1956
  • De sable et d'or, 1957
  • Une fille de Saragosse, 1957
  • Pays basque, Les Albums des Guides bleus, 1957
  • Souvenirs d'un enfant, 1958
  • Le Pont des sorts, 1959
  • Le Pré aux ours, 1959
  • Cheval piaffant - un Basque chez les Sioux, 1960
  • Le Plan du soleil, 1960
  • Les Lanciers de Jerez, 1961
  • Les Remparts de Cadix, 1962
  • L'Alcade de San Juan, 1963
  • Feu et sang de juillet, 1964

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (notice BnF no FRBNF119194846)
  2. Guadalquivir
  3. « Joseph Peyré quitte l'arène », Les Nouvelles littéraires, n° 2154, 2 janvier 1969
  4. Le Roman de montagne en France, Arthaud, 1973, p. 141.
  5. « Le style de Joseph Peyré », in Joseph Peyré : L'Homme de ses livres, Actes du Colloque international, Université de Pau et des Pays de l'Adour, 3 et 4 avril 1992, J&D Éditions, Biarritz, 1994, p. 348.
  6. in Joseph Peyré : L'Homme de ses livres, Actes du Colloque international, Université de Pau et des Pays de l'Adour, 3 et 4 avril 1992, J&D Éditions, Biarritz, 1994, p. 224.
  7. « Les écrivains dans leur province », Du Béarn au Pays basque avec Joseph Peyré, Les Nouvelles littéraires, 17/09/1959.
  8. « Joseph Peyré, prix Goncourt 1935 », Les Nouvelles littéraires, no 686, 7 décembre 1935
  9. Les voyages romanesques de Joseph Peyré, catalogue de l'Exposition du centenaire : 1892-1992, Bibliothèque municipale de Pau, p. 33.
  10. Flammes, Bulletin des Éditions Flammarion, septembre 1950, p. 3.
  11. « L'Escadron Blanc est à nous. Autour d'un livre et d'un film », Les Nouvelles littéraires, 13/06/1931
  12. Les voyages romanesques de Joseph Peyré, Bibliothèque municipale de Pau, p. 3/
  13. « Joseph Peyré dans sa vigne », Les Nouvelles littéraires, 1/10/1958.
  14. « Joseph Peyré quitte l'arène », Les Nouvelles littéraires, n° 2154, 2 janvier 1969.
  15. taurin Joseph peyré

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Écrivains contemporains : numéro consacré à Joseph Peyré, Éditions Innothéra, no 26, décembre 1956.
  • André Bourin, « Du Béarn au Pays Basque avec Joseph Peyré », Les Nouvelles Littéraires (Les écrivains dans leur province), 17 septembre 1959.
  • Pierre Delay, Joseph Peyré 1892-1968 - L'homme et l'œuvre, préface de Jean-Louis Curtis, J&D Éditions, Biarritz, 1992 (ISBN 2-90648-356-7)
  • Joseph Kessel, « Joseph Peyré », in Des hommes, Gallimard, 1972, p. 90-101.
  • Collectif, Joseph Peyré - L'Homme de ses livres, Actes du colloque international de Pau 1992, Université de Pau et des Pays de l'Adour, J&D Éditions, Biarritz, 1994 (ISBN 2-84127-018-1)
  • Roger Frison-Roche, « Je dois à Joseph Peyré ma vocation saharienne », in Les voyages romanesques de Joseph Peyré, catalogue de l'Exposition du centenaire : 1892-1992, Bibliothèque municipale de Pau.
  • Pierre Tucoo-Chala, « Joseph Peyré, le Sahara et l'Afrique du Nord », Mondes et cultures (Académie des Sciences d'Outre-Mer), tome LII-2-3-4, 1992, p. 465-478.

Radio et télévision[modifier | modifier le code]

  • Vent du Sud, entretiens avec Joseph Peyré, une série de 11 émissions de la Radiodiffusion-télévision Française, présentée par Marguerite Taos sur France II, du 5 janvier au 16 mars 1958.
  • Jour de fête au Pays Basque, disque vinyle 33 tours, Musique du monde, Ed. Biem, 1962.
  • Pierre Dumayet, Interview de Joseph Peyré à l'émission Lectures pour tous de l'ORTF, le 14 mars 1962.
  • Joseph Peyré : écrivain, béarnais, humaniste, film de 26 min, texte et scénario de Pierre Peyré, réalisé par Dominique Gautier, texte dit par Jacques Dufilho, distribué par le Centre national de documentation pédagogique, 1992.

Liens externes[modifier | modifier le code]