Hymne national

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Un hymne national est généralement un chant patriotique, souvent choisi pour l'usage officiel par le gouvernement, bien qu'il puisse aussi s'imposer par l'usage. La plupart des pays ont adopté un hymne national, qui peut être musical, et qui représente une nation ou un pays, qui peut coexister avec d'autres chants patriotiques.

Historique[modifier | modifier le code]

L'hymne national le plus ancien est « Het Wilhelmus » (Wilhelmus van Nassouwe), l'hymne national néerlandais, écrit entre 1568 et 1572 durant la guerre de Quatre-Vingts Ans.

L'hymne national japonais, Kimi ga yo, daterait de l'ère Kamakura, mais la musique n'a été ajoutée qu'à la fin du XXe siècle, et il n'a été considéré comme hymne national officiel qu'en 1999[1].

L'hymne national espagnol, la Marcha Real (la Marche royale), date de 1770. L'hymne national du Royaume-Uni, a été joué pour la première fois en 1775 ; il a la particularité de s'appeler God Save the Queen ou God Save the King, selon que le monarque est une reine ou un roi. La Marseillaise, hymne actuel de la République française, a été écrit en 1792 et adopté en 1795, mais il a été précédé par le Domine, salvum fac regem (Dieu sauve le Roi) écrit en 1686 par la duchesse de Brinon sur une musique de Jean-Baptiste Lully, qui servit d'hymne royal français jusqu'en 1792.

Durant l'émergence des États nations aux XIXe et XXe siècles, la plupart des nations adoptèrent un hymne, une fois leur indépendance proclamée. Du fait de l'influence coloniale européenne, beaucoup furent influencées de la même façon, et donc plusieurs hymnes en dehors d'Europe sont de style européen. Seule une poignée de pays non-européens ont des hymnes ancrés dans des traditions autochtones, dont la Chine, le Japon, le Costa Rica, l'Iran, l'Éthiopie et le Sri Lanka.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'hymne national peut être prévu dans la constitution, édicté par une loi votée par la législature, ou simplement par tradition.

La majorité des hymnes nationaux sont à la fois des hymnes et des marches. Les pays d'Amérique latine font entendre ces compositions opératiques, tandis qu'une poignée de pays utilisent une simple fanfare .

Les hymnes nationaux sont habituellement chantés à la fois dans la langue commune du pays, qu'elle soit de facto ou officielle. Toutefois, l'hymne du Pakistan n'est pas en ourdou mais en persan. L'hymne national de l'Inde est une version sanskrite du bengali. Bien que l'anglais ou le mandarin soient aujourd'hui les langues les plus largement utilisées parmi les quatre langues officielles de Singapour, les paroles de l'hymne national Majulah Singapura sont en malais, car c'est la langue historique des premiers habitants de l'île.

Les États avec plus d'une langue officielle disposent de plusieurs versions de leur hymne : par exemple, Cantique suisse, l'hymne suisse possède une version pour chacune des quatre langues nationales du pays (français, allemand, italien, romanche). En revanche, l'hymne sud-africain est unique du fait que cinq des onze langues officielles sont utilisées dans le même hymne (chacune des langues comprend une strophe).

Hymne sans paroles[modifier | modifier le code]

L'hymne espagnol, la Marcha Real, n'a pas de paroles, bien qu'en 2007 un concours national ait été lancé pour en écrire[2]. Le général et dictateur Francisco Franco avait remplacé le texte originel par un texte, mais celui-ci, considéré comme fasciste, fut retiré après sa mort.

L'hymne du Kosovo, intitulé Europe, est sans paroles afin de « respecter la nature multiethnique du Kosovo ».

Adopté en 1970, l'Hymne européen reprend le dernier mouvement de la Neuvième Symphonie de Beethoven, mais n'est pas doté de paroles, même si ce mouvement avait permis de mettre en musique l'Ode à la joie de Schiller. Plusieurs propositions de paroles pour cet hymne ont été faites, notamment celle du latiniste Peter Roland en 2004[3], mais aucun consensus n'a été trouvé et le choix de la langue reste problématique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Japan Policy Research Instipute JPRI Working Paper No. 79. Publié en juillet 2001.
  2. (en) Lost for words, The Economist, 26 juillet 2007.
  3. Hymnus Latinus Europae, www.hymnus-europae.at.

Voir aussi[modifier | modifier le code]