Combustible fossile

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Un morceau d’anthracite, composé essentiellement de carbone. Les éléments suivants y sont également présents :
    - soufre,
    - hydrogène,
    - oxygène,
    - azote.

On appelle combustible fossile tous les combustibles riches en carbone — essentiellement des hydrocarbures — issus de la méthanisation d’êtres vivants morts et enfouis dans le sol depuis plusieurs millions d’années, jusqu’à parfois 650 millions d’années[1]. Il s’agit du pétrole, du charbon, de la tourbe et du gaz naturel. Parmi ces derniers, le méthane (CH4) présente le rapport H/C le plus élevé, tandis que l’anthracite et certaines houilles sont composés de carbone presque pur. Ces sources d'énergie ne sont pas renouvelables car elles demandent des millions d'années pour se constituer et parce qu'elles sont utilisées beaucoup plus vite que le temps nécessaire pour recréer des réserves.

Impacts environnementaux[modifier | modifier le code]

Ce sont des énergies non renouvelables, au même titre que l’énergie nucléaire, car leur reconstitution naturelle demanderait des millions d’années pour être achevée[2]. Outre leur épuisement inéluctable, l’exploitation de ces combustibles est à l’origine de problèmes environnementaux relatifs aux dégâts écologiques liés à leur extraction (celle des sables bitumineux de l’Athabasca a été particulièrement médiatisée) et à leur utilisation (réchauffement climatique dont seraient en partie responsables les gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone massivement émis par leur combustion).

Impacts sanitaires[modifier | modifier le code]

L'ONU rappelait en 2007 dans son rapport GEO-4[3] que la « combustion des carburants fossiles dans les centrales électriques et dans les véhicules est la principale source d’émissions de CO2, de SO2 et de NOx », précisant que « les liens entre l’exposition aux polluants atmosphériques et les problèmes sanitaires humains ne font aucun doute. Dans les premières années de notre décennie, on estime que la pollution de l’air a été à l’origine de 70 000 morts prématurées par an aux États-Unis et de 5 900 au Canada. On sait qu’elle favorise l’asthme, dont l’augmentation du nombre de cas est importante, en particulier chez les enfants. Le mercure émis lors de la combustion du charbon dans les centrales électriques entre dans la chaîne alimentaire, affectant les peuples indigènes du Nord de l'Amérique plus que tout autre Nord Américain (voir Chapitre 2 et la section de ce chapitre consacrée aux régions polaires). Ses effets sur la santé peuvent être très graves ».

Réserves[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de combustibles fossiles dans le monde au 1er janvier 2013 sont les suivantes (entre parenthèses, les 3 premiers pays du monde en termes de réserves pour chaque catégorie) :

  • pétrole brut : 1 638 milliards de barils (Venezuela : 297,6 milliards de barils, Arabie saoudite : 265,4 milliards de barils et Canada : 173,1 milliards de barils)[4] ;
  • gaz naturel : 192,3 billions de mètres cubes (6 793 billions de cubic feet) (Russie : 47,8 billions de mètres cubes, Iran : 33,6 billions de mètres cubes et Qatar : 25,2 billions de mètres cubes)[5] ;
  • charbon (au 1er janvier 2009) : 858,3 milliards de tonnes (946,1 milliards de short tons) (États-Unis : 234,5 milliards de tonnes, Russie : 157,3 milliards de tonnes et Chine : 114,5 milliards de tonnes)[6].

Les ressources sont inégalement réparties à l'échelle planétaire. Pour le pétrole, les 3 pays les mieux dotés possèdent 45 % des réserves mondiales totales, et les 20 premiers pays plus de 95 %[4]. En ce qui concerne le gaz, les 20 premiers pays détiennent plus de 91 % des réserves prouvées[5]. Finalement, environ 60 % des réserves de charbon sont détenues par 3 pays[6].

Avenir[modifier | modifier le code]

Émissions globales de carbone fossile par type de combustible, de 1800 à 2000. Remarque: Le carbone ne représente que 27 % de la masse de CO2.

Aujourd'hui (années 2014), l’utilisation par l’humanité de quantités considérables de combustibles fossiles est à l’origine d’un déséquilibre important du cycle du carbone, ce qui provoque une augmentation de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre et, par voie de conséquence, entraîne des changements climatiques.

Les réserves de combustibles fossiles de la planète se renouvellent bien plus lentement que leur vitesse de consommation actuelle, de sorte que leur épuisement doit être envisagé. Malgré de violentes polémiques, ce fait est reconnu depuis le début des années 2000, tant par les scientifiques que par les industriels, à quelques nuances chronologiques près. La différence d’échéances se compte en décennies. Dans le cas particulier du pétrole, on parle de pic pétrolier ou de pic de Hubbert.

Pour donner un ordre de grandeur de la vitesse d’utilisation des combustibles fossiles, on considère que, au rythme actuel, l’humanité aura épuisé en moins de 200 ans les réserves accumulées pendant plusieurs centaines de millions d’années (pour fixer les idées, on prendra 200 millions d’années, sachant que le carbonifère dura environ 60 millions d’années[pourquoi ?]). On constate ainsi que l’humanité épuise les réserves de combustibles fossiles environ un million de fois plus vite que ce que la nature a mis pour les constituer.

Classification[modifier | modifier le code]

Les combustibles fossiles représentaient en 2002 environ 80 % des 10 078 MTep (MégaTonne équivalent pétrole), de l'énergie consommée en 2002 dans le monde. Ils sont généralement classés en deux grandes catégories :

Conventionnels[modifier | modifier le code]

Les combustibles fossiles conventionnels représentent la quasi-totalité de la consommation actuelle d’énergies fossiles.

  • Le pétrole : environ 35 % de l’énergie consommée dans le monde en 2005[7]
  • Le charbon : environ 25 % de l’énergie consommée dans le monde en 2005[7]
  • Le gaz naturel : environ 20 % de l’énergie consommée dans le monde en 2005[7]
  • Le lignite : principalement consommé en Allemagne.

Non conventionnels[modifier | modifier le code]

Parmi les combustibles fossiles non conventionnels, on peut citer :

Fiscalité[modifier | modifier le code]

La Chine et quelques pays continuent à soutenir le développement du charbon. Le gaz de schiste a connu un fort développement aux États-Unis, mais pourrait connaitre un ralentissement en raison des impacts environnementaux des techniques de fracturation hydraulique et des fluides de fracturation nécessaires pour extraire ce gaz des couches de schiste compact.

Un premier inventaire a été publié en 2013 par l'OCDE de la « fiscalité noire », c'est-à-dire des soutiens aux énergies fossiles accordés par les 34 pays-membres de cette institution ; de même qu'un inventaire des « effets des taux légaux des taxes sur divers carburants et combustibles, lorsque ces taux sont exprimés par unité d’énergie ou par unité d’émission de dioxyde de carbone (CO2) »[8] a été publié début 2013. Les conclusions de cette étude et le communiqué qui l'accompagne encouragent les États-membres de l’OCDE à accélérer de développement de leur fiscalité écologique (« fiscalité verte ») pour notamment favoriser l’efficacité énergétique et la transition énergétique (afin de sortir de la dépendance aux énergies fossiles en particulier) en développant les énergies propres et sûres, tout en diminuant la pollution. En France, Pascal Saint-Amans (Directeur du Centre de politique et d'administration fiscales), rappelant que la fiscalité relève de la souveraineté des États, a encouragé le sénat à soutenir l'action politique en faveur de l'écotaxe en France, lors d’une audition par la commission des finances du Sénat (20 février 2013)[9].

L'OCDE dénonce à cette occasion la persistance d’une importante « fiscalité noire » qu'il faudrait supprimer (subventions à la production et consommation d’énergies fossiles) qui ont représenté de 55 à 90 Md$ (entre 41 et 67 Md€) par an de 2005 à 2011 pour les 34 États de l’OCDE, les 2/3 de ces subventions ayant été touchés par l’industrie pétrolière, le 1/3 restant ayant été équitable partagé par les filières charbon et gaz naturel. L'OCDE note aussi une «distorsion inquiétante», de la fiscalité du diesel (carburant très polluant et affectant le plus la santé en termes de mortalité), surfavorisé par une moindre taxation (- 37 % par rapport à l’essence).

Si le Danemark est félicité pour ses écotaxes, et que l'Allemagne encouragée à poursuivre une réforme qui avait déjà (en 2012) divisé par 2 les soutiens à la production de combustibles fossiles (2 Md€ en 2011, soit environ 0,1 % du PIB) tout en soutenant le développement du solaire et de l’éolien ; la France fait encore figure de mauvaise élève avec de nombreuses exonérations (carburants de navires, taxis, pour certains usages agricole, avec exonération des droits d'accises pour les producteurs de gaz naturel, l'industrie du raffinage, avec également des exonérations de TVA pour les équipements de forage en mer, des aide aux stations-service des régions isolées, des soutiens au diesel, etc.)[9]. L’OCDE liste une trentaine de subventions encourageant les énergies fossiles et polluantes, sur la base de données fournies par la France (qui a oublié la détaxation du kérosène utilisé par les vols intérieurs)[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Consonéo, « Combustible fossile (définition) », sur energies-renouvelables.consoneo.com (consulté le 4 novembre 2014).
  2. Consonéo, « Qu’est-ce qu’une énergie fossile ? », sur www.connaissancedesenergies.org (consulté le 4 novembre 2014).
  3. PNUE ; Rapport GEO4 2007, voir p 289/574 de la version française du rapport
  4. a et b EIA 2013, p. 37.
  5. a et b EIA 2013, p. 62-63.
  6. a et b EIA 2013, p. 85.
  7. a, b et c Yearbook - Bilan énergétique Enerdata.net
  8. OCDE, L’OCDE préconise le rapprochement de la politique énergétique, des finances publiques et des objectifs d’environnement, (communiqué daté du 28/01/13, consulté le 21 février 2013)
  9. a, b et c Stéphanie Senet (2013), L'OCDE appelle à réformer la fiscalité écologique, Journal de l'environnement ; Article daté du 20 février 2013, consulté : 20 février 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Visualisation de l’énergie Visualisations d’ensemble de la production et l’évolution de la consommation des nations sur la base de statistiques de BP