Vandales

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Les Vandales pillant Rome, par Heinrich Leutemann (1824-1904)

Les Vandales sont un peuple germanique oriental.

Ils conquirent successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (en Espagne), l'Afrique du Nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au Ve siècle.

Ils fondèrent également le « royaume vandale d'Afrique », ou « royaume de Carthage » (439533).

Sommaire

[modifier] Origines : du Ier au Ve siècle

Répartition des peuples germaniques au Ier siècle ap. J.-C.

L'origine des Vandales est scandinave. Les Sillings seraient originaires du Nord du Jutland, tandis que les Hasdings du golfe d'Oslo qu'ils quittent pour le Jutland également: ils sont mentionnés pour la première fois par Tacite[1].

Entre le Ier et le IIIe siècle, ils sont établis en Germanie orientale, dans une région située entre la Vistule et l'Oder, au bord de la mer Baltique. Ils sont alors très proches d'autres peuples barbares comme les Goths et les Gépides. Le nom de Vandales, qui a pu désigner plusieurs peuples barbares[2], est bientôt porté par deux peuples frères : les Sillings, qui donnent leur nom à la Silésie, et les Hasdings, qui gagnent la Slovaquie : il est possible que le nom de « Hasdings » ne fût alors porté que par la famille royale[3].

Quoi qu'il en soit, les Vandales installés au cours du IIIe siècle en Slovaquie, au nord du Danube, face à la Pannonie et l'Illyrie, sont en contact durant près de deux siècles avec d'autres peuples non germaniques comme les Sarmates. C'est au cours de cette période de séjour dans les steppes russes que les Vandales deviennent, comme les Goths, un peuple de cavaliers renommés. Ils s'associent aux Sarmates, nation nomade d'origine iranienne, et notamment à leur principale tribu, celle des Alains. À partir du milieu du IIIe siècle, Les Vandales deviennent une composante de la pression des peuples qui migrent dans les régions du Danube. Coalisés avec leurs voisins Goths et Sarmates, ils lancent à partir de 248 de nombreuses attaques sur les provinces romaines danubiennes.

En 271, l'empereur romain Aurélien bat les Goths et les Vandales sur le Danube, et passe un traité avec les Vandales pour la fourniture de 2 000 cavaliers servant comme troupes auxiliaires des légions.

Des groupes de Vandales s'établissent ainsi dans l'Empire, recevant l'autorisation de s'installer sur des terres abandonnées, moyennant la fourniture de contingents de soldats auxiliaires. Ce procédé explique qu'un des derniers grands généraux de l'empire Stilicon soit d'origine Vandale. Mais l'antigermanisme des milieux dirigeants romains mène à son exécution en 408.

Article connexe : Vandale (langue).

[modifier] Les Grandes invasions (406439)

Article détaillé : Grandes invasions.
Carte du Völkerwanderung

Au début du Ve siècle, les Huns chassent les Vandales et leurs alliés Sarmates de leurs territoires. Les Hasdings du roi Godégisel et les Sillings de Frédébal se joignent alors aux Suèves ou Souabes, et aux Alains et se dirigent vers le cours supérieur du Rhin. Maintenus un temps sur la rive Est du fleuve par le dispositif défensif romain (le limes rhénan), l'ensemble de ces peuples franchit le fleuve gelé selon la légende, durant la nuit de la saint-Sylvestre (en réalité il fallut plus d'une nuit pour la traversée) le 31 décembre 406, entrant ainsi en masse dans l'Empire romain occidental et participant aux grandes invasions.

[modifier] En Gaule (407409)

Les Vandales, comme leurs alliés, se heurtent à la résistance des auxiliaires Francs et d'autres peuplades germaniques occidentales fédérées au service de Rome. Ces derniers, d'abord vainqueurs des Vandales, encombrés par leurs familles, et qui auraient perdu 20000 hommes (?) et leur roi Godégisel (tué au combat), sont cependant battus, principalement grâce à l'intervention de la cavalerie lourde des Alains (les Cataphractes).

Les Vandales participent ensuite à l'invasion de la Gaule qu'ils pillent, en tous sens, durant près de deux ans. Après quoi, ils migrent en compagnie des Alains et des Suèves vers les Pyrénées.

[modifier] En Espagne (409–429)

À l'automne 409, les Vandales entrent dans la péninsule ibérique, où ils s'installent avec une partie de leurs alliés alains (dont certains clans sont restés en Gaule, notamment sur la Loire). Les Hasdings s'établissent un temps en Bétique avec les Alains, qui errent dans les plaines du Tage, tandis que les Sillings, en accord avec les Suèves, s'établissent dans le Sud de la Galice : après avoir mis l'Espagne à feu et à sang, répandant partout famine et désolation, ils sont écrasés en 418 par les troupes fédérées wisigothiques commandés par leur roi Wallia en personne, envoyé par Rome pour rétablir l'ordre. Les Suèves sont battus à plusieurs reprises, repoussés et confinés dans le N.-O. de la péninsule. Les Alains, beaucoup moins nombreux que les Wisigoths, sont réduits, tandis que les Sillings, très durement touchés, sont obligés de rejoindre leurs cousins dans le Sud et reconnaître comme roi, le roi hasding Gundéric vers 419 : c'est à ce moment que le nom de Vandales les désigne communément. Ils pillent la région de la future Andalousie durant une dizaine d'années. Cette étape est très importante pour eux, car elle leur permet de devenir le seul peuple barbare maîtrisant la navigation (après avoir enrôlé des marins de force), tandis qu'ils élargissent le champ de leurs actions aux îles Baléares et sur la côte nord-africaine.

Enfin, c'est peut-être durant leur séjour d'une vingtaine d'années en Espagne que les Vandales se convertissent en partie à l'arianisme (peut-être sous influence wisigothique), conversion lourde de conséquences par la suite.

[modifier] En Afrique du Nord (429439)

En 428, Genséric devient roi des Vandales et des Alains, succédant à son demi-frère Gundéric, sans doute tué par des Suèves (empalé). Probablement attiré par la richesse de l'Afrique romaine, encore épargnée par les Barbares, qu'il a découverte en Maurétanie, et devant l'épuisement des richesses de la Bétique (certainement aussi par peur des Goths, leurs ennemis héréditaires, de plus en plus puissants et entreprenants), il regroupe son armée et son peuple, qu'il compte minutieusement pour les besoins de la traversée du détroit, et réunissant ainsi environ 80 000 individus dont 15 000 à 20 000 guerriers, selon les sources contemporaines (Victor de Vita) homme d'église berbère.

L'« armée » ainsi constituée accomplit la traversée du détroit de Gibraltar au printemps 429 et entre dans l'actuelle Algérie, pour atteindre Hippone (Bône : Annaba) en mai ou juin 430. La ville tombe à la suite d'un long siège en 431, durant lequel meurt le célèbre évêque saint Augustin.

Les Romains reconnaissent l'établissement des Vandales en Algérie orientale et en Tunisie, et tentent de les apaiser en signant un traité avec eux (Fœdus), en 435. Néanmoins, les Vandales reprennent leur progression le long de la côte, pour prendre Carthage sans grande résistance, le 19 octobre 439.

[modifier] Le royaume vandale d'Afrique (429–533)

Emplacement approximatif du royaume vandale, vers 455.
Article détaillé : Royaume vandale.

De 429 à 439, les Vandales conquièrent une partie des territoires situés sur la côte Nord-africaine, et s'établissent durablement en Algérie orientale, leur capital était la ville de Bougie en actuelle Kabylie de 429 à 439, et en Tunisie. Ils contraignent Rome à établir un traité (fœdus) avec eux par deux fois (en 435 et 442), et constituent un original royaume vandale d'Afrique, parfois nommé « royaume de Carthage », du nom de la riche capitale romaine d'Afrique qu'ils prennent en 439.

Le Royaume disparaît par suite d'une intervention de l'armée byzantine; défaits, les vandales se replient sur ce qui leur reste de royaume qui est aujourd'hui la région de Kabylie en Algérie, ils se fondèrent dans la population. Plusieurs nom de famille rappellent la présence des Vandales et des Alains. Les Vandales de la ville de Carthage furent, pour ceux qui étaient capturés, déportés vers Byzance.

[modifier] Héritage et réputation des Vandales

Dans de nombreuses langues, le qualificatif vandale a une connotation de terreur, de destruction aveugle, de pillage, de saccage. En français, le mot vandale est employé pour la première fois dans un sens péjoratif par Voltaire en 1734. En 1794, l'Abbé Grégoire alors député à la Convention emploie le premier le terme vandalisme (P. Riché). Il l'use pour décrire la destruction des monuments et œuvres de l'ancien régime par les révolutionnaires[4]. Les Vandales sont ainsi devenus le stéréotype des peuples barbares du Haut Moyen Âge dans l'historiographie française.

Leur réputation de pillards et de destructeurs est en réalité largement exagérée par les anciens chroniqueurs, hommes de l'Église catholique d'Afrique ou ses partisans, en particulier le berbère Victor de Vita. En réalité, les Vandales ne causent pas plus de destructions que les autres peuplades germaniques qui envahissent l'Empire romain à la même époque.

Leur royaume arien d'Afrique du Nord est organisé avec une méthode exemplaire[réf. nécessaire]. Tolérants dans le domaine religieux envers leurs sujets chrétiens ou juifs, ils brisent les tentatives du clergé catholique de résister à leur autorité[réf. nécessaire].

Leur pillage de Rome, effectué sans destructions ni massacres[réf. nécessaire], est un modèle d'organisation : les armées Vandales et berbères passent un accord avec le pape Léon Ier[réf. nécessaire], afin de récupérer les richesses de la ville sans violence. Ils divisent Rome, à cet effet, en îlots qui sont visités successivement, et dont les objets de valeur sont systématiquement emportés.

[modifier] Chronologie

  • 279 : Dans les Balkans, Probus rejette les Burgondes et les Vandales hors de Rhétie.
  • 334 : Les Goths protègent l'Empire romain contre une invasion vandale dans la région danubienne.
  • 407 : Les Vandales envahissent la Gaule avec les Alains et les Suèves.
  • 409- 412 : Les envahisseurs vandales, alains et suèves se partagent l'Espagne en tirant au sort.
  • 425 : Les Vandales construisent une flotte méditerranéenne.
  • 425 : Les Vandales s'emparent des Îles Baléares.
  • 428 : règne de Genséric (Geiseric), roi des Vandales et des Alains.
  • 429 : 80 000 Vandales et Alains conduits par Genséric traversent le détroit de Gibraltar pour se répandre en Afrique du Nord.
  • 430 : Saint Augustin, évêque d'Hippone (Bône), meurt durant le siège de sa ville par les Vandales.
  • 431 : prise d'Hippone par Genséric.
  • 439 : Les Vandales s'emparent de Carthage, de la Sardaigne et de la Corse. Fondation du royaume vandale d'Afrique.
  • 442 : Le roi Genséric signe un traité de paix avec l'empereur Valentinien III et l'approbation de Théodose II.
  • 442 : Les Vandales rendent la Sicile, récemment envahie, en échange de la Numidie et les deux provinces de Maurétanie (Maroc et Algérie) ; ils reçoivent un traité pour diriger la province romaine d'Afrique (Tunisie et Libye occidentale).
  • 449 : Attila s'allie aux Vandales contre Rome.
  • 455 : Les Vandales, partis de leur port militaire de Bougie en Algérie et conduits par Genséric, prennent et pillent Rome.
  • 456 : Les Vandales dominent la Sardaigne.
  • 468 : Les Vandales s'emparent de la Sicile.
  • 468 : Victoire des Vandales sur la flotte byzantine au Cap Bon.
  • 477 : Mort de Genséric après un demi-siècle de règne sur les Vandales.
  • 523 : Décès du roi Thrasamund.
  • 523 : Hildéric, fils de la princesse romaine Eudocia, pro-byzantin, devient roi des Vandales malgré son impopularité et son grand âge.
  • 530 : Hildéric est renversé par Gélimer
  • 533 : Les forces de Byzance conduites par Bélisaire battent les Vandales à deux reprises (batailles de Tricamarum et de l'Ad Decimum) et entrent dans Carthage (octobre).
  • 534 : Reddition de Gélimer et de ses partisans. Déportation des survivants de la chute de Carthage à Byzance puis en Galatie fuite des autres rescapés en Kabylie dans ce qui reste du royaume Vandale.

[modifier] Liste de rois

  1. Godégisel (406)
  2. Gundéric (407-428)
  3. Genséric (428-477)
  4. Hunéric (477-484)
  5. Gunthamund (484-496)
  6. Thrasamund (496-523)
  7. Hildéric (523-530)
  8. Gélimer (530-534)

[modifier] Notes et références

  1. Tacite Germanie, II
  2. Pline l'Ancien
  3. L. Musset
  4. L'Histoire, janvier 2008, p72.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

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