Organisation des Nations unies

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Organisation des Nations unies
United Nations Organization
الأمم المتحدة
Organización de las Naciones Unidas
Drapeau des Nations unies Emblème des Nations unies
Carte de l'organisation
Carte des États membres de l’ONU.

Devise : « C'est votre monde[1] »

Région International
Création 26 juin 1945 : signature de la Charte des Nations unies, entrée en vigueur effective le 24 octobre 1945.
Type Organisation intergouvernementale
Siège Siège des Nations unies (Manhattan, New York)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Coordonnées 40° 45′ 00″ N 73° 58′ 03″ O / 40.75, -73.9675 ()40° 45′ 00″ N 73° 58′ 03″ O / 40.75, -73.9675 ()  
Langue(s) Anglais
Espagnol
Arabe
Français
Budget Biennal 2010-2011 : 5,048 milliards de dollars des États-Unis
Membre(s) 193 États
Effectifs Environ 44 000 (juin 2010)
Secrétaire général des Nations unies Drapeau de la Corée du Sud Ban Ki-moon
Personne(s) clé(s) Drapeau du Canada Lester Bowles Pearson
Site web http://www.un.org/fr/

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Organisation des Nations uniesUnited Nations Organizationالأمم المتحدةOrganización de las Naciones Unidas

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Organisation des Nations uniesUnited Nations Organizationالأمم المتحدةOrganización de las Naciones Unidas

L'Organisation des Nations unies (ONU)[2] est une organisation internationale regroupant, à quelques exceptions près, tous les États de la planète. Distincte des États qui la composent, l’organisation a pour finalité la paix internationale. Ses objectifs sont de faciliter la coopération dans le droit international, la sécurité internationale, le développement économique, le progrès social, les droits de l’homme et la réalisation à terme de la paix mondiale. L’ONU est fondée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale pour remplacer la Société des Nations, afin d’arrêter les guerres entre pays et de fournir une plate-forme de dialogue. Elle contient plusieurs organismes annexes pour mener à bien ses missions.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

L'ONU a été fondée le 26 juin 1945 , à San Francisco, lors de l'entrée en vigueur de la charte des Nations unies[Note 1],[2], pour remplacer la Société des Nations (SDN), qui n'avait pas pleinement joué son rôle et n'avait pu empêcher la Seconde Guerre mondiale, ainsi que pour fournir une nouvelle plate-forme de dialogue international.

Pour pallier les échecs de la Société des Nations, Roosevelt prévoit une hiérarchie des États où tous les membres signataires seraient représentés, mais avec un conseil de sécurité de quinze membres dont cinq permanents disposant d'un droit de véto. Ces cinq pays sont les États-Unis, l'URSS (qui sera remplacée par la Russie), la Chine, la France, et le Royaume-Uni, tandis que les dix autres pays du conseil de sécurité n'y sont que pour deux ans.

Cinquante et un pays signent la Charte des Nations unies. La condition effective pour avoir sa place à l'ONU est d'avoir déclaré la guerre à l'Allemagne au moins trois mois avant sa capitulation.

L'organisation dispose de plusieurs instances fonctionnant autour de l'Assemblée générale ; le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, la Cour internationale de justice et des agences spécialisées. D'autres organes sont chargés de diverses questions et forment ensemble le système des Nations unies. La figure publique la plus visible de l'ONU est le Secrétaire général qui est depuis 2007 le Sud-coréen Ban Ki-moon. L'ONU est financée par des contributions volontaires et par les États membres, et a six langues officielles : l'anglais, l'arabe, l'espagnol, le français, le mandarin et le russe.

En 2012, l'ONU compte 193 États membres, soit presque tous ceux qui sont officiellement reconnus. De son siège qui se situe sur un territoire international dans la ville de New York aux États-Unis, l'ONU et ses agences spécialisées réparties dans d'autres États, prennent toute l'année diverses résolutions sur des sujets qui sont de leur domaine de compétence.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Dans ses opérations internationales, l'ONU utilise l'abréviation anglaise UN (pour United Nations) comme sigle distinctif.

Quatre objectifs[modifier | modifier le code]

Là où la Société des Nations n'était qu'un espace de dialogue, où les diplomates pouvaient se rencontrer pour établir des consensus, l'ONU peut, avec le Conseil de sécurité, prendre des décisions concrètes. Celles-ci peuvent déboucher, par exemple, sur l'autorisation d'employer une force armée – les « casques bleus » – pour maintenir ou rétablir la paix.

En vertu de sa charte précisée dans l'article 1, l'ONU s'efforce d'être un lieu où se construit un avenir meilleur pour tous les êtres humains, et cela à travers quatre objectifs :

  • maintenir la paix et la sécurité dans le monde ;
  • développer les relations amicales entre les nations ;
  • réaliser la coopération internationale sur tous les sujets où elle peut être utile et en encourageant le respect des droits de l'homme ;
  • être un centre où s'harmonisent les efforts des nations dans des objectifs communs.

L'ONU n'est pas un gouvernement mondial et ne légifère donc pas. Cependant, ses résolutions donnent une légitimité aux interventions des États et sont de plus en plus appliquées dans le droit national et international. Toutes ces actions se pérennisent au travers de la signature de traités ou conventions internationales entre les nations. Les principaux travaux et débats sont interprétés ou traduits par écrit dans les six langues officielles de l'ONU : anglais, arabe, chinois, espagnol, français, russe, mais seuls l'anglais et le français sont les langues de travail du siège new-yorkais.

Protection de l'environnement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protection de l'environnement.

Les problèmes environnementaux ne s'étant manifestés de façon significative que depuis les années 1970, la protection de l'environnement n'est pas un objectif explicite de l'ONU. Néanmoins, cet objectif est pris en compte depuis 1972 par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), dont le siège est à Nairobi au Kenya. Le PNUE a été créé à la suite de la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm en juin 1972.

Organisation[modifier | modifier le code]

Organes principaux et institutions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Système des Nations unies.
Le fonctionnement de l'ONU

L'Organisation des Nations unies comprend six organes principaux :

  • L'Assemblée générale, où tous les États membres sont représentés et disposent d'une voix pour les recommandations qui sont portées au vote ; l'assemblée générale dispose de compétences très larges mais n'émet pas de décisions contraignantes pour les États.
  • Le Conseil de sécurité est plus spécialement chargé de traiter les menaces contre la paix, les ruptures de la paix ou les agressions ; il peut émettre des résolutions contraignantes pour les états ; ses pouvoirs sont définis dans le chapitre VII de la charte de l'ONU. La pratique lui permet de décider du lancement d'opérations de maintien de la paix avec le concours des états membres puisque l'ONU est dépourvue de moyens militaires propres. Le conseil de sécurité peut décider de sanctions contre un État.
  • Le Conseil économique et social qui aide à la promotion de la coopération économique et sociale et au développement ;
  • Le Conseil de tutelle dont la fonction est tombée en désuétude depuis la fin de la décolonisation.
  • La Cour internationale de justice tranche les différends entre les états qui acceptent de recourir à sa juridiction ; elle peut également fournir des avis juridiques aux autres organes lorsqu'elle est saisie, ce qui arrive de plus en plus rarement. Elle siège à La Haye (Pays-Bas). Conformément à l'article 92 de la Charte des Nations unies, elle remplace la Cour permanente de justice internationale, dont elle utilise les jurisprudences ;
  • Le Secrétariat qui assure la gestion quotidienne de l'organisation, y compris celle des quelques 9.000 fonctionnaires qui l'animent, et des représentants des Nations unies ;

En plus de ces six organes principaux, l'ONU a créé au fil du temps plusieurs agences spécialisées comme l'OMS pour la santé ou l'UNESCO pour la coopération internationale en matière de développement de l'éducation, des sciences et de la culture mais aussi l'UNICEF pour les enfants.

Le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) est placé sous l'égide de l'Assemblée générale et a un rôle consultatif concernant les questions de coopération économique et sociale internationales ; deux types de commissions : les Commissions techniques, comme la commission du développement durable ; les Commissions régionales, comme la CEE-ONU, (UNECE), qui participe à des travaux de standardisation comme les spécifications techniques sur le commerce électronique.

États membres[modifier | modifier le code]

Depuis l'adhésion du Monténégro en 2006 et de la République du Soudan du Sud en 2011, l'ONU compte désormais la quasi-totalité des États du monde, soit 193 sur les 197 qu'elle reconnaît – les quatre États reconnus mais non membres étant la Palestine (depuis le 29 novembre 2012) et le Vatican qui ont un statut d'observateur, ainsi que les îles Cook et Nioué[Note 2]. Le Vatican est toutefois le seul État pleinement souverain et reconnu par les Nations unies bien qu'il n'en soit pas membre, et il n'existe aucun obstacle à son adhésion si les autorités vaticanes souhaitent un jour rejoindre l'organisation.

Cependant, certaines entités prétendant à un statut d'État (principalement la République de Chine ayant pour territoire Taïwan, le Kosovo et la République sahraouie qui ne sont reconnus que par certains pays, et le Somaliland ou le Tibet qui ne sont officiellement reconnus par aucun État), ou formant des nations (comme l'Autorité palestinienne avant le 30 novembre 2012) ne sont pas représentées à l'ONU. Ainsi, contrairement à sa dénomination, c'est le statut d'État et non de Nation qui permet l'accès à l'Organisation.

Financement[modifier | modifier le code]

Le financement de l'Organisation des Nations unies et de ses agences spécialisées est assuré par les contributions obligatoires des pays membres et par des contributions volontaires de toutes organisations, entreprises ou encore particuliers. Il existe notamment une tradition américaine de fondations qui supportent l'activité des Nations unies. Le site du siège des Nations unies à New York, par exemple, est un don de la fondation John D. Rockefeller Jr., Ted Turner a fait un don de 1 milliard de dollars US en 1998 à une fondation[Laquelle ?] qui défend la cause des Nations unies, et notamment le paiement des arriérés du gouvernement américain.

Le budget ordinaire des Nations unies (environ 5 milliards d'euros en 2010-2011[3]), est établi, tous les deux ans, sur les contributions obligatoires fixées par l'Assemblée générale. À la demande des États-Unis, le niveau maximum de la plus grosse contribution a été fixé à 22 % (le seuil minimal est quant à lui 0,001 % du budget global)[4]. En 2005, la composition était la suivante : États-Unis (22 %), le Japon (19,5 %), l'Allemagne (8,6 %), la France (6,5 %), le Royaume-Uni (6,1 %), l'Italie (4,9 %), le Canada (2,8 %), l'Espagne (2,5 %), la République populaire de Chine (2 %), la Corée du Sud (1,8 %).

Depuis plusieurs années les Nations unies connaissent des problèmes financiers. Ils sont principalement dus aux arriérés de paiement des États-membres parmi lesquels le plus grand débiteur est les États-Unis avec 61 % du total en 1999[5]. Les contributions obligatoires ne sont pas toujours remplies à temps par les autres États membres. Seuls 31 États sur 192 l'ont fait en février 2007[6]. L'ONU étant de plus en plus souvent engagée dans des opérations de maintien de la paix dans le monde (objectifs qui n'étaient pas formellement prévus dans sa Charte), cela a un impact important sur son budget en raison du coût élevé de ces interventions. Néanmoins il s'agit d'un budget séparé du budget ordinaire. Dans ce domaine également les États-Unis partagent 62 % de la dette avec un autre pays. Cet état de fait a été évoqué dans un bulletin de session du sénat belge en 1998[7] ainsi que dans la section « affaires étrangères » d'un projet de loi de finances du sénat français en 2001[8]. De nombreux États souhaitent une réforme en profondeur des Nations unies.

Historique[modifier | modifier le code]

Précurseur de l'ONU, la Société des Nations avait été fondée en 1919, à la suite du traité de Versailles et dans le but de conserver la paix. Il lui a été reproché de ne pas avoir pleinement joué ce rôle.

Les premières bases des Nations unies furent posées lors de l'élaboration de la Déclaration des Nations unies, qui fut signée le 1er janvier 1942 à Washington DC. L'expression Nations unies est due au président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt ; elle avait pour but de signifier que des États avaient décidé de se réunir pour prévenir les conflits armés de manière à ce que des guerres telles que la Première et la Seconde Guerre mondiale ne se reproduisent plus jamais, ayant à l'esprit ces guerres qui « deux fois en l'espace d'une vie humaine ont infligé à l'humanité d'indicibles souffrances »[9] comme le dit la Charte des Nations unies. Mais c'est avec la Conférence de Dumbarton Oaks à Washington DC et surtout la conférence de San Francisco en 1945 qu'ont été définis exactement le but et le fonctionnement de l'ONU.

Le texte fondateur de l'ONU est la Charte des Nations unies. Cette charte fut signée à la fin de la Conférence de San Francisco par les représentants des 50 États fondateurs le 26 juin 1945. La Pologne, qui n'avait pas été représentée à la Conférence de San Francisco, la signa plus tard, mais elle fait néanmoins partie des 51 États membres originels, parce que son gouvernement en exil avait précédemment signé la Déclaration des Nations unies.

C'est le 24 octobre 1945, lors de la ratification par la majorité des pays signataires, que l'ONU naquit officiellement. Depuis, la Journée des Nations unies est célébrée le 24 octobre de chaque année[10].

La paix entre les nations est la mission fondatrice des Nations unies. Avant l'ONU, d'autres organisations œuvraient pour la paix dans le monde : l'Union interparlementaire, créée en 1889 ; le Bureau international de la paix, créé en 1891 ; la Cour d'arbitrage international de La Haye, créée en 1899 ; l'Organisation internationale du travail, créée en 1919 ; et la Société des Nations, active entre 1919 et 1939 (de jure jusqu’en 1946).

Siège[modifier | modifier le code]

Tour du secrétariat
Pavillon de l'Assemblée générale
Pavillon de l'Assemblée générale depuis la 1re avenue

Le siège des Nations unies, à la demande des parlementaires américains, fut construit à New York le long de l'East River sur un terrain acquis grâce à une donation de John Davison Rockefeller Junior. Il a été inauguré le 9 janvier 1951. Le siège des Nations unies jouit de certains privilèges diplomatiques. Propriété de l’Organisation des Nations unies, le site du Siège est territoire international. C'est-à-dire que, par exemple, aucun membre de la sécurité américaine ne peut y entrer sans la permission du Secrétaire général.

Cinq des six organes principaux de l'ONU sont situés à New York. Seule la Cour internationale de justice (CIJ), de création plus ancienne, a son siège à La Haye aux Pays-Bas.

De nombreuses agences importantes des Nations unies ont leur siège à Genève, siège européen de l'ONU qui a hérité du siège de l'ancienne Société des Nations (SdN), où se déroulent toujours deux tiers des activités du système des Nations unies :

D'autres agences sont situées ailleurs dans le monde, dont :

Guerre froide[modifier | modifier le code]

Avant 1951, l'URSS pratiquait la politique de la chaise vide pour contester la reconnaissance de la Chine nationaliste (repliée à Taïwan), au lieu de la Chine communiste (gouvernement de Pékin). À la suite de la guerre de Corée, où les États-Unis ont pu faire reconnaître la Corée du Nord comme État agresseur et décider l'envoi de troupes sous l'égide des Nations unies, l'URSS s'est rendue compte qu'il était dans son intérêt de siéger et son représentant n'a plus jamais quitté son poste. L'ONU est restée pendant très longtemps paralysée durant la Guerre froide. Les deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS étant des membres permanents du Conseil de sécurité, paralysèrent l'Organisation des Nations unies en abusant de leur droit de veto (il fut utilisé 242 fois en 45 ans).

Pour tenter de contrer cette paralysie, la résolution Acheson fut adoptée à l'initiative des États-Unis ; elle permettait à l'Assemblée d'émettre des recommandations aux États membres de l'ONU. Cependant, celle-ci ne fut que très peu utilisée en pratique[11],[12].

Depuis la fin de la guerre froide, l'ONU se retrouve de plus en plus sur le devant de la scène pour prévenir ou régler les différents conflits, grâce à l'aide des casques bleus.

Avenir et critiques[modifier | modifier le code]

En novembre 2001, le mensuel Le Monde diplomatique publie un article de l'écrivain et journaliste néo-zélandais Nicky Hager, expliquant notamment la façon dont les États-Unis ont profité de la localisation de la Conférence de San Francisco (acte fondateur de l'organisation en avril 1945) sur leur territoire pour espionner massivement les diplomates présents dans leurs communications avec leur capitale respective. « Recueillis par les compagnies télégraphiques, leurs télégrammes, cryptés, furent décodés par des officiers opérant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, puis transmis aux négociateurs américains. Ce fut un succès total... »[13].

L'avenir de l'ONU passe de plus en plus par une réforme en profondeur de son fonctionnement. Jusqu'à maintenant, elle fut repoussée, mais le problème du budget, en particulier de sa dette, et celui du fonctionnement du Conseil de sécurité avec l'arrivée de nouveaux membres permanents et l'extension de son domaine de compétence, deviennent de plus en plus pressants. Durant son mandat, l'ancien secrétaire général, Kofi Annan, a commandé de nombreuses études sur les voies à suivre pour réformer l'organisation. Mais, par manque de consensus au sein des membres permanents du Conseil de sécurité, elles sont pour l'instant restées lettre morte. En particulier, John R. Bolton, représentant permanent des États-Unis en août 2005, soutient une position ne faisant pas l'unanimité et gèle ainsi les possibilités de réforme.

Le 7 mars 2006, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a proposé, dans un rapport à l'Assemblée générale, aux États membres une vaste réforme de l'administration de l'ONU, attendue par les dirigeants mondiaux après que l'Organisation eut été secouée par une série de scandales. M. Annan a présenté une série de mesures allant de la délocalisation de certains services au renforcement du système de passation des marchés. Celui-ci a été ces dernières années mis à mal par le scandale du programme « pétrole contre nourriture » de l'ONU en Irak et lorsqu'une enquête interne a découvert des pratiques contestables dans le secteur du maintien de la paix, ayant occasionné des dizaines de millions de dollars de pertes pour l'Organisation.

Intitulé « Investir dans l'Organisation des Nations unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale », ce rapport de 48 pages reconnaît l'inadaptation des structures administratives actuelles aux défis que l'ONU est censée relever chaque jour, 61 ans après sa création. Il souligne l'augmentation vertigineuse, depuis la fin de la Guerre froide, des activités de terrain de l'ONU, notamment des opérations de maintien de la paix, qui représentent plus de 50 % des dépenses totales de l'ONU (en 2004-2005), soit presque de 10 milliards de dollars américains (près de trois fois le budget ordinaire)[14], sans tenir compte des agences onusiennes (Unicef, PAM, PNUD…), qui ont leur propre budget. M. Annan propose de « refondre complètement l'ensemble du secrétariat, ses règles, sa structure, ses rouages, pour qu'il soit mieux adapté aux réalités d'aujourd'hui » et de « remettre entièrement à neuf » l'ensemble de l'organisation.

L'organisation s'est largement discréditée lors de drames récents: échec de la prévention et de la protection en 1994 au Rwanda lors du terrible génocide des Tutsis qui s'est soldé par 800 000 morts. Incapacité également de prévenir et de stopper les conflits en ex-Yougoslavie de 1991 à 1995, et particulièrement d'assurer la protection des enclaves musulmanes de Bosnie-Herzégovine. Le massacre de Srebrenica (juillet 1995), pour lequel la qualification de génocide est en débat, s'est déroulé dans l'incapacité des 400 Casques bleus néerlandais d'intervenir.

En 2010, lorsqu'un séisme provoqua un désastre humanitaire à Haïti, l'ONU s'est montrée incapable de coordonner l'aide rapidement, c'est finalement l'armée américaine qui jouera un rôle clé. L'organisation internationale avait été dépassée à peine un mois auparavant lors de la conférence de Copenhague sur le climat, les États-Unis et la Chine avaient alors conclu des accords seuls[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À la suite des négociations débutées en avril 1945 portant sur la Charte des Nations unies, elle est signée le 26 juin à la conférence de San Francisco et effective le 24 octobre de la même année.
  2. . Les îles Cook et Nioué ont en effet un statut juridique unique au monde, celui d'« États en auto-gouvernance » (« self-governing state »), librement associés à la Nouvelle-Zélande. Cette dernière n'y conserve qu'une seule fonction régalienne, à savoir la défense (mais pas la politique étrangère). Les îles Cook et Niue partagent également une citoyenneté commune avec l'ancienne puissance de tutelle ((en) REGION: Cook Islands puts New Zealand citizenship first, Pacific Magazine, 14 juin 2001)

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Bienvenue aux Nations unies. C’est votre monde. », sur le site officiel des Nations unies (consulté le 14 février 2014)
  2. a et b « Histoire des Nations unies », sur le site officiel des Nations unies (consulté le 14 février 2014)
  3. Budget de l'ONU.
  4. Cinquième comité de la soixante-et-unième assemblée générale des Nations unies, « Fifth Committee Approves Assessment Scale for Regular, Peacekeeping Budgets, Texts on Common System, Pension Fund, as it Concludes Session (Press Release) »,‎ 22 décembre 2006 (consulté le 7 octobre 2009)
  5. UNA-Canada, « LIAISON Vol. 3, No. 6, November 1999 » (consulté le 31 juillet 2009)
  6. (fr) ONU : seuls 31 pays sur 192 versent leur contribution à temps - Novosti, 2 février 2007
  7. rapport au Sénat 1997-1998
  8. Rapport au Sénat (2001)
  9. Charte des Nations Unies, préambule
  10. Journée mondiale des Nations unies: "C'est votre monde", Fabien Aufrechter, Le Journal International, 28 Octobre 2013.
  11. (fr) La résolution Acheson
  12. (fr) Résolutions de la cinquième Assemblée générale de l'ONU
  13. Nicky Hager, Au cœur du renseignement américain Le Monde diplomatique, novembre 2001
  14. « Assemblé générale »,‎ 7 mars 2006 (consulté le 31 octobre 2011)
  15. (fr) Le nouvel échec de l'ONU en Haïti - euro|topics, paru dans El Mundo le 19 janvier 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Compte rendu de l'ouvrage collectif, Une autre ONU pour un autre monde, Paris, Tribord, coll. « Monde(s) du XXIe siècle »,‎ 2010, disponible en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]