Économie du Portugal

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Portugal
Indicateurs économiques
Image illustrative de l'article Économie du Portugal
Banco de Portugal, la banque du Portugal à Braga.

Monnaie euro
Année fiscale
Organisations internationales UE, OMC et OCDE
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale)
Produit intérieur brut en PPA 237,52 milliards $ (2011)
Rang pour le PIB en PPA
Croissance du PIB en diminution -3,3 % (2009)
PIB par habitant en PPA 21 700 $ (2009)
PIB par secteur agriculture : 2,9 %
industrie : 24,4 %
services : 72,8 % (2009)
Inflation (IPC) -0,9 % (2009)
Pop. sous le seuil de pauvreté 18 % (2006)
Indice de développement humain (IDH) 0,909 en augmentation 0,002
Population active 5,58 millions
Population active par secteur agriculture :
industrie :
services :
Taux de chômage 10,5 %
(mars 2010)
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations 41,43 milliards $ (2009)
Biens exportés
Principaux clients
Importations 58,79 milliards $ (2009)
Biens importés
Principaux fournisseurs
Finances publiques
Dette publique 107,8 % du PIB (2011)
Dette extérieure
Recettes publiques 91,89 milliards $ (2009)
Dépenses publiques 106,8 milliards $ (2009)
Déficit public 6,8 % du PIB (2011)
Aide au développement

L'économie du Portugal est basée sur un système capitaliste. En 2005, le Rapport Global de Compétitivité publié par le Forum économique mondial place le Portugal en 22e position devant des pays et des territoires comme l'Espagne, l'Irlande, la France, Hong Kong et la Turquie. Dans le classement des technologies, le Portugal était à la 20e place, et dans le classement des institutions publiques, le Portugal est classé 15e meilleur.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Empire colonial portugais[modifier | modifier le code]

Durant la période de l'Empire colonial portugais, qui débuta au XVe siècle et qui dura jusqu'à la Révolution des Œillets en 1974, l'économie du Portugal était centrée sur le commerce et sur l'extraction des matières premières dans ses possessions coloniales, principalement en Asie (épices, soie, teintures, porcelaine et gemmes), Afrique (ivoire, bois de construction, huile et diamants) et Amérique du Sud (canne à sucre, teintures, bois et or). Le pays, avec un empire transcontinental abondant de ressources naturelles et de vastes étendues inexploitées, était parmi les plus puissantes nations du monde. En 1822, la colonie portugaise du Brésil devint un État indépendant, cependant, jusque 1974, le Portugal parvint à préserver ses colonies en Afrique, dont l'Angola et le Mozambique, des territoires qui ont bénéficié de taux élevés de croissance économique et de niveaux inégalés de développement jusqu'au départ des Portugais en 1975.

L'économie actuelle du Portugal résulte de son histoire dans la création par la fondation de son Empire et à la mondialisation avec les autres puissances coloniales européennes. Tout au long du XVIIe siècle, les attaques croissantes et l'encerclement des comptoirs commerciaux portugais à l'Est par les Hollandais, les Anglais et les Français et leurs intrusions rapidement croissantes dans la traite négrière atlantique, compromettent le quasi-monopole du Portugal sur le marché océanique lucratif des épices et de la traite des esclaves. Le royaume entame un long déclin. Dans une moindre mesure, le détournement de la richesse provenant du Portugal par la monarchie des Hasbourg pour aider les catholiques de la Guerre de Trente Ans et de la lutte contre les Hollandais, a également contribué à l'affaiblissement de la position financière du Portugal. Ces événements et ceux qui ont eu lieu à la fin de la dynastie des Aviz et de la période de l'Union ibérique, ont conduit le Portugal à un état de dépendance à l'égard de ses colonies, en premier lieu, l'Inde puis le Brésil. Ce transfert de dépendance de l'Inde au Brésil est une conséquence de la montée des empires hollandais et britannique qui se sont développés à partir de leurs colonies de l'est. Un transfert similaire se produit après l'indépendance du Brésil, le Portugal se recentrant sur ses possessions en Afrique.

Traité Methuen[modifier | modifier le code]

Le Traité Methuen fut signé à Lisbonne le 27 décembre 1703 entre l'Angleterre et le Portugal. Ce traité commercial prévoit que l'Angleterre peut exporter librement son textile vers le Portugal et ses colonies, le Portugal pouvant quant à lui exporter son vin vers l'Angleterre. Le nom du traité vient de l'homme politique anglais John Methuen, l'ambassadeur au Portugal qui négocia ce traité.

Ce traité fût particulièrement intéressant pour les Anglais, car il lui ouvrait un marché pour ses produits au début de la révolution industrielle et rendait le Portugal dépendant économiquement. Le vin portugais était ainsi un tiers moins cher que le vin français, ce qui entraîna un boom de production du vin de porto. Aujourd'hui encore beaucoup de maisons de Porto sont aux mains de propriétaires Anglais. Il en a résulté une détérioration de la balance commerciale du Portugal (compensée par des achats d’or à l’Angleterre), qui a permis le boom économique de l’Angleterre comme puissance mondiale, tandis que le Portugal, perdant du libre-échange, devint alors économiquement négligeable. L'Angleterre prit un ascendant économiques sur ses rivales européens et le Portugal se transforma en vache à lait pour lancer la révolution industrielle anglaise. L'industrie portugaise porte encore aujourd'hui les dures conséquences de ce traité.

L'échec de Napoléon contribua à renforcer la vassalité du Portugal envers l'Angleterre : en 1810, les Anglais lui imposèrent un nouveau traité de commerce, signé à Rio de Janeiro, qui porta un coup fatal à l'économie d'un pays déjà ravagé par la guerre ; en outre, ils gouvernèrent le pays, qui fut dirigé par le maréchal Béresford jusqu'en 1820. Enjeu d'une lutte entre deux impérialismes, le Portugal allait connaître un déclin économique sensible après la perte du plus beau fleuron de son empire colonial tout en conservant l'empreinte à la fois économique et culturelle anglaise qui frappe tout observateur. La pauvreté matérielle dans laquelle se retrouva cet illustre pays des découvreurs du monde jusqu'à son entrée dans l'espace économique européen s'explique, en partie, par les retombées de cette exploitation séculaire. On mesure ainsi la portée de ce fameux traité dit de "Méthuen" qui engagea, à partir de 1703, le destin du Portugal hors de l'Europe continentale, terrain d'action et d'expansion de la France royale, républicaine et impériale.

Les événements militaires de 1974[modifier | modifier le code]

La période consécutive à la Révolution des Œillets est caractérisée par des troubles et une récession économique lorsque les industries furent nationalisées et les effets négatifs de la séparation entre le Portugal et ses anciens territoires apparurent. L'industrie lourde s'arrêta brusquement. Tous les secteurs économiques de la manufacture, de l'exploitation minière, de la chimie, de la défense, de la finance, de l'agriculture et de la pêche furent en chute libre. En une nuit, le Portugal, qui était alors le pays à la plus forte croissance économique en Europe de l'Ouest, devint le pays à la plus faible croissance économique - il éprouva en fait plusieurs années de croissance négative. Cela fut amplifié par une émigration massive de travailleurs expérimentés et d'entrepreneurs à cause de l'intimidation politique, et par les coûts de logement dus à l'arrivée au Portugal de milliers de réfugiés des anciennes provinces d'outremer d'Afrique - les retornados.

Après les remous de la Révolution des Œillets de 1974, la base de l'économie portugaise changea profondément. L'économie portugaise avait déjà changé significativement en 1973 avant le coup d'État de gauche, comparé à son état en 1961 - le produit total (indicateur : PIB) s'était développé de 120 pour cent en valeur réelle. La période pré-révolutionnaire était clairement caractérisée par un fort taux de croissance du PIB (6,9 %), de la production industrielle (9 %), de la consommation des ménages (6,5 %), et de la formation de capital brut fixe (7,8 %). Le taux de croissance des exportations portugaises durant la période de 1959 à 1973 était important : 11 % par année. En 1960, l'importance des exportations était due à quelques produits : les conserves de poisson, le liège brut ou manufacturé, les textiles de coton et la vin. Par contraste, au début des années 1970 (avant le coup d'État de 1974), la liste des produits exportés par le Portugal reflétait une diversité significative de produits, comprenant à la fois des biens d'équipement et de consommation. Quelques branches de l'industrie portugaise s'orientèrent vers l'exportation, et en 1973, plus d'un cinquième des produits manufacturés portugais furent exportés.

Un État moyennement riche de l'Union Européenne[modifier | modifier le code]

PIB et qualité de vie[modifier | modifier le code]

Bien qu'étant très supérieur à la moyenne mondiale, le Produit intérieur brut par habitant du Portugal reste parmi les plus bas des pays d'Europe de l'Ouest.

Le travail informel[modifier | modifier le code]

La part de la population active travaillant comme prestataire de services, sans contrat de travail ni droits sociaux, est estimé structurellement à environ 1/5ème de la population active: 1,2 million de travailleurs sur un total de 5,6 millions d'actifs. 600 000 à 900 000 travailleurs seraient de faux travailleurs indépendants, employés par des entreprises privées ou même des administrations, qui évitent ainsi de payer les charges patronales et peuvent s'en séparer à tout moment, sans préavis.

Le taux de chômage[modifier | modifier le code]

En avril 2007, l'hebdomadaire The Economist a décrit le Portugal comme le nouvel homme malade d'Europe. Au cours de cette même année, le taux de chômage a atteint 8,4 % - le taux le plus haut depuis deux décennies.

Les retraites[modifier | modifier le code]

La dette publique[modifier | modifier le code]

La note de la dette publique à long terme est BB, selon l'agence de notation S&P.

Structure économique[modifier | modifier le code]

La part de la pêche et de l'agriculture dans la richesse nationale s'est réduite en quelque décennies. Ces deux secteurs emploient encore 13 % de la population active mais ne génèrent plus que 4 % du PIB (contre environ 25 % en 1960). Durant cette période, le secteur tertiaire s'est développé, représentant aujourd'hui 66 % du PIB et 52 % de la population active. Les 30 % restants du PIB sont essentiellement générés par les secteurs de la construction et de l'énergie.

Le secteur primaire: agriculture, pêche, mines[modifier | modifier le code]

Carte de la zone économique exclusive portugaise.

Le secteur secondaire: les industries[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie au Portugal.

Les principales industries incluent : des raffineries de pétrole, des usines pétrochimiques, de la production de ciment, de la construction automobile et navale, des industries électriques et électroniques, de l'industrie papetière, des industries de moulage par injection, des industries textiles, des industries de fabrication de chaussures, des tanneries, des fabriques de meubles, des ateliers de céramique, des industries agroalimentaires (boissons et nourriture), de la production de liège (premier producteur mondial). Un tiers des produits manufacturés sont exportés. Le Portugal est le cinquième producteur de tungstène au monde, et le huitième producteur de vin.

La tertiarisation de l'économie[modifier | modifier le code]

Le secteur tertiaire s'est développé : il produit 66 % du PIB et emploie 52 % de la population active. Les taux de croissance les plus significatifs sont trouvés dans le secteur commercial. Cela est dû à l'introduction des moyens modernes de distribution, de transport et de télécommunications. Les entreprises de services financiers ont bénéficié de la privatisation, gagnant également en efficacité.

Le tourisme s'est développé de manière significative et génère approximativement 5 % de la richesse produite au Portugal.

Le commerce extérieur portugais[modifier | modifier le code]

La plupart des importations viennent des pays de l'Union européenne : Espagne, Allemagne, Italie et Royaume-Uni, et aussi de l'Angola. La plupart des exportations vont aussi vers les pays membres de l'Union européenne et Angola.

Compléments[modifier | modifier le code]