Mozarabe

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Mozarabe (de l’arabe musta’rib, مستعرب, qui signifie « arabisé ») est le nom donné aux chrétiens vivant sur le territoire connu comme Al-Andalus, sur le sud de la péninsule ibérique. Les mozarabes avaient dans la société arabe le statut de dhimmi —qu’ils partageaient avec les juifs— comme non-croyants à l’Islam et dans les faits leur culture, organisation politique et leur pratique religieuse étaient tolérées avec une certaine protection légale. Cependant ils versaient un impôt de capitation, la djizya, en compensation de la zakat, aumône aux pauvres obligatoire et un des piliers de l'Islam.

Malgré cette situation favorable et des années de tranquillité, une rébellion chrétienne se produisit entre 852 et 886. Les autorités religieuses redoutant l'attraction exercée sur les fidèles par un genre de vie et une culture en contradiction avec les principes de l'Évangile, un certain nombre de chrétiens avaient publiquement attaqué Mahomet et l'islam. La répression fut brutale et l'émir Mohammed Ier (852 - 886) ne laissa d'alternative à ses sujets rebelles que la conversion à l'islam, la mort ou la fuite. Des villes comme Burgos et Urbiena en 882, Zamora en 893, furent repeuplées par des mozarabes venus de Tolède.

Les Mozarabes avaient la liberté d’exercer leur culte sous l’autorité de l’archevêque de Tolède. Leur liturgie, celle de saint Isidore de Séville, est connue sous le nom de rite mozarabe : cette liturgie en latin est restée en vigueur dans le diocèse de Tolède, en parallèle avec le rite tridentin puis le rite Paul VI. En particulier, il est aujourd'hui célébré dans la chapelle mozarabe de la cathédrale.

De nombreux mozarabes parlaient l'arabe et beaucoup adoptèrent des noms et des coutumes musulmans, exerçant en retour une influence certaine sur leurs suzerains. La Langue mozarabe est évoquée à partir du VIIIe siècle.

L’art mozarabe témoigna de cette époque, avec un style islamique mais des thèmes qui restèrent chrétiens. Les influences de l'art des musulmans se ressentaient particulièrement dans l'utilisation des entrelacs végétaux, taillés dans le stuc pour décorer une architecture, par exemple.

Il reste aujourd'hui très peu d'édifices de pur style mozarabe, excepté quelques églises, disséminées sur le territoire espagnol, en particulier aux environs de Tolède, San Sebastián, Santa Eulalia et surtout Santa María de Melque, la plus remarquable du IXe siècle.

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